‹ Nouveau Larousse illustréChapitre 549 sur 870 · DANGER — DANIEL · texte numérisé non relu

DANGER — DANIEL

En 1687, il vendit sa charge. Il reçut, vers 1680, l'abbaye de Fontaine-Daniel et, en mo, celle de Clermont. Déjàî précédemment, en 1683, il avait obtenu le prieuré de Gournaysur-Marne, et le cardinal de Bouillon lui avait donné celui de Crespy-en-Valois. A la mort de Cotin (1682), il entra à l'Acadéniie, française. Indépendamment de ses dissertations de grammaire, il avait imaginé un tableau do la chronologie, monté sur une sorte do dévidoir perpétuel fait de deux rouleaux à la façon de certains essuie-mains ; de plus, il avait mis sous forme de jeu de l'oie toute la série des rois de France. Il écrivit aussi sur le blason. D'accord avec son frère, à qui Ion venait d'accorder la grande maîtrise deSaint-Lazare.il consacra les revenus do cette place à l'établissement d'une maison d'éducation. Duclos y fut pensionnaire. Attristé de se voir préférer Fénelon comme précepteur du duc de Bourgogne, Dangeau se rejeta dans ses études favorites, à un tel point qu'il répliqua un jour à un homme qui lui annonçait une nouvelle politique fâcheuse : « Il arrivera ce qui pourra ; mais j'ai là, dans mon portefeuille, deux mille verbes bien conjugués. " Il laissa, outre ses ouvrages imprimés, une quantité considérable de manuscrits.

DANGER {je — du lat. pop. dominiarium, seigneurie ; de domimis, seigneur) n. ni. Seigneurie, puissance. (Vx.) D Situation où l'on est à la merci de quelqu'un. (Vx.) il Auj. Risque, péril; possibilité, probabilité d'un malheur, d'une perte, d'un mal quelconque :

C'est dans les grands dangers qu'on voit les grands coiiragî^s.

Rbonard.

Le trop de confiance attire le danger.

Corneille.

I) Inconvénient : Il n'y a point de danger d'entrer^ vous ne dérangez persoiine. (Acad.) ii Ecuoil : En littérature, faire trop est un dangkr. (Ste-Beuve.)

— Fam. // n'y a pas de danger. Cela n'est pas à craindre, ou Je me garderai bien de cela.

— Loc. adv. : En danger. Dans une situation périlleuse.

— Dr. féod. Droit de dixième payé au seigneur pour la vente d'une terre qui relevait de lui. ii Tiers de danger. Droit du tiers et un dixième, que prélevait le roi sur les coupes de bois, particulièrement en Normandie, li Eief de danger. Fief dont le vassal ne pouvait, sous peine de

- commise, prendre possession avant d'avoir prêté foi et hommage.

— Gramm. Le mot danger peut être suivi des prépositions à, de, et de la conjonction que, suivant les cas : Quel DANGER y a-t-il À l'avertir? (Acad.) Ils ne songent à sauver leur âme que hi'squ'ils sont en danger de perdre leur corps. (Boss.) Il n'y a pas de danger (iVii j'agisse par haine ou par vengeance. (Pasc.)

L'attention donnée à ces trois exemples guidera facilement dans l'emploi de à, de et que construits avec le mot danger.

— Mar. Epave, écueil qui peuvent rendre la navigation dangereuse, ii Dangers civils. Nom donné autrefois aux règlements douaniers et droits de toute nature, qui, sur certaines côtes, entravaient la navigation.

— Allus. littér. :

Hé! mon ami, tire-moi du danger; Tu feras après ta harangue,

Vers de la fable de La Fontaine intitulée l'Enfant et le Maître d'école. Un maître d'école semonce lonpiemont un enfant qui se noie, et ne le remet au bord que lorsqu'il a tout dit. Les écrivains font souvent allusion à la réflexion si naturelle du fabuliste, qui se passe do commentaires.

— Syn. Danger, hasard, péril, risque. Danger se dit de toutes les situations où il y a lieu de craindre un mal quelconque. Le périt est un danger pressant, immédiat, où l'on est exposé à périr. Le hasard et le j-isque présentent un mal possible, mais plus éloigné et toujours avec la possibilité d'une heureuse issue; les chances sont plus défavorables dans le risque, elles iont presque égales pour le bien ou pour le mal dans un simple hasard,

— Anton. Sécurité, sûreté.

Danger 'E.-Prosper), chimiste français, né au Mans en 1S02, mort en 1853, essayeur à la Monnaie. On lui doit des expériences médico-légales sur l'arsenic, l'antimoine et le mercure; l'invention d'un thermomètre à déversoir et à ampoule, etc. Il a publié : l'Art du souffleur à la lampe (1829); De l'arsenic (1841), avec Flandin.

DANGEREUSEMENT adv. D'une façon dangereuse, périlleuse : Etre DANtiERECSEMENT malade.

— Fig. D'une fa-^on grave, qui a de fâcheuses suites : L'ironie blesse dangebedsembnt.

DANGEREUX {je-reû), EUSE adj. Au prop. et au fig. Nuisible, pernicieux, qui expose à un danger, à un mal : Maladie dangereuse. Lecture dangerkdse. h Capable de faire du mal, redoutable, on parlant d'une personne : Tous les méchants sont dangereux, (Pasc.)

— Dr. anc. Sergent dunqereux,,fierç^ent qui veillait aux propriétés sur lesquelles le roi avait droit do danger.

— Fauconn. Oiseau dangereux à dérober les sonnettes, Oiseau sujet à. s'écarter.

— Gramm. Malgré l'autorité do quelques écrivains, on dit dangereux pour. Dangereux à no s'emploie que suivi d'un intînttif : Livre dangereux, pour ta jeunesse. Ci-t ouvrage n'est ni mauvais ni dangereux A piihlier, (Pasr.)

— Anton. Assuré, sain (eu parlant d'une côte, d'un parages sûr.

Dangereux (archipel). V. Pomotou.

DANGERVILLE n. f. Eot. Syn. de galipêe.

DangevillE (Claude-Charles Botot, dit), acteur, né et mort à Paris (iccr»-i713j. Il fut attaché, de IG97 à l7-io, Â la Comédic-Franvaiso, où il se montra un comique excellent et d'un naturel parfait. Ses moiltcurs rôles étaiont Chicaneau, des Plaideurs, et le maître do philosophie, du Bourgeois gentilhomme. — Sa femme, Marie-lfortense Ragot de Gbandval, née en 1682, morte à Paris en 1769, joua à la Comédie-Franijaiso do 1700 à 1739.

Dangevtlle (Charles-Etienne Botot. dit), acteur français, né et mon à Paris (1707-1787). It joua à la Comédie-Française de 1730 à 1763, el fut, comme comique, un des artistes les plus aimés do co théâtre.

Dangevilxx (Mario-Anne Botot, dite), comédienne francaÎM;, «f/;ur du préccdunt, dito M"" Antoine, née et morte i Pari» (l7i4-l79C). En 1730, elle débuta à la Comédie-Française, et prit sa retraite en 17C3. Elle joua les

soubrettes, les servantes, et aussi les grandes coquettes, ainsi que des rôles travestis.

Dangier, personnage allégorique du Roman de la liose, qui a passé dans un grand nombre d'anciennes poésies françaises. Dans le poème de Guillaume de Lorris, il est l'uu des principaux ennemis de l'amant, que tous ses ef-

personnages.

(Le mot Dangier signifie, du reste, en ancien français, « refus

Dangier prié par Franchise et Pitié d'avoir merci de l'amant (manuscrit du xiv« s.).

i):iugile.

ou « résistance ».) DANGILE ou DANGILA {ji) n. m. Genre de poissons pliysostonies, famille des cjpriaidés, comprenant des formes à nageoire dorsale très longue et dépourvue de rayon antérieur osseux.

— En'cvcl. On connaît quelques espèces de dangiles, qui habituent les eaux douces de l'Inde et do ses archipels; ce sont des poissons de taille médiocre, atteignant rarement O^iSO, ordinairement verdâtres.

Dangolsheim village d'Alsace-Lorraine (cercle de Molshcim [cant. deWasselonne]); 548 hab. Pays de vignobles et de cultures. A la famille noble de Dangolsheim ou Dankrotzhoim appartenait Conrad de Dankrotzheim, l'auteur du célèbre calendrier sacré [das Heilige Namenhuch)., recueil des plus curieux pour l'histoire des mœurs et coutumes d'Alsace au moyen âge. Avant 1871, Dangolsheim appartenait au département du Bas-Rhin, arr. do Strasbourg.

Dangu, comm. de l'Eure, arr. et à 22 kil. des Andelys, sur l'Epte ; 450 hab. Usine à cuivre et à zinc, fabrique de dés et de dominos. Dangu fut illustré, du xi" au xvi' siècle, par son château fort, sous les murs duquel combattirent les rois Louis le Gros, Philippe Auguste, Richard Cœur de Lion. Le moderne château do Dangu était naguère célèbre par les écuries do courses du comte de Lagrange.

DaNGUIN (Jean-Baptiste), peintre et graveur français, né à Frontenas (Rhône) en 1823, mort à Paris en 1894. 11 fut nommé, en 18C0, professeur de gravure à TEcole des beaux-arts de Lyou et, en 1874, correspondant de l'Institut. On cite de lui : Marie-Antoinette, Louis XVII, Heni-i /", de Condé,y Impératrice Eugénie, SaithazarCastiglioncà-'aiivès le Raphaël du Louvre ; Portrait de femme, d'après Rembrandt; Jeu7ie hom7ne au bord de la mer, d'après Flandrin (pour la chalcographie du Louvre); etc.

DanhauseR (Joseph), peintre allemand, né à Vienne en isoô, niuit en 1845. Il s'adonna d'abord à la peinture historique, donna des scènes extraites du Rodolphe de hHabsborgde Pyrker, et s'attira ainsi la faveur de ce prince de l'EgHse, qui lui fournit les moyens de faire un séjour assez long à "Venise, Cédant à la puissante influence des chefs-d'œuvre de Titien et de Véronèse, il renonça à la direction qu'il avait d'abord suivie, pour se livrer à l'a peinture religieuse {Etienne le Bienheureux offrant la couronne de Hongrie à la inère de Dieu [1832]}, qu'il abandonna également plus tard pour la peinture de genre, qui convenait le mieux à son talent naturel. Il a laissé quelques toiles historiques et le retable du maître-autel de la cathédrale d'Erlau, représentant le Martyre de saint Jean. Mais on a surtout de lui des scènes humoristiques, où sou esprit observateur fait revivre les mœurs de la vie autrichienne. Le musée impérial do Vienne en posscdo un bon nombre, notamment des scènes d'atelier. D autres tableaux ont été popularisés par la gravure : (hiéri sans le savoir; l'Oculiste; le Prodigue; l'Ouverture du testament; la Soupe du couvent; Vin, femme et chanson; Juge et avocat et «n Soir de fête, son dernier ouvrage.

Danhauser ou Dannhauser (.Adolphe-Léopold), musicien français, né et mort à Paris (1835-1898). Il fit ses études au Conservatoire. Après avoir obtenu les premiers prix d'Iiarmonie, il obtint, en 1862, le second grand prix de Knme. Devenu professeur de solfège au Conservatoire, puis inspecteur de renseignement du chant dans les écoles do la ville de Paris, il se consacra à l'enseignement, tout on pratiquant la composition, mais, malgré ses efforts, ne put jamais se produire au théâtre. Il a publié, outre d'assez nombreuses romances, un ouvrage intitulé Théorie de la musique, et, sous le titre de Soirées orphéoniques, un recueil do cliœurs à trois voix sans accompagnement. Il est aussi l'auteur d'un drame musical, le Proscrit, qu'il fit jouer par les élèves do l'institution do Notre-Damo-jes- Arts ù. Autcuil.

DANIC ou DANIKn. m. Métrol. Poids pour l'or et l'argent, usité chez les Arabes et valant 0er,5092.

Danican f Auguste), général français, né en 1763, mort en 1848. Simple soldat en 1789, il devint en moins do trois ans colonel do hussards et général de brigade. Détaché, en 1793, contre les Vendéens, il se fit battre par eux près de Martigné-Briaud, et par les chouans près de Laval, mais il défendit vigoureusement Angers. Destitué en 1794 comme suspect d'antirépublicanisme, il fut réintégré, l'année suivante, dans l'armée avec l'appui de Dubois- Crancé, et envoyé à Rouen. Il en revînt pour diriger les sections de Paris révoltées contre la Convention au 13 von

démiaire. Battu par Bonaparte, Danican s'enfuit. Il fut condamné à mort par contumace. Réfugié en Angleterre, il y mena une vie toute d'intrigues en faveur du parti royaliste, se mit à la solde de l'Angleterre, ot se fit le propagateur de pamphlets antifrançais. Il fit la campagne de 1799 en Suisse dans un corps d'émigrés. Le gouvernement de la Restauration refusa, cependant, de reconnaître les services de cet aventurier, qui alla finir ses jours dans le Holstein.

Danican, dit Pliilidor, nom d'une famille de musiciens français. V. Puilidor.

Danicheff (les), comédie en quatre actes, en prose, de P. Newski, pseudonyme collectif, en cette occasion, d'Alex. Dumas fils et de Pierre de Corvin-Kroukowski, mort à Paris en 1899 (Odéon, 1876).

La vieille famille russe des Danicheff n'est plus représentée que par un descendant mâle, Wladimir, et par sa mère, la comtesse, dame hautaine, nui entend marier son fils à une fille de sang noble. Or Wlaaimir aime passionnément une jeune serve, Anna. 11 fait à sa mère l'aveu de son amour. La grande dame commence par froncer le sourcil, puis paraît se raviser et promet à ÂVIadimir d'accéder à sa projiosition, s'il veut bien, d'abord, aller passer une année à Moscou ; au bout d'un an de distractions, d'amours passagères et de plaisirs de toute sorte, s'il pense encore à la jeune serve, celle-ci deviendra sa femme. Wladimir consent, et part. Il n'a pas tourné le dos, que la comtesse fait venir un de ses serfs, Osip, qui aime aussi Anna; elle le sait et la lui donne en mariage. Wladimir n'apitrend la chose que plusieurs mois après, par hasard, et alors qu'il semble absorbé par un tendre penchant pour la princesse Lydia Labanoff. Sa mère accourt et veut le marier avec Lydia; il se révolte et reprend aussitôt le chemin du château patrimonial, hanté par une idée fixe : tuer Osip et la serve infidèle. Osip, cependant, en esclave respectueux, ne s'est marié que pour obéir à la comtesse et conserver Anna à celui qu'elle aime; il l'aimait aussi, mais il a fait le sacrifice do son amour, et il est prêt à demander le divorce, pour rendre libre celle qui n'est sa femme que de nom. La mère de Wladimir et la comtesse Lydia font refuser l'arrêt de divorce sollicité. Osip serait prêt à recourir au suicide. Mais un autre moyen reste au serf, d'après la loi russe, de rendre la liberté à Anna : il se fait prêtre, et c'est lui-même qui bénit l'union des deux nouveaux époux. — La pièce, fort bien faite, et semée de mots élincelants, obtint uu très grand succès.

Daniel, le quatrième des grands prophètes, qui vécut au vu" siècle avant Jésus-Christ. 11 ajjpartenait à la race royale. Voici ce que nous lisons dans la Biblo sur son histoire. Emmené captif à Babylone, la troisième année du règne de Joakim (606), il fut, par ordre du roi Nabuchodonosor, élevé avec trois de ses compagnons à l'école du palais. Fidèle observateur de la loi de Moïse, il gagna cependant la confiance de ses maîtres, fit de rapides progrès et, au bout de trois ans, éclairé par Dieu, expliqua un premier songe de Nabuchodonosor et démontra l'innocence de la sainte veuve Suzanne, injustement accusée. Le roi le nomma " gouverneur de toutes les provinces de Babylone » (Daniel II, 48). Plus tard, il interpréta un deuxième songe de Nabuchodonosor, et, quoiqu'il eût été privé de sa haute position, fut cependant rappelé au palais pour expliquer la fameuse inscription du festin de Baltliazar. Après la conquête de Babylone par les Perses et les Mèdes, il devint le premier des trois ministres de l'empire. Ses ennemis le firent jeter deux fois dans une fosse aux lions, et il en sortit deux fois sain et sauf. Darius le Mède et Cyrus lui accordèrent leurs bonnes grâces. Il eut sa dernière vision en 534, sur les bords du Tigre. La fin do sa vio nous est inconnue. Il mourut probablement à Suse : son tombeau y attire chaque année un grand nombre de pèlerins.

— Iconogr. L'épisode que les artistes de l'antiquité chrétienne semblent avoir représenté de préférence est celui où Daniel empoisonne le dragon des Babyloniens, qui était adoré comme une divinité. Bottari nous a conservé un dessin de la peinture qui ornait un sarcophage du cimetière du Vatican (ni* s.). Un sarcophage de Vérone retrace, à peu près, le même épisode. Sur un sarcophage gaulois, appartenant à l'église d'Arles, Daniel est figuré se préparant à la lutte par la prière. Un autre sujet souvent traité est Daniel dans la fosse aux lions. On le trouve reproduit sur les murs des catacombes. On se plaisait à voir dans cet épisode une image terrestre de la résurrection éternelle. Dans toutes les œuvres traitant ce sujet, on retrouve la figure du propliôte Habacuc, qui avait apporté des aliments à Daniel dans la fosse aux lions. Le sarcophage le plus curieux entre tous ceux qui représentent Daniel est évidemment celui qui est connu sous le nom de Junius Rassus, et dont Bottari a donné une reproduction. Daniel se trouve aussi figuré sur des monuments mérovingiens et des fibules de la même époque. Parmi les œuvres d'art modernes représentant Daniel dans la fosse aux lions, nous citerons deux vitraux suisses du musée de Cluny : l'un de l'année 1587, l'autre de l'année 1610; une gravure de Nicolas de Bruyn(i645); une gravure d'Is. Briot ; un tableau du Cortone (Venise); un tableau de François Snyders (Vienne). Le Jugement de Daniel ou Daniel jugeant If^s vieillards (qui avaient cherché à séduire Suzanne), est une scène fréquemment reproduite par les artistes modernes. On en peut voir au Louvre deux représentations curieuses : l'une exécutée par un peintre de l'école du Pérugin, l'autre qui fait partie d'une suite de sujets tirés de l'hisioire de Suzanne, et qui date du xv s. Quant aux figures de Daniel représentées isolément ou dans la série des Prophètes, il en existe un très grand nombre. Une des plus connues est celle que Rapliaid a pointe à fresque, dans l'église Sainte-Marie-do-la-Paix.

Daniel (livrb pe), un des livres do l'Ancien Testament. — Le canon des Juifs le place parmi les kethoubi7n{o\i haijiiigraphcs); le canon de l'Eglise catholique le compte au nomlire des ouvrages projihétiques. Il est écrit en deux dialectes ditférents : l'introduction (I-II, 4) et les chapitres VIll-XIlI sont en hébreu; le reste est en araméen, sauf les chapitres III, XIII et XIV, qui sont appelés deitférocnnoniqucs . Le texte original de ces trois derniers chapitres a été perdu; il n'en reste que la traduction grecque. Les théologiens clirètiens distinguent dans le livre de Daniel une partie historique (cli. I à VI); et une partie prophétique. C'est dans cette dernière que se trouve la prophétie des soixante-dix semaines d'années. Celle vision célèbre établit que, depuis Tédit qui doit

mottro fin à la captivité jus(]u'à la complote rAdomption d'Israol par lo saiut des saints, il y aura à peu pri>s soixante-dix semaines d'années. Los commoulatours font remarquer que la mort sanglante du Messie est clairement indiquée dans lo texte, (^ui la place au cours do la dernière semaine. Le livre so ti^rmino par quatre appendices qui racontent riiistoire de Suzanne, l'imposturo des prêtres de Bel, la mort du serpent sacré et l'iniervontion miraculeuse du propliéto Ilabacuc envoyé par Dieu pour sauver Daniel.

L'authenticité du livre de Daniel est proclamée par la tradition juive et l'autorité do TK^cliso catholique. Les rationalistes la nient Kénéraicmont ; leur principal m'^inment est tiré do la clarté dos prophéties de Daniel, qui leur paraissent trop précises pour avoir été composées avant les ôvénoments.

Daniel (saint), surnommé le Stylite, no près de Samosato, à Marutha, ou\ 110, mort en 4yi>, prcs de Constanlinople. Ordonné prêtre par lo jtatriarclio Gonnadius, il resta par mortilication plus de trente trois ans sur une colonne, dont il no descendit qu'une fois pour aller défendre, au péril do sa vie, la doctrine de l'K^dise devant l'usurpateur Basilisque, partisan do l'hcrésie monothélite. — Fête le U décembre.

Daniel, archevêque do Narbonne au vin* siècle. Il succéda à Aribert en 76î>, ti". le pèlerinage do Jérusalem, et, à son retour (791), sur l'ordre du pape Adrien I", présida à Narbonno un concile provincial, où furent examinées et condamnées les erreurs do l'évêque Félix d'Urgel, qui renouvelait l'hérésio de Nestorius.

Daniel, évêque de 'Winchester au vni* siècle. Contemporain de Bède, il est un des premiers historiens de l'Angleterre. Son principal ouvrage a pour titre : De rebiis gestis Auslralium Saxomtm (Gestes des Saxons du Sud). Daniel (saint), mort en 1221. Il appartenait à l'ordre des frères mineurs. Ayant pénétré dans lo Maroc pour y prêcher la foi catholique, j1 fut emprisonné par les musulmans et décapité. Le papo Léon X lo canonisa en I5i(i et le mit au nombre dos martyrs. — Fête lo 15 octobre.

Daniel, évêque serbo, né vers 1290, mort en 1302. Higouraèno du monastère de Kbilandar, au mont Athos, il écrivit l'histoire do la nation serbe sous les règnes d'Ouroch , do Dragoutin et d'Etienne Detchanski. Son manuscrit, conservé au mont Athos, est uno des sources de l'histoire de la Serbie.

Daniel (Samuel) , poète et hi.storien anglais, né en 1562, mort en 1G19. Il fut nommé poèto-Iauréat par Elisabeth, et vécut tantôt à ia cour et tantôt daus une maison de campagne, près de Londres, où il composa la plupart de ses ouvrages. Les principaux sont : la Complainte de Rosamo7ide (1594); Cléopàtre (1594); Epitro^ fl601); Histoire des guerres civiles (1004); Phdotas (1611); Défense de la ï'/me (1611). Il est encore l'auteur des fameux Sonnets à Délia, qui restem; son œuvre la plus remarquable. Ses tragédies, Cléopàtre et Philotas, sont des imitations do Jodelle et de Garnier, et renferment des chœurs d'un beau lyrisme.

Daniel, navigateur français du xvri* siècle, né à Dieppe. La relation du voyage qu'il lit au Canada, en 1G29, accompagne colle des Voyages de la Nouvelle-France occidentale dicte Canada, do Champlain (1632).

Daniel, portier de Cromwell, qui adopta non seulement les opinions de Cromwell, mais encore son langage, son attitude et ses gestes. Il en arriva à haranguer les passants dans lo style mystique familier au Protecteur, et à faire mille excentricités qui le conduisirent à Bedlam, le Charenton do l'Angloterro. Il avait cependant réussi à faire quelques prosélytes, qui lo regardaient comme un saint et un prophète.

Daniel (Gabriel, le P), historien français, né à Rouen en 1649, mort en 1728. Ce savant jésuite est connu surtout par son Histoire de J'Yance , publiée en 1713. Voltaire lui a reproché d'omettre les faits les plus intéressants, de ne point s'occuper des institutions et des mœurs. Bien que cetto critique ait quelque fondement, l'Histoire de France du Père Daniel peut encore être consultée avec protît, et bien des historiens moduTues lui ont rendu un silencieux hommage en la pillant sans l'avoiior. La profonde érudition du Pèro Daniel s'est montrée plus à 1 aise dans son Histoire de ia milice française (1721). Pliilosophe et théologien, il a attaqué les doctrines physiques et métaphysiques de Descartes, et tenté une réfutation dos Provinciales de Pascal dans ses Entretiens de Ctéandre et d Eudoxe (l69-i). Lo P. Griffct, qui a donné, on 1750- 1760, uno bonne édition do l'Histoire de France, a dressé dans cion Avertissement la liste des écrits théologiquos du P. Daniel.

Daniel (Samutd), écrivain, dessinateur et voyageur anglais, né en 1777, mort à Coylan en 1811. Il lU des voyages d'exploration d'abord au delà du cap do Hunno- Espérance, puis à Coylan. On a de lui : Scènes africaines^ magnitiquo ouvrage uont il avait fait les dessins, et Description de Ceijlan (1803), dont un seul volume a paru.

Daniel (don Salvador), musicien espagnol. Il était capitaine dans 1 armée de don Carlos, lors de la guerre civile qui. après 1830, éclata on Espagne. Oblige do so réfugier en Franco, il se tixa à Bourges, oil il devint organiste do la cathédrale et professeur do musique au collège royal et à l'Ecole normale. Il y publia : Grammaire jiliilliarmonique (1836); Alphabet musical (1838) ; Cours de plam-chnnt ]184r>}; Commentaires de l'Alphabet musical et de la (irammaiie philharmonique (1839).

Daniel (Salvador), musicien, fils du précédent, né vers 1830, mort à Paris on 1871. U devint professeur de musique à l'écolo arabe d"Algor. C'est alors qu'il publia : la Musique arabe, ses rapports avec la musique grecque et le chant f/réqoricn, suivi d un Essai sur ioriginr des instrnmcnls (1863), qu'il Ht suivre, à son retour on Franco, d'un Album de chansons arabes, mauresques et kabiilf^, transcrites pour piano. Salvador publia les doux premières parties d'un ouvrage intitulé : A propos de chansons ou Lettres à j/"" Thérésa.de l'Alcazar. Salvador prit part au mouvement insurrectionnel do 1870, et so mêla au mouvement cominunalisto nui suivit la guerre; c'est dans ces circonstances qu'il eut un instant le titre do direcienr du Conservirtoire. Quand les troupes régulières entrèrent à Paris, il fut pris les armes à lu main dans sa propre maison, voisine d'une barricade, et fusillé.

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