V. DlAKOVAK
Deal, ville d'Angleterre (comté de Kent), sur la mer p^ak
du Nord; 8.900 hab. C'est le
centre délia rade des Dunes, point présumé du débarquement de César, et que les Anglais nomment « Channel of tlie Dowos ». Dcal fut l'un des cinq ports par où se faisait, jusqu'aux temps modernes, tout le commerce anglais avec le dehors. Il est surtout remarquable aujourd'hui par son phare, planté au milieu des sables, et par sa plage balnéaire assez fréquentée.
DÉALBATION [si-on — du lat. dealhare, supin dealbatum, blanchir) n. f. Passage à la couleur blanche : La privation de la haiiirre produit une sorte de dêalbation iur /t'S corps vn-ants. (V. Parisot.) V. ai.bation.
DÉAMBULATION (an-bu, si — rad. déambuler) n. f. Fonction physiologique de la locomotion volontaire; marche.
DÉAMBULATOIRE (an-bu, to-ar') adj. Incertain ; errant çà et là. (Vieux.) 11 Qui a rapport à la promenade : Les fatigues de ces tiuits déambulatoires. (Th. Gaut.)
— n. m. Nef qui tourne autour du chœur d'une église, et qui n'en est ordinairement séparée quo par une grille.
DÉAMBULER {a7i'bu — lat. deambulare, même sens) v. n. Se promener, marcher.
Deamicis (Anne), cantatrice italienne, née à Naples vers 1740. Elle se fit une grande renommée dans le genre boulfe, puis dans le genre dramatique. Engagée àLondres, elle y obtint un grand succès dans un rôle sérieux que Chrétien Bach écrivit expressément pour elle. L'historien musical anglais Burney rapporte que cette cantatrice fut la première qui exécuta les gammes en staccato dans un mouvement rapide, en montant jusqu'au contre-mi aigu.
Deane (revolver), nom d'une arme qui fut assez longtemps en service dans l'armée anglaise. V. revolver.
Deani (Marc-Antoine), connu sous le nom de Père Pacifique, franciscain et prédicateur italien, né à Brescia en 1775, mort en 1824. Il acquit une grande réputation comme prédicateur et fut consulteur de l'Index et définitonr général de son ordre. On a de lui deux cent cinipianto-scpt sermons et discours, dont dix-sept seulement ont été publics.
Dearborn (Henry), général américain, né à Hampton (New-IIampshire) on 1751, mort à Roxbury en 1829. Médecin, il s'engagea dès le début do la guerre de l'Indépendance, fut créé capitaine (1775), particii>a à l'expédition d'Arnohl sur Québec ot fut fait prisonnier à l'assaut de cette ville. Echangé, il reprit la campagne, figura à Moumoutli (1778), au siège de Yorktown (1781), etc. Commandant du district militaire du Maine (1789), membre 'du Congrès, il fut ministre do la guerre sous la présidence de Jofferson, devint, en 1809, receveur des finances à Boston. Il reprit les armes, en 1813, lors de la guerre contre l'Anglotorre ot se distingua mémo par la prise d'York (Haut Canada) et du fortGcorge. Dearuorn fut encore commandant du district do New- York (1813-1815) ot ministre dos Etats-Unis on Portugal (1822-1824).
Dearham, bourg d'Angleterre (comté do Cumberland) ; 5.200 liati. Mines do charbon, hauts fourneaux.
Dearing (James), général américain, né en 1842, mort en 1864. Dès les débuts de la guerre do Sécession, il s'engagea dans le parti confédéré. Il servit dans l'armée do Loo. Nommé brigadier général en 1864, il se distingua en Virginie, son pays natal , contre Grant. Il battit la cavalerie fédérale à Deam, et dirigea le mouvement audacieux du général Wado Hampton contre les lignes fédérales (13 sept.). Il ])érit sur lo champ de bataille do IVHersbourg.
Death Valley. Géogr. v. Vallkk dk la Mout.
DÉAURATION {o~ra-si — du lat. deaiirarc, supin deanratiini. dorer) n. f. Action do dorer : La dkauuation des métaux. Il Art de dorer : Apprendre la dkai'UATion. (Pou usité ; on dit plutôt DORURii dans l'un et l'autre sons.)
Deauville, comm. du Calvados, arrond. ot à 13 kil. de Pont lEvcque, sur l'estuaire do la Touques; 2.522 hab.
Deauville doit son développement à un caprice du duc do Morny, sous lo second Empire. En quelques années (l858-lKi;6), un rivage marécageux a été protégé contre la mor par un quai do granit do 2 kil. tfo long et couvert de rues aux villas somptueuses. Un hippodrome renommé et lo voisinage immédiat de Trouvillo maintiennent la prospérité do Deauville. Dans l'ancien village situé sur une collino, église romane à abside circulaire, remuiitant au xi* siècle.
DÉAZOTISER (du préf. priv. dé, ot do azote) v. a. Priver d'azote. (Peu usité.)
DÉBA OU DÉPA n. m. Titro thibétain, qui correspond A celui <lo gouverneur ou de préfet.
— Encycl. Los débas peuvent être dos laïques, mais ils sont choists, lo plus souvent, parmi les lamaH : lour nomination appartient au dalat-Iama ot ù ses quatro mi-
DE — DEBACQ
nistros; seulement, elle est soumise à la ratification du gouvernemont chinois.
DEBAB n. m. Nom arabo du taon.
DébabièH, village do la Haute-Egypte, province d'Esnôh, sur la rive droite du Nil, on face de Gôbôlein. Il possède d'importantes carrières de grès qui furent exploitées dans l'antiquité pour la construction des monuments do Thèbos. On y a relevé beaucoup d'inscriptions do Séti 1" (xix" dynastie), do Sonondis (xxi« dynastie) et des empereurs romains jusqu'au temps d'Àloxandro Sévère.
DÉBÂCHAGE (c/m/) n. m. Action do débâcher : Le dé- BÂCHAGii d'une voiture.
DÉBÂCHER (du préf. priv. dé, et de bâche) v. a. Otcr la I)âcho de : Débâchkr une voiture.
Se débâcher, v. pr. Etre débâché.
DÉBÂGLAGE (klaf — rad. débâcler) n. m. Mar. Démarrage, en désordre, dos navires à poste dans un port ou dans un bassin ; action de débâcler : Le dêbàclage d'un port, d'une rivière.
DÉBÂCLE (subst. verb. do débâcler) n. f. Dissociation des glaces recouvrant la surface d'un cours d'eau, qui se brisent et sont entraînées par lo courant.
— Fig. et fam. Déroute, débandade, confusion : La retraite de Jiussie amena la débâcle de l'Empire. Il Explosion : \Miiikvi.v^ d'enthousiasme (Balz.) [Peu us.]
— Jeux. Tas de cartes qui, au jeu du nigaud, se trouvent réunies dans la main d'un joueur et le font perdre.
Il Coup consistant à se. débarrasser do ce tas de cartes pour gagner.
— Mar. Syn. de dêbàclage.
— Encycl. Géol. La débâcle est la dissociation et le charriage des glaces résultant dos embâcles do cours d'eau. Le premier résultat du dégel, en provoquant la fonte des glaces, est d'amener la débâcle, puis l'augmentation rapide du débit du cours d'eau ou crue. Le déplacement des glaces intéresse la géologie parce qu'il donne lieu à un transport do matériaux plus ou moins important, selon les lieux et les conditions dans lesquelles elles se sont formées et mises en mouvement. En effet, tout d'abord, la glace qui se forme sur les rives entre en contact avec les pierrailles et les terres qui les constituent, et les agglomère. Il en est de mémo quand la congélation atteint le fond sur une partie du lit : elle englobe alors une certaine quantité d'allu viens. Les glaces touchent encore le fond lorsqu'il se produit des embâcles entraînant l'accumulation de glaçons sur une grande épaisseur. Ces différentes conditions peuvent amener l'agglomération d'éléments assez gros et leur déplacement, lorsque les glaces dissociées par le dégel seront devenues flottantes. Enfin, dans les vallées étroites, les éboulements peuvent précipiter sur les glaces des blocs de différentes grosseurs qui s'en iront aussi à la dérive lors de la débâcle ; mais ces blocs, s'ils sont trop gros et trop pesants pour être entraînés par le courant, au lieu d'être arrondis et roulés comme les graviers et les cailloux, présenteront des cassures nettes, des arêtes vives, qu'ils conserveront dans lo lit du fleuve, après y avoir été abandonnés par les glaces. C'est ainsi qu'on a trouvé dans les alluvions ancicimes de la Seine, à Paris même, un morceau de filon de quartz pesant l'''',500, enfoui à une profondeur de 4", 50 dans les graviers et dont les cristaux étaient à peine émoussés. Or, si le passé de ce fleuve avait été aussi « diluvien " que le disent les partisans de la théorie des cataclysmes, on n'y trouverait pas d'éléments aussi bien conservés. Le rôle géologique des glaces hivernales consiste donc à transporter une certaine quantité de matériaux et expliiiue la présence des gros blocs quo le courant liquide serait incapable de déplacer.
Débâcle (la), roman, par Emile Zola (1892). — C'est le dix-neuvième et avant dernier volume de la série des Hougon-Macquart. La trame en est par elle-même très simple. Lo caporal Jean Maeqnart, oui s'est engagé au moment de la guerre, a sous ses oruros un jeune bourgeois, Maurice Levasseur. Lacommunauté des souffrances ot des périls les lie l'un à l'aulro. Faits prisonniers, ils s'échappent ensemble. Maurice rentre dans Paris après avoir confié Jean blessé à sa sœur. Une fois guéri, Jean rejoint l'armée du Nord ; mais la fièvre le retient dans un hôpital, et, quand il en sort, la guerre est terminée, il n'en reprend pas moins ses galons. Alors éclate la Commune. Les deux amis se retrouvent sur une barricade. Apercevant do loin un communard qui tire à coup sûr, Jean s'élance vers lui et lo perce do sa baïonnette avant d'avoir reconnu Maurice. Tout à la fin, nous voyons Jean le paysan, le laboureur, reprendre sa tâche plus vaillamme'nt que jamais. Ce qu'il y a de plus remarquable dans la Débâcle, co n'est pas tel épisode individuel ot fictif, co sont les tableaux d'ensemble (défense et incendie de BazeiUes, journée de Sedan, camp de la Misère, etc.), où rautcnr déploie à l'aise sa puissance d'évocation , son ampleur épique, lo don qu'il a d'animer ot de faire mouvoir les masses. L'idée générale du livre est dans l'opposition do Maurice ot de Jean, figures vraiment symboliques, qui représentent ; l'un, la France d'hier, lasso ot corrompue, l'autre, celle de demain, une Franco saino et vivaco, ({Ut prépare déjà son relèvement.
DÉBÂCLEMENT [man) n. m. Mouvement do débâclo. (Iniis,)
Fig. Désordre, confusion, déroute : Souvent, la faillite d'un banquier entraîne un dkdAclbmknt général.
— Mar. Opération par laquelle ou débâcle un port.
DÉBÂCLER (du préf, priv. dé, ot de bâcler) v. a. Débarrasser dos bateaux vides, on parlant d'un port : Di%i)Âclku un port. Il Faire sortir du port, ou parlant des bateaux vides : DêuAclkb des navires.
— Fam. Ouvrir co qui était bâclé : DébAci.er unr porte.
— v. n. Etre débarrassé do ses glaces par uno débùcio : Rivière qui i>i':nXcLE.
— Par oxi. Déménager les marchandises qu'on avait exposées à une foire.
— Fam. Subir une débâcle, une déroute.
Se débàcler, v. pr. Etre débâcle.
DÉBÀCLEUR n. m. Officier ou commis chargô de présider un dchà.-lago d'un port.
DebACQ (Charles-Alexandre), peintre, né ot mort à Paris (I80i-1852), élève du baron Gros. Il a point d'abord des sujets religieux, puis dos tableaux d'histoire, dont plubiours sont au muséo do Versailles : la Mort dts Jean
DÉBADINER — DEBARRASSER
Gonjoji ( 183-i) ; Bernard Palisstj alimentant, avec ses meubles, le feu de son fourneau (Sèvres, 1837); la Mort de Molière (IS39V, ta Reddition de Tripoli [Versailles]; la Prise de Smyrne par les Chevaliers de Rhodes (Versailles, 1845).
DÉBADINER v. n. Au jeu de cartes appelé Vimpériale, Démarquer les points déjà acquis en présence de certains avantages obtenus par son adversaire.
DÉBAGOULER (de la partie, dé, ot de l'anc. franc, bagoulet iv. bagout], parler inconsidérément, peut-être de ba, partie, pcrojative, et goule, pour gueule] v. a. Pop. et bas. Vomir : Dkbagouler son diner. ii S'en\ploie aussi neutralement.
— Fam. Proférer : Débagouler un torrent d'injures. DÉBAGOULEUR, EU5E n. m. Personne qui débagoule. DÉBAIGNÉE {bc-gné [gn mil.] — de la partie, dé, et de
baigner) n. f. Nom que l'on donne, à Barcges, aux bains du deuxième degré : Prendre une débaignêe.
DÉBAIL {bày — du préf. priv. dé, et do bail) n. m. Ane. dr. Cessation do bail, ii État de liberté que retrouve une femme par la mort de son conjoint, cotte mort l'affranchissant du bail qu'elle avait contracté en passant sous la puissance maritale.
DÉBAILLER [ba-ill-é [Il mU.]) V. a. Tirer do l'arbalôto par une meurtrière, appelée autrefois baille.
DÉBÂILLONNER {hâ-ill-o-né [Il mil.]) V. a. Débarrasser du bâillon : DiiBÀiLLONNER un prisonnier. Il Fig. Laisser parler ou écrire librement : DÊBÂlLi.oNNi-:R la presse.
Se débâillonner, v. pr. Oter son .bâillon, n Otcr le bâillon l'un à l'autre.
Debain (Alexandre-François), facteur d'instruments de musique, né et mort à Paris (1S09-1877). Il s'occupa surtout du perfectionnement des orgues expressives à anches libres. Il sut le premier, par l'emploi de procédés ingénieux, produire sur ces instruments quatre registres distincts de sonorité. A l'instrument ainsi perfectionné il donna le nom d'harmonium. On lui doit une machine, Va}itiphonel, destinée à accompagner le plain-chaot sur l'orgue par l'action d'une manivelle, au moyen de planches notées sur un cylindre comme dans les orgues dits o de Barbarie ». n'imagina encore, d'aprt'-s le même système, un piano mécanique, puis d'autres instruments, tels que l'harmonicorde, le piano-écran, un nouvel orgue expressif appelé concertinoy etc.
Debaize (Michel-Alexandre), ecclésiastique et voyageur français, né àClazay (Deux-Sèvres) on 1845, mort à Oudjidji (.\frique centrale") en 1879. Tout en exerçant dans l'Orne son ministère, il étudia les langues orientales et les dialectes de l'Afrique centrale; puis, ayant obtenu du pape le titre de « missionnaire libre », il partit avec une subvention du gouvernement frani;ais pour traverser r.\frique d'est en ouest ( 1878). De Zanzibar, il gagna Kouikourou, capitale de l'Ounyanembé, et poursuivit sa routo ; mais, malade, il dut regagner Oudjidji, oc il mourut.
DÉBALLAGE {ba-laf) n. m. Action de déballer des marchandises. Il Commerce de marchandises vendues à bas prix, et que l'on étale passagèrement dans un local quelconque.
— Pop. Moment où une femme se débarrasse de certains accessoires de sa toilette, comme faux cheveux, coussins, etc. Il Etre volé au déballage, Etre déçu, au déshabillé, sur les charmes d'une femme.
— Fig. et fam. Aveu, confession ; Voyons, gu'as-tu, gros chéri ? Faisons notre petit déballage... (Balz.)
— Encycl. Le déballage est un commerce qui a quelque analogie avec celui du camelot, et qui échappe aux statistiques officielles. Seulement, l'industrie du camelot est îrrégulière et non autorisée, tandis que le déballage est un commerce aussi régulier qu'un autre. La différence notable qui distingue la vente dite " au déballage » du commerce des camelots ou des bazars, c'est que la marchandise vendue au déballage n'est pas fabriquée tout exprès dans le but d'une vente spéciale. Elle représente ce
Su'on appelle des soldes, comprenant dos marchandises e natures différentes ou défraîchies.
— Anton. Emballage.
DÉBALLE n. f. Enlèvement, sur une pièce de bois équarrie à la hache, de deux planches diamétralement opposées, rempiles de flaches et ne comprenant que de l'aubier. (La déballe est faite pour obtenir une pièce présentant quatre faces planes.)
DÉBAIXER {ba-lé — du préf. priv. dé, et de balle) v. a. Tirer de son emballage : Déballer des marchandises, n Spécialem. Tirer les marchandises de toute nature contenues dans une balle, n Etaler sur le marché les marchandises de la balle, n Ouvrir, en parlant d'un cmballaç^c ou de quelque chose qui en tient lieu : Déballer aes caisses.
— Fam. Faire dos confidences : Nous avions fini par causer, et enfin nous avons déballé en grand. (A. Ivarr.)
— Pop. Faire ses besoins.
Se déballer, v. pr. Etre déballé.
— Pop. Se déshabiller.
— Anton. Emballer.
DÉBALLEUR \ba-leiir") n. m. Marchand ambulant, qui va de marché on marché exposer et vendre ses marchandises.
DÉBANDADE n. f. Déroute, défection, confusion, au prop. et au fig. : La DfïnANDADK d'une armée, des idées.
— A la débandade, En confusion, on désordre, au hasard : Troupes gui s'enfuient A la débandade, h Fig. Sans réflexion : Parler A la débandade.
DÉBAMDEMENT (man) n. m. Action de so débander, de se mettre à la débandade. (Peu usité.)
DÉBANDER (du préf. priv. dé, et de bande) v. a. Dé-
EouilU.T de sa bande ou de son bandeau, au prop. ot au g. : DÉBANDER une plaie. Débander les yeux à'juelqu'un.
— Mettre en débandade : Débander un régiment.
— Détendre ce qui était bandé : Débander un arc.
— Fig. Reposer en soustrayant â une tension fatigante : Les vof/ages débandent l'esprit.
Se déhander, v. pr. Etre, devenir débandé, i! So mettre à la débandade, ii So séparer de la troupe, de la bande dont on faisait partie, ii Débander à soi : Se débandrr les yen.T. — Fig. D(':ioii'lre, reposer à soi : Se débander l'esprit. D S'adoticir, en parlant de la température : Le temps s'est bÉBANDÉ. Vieux.)
— A-VTON. Se former, se rallier.
DÉBANQUAGE {kaj') n. m. Tiss. Roquet peu garni de fil de laine, de coton, de chanvre ou de lin ; petite quantité do fil dévidé; restant do la chaîne; action de retirer les roquets de la cantre.
— Jeux. Perte de tout l'argent possédé parle banquier, c'est-à-dire par celui qui tenait le jeu.
DÉBANQUER [ké — du préf. priv. dé, et de banque) V. a. Jeux. En parlant d'un banquier, de celui qui tient le jeu. Lui gagner toute la banque, tout l'argent qu'il a devant lui.
DÉBANQUER {ké — du préf. priv. dé, et de banc) v. a. Dépouiller de ses bancs, en parlant d'une embarcation.
— Pop. Partir, s'en aller, déguerpir.
— v. n. Quitter le banc de Terre-Neuve, n Quitter un banc sur lequel on naviguait.
Débanque, ée part. pass. du v. Débanquer.
— n. m. Navire débanqué : Les débancjués soyit attendus.
DebaNS (Jean-Baptiste-Camî7/e), journaliste et romancier français, né à Cauderan, près do Bordeaux, en 1834. Il a collaboré à divers grands journaux, ot publié un certain nombre do romans, parmi lesquels nous citerons : Octave Kellner (1866); les Drames à toute vapeur (1869), recueil de nouvelles; Mademoiselle la Vertu (IS'/S); le Capitaine Marche-ou-Crève (1877); la Peau du mort (1879); le Baron Jean (1881) ; Histoire de di-r-huit préterulus {\fiSl) ; la Cabanette{\SM)\ les Pudeurs de M ar t ha {\S8^); les Duels de Roland (1886); Au coin d'un bois (1886); une Terrible Femme (1887) ; Scènes de la vie cévenole : la Oibosse (1888) ; les Plaisirs et les Curiosités de Pari^ (1889) ; les Coulisses de l'Exposition (1890); Roissat ehimisle (1892); Guy de Sai>it Ginj (1803); l'Aiguilleur (1895).
DÉBAPTISER (6a-ii-5c)v. a. Priver dos effets du baptême.
— Fam. Changer le nom d'une personne, la dénomination d'une chose : Les Romains n avaient pas débaptisé la Gaule; ils l'appelaient la Gaule rojnaÎJie. (E. Sue.)
— Loc. fam. Se faire débaptiser, Accepter les plus dures extrémités : Je me ferais débaptiser plutôt que de...
Se débaptiser, v. pr. Détruire en soi les effets du baptême; cesser, par son propre fait, d'être baptisé : Celui gui commet un pt^ché mortel se débaptise, autant qu'il est en lui. Il Changer son nom pour un autre : Il faut rougir du nom de son prre pour songer à se débaptiser.
DÉBA-RÂDJA n. m. Souverain temporel du Boutan, investi, nontinalemont, de l'autorité suiirême pour tout ce qui concerne le gouvernement intérieur du pays ; mais, en fait, il est soumis à l'autorité supérieure du 'souverain spirituel, le darmha-râdfa, et ne peut rien faire sans l'approbation de ses conseillers, les ziinpis, et des trois pilos ou gouverneurs des provinces. (Le déba-râdja est nommé potir trois ans seulement ; c'est presque toujours, mais pas obligatoirement, un religieux.)
DÉBARAQUEMENT {ke-man) n. m. Action d'enlever les palissades qui protégeaient, d'une manière provisoire, le pied d'uQ édilice quelconque.
DÉBARBARISER (du préf. priv. dé, et do barbare) v. a. Faire sortir do l'état de barbarie : Déuarbariser un peuple.
— Fig. Tirer de ses habitudes grossières, façonner, polir : Xos W\'lchcs dit parterre, qu'on a eu tant de peine à
DÉBARBARISER.
Se débarbariser, v. pr. Sortir de la barbarie.
DÉBARBER fdu préf. privât, dé. et de barbe) v. a. Dépouiller qurlqu'un de sa barbe. Il Par oxt. Dépouiller des racines superficielles, en parlant de la vigne : Débakber une viqne.
Se débarber, v. pr. Etre débarbé.
DÉBAKBiriER idu préf. priv. dé, ot de barbifier) v. a.
Couper la b^rbo de. (Inus.)
DÉBARBOUILLAGE {bouill-af [H mil.]) n. m. Lavage d'une chose : Le débarbouillage d'une vilritic. w Action do se laver la figure ou les mains, ou de les laver à autrui : Le DÉ13ARB0DILLAGE des cnfauts.
DÉBARBOUILLER {bou-ill-é [Il mil.] — de la partie, dé, et de barbouiller) v. a. Laver, nettoyer : Débarbouiller son visage, un tableau.
— Fam. Tirer d'embarras.
~ Pop. Eclaircir, expliquer : Je n'y comprends rien;
DÉ!SARBOUlI.LE-77i0/ ça.
Se débarbouiller, v. pr. So laver, se nettoyer.
— Fam. Se tirer d'affaire, d'embarras, il Se former, so déniaiser.
— Pop. S'éclaircir : Voilà le temps çwf se débarbouille.
DÉBARBOUILLOIR n. m. OU DÉBARBOUILLOIRE [bouill-o-ar') n. f. Fam. Serviette pour se dobarijouiller.
DÉBARCADÈRE {vdA. débarquer) n.m. Mar. Terme génériqiii-. ser\'aiit à désigner l'endroit d'un port où l'on peut aiséiiH'Dt débarquer passagers et marchandises.
— Ch. de f. Lieu préparé pour opérer le chargement et le déchargement des voitures de chemins do fer. (En ce sens, on dit plus ordinairement gare, qui est un terme moins propre.) n Lieu spécialement destiné, dans une gare, au chargement et au déchargement des marchandises.
— Encycl. Mar. Le nom de débarcadère s'applique aussi bien aux appontements qu'aiu: échelles permettant le débarf|uement. Les échelles, escaliers ou cales, sont réservés aux petits bateaux et embarcations ; les appontements, quais, wharfs, munis de grues de déchargement, sont disposés pour les grands navires, qui commuiii<iuent avec la terre par un pont volant. Dans certains ports du Midi, les navires n'accostent pas à quai et le débarcadère consiste, comme cela arrive souvent en rivière, en chalands amarrés au quai .et collés contre les flancs du navire.
DÉBARDAGE (daf — de la partie, dé, et de bard ou bar; proprem. décharger avec un bar) n. m. Action de décharger et do transporter, dans des endroits désignés, les bois (le charpente ot autres qui sont contenus dans un chaland. 11 Action de transporter hors d'une forêt, où ne peuvent circuler les fardiers, les boi^ en grume ou équarris. (Dans les deux cas, le dôbardagc s'exécute à bras d'homme .)
DÉBARDÉE (À LA) loc. adv. S'cst dit autrefois pour A la di^handade.
DÉBARDER (du préf. priv. dé, et do barder) v. a. Décharger, débarquer & quai, en parlant des marchandises
et particulièrement des bois amenés par la rivière : DÉ- BARDEE des cotrets, un train de buts, ii Transporter hors du taillis le bois qu'on y a coupé, il Démolir, en parlant des bateaux hors de service.
Se débander, v. pr. Etre débardé, ii Fam. Se décharger d'un fardeau.
DÉBARDEUR D. m. Ouvrier qui travaille au débardage.
— Adjectiv. : Ouvrier débardeur. Il Maître débardeur, Surveillant de débardage; entrepreneur do débardage.
— Encycl. Autrefois, les débardeurs de Paris formaient une corporation sous la juridiction du prévôt des marchands. A l'époque où chaque classe sociale avait à peu près son uniforme, le débardeur se reconnaissait aisément à sa large culotte de velours, à sa veste ronde, à sa longue ceinture de laine rouge, à son chapeau ciré à haute forme et à bords relevés.
DÉBARDEUR, EUSE n. Personnage do carnaval, vêtu d'un costume qui rappelle celui des ouvriers débardeurs, n Costume de ce personnage : Acheter un débardeur.
— Encycl. Le débardeur fut mis à la mode après 1830 et popularisé surtout par le spirituel crayon de Gavarni. Le costumo du débardeur prête à toutes les hardiesses de la danse échevelée, et il a cet avantage de n'être pas grotes(iue. Il se compose d'un largo pantalon do velours, laissant paraître la cheville, et d'un bourgeron entré dedans , avec ceinture ronge flottante et petit bonnet de police imHné sur une
fterruquc toulfue tombant au miieu du dos. Il est porté par les deux sexes.
DébarJeur.
DLBARONISER ou DEBARON- NISER {ro-ni — du (ircf. ]iriv. dr, et de baron) v. a. Priver de la (nialité de baron ou du titre de baronnie : Débaroni- SER un seigneur, une seigneurie.
Se débaroniser, v. pr. Etre débaronisé ; être privé de la qualité de baron; y renoncer volontairement.
DÉBARQUAGE (/.(^j) n. m. Action do tirer d'une barque.
I DÉBARQUEMENT (ke-man) n. m. Action de débarquer : Débarquement de jnarchandises, de troupes. Opérer un débarquement. Il Action d'une personne qui descend du navire à terre : Arrêter quelqu'un à son débarquement.
— Mar. Débarquement administratif. Décision disciplinaire du conseil du bord, ordonnant qu'un ofrtcier ou un matelot quittera le navire sur lequel il était embarqué.
— Art milit. V. la partie encycl.
— Techn. Chaîne à godets, dont on sa servait autrefois pour vider les chalands qui amènent à terre les graviers et les terres retirées de l'eau par les dragues, i On emploie aujourd'hui de préférence des bennes à renversement, que manœuvrent des grues à vapeur.)
— Encycl. Mar. Compagnies de débarquement. A bord de chaque navire de guerre, une partie de l'équipage, ayant comme cadre des marins fusiliers, forme un corps de débarquement, destiné à opérer à terre pour prêter mainforte aux militaires ou agir rapidement sur un point donné. On adjoint à ces compagnies des batteries de canons de 65 millimètres, manœuvres à bras d'hommes par des canonnicrs, et un détachement de torpilleurs mineurs, chargé de faire sauter les obstacles ou do détruire les œuvres d'art. Une compagnie do débar(|uement, par son extrême mobilité, son habitude des mouvements en embarcation, peut rendre d'importants services.
DÉBARQUER [ké — du préf. priv. dé, et do barque) V. a. Tirer, faire descendre, mettre hors d'un navire, d'un© tiarquo : Débarquer des marchandises, des passagers.
— Fig. En politique, Faire sortir d'un cabinet, d'une combinaison ministérielle : Débarquer un collègue gênant.
Il Par ext. Se débarrasser d'une personne quelconque : DÉBARQUER \(ne maîtresse compromettante.
— V. n. Descendre, sortir du navire : Voyageur qui dé BARQUE à Marseille.
— Par ext. Arriver, descendre : Les îiouveaux arrivants débarquent rtrec cet air ouvert, étonné et bête, qui est la Joie de l'auberqiste. (V. Hugo.)
^ Substantiv. n. m. Débarquement, arrivée : Arrêter quelqu'un au débarquer. Débarqué, ée part. pass. du v. Débarquer.
— Substantiv. Nouveau débarqué ou simplement Débarqué, Personne nouvellement arrivée, et qui, ignorant les usages, est embarrassée : Avoir l'air d'un débarqué.
— .'Vnton. Embarquer.
Se débarquer, v. pr. Etre débarqué.
— Fam. Henoncor à une affaire dans laquelle on s'était emharquê.
DÉBARRAGE [ba-raf) n. m. Action de débarrer.
— Encycl. Le débarrnge est une opération do l'industrie drapière et de l'industrie de la teinture, a;)-'ant pour objet de faire disparaître les irrégularités qui se manifostont dans l'étoffo finie ou teinte sous forme do barres longitudinales ou transversales , et qui , dans ce cas, prennent le nom do rayons. Ce travail s'exécute au moyen do la plume trempée dans une encre spéciale, de la brosse imprégnée de teinture ou do crayons dits " pastels >i.
DÉBARRAS iba-ra) n. m. Cessation, suppression d'un embarrac : Le départ d'un sot est un grand débarras, il Lieu où l'on met les objets dont on serait embarrassé ailleurs : Cabiriet noir servant de débarras.
— Anton. Embarras.
DÉBARRASSEMENT [ba-ra-se-man) n. m. Action de débarrasser; résultat do. cette action. (Peu usité.)
DÉBARRASSER (ba-ra-sé — du préf. priv. dé, et du rad. do entbar7-asser) v. a. Délivrer do ce qui embarrasse : DÉBARRASSER quelqu'un d'un fardeau , ses épaules d'un jnantenu. Il Délivrer de co qui gênait : Déharrasser quelqu'un d'un ennemi, n Affranchir, soustraire à : Débarrasser quelqu'un d'un soin importun.
— Fig. Dégager, débrouiller : Débarrasser une question de toute personnalité.
— Ironiq. Débarrasser quelqu'un de son arqent, Lo lui OiiUnor par quoli|iu> muyni fruuduloux ou vioieut.
Se riéôan'asser, v. [>r. Ktro dtilivrô il'uu ombarras. il So délivrer do ce qui onibarrasso : coiigodior. Il So soustraire à ce (lui g6no. ii So dégager, so débrouiller.
— Anton. Embarrasser.
DÉBARRCR \ba-r,- — du prôf. priv. di', et do barrer) v. a. Olt-r la barro de : Dkbaukkk une porte.
— Dr. anc. Docidcr entre plusieurs pcrsonnos d'avis drlfércnt; ôter, en quelque sorte, la barro qui les divise : DiiuARUER des Juges.
— Fam. Débarrer quelqu'un, So ranger à l'avis do son a(ivorsaire. ((nus.)
— Mus. Oter l'ftmo de, on parlant d'un instrument : Dk- UARRER un violon.
— Teehn. Dèbarrer une étoffe. En faire lo débarrage. Se débarrer, v. pr. Etre débarré.
DÉBARREUR {ba-reur'). EUSEn. et adj. So dit do celui, do colle qui débarro les élolfos.
DÉBARRICADER {ha-ri — du préf. priv. dé, et de barriciuler] v. a. Ouvrir; débarrasser de ses barricades : Dii-
UAUKKADKR UUC rue.
Se débtirricuder, v. pr. Etre débarricadé, ii vSe délivrer des I)arricades, des obstacles dont on était entouré.
DÉBASSAIRE {ba-sèr') a. f. Nom vulgaire d'une variété do mésange.
DÉBASTILLEMENT [stille-mnn [Il mil.] — du préf. priv. <l'\ ei, do D'isiilie) n. m. Action de sortir ou do faire sortir do la Bastille.
DÉBASTILLER {sli-llé [Il mll.]j v. a. Fairo sortir de la Bastille.
DÉBAT {ba — subst. verbal de débattre) n. m. Discussion, contestation : Soulever, Apaiser, Vider un dkbat. Nos ru:nATS oetiiels paraîtront des luttes puériles aux yeux de la postérité. (Chateaubr.)
— Fam. A eux ou Entre eux le débat, Je no me mêle pas do cela ; je les laisse s'arranger entre eux.
— Féod. Débals de tenure. Contestation entre deux seigneurs sur la mouvance d'un héritage, il Mandat d'un juge royal qiii assigne les seigneurs en contestation.
— Polit. Discussion réglée, où les adversaires prennent alternativement la parole, dans une assemldée politique ou judiciaire : Les débats du Sénat, du Beïchstag.
— n. m. pi. Dr. V. la partie encycl.
— Comm. et tin. Débats de compte. Discussion sur un ou plusieurs articles d'un compte.
— SvN. Altercation, contestation, etc.V. altkrcation.
— Encycl. Polit. Débats parlementaires. Libres dans ïa société anti<|Uo, ayant lieu le plus souvent sur la place publique, avec une élévation cjui a fait la gloire do Démostliène et do Cicéron, les discussions politiques manqueront d'inspiration au moyen âge, où elles se poursuivaient, le plus souvent, dans lo mystère. En France, dans les états généraux, la liberté de discussion fut si restreinte, que les débats se bornèrent à de timides échanges de vue, et il faut passer en Angleterre pour trouver établi, reconnu, sanctionné, le droit de discuter en pleine indépendance les intérêts publics. Mais jamais, ni l'Angleterre, ni aucune nation moderne no jetèrent, par leurs débals parlementaires, autant d'éclat, ni ne firent plus vite autant de grandes choses quo la France moderne. La série — réunie dans une collection qui a pour titre Archives parlementaires de n87 à fSSO — commence à cette fameuse séance où Mirabeau aflirma en face de la royauté lo droit des mandataires du peuple.
Après avoir tout rénové, la parole publique comprit qu'elle devait se soumettre elle-même à une certaine discipline. Cette discipline, œuvre des temps apaisés, s'est codifiée en (juelque- sorte dans un règlement dont nous résumons brièvement les grands traits.
Et d'abord, la direction des débats appartient au président de chacune dos deux Chambres, assisté des membres du bureau. Ils ont lieu en séance publique. Mais chaque Chambre peut se former en comité s<îcret, sur la demande d'un certain nombre de ses membres, fixé par le règlement. Les représentants ont seuls accès dans la salle des séances. IjO public est admis dans les tribunes, que le président a lo droit do faire évacuer. Los représentants choisissent la place où ils siègent d'ordinaire. En général, ils se groupent suivant les partis auxouels ils appartiennent. L'ordre des débats est réglé par l'assemblée cUe-môme. Aucun représentant ne peut prendre la parole sans l'avoir obtenue du président et à sou rang d'inscription. C'est à la tribune, ot non dcî sa place, (|u"il doit parler. En Angleterre, il n'y a pas de tribun*?; cha(uin parle de sa place. Aux Etats-Unis, il n'y a pas <le tribune non plus, mais les orateurs s'approclient généralement du pupitre du clerk.
Au président appartient l'initiative des mesures ot dos
rénalités contre les paroles délictuisusos ]»rononcéos dans enceinte législative et, partant, le droit d'arrêter un orateur annoneant un développement passible du règlement. II ne doit pas laisser mêler aux débats lo nom du chef du uouvoir exécutif. Il peut interdire l'allégation de faits blessants pour des tiers. Il doit rappeler les orateurs à so renfermer dans la discussion do la question. Il no peut prendre lui-même part ù un débat qu'on quittant lo fauteuil et en s'y faisant remplacer.
I^a publicité des débats a été assurée pour chaque Chambre par la publication do trois comptes rendus : télégraphique, analytique ot sténographique.
— Dr. Débats judiciaires. On nomme débals, dans une instance civile, criminollo ou correctionnelle, la discussion contradictoire qui a Heu à l'audience, qui précède et prépare le jugement du litige et constitue l'instruction du procès à l'audiouce.
Quelques-unes des règles c^ui régissent la matière sont communes aux débats des instances civiles ou débats cirils et aux débats des instances criminelles ou correctionnelles, dits débats criminels ou correctionnels : en principe ot en règle générale, tous d«''bats doivent avoir lieu publiquement; copondant, les tril)uiiaux ont la faculté d'ordonner lo huis clos, lorsque la publicité peut faire scandale ou présente des dangers pour les mœurs ou la sécurité do lEtat; la direction dos débats appartient au magistrat ([lù préside l'audience.
Dans les instances civiles, lorstjue le président apprécie que la disiiussion est épuisée, il clôt les débats, en prolionrjant cette formule, qui n'est point sacranïonlelle, il
ùRt vrai, mais quo l'usago a consacrée : « La cause est entendue. "
Au criminel, la clôture des débats est ordonnée suivant cette formule, écrite dans l'article 335 du Code d'instruction criminelle : « Los débats sont terminés. »
— Ilist. llttér. Le débat {dispute ou desputoison), genre très cultivé au moyen àgo, consiste dans îéchango do ré pliques entre des personnages généralement allégoriques ; le débat est donc une forme de l'exposition scieniifmue et a dû sortir do l'école ; c'est ce qui le distingue de la tençon ot du jeu-parti, qui mettent aux prises des interlocuteurs réels. Il laiit chercher les origines du genre dans cotte manie d'aiistraction ot do porsonnilication qui sévit dans la littérature latine de la décadence. La Psi/c/iomachie de Prudence, où nous voyons lutter la Foi et l'Idolâtrie, l'Orgueil et l'Humilité, la' Chasteté et la Licence, est un véritable débat sous forme narrative. La forme dramatique apparaît, vers lo viii" siècle, dans le débat entre l'Hiver et le Printemps, et celui (postérieur) entre l'Ame ot le Corps, où est discutée la question de la responsabilité morale. Les questions agitées dans le débat sont souvent puériles : nous voyons lutter par oxoniplo le Vin et l'Eau {('un/liclus Vini et Aqu.r), le Cœur ot l'Œil {Disputatio inter Cor et Ocidum), un Moine et un Prêtre séculier (Z>e Presbytero et Lotjico); certains sujets no sont rien moins qu'édifiants : ainsi, dans Y Altercatio l'byllidis et Florx, il s'agit de savoir si les hommes d'étude sont supérieurs en amour aux chevaliers, ot réciproquement.
Do la littérature latine, le débat so répandit de bonne heure dans les littératures en langue vulgaire : les spécimens en sont nombreux en provençal, en espagnol, cn'italien, en anglais, en allemand, en néerlandais. En français, le débat est parfois dissimulé sous une forme narrative : ainsi, dans le Tournoiement Antéchrist, de Huon de Méri (duel entre lo Christ et l'Antéchrist), dans le Mariage des sept Arts et des sept Vertus, dans la Bataille des sept Aj'Is, de Henri d'Andeli (qui contient de curieuses allusions à la rivalité des études dialectiques et des études littéraires au xm» s.), la Bataille des Vins, du mémo auteur; le Débat du Denier et de la Brebis, la Bataille de Carême et de Charnage (temps où il est permis do manger de la viande). D'autres débats atfectent la forme dramatique, comme celui des Deux Troveors ribauz, où deux jongleurs so reprochent leur ignorance, et du Croisé et du Décroisé, où Rutebœuf agite la question de l'utilité des croisades. La vogue du débat s'atténue au xiv* siècle pour renaître avec plus d'intensité au xv« : on ne so borne point, alors, à traiter de nouveau les vieux sujets indiqués plus haut, ce sont des questions de morale qui sont agitées dans les débats de Charité et d'Orgueil, des Deux Amants, de Christine de Pisan; du Marié et du Non-Marié ; de l'Homme et de la /^emnie (par Guillaume Alexis) ; de l'Homme mondain et du Beligieux; la politique ou la satire sociale apparaissent dans le Débat de félicité, de Charles Soillot, où dame Eglise, dame Noblesse et dame Labeur (cest-àdire le tiers état) se disputent le prix du bonheur; dans le Débat de la Vigne et du Laboureur, où ce dernier dépeint sa misérable condition; dans la Complainte des quatre Eléments (contre les réformés) ; les Begrets du pape ; etc. C'est la Renaissance qui marque la fin de ce genre; mais, dédaigné par les lettrés, Il so réfugie dans la littérature populaire, où il est toujours vivant : les vieux débats entre l'Hiver et le Printemps, TAme et le Corps, l'Eau et lo Vin ont été retrouvés sur ditférents points de l'Europe : c'est un curieux exemple de l'extraordinairo vitalité de certaines formes littéraires.
Débat des deux Amants, petit poème de Christine do Pisan, où est agitée, entre un chevalier et un joune écuyer, la question de savoir si l'amour est un bien ou un mal. — Les deux interlocuteurs défendent leur thèse, tantôt par des arguments rationnels, tantôt par des exemples empruntés à l'histoire ou à la littérature romanesque. L'auteur, n'osant trancher la question, en remet lo jugement au prince Louis d'Orléans, à qui io poème est dédié. Cotte œuvre, écrite en 1400 et Hi)2, ouvre la série des Dits ou Ditiés, morceaux que Christine allait consacrer, avec uno persévérance un peu fatigante, à l'étude do l'amour. Il a été imprimé dans l'édition publiée par Maurico Yioy ^Pahs, 1891), pour la Société des anciens textes français.
Débats (journal dks). Fondé, lo 29 août 1789, par Baudoin, imprimeur de r.\ssemblée nationale, pour rendre compte de ses discussions, le n Journal dos Débals ■> fut acheté, en 1709, par les frères Bortin, moyennant 20.000 francs. Cou.x-ci en firent un vrai journal politique ot litlérairo. Napoléon lui donna, en ISO.I, un censeur en la personne do Fiévée, puis, lo 18 février 1811, lo confisqua complètement. Il fut divisé en vingt-quatre actions. Napoléon en donna huit A sa police. Il répartit les soizo autres entre ses familiers. Il en devint luimême le rédacteur, et plus d'un premier-Paris sortit do sa plume. Lors de la première Kestauration, Bortin rentra on possession de son journal, qui so rallia do nouveau à l'emporeur pendant les Cent-Jours, ot ù Louis XVIII après Waterloo. Il défendit sous Louis-Philippe lu politique ministérielle ; ù la révolution do Février, la candidature du général Cavaignac ; fit à l'Empire uno guerre d'autant plus terrible qu'elle était modérée dans la forme, et, après la guerre ao 1870, so rallia à la République conservatrice. À la mort d'Edouard Bortin, la direction on passa aux mains de Léon Say, son gendre, puis à celles de Bapst, marié ù une domoisello Bortin, comme l'ancien minisiro des finances. Eu 1885, celui-ci céda ses fonctions à son gendre, Patinot. Après ce dernier, mort en juillet 1895, lo «Journal dos Débats », d'abord dédoublé avec éditions du matin et du soir, puis agrandi dans son format, ot transformé de journal du matin on journal du soir à 10 centimes, passa sous la direction de de Nalèche.
Debat-PONSAN (Edouard-Bernard), peintre français, né a, Toulouse en 1817. Elève do l'Ecole des arts de Toulouse, puis de l'Ecole dos beaux-arts à Paris, ot do Cabanel, second grand prix do Romo en 1873, Dobat-Ponsan donna, en 1871, le Premier Deuil. Il s'est essayé dans des genres divers (M Fille de Jephté, A Carcassonne ; la Couronne de Toulouse, ^\a{ond, 1891), mais il a surtout réussi dans lo portrait. Portraits do M. ot M'^* Constans, do Camescas.ie, de Pout/cr-Qucttier, do Paul de Cassaynac, du général /ioulanger.
DÉBATELAGE (/(i/) n. m. Déchargement d'un bateau. DÉBATELER (du préf. priv. (/(', et do bateau) v. a. Ketirer «lu bateau : Di^iiATiiLKK des ntareftandites.