CLÉOPÂTRE — CLÉREMBAULT
Clcpaino.
Fig. 1. Cleps:
Fig. 2. Clepsydre. (Réservoir.)
I^pyptc vers l'an I24 av. J.-C; mais on sait que, bien avant Ctésibius, elle était en usage en Chine, en Egypte. Kilo était connue dans les Gaules avant l'arrivée de César, qui fut étonné do l'y trouver.
Vers la gaucho de la figure i, une statuette d'enfant laisse tomber, de ses yeux ou de sa bouche, l'eau qui alimente la clepsydre. Cette eau provient d'un réservoir à écoulement constant.
Elle est reçue dans un vase qui sert do socle à l'appareil. Son niveau monte dans ce vase avec uno vitesse uniforme. A la surface de cette eau fiotto un morceau de liège qui supporte, fixée sur une tige de bois, uno autre statuette s'élevant en môme temps que l'eau (à droite de la figure), et qui montre, du bout de sa baguette, des divisions éijuidistantes, tracées le long d'une colonne surmontant le socle. Le temps que la baguette de l'enfant met à passer d'une division à la suivante est donc toujours le même, et représente une fraction déterminée du jour, — par exemple, ou 1 heure, si l'écoulement, a été ménagé de manière que la baguette emploie juste 24 heures pour parcourir la longueur de la colonne.
Imaginons, derrière la clepsydre, et caché par un mur, un réservoir A {fig. 2), qui est alimenté cunstamment par un robinet B. Cette eau, pour passer dans la statuette, s'échappe par l'orifice C, qui est plus petit que le robinet B. Par suite de cette disposition, le niveau du liquide tend à s'élever de plus en plus daus le réservoir A. Mais une décharge latérale D s'y oppose, en laissant sortir l'excédent du liquide, dont le niveau conserve ainsi une hauteur invariable; l'écoulement s'effectue donc avec une vitesse également invariable.
Chez les anciens, le jour était compris entre le lever et le coucher du soleil. Ctésibius avait installé dans le socle de la clepsydre un mécanisme qui faisait faire chaque jour à la colonne horaire un 365" de tour, annuel correspondait une graduation différente, calculée sur la longueur prévue du jour qu'il s'agissait de mesurer. De cette manière, la colonne faisait un tour complet autour de son axe en un an.
CLEPTE [klèpt') ou C L E P T E S {klé -ptèss ) n. m. Genre d'insectes hyménoptères, type de la tribu dos cleptinés, renfermant de petits insectes élégants et vifs, ornés de brillantes couleurs, à abdomen ovale, pointu, terminé par une tarière.
— Encycl. On connaît une trentaine d'espèces de cleptes, réparties sur tout le globe ; le genre voisin dans la tribu [adt-lphe) est propre au Mexique. Ces insectes sont parasites à la façon des ichneumons ; ils pondent leurs œufs dans le corps de diverses larves. Le cleptes semiaura^i. commun en France, attaque les larves des tenthrôdes.
CLEPTINÉS {klrp) n. m. pi. Tribu d'insectes hvménoptèros porte-aiguillon, famille des chrysididés, 'dont le genre type est le clepte. — Un cleptink.
CLEPTIQUE {klrp) n. m. Genre do poissons acanthoplèros. famille des labridés, comprenant des formes voisines des sublets, à bouche petite, à museau protractilo, â préoporcule dentiîlé, À ligne latérale continue , à,
nageoires vertica- Cloptique.
los ocaillcusos.
L'espèce type du genre, clepticus gcnizarra, est un poisson allongé, long do 2.% centimètres, rougoâtro ot orangé, commun A la Martinique où on le nomme créole, mais raro, parinnt aillours, dans la mer dos Antilles.
CLEPTOMANIE {kli^p, nî — du gr. kli^ptein, voler, et de manir) n. f. Manie du vol. il On dit aussi clopémanik.
GLÉRACromm. de laCharonto-Inférieure, arr. et à 3r> k. do Jonzao, non loin du Lary ; l.r>ll hab. Moulins. Anciens ckiâtoaux des Caillères, de Vallombroso ot do la Vallado.
CLÉRAORE n. f. Pathol. Syn. do cr.KisAORB.
GlÉRAMBAULT (Louis-Nicolas), organiste ot composilrur fraiii;ais, né et mort â Paris (1076-1749). Il fut notamuH-Mi or^anisto de la maison royale do Saint-('yr. Il composa, pour l'abbaye de Saint-Cyr, un Oflico complot, ainsi qu'un /Jvre d'orgue contenant keux suites du premier et du second ton. Il a écrit la musique du Soleil vainqueur des nuages, divertissomont représenté à l'Opéra en 17*1. et colle du Di^part du roi, idylle oxécutée ù. la cour en llATt, nuis des cantates, dont il a publie cinq recueils, ot parmi ios(|uoiles celle il'Orplu'e obtint un succè.s extraoniinaire. Louis XIV le nomma surintenriant do lu niusiqiio particulière de M"" de Maintenon. Clérambault a publié aussi doux recueils de pièros do clavecin. — Un fils de coi artiste, Ci^sah-Khançois-Nicolan, mort on 17(10, fut organiste do Saint-Siilpico vi puldia un livre do pièces d'orgue et un autro do piècos de <'lavociii. — Un autre, Ev^aru-Dominiym;, a publié dos cantates et dos trios do violon.
CLERC (A/f'r*. — Le c no se prononce jamais, excepté dans la luriiiion rlere à mattre [lut. ncclés. cloricus ; gr. klt'rikoa, membre du clergé^; n. m. Celui qui a reçu la tonsure ot est
Clepte (^r. 3 fois).
entré ainsi dans l'état ecclésiastique : Les clbrcs et les laïques, il Adjectiv. : Charge de conseiller ci.krc.
— Par ext. Homme lettré, savant : Plusieurs rois ont lUé de grands clercs et ont fait de bons livres. (Volt.)
— Partie. Employé oui travaille dans une étude : Clrrc de notaire, d'huissier, d'avoué. \\ Employé qui, dans les corporations, métiers et jurandes, était chargé des courses ot des corvées do la société, il Maître clerc. Premier clore d'une étude, n Petit clerc. Dernier clerc d'une étude, n Vice de clerc, Faute involontaire faite par un clerc dans la rédaction d'un acte et qui, pouvant se corriger par le contexte, n'est pas imputable à l'auteur de l'acte.
— Autrof. Celui qui servait quoique corps de métier et ([ui en faisait partie : Le clerc des orfèvres.
— Clercs acéphales. Nom des clercs qui cessèrent de vivre en commun avec l'évêque, comme le faisaient les clercs chanoines. Il Clercs réguliers. Congrégations d'ecclésiastiques qui pratiquent en commun les exercices de la vie religieuse, et font, les uns des vœux solennels, les autres des vœux simples. (Les théatins furent les premiers qui prirent ce nom; il est porté actuellement par les jésuites, les lazaristes, les barnabites et les oratoriens.) ii Clerc d'armes, Jeune fils de chevalier qui faisait son noviciat dans le métier des armes, ii Clerc de la basoche. V. basocHR. Il C'/ercrf'ea», Celui qui était chargé de tenir registre des droits dus au roi pour les marchandises passant, sur les rivières, et de veiller à ce que les engagistos, fermiers et régisseurs desdits droits, ne perçussent que ce qui leur était légitimement dû. (Cet office fut créé en novembre 1572, et supprimé en mai 1738.) ii Clerc d'office. Officier chargé de veiller sur tout ce qu'on livrait pour la bouche du roi ou d'un prince, n Clerc de la chapelle du roi. Clercs qui étaient particulièrement attachés au service de la chapelle rovale. Celui qui était placé à leur tête eut, dès les premiers temps de la monarchie capétienne, une grande importance. Les clercs de la chapelle du roi se maintinrent dans leurs prérogatives jusqu'à la fin de l'ancien régime. Ils étaient, au VIII' siècle, au nombre de huit.)
— Clerc du secret. Au xiii* siècle, le service de la chancellerie royale fut régulièrement organisé. (Quelques-uns des clercs qui la composaient, chargés de préparer les actes les plus importants et ceux qui étaionr d'une nature confidentielle, prirent uno situation prépondérante et reçurent le nom de clercs du secret. Au commencement du XIV* siècle, ils étaient au nombre de trois. Ce fut l'origine des grands secrétaires d'Etat de la monarchie absolue.)
— Mar. Clerc du guet. Officier autrefois chargé d'assembler le guet dans les ports et sur les côtes.
— Techn. Clerc d'à-has, Contremaître qui, dans les ardoisières d'Angers, dirige les travaux au fond de la carrière.
— Loc. fam. Faire un pas de clerc. Commettre une faute, une bévue par ignorance ou défaut d'expérience.
— Prov. : n ne faut pas parler latin devant les clercs. No traitons pas un sujet devant des personnes i|ui le possèdent mieux que nous, ii Les bons livres font les bons clercs, C'est avec de bons livres que Ion s'instruit.
— Encycl. Hist. eccl. Le nom de c/erc désigne tous ceux qui, ayant au moins reçu la tonsure, appartiennent au clergé, et qui jouissaient autrefois des privilèges cléricaux on bénéfice de clergie. Le plus important de ces privilèges était de ne dépendre que de la juridiction occlosiastique, beaucoup plus humaine que celle des seigneurs, dos prévôts ot des baillis. Au moyen âge, presque toutes les charges de l'Etat étaient remjdies par des clercs.
— Procéd. Clercs d'études. Dans la pratique, les clercs employés par les notaires, les avoués ou les huissiers, instruinentent souvent au lieu ot place do leurs patrons, mais aucune disposition de la loi n'autorise cette laçon do procéder. D'autre part, les clercs de notaire ne peuvent servir de témoins dans les actes passés par leur patron. Leur situation est fixée par l'ordonnance du 12 janvier 1843, relative à l'organisation des chambres de notaires ot à la discipline du notariat. Le secrétaire do chaque chambre tient un registre où il écrit le nom et le temps do stage de chaque clerc aspirant au notariat. Nul n'est admis à l'inscription s'il n'est âgé de dix-sept ans accomplis.
Clerc à maître {compte de). Daus les régies de Venrogistrement, dos contributions indirectes ot âes contributions diverses do l'Algérie, tout comptable titulaire ou intérimaire sortant de fonctions dans le cours do l'année rond à son successeur un compte dit de clerc à maitrp, au moyen duquel le comptable on exercice au 31 décembre tlomo'uro chargé do présenter l'ensemble des opérations do l'année.
Clerc à mattre {cotnpter de). Se dit d'un mode do gestion do certains services administratifs militaires, dont lo caractère essentiel consiste en ce que lo comptable qui en est chargé reçoit simplement do l'Ktat los fonds nécessaires et les emploie suivant les règles déterminées, sans pouvoir prétendre â aucun bénéfice, mais sans risquer non plus d'autres pertes que colles qui proviendraient do sa négligence. (C est l'opposé du régime dit : à l'entreprise, auquel on l'a substitué dans ces dernières années pour certains services, — comme par exemple pour celui do rentretion et de la réparation dos armos par les chefs armuriers dans les corps de troupes.)
CLERCELIÈRE (A-/(*r') n.f. Archéol. Clavier poursuspondro les clefs. V. clavani>ii:r.
GlERCKEN, comm. ilo Belgique (Flandre occid.), arr. a<lniin. do Dixnuide, arr. judic. do Furnes ; 4.734 hab.
GLERÇON (klih-' ~ du bas lat. clericio. dimin. de clt-rirus. clore) n. m. Petit clerc, clorgeon. (Vieux), it On a dit aussi
CLMRKTON, CLKROASTRK, CLKKC.RON ot CLKROKOT.
Glercq (Alexandre dk), diplomate français, né otmorl à Paris f 1813-I88N). Sous-directeur des consulats au ministère des atrairos étrangères, il participa, on ik7I. aux négociations qui suivirent la signature du traité do Francfort et aux règlements do compte auxquels elles donneront lieu on Alsace. Il a publié : Formulaire des chancelleries diplomat ques et consulaires (1848); Itccueil des traites de la France {l»(l<i-l»iiG}.
GlÉRÉ, cumni. d'Indro-ot-Loiro, arr. ot à 45 kil. de Chinon, a la source de la Ronior, aflL do la Loire; 1.17» hab. Sciorio do bois. Eglise du xii* siècle.
GlÉREMBAULT (Philippe DiO. comte hk I^ALi.rAH, maréchal <lo Franco, no on ir.oiî, mort â Paris on ir.iir». Il so distingua sous Louis XIII dans los campagnes d'Italie ci do Flandre. Il tut nommé lioutonaut ^'encrai ou l'-is, et maréchal de Franco ou 1052. Il mourut éuint gouvornour du liorry. - Son HIs aîné, lo marquis de Clèrombftult, lieutonanl général, se noya on traversant lo Oamibo A
CLERES
CLERIDES
clieval (1704\ après la bataille d'Hochstœdt. — Un autre fils du maréchal, Jules de Clerembault, mort eo 1714, abhé de Saint-Taurin d'Evreux, était bossu, et remplaça La Fontaine à l'Académie. (On dit, lorscjuil prit possession du fauteuil académique, qu"Esope avait été mis à la place de La Fontaine.)
ClèRES, ch.-l. de cant. de la Seine-Inférieure, arr. et à 17 kil. de Rouen, aux sources de la Clérette, affluent du Cailly ; 8i7 hab. Ch. de f. Nord et Ouest. Carrosserie, moulins. Château des xv* et xvi* siècles.— Le canton a 22 comm. et 11.802 hab.
Clerfayt ou Clerfait. ou Clairfayt {François-Séhastien-Charles-Josepli dk Croix, comte de), feldmaréchal autrichien, né au château BruiUe (Haioaui) en 1733, mort à Vienne en 1798. Il lit la guerre de Sept ans, reçut, en 1790, le grade de «■ général dartillerie », battit les Turcs en plusieurs rencontres. En 1702, commandant un corps d'armée dans l'armée austro-prussienne, il prit Stenay et le dérilé de la Croix-aux-Bois, assista aux batailles de Valmy et Jemappes; plus tard, il lit débloquer Maëstricht, contribua au succès des Austro-Prussiens à Neerwinden, Quiévrain et Famars, et se rendit maître de Quesnoy (1793). Eo 1794, il recula devant Pichcgru. Feldmaréchal en 1795, et commandant en chef des troupes impériales, i! entra dans Mayence (28 oct.), après avoir battu trois corps d'armée. Sa tactique se rapprochait beaucoup de celle de Bonaparte.
ChERGÈ {klèr'-jé — du lat. ecclés. clericatus, guide) n.m. Corps des clercs ou des ecclésiastiques dun culte rjuelconque : Le clergé catholique, anç/lican, luUiérien. fout culie a uti CLKRGÉ. Il Corps ues ecclésiastiques attachés à l'Eglise d'une contrée, d'un diocèse, d'une paroisse ; Le CLERGE de France. Le clergé de Paris, il Corps des ecclésiastiques qui procèdent ensemble à une cérémonie religieuse : Dans les enterremenls de première classe, figure un nombreux clergé. Il Clergé séculier, Prêtres qui n'appartiennent à aucun ordre religieux, il Cln'gé régulier, Prêtres qui appartiennent à des ordres religieux.
— Hist. Clergé de France, Nom que l'on réservait autrefois aux ecclésiastiques des provinces qui appartenaient à la France en 1561. ii Clergé étranger ou des pai/s cotiguis. Se disait des ecclésiastiques appartenant aux provinces annexées depuis 1561. ii Clergé constitutionnel ou assermenté. Se disait des ecclésiastiques qui avaient prêté serment à la Constitution civile du clergé, établie en 1790.
^-Clergé réfractaire ou insermenté. Se disait des ecclésiastiques qui avaient refusé le même serment.
— Encycl. Chez le peuple hébreu, ta tribu de Lévi, spécialement consacrée au culte de Dieu, était appelée le «partage » ou 1'» héritage » du Seigneur : en grec >t>.^poq. Cette expression fut, dès l'origine du christianisme, appliquée par saint Pierre aux ministres de la foi nouvelle ^I. Ep.. V, 3) qui furent nommés ici-^çt-Koi. en grec, clerici en latin, c'est-à-dire ceux qui appartiennent à Dieu, et qui sont comme son héritage. En même temps, les simples fidèles étaient désignés en grec par le mot de Xatxot (de laos, peuple) et par celui de laici en latin. Ainsi s'établit, dès les premiers temps, la division des chrétiens en deux classes nettement séparées : les clercs et les laïques, le clergé et le peuple. La première distinction hiérarchique entre les clercs fut celle des évèques et des diacres ; bientôt, la prêtrise fut démembrée do l'épiscopat, et, vers le second siècle, des ministres d'un ordre inférieur furent adjoints aux diacres. Il y eut alors les clercs majeurs : évèques, prêtres et diacres, qui avaient renu les ordres sacrés, et qui furent bientôt soumis à la loi du célibat ; les clercs mmeurs : sous-diacres, acolytes, exorcistes, lecteurs et portiers, revêtus des ordres "mineurs, et entin les simples clercs qui n'avaient reçu que la tonsure, devenue, dès le V* siècle, le sigqe de la cléricature. I! faut remarquer qu'au vi< siècle les sous-diacres furent mis au nombre des clercs majeurs.
Cette première hiérarchie, fondée sur le pouvoir d'ordre, fut complétée par une seconde, établie d'après les différents degrés de juridiction. Au sommet, l'évêque de Rorao, te pape, puis les cardinaux, les patriarches, les archevêques, les évoques, les curés. Peu à peu, le titre de primat ne fut plus qu'une distinction honorifi(|ue; avec lo temps, même, l'autorité des archevêques a pratiquement beaucoup diminué, et chaque évoque se trouve aujourd'hui en rapport direct et immédiat avec le pape.
Les anachorètes et les premiers cénobites, n'étant pas dans les ordres, ne se distinguaient des autres fidèles q^ue par l'austérité plus grande de leur vie. Mais, (|uand survint le grand développement de la vie claustrale, sous les auspices de saint Basile en Orient et de saint Benoit en Ocfudont, les moines furent admis au sacerdoce, et alors, se forma un second clergé, qui fut nommé clergé, régulier, parce qu'il était soumis par vœu à une règle monastique, tandis que le clergé vivant dans le monde fut appelé clergé séculier.
Le clergé régulier eut aussi sa hiérarchie, qui se compléta et se précisa davantage, à mesure que les ordres religieux se multiplièrent. Primitivement, chaque monastère était indépendant et obéissait à un abbé, soumis luimême au pape ; plus tard, les différentes maisons du mémo ordre furent reliées entre elles, et alors, il y eut les généraux d'ordre, les provinciaux, et enfin, sous des noms divers, les supérieurs de chaque maison particulière.
A mesure qu'il se constituait ainsi, le clergé sentit le besoin d'assurer par des biens et des revenus la prospérité de ses œuvres et la vie de ses membres. Chaque ôvêque fut donc investi parle code Justinien (Hv. I. titr. ii, ni) du droit do posséder, d'accroître et d'administrer les biens, tant mobiliers qu'immobiliers de son Eglise. Pour reconoaitre et assurer les services que le clergé rendait à la société par son ministère et par ses œuvres de bienfaisance, la mêtoe législation déclarait les clercs exempts do toute charge militaire et d'impôts. Enfin, l'Eglise eut ses tribunaux reconnus, comme l'administration et comme l'armée : il était défondu aux juges civils do poursuivre les clercs, en quelque matière que ce fût (code Tnéod., XLVII, De e/jiscopis). Les évèques furent même chargés de surveiller dans chaque ville la police des mœurs et l'honnêteté publique : ils furent investis d'un droit d'inspection sur les tuteurs ou curateurs des enfants mineurs, sur les prisons, sur l'administration des fonds municipaux et les travaux publics dans les cités.
Revêtu de ces prérogatives, le clergé no tarda pas à exercer une action prépondérante dans tout l'empire , mais principalement dans la Gaule, où les circonstances favorisèrent singulièremoot le développement do son
influence. Au v" siècle, la puissance romaine s'affaiblissait de jour en jour, l'anarchio était partout. Abandonnées par les fonctionnaires impériaux, les villes mirent tout l'espoir de leur salut dans leurs évèques qui, sous le titre, officiel ou non, de défenseurs de la ctté, prirent en main l'administration municipale à peu près dans toute la Gaule. Charlemagne, dans un iJapitulaire de 779, rendit obligatoire, pour tous les sujets du royaume, le payement de la dîme, qui jusqu'alors n'était qu'une contribution volontaire, dans son principe, mais consacrée par un usage déjà ancien. Les évèques, admis au nombre des leudes, prirent place dans les champs de mars, et exercèrent une influence profonde sur la législation même civile.
Dans les désordres et les troubles qui suivirent la mort de Charlemagne, le clergé régulier, en attendant des jours meilleurs, se constitua le gardien des trésors de la littérature antique : si les monuments de cette littérature sont arrivés jusqu'à nous, nous le devons aux manuscrits patiemment copiés dans les monastères. Enfin, le clergé donna le signal du réveil des études par la fondation des universités, surtout de l'université de Paris, dont la réputation se répandit bientôt dans le monde entier. Le num de - clerc » devint synonyme de «lettré ". Jusqu'à la fin de la monarchie, le" clergé fut considéré comme le premier ordre de l'Etat, et les exemptions dont il avait conservé la jouissance lui attirèrent une bonne partie des attaques dirigées contre les privilégiés au moment de la Révolution.
En 1789, il y avait en France 135 évêchés, 655 chapitres d'églises cathédrales ou collégiales, 35.918 paroisses et 5.287 annexes, environ 2.500 monastères ou couvents de religieux et 1.500 de religieuses. Il est difficile de préciser le nombre des membres du clergé à cette époque. H. Taine [" Origines de la France contemporaine » , vol. I"", l'Ancien régime) compte 70.000 prêtres séculiers, 23.000 religieux et 37.000 religieuses. Mais ce calcul, en partie fondé sur les archives nationales, en partie approximatif, est probablement au-dessous de la vérité. Même incertitude pour la valeur des revenus de l'Eglise de France. Necker, dans son ouvrage sur l'administration des finances de la France, l'évalue à 130 millions de francs; le rapport de Treilhard (19 déc. 1789), présenté au comité ecclésiastique de l'Assemblée constituante, le porte â 137 millions. Le représentant Mayet, dans un discours du 29 novembre 1789, donne 90 millions de francs pour les dîmes, 70 millions pour les biens-fonds, 20 millions pour le casuel ; total, 180 millions. D'autres ^'ont jusqu'à 200 millions. Ces revenus étaient, d'ailleurs, très inégalement répartis.
Par un décret du 2 novembre 1789, l'Assemblée constituante déclara que tous les biens ecclésiastiques étaient mis à la disposition de la nation, à la charge, pour celle-ci, de subvenir aux frais du culte et à l'entretien de ses ministres. L'année suivante, en mai 1790, la vente des biens de l'Eglise commença. Les dîmes avaient été abolies; les vœux monastiques furent supprimés (févr. 1790). Enfin, le 24 août 1790, fut votée la Constitution civile du clergé, qui décrétait l'élection des évèques et des curés par le peuple, avec défense aux évêc^ues de demander au pape l'institution canonique, remaniait l'ancienne circonscription des diocèses et assurait aux ministres de la religion un traitement annuel. Le serment à la nouvelle constitution, prêté par un certain nombre de prêtres, refusé par beaucoup d'autres, divisa le clergé en clergé asserynenté et clergé réfractaire, ce dernier bientôt proscrit. Le Concordat, conclu le 15 juillet 1801 entre le pape Pie VII et le premier consul de la République française, rétablit la paix dans l'Eglise de France. Le pape concédait au premier consul la nomination des évèques, se réservant de les instituer ; le premier consul garantissait le libre exercice de la religion catholique et assurait un traitement annuel à ses ministres. C'est sous ce régime qu'est placée encore l'Eglise de France
Les anciennes immunités du clergé ont disparu presque partout, du moins partiellement. L'exemption de l'impôt n'existe plus dans aucune nation catholique; le clergé est encore dispensé du service militaire en Autriche, en Espagne et en Portugal; dans toute l'Europe, pour les crimes et délits de droit commun, il est soumis à la juridiction des tribunaux civils.
Il y a actuellement, dans le monde entier, 13 patriarches catholiques, 956 archevêques et évèques, dont 884 du rit latin et 72 des différents rits orientaux-unis, 166 vicaires apostoliques dans les pays de missions. Le pape, assisté du collège des cardinaux et des congrégations romaines, exerce sur toute la catliolicitô une autorité souveraine et incontestée, tant en matière de foi qu'en matière de discipline.
Dans VEglise grecque séparée, ou Eglise orthodoxe, le clergé se compose de patriarches, d'évêques et de prêtres, nommés les uns et les autres papas. Il y a aussi des diacres. Des règles très anciennes dirigent le clergé régulier, les moines, dans les monastères, qui sont gouvernés par des supérieurs appelés archimandrites ou bien higoumènes. Quoique du même rit, les Russes n'ont pas de patriarches. Leurs prêtres (les popes) et leurs évèques sont soumis à l'autorité suprême du 5n^n^sy7?orfe, que nomme le tsar, et qui est composé de huit membres : cinq évèques, deux archiprêtres, et un délégué impérial laïque, sans lequel aucune décision ne peut être prise.
Chez les protestants, l'organisation du clergé varie suivant les différents Etats et les diverses communions. Les luthériens ont une sorte de hiérarchie qui comporte trois degrés : les simples pasteurs, les doyens et les surintendants généraux. Dans plusieurs Ëtats, notamment en Prusse, le roi est lo chef de l'administration ecclésiastique, le sunimus episcipus (évêquo suprêmel, selon l'expression consacrée. Chez les calvinistes, il n y a pas de ilistinction de rang entre les ministres. Au contraire, l'Eglise établie d'Angleterre et les Eglises épiscopaliennes ont conservé à peu près les degrés et les litres de la hiérarchie catholi<|uo.
Le clergé Israélite est organisé, en France, de la manière suivante : 1" lo çrand rabbin de France; 2" les grands rabbins; S* les simples rabbins. Los communautés juives des autres pays ont adopté des régimes analogues.
Dans la religion musulmane, il y a une sorte de clergé composé des muftis, des mollahs et des imans. Lo calife ou sultan possède l'autorité suprême en matière spirituelle.
— BiuMOGR. : P. Christian, Histoire du clergé de France 'Paris, 1810); J. Bousquet, Histoire du clergé de France (Paris, 1847-1851).
GLERGEON {klèr-jon) n. m. Hist. eccl. V. clerçon. il Se dit encore, dans quelques départements, pour Enfant do chœur.
Glergerie (Gilles Bry de La), jurisconsulte français du XVI* siècle, avocat au parlement de Paris. Il a écrit : Histoire des pays et comté de Perche et duché d'Alençon (Paris, 1620); les Coutumes des pays, comté et bailliage du Grand Perche (1629).
CLERGESSE {klér-jèss — rad. clerc) adj. Se disait autrefois d'une femme savante ou pédante :
Mais trop plus est à craindre une femme clergpsse.
Ronsard.
— n. f. Femme qui était chargée d'administrer les affaires de la communauté des Iingères de Paris.
GlergET (Pierre-François), né à Besançon en 1746, mort aiLx îles Canaries en 1808. i uré d'Ornans en Franche-Comté, il fut élu député du clergé aux états généraux, en 1789, par le bailliage d'Amont. Il prêta le serment civique, et fut l'un des plus zélés défenseurs des idées nou- ^elles. 11 émigra sous la Terreur.
CLERGIE [klèr'-jî — rad. clerr) n. f. Autrefois, Instruction, science, savoir, il Académie, corps de lettrés, de savants. (Vieux.)
Bénéfice de clergie, Privilège en vertu duquel tout condamné à mort qui avait une certaine instruction pouvait, hors le cas de haute trahison, obtenir grâce de la vie : Le criminel qui sait lire et écrire demande le bénk- FIC1C DE clergie; on ne peut le lui refuser. (Volt.) Il Se disait aussi d'un privilège par lequel les membres des Universités, maîtres et écoliers, ne pouvaient être traduits que devant les tribunaux ecclésiastii|ues. En Angleterre, Privilège en vertu duquel un criminel qui se trouvait dans un des casgraciables échappait à la peine de mort, s'il pouvait déchiffrer quelques lignes de vieux saxon.
— Admin. anc. Clergie de la ville de Pans, Prévôté des marchands et échevinage.
— Dr. anc. Greffe d'une juridiction.
— pROV. ANC. : Une poignée de bonne vie vaut mieux qu'un muid de clergie, Une seule bonne action vaut mieux que la science la plus étendue.
CLERGYMAN {kleur'-dji-men' — de l'angl. clergy, clergé, et tnan, homme) n. m. Ministre anglican. — Par ext. Partisan du clergé, li Pi. Des clergymen.
CLÉRICAFARDf/'fir),ARDEn. Pop. Fauxdévot, hypocrite.
CLÉRICAL, ALE, AUX (du lat. clerlcus, clerc) adj. Qui appartient au clergé, aux clercs, à l'état ecclésiastique : Jl faut préparer de bonne heure à la r?e cléricalk ceux qui se proposent de l'embrasser. (Bourdal.) li Dévoué aux intérêts du clergé : Parti clérical. Journaux cléricaux.
— Lettres cléricales. Lettres écrites par le clergé d'une Eglise, pendant la vacance du siège épiscopal. il Titre clérical. Autref. , Revenu dont chaque clerc devait faire preuve, avant d'être ordonné.
— Qui a rapport aux clercs des notaires, avoués, huissiers : Dans ta rie cléricale, où l'on travaille tant, on aime le plaisir avec d'autant plus d'ardeur qu'il est plus rare. (Balz.)
— n. m. Partisan du clergé : Les cléricaux. (Ne se dit qu'en mauv. part.)
CLÉRICALEMENT adv. D'une façon cléricale
CLÉRICALISATION {si-on) n. f. Action de clérîcaliser, d'iuï^pirer l'esprit clérical.
CLÉRÎCALISER v. a. Inspirer l'esprit de cléricalisme.
CLÉRICALISME {lissm' — rad. clérical) n. m. Ensemble d'opinions favorables à l'action du clergé sur les principes dirigeants du gouvernement et sur les fondements des institutions publiques; à l'immixtion du clergé dans les affaires publiques et privées ; enfin, d'une façon générale, à l'influence du clergé.
— Allus. hist.: Le cléricalisme, voilà l'ennemi t. .. Mot devenu fameux, et qui a été prononcé par Gambetta à la tribune de la Chambre, dans la séance du 4 mai 1877. Ou y fait de fréquentes allusions.
CLÉRICALISTE (liss(') n. m. Celui qui professe des opinions favorables au clergé.
CI^RICAT {ka — du lat. cle7-îcus, clerc) n. m. Office do clerc de la chambre apostolique.
CLÉRICATURE (du lat. clei^icatus, clergé) n. f. Etat, condition des clercs ou ecclésiastiques : Il faut que la jeuîiesse destinée à la clébkature soit nourrie, dès l'âge le plus tendre, à l'ombre du sanctuaire. (Portails.)
— Etat, condition des clercs d'étude : Années de cléricature. Il Corps des mêmes clercs : Le modèle de la cléricature.
— Précepte de la cléricature, Ordonnance royale qui était nécessaire, dans certains cas, pour qu'on pût être fait clerc.
ClERICI (Giorgio), patriote lombard, né à Milan en 1815, mort à Rome en 1877. 11 prit une part active à l'insurrection milanaise de 1848 et, après la répression, il passa en Suisse, puis en Piémont. Il fut, plus tard, nommé inspecteur de l'agriculture.
Clericis laicos, premiers mots d'une bulle célèbre
Eubliée le 25 février 1296 par le pape Bonifaco VIII. Cette ulle frappait d'excommunication tout prélat, clerc ou religieux, qui payerait ou promettrait de payer à des la'iques une taille, ou une part de son revenu, ou une portion quelconque de ses biens, sous quelque prétexte que ce fût, sans la permission du saint-siège; tout roi, tout prince, tout officier qui exigerait ces impositions, ou s'emparerait des biens ecclésiastiques. Les universités coupables seraient frappées d'interdit. Cette bulle fut fort bien accueillie par le clergé anglais, mais Edouard I"" continua à lo pressurer. En France, les évèques soutinrent Philippe le Bel contre la papauté.
CLÉRIDÉ5 n. m. pi. Famille d'insectes coléoptères malacodermes, comprenant des formes élégantes, allongées, ordinairement cylindriques, presque toujours poilues ou tomenteuses, avec lo corselet plus étroit que les élytres, les antennes dentelées ou renflées en massue. — Un clkridé.
— Encycl. Les déridés ou clairons comptent de nombreux représentants répartis sur tout lo glol)0, notamment dans les régions tropicales; on en connaît plus do sept cents osjièces, rangées dans les genres : denops, tHluSf opilOf clairon on clerus, tarsostenus, trichode, enophum.
CLERIEUX