V. MINEUR
— Mar. Dérangemeut dans les marées. (Vieux.)
— Syn. Débauche, crapule. V. crapule.
— Anton. Innocence, sagesse, vertu.
Débauché (la Carrière du) ou la Vie du libertin [Bake's Progrcss), série de huit compositions peintes ot gravées par Hogarth. — Voici la rapide description de ces peintures : l" Le Débauché prenant possession de son patrimoine. Le père vient de mourir. Hogarth nous introduit dans le logis du défunt, où tout révèle son avarice, tjuant au jeune héritier, tout en donnant audience â son tailleur et à son notaire, il tond des pièces d'or à une vieille femme qui, la mmo irritée, montre du doigt sa tille, dont la grossesse révélo lo déshonneur. 2" Le Débauché entouré de ses professeurs. Le libertin a réuni autour do lui un spadassin, un professeur do cor do chasse, un jockey, un maître do danso, un ingénieur, un maître d'escrime français, un professeur de bâiou anglais. S* Le Débauché à la taverne, .\utour d'une table, une dizaine do femmes do mauvaise vie sont groupées. Rakewell (c'est-â-diro Bonne Canaille, nom quo Hogarth donne à son héros), est assis, un pied sur la table, dans l'attitude d'un homme abruti par l'ivresse. Prés de lui, uno courtisane lui enlève sa montre. 1" Le Débauché arrêté pour dettes. Kakewell est arrêté par deux sergents. La jeune fillo abandonnée par son séducteur accourt; elle paye les dettes du prisonnier. 5" Le Mariage du débauché. Rakowoll épouse uno vieille fille borgnoot bossue, mais très riche. Dans le fond do l'église, on voit la jeune fille séduite par Kakewell, qui» accompagnée do sa mère et tenant son enfant dans sos bras, est venue dans l'espoir do toucher lo cœur du libertin. 6* Le Débauché dans tme maison de jeu. UakowoU vient do perdre son dernier écu : les j)oings crispés, les yeux hagards, un genou en terre, il grince des dents et appelle sur lui les foudres du ciel. 7* Le Débauché dans la prison pour dettes. Rakewell prête une oreille distraite aux injures dont l'accable sa femme, penchée sur lui comme une harpie. L'artiste a placé sous les yeux du misérable la jouno IlUo qu'il a séduite autrefois; oflo est venue, amenant avec elle sa fillo. En le voyant, elle s'est évanouie. S" Le Débauché dans la maison des fous. Kakewell est ii Bodlam : étendu ù terro et presque nu, moitié riant, moitié hurlant, il se déchire le visage avec ses ongles; la pauvre fille d'Oxford n'a pas craint do lo suivre. Autour d'eux, l'artiste a groupé : un astronome, uu géométro, un mélomane, un roi, etc. — Dans colto série do compositions, Hogarth a fait preuve d'une profondeur et d'une finesso d observation vraiment extraordinaires. Il représenta ces scènes en huit tableaux, qui sont conservés maïntouaiU au musée Soane, et qu'il ronroduisit un première fois on autant de gravures. Vers la tin de sa vie, eu 17G:t, Hogarth donna une seconde édition dos huit estampes de la Car' rii-re du débauché.
DÉBAUCHÉE {bé-ché) n. f. Mar. Ketraito des ouvriers dos chantiers et arsenaux, à la fin do leur journée.
DÉBAUCHEMENT (bô-che-mati) n. m. Action do débaucher.
DÉBAUCHER (bô — du préf. priv. dé, ot d'un ancion mot, bauche, dont l'origine est inconnue, ot qtii a lo sens do n liiMidc travail ". l/>*'iuMf/(tT signifierait donc propromeut n 1)étourner do l'atolier »1) v. a. Jeter dans la débauche : L'empereur Caligula débaucha toutes ses saurs. i^Bran-
DÉBALCHEUR — DEBIT
tome.) Il Rendre infidèle à son mari ou à sa femme, à son amant ou à sa maîtresse : Je n'.w débauché le mari d'aucune femme. (Raynal.) Il Corrompre la lidélité de : Papius essaya, et avec succès, de débaucher les Gaulois auxiliaires de César. (^Mérimée.) il Séduire, corrompre : Les mauvais livres débauchent l'esprit, ii Décider un salarié à rompre son contrat de travail ; Les grévistes sont venus débaucher tous les ouvriers du chantier.
— Fam. Gagner, entraîner : Son irrégularité me débauche ; je le condamne et je l'imite. (M"* de Sév.) !i Arracher à ses occupations, à ses habitudes : On tâche ici de me DÉBAUCHER pour me mener en compagnie. (Racine.)
— Techn. En parlant d'un mur, En enlever l'enduit appelé bauche : Débaucher un mur. (Vieux.)
Débauc/îé, ée part. pass. du v. Débaucher.
— Substantiv. Personne livrée à la débauche.
— Fam. Personne qui aime les plaisirs de la table- (Inus.)
— A.NTON. Rangé, sage, vertueux.
Se débaucher, v. pr. Etre débauché, dans toutes les acceptions du verbe actif; devenir débauché, se jeter dans l'oisiveté, les excès de table, l'incontinence.
— Se débaucher de. Abandonner, renoncer à (en parlant d'un devoir ou d'une occupation régulière) : Etant jeune, je ME DÉBAUCHAI DE m€S éludes. (Segrais.)
DÉBAUCHEDR, EUSE (bô) n. Celui, celle qui excite à la débauche, au libertinage : Louis d'Orléans, qui fut tué à la porte Barbette, était grand débaucheub des femmes de la cour. (Brantôme.)
DebauVE (Alphonse-Alexis), ingénieur en chef des ponts et chaussées, né aux Mureaux (Seine-et-Oise) en 1845. Ses principaux ouvrages sont : Manuel de l'ingénieur des ponts et chaussées (1879-1880), très estimé, et Traité des procédés généraux et des matériaux de construction (1884-1S87, avec atlas).
DÉBAVER (du préf. priv. dé, et de bave) v. a. Débarrasser les cocons de leur bave, c'est-à-dire de la soie folle qui attache ce cocon aux branches de bruyère, dans les magnaneries.
DÉBAVURE (rad. débaver) n. f. Bave ou soie folle retirée des cocons.
Débat (Jean -Baptiste -Joseph), sculpteur, né à Malines en 1779, mort à Paris en 1863. De 1801 à 1816, il exécuta pour la ville de Nantes de remarquables ouvrages : dix statues placées sur les façades de la Bourse : l'Astronomie et la Prudence, les Quatre parties du monde, Jean Bart, Duguaif-Trouin, Duçuesne et Cassard ; le fronton dt; l'hôtel de ville et celui du Muséum d'histoire naturelle à Nantes. En 1817, Debay quitta cette ville pour aller habiter Paris. Citons, parmi ses œuvres les plus connues : la statue du chancelier de L'Hôpital pour la ville d'Aigueperse; Louis XIV, pour la ville de Montpellier; Pêriclès, au jardin des Tuileries; Charles-Martel, au musée de Versailles; Colbert, au Luxembourg; Léonidas, sous les traits de Talma; trois bas-reliefs : l'Afrique, l'Amérique et Mercure protégeant le commerce, à la Bourse de Paris; un œil-de-bœuf (pour la cour du Louvre), où sont représentées Ut Poésie et la Musique; la Jeune fille au coquillage, etc. Rappelons encore des statues et des bas-reliefs pour diverses églises : un Christ (Nantes) ; saint Pierre, saint Paul et saint Jean-Baptiste (Nantes) ; saint Sébastien, une Vierge, saint Jean-Baptiste (Paris); saint Matthieu (Arras) ; la Foi, l'Espérance et la Charité, pour l'église des Missions étrangères. — Debay est un sculpteur académique, mais certaines œuvres de lui ont do la noblesse et de l'originalité. Il avait quatre-vingt-quatre ans quand il sculpta son groupe de Faustulus (1863).
Débat (Jean-Baptiste-Joseph), sculpteur français, fils aîné du précédent, né à Nantes en 18*>2,mortàParisen 1862. Elève de son père, il obtint, en 1829, le prix de Rome ; le sujet était la Mort d'Hyacinthe. De- retour à Paris, il exécuta d'assez nombreux ouvrages : Thésée découvrant l'épée de son père; Jésus-Christ au milieu des docteurs, pour l'église Saint-Sulpice ; le Génie de la marine; le Génie de la chasse; le Bepos du monde ; Cambronne (Nantes); Anne de Bretagne, au musée du Luxembourg; monument élevé à la mémoire du maréchal Oudinot; six statues d'apôtres, pour l'église Saint-Eustache ; la Pudeur cédant à l'Amour; etc. Cet artiste s'adonna aux sujets gracieux. La meilleure de ses œuvres est sa Jeune esclave, qui se distingue par une exquise et savante linesse (Mâcon).
Débat (Auguste-Hyacinthe), sculpteur et peintre français, frère du précédent, né à Nantes en 1804, mort à Paris en 1865. Elève de son père, il obtint le prix de Rome dans la section de peinture en 1823 avec Egisthe reconnaissant le corps de Clytemnestre. Comme peintre, il a produit : Lucrèce au Forum; les Enrôlés volontaires en i792 ; l'Entrevue du camp du drap d'or, pour le musée de Versailles ; la Bataille de Dreux, pour celui de cette dernière ville ; le Vieillard et ses enfants ; les Deux amis. Les tableaux d'Auguste Dobay sont d'un grand otfet dramatique, et la composition est, en général, très ingénieuse. Les Enrôlés volontaires en noi obtinrent beaucoup de succès. Comme sculpteur, nous lui devons: le mausolée do Me^ Affre et celui de la comtesse de fJamas ; les Vingt-quatre vieillards de l'Apocalypse, pour la coupole de l'église Saint-Pierro do Chaillot ; enfin, le ffercean primitif on Eve et ses deux fils, qui lui concilia tous les suffrages à l'Exposition de 1855.
Débat (Auguste), médecin français, frère des précédents, né à Clormont-Ferrand en 1802. mort à Colombes près Paris, en 1890. D'abord médecin militaire, il s'est fait connaître par des ouvrages do vulgarisation relatifs à l'hygiène, à la physiologie, au magnétisme, etc.
Débat rCarotinG-Ix>uise-Emma Pérignon, dame), peintre français, belIe-sœur des précédents, née en 1809, morte en 1832. Elève do son père Alexis-Nicolas Pérignon, elle a pris part avec succès au Salon de 1831, où elle exposa : Christine de Suède chez le Guerchin; la Mariée de village ; Jeune fille endormie ; Sujet tiré de la prison d'Edimbourg; Henri IV armant chevalier son fils Louis XIII; etc.
DÉBECQUETER v. a. ot n. Pop. Vomir.
pEBELLARE SUPERBOS, fin d'un vers de Virgile {Et,.''ui.-, iiv. VI, v. 8:^3;, qui signifie dompter les supei-hea.
Les Komains voulaient paraître cléments et modérés après la victoire. Enôe, descendu aux enfers, voit passer sous ses yeux les ombres dos héros et des générations futures ; son père Anchise lui montre l'avenir brillant rônervé au peuple romain. • D'autres, s'écric-t-il, seront plus habiles dans l'art d'animer l'airain et do faire sortir
du marbre de vivantes figures.Toi,Romain,voîci ton rôle : soumettre l'univers à :es lois, épargner ceux qui se soumettent, et dompter les superbes :
Parcere subjccUs et debellarc superbes.
DÉBELLATOIRE {bel', to-ar — rad. débeller) adj. Victorieux, triomphant, en parlant des choses : Argumejits dèbellatoires. l^Vieux.)
DÉBELLER {bèl'-lé — lat. debellare, vaincre complète ment à la guerre) v. a. Combattre victorieusement : Débeller ses ennemis. (Vieux.)
DEBEMUR MORTI, NOS NOSTRAQUE {Nous sonunes voués à la mort, nous et foui ce qui 7wus appartient), commencement d'un vers d'Horace [Art poétique, v. 63). Cette roiîexion mélancolique vient au poète d'une façon assez imprévue ; il pense aux langues dont les termes se renouvellent sans cesse et les compare d'abord aux arbres, dont les feuilles tombent annuellement pour faire place à d'autres ; les feuilles mortes le font songer aux hommes, qui meurent aussi, et il interrompt le cours de ses préceptes littéraires pour développer en beaux vers un de ces lieux communs qui lui sont familiers sur la brièveté de la vie, l'incertitude de l'avenir, le côté périssable de tout ce qui est l'œuvre de l'homme.
DEBENTUR(rft'-6(?(-/Hr'— mot lat. qui signifie sont dus) n. m. Dr. anc. Quittance délivrée au roi par les officiers dos cours souveraines, lorsqu'ils touchaient leurs honoraires.
Debeble (Alfred-Joseph), littérateur français, né à Compiègne (Oise) en 1835, mort à Paris en 1877. Il collabora à des journaux, à des revues, au « Grand Dictionnaire universel du xix' siècle ". Il fut sons-préfet -de Corbeil en 1870, puis conseiller municipal de Paris (1874). Il a publié, entre autres écrits : les Jeudis de l'institutrice {ISIO), avec Pierre Larousse, et Histoire de l'Amérique du Sud (1876).
DebeS (Lucas Jacobson), savant danois, né dans l'ile de Falï^ter en 1623, mort en 1676. Il s'adonna particulièrement à l'étude de l'histoire naturelle des îles Féroë. Son principal ouvrage a pour titre : F^roa reserata.
DÉBESILLER (// mil.) V. a. Pop. Débiter, gaspiller, rendre impropre à servir : Dêbesiller du pain, du drap.
DÉBET {bè — mot lat. qui signifie il doit) n. m. Ce qu'un comptable est reconnu devoir après le règlement de son compte : Etre en dêbf.t. liester en hébet.
— Coût. anc. Payer une charge en débet. Payer une charge en acquittant les dettes du vendeur.
— Encycl. Admin. Le débet est le chiffre dont un comptable public est jugé débiteur, soit par le conseil de préfecture, soit par la Cour des comptes, tant à raison des sommes qu'il était chargé de recouvrer que de celles qu'il a détournées de leur destination après les avoir reçues, ou qu'il a employées à des payements irréguliers.
On dit aussi, en matière d'impôts, qu'une chose est inscrite « en débet >>, lorsque celui qui doit l'acquitter a un délai pour le faire ; dans ce cas, on n'en inscrit pas moins ce qui est dû pour la régularité du compte, sauf à opérer plus tard le recouvrement.
Debidour (Elie-Louis-Marc-Marie-Antoine, dit Antonin). liistoricn français, né à Nontron en 1847. Nommé, à sa sortie de l'Ecole normale, professeur d'histoire, il devint, après sa thèse de doctorat : De Theodora Justiniani Augusti uxore, suppléant à la faculté des lettres de Nancy. Titulaire de la chaire de géograpliie en 1879, il fonda", la môme année, la société de géographie de l'Est, dont il devint président. Il fut nommé à la chaire d'histoire en 18S0, doyen de la Faculté en 1886 et inspecteur général de l'instruction publique en 1890. Conférencier, publiciste, Debidour a publié, outre ses thèses : le Gênerai Bigarré, d'après ses mémoires inédits {ISSO); Histoire de Du Guesclin (1880); l'Impératrice Theodora (18S5) ; Etudes critiques sur la Révolution, l'Empire et la période contemporaine (1886); les Chroniqueurs : Villehardouin-Joinville (1888): Histoire diplomatiqtie de l'Europe (1891); Histoire des rapports de l'Eglise et de l'Etat (1898),
DÉBIELLER [bi-é-lé) V. a. Démonter une bielle d'une machine à vapeur.
DÉBIFFER {bi-fé — du préf. priv. dé, et de biffer) v. a. Fam. AfTaiblir, détraquer: La débauche débiffe Vestomac. Il Debiffer le visage, L'altérer : Les veilles débiffent le visage.
Sè déhffferf v. pr. Devenir débiifé.
DÉBILE (lat. debilis, contract. de dehabilis, qui est impropre, qui n'est pas apte; formé de de priv., et de habilis, apte) adj. Faible, manquant de vigueur constitutive : Enfant débile. Membres débiles. Santé débile.
— Fig. Impuissant, dépourvu d'énergie ou de capacité : Esprit, Jugement débile, u Dessin débile. Dessin qui manque de vigueur.
— En T. de bot.. Se dit de la tige et des branches des végétaux, quand elles sont trop faibles pour se soutenir sans appui : Les branches du saule pleureur sont débiles.
— Syn. Débile, faible, fragile, frêle. Débile, d'un emploi moins commun que faible, représente la faiblesse comme résultant de la perte des forces; faible marque simplement l'absence de la force: l'enfance est /"aiô/c, la vieillesse est débile. Fragile marque le peu de solidité, le danger d'être brisé ou de périr. Frêle conserve la signification de frngile, mais on se rapprochant de celle de faible.
— Anton. Fort, robuste, vigoureux.
DÉBILEMENT adv. D'une manière débile.
DÉBILITANT {tan), ANTE adj. Qui débilite : Un remède