‹ Nouveau Larousse illustréChapitre 579 sur 870 · partie ; exécuter le déchant · texte numérisé non relu

partie ; exécuter le déchant

DÉCHANTER {du préf. priv. dé, et de chanter) v. n. Cesser de chanter : Grisette qui ne déchante pas de la journée. (Fam.)

Fig. Changer de ton, d'avis, rabattre de ses prétentions, de ses espérances, de sa vanité ; perdre de sa gaieté, faire triste contenance : // espérait en tirer de grands avantages, mais il y aura bien à déchanter. (Acad.)

DÉCHANTEUR (rad. déchant) n. m. Mus. anc. Chanteur qui exécutait des accords sur le chant principal.

DÉCHAPELLEMENT {pè-le-man) n. m. Action d'enlever avec une pince la couronne d'une dent cariée dont on veut conserver la racine.

DÉCHAFEMENT [man) n. m. Action de déchaper.

DÉCHAPER (du préf. priv. dé, et de chape) v. a. Techn. Retirer la chape ou chemise du modèle qui a servi à fondre.

DÉCHAPERONNER (ro-né — dupréf. priv.'ié, et à^i chaperon) V. a. Fauconn. Dépouiller de .son chaperon, en parlant de l'oiseau de proie qui a la tête couverte d'un chaperon.

— CoDstr. Déchaperonner un mur. En enlever le chaperon.

DÉCHARGE [charf — subst. verb. de décharger) n. f. Action d'ôter, de descendre, en parlant d'un objet qui sert de charge, il Action de débarrasser de sa charge, en parlant d'une personne ou dun objet chargé. (Dans ces deux sens, on dit plus ordinairement déchargement.)

— Action de diminuer une charge : La décharge d'un plancher^ d'un navire trop chargé.

— Payer tant à la décharge de quelqu'un, à la décharge d'un compte, Payer tant en déduction de ce que doit quelqu'un, de ce qui est porté sur un compte, il Porter une somme en décharge. Indiquer sur les livres, sur un compte, que cette somme a été acquittée.

— Par est. Lieu d'une maison où l'on serre ce qui n'est pas d'un usage journalier, ii Lieu destiné à décharger les décombres, il Déblais encombrants.

— Fam. Série de coups frappés vivement : Une décharge de coups de bâton.

— Fig. Soulagement, allégement : Il faut craindre de faire de la confession une décharge au cœur sans se corriger. (Fén.) [Peu usité.]

— Admin. Acte par lequel on dispense un contribuable d'acquitter des droits hndûment imposés.

— Archit. Mode de construction ayant pour but de soulager une partie d'éditice au-dessus" d'un vide ou de parties faibles, et de reporter la charge des maçonneries sur des points d'appui solides. {On donne généralement le nom d'arc de décharge à ce genre de construction.)

— Art milit. Action de tirer. (S'emploie plutôt quand il s'agit du tir simultané de plusieurs armes: i'^e décharge d'artillerie. Même dans ce cas, on dit également une salve.)

— Dr. Acte, quittance, main-levée, etc. constatant la libération d'un engagement, d'une dette, dune convention, d'une gestion, d'une chose contiée temporairement, etc.

I! Justification, avantage qui résulte, pour l'accusé, des circonstances ou des dispostions favorables : Témoins à DÉCHARGE. II Par anal. A la décharge, Comme justification ; Jl faut dire, À la décharge des jeunes gens de notre époque, qu'ils ont sous les yeux des exemples déplorables.

— Electr. phénomène qui se produit quand un corps électrisé perd en tout ou en partie sa charge d'électricité.

11 Décharge électrique. Phénomène étudié pour la première fois par Dufay, et qui provient de l'égalisation de potentiel de deux points par l'établissement dune communication conductrice entre ces deux points, n Décharge conductive. V. !a partie encycl. Il Décharge obscure» Phénomène qui se produit dans une décharge à travers les gaz raréfiés. (V. raréfié.) Il Décharge oscillante. Se dit lorsque la durée de la décharge augmente et que la résistance diminue. (Dans ces conditions, les étincelles oscillent d'une armature à l'autre, avec une intensité graduellement croissante. Sir William Thomson avait prévu ce résultat à la suite de considérations purement théoriques.) il Décharge convective, Décharge par transport au moyen du plan dépreuve, ii Décharge intermittente. Décharge dans laquelle l'électricité s'échappe par étincelles isolées, lorsqu'on dispose une colonne d'eau sur le trajet du conducteur de manière à introduire des résistances considérables, il Décharge successive. V, bouteille de Leyde. li Décharge latérale, Décharge secondaire qui se produit sur les côtés de l'excitateur d'une bouteille de Leyde et par un fil latéral en même temps qu'une décharge a lieu dans le circuit de l'excitateur, ii Décharge froide. S'est dit pour choc en retour. Il Décharge en aigrettes. Forme de décharge électrique lumineuse. II Décharge disruplive. V, la partie encycl.

— Fauconn. Action d'un héron qui, pour voler plus rapidement, vomit la nourriture qu'il a dans l'estomac.

— Hortlc. Trou dans lequel on met les débris variés résultant du ratissage des allées, de la tonte des arbres, etc.

— Hydraul. Appareil servant à faire écouler les eaux

3ui se sont accumulées dans un étang, un bassin, ii Tuyau e décharge, l" Conduit par lequel s'écoulent les eaux; 2' Réservoir dans lequel se déverse le trop-plein d'un canal, duno rivière.

— Mécan. Dans une machine à. va.i)Rur, Tuyau de décharge: 1" Conduit qui mène dans la biiclie d'alimentation les eaux de condensation refoulées par la pompe à air; 2" Diminution de poids que l'on applique sur le levier do la soupape do sûreté ou de la tension du ressort de la balance, ii Décharge accidentelle, Tuyau qui, dans le condenseur à surface, laissf! écouler le trop-plein de la bâche à l'extérieur, soit par suite de fuites proaui tes, soit pour toute autre cause.

— Monn. Poinçon appliqué sur des pièces d'argenterie, pour indiquer auo les droits dus au lise ont été acquittés.

— Physiol. Expulsion, déjection.

— Scrrur. Barre do fer ajusiéo obliquement en travers d'une grille, ou carrément dans un châssis, pour on consolider les parties.

— Turr. Diminution du poids que régulièrement devrait porter un cheval do course.

— Typogr. Feuille de papier placée sur une forme encrée, afin d'enlever l'excédent d encre qui recouvre les caractères d imprimerie, ii On dit mieux I'apibr de dkchahoe.

— Voirie. Excavation dans laquelle le propriétaire du soi permet de déverser les bouos, les débris déplâtras, les

' déblais, etc. :l)kcuAR<>K payante. ])P.CHAR(iK publique.

— u. f. pi. Charpent. Pièces do bois inclinées à GO", qui sont destinées, dans les pan:^ de bois ou dans les cintres, Â reporter sur les poteaux d'huisserie ou sur les apj>uis le poids dos trumeaux ou des cintres qui so trouvent au-dessus

d'un grand vide, de manière à soulager les poitrails ou les entraits qui couronnent cette ouverture, n On appelle encore ces pièces de bois écharpes.

— Encvcl. Electr. La décharge d'un corps électrisé peut se produire de plusieurs manières avec des efi"ets différents. On peut les ramener à trois types : la décharge conductive, la décharge disi-uptive, et la décharge par les poiyites.

La décharge conductive se produit quand une source d'électricité est mise en communication par un conducteur avec un autre corps dont le potentiel électrique est moins élevé. Ainsi, lorsque les conducteurs d'une machine électrique sont en communication avec le sol par une chaîne métallique, il y a une décharge conductive qui se continue tant que la machine est en activité.

La décharge disruptive se produit brusquement entre deux corps électrisés ayant des potentiels différents, mais non réunis par un conducteur; elle est accompagnée habituellement de bruit et de lumière. La décnarge d'une machine électrique dont on approhe le doigt, celle d'un condensateur dont on réunit les deux armatures â l'aide d'un excitateur (décharge instantanée) ou à l'aide d'un pendule isolé {carillon électrique, araignée électrique), la foudre qui éclate soit entre deux nuages, soit entre un nuage et la terre, sont des décharges disruptives.

La déchart/e par les pointes est intermédiaire entre les deux précédentes : elle tient de la première espèce parce qu'elle consiste en un écoulement continu d'électricité ; de la seconde, parce qu'elle est accompagnée de phénomènes lumineux et quelquefois de phénomènes sonores. Une décharge d'électricité négative par une pointe produit une éto^ile pâle à l'extrémité de la pointe ; c'est ce qu'on observe aux peignes d'une machine électrique de Kamsden. Une décharge d'électricité négative produit une aigrette. Le feu Saint -Elme, qui brille par les temps d'orage au sommet des paratonnerres et des mâts, affecte l'une ou l'autre de ces formes, suivant les cas.

Il faut rapprocher de la décharge par les pointes celle qui se produit par les flammes, par les fumées ou les vapeurs, par 1 écoulement d'un liquide goutte à goutte. Dans le cas des pointes, en effet, la décharge est produite par un véritable écoulement d'air successivement électrisé par le contact de la pointe, puis chassé immédiatement après.

DÉCHARGEMENT (je-man) n. m. Action de décharger. (Se dit principalement en parlant des navires, des bateaux et des voitures de transport.)

~ Artill. V. la partie encycl.

— Mar. Opération consistant à changer de bord le chargement, et même à couper la mâture d'un navire engagé, afin de le relever, il Allégement d'un navire engagé sous l'effet du vent, ou débarquement des marchandises.

— Encycl. Mar. Le déchargement comporte l'enlèvement des marchandises de la cale d'un navire. Ce mot n'est plus généralisé et s'applique à la totalité ou à une partie des marchandises qu'on extrait des cales; les navires de commerce se vident, par déchargements successifs, dans leurs diverses escales.

Pour relever un navire engagé sous l'effet du vent ou do la mer, on manœuvre les voiles, on déplace, si Ton peut, les pièces de canon ou les poids mobiles, chargement, etc. Si l'on y est obligé, on doit se résigner à couper la mâture. C'est le déchargement, ou, mieux, c'estdéchargerlenavirc.

— Art milit. Déchargement d'un projectile creux. C'est l'enlèvement de la poudre, des balles, etc., qui constituent le chargement des projectiles creux. Cette opération peut s'exécuter dans les arsenaux pour tirer parti des matériaux qui ont servi à préparer des projectiles devenus inutiles par suite de réforme, changement de modèle, etc. Mais on ne doit jamais décharger un projectile gui a été tiré et n'a pas éclaté. On eu trouve assez fréquemment, soit sur les champs de tir, soit sur les champs de bataille. Sous aucun prétexte, on ne doit les décharger, si anciens qu'ils soient; il ne faut même pas les ramasser, mais les signaler à l'autorité militaire qui prend ses mesures pour les détruire, en les faisant éclater sur place ; car toute tentative de déchargement, parfois même le simple transport, peut faire éclater le projectile et causer les plus graves accidents.

Déchargement d'une arme. C'est l'opération qui consiste à enlever la charge d'un canon ou d'un fusil, au lieu de faire feu. Avec les armes à chargement par la culasse, elle permet de retirer les munitions intactes. Après un raté, on ne doit décharger une arme, surtout un canon, qu'avec les plus grandes précautions, le coup pouvant partir pendant qu'on effectue l'opération.

DÉCHARGEOZR {jo-ar') n. m. Hydraul. Endroit où l'eau de décharge, n Tuyau par lequel s'écoule le trop-plein d'un bassin, d'une fontaine, d'un réservoir quelconque. 11 Vannes d'écluse servant à vider un bief.

— Mécan. Nom que l'on donne quelquefois au tuyau de décharge des machines à vapeur, et que l'on nomme le plus souvent décharge.

— Techn. Rouleau qui, dans le métier à tisser, sert à enrouler l'étoffe à mesure qu'elle est fabriquée.

DÉCHARGER {je — du préf. priv. dé, et de charge. Prend un e après le g devant les voyelles o et a: Il déchargea. Nous déchargeons) v. a. Oter, "descendre, en parlant d'une charge : Décharger des pierres, du blé. \\ Débarrasser de sa charge (en parlant d'un homme, d'un animal, d'un objet chargé) : Décharger un crocheteur. Décharger un cheval, un bateau.

— Par ext. Diminuer la charge de : Décharger une poutre qui commence û fléchir. (Acad.)

— Faire partir le coup d'une arme à feu : Décharger son fiml sur quelqu'un. (Acad.) n Asséner violemment : Décharger un coup sur la tête de quelqu'un.

— Fig. Soulager d'une charge : Décharger un peuple de tout impôt. Il "l'enir, déclarer quitte d'une obligation : DÉCHARGER quelqu'un d'un dépôt. (Acad.) n Dispenser, débarrasser : .S"e faire décharger de la tutelle d'un mirieur.

Il Témoigner en faveur de quelqu'un, dire des choses qui tendent à le justifier : Témoins qui déchargent l'accusé.

— '■ Loc. div. : Décharger son estomac, son ventre, Se souhiL^er par quelque évacuation, n Décharger le cerveau. Le d('gagcr, le soulager, ii Décharger sa conscience. Faire une chose que l'on se croit en conscience obligé de faire, mettre à couvert .sa responsabilité morale; faire un aveu.

Il Décharger sa mémoire, So soustraire, par un aveu méritoire, ù. un remords, à un souvenir poignant, il Décharger êon cœur. Découvrir, déclarer avec iranchiso les sujets de douleur, d'inquiétude ou do plainte que l'on avait conte-

nus en soi-même, li Décharger sa bile, sa rate, sa colère. Donner libre carrière à sa mauvaise humeur, à sa colère. Il Fam. Décharger le plancher, Sortir de la maison, se retirer de la chambre, de l'appartement.

— Arboric. Couper et enlever les branches qui fatiguent un arbre et aussi les fruits malingres qui pourraient nuire au développement des autres.

— Comm, Décharger un registre, un contrat, une minute, Y inscrire la quittance de ce qu'on a reçu, n Décharger un compte. Décharger son livre. Rayer d'un compte, de son livre, les articles qui ont été pa>és. ii Décharger la feuille d'un messager, Y inscrire le récépissé des marchandises ou autres objets qu'on a reçus.

— Dr. Décharger quelqu'un d'accusation, d'une accusation, Prononcer, reconnaître que quelqu'un est innocent do ce qu'on lui avait imputé.

— Electr. Egaliser le potentiel électrique entre deux points. Il Action d'effectuer la décharge ; Décharger un condensateur.

— Mar. Décharger i/n navii-e engagé. Enlever tous les poids qui le tiennent couché sur le flanc et l'empêchent de se relever. H Décharger tine voile, Orienter une voile masquée de manière qu'elle ait le vent dedans, n Décharger ta mâture. Dépasser les mâts de perroquet, de cacatois, au besoin même les mâts de hune, quand le vent devient trop fort.

— Typogr. Décharger une foivne, un rouleau, A l'aide d'une feuille de papier dite papier de décharge, faire disparaître l'encre en excès humectant les caractères d'imprimerie.

— v.n. Maculer, faire tache '.Encre, Couleur qui décharge beaucoup.

— Techn. Déteindre, en parlant d'une étoffe. Déchargé, ée part. pass. du v. Décharger.

— Manèg. Cheval déchargé d'encolure ou simplement déchargé, Cheval qui a l'encolure fine.

— Véner. Déchargé d'épaules, Qui a peu d'épaules, en parlant d'un chien courant.

Se décharger, v. pr. Etre ou devenir déchargé, n En parlant des eaux, S'écouler, se dégorger : Le trop -plein des eaux du lac Erié se décharge dans le lac Ontario. H Déposer sa charge : Se décharger d'un paquet.

— Fig. Se débarrasser, se soulager, n Epancher sa colère, sa mauvaise humeur.

— Se décharger sur quelqu'un de. Lui abandonner le soin de. Il Se décharger d'une faute sur quelqu'un, Rejeter sur lui une faute qu'on a commise, la lui imputer.

DÉCHARGEUR {jeur') n. m. Celui qui décharge les marchandises, les voitures : Les déchargeuhs du port, de la halle.

— Admin. milit. anc. Officier préposé au soin de faire décharger les poudres et autres munitions de guerre.

— Comm. Déchargeur de vin, Tonnelier qui, avec de la craie, marque les tonneaux de vin choisis par un acheteur et qui en fait faire la décharge,

— Techn. Nom que l'on donne, dans les manufactures, au cylindre sur lequel sont ajustés les hérissons d'une carde. (Ce cylindre livre au tambour la matière textile, qu'elle reçoit d'un autre appareil appelé le ti'availleur.)

DechaRME (Paul), helléniste français, né à Beaune en 1839. Il fut élève de l'Ecole normale, membre de l'Ecole d'Athènes, professeur au lycée de Montpellier, professeur de littérature grecque â Ta Faculté de Nancy, doyen de cette Faculté, professeur de poésie grecque à la Sofbonne. Il a publié : Recueil d'inscriptions iyiédites de Béotie ; les Muses et De Thebanis artificibus, thèses de doctorat (1869) ; Mythologie de la Grèce antique (1879), le meilleur ouvrage do ce genre qui ait paru en France ; Euripide et l'esprit de son théâtre (1894).

DÉCHARMER (du préf. priv. dé, et de charmer) v. a. Délivrer d'un charme, désensorceler, il Fig. Désenchanter, désillusionner. (Vieux.)

— Anton. Charmer.

DÉCHARNEMENT [man) n. m. Etat de ce qui est décharné : Une tête spi ritualisée jusqu'au décharnement.

DÉCHARNER (du préf. priv. dé, et de chaj-n. autre forme de chair) v. a. Dépouiller de chair: Décharner un cadavre. (Acad.) il Par exagér. Amaigrir, ôter l'embonpoint de : La maladie nous décharné.

— Fig. Rendre stérile, monotone ;

...Mourant d'une faim qui n'est point assouvie, L'homme a jauni sa face et décharné sa. vie.

A. Barbibr.

Il Rendre sec, aride, en parlant du langage, le dépouiller d'agréments, d'ornements : Il décharné son style et croit le rendre simple. (Acad.)

— Fauconn. Décharner un leurre. En enlever la viande. Décharné, ée part. pass. du v. Décharner.

— Agric. Arbre décharné, Arbre taillé trop court, auquel on a ôté trop de bois.

Se décharner, v. pr. Devenir décharné.

DÉCHARPIR (du lat. discerpere, même sens) v. a. Séparer avec effort, déchirer, mettre en charpie : Dêcharpir des chiffons. (Vieux.)

— Fig. Séparer de force des gens qui so battent avec acharnement : Dêcharpir des combattants. (Vieux.)

DÉCHASSÉ [cha-sé] n. m. Pas de danse qui se fait vers la gauche, par opposition au chassé, qui se fait vers la droite : Faire des chassés et des déchassés.

DÉCHASSEMENT (cha-se-man) n.m. Action de chasser, de faire sortir, en parlant d'une cheville.

DÉCHASSER (cha-sé — de la partie, dé, et de chasser) v. a. Chasser, renvoyer, éloigner : Ils vinrent se saisir de la Gaule et en déchasser les premiers habitants. (Montaigne.) [Vieux].

— Techn. Faire sortir de force, en parlant d'une cheville, la chasser en sens contraire.

— V. n. Faire un chassé vers la gauche, après en avoir fait un vers la droite ;

Sur le pont d'Avignon.

L'on y cliasse et l'on déchasse; Sur le pont d'Avignon.

L'on y danse tous en rond.

(Bonde populaire.)

DECHATONNER {to-né — du préf. priv. dé, et de chaton) V, a. Art vélér. So dit du placenta des lemelles de ruminants qui viennent de mettre bas, quand on introduit la main dans l'utérus pour dctacht'r ce placenta des chatons ou colyh'dons, dans l'opération de la délivrance à la main.

DÉGMAULAGE (chô-laf — du prof. priv. dé^ ot do chaiix) n. m. lK'ciMii|")sitioii, [lar un aoiiio, du picrate do chaux tornié l'tMidaiii la dolécution.

DÉCHAUMAGE {châ-7naj') n. m. Action do dôchaumcr uno torro : // fiufftt, pour le okchaumage, que la terre soit ameublie et rrmitèe à 0"',05 de profondeur.

— Encycl. Lo déchaumage consiste halutuellomont on un labour trùs superlioiel, opèrti au scarificateur. On lo pratique après la moisson, ot il est suivi d'un horsaj^o ou rAtclago. Lo labour do dôchaumago arrache ou rotourno les mauvaises horbos ot provûi|uo uno (jermination liAtivo de knirs foraines, do sorte (|u'au premier labour véritable les plantes issues do ces graines seront détruites à leur tour. Lo horsago ou ràtelago permet do ramasser on las la plus grande partie des herbes arrachées ou retournées. Ou les brûlo ou ou les laisso sécher sur place.

DÉCHAUMCR {chô — du préf. prîv. dé, et do chaume) V. a. P^ritorror, avec la bêche ou la charrue, ce qui reste do chaume aprùs la moisson. Il Donner un premier labour à uno terre, on commencer lo défrichement.

DÉCHAUMEUR {cho) n. m. ou DÉCHAUMEUSE [cliô) n. f.

DECHAULAGE — DÉCHIFFRER

Déchaumeuse. {V. Tableau d'agriculture, 1er vol., p. 128.)

Instrument qui sert à enlever les chaumes, et, au besoin, à défricher ou à labourer ; charrue légère, binot, oxtirpateur, scarilicateur, etc.

DÉCHAUSSAGE {chô-saf) n. m. Mise à nu du collet des plantes ot des parties les plus élevées de leurs racines par l'action combinée des gels et des dégels sur la couche superficielle d'un sol cultivé.

— Encycl. L'eau se dilate quand elle se solidifie. En conséquence, le gel tend à déterminer un exhaussement de la couche superficielle d'un sol cultivé, surtout quand celui-ci est trop humide à l'automne. Les plantes sont soulevées en même temps que le sol; mais, au dégel, la terre s'atfaissant, le collet de la plante et une partie des racines sont mises à nu. Quelquefois, les racines se rompent, et il arrive mémo que la tige est coupée comme par des cisailles.

Le déchaussage est surtout fréquent chez les céréales cultivées. On y remédie par un roulage exécuté au printemps avec un rouleau Crosskill ou un rouleau ordinaire, quand la terre s'est asséchée.

DÉCHAUSSANT {cli6'Sa7i), ANTE adj. Qui est sujet au déchaussement, en parlant de terres arables peu productives.

DÉCHAUSSEMENT (châ-se-man) n. m. Action de déchausser, doter les souliers.

— Etat d'une dent déchaussée ; action de déchausser un© dent avant de l'arracher.

— Agric. Façon qu'on donne aux arbres et aux vignes, lorsqu'on les laboure au pied en faisant usage de la charrue appelée « déchausseuso n, pour les recouvrir avec du terreau ou du fumier. Il Action d'une cause accidentelle qui dénude en partie les racines des végétaux; état d'une plante ainsi dénudée.

— Constr. Etat d'une construction qui est déchaussée; action de la déchausser, de mettre ses fondations à nu en tout ou en partie.

— Vitic. Action do déchausser la vigne, d'enlever la terre qui avoisine immédiatement la partie supérieure du pivot de la racine.

— Encycl. Vitic. On déchausse la vigne on creusant a.vec la houe, au pied de chaque cep, un godet profond do 15 à 20 centimètres, ou bien en exécutant entre les lignes des ceps, au moyen d'une cliarrue spéciale (v. bottoirI, uno double raie de labour dont la terre est adossée au milieu de l'intervalle des lignes. Les pieds des ceps restent alors enchâssés dans une bande étroite de terre qu'on pioche à la houe.

Le déchaussement, qui est opéré au printemps, nettoie le sol du vignoble des mauvaises herbes qui l'ont envahi. Il facilite la destruction dos drageons, l'onfouissomont des engrais, etc.

DÉCHAUSSER (châ-tté — du bas lat. discalciare; do la partie, dis, et de calceus, chaussure) v. a. Oter, retirer la chaussure de : Dkcua,us3Er non maître. Il Oter, en parlant des éperons.

— Fig. JVétre pas digne de déchausser quelqu'un, Lui 6tro fort inférieur «mi talents, en mérite.

— Par ext. Dépouiller par lo pied ou la base : Di*:- CHAUssER un mur. n l)écharnor jusqu'à la racine, en parlant des dents ot des ongles, il Montrer jusqu'à la racine. on parlant dos dents : ICh I eh ! s'écria-t-il avec un rire qui DKCUAUSSAIT ses dents. (V. Hugo.)

— Agric. Dénuder jusqu'à la racine, on parlant des plantes : Un des plus sûrs moyens de tuer un arbre est de le DÉcHAussF.R. (J. Jouliort.)

Déchaussé, ée part. pass. du v. Déchausser.

— Hist. rolig. Moines, Carmes déchaussés ou déchau.r. Carmes de la réforme de Sainte-Thérèse, qui no portent point de bas et qui n'ont que des sandales.

Se déchausse!', v. \>r. Etre déchaussé, dénouillé de sa chaussure, n Oter sa chaussure. H Etro dénudé jusqu'à la racine.

— Véncr. ÎNO ilit du iliicn et du li)Up. quand ils rojcttonl la terre avec les piods sur leurs excrénu-nts,

— Pnov. : Il ne faut pas se déchausser pour manger cola, Exclamation d'un gaillard 'le lion appétit, à la vue d'un mets qu'il so (latlo d'avaler promptomcnt. sans crainte d'indigestion, (L'ablié lluot pense que cotte locution populaire est fondéo sur l'iiabitudo qu avaient les anciens de quitter lours chaussures avant de se placer sur les lits autour de la table.)

DÉGHAUSSCUSC {chô-seus' — rad. déchausser) n. f. Charrue spéciale, servant à labourer la bande de terre comnriso entre les rangs do pieds do vignes, à opérer le déchaussement, aliu do réchauffor los ceps avec du fumier ot do recouvrir celui-ci avec ^'^^Bh*

los cavaillons C=S==*^ Déchausseuse.

que la charrue laisse après son passage.

OÉCHAUS-

SIÈRE n. f.

Vôner. Syn.de

Dl'XHAUSSURK.

DÉCHAUS-

SOIR {chà~so-ar' — rad. déchausser) n. m. Chir. anc. Instrument qui servait à détacher los gencives d'autour des donts qu'on voulait arracher.

^ DÉCHAUSSURE {chô-sur — rad. déchausser) n. f. Véner.

E^-^ratignures que le loup et la louve font sur le sol quand

ils ont déposé ou jeté leurs laissées, c'est-à-dire quand ilâ

ont fiente. (S'emploie mieux au plur.)

DÉGHAUX(c/iCÎ-rad. déchausser) a.d}. m. Déchaussé. (Vx.)

— Fam. Pied déchaux. Homme sans naissance ou sans fortune, qui se donne des airs de grand seigneur. (Vieux.)

— Carmes déchaux. V. déchaussé.

Dechazelles (Pierre-Toussaint), écrivain français,

né à Lyon en 1751, mort en 1833. 11 composa des dessins pour étoffes, puis écrivit rni intéressant ouvrage intitulé: Etudes sur l'histoire des arts (1824).

DÈCHE (rad. déchoir) n. f. Pop. Gêne excessive, misère : Etre en dèche. Tomber dans la DÎicHE.

DÉCHÉANCE {ché-ajiss) n. f. Action de déchoir: On ne connaît le défaut que comme une déchéance de la perfection. (Boss.)

— Par ext. Chute, disgrâce : La déchéance des fils d'Adam, il Perte de la couronne, du trône : Quarantesf'pt secliotis sur quarante-huit votèrent la déchéance: de Louis XV J.

— Par ext. Perte d'une autorité, d'un pouvoir quelconque : La déchéance des dieux.

— Dr. Perte d'un droit; résultat de l'inaccomplissement d'une obligation ou d'une formalité : Sous le droit féndal, la DÉCHÉANCE était une des quatre manières de perdre la noblesse.

— Encycl. Polit. La déchéance atteint tantôt un souverain ou un chef de pouvoir exécutif, tantôt ceux qui exercent un mandat électif. — La théorie de la déchéance royale, exposée par les écrivains do la Ligue qui tentèrent de l'appliquer pour cause d'hérésie au roi de Navarre, fut mise en pratique en Angleterre au xvii' siècle, au regard de Charles I*"" et de Jacques II. Elle n'est entrée dans la loi et les faits en France que depuis la Révolution. Les cas où le souverain serait » censé avoir abdiqué » furent énuraérés dans un texte du 6 juillet IIQI, reproduit par la constitution du 3 septembre 1791. Le 21 septembre 1792, en déclarant la royauté abolie, la Convention prononça virtuellement la déchéance de Louis XVI. De lui-même. Napoléon prononça la déchéance des Bourbons d'Espagne et do Naples. Le 3 avril 1814, le Sénat conservateur le déclara déchu à son tour. Vinrent ensuite les déchéances de Charles X (7 août 1830), de Louis-Philippe (25 févr. 1848), de Napoléon III (1" mars 1871).

Celui qui a, au cours de l'exercice d'un mandat électif, encouru une condamnation entraînant la perte de sa capacité politique, ne saurait continuer à représenter lo collège électoral qui l'a nommé. S'il est sénateur, député, ou conseiller général, sa déchéance est prononcée par l'assemblée dont il fait partie, sur le vu des pièces justificatives. S'il est conseiller municipal, il est " immédiatement déclaré démissionnaire par le préfet, dit l'article 36 de la loi du 5 avril 1884, sauf réclamation au Conseil.de préfecture dans les dix jours de la notification, ot sauf recours au Conseil d'Etat».

— Admin. tin. Il est des créances qui, n'avant pas été exigées dans un certain délai, tombent en déchéance. Do ce nombre sont les créances sur l'Etat qui, dit l'article 9 de la loi du 29 janvier 1831, n n'ayant pas été acquittées avant la clôture des crédits de l'exercico auquel elles appartiennent, n'auraient pu, à défaut de justifications suflisantes, être liquidées, ordonnancées ot payées dans un délai do cinq années, à partir de l'ouverture de l'exercico, pour los créanciers domiciliés en Europe, et de six années pour les créanciers résidant hors du territoire européen u . Les sommes versées aux agents des postes, les valeurs déposées aux bureaux ou enfermées dans des lettres que l'administration n'a pu remettre à destination et non réclamées par les expéditeurs, sont acquises à l'Etat au bout do huit ans. Les arrérages des pensions, rayées après trois années, puis rétablies sur réclamation des titulaires, sont déchus. Les trop perçus de l'enregistrement et des contributions directes ne peuvent plus être revendiqués après doux ans, et les sommes duos, à ces deux titres, à l'Etat, so prescrivent par un an. Enfin les sociétés par actions ont été autorisées à inscrire dans leurs statuts uno clause qui les libère au bout de cinq ans do tout dividende ou intérêt échu depuis plus do cinq ans ot non encaissé.

— Dr. féod. Il y eut, sous le régimo féodal, quatre façons de perdre la noblesse : la déchéance, la dégradation, la déropoance et la bâtardise. La peine de la déchéanco nobiliaire était prononcée contre les nobles qui prenaient des biens à ferme ou qui jouissiiient dos revenus do bénéfices ; contre ceux qui ne ^)ronaient point los armos, suivant l'obligation do leurs nefs; enfin, elle était encourue à défaut do payement de diverses taxes royales.

Dechen (Ernest-IIenri-Charlos dk), minéralogiste allomand, né à Berlin en 1800. mort à Bonn en 1889. Attaché à l'administration des mines à Bocbuni et à Esson, il fut nommé professeur extraordinaire à l'université do Berlin (1834), ot directeur de l'administration dos mines à Bonn (1841). Nommé inpéniour en chef, il prit part à la réorganis.'ilion do l'administration dos mines en Prusse (loi du 10 juill. 18G1). et prit sa retraite en I8ti4. Il so llxa ulors à Bonn. Outre do nombreux articles dans les revues, on lui doit d'importants travaux sur l'Allemagno, ainsi qu'une Carte (féulogigne de l'Allemagne (18GU).

DÉCHÉNITE n. f. Vanadato naturel do plomb un pou zincifèro, dont la formule est I*bV'0*. lo poids spécifique .'.,8 et la dureté 3,5. (Cotte substance minérale so pré-

sonte on masses botryoïdes jaunes ot rouges ou en enduits, dans certains grès do la Baviôre-Khéuano.)

Dechepare (Bernard), i.rétro et poète basque du xvi" siècle. Ou a de lui un reçue fi de vers eu langue basque, publié à Bordeaux en 1545 et réimprimé en 1847, avec une traduction française par Archu. Dochopare est lo plus ancien autour dont on ait des écrits en basquo

déchet {chh — subst. vorb. de déchoir) a. m. Diminution do la valeur d'uno marchandise, soit en qualité, soit on quantité, par suite d'avarie, d'évaporation, do fuite, de perto à la manipulation : chutes, débris, ou de coulages ([uelconques.

— Fig. Discrédit, altération, diminution.

— Loc. fam. : Il y a du déchet. Il y a du mécompte. (Se dit surtout on parlant des espérances ou des prétentions

do quckm'un.) w II g a bien du déchet sur la filasse. So dit à propos d'une personne qui a éprouvé de grands revers do fortune, d'un bénéfice ou d'une succession qui u'ost pas

aussi considérable qu'on s'y était attendu.

— Mar. Quantité dont un navire a dévié de sa route, par suite du vent ou des courants. (Vieux en ce sens.|

Il Allocation supplémentaire faite au commis aux vivres, pour compenser la réduction, par suite d'avaries, des approvisionoomonts d'un navire.

— Encycl. Techn. Dans toutes les branches de l'industrie moderne, les déchets, c'est-à-dire les parties éliminées dans la transformation des matières premières, sont recueillis ot reçoivent par un traitement approprié une valeur nouvelle. C'est dans l'industrie textile que la récupération des déchets est le plus importante; le coton, par exemple, perdant dans ses diverses transformations 10 ou 11 p. 100 de son poids. Le travail de la laine, du lin, du chanvre, du jute, de la soie, etc., laisse également des déchets notables, qui reçoivent diverses applications industrielles, lorsque le défaut de longueur de leurs fibres ne permet pas de les utiliser directement pour la production des tissus.

Les déchets résultant du travail des peaux et des cuirs, et que l'on appelle n déchets animaux», servent à la fabrication des colles fortes, des engrais, du noir animal, etc.; à l'aide de traitements chimiques, on en tire des couleurs qui prennent les noms de cyanures, deprussiates de fer, etc.

Les déchets métalliques ont aussi leur valeur, soit qu'on les soumette à uno fusion nouvelle pour les régénérer, soit qu'on sépare, sans trop de frais, les divers métaux qui y sont contenus.

Enfin, dans toutes les branches industrielles qui ont la chimie pour principal auxiliaire, le traitement des résidus, des eaux mères, des lessives, etc., permet de rendre à la fortune sociale des richesses naturelles qui avaient été longtemps négligées.

DÉCHETEUX {teù), EUSE adj. Qui offre du déchet, en parlant de certaines matières textiles ; la soie, notamment.

DÉCHEUX (c/(e)}), EUSE adj. Pop. Qui est dans la dôche.

DÉCHEVELER (du préf. priv. dé. et de cheveu. — Double la lettre l devant un e muet : Je déchevelie. Tu déchevelleras) v. a. Mettre en désordre la chevelure de : DÉ- CHEVELKR Une femme.

Déchevelé, ée part. pass. du v. Déchoveler. Le vent mugît et secoue avec rage Des noirs sapins les fronts àéchevclés.

Tu. Gautier.

— Substantiv. au fém. Faire la deckevelée, Affecter uno profonde douleur.

Se décheveler, v. pr. Mettre sa chevelure en désordre.

— Syn. Décheveler, écheveler. Ces deux mots marquent le désordre de la chevelure; mais le premier annonce un désordre plus grand et suppose une cause plus violente.

DÉCHEVÊTRER (du préf. priv. dé, et de chevétre) v. a. Agric. Enlever lo licou maintenant un cheval, un bœuf, un âne, un mulet, au râtelier ou à la mangeoire.

— Constr. Démolir un parquet en ôtant les chevêtros qui soutiennent les soliveaux de ce parquet.

Se déchevètrer, v. pr. Oter son chevétre.

— Fam. Se débarrasser d'une entrave quelconque. DÉCHEVILLER (// mil. - du préf. priv. dé, et de cheville)

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