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DÉLIQUESCENTE. V. DISSOCIATION

— Bot. Se dit des végétaux ou de leurs organes, quand leur tissu mou se résout promptement en nue eau gélatineuse, comme dans les champignons appelés » coprins ».

Il Se dit aussi de la tige d'un arbre qui no peut se distinguer des branches, par opposition à excurrente,

3uand cette tige reste distincte jusqu'au sommet, comme ans les pins.

DÉLIQUESCENTS (késs-san) n. m. pi. Nom donné à des poètes décadents, dans un petit opuscule satirique, les Déliquescences, par Adoré Floupette, pseudonyme pris par Gabriel 'Vicaire ot Henri Beauclair (1885). — Un déliquescent.

DELIQUIUM (dé, kui-om' — mot lat.) n. m. Chim. Etat de déliquescence : Tomber en deliquium. Il Substance tombée en déliquescence : Recueillir et analyser le deliquium.

— Fig. Milieu corrompu, souillé ; La société, les mœurs, l'art lui-même, n'ont rien à voir dans ce deliquium infect des abjections humaines. (G. de Cassagnac.)

DÉLIRANT (ran), ANTE adj. Pathol. Qui est en délire ; Malade délirant, il Qui fait délirer : Fièvre délirante.

— Fig." Extravagant, désordonné : Imagination DÉLI- BANTK. Il Fam. Enivrant, délicieux, étourdissant : Partie de plaisir DÉLIRANTE. Femme délirante.

— Substantiv. Personne en délire : Les délirants doivent être surveillés avec le plus grand sain.

— n. m. Médicament qui cause lo délire : Tous les délirants sont des narcotiques.

— Encycl. Pharm. On désignait par le nom de délirants toute une classe de médicaments narcotiques, qui, pris a une dose même très faible, obscurcissent la vision, dilatent la pupille, occasionnent de la dysphagie, de l'aphonie et du délire. On utilise leurs très actives propriétés dans un grand nombre d'affections, contre l'angine de poitrine, la dyspnée, etc. Les plus usités sont : la belladone, la jusquiame, la stramoine, la morelle et le métel, ainsi que leurs préparations et les alcaloïdes qu'ils renferment : atropine, nyoscyarainc, solanine, daturino, etc. Les autres classes de médicaments narcotiques étaient les narcotiques stupéfiants et les narcotiques nauséeux. Ces divisions ne sont plus généralement admises.

DÉLIRE (du lat. delirium, mémo sens) n. m. Pathol. Etat morbide, caractérisé par des hallucinations et une altération des facultés intellectuelles.

— Fig. Agitation extrême, trouble, exaltation qu'excitent dans l'âme les passions, les sensations violentes; inspiration : Le DÉLIRE sacré du poète.

— Délire des sens. Surexcitation des organes, ii E.xaltation de l'esprit qui trouble les fonctions des sens.

— Syn. DéUre, égarement, Irénéele. Le délire est proprement l'état d'un malade à qui l'ardeur de la fièvre fait battre la campagne ; c'est un état d'exaltation où l'imagination crée do» fantômes qu'on prend pour des réalités. h'égaremcnt est la suite du délire, c'est un état plus durable dont le trouble se manifeste surtout dans le regard et quelquefois par des actions bizarres ou qui révoltent la nature. La frénésie est un égarement qui tient do la fureur ; au trouble de la raison se joint une violence que rien n'arrête ot qui s'enivre de ses propres excès.

— Anton. Bon sens, saine raison, saag-irofd.

— Encycl. Pathol. Lo délire a pour origine une lésion cérébrale. Cotte lésion peut se trouver dans les cellules cérébrales, mais, le plus souvent, elle intéresse les fibres d'association entre ces cellules ; la congestion, l'anémie, les troubles circulatoires, les altérations dans la qualité

du sang, les cxsudats tuberculeux ou syphilitiques sont autant de causes pouvant entraîner le délire.

On en distingue deux sortes : le délire aigu, et le délire chronique ou vésanique.

Le délire aigu est tantôt une maladie autonome, tantôt un symptôme'; il peut se montrer, d'une façon primitive ou secondairement, chez les aliénés et névropathes débilités. Le délire aigu primitif est annoncé par une période de tristesse, de céphalalgies ; la conscience est obnubilée ; l'agitation motrice suit l'incohérence des idées. Ce qui est caractéristique, ce sont les intervalles de lucidité, et ces accalmies sont suivies d'une plus grande agitation. La rtèvre atteint 39° ^O" et 41°. Le malade est en proie à des hallucinations de tous les sens ; il refuse les aliments et lait des tentatives de suicide ; il tombe enfin dans une période de stupeur, et, si son existence n'est pas compromise, presque toujours, il reste plus ou moins dément.

Le délire aigu secondaire apparaît au cours des délires chroniques ou do la paralysie générale ; il survient aussi chez les syphilitiques et les alcooliques (rfe/î'rmm treynens) ; son pronostic est souvent fatal. Le délire aigu, sous une forme très atténuée, se rencontre au cours des grandes maladies ; ce sont ces délires fébriles qui accompagnent les affections cardiaques, les fièvres éruptives ou typhoïdes et les lésions cérébrales, et qui n'impliquent pas nécessairement un pronostic grave. Pour lutter contre ces divers délires, il faudra soutenir le malade par une alimentation appropriée, leur appliquer les révulsifs les plus efficaces : bains, glace et les purgatifs à l'occasion.

Le délire chronique ou vésanique pert envahir tous les domaines des facultés psychiques : sensibilité, entendement, volonté, et aboutir à la folie. Si, au contraire, le trouble cérébral atteint certaines parties des fonctions psychiques, le délire chronique sera partiel et on pourra voir, alors, se former une conception délirante, que l'on désignera selon la nature des idées : idées de grandeur, idées de ruine , idées do persécution , idées hypocondriaques, idées religieuses, idées erotiques, idées de transformation corporelle, agoraphobie, topophobie, folio du doute avec délire du toucher ; et pour les actes, la manie de destruction, de collection, du vol, du suicide, de l'incendie, etc. Tous les malades atteints do délire vésanique partiel, et à plus forte raison généralisé, devront être traités dans un établissement spécial, où l'isolement dahord, l'hydrothérapie ensuite, seront, avec quelques nouveaux médicaments d'une efficacité vérifiée, les meilleurs adjuvants pour leur guérison.

Délire (le) ou les .Suites d'une erreur, opéra-comique pn un acte, paroles do Rovoroni-Saint-Cyr, musique de Berton, représenté à l'Opcra-Comique (théâtre Favartl, le 7 décembre n90. Cet ouvrage était comme une sorte de petit drame psychologique, dans lequel on avait rnis en scène les tortures d'un joueur que sa passion conduit à la folie. L'étrangeté du sujet, lo génie déployé par le compositeur, qui avait su donner à son œuvre un accent étonnamment pathétique et plein d'une expression douloureuse, procurèrent à cet ouvrage un succès d'enthousiasme.

DÉLIRER (lat. delirart, s'écarter du sillon; de de. hors do, et do lira, sillon) v. n. Avoir le délire, être en délire : Malade qui commence à délirer.

— Fig. Etre en proie à quelque passion exaltée ; Délirer rf'nmour, de joie, de colère. Il Déraisonner : L'esprit de parti fait délirer.

DELIRIUM TREMENS (dé-li-ri-om'-tré-minss — mots lat.) n. m. Délire aigu, caractérisé par le tremblement do la face et des membres, survenant au cours de l'alcoolisme chronique.

— Encycl. Les causes d'afi'aiblissement du cerveau : excès alcooliques ou privation d'alcool devenu stimulant habituel, manque de nourriture, violente émotion, maladies graves et surtout la pneumonie, les suppurations et les traumatismes provoqueront une attaque de delirium tremens. Après quelques jours d'incubation, pendant lesquels le malade a des insomnies, de l'angoisse précordiale, des hyporesthésies et un léger tremblement de la langue et des mains, les fonctions psychiques s'altèrent profondément; des hallucinations terr'ifiantes : animaux agressifs, voix obscènes, font de l'alcoolique un véritable persécuté; il devient dangereux pour lui-même et pour autrui; il refuse même de manger. Les troubles moteurs s'accentuent à leur tour: le tremblement devient général, la sensibilité disparait quelquefois, l'excitabilité réflexe s'exagère jusqu'à provoquer des spasmes cloniques, et le delirium devient alors convulsif. La fièvre, peu élevée, peut monter jusqu'à 42», et cette forme fébrile est souvent mortelle. La durée du delirium tremens est, en moyenne, de trois à huit jours: mais il peut y avoir des rechutes qui prolongent la maladie. La mort peut survenir par épuisement ou par des complications. Enfin, le passage à l'état chronique devient une psychose, pendant laquelle on distingue la persistance des "hallucinations apparues à la période aiguë.

On trouve chez les malades morts dans une attaque de delirium tremens une vive congestion des méninges, surajoutée aux altérations de l'alcoolisme chronique; les ventricules cérébraux sont distendus par le liquide cavitaire, très augmenté de volume. Le traitement prophylactitiue consiste dans les précautions à prendre en soignant un alcoolique, c'est-à-dire ne pas le priver d'alcool. Quand l'attaque a éclaté, on aura recours à l'hydrate de chloral et à la morphine en doses faibles, mais souvent répétées, ou bien aux injections sous-cutanées d'extrait aqueux d'opium. On soutiendra le malade par des vins médicamenteux et le iait, le musc et le camphre chez les adynamiques. On devra le maintenir au lit et, s'il est nécessaire, lui mettre la camisole de force.

DELISÉE n. f. Genra d'algues marines, formé aux dépens des delesséries, et comprenant un petit nombre d'espèces propres à l'Australie.

deliselle n. f. Bot. Syn. de sphacélaire.

DelislE (Claude), historien et géographe français, né à Vaucouleurs on 1614, mort en 1720. D'abord avocat, puis professeur d'histoire à Paris, il finit par obtenir du duc d'Orléans une place de censeur. Il a laissé plusieurs ouvrages d'histoire et de géographie, dont les principaux sont une Jlelation historique du royaume de Siom(1684); et un Atlas historique et généalogique (1718). Ses quatre fils ont laissé un nom dans l'histoiro des sciences.

DeliSLE (Guillaume), géographe, fils aine du précédent, né ot mort à Paris (1675-1726). Dès 1700, après avoir été

l'élève de son père et de Cassini, il publia des cartes iiiioressantes dKurope, d'Asie et d'Afrique, un globo céleslo ot un globe terrestre. Jusqu'alors, les géographes s'en étaient rapportés aux longitudes données par Ptoléniée, sans tenir compte des observations astronomiques ultérieures. Delisle, à l'instigation de Cassini, entreprît d'assigner sur les cartes aux diverses régions du çlobo leur véritable place, en s'aidant de tous les renseignements dignes ûe confiance. Aussi fut-il admis dès 1702 à l'Académie des sciences. Louis XV lo nomma premier géographe du roi (1718). Outre 134 cartes, on a de Guillaume Delisle un Traité du cours des fleuves, et divers travaux insérés dans les Mémoires de l'Académie des scieyices. Ce géographe de valeur a été copié par Nolin, géographe du roi, qui l'a injustement accusé de plagiat.

Delisle (Slmon-Claude), historien français, frère du précédent, né à Paris en décembre 1675, mort en 1708. 11 suppléa son père dans sa chaire d'histoire. Il a publié la traduction française des Tables chronologiques du F. Petau (1708) et a collaboré à la Défense de l'antiquité de la ville et du siège épiscopal de Toul (1702).

Delisle {Louis], également connu sous lo nom de Delisle de La Croyere, astronome, mort en 174i, frère dos deux précédents. Il entra à l'Académie des sciences (1725), accompagna en Russie son frère Joseph-Nicolas, voyagea en Laponie et en Sibérie, et mourut do fatigue au port d'Avatcha (Kamtschatka). Il a laissé des il/(?Hio)res insérés dans lo "Recueil de T Académie des sciences», notamment : liecherches du mouvement propre des étoiles fixes.

Delisle (Joseph-Nicolas), astronome, frère dos précédents, né et mort à Paris (1688-1768). 11 entra à l'Académie en 1714, et fut nommé, peu de temps après, professeur au Collège de France. Appelé en Russie en 1727 par l'impératrice Catherine, pour y fonder une école d'astronomie, il y demeura jusqu'en 1747. C'est là qu'il publia ses ouvrages les plus importants; entre autres : Mémoires pour seiTir à l histoire et au progrès de l'astronomie, de la f/éographie et de la physique {Il Zè). On y trouve l'exposition de la première méthode exacte pour déterminer les coordonnées héliocentriques des tacnes du soleil, et pour obtenir le pôle do rotation de l'astre. C'est aussi de Russie qu'il adressa à D. Cassini ses premières vues sur l'utilité de l'observation des passages de Mercure pour déterminer plus exactement la parallaxe du soleil. A son retour, il reçut lo titre d' « astronome de la marine ». On a de lai : Eclipses circumjovialium sive Immersiones et emersiones quatuor satellitum Jovis ad annos n34, 1138 et mcnses priores iT39 (1734); Avertissement aux astronomes sur l'éclipse annulaiî'e du soleil que l'on attend le 25 juin (1748).

Delisle (Georges-Constant, Le Bodrguignon Du- I'ERRk), jurisconsulte français, né à Caen en 1781, mort près de la môme ville en 1853. Professeur suppléant de droit romain à la faculté de Caen (1805), il obtint au concours, en 1820, une chaire de droit civil, qu'il échangea contre une de droit romain, et fut nommé, en 1833, doyen do la même faculté. On lui doit, outre un grand nombre de mémoires, un ouvrage considérable, intitulé : Traité de l'interprétation juridique, en d'autres termes, des questions auxquelles donne naissance l'application des lois (1847).

Delisle {Léopold-V ictor), érudit et historien français, né à Valognes (Manche) en 1826. La conception des œuvres principales de Delisle, à l'époquo où elles parurent, eut la fécondité d'une méthode scientifique et ouvrit A l'érudition et à l'histoire des voies nouvelles. Dans ses Etudes sur la condition de la classe agricole et l'état de l'agriculture en Normandie au moyeyi âge (1851), il enseigna, par l'exemple, des méthodes d'investigation inconnues avant lui, et dont les conséquences se sont étendues jusque dans lo domaine des sciences purement économiques et sociales. Mêmes oDservations à propos de son Catalogue des actes de Philippe Auguste (1856). En créant la première œuvre de ce genre, il le faisait avec une telle perfection que tous ses successeurs rédigeant les catalogues des actes les plus divers n'ont pu que l'imiter. L'œuvre scientihque de Léopold Delisle est aussi variée qu'étendue. Son activité s'est encore exercée dans la collaboration active, aux travaux de l'Académie des inscriptions, du Comité des travaux historiques, dans la création et la direction de la Bibliothèque de l'Ecole des cha7'tes, enfin, dans la campagne, commencée en 1883. au sujet des manuscrits des fonds Libri et Barrois ac([uiseu 1847-1849 par le collectionneur anglais lord Ashburnam. Grâce aux offerts de Léopold Delisle, les négociations se sont terminées à l'honneur de la France, (jui est rentrée en possession dos manuscrits. C'est sous l'administration do Delisle qu'a été rédigé le catalogue général des imprimés de la Bibliothèque nationale et que l'impression en a été commencée (1897).

Delisle de La DrÉVETIÈRE (Louis-François), auteur dramatique français, né à Suzo-la-Rousse (Drôme), mort en 1756. S'étant rendu à Paris, il écrivit plusieurs comédies, dont quelques-unes eurent du succès, et il mourut dans un état voisin do la misère. Parmi ses comédies, nous citerons : Arlequin sauvage {l~ 21); Timon le Misaiithrope (1722); Arlequin au banquet des sept sages (1723) ; les Caprices du cœur et de l'esprit (1739); Arlequin astrologue, etc., où l'on trouve un dialogue facile, naturel, et parfois des idées philosophiques. Citons encore de lui un poème : Essai sur l' amour-propre {Il 3S).

Delisle DE Sales (Jean-Claude Izouard, dit), littérateur, né à Lyonon i74i,mortà Parisen 1816. II quitta la congrégation de l'Oratoire pour vivre dans lo monde, se lia avec les philosophes et devint membre de l'Académie dos inscriptions. Parmi les très nombreux ouvrages de cet écrivain au caractère bizarre, qui eut do l'érudition ot des idées originales, mais dont le stylo est diffus ot emphatique, nous mentionnerons : Philosophie de la nature (1769), qui eut un très grand snccès ; Paradoxes par

Léopold Delisle.

un citoyen {\1TÏ) ; Histoire philosophique du monde primitif (ma); Histoire des hommes (nsi); Ma Itépublique 1791); Mémoire en faveur de Dieu (1802); otc.

DÉLISSAGE [li-saj' — rad. diUisser) u. m. Papot. Opération i-onsistaiit à diScoiulro ot ù. couper les ohitl'ous on jiotits morceaux, on les classant suivant leur qualité. (On rappollo aussi DBROMrAGK.) Il Opération qui consiste à Irior les feuilles do papier ot à les classer suivant leurs défauts ou leurs qualités.

DÉLISSÉE [li-si') n. f. Genre d'arbrisseaux lactescents, à feuilles entières, à rieurs on grappes axiUaires, de la famille dos campanulacéos-lobéîiéos, type de la tribu dos délissées, comprenant sept espèces qui croissent aux îles Sandwich.

DÉUSSÉES (li-sé) n. f. pi. Tribu de campanulacéesloboliécs. — Une délissée.

DÉLISSER {li-sé — du préf. priv. dé, ot do lisser) v. a. Défaire, déranger ce qui était lissé.

— l*apet. Pro<'édor au délissaj^o.

Délissé, ée part. pass. du v. Délisser.

— liot. Qui ressemble ou qui se rapporte au genre délissée.

Se délisser, v. pr. Etre délissé : Pour faire le papier, les ehiffons SK délissent tout d'abord.

OÉLISSEUR (li-seur), EUSE n. Ouvrier, ouvrière qui fait le délissage dos chiffons, ii On dit aussi trieor, euse,

et GUILI.OTIER, 1ÈRE.

DÉLISSOIR {li-so-ar') n. m. Atelier oà se fait le délissage dos chitTons. Il Endroit d'une papeterie où l'on classe les fouilles de papier.

DÉLIT ((! — du lat. delictum; de delinquere, délaisser) n. m. Dr. Violation do la loi, passible d'une peine correctionnelle : Commettre un délit, ii Acte répréhensible quelconque : DÉLIT professionnel. Délit politique.

— Délits extraordinaires, Dans l'ancienne jurisprudence. Délits soustraits par la loi à la juridiction ordinaire, pour être portés devant des tribunaux exceptionnels, ii Délit de grand criminel, Crime, méfait qui entraîne une peine afflictive ou infamante, il Délit rural. Action, entreprise, voie de fait nuisible aux propriétés de campagne ou aux récoltes. Il Délit forestier. Dégât commis dans les bois et forêts. Il Bois, Arbres de délit. Bois, Arbres coupés en fraude : Quiconque enlève des chablis et bois de délit est passible des mêmes amendes que s'il les avait abattus, n Délit à garde faite. Délit volontaire commis dans un bois par un pâtre gardant les bestiaux, il Délit civil. Fait qui cause un dommage intentionnel à un particulier et qui ne peut donner lieu qu'à une action civile, n Quasi-délit. V. ce mot à son ordre, il Corps du délit ou de délit. Ce qui forme l'essence de l'acte délictueux : Avant de condamner un accusé, il faut que le corps du délit soit constant, il Flagrant délit. Délit ou crime constaté directement et au moment môme où il est commis : Le flagrant délit dispense du mandat d'amener. — Se dit, dans le langage ordinaire, souvent par plaisanterie, pour exprimer une faute dont on a surpris l'e.xécution : L'école critique attend encore qu'on la prenne en flagrant délit de faiblesse. (Renan.)

— Fig. Manquement, erreur : Les écrivains puissants commettent parfois des délits contre le goût.

— Fam. Délit de l'épine du dos. Nom que l'on donnait anciennement au crime do sodomie : Quelques-uns furent brûlés à la Grève pour avoir commis le délit de l épine DU DOS.(Monstrelet.)

— Dr. can. Délit commun ou Délit ecclésiastique, Crime commis par un ecclésiastique, dont la connaissance appartenait au juge ecclésiastique.

— Encycl. Dr. rom. Un délit était un acte illicite frappé d'une peine. Les délits publics, lésant l'intérêt général, entraînaient des peines corporelles ou pécuniaires. Los délits privés no lésaient que des intérêts privés. La peine, anciennement corporelle, plus tard pécuniaire, était due à la victime qui en poursuivait lo recouvrement, comme pour une créance quelconque. Les Institutos citent quatre délits privés : 1" le furtum (vol) ; 2» la rapina, ou vol avec violence ; 3° l'injuria ; i' le daninum Icgis Aquilùv. (■y. Aquilia.) Pour les obligations quasi ex delicto. V. goAsidélit.

— Dr. anc. Dans l'ancien droit français, les délits se distinguaient des crimes par les peines prononcées et par les juridictions qui les poursuivaient. En matière civile, on distinguait le délit et lo quasi-délit, comme de nos jours.

— Dr. act. Dans le sens lo plus étendu, le mot délit désigne toute violation quelconque du droit.

Dans le droit civil, on appollo . délit » tout fait illicite portant préjudice à auirui. Si ce fait dommageable a été commis par dol ou ni.ihgnité, il garde le nom do délit ; s'il implique une faute non intentionnelle, il prend le norn do quasi-délit. Lo délit ou lo quasi-délit de droit civil n'existant que par le préjudice causé, la loi n'intervient quo pour Hxer une réparation au profit do la personne lésée [C. civ.,art. 1382 et suiv.).

En droit pénal, lo mot • délit » a les significations suivantes : Dans un sens général, il désigne toute infraction quelconque â la loi pénale, tout acte punissable. C'est avec cette signification étendu a quo le mot « délit n figure dans plusieurs dispositions du Code pénal français.

Dans un sons plus étroit, lo mot « délit » , pris par opposition au mot contravention, signifie lo fait qui implique l'intention d'enfreindre la loi pénale ot qui est puni on raison de cetio intention,— la contravention désignant lo fait puni même pour une faute non intentionnelle. C'est en ce sens qu'on dit : les délits et les contraventions de presse, les délits et les contraventions on matière forestière.

Dans un sens plus restreint encore, déterminé par l'article 1" du Code pénal, l'expression » délit • s'applique à toute infraction qui est réprimée par des peines corrcctionnollos. Dans ce sons, on oppose le délit ou délit do police corroctionnoUe soit au « crimo n , c'est-à-dire à l'infraction punio do peines afflictivos ou simplement infamantes, soit à la « contravention < , c'est-à-diro à l'infraction punio do peines do simplo police.

Délits ot des peines (Traité des), ouvrage do César Beccaria, publié en IIM, traduit on frjinçais par l'abbé Morcllot, sur les instances de Muloshorbos ; il eut dans l'Europe entière un retentissant succès. — Boccaria condamne la détention préventive, la procédure secrète, demanda la suppression de la peine do mort, l'abolition des confiscations. La détention porpétuoUo ou tomporairo, lo

bannissement lui paraissent seuls répondre au but de tout châtiment qui est la répression. Beccaria pose (luatre règles en c<' qui concerne l'application ilos peines ; il préconise l'égalité dans les châtiments, la modération dans la distribution des peines, leur certitude, et la proportion dos délits ot des peines, la gravité dos premiers s'établissant par le dommage tiu'ils causent à la société et non par ■ l'intention du coupable », ou par « la dignité do la liersonno lésée >■, ou par « l'offense faite à la divinité ».

DÉLIT ((i — subst. verbal de déliter) n. m. Coté d'une pierre opposé au lit qu'elle avait dans la carrière. Il Joint ou veine quo présente un bloc d'ardoiso ou d'autre roche. Il Poser une pierre en délit, La poser verticalement ou obliquement à son lit de carrière.

DÉLITAGE (taj") ou DÉLITEMENT (rnan) n. m. Action de déliter dos vers à soie, do les enlever de la litière sur laiiuelle ils vivent pour la remplacer.

DÉLITATION {si-on — rad. déliter) a. f. Action de diviser des pierres, suivant le sens des couches dont elles sont formées, il On dit aussi délitement.

DÉLITÉ, ÉE (du préf. priv. dé, ot de lit) adj. Qui est sorti de son lit : Malade délité.

DÉLITEMENT Iman — rad. déliter) n. m. Techn. Opération qui consiste à diviser des pierres suivant lo sons des couches qui les constituent.

— Magnan. Syn. de déi.itage.

DÉLITER (du préf. dé, et do lit) v. a. Techn. Placer une pierre do taille dans le bloc de maçonnerie dans un sens qui n'est pas celui do son lit de carrière, n Couper une pierre de taille parallèlement à la face de son lit de carrière, il Enlever l'ardoiso ou les moellons par blocs, hors de la carrière. Il Déliter la chaux vive. Humecter d'eau la pierre à chaux afin de l'éteindre.

— Magnan. Enlever les vers â soie de leur litière, dans le but de remplacer celle-ci par une litière nouvelle.

Se déliter, y. pr. On dit que des pierres se délilenl, lorsque, sous l'action successive de la gelée et du dégel, elles s'écaillent ou se fendent.

DÉUTESCENCE {tè-sanss — rad. se déliter) n. f. Cliim. Phénomène en vertu duquel un cristal perd son eau de cristallisation ot se détache en parcelles. Il Action d'un corps qui se désagrège en absorbant l'eau.

— Pathol. Disparition subite d'une tumeur, ou, plus généralement, des phénomènes inflammatoires : La délitescence diffère de la métastase en ce que, dans ce dernier cas, la maladie qui se supprime subitement est remplacée par une autre, dans un endroit plus ou moins éloigné. (Focillon.)

— Encycl. Chim. La délitescence est un phénomène d ordre physico-chimique, qui se produit dans les cristallisations régulières. On sait qu'une cristallisation ne conserve sa forme nette et bien accusée que grâce à la présence d'une certaine quantité d'eau, appelée <■ eau de cristallisation ". Quand, sous l'influence do causes diverses, et surtout do l'état hygrométrique de l'atmosphère, cette eau disparaît, le cristal pord sa forme première et prend l'aspect d'une poudre fine et amorphe ; le passage de la forme cristalline définie à l'état pulvérulent a reçu le nom de n déliloscence ».

DÉLITESCENT {tè-san), ENTE adj. Qui est soumis à la

délitescence.

DÉUTEUR, EUSE n. Celui ou celle qui délite les vers à soie.

DÉLITOIR {to-ar') n. m. Châssis dont on se sert pour placer les vers à soie que l'on vient de déliter.

DelITZSCH, ville d'Allemagne (Saxe [régence de Merscbourg]), sur la Lober; 9.000 hab. ; ancienne cité fortifiée ; aujourd'hui médiocre centre d'industrie lainière. — Le cercle du même nom a une population de 63.000 hab.

DeliTZSCH (François), théologien et philologue allemand, né et mort à Leipzig (1813-1,S90). Il devint professeur do théologie à Rostock (1846J ot à Erlangen (1850), et fut un des représentants les plus remarquables de cette dernière école. Parmi ses nombreux ouvrages sur la littérature, l'exégèse, la théologie bibli(iuo, nous citerons : Histoire de la poésie judaïque (1S3G); Documents pour servir à l'élude de la scolastique des juifs et des 7nahométans au moyen âge (1841) ; Sacrement du vrai corps et du sang de Jésus-Christ, écrit ascétique qui eut un grand succès (1814) ; Etudes de théologie biblique et de critique apologétique, avec Caspari (1845-1848); Nouvelles recherches sur l'origine des évangiles canoniques (1853); Système de psychologie biblique (1855); Vie des artisans juifs au temps de Jésus (1808) ; etc. — Son fils, Frédéric Delitzsch, né on 1850, a obtenu à Leipzig la première chaire d'assyriologie qui ait été fondée en Allemagne. On lui doit : litudes assyriennes (1871); Oii était situé Te paradis ? (1881); Dictionnaire assyrien (1890); etc.

DeliuM, bourg do la Grèce ancienne (Béotio). Combat entre les Thébains et les Athéniens, où Socrate sauva la vie à Xénophon (414 av. J.-C).

DÉLIVRANCE (vranss) n. f. Action par laquelle on délivre ; état do ce <|ui est délivré : La délivrance d'tm prisonnier. Toute guerre de délivrance est sacrée; toute guerre d'oppression est maudite. (Lacord.) Il Action do débarrasser do ce qui nuit; résultat de cette action : Qui nous apportera la DÉLIVRANCK de toutes nos peines ?

— Livraison, action par laquelle on livre, on remet quelque chose entre les mains d'une personne ; DÉLiviiANCii de titres, de pièces, de fonds.

— Chir. Evacuation do l'arrièro-faix, complément do l'accouchoniont : La délivrance s'opère par le même mécanisme nue la sortie du fœtus. Il Accouchement lui-même : Une DÉLIVRANCE douloureuse.

— Eaux et for. l^ormission spéciale do l'autorité nécessaire à l'usager pour exercer son droit dans les bois et forêts. Il Livraison des bois adjugés, ii Action do livrer les arbres ou les coupes, il .Vartelage en délivrance. Signe particulier dont on marque les arbres A abattre, par opposition au martelage on réserve dont on mar([UO les arbres à conserver, ii Action d'indiquer aux riverains d'une forêt les cantons où ils peuvent mener leurs bestiaux pâturer et leurs porcs recueillir la glandéo.

— Monn. Autorisation do donner cours aux monnaies préalablement vérifiées.

— Anton. Arrottatloo, détention, omprUoncement, luoaroératlon, captivité,

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