DÉMANGEAISON — DÉMASQUER
DÉMARCATIF, IVE adj. Qui sort do démarcation : Ligne, liorne DÉMARrAïivii.
DEMARCATION [si-on — rad. démarquer) n. f. Action d'indiquer, do tracer des limites communes : La démarcation des frontières de deux Etats. \\ Ligne de démarcation ou simplom. Démarcation, Ligne naturelle ou do ('onvontion nui sert do limite commune : Les chaînes de montagnes forment eyitre les différentes contrées de grandes lignes de DÉMARCATION naturelle. (A. Maury.) — Fig. Distinction, moyen do ne pas confondre : La science terni constamment a effacer les démarcations de nation à nation. (E. do Gir.)
DemaRÇAY (Marc-Jean, baron), général et homme [loiitique français, nô en Poitou en 1772, mort à Paris en 18^9. Il fit plusieurs campagnes do la Révolution, devint colonel en 1802, so conduisit brillamment à Austerlitz, et prit sa retraite en 1810, avec le grade de général de brigade. Député do la Vienne, il fut un des deux cent vingt et un signataires de l'adresse qui précipita la chute de la Restauration. Après les jotirnéos de Juillet, il appuya le nouveau gouvernement, mais ne tarda pas à centrer dans les rangs de l'opposition.
DÉMARCHE (du préf. dé, et de marche) n. f. Port, allure, façon de se mouvoir eu marchant : Démarche ficre. A la femme de Paris le génie de la démarche ! (Balz.)
— Poétiq. Marche, pas :
Allez et laissez-moi quelque Adèle guide Qui conduise vers vous ma démarche timide-
Racine.
— Fig. Moyen dont on use pour arriver à un but : Que de dêmarchks il faut pour obtenir la nioindre chose ! il Acte : La foi est la dernière démarche de la raison. (Pasc.)
— Techn. Endroit d'un drap qui n'a pas été tondu d'assez près : Drap qui est plein de démarches.
— Syn. Démarche, allure. V. allure.
DÉMARCHEMENT {man — rad. démarcher) n. m. Techn. Changement des marches dans le métier à tisser ; c'est-àdire mouvement inverse imprimé aux marches.
DÉMARCHER (du préf. dé, et de marcher) v. a. Marcher. (Vieux.) Il En T. de tisseur, Faire fonctionner les marches dans un sens inverse au mouvement qu'on leur imprime d'habitude ; les faire fonctionner par intervertissement.
Se démarcher, v. pr. Marcher d'un air important. (Vx.)
DÉMARCHIE {cht — du gr. démos, peuple, et archeia, souveraineté) n. f. Antiq. gr. Fonction de démarque, à Athènes et dans beaucoup d'Etats grecs. Il Juridiction d'un démarque, il A Rome, Charge de tribun du peuple, ii Dans la Grèce moderne, Mairie.
DÉMARÉTION iU-on) n.m. Monnaie frappée à Syracuse, au iv" siècle av. J.-C.
— Encycl. Cette monnaie fut ainsi appelée de Démarète, femme de Gélon I" (491-478 av. J.-C), qui donna ses bijoux à son mari, atin qu'il put en faire battre monnaie. Cette histoire a été racontée avec des variantes par Hésy chius, PoUux et Diodore de Sicile, h&démarétion a été identifié par leducdoLuynos avec les décadrach-
Démarétion.
mes d'argent syracusaines, dont quelques beaux exemplaires nous ont été conservés.
DÉMARGER {je — du préf. priv. dé, et de marger) v. a. Impr. 0(or la marge ou ce qui est en marge : Démargeiî une feuille.
— Verr. Déboucher les orifices appelés ouvreaux, dans un four do verrerie.
— V. n. Arg. S'enfuir, s'en allor, so sauver, ii On dit
aussi DÉMDRGER.
DËMARGUER ighé) V. a. Métall. Enlever et démancher le marteau ou le martinet, tl Techn. Faire sortir de l'entaille dans laquelle il est pris un objet quelconque.
DÉMARIAGE {ri-aj') n. m. Action do démarier.
DÉMARIER (du préf. priv. dé, et do marier. ~ Prend dinix i do suite aux doux prom. pers. plur. do l'imp. do lind. et du subj. prés. : Nous démariions. Que vous aémariicz) V. a. Séparer juridiquement deux époux.
— Econ. rur. Démarier des betteraves, des carottes. Enlever un certain nombre do betteraves, do carottes, aiin d'éclaircir lo plant, il Démarier avec précaution, Eclaireir un plant en ayant soia do no toucher qu'aux végétaux que l'on doit enlever.
Se démarier, v. pr. Divorcer.
Demarne (Jean-Louis), dit Demamette, peintre français, né à Bruxelles en 1744, mort on 1829. Elévo do lîriard, il abandonna la pointure d'histoire pour suivre los traces des " petits grands maîtres » flamands et hollandais. En 1784, il exposa un Paysage avec animaux, dans la manière do Dujardin. Cotte peinture lui valut lo titro d' n agréé do l'Académie ", mais il no devint pas académicien. Ses Grandes routes eurent du succès. Une do ses œuvres les plus admirées fut son esquisse peinte do la fiataille de Aazarcth. Mais Demarne no tarda pas à so hvror cxclusiveroont i la peinture do genre. Ses tabloaiLV les plus remarquables sont presque tous à Saint-Pétors- I)ourg. Trois de ses toiles sont au Louvre : L'ne route. Une foire à la porte d'une aul>erge, et le Départ pour une noce de village. Demarno est un observateur spirituel et fin. Ses eaux-fortes sont aussi très rochorchéos.
DemaROON. Mvlh. Roi fabuleux de Phénicio. (Suivant la légende, il était lils do Dagon. ot avait régné sur lo pays avec Astarté et Adad. Plus tard, il fut mis au rang dos dieux phéniciens.)
DÉMARQUAGE ou DÉMARCAGE (kaf) n. m, Action do démarquer : /-'■ dkmahqpaok du linge.
— Fig. Altération huperliciello d'une œuvre liitérairo, dans le but do s'en attribuer la paternité : Beaucoup de pièces anglaises ne sont que dca démarquages d'œuvrcs françaises.
DemarQUAY (Jean-Nicolas), chirurgien français, no à fjongueval (Somme) on 1814, mort on 1875. Célèbre par son habileté opératoire et par son dévouement dans Ja guerre do 1870-1871, il a laissé un ^rand nombre d'ouvrages, dont les principaux sont ; Traité des tumeurs de l'orbite (1860) ; Traité clinique des maladies de l'utérus (1876).
DÉMARQUE {mark' — du gr. démos, peuple, et arkhâ, commandement) n. m. Antiq. gr. Chef élu d'un démc ou bourg, en Attiquo ot dans beaucoup de pays grecs. (V. dème.) Il En Egypte, Gouverneur d'un district, il A Rome, Tribun du peuple. Il Dans la Grèce moderne, Chef d'une commune, maire.
DÉMARQUE {inark' — rad. démarquer) n. f. Jeux. Se dit, à certains jeux, d'une partie où l'un des joueurs <iiminue lo nombre de ses points d'une quantité égale à celle des points pris par 1 autre joueur.
— Admin. anc. Commis à la démarque, Employé de l'administration des aides chargé de démarquer les tonneaux qui avaient payé les droits.
— Comm. et fam. Action d'enlever les étiquettes do marchandises défraîchies pour les mettre en solde; moment où cette opération se fait.
DÉMARQUEMENT [ke-man — rad. démarquer) n. m. Enlèvement d'une marque faite à un arbre qui doit être conservé, dans une coupe, ou un lot, par l'acquéreur de la coupe ou du lot, et cela dans le but d'abattre frauduleusement cet arbre.
DÉMARQUER {ké — du préf. priv. dé, et de marquer) V. a. Enlever la marque de : Démarquer du linge. ;i Rayer, effacer le nom de : Démarquer un écolier puni.
— Littér. Altérer une œuvre littéraire dans le but de s'en dire l'auteur.
— Fig. Supprimer le nom, détruire l'autonomie de : On. ne démarque pas une nation comme un mouchoir. (V. Hugo.)
'— Eaux et for. V. démarquement.
— V. n. Manèg. Ne plus avoir de trace qui serve à faire connaître l'âge : Cheval qui démarque.
— Jeux. V. DÉMARQUE.
Se démarquer, v. pr. Etre démarqué.
DÉMARQUEUR {keur'), EUSE n. m. Celui, celle qui démarque.
DÉMARQUISER {ki — du préf. priv. dé, et de marquis) v. a. Fam. Enlever le titre do marquis à.
DÉMARRAGE {ma-raj' — rad. déman'er) n. m. Mar. Opération d'un navire qui rentre ses amarres, soit pour appareiller, soit pour se déplacer, n Rupture accidentelle des câbles.
— Ch. de f. Action de se mettre en mouvement, en parlant d'une locomotive ou d'un train.
— Pêch. Temps qu'un pêcheur reste en mer sans revenir à terre.
— Vélocip. Départ, action do commencer à rouler : Sur une montée mal pavée, le démarrage est pénible, ii Eti'ort subit par lequel un coureur s'eflbrce de distancer à l'improviste ses concurrents : S'assurer vingt mètres d'avance par un démarrage foudroyant.
DÉMARRER [ma-ré — du préf. priv. dé, et du rad. de amarre) v. a. Mar. Détacher les amarres de : Démarrer un vaisseau, un canon.
— V. n. Mar. Quitter le port, l'amarrage, n Rompre ses amarres par accident.
— Fam. Partir d'un endroit; se mettre en route, en marche : Convoi, 7'rain qui démarre, ii Ne pas en démarrer^ Ne pas démordre d'une opinion, ne pas se désister.
— Vélocip. Faire un démarrage.
Se démarrer, \. pr. Mar. Lever l'ancre, ii Rompre ses amarres, ii Syn. de larguer ; Nœud qui se démarre.
— .\nton. Amarrer.
Demarteiau (Gilles), dessinateur et graveur français, né à Liège en 1722, mort à Paris on 177G. Il inventa la gravure imitant le crayon et reproduisit, à l'aide de ce procédé, dos dessins A la sanguine, à deux et à plusieurs crayons, d'après Boucher, Cochin, Huet, etc. Il entra â r.\cadémie royale, et fut nommé pensionnaire du roi.
DEMAS (rff'-ma55) n. m. Genre d'insectes lépidoptères bombycines, famille des liparidés, comprenant un papillon nocturne, do formes robustes, qui est lo demas coryli ou phalène du noisetier. Syn. colocasie.
— Encycl. Les demas ont été souvent classés parmi les noctuelles, mais leurs caractères zoologiques les rattachent aux bombyx. Assez communs dans toute la
France, les demas sont d'un Demas i^réA. d'un tiers),
brun roux, varié do grisâtre ;
la chenille courte, velue, portant dos aigrettes do poils, vit sur le noisetier et l'aubépine.
DÉMASCLAGE [sklaj' — rad. démasclcr) n. m. Opération
2ui consiste i enlever sur un tronc do chéne-liége, ùgô o dix â quinze ans, le premier liège, assez médiocre, dit liège mâle. (Tous les huit ou dix ans. on fait une nouveilo tire donnant un liùgc do qualité supérieure, dit liège femelle.)
DÉMASCLER (skié — du provonç. desmascla, proprem. émasculer] v. a. Pratiquer le démasclage.
DÉMASQUER {ské — du préf. priv. dé. ot do masquer) V. a. Enlever lo masque du visage : Démasquer une femme au bal. Il Par ext., Découvrir, rendre visible ce qui no l'était pas : Démasquer une porte secrète. . ■
— Fig. Montrer dans son jour véritable, dévoiler : Démasquer le vice, un traître. La fortu7ie ne change pas les mœurs, elle les démasque. (M""" Kiccoboni.)
— Art milit. Démasquer une batterie, La découvrir, la débarrasser de ce qui en empêchait le tir.
Se démasquer, v. pr. Otor son masque.
— Fig. Etro démasqué, dévoilé, so trahir soi-même.
— Encycl. Art milit. Démasquer, so dit de l'opération (actiquo par laquelle une troupe, en so repliant par los ailes d'une aulro troupe qui est vonuo so former derrière elle, permet â celle-ci d agir contre l'onnemi. (Ce mouvement GSt généralement exécuté par los corps d'avanlgardo ou les avant-postes, quand la force principale est i\
Eortéo d'entrer on ligne.) — Démasquer, so dit aussi d'uno attorie do siège ou établie sur lo terrain, on arrière d'un
DÉMASTIQUAGE — DÉMEMDREUR
masque, c'est-à-dire d'un abri quelconque, que l'on abat ensuite quand la batterie est prête à euvrir le feu.
DÉMASTIQUAGE (sti-kaf) n. m. Action de démastiquer, d'enlever le mastic.
DÉMASTIQUER {sti-ké — du préf. priv. dé, et de mastiquer) V. a. Enlever le mastic.
Se démastiquer, v. pr. Etre, devenir démastiqué.
DÉMÂTAGE [taf — rad. démâter) n. m. Mar. Perte de la mâture d'un vaisseau, ii Action de démâter un bâtiment.
DÉMÂTEMENT {man) n. m. Démâtage; action de démâter un vaisseau; état d'un navire démâté.
DÉMÂTER (du préf. priv. dé, et de màler) v. a. Mar. Enlever la mature de : Demàtlir un navh-e. il Abattre violemment la mâture de : Démâter un navû^e à coups de
Navire démâté.
canon, il Tirer à démâter. Diriger le pointage des canons de manière à demâier le navire ennemi.
— Fig. et fam. Décontenancer, déconcerter : Démâter l'interlocuteur.
— V. n. Perdre sa mâture : Le vaisseau démâta.
Se démâter, v. pr. Etre démâté, perdre sa mâturo. Il Abattre sa propre mâture, la mâture de son propre navire. Il Fig. et fara. Se décontenancer.
DÉMATÉRIALISER (du préf. priv. dé, et de 77}atéria}iser] V. a. Distinguer de la matière, n Soustraire aux doctrines matérialistes : Dematérialiser la philosophie.
— Chim. anc. Séparer l'essence des matières plus grossières.
Se dématérialiser, v. pr. Etre dématérialisé ; abandonner les doctrines matérialistes". (Peu usité.)
DÉMATIE {si) n. f. ou DÉMATION (si-oyi) n. m. Genre de champignons filamenteux, croissant en groupes sur les parties sèches des plantes, comme dos moisissures.
DÉMATIÉ {si-e'), ÉE adj. Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte au démation.
— n. m. pi. Groupe de champignons filamenteux, ayant pour type le genre démation. — Un dématié.
Demautort (Jacques-Benoît), vaudevilliste français, né â Abbeville en 1745, mort à Paris en 1819. Il a composé, outre des chansons, plusieurs pièces, parmi lesquelles nous citerons : le Petit Sac/'istain (1792); Arlequin Jocrisse (1794); les Marchands de la halle {n9o); Vadé chez lui (1800); une Matinée de Madame Geoffrin (1805); Hyacinthe Bigaud (1809); etc.
DemAVEND ou Damavend, nom de la cime maîtresse de la chaîne de l'ElItoarz, au N., dans le Mazondéran ; altit. 6.000 mètres environ.
Demay, corsaire français, de l'époque du premier Empire. Il s'est illustré par une série de brillantes et fructueuses croisières au sortir des ports de Calais et de Boulogne, particulièrement en 1810 et 1811.
SemAY (Jean-Germain), archéologue et écrivain français, né à Aiguillon (Lot-et-Garonno) en 1819, mort en 1886 â Paris. On lui doit, entre autres ouvrages estimés : Inventaire des sceaux de la Flandre (1873); le Costume de guerre et d'apparat d'après les sceaux du moyen âge (1875), qui a obtenu le prix Gobert à l'Académie; Des pierres gravées employées dans les sceaux du moyen âge ilS77); Inventaire des sceaux de l'Artois et de la Picardie (1877).
DebabarrÈRE (Jean, comte), général français, né à Tarbes en 1747, mort en 1828. Sorti ingénieur militaire de l'école du génie de Mézières en 1770, commandant du
fénie en 1792, il mérita, à l'armée du Nord (1793), le grade e général de brigade. Envoyé en Vendée, il contribua au succès remporté à Doué sur les Vendéens par Santerre, fut promu général do division (1794), et passa à l'armée d'Italie comme commandant en chef du génie. Pour protéger la Provence contre Tinvasion des Autrichiens, Dembarrère fortifia la tête du pont du Var, qu'il défendit luimême avec héroïsme (1805). Sénateur en 1805, comte de l'Empire en 1808, il vota, en 1814, la déchéance de Napoléon, et fut appelé par Louis XVIII à la Chambre des pairs. On a de lui : Coup d'œil sur les parties diverses de la science militaire (1783) ; Projet de changement à opérer dans le système des places fortes (1819) ; etc.
DembÉA, vaste plateau de l'Ethiopie, compris entre l'Ahmara au N., lo Beghemeder à TE., le Godjam au S., rOuara à 10. (C'est dans sa dépression que se trouve le lac Dembéa.)
DembÉA ou TzanA fLAc), lac du plateau éthiopien de Dembéa, â une altitude de 1.900 mètres au-dessus du niveau de la mer. Il a 75 kilomètres do longueur, sur une largeur moyenne do 40 kilomètres. Encaissé dans un cirque de montaj.'nes, il est alimenté par l'Abaï (cours supérieur du Nil Bleu), qu'il reçoit à l'O., et qui s'échappe ensuite par l'extrémité sud du lac.
Dembinski (Henri), général polonais, né près de Cracovie en 1701, mort à Paris en 1864. Il entra dans les légions polonaises qui servirent Napoléon, et se distingua à Smolensk et & Leipzig (1813). Rentré en Pologne après la chute do l'Empire, il so dévoua à la cause do son pays et joua un rôle actif lors des événements de 1830. Nommé général do division et gouverneur de Varsovie, il ne réalisa pas les espérances que sa bravoure et son dévouement avaient fait concevoir. Obligé de s'exiler. Dembinski passa en France; en 1833, on le trouve en Egypte, où il participe à l'organisation de l'armée de Méhémet-Ali ; en 1849. il est à la tête do l'armée hongroise, et prend une largo part au mouvement dirigé par Kossuth, mais il perd 1a bataille do Tcmesvar, qui décide du sort de la révolution. Il so réfugia en Turquie avec Kossuth et rentra en
Franco (1850). On a de lui : Mémoires sur la campagne de Lithuanie {lSi2)i Coup d'œil sur les derniers événements de la révolution de la Pologne (1837).
D'EMBLÉE loc. adv. V. EMBLRE.
Dembowska n. f. Astron. Planète télescopique, d« 349, découverte par Cliarlois, en 1892.
Dembowski (Antoine-Sébastien), littérateur et prélat polonais, né à Zambrow (Podlachie) en 1682, mort en 1763 à Bentkow. Il fut secrétaire du roi Auguste II, référendaire de la couronne et député à la diète. Devenu veuf, il entra dans les ordres, devint évêque de Plock, puis de Coujavie (1741). Outre des comédies et des écrits théologiques, on a do lui des Mémoires sur le gouvernement de Pologne, traduits on latin sous le litre de : De univcrsx rei Polonise publicœ statu, et un traité De libertate Polonorum.
Dembowski (Louis-Matthieu, baron), général polonais, né à Gora en 1769, mort à Valladolid en 1812. II combattit pour l'indépendance de sa patrie. En 1795, il se réfugia en France et devint colonel de la légion polonaise. Il accompagna Rochambeau à Saint-Domingue et prit part aux campagnes de Prusse et do Pologne (1806-1807). Envové en Espagne en 1809, il se distingua à Occana et dans l'affaire d'Arroylo-Molinos (1811). Il fut promu général en 1810. II mourut à la suite d'un duel.
Dembowski (Jean), général polonais, né à Gora en 1773, mort à Milan en 1823, frère du précédent. Il se distingua pendant les insurrections de 1792 et do 1794 contre les Russes. En 1796, il entra dans la légion polonaise au service de la France, fit les campagnes d'Italie, fut nommé général de brigade en I810, prit part à la guerre de Russie (1S12), puis revint en Italie, où il devint commandant, de la place de Milan, puis gouverneur de Ferrare. Dcmbow'ski avait épousé Matliildo Visconti, dont Stendhal parle avec admiration dans sa correspondance et dans la Vie de Henri Brulard.
DembrÉ, bourg do la Turquie d'Asie (Anatolie [sandjak de Satalia ou Adalie]). C'est l'antique Myra, capitale do la Lycie, sous l'empereur Théodose II.
DÈME (du gr. démos, peuple) n. m. Hist. gr. Nom des cantons, bourgs ou subdivisions administratives, en Attiquo et dans beaucoup de pays grecs.
— Hist. mod. Dans la Grèce moderne, Division administrative, dont plusieurs forment une êparchie.
— Biol. Individualité complexe de quatrième ordre.
— Encycl. Hist. gr. Dans tous les pays grecs, le bourg, qui portait le plus souvent le nom de dème (5ïii»,oç), était la principale subdivision administrative de la cité. Le dème jouissait d'une autonomie presque complète, sous le contrôle de la cité ou état. Les seuls dèmcs qui nous soient assez bien connus sont ceux de i'Attique.
^Clislhène réorganisa, en 509, les dèmes attiques et en fit la base de l'organisation politique. Dès lors, le dème attiquo fut à la fois une subdivision du territoire, une circonscription administrative et une association religieuse. Leur nombre varia suivant les époques. Ils étaient divisés en urbains et ruraux.
Le pouvoir appartenait à l'assemblée générale des démotes ou citoyens du dème. Chaque année, une séance spéciale était consacrée à l'inscription sur le registre du dème, qui constituait l'état civil, des nouveaux citoyens, (majeurs de 18 ans) et dos étrangers qui avaient reçu le droit do cité. Ces assemblées se tenaient sur l'agora ou au théâtre municipal, sous la présidence du chef du dôme ondémarqae.
Le démarque, élu pour un an, représentait le dème et était chargé de son administration; il servait d'intermédiaire entre le bourg et la cité. Il était assisté de plusieurs magistrats : trésoriers, contrôleur, logiste, euthyne, synégores, horistes, dont le rôle est inconnu; v\érarques et sophronistes , chargés des sacrifices et des fêtes.
Le dème avait ses cultes, dont le principal était celui du héros éponyme. Les prêtres, prêtresses et sacrificateurs, désignés par le sort pour un an, administraient les revenus du temple. Les frais des fêtes étaient payés par des contributions extraordinaires prélevées sur les démotes. Des liturgies étaient imposées aux riches, surtout la chorégie dans les bourgs qui avaient un théâtre.
Les circonscriptions des dèmes étant la base de l'organisatiou politique, c'est d'après elles qu'on levait les impôts, qu'on dressait les listes de soldats ou marins, qu'on tirait au sort les membres du Sénat. Aux Panathénées et dans les grandes cérémonies, les citoyens étaient classés par dèmes.
— BiBLioGR. : Haussoullier, la Vie nnmicipale en Attique. Essai sur l'organisation des dèmes au IV' siècle (Paris, 1884).
— Biol. Les êtres vivants dérivent tous d'un plastide simple (œuf ou spore). C'est l'individualité de premier ordre. Les plastides, en se divisant par bipartitions successives, donnent des individualités de second ordre, ou méi-ides. Tels sont, par exemple, les nauplius (larves do crustacés), les trochosphèrcs (larves d'annélides).
Les mérides peuvent vivre isolés, mais ils peuvent aussi produire par bourgeonnement des mérides semblables ot donner ainsi une agglomération complexe formant l'individualité de troisième ordre ou zoïde; un ver de terre composé de ses segments est un zoïde.
Enfin, dans certains cas, les zoïdes peuvent bourgeonner à leur tour et donner naissance à une individualité do quatrième ordre ou aème. Tels sont, par exemple, les pennatules, les siphonophores, etc. Le dème peut emprunter uno comple.vité particulière à la différenciation très grande qui peut se produire entre ses diverses individualités constitutives.
— BiBLioGR. : Ed. Perrier, les Colonies animales (Paris,
DÈME n. f. Loupe ou tronc d'arbre, do forme aplatie, sur lequel les forgerons assujettissent l'enclume.
DémÈH, ville ruinée do l'Egypte, située sur la 'rive nord du Birkèt-Kéroun, l'ancien lac Mœris. Elle répond â rile de Sobkou, le dieu crocodile {Soknopaiou Nésos) do l'ôponuo impériale romaine. La ville, insignifiante sous les Pharaons, servit de point de départ et d entrepôt pour
{stsjjhalia curvna).
les caravanes qui traversaient le désert Libyquo sous les Ptolémées et les Césars. Une longue rue, bordée de statues de lions couchés, la traversait et menait au temple do Sobkou et d'Isis. A 8 kilomètres au N., vers la première station de la route des caravanes, s'élèvo un petit temple de la XIl' dynastie, découvert il y a quelques années par Schweinfurih. Le site est abandonné aujourd'hui,
DÉMÊLAGE (laf) n. m. Action de démêler la laine, de faire disparaître 1 embrouillement des brins, pour la rendre susceptible d'être filée, ii Dans la fabrication de la bière, Opération appelée aussi brassage, et qui consiste à mélanger mécaniquement avec de l'eau chaude le malt que contient la cuve-matière, afin de préparer le moût.
DÉMÊLÉ n. m. Contestation, débat, querelle, altercation.
— Syn. Altercation, contestation. V. altercation.
DÉMÊLÉE n. f. Variété d'ardoise.
DÉMÊLEMENT (maji) n. m. Action de démêler ; résultat do cotte action : Le démêlement des cheveux.
— Fig. Eclaircissement final, dénouement ; Le démêlement d'une intrigue.
DÉMÊLER (du préf. priv. dé, et de mêler) v. a. Faire cesser l'embrouillement, l'emmêlement de : Démêler une /)£lote de fil.
— Fig. Débrouiller, éclaircir : Démêler un inalentendu. 11 Mettre de l'ordre dans : Démèi,er ses affaires. Il Discerner, faire la distinction de ; Démèlkr le bien du inal, le beau d'avec le /a^'rf. n Connaître, juçer intimement; se rendre un compte exact de : IVous n acquérons des connaissances qu'à proportion que nous démêlons une plus grande quantité de choses. (Buff.) il Débattre, discuter, contester : N'ayez rien à démêler avec un fripon, n Démêler quelqu'un. Connaître son caractère, pénétrer ses vues, ses projets.
— Techn. Démêler une fusée. Débrouiller le fil qui reste sur un fuseau, et, au fig.. Débrouiller une affaire embarrassée, une intrigue, ii Démêler la laine, Faire disparaître l'embrouillement des brins, afin de faciliter sa mise en filature. » Démêler le moût, Dans les brasseries. Remuer, au moyen d'agitateurs mécaniques, le mélange de malt et d'eau cliaudo que contient la cuve-matière, ii En T. do tissage. Enlever le drap qui se trouve sous la pile après son dégraissage, et le fouler à l'eau chaude.
— Véner. Démêler les voies de la bête, Distinguer les traces d'une bête qu'on a lancée d'avec celles d'autres bêtes de même espèce.
Se démêler, v. pr. Etre, devenir démêlé, ll Démêler ses cheveux.
— Fig. S'éclaircir. II Se distinguer, se reconnaître, ll Se tirer, s'acquitter.
— Syn. Démêler, discerner, distinguer. On démêle les choses entrelacées, embrouillées, et, pour cela, il faut du temps, de la patience. On discerne ce qui est caché ou délicat, à force de finesse ou de sagacité. On distingue à des signes ou à des caractères visibles, apparents, faciles à reconnaître avec un degré d'attention ordinaire. On distingue un objet d'un autre ; on discerne le meilleur ou le pire ; on démêle uno intrigue.
DÉMÊLEUR, EUSE n. Celui, celle qui est chargé du démêlage de la laine, il Ouvrier briquetier ou potier, qui corroie la terre pour la préparer à servir à la fabrication des briques ou des poteries et céramiques.
DÉMÊLOIR [lo-ar') n. m. Instrument propre au démêlage. Il Peigne à dents es- ^ ,
pacées, dont on se sert pour |T^----*---"r-^v:n.n^". j,pm.pr.n-,:,.v.,™;;i^^ démêlé: les cheveux. y^; . .. . .. !:,''." '. i
— Pop. Ajijiortez un dé- ' ii. luiinn mcloirl... Vous faut-il un
démêloir? Se dit, par ironie, à une personne qui no peut jiarvenir à s'exprimer clairement.
DÉMÊLURES n. f. pi. Cheveux qui tombent pendant qu'on se démêlo.
DÉMEMBRATION {man. si-on) n. f. Action de démembrer; sou résultat. (Vieux.) n On dit auj. démembrement.
DÉMEMBREMENT (rnan-bre-tyiaji — rad. démembrer) n. m. Action de couper, d'arracher les membres, n N'est usité qu'au figuré, dans le sens de Séparer en parties distinctes qui ont ensuite une existence isolée : Le démembrement d'un empire.
— Dr. Démembrement de la propriété. Action do détacher certains droits do la propriété pour les transférer à d'autres qu'au propriétaire, ii Droit ainsi séparé : L'usufruit est un DEMEMBREMENT de la propriété.
— Féod. Démejnbrement d'un fief. En T. de jurisprudence féodale. Division de l'unité, de l'intégrité d'un fief, pour en faire plusieurs tenus également du même seigneur en hommage séparé. (C'est ce qui arrivait lorsqu'on aliénait partie de son fief avec démission de foi sur la partie aliénée ; il y avait, dans ce cas, démejnbrement, et l'acquéreur tenait la partie aliénée du seigneur dominant comme un fief sépare") ii Partie démembrée, détachée du tout : Fief gui est un démembric- MENT de telle terre.
— Allus. hist. : Démembrement de l'empire d'Alexandre. Les capitaines du conquérant se disputèrent sa succession dans de sanglantes batailles et se partagèrent son'empire. (On fait quelquefois allusion à ce partage violent.)
DÉMEMBRER {man — du préf. priv.
dé, et do membre) v. a. Enlever, détacher les membres de ; Démembrer un poulet.
— Fam. Il se ferait plutôt démembrer. Se dit d'une personne prête à tout endurer plutôt que de faire une chose.
— Fig. Partager, diviser, morceler un tout par parties : Démembrer un paijs, une propriété.
— Féod. Démembrer un fief. Le décomposer, lo diviser en plusieurs fiefs.
Démemtjré, ée part. pass. du v. Démembrer.
— Blas. So dit de tout animal, plus particulièrement des oiseaux, dont les pattes sont retranchées.
Se démembrer, v. pr. Etre démembré.
— Fig. Etre divisé, partagé, morcelé.
DÉMEMBREUR, EUSE {man) n. Personne qui opèro un démembrement.
D'argent à une aiyle démembrée d'azur.
DÉMÉNAGEMENT — DÉMÈTER
DÉMÉNAGEMENT {je-man — rad. d^mthiager) n. m. Ac-
mohilior est chose
tiou do traasponor ou do faire transporter son mobilier fomont dans un autre : Un DiÏMiiNAGUMKNT
d'un logen
ennuyeuse et coûteuse.
— Par cxt. Départ, fuite, abolition : Le démbnaoement de la royauté.
— Encycl. Dr. Des dispositions diverses du Code civil qui consacrent les garanties du propriétaire envers le locataire, il résulte que le propriétaire qui n'a pas reçu le payomoiit do sl's loyers pout s'opposer au déménagement du locataire. Le propriétaire pout, en outre, lorsqu'il existe un Itail, ompécner le locataire de quitter les lieux avant l'expiration de ce bail, à moins que le locataire ne paye, eu partant, le prix do tous les loyers à courir.
Lorsque lo locataire veut déménaj^er sans avoir rempli les obligations qui lui sont iniposoos, In propriétaire peut demander l'assistance du commissaire de police. Si le locataire a opéré furtivement son domôuagomont, le propriétaire doit, assisté de deux téraoius, eu faire la déclaration au commissaire de police.
A Paris, ordinairement, les quittances de loyer, rappelant aux locataires leurs obligations, énoncent et expliquent qu'un locataire ne peut déménager : 1** sans avoir, au préalable, reçu ou donné congé par écrit, dans les délais prescrits ; 2" sans avoir fait les réparations locatives qui sont à sa charge, suivant l'usage ou d'après l'état des lieux ; 3" avant d'avoir prouvé, par une quittance du receveur, qu'il a acquitté toutes ses contributions.
— Anton. Emménagement.
DÉMÉNAGER {Je — du préf. prlv. dé, et de ménage. Prend un e après le g devant k et o : Je déménageai. ÏVous déménageunsj v. a. Transporter d'une maison dans une autre, d'un logement dans un autre : Déménager ses jneubles, sa bibliothèque, ii Retirer les meubles do ; Déménager une maison.
— Pop. Expulser, ii Déménager son diner ou absolum. Déménager, "Vomir.
— V. n. Transporter ses meubles d'un logement dans un autre : On déménage, en général, à l'époque du terme.
— Par ext. Partir d'un endroit ; quitter ua liou pour aller dans un autre :
Tremblante pour ses œufa, la fourmi déménage.
La Fontaine.
— Fig. et fam. Perdre l'esprit, devenir fou, voir baisser ses facultés : En vieillissarit, on déménage, il Sortir de ce monde, mourir.
— Pop. Déménager par la cheminée. Brûler ses meubles. Il Déménager à la ficelle ou à la cloche de bois. Enlever ses
meubles par la fenêtre ou de toute autre manière furtive, pour en empêcher la saisie par le propriétaire que l'on n'a pas payé.
— Loc. PROV. : On n'est jamais si riche que quand on déménage, On découvre toujours alors quelque objet qu'on ne croyait pas posséder, n On est toujours trop riche quand on déménage, On a toujours, dans ce cas, trop do meubles, d'ustensiles, de fatras à emporter.
— Anton. Emménager.
Se déménager, v. pr. Faire ses paquets, enlever ses meubles.
DÉMÉNAGEUR {jeur), EUSE n. Personne qui fait les déménagements des autres, n Personne qui fait un déménagement. (Le fém. est peu usité.)
DÉMENCE {manss — lat. dementia; du préf. priv. de, et de mens, mentis, esprit) n. f. Pathol. Affaiblissement, abolition des facultés mentales : Tomber en démenck.
— Par exagér. Aveuglement, déraison, extravagance ; De toutes les démences, la démence la plus ridicule est de se faire esclave quand on est libre. (Volt.)
— Encycl. Pathol. La démence est caractérisée par un affaiblissement progressif des facultés intellectuelles et morales, s'accompagnant, au boutd'un temps plus ou moins long, d'une déchéance physique.
La démence peut être primitive et survenir dans le jeune âge chez un enfant chargé d'une lourde hérédité nerveuse ; elle s'appelle alors « démence précoce », et elle présente à peu près les mêmes symptômes que la" démence sénile », la plus fréquente. Celle-ci survient par suite des progrès de l'âge, de l'atrophie cérébrale, do l'altération des vaisseaux. Le malade perd sa mémoire ; il rabâche sans cesse ; le caractère est irritable, égoïste, capricieux, crédule. Les uns sont violents, erotiques, mangent voracement; les autres sont apathiques, misanthropes, mélancoliques. Le corps s'affaiblit avec les facultés psychiques : le vertige, le tremblement des membres précédent les congestions, les attaques apoploctiformes, les paralysies ; et, si une pneumonie ou autre affection intercurrente n'enlève pas lo malade, il mourt dans lo gâtisme. La démence peut être secondaire ; elle succède alors à une affection mentale chroniquo, surtout chez les maniaques et les mélancoliques.
Eûlin, il y a une démence secondaire organique, qui survient au cours do la paralysie générale, après un ramollissement cérébral, dans les cas do tumeur cérébrale, et chez les épiloptiquos, les syphilitiques et les alcooliques.
On placera les déments dans des lits spéciaux, d'oi"» ils ne pourront tomber et où ils n'auront pas lo contact do leurs excréments, chose importante pour eux. On surveillera leur repas, car ils mangent trop et trop vite, et on tiendra libre leur tube digestif par de fréquents laxatifs. Enûn, les violents seront placés dans dos établissements spéciaux, à la campagne autant que possible.
— Dr. Le Code civil comme lo Code pénal fait reposer toutes les actions humaines et la responsabilité qui on découlo sur l'intention et la libre volonté : il on résulte
3U6 les ijorsonnos privées do l'usage do leur raison no oivont pas conserver l'exercice do leurs droits et la liberté do leurs actions. Inhal)iles aux actes de la vio civile, elles compromettraient leurs intérêts si la loi no les prenait sous sa protection et no les déclarait, après toute uno série do formalités, on état d'interdiction. Kilos sont alors assimilées aux mineurs, pourvues commo eux, d'un tuteur qui prend soin d'elles et les roprésonlo dans les actes de la vio civile; l'incapacité est même plus absolue encore, puisqu'elles no peuvent, commo les mineurs, ni 80 marier ni disposer par testament. Dès lors, les actes passés parl'intordit sont nuls de droit; quant â ceux passés antérieurement A rintordiction, ils sont annulables si l'état de démence était notoire. Lorsqim l'aliéné recouvro la raison, il est relevé do Bon état d'iniordiction en obser-
vant la même procédure que pour la faire prononcer, et il rentre dans la jouissance et lo plein exercice do ses droits.
En matière criminelle, la démence, qui est e.xclusive d'intention et do libre volonté, suspend l'action publique commo l'action pénale, c'est-à-dire que l'autour d un crime no sera pas poursuivi s'il l'a commis en état de démence ; que les poursuites s'arrêteront si oUo se déclare au cours de l'instruction ; qu'enfin, si elle survient après la condamnation prononcée, la peine sera suspendue, et l'aliéné interné dans un hospice spécial.
DÉMENÉ, ÉE adj. Dr. coût. Réglé, il Démené de forain, Ké^lé par la loi foraine : On ne pouvait arrêter un bourgeois forain de la ville de Lille ou saisir ses biens avant que lui et Icsdits biens fussent démenés de forain.
DÉMÈNEMENT {man — rad. démené) n. m. Dr. coût. Moyeu qu'on employait à Lille contre un bourgeois forain pour lo soustraire à la juridiction échevinale.
DÉMENER {du préf. priv. dé, et do mener. — Change l'e muet en è ouvert devant une syllabe muette : Je démène. iVous démènerons) v. a. Mener avec force, agiter. (Vieux.)
Se démener, v. pr. S'agiter, se donner force mouvement : Le tigre se démène dans sa cage.
— Fig. Lutter, se débattre, se donner du mal : Pour le moindre résultat, il faut beaucoup se démener.
DémÉNÈTE. Myth. gr. Arcadien qui fut changé en loup pour avoir mangé d'une victime humaine immolée à Zeus. Plus tard, il recouvra sa première forme et fut vainqueur aux jeux Olympiques. — Surnom d'Asklépios, tiré d'un temple qu'un certain Démainétos lui avait élevé sur les bords de 1 Alphée.
DÉMENT [man), ENTE [lat. démens, entis, insensé] adj. Tombé en démence.
— Substantiv. : Un dément. Une démente.
DÉMENTI {man — rad. démentir) n. m. Dénégation de ce qu'un autre affirme : Donner un démenti. En politique, un DÉMENTI vaut très souvent un aveu. (M"* Roland.) it Chose qui fait ressortir la fausseté d'une autre : L'accroissement de la misère est u« démenti don7ié uu progî'ès.
— Fig. Honte qui résulte d'un succès promis et non réalisé : Je n'en aur>n pas le démenti.
— Encycl. Les Grecs et les Romains, qui se faisaient de l'honneur une autre idée que nous, acceptaient un démenti sans en être offensés. Ils estimaient que l'homme est sujet à erreur, et que signaler à quelqu'un l'erreur dans laquelle il tombe involontairement n'est pas l'outrager.
Au moyen âge, le démenti ne pouvait se laver que dans le sang. A tout homme en accusant un autre d'avoir commis telle mauvaise action, celui-ci répondait que son accusateur en avait menti, menti par la gorge. Le juge, alors, ordonnait le combat judiciaire. Ainsi s'établit la coutume do considérer le démenti comme un affront exigeant uno réparation immédiate.
Lorsque la période de la grande féodalité fut passée, on ne se battit plus seulement pour des accusations de crime, mais simplement pourrelever lo démenti, considéré commo une offense sanglante. Alciat, dans son livre De singulari certamine, propose cette question : <■ Un démenti auquel on ajoute sauf son honneur ou sans l'o/fenser cesse-t-tl d'être injurieux? n II décide que cette réserve n'efface point l'injure. Lorsqu'on voulut défendre le duel, des lois prohibèrent les démentis qui en étaient la principale cause et les punirent sévèrement.
Aujourd'hui, le duel suit do plus en plus rarement le démenti.
DÉMENTIR {man — du priv. dé, et de mentir. Se conjugue comme ce dernier) v. a. Opposer une négation à laflirmation de quelqu'un ; lui dire qu'il mont : Démentir un témoin, il Ne pas croire : Démentir ses propres yeux.
II Etre en contradiction avec : Que de gens dont la conduite DEMENT les paroles I n Nier la vérité, l'authenticité de; s'inscrire en faux contre : Démentir des bruits calomnieux.
Il Ne pas répondre à, être en opposition avec : Les stoïciens DÉMENTAIENT Icur insouciance de mourir en l'exagérant . (St-Marc Gir.) il Ne pas conlirmor, ne pas arriver, no pas avoir lieu conformément à : Les événements démentent souvent nos prévisions, il No pas se montrer digne do, en rapport de convenance avec : Démentir son rang, sa gloire.
Se démentir, v. pr. Etre démenti, ii Donner un démenti à soi-même, se contredire, ii No pas rester égal â soimême, il Manquer de fidélité â ses principes, subir des variations, changer.
— Constr. Une construction se dément, quand elle perd de sa solidité.
— Maiièg. On dit qu'un cheval se dément, lorsque son ardeur babitudlo diminue, rtéfliît.
— Anton. Appuyer, avérer, confirmer, corroborer, ratifier, sanctionner.
Demer, rivière do Belgique, affluent do la Dyle, ot qui arrose Bilseo, Ilasselt, Diest, Sichom et Âorschot. Cours : 'Jo kilomètres environ.
DeMERARA ou BeMERART, fleuve côtier do la Guy;ine anglaise, long de 260 kilomètres environ, qui arrose Georgetown et se jette dans l'océan Atlantique.
DemeRARA ou DemerarY, comté de la Guyane britanni(|ue; cli.-l. Georgetown.
DÉMERDER (du prof. priv. dé, et do merde) v. a. Pop. et bas. Tirer de la morde, débarrasser de la merde qui souillait : Dkmerder un enfant, des chaussures, il Fig. Débarrasser quelqu'un do ses ennuis, lo tirer de la misère.
Se démerder, v. pr. Se tirer de la morde ; so débarrasser de la merde, il Fig. So tirer d'ombarras.
DÉMERDEMENT {man) n. m. Pop. ot bas. Action do démerder, do ho démerder; résultat do cotte action.
DÉMEROEMENT {je-man — rad. démerger) n. m. Mar. Ihitiuiutiuii du tirant d'eau. (Pou us.)
DÉMERGER ( je — du préf. priv. (/('. Ot du lat. mergere, enl'oEi'-or dans l'eau) v. n. Mar. Subir un démergemont, une diminution dans lo tirant d'eau. (Pou us.)
— V. a. Romeitro à sec ce qui était submergé ou envahi par les oaux : DÙMEHauR une exploitation minière. (pou us.)
DÉMÉRITB (rad. démériter) n. m. Ce qui fait qu'on perd son mérite, ce qui attire l'iraprobation : Jl faut fonder
votre réputation sur vos vertus, et non sur le démérite des autres.
— En T. de thôol., Caractère d'un acte qui mérite des châtiments dans l'autre vie.
DÉMÉRITER (du préf. priv. dé, et do mériter) v. n. So rendre indigne; se priver, par ses actes, do l'estime, de la confiance : Démériter de son pays. Démériter de la bienveillance de quelqu'un, il Se conduire d'une façon blâmable, remplir mal les fonctions dont on est chargé : En quoi Ai-je démérité?
— Théol. So priver de la grâce divine. DÉMÉRITOIRE [to^ar') adj. Par qui l'on démérito : Acte
déméritoirh.
DEMERSUS {dé-mèr'-suss — mot lat. signif. submergé) adj. So dit des plantes qui vivent recouvertes par les eaux. Syn. submersus.
Demesse (Henri), littérateur français, né à Dijon en 1854. S'étant rendu à Paris, il a collaboré, depuis 1876, à de nombreux journaux et revues. Ou lui doit un assez grand nombre de romans populaires, entre autres : les Décits du père Lalouette (\S82) ; Oantdefer[iS'i-S); UnynartyreH&SA); les Vices de M. Benoit (1884); la Petite Dufresnoy (1885); la Fiancée du condamné (1886); Monsieur Octave (1887): le stigmate rouge (1887); les Mères rivales (1889); le Collier de la morte (1890); le Testament volé (1S91); l'Affaire Lebel {1^92) ; Petit-Fi fi {\S9\) ; les Drayiies de la famille {l'ion); etc., et quelques drames : le Drame des Chai'meltes (1887); les Mères rivales {ïSS9) ; le Maréchal ferrant (ï$9l); etc.
DÉMESURE (du préf. priv. dé, et de mesure) n. f. Manque de mesure; violence, orgueil. (Vieux.)
DÉMESURÉ, ÉE (rad. démesure) adj. Qui dépasse la mesure, les dimensions, les proportions ordinaires : Taille démesurée.
— Fig. Extrêmement grand ; excessif, outré, immodéré : Ajnbition démesurée.
— Substantiv. Personne qui ne sait pas garder de mesure : En liberté comme en inusique, les Français 7ie seront jainais que des démesurés. (Fourier.) [Peu usité.]
— SvN. Démesuré, énorme, excessif, exorbitant, immodéré, outré. Démesuré (hors de la mesure), se dit de choses qui peuvent être bonnes ou indifférentes par elles-mêmes, mais qui dépassent par leur étendue la proportion, la mesure ordinaire. Enoi'me (hors de la règle), se dit des choses qui ne sont tolérables que lorsqu'elles sont convenablement réglées et qui, dans le cas dent il s'agit, sortent de la règle et deviennent presque monstrueuses. Excessif s'applique à tout ce qui est susceptible de plus ou de moins, lorsque l'étendue ou le degré s'accroît au point de devenir nuisible. Une chose exorbitante est extraordinaire ; elle peut à peine être crue, tant elle sort des conditions ordinaires. Immodéré , ne se dit que des choses où il faut de la modération et qui ne sont pas contenues dans les limites nécessaires. Outré présente à peu près le même sens, mais il emporte de plus l'idée dune certaine alfectation venant de l'orgueil.
DÉMESURÉMENT (rad. démesure) adv. Excessivement, sans mesure : d'une façon démesurée.
DÉMÉTAPHORISER (du préf. priv. dé, et do métaphoriser) v. n. Parler sans métaphore, sans ligure. (Mot burlesque tout à fait inusité.)
DÉMÈTER. Myth. gr. Une des grandes divinités grcc-
aues, personnitication de la Terre, ^■urtout des forces prouctrices de la nature. D'après la légende ordinaire, Déraèter est tille de Cronos et de Rhéa, sœur de Zeus, mère de Perséphoné ou Coré. Elle parcourt la terre à la recherche de sa fille enlevée par Hadès. Bien accueillie à Eleusis, elle enseigne à Tnptolèmo l'art de cultiver le sol. Elle est par excellence la déesse de l'agriculture; elle préside aussi au développement de touto la civilisation, et elle protège le mariage. EUo eut des temples dans tous les pays grecs, presque dans toutes les cités ; en une foule d endroits, on célébrait en son honneur de grandes fêtes {démétries). Mais le centre de son culte était Eleusis, où elle avait un sanctuaire fameux, où elle présidait aux mystères avec sa flllo (v. Cora). Le type figuré de Démèter n'a guère varié. Les terres cuites primitives, qui reproduisent sans doute les vieux xoana, la représentent assise, coiffée du polos, avec un voile, des colliers ot des bijoux. Dans l'art classique, c'est uno femme à la physionomie sévère, souvent voilée, assise ou debout, ot fréquemment associée à Coré. Elle a pour attributs le polos, le flambeau, la gerbe de blé, le porc. Dès le début du v« siècle avant notre ère, son culto fut importé à Rome ; on l'identifia avec la Cérès italique, qui hérita do sa légende, dos rites do son culte, de ses attributs et do sou type figuré. V. CÉRKS.
Démèter (représentations antiques de). Parmi les grandes déesses de l'Olympe, Démèter serait peut-6tro colle dont on posséderait lo plus do représentations antiques, si toutes les statues que l'on a désignées par lo nom de cette déesse ofi"raiont bien son imago. Mais la vérité est (|u'il n'y a pas de divinité dont les ligures soient plus rares. La plus belle tôte que l'on connaisse do cetia déesso so trouve sur uno médaille de Mètaponto. Elle est couronnée d'épis garnis de longues fouilles ot porto un diadème élevé, de la mémo forme que celui qui sert d'attribut caractéristique à Junou. Derrière la tôto tombe un voile, eu signe du deuil quo causa à la déesse la perte do Perséphoné. Les belles médailles de Syracuse nous montrent Démèter simplement couronnée dépis ; sur l'une do ces médailles, los épis paraissent retenus par uno bandolotte. La figure do Métaponlo a de grandes boucles d'oreilles à trois pointes et les cheveux relevés. Dans d'autres médailles, la chevelure est ondulée et flotte librement. Parmi les attributs donnés à la déesse, on voit encore des pavots, symbole de sa fécondité, et un sceptre, emblème de sa puissance. La corne d'abondance et la faucille que l'on voit à certaines statues do DénuHorsont l'œuvre des restaurateurs. Quelquefois, parmi les attributs do la déesse, on voit lo modius (boisseau), symbole do la fertilité, et le cislo ou van mystique dos fêtes d'Kleusis. Parfois, on la voit roprésentéo sur un char tiré par deux éléphants. Il est plus ordinaire do voir la déosso accompagnée du cheval .\rion, qu'elle eut do ses amours avec Neptune. Lo bas-relief d'un sarcophage antique du musée dos Oi'ficos, qui a pour sujet l'Enlèvement dr Pt<rséphoué, nous fait voir Démèter tenant un fiamboau ot placée sur un char auquel sont attelés dos serpents ailés. Co l'ut sur un char aussi traîné par dos serpents que la déesso do»
DÉMÉTRIADE — DÉMÉTRIOS
moissoDs fit monter Triptolème, fils de Céléos. roi d'Eleusis, lorsqu'elle envoya ce prince enseigner l'agriculture dans tout l'univers. On la voit encore groupée avec Tripto-
do toute la Grèce, sous prétexte de mettre fin à cette usurpation, Antigène envoya son fils Démétrios à Athènes. Celui-ci s'empara de l'Attique et chassa Démétrios de
Représentations antiques de Dêmèter (Cérés) : 1. Buste de Démèter voilée; 2. Démèter colossale du Vatican; 3. Démèter de Cnide (musée Britanuique); 4. Statuette du palais Doria (Rome) ; 5. Peinture de vase; 6, 7. Terres cuites de Técée ; 8. Peinture murale de Pompéi; 9. Dâmèler et le serpent d'Eleusis (terre cuite); 10. Démèter et Coré (terre cuite de Préneste)-
Jème et Perséphoné, dans le bas-relief d'Eleusis. Les plus belles statues antiques de Démèter se trouvent au Louvre, au musée Pio Clementino, au musée Cbiaramooti, au Capitole, au musée de Naples, à la collection Borghêse.
DÉMÉTRIADE, ville de l'ancienne Grèce (Thessalie), sur le golfe de Pagases. Elle fut fondée par Démétrios Poliorcète, et acquit une grande importance stratégique.
DÉMÉTRIADE, fille d'Olibrius et de Julienne, qui vivait au commencement du \" siècle. L'invasion des Goths la contraignit de se réfugier à Carthage. Sa beauté et son esprit lui attiraient tous les hommages et elle se choisit un époux. Mais Démétriade entendit saint Augustin, dans un de ses sermons, faire un si louchant éloge de la virginité, qu'elle renonça au mariage et résolut de se consacrer à Dieu. Cette décision eut un immense retentissement. Saint Jérôme, saint Prosper, lui écrivirent à ce sujet, ainsi que Pelage, encore orthodoxe, mais dont les tendances apparaissent déjà assez dans cette lettre pour que saint Augustin se soit cru obligé d'en écrire une autre à Démétriade afin de les réfuter. Ces deux lettres sont donc le premier épisode de la lutte fameuse de l'Eglise et du pélagianisme.
DEMETRIAS (dé-mè-tri-ass) n. m.
Zool. Genre d'insectes coléoptères carnassiers, famille des carabîdés, tribu des dromiinés, comprenant des formes élégantes, allongées, aplaties, testacées ou jaunâtres, variées de brun, et qui vivent au bord des marécages, parmi les roseaux. (On i^emetnas.
connaît une dizaine d'espèces de
demetrias; toutes sont de petite taille et habitent l'ancien monde; deux sont communes en France.) Ce genre a été appelé setophore par certains auteurs, mais le nom demetrias a prévalu.
— Bot. Nom ancien de la verveine.
DÉMÉTRIES (tri — de Démèter) n. f. pi. Antiq. gr. Fêtes célébrées en l'honneur de Démèter, à Eleusis, Athènes, Syracuse, etc. ii Fêtes instituées à Athènes en l'honneur de Démétrios Poliorcète.
DÉHÉTRIÔN n. m. Antiq. gr. Nom donné par les Athéniens au mois do muiiychion, en l'honneur de Démétrios Poliorcète.
DÉMÉTRIOS (saint). On connaît plusieurs saints do ce nom- L'un, honoré par l'Eglise catholique, est d'une époque indéterminée. On sait seulement qu'il fui officier du palais d'un des empereurs de Byzanre. Les autres appartiennent à l'Eglise russe orthodoxe : Dkmktkius ou Dmitri, surnommé le Thaumaturge, est l'un des patrons de la Russie. [II vivait au xiv« siècle, fut le compagnon do saint Serge et le précepteurdes enfants du grand prince Dimitri Doosko'f (l350à 1389).] — Dmitri (saint), prélat russe. évoque do Rostov et Yaroslavl, né en 1665, mort en 1709. [Il écrivit des cantiques, des psaumes, dos ouvrages spiriluel-s et dos drames religieux.]
DÉMÉTRIOS I", dit Poliorcète {Preneur de villes), né en y/Ai av. J.-C, mort en 283. Il était fils d'Antigono, l'un des généraux successeurs d'Alexandre. Chargé par son pèro de défendre la Syrie contre Ptolémée I", roi d'Egypte, Démétrios, vaincu d'abord à Gaza (312), obtint ensuite quelques succès, mais no put emp/^chor Sôleucos do 8'emparor do la Babylonie. Sur ces entrefaites, Antipatros étant mort, et son fils Cassandrc s'élanl emparé
Monnaie de Démétrios Poliorcète.
Phalère, qui y gouvernait au nom de Cassandre. Les Athéniens décernèrent à leur prétendu libérateur le titre de " roi i>. Avant qu'il eût aclievé de soumettre la Grèce, son père le rappela. Poliorcète gagna deux batailles navales : l'une près de Salamine sur Méuélas, général de Ptolémée, fautre sur Ptolémée lui-môme (306), conquit l'île de Chypre, mais il ne put réussir à débarquer en Egypte, ni à se rendre maître de Rhodes (305). Il traita avec les Rhodiens, et retourna en Grèce pour y combattre de nouveau Cassandre. Il força celui-ci à. lever le siège d'Athènes, le défit en bataille rangée près des Thermopyles, délivra l'Attique et le
reste de la Grèce et fut proclamé généralissime do toutes ses force s. Cep endant la puissance de Démétrios et d'Antigone efraya les autres suc cesseurs
d'Alexandre. Cassandre s'allia contre eux avec Lysimaque. Ptolémée et Séleucos. Démétrios accourut en Asie pour briser cette nouvelle ligue; mais la bataille d'Ipsos (301), où périt Auligone, réduisit Poliorcète à la possession d'un petit nombre de villes en Asie et en Grèce. Les Athéniens lui refusèrent alors l'entrée de leur ville. Après avoir erré quelque temps avec sa flotte, Démétrios profita de la mort de Cassandre pour s'emparer de la Macédoine, où il se maintint de 295 à 287 contre Lysimaque et Pyrrhos, l'un des fils de Cassandre. Vaincu et obligé de prendre la fuite, il alla ravager les Etats de Séleucos; mais celui-ci parvint à s'emparer de lui et l'enferma dans une do ses forteresses, où il finit sa vie d'aventures.
Démétrios h, roi de Macédoine, né vers 278 av. J.-C. mort en 231. Fils d'Antigone Gonatas et petit-fils de Démétrios Poliorcète, il remit son père en possession de la Macédoine, dont s'était emparé Alexandre II, roi d'Epire, et devint roi de Macédoine l'an 241. Il mourut après dix ans d'un règne agité.
Démétrios, roi de Bactriane de 190 à 165 av. J.-C. Il était fils d'Euthydème, auquel il succéda. Au rapport do Strabon, il conquit de vastes territoires dans l'Inde septentrionale.
Démétrios I", dit Soter {le Sauveur), roi de Syrie de 162 à 150 av. J.-C, fils de Séleucos IV Philopator. Il fut envoyé à Rome comme otage. 11 y était encore, quand son père vint à mourir. Son oncle, Àntiochos Epipbaue, prit la couronne, et ensuite le fils de celui-ci, Antiochos Eupator,lui succéda. Démétrios , l'héritier légitime, jiarvint à s'échapper et à se faire reconnaître par les Syriens, mit à mort son cousin, Antiochos Eupator, et se concilia la faveur de Rome en lui envoyant des présents considérables. Devenu maître incontesté du pouvoir (162). il vainquit les Macchabées en Judéo. dt-livra les Babyloniens do la
y — oi
Monnaie de Démétrios Soter
tyrannie de Timarque et d'Héraclide, et détrôna le roi de Oappadoce, Ariarathe. Mais ce dernier se ligua avec les rois de Pergame, d'Egypte, Jonathas, prince des Juifs, qui suscitèrent au roi de Syrie un rival dans la personne d'Alexandre Bala, un prétendu fils d'Antiochos Epiphane. La ligue, soutenue par le sénat, livra bataille à Démétrios, qui fut vaincu et tué (IjO).
Démétrios n, dit Nicator [le Vainqueur), roi de Syrie de 146 à 125, fils du précédent. Il parvint à reprendre possession du royaume de Syrie, mais une partie lui en lut enlevée par Tryphon, un ancien général d'Alexandre liala, qui y fit proclamer roi Antiochos VI, fils de Bala. Démétrios entreprit ensuite une expédition malheureuse contre les Parthes, qui le retinrent prisonnier (138j, pendant dix ans. Ils lui rendirent enfin la liberté, dans 1 espoir de susciter un rival à son frère Antiochos Evergète, qui avait triomphé de Tryphon et occupé la Syrie. Evergète ayant été tué dans une bataille, Démétrios remonta sur le trône (128), mais s'aliéna ses sujets. Ptolémée Physcon, roi d'Egypte, intervint. Vaincu près do Damas par Alexandre Zébina, un prétendu fils de Bala, Démétrios se réfugia auprès de sa femme Cléopâtre, qui le fit assassiner (125).
DÉMÉTRIOS m, ii[tKuC3Bros{iffeureïLr),T0Ïàe Syrie de 94 à 88 av. J.-C. Fils d'Antiochos Grypos et petit-fils du précédent, il s'unit à son frère Philippe pour renverser l'usurpateur Antiochos Eusèbe. Puis il partagea la Syrie avec Philippe. Mais celui-ci voulut être seul maître, parvint à capturer Démétrios et à lo livrer à Arsace, roi des Parthes. Il mourut peu do temps après.
DÉMÉTRIOS, sculpteur grec, du dème d'Alopéké, contemporain de Képhisodote (fin du v" s. avant notre ère). Il exécuta une statue de Minerve, désignée sous le nom de Mystica. On citait aussi do lui les statues de Lysimaché la vieille, prêtresse de Minerve, et de Simon, lo premier auteur grec qui ait écrit sur la cavalerie du stratège Pelicos. C'était un réaliste, se plaisant à, reproduire tous les accidents du type individuel.
DÉMÉTRIOS, architecte grec, probablement du milieu du IV" siècle avant notre ère. Il termina, avec Pœonios d'Ephèse. le temple de Diane à Ephèse, commencé plus de deux siècles auparavant par Chersipbron.
DÉMÉTRIOS, afl'rancbi et favori de Pompée, né à Gadare en Syrie (i" s. av. J.-C). Il suivit Pompée en Asio et amassa de grosses richesses, évaluées à 20 millions de francs. A sa demande, Pompée fit rebâtir la ville de Gadare, détruite par les Juifs.
DÉMÉTRIOS, théologien grec, surnommé Cydonios, parce qu'il habita quelque temps C'ydone en Crète, né à Thessalonique au xiV siècle. Il remplit des fonctions importantes à la cour de Jean Cantacuzène, se rendit plus tard a Milan, puis s'enferma dans un couvent de l'île de Crète, où il mourut. Il a composé de nombreux ouvrages; quelques-uns ont été insérés dans divers recueils, notamment dans VAuctarium jwvum de Combéfis.
DÉMÉTRIOS (Pepanus ou Pepano), théologien grec, né dans l'île de Chio vers 1620. Il se rendit à Rome pour y compléter son éducation, y professa le grec, tout en s'adonnant à l'étude des lettres, do la médecine et de la théologie, obtint, pour des raisons de santé, d'être relevé de ses vœux ecclésiastiques, et retourna dans sa patrie où il se maria (1649). Zélé catholique, Démétrios s'efforça do ramener par ses écrits ses compatriotes dans le sein de l'Eglise romaine.
DÉMÉTRIOS d'Adramyttium, grammairien grec du commencement de notre ère. Il appartenait à l'école d'Aristarque, et habita les villes de Pergamo et d'Alexandrie. Il nous reste des fragments de quelques-uns de ses ouvrages.
DÉMÉTRIOS d'Alexandrie, rhéteur et philosophe de l'école péripatéticienne, qui vivait au i*"" siècle avant notre ère. On croit qu'il est 1 auteur d'un intéressant ouvrage sur l'élocution, attribué à tort à Démétrios de Phalère. La meilleure édition de ce traité est celle des Rhetores gréeci, de "Walz.
DÉMÉTRIOS de Bithynie, poète grec de la seconde moitié du ii" siècle avant notre ère. Il nous reste de lui deux épigrammes sur la vache de Myrou, qui ont été insérées dans VAnthùlofjie grecque.
DÉMÉTRIOS de Byzance, philosophe de l'école péripatéticienne, qui paraît avoir vécu au iv« siècle avant notre ère. Il composa un traité .S'»;* les poètes ou Sur tes poèmes. Selon les uns, il était disciple de Criton ; selon d'autres, il aurait vécu plusieurs siècles plus tard, au temps de Caton d'Utique.
DÉMÉTRIOS le Cynique, philosophe ^rec. né dans l'Attique au i" siècle de notre ère. Il était disciple d'Apollonios de Tyano. S'étant rendu à Rome, il se lia avec Thraséas, assista à ses derniers moments, critiqua publiquement les actes de Néron, qui l'expulsa do Rome, et vécut à Athènes jusqu'à l'avènement do Vespasien. Il revint alors à Rome; mais la hardiesse d3 ses discours, dans lesquels il n'épargnait pas le blâme au nouvel empereur, lui valut un nouvel ordre d'exil. Il estimait peu les connaissances purement spéculatives, et tout son enseignement se bornait à dos préceptes de morale, dont sa vie d'ailleurs ne s'écarta jamais.
DÉMÉTRIOS PÉpicurien, philosophe grec, qui vécut au milieu du n* siècle avant notre ère. Il succéda à Protarque dans la direction de l'école épicurienne, et eut lui-même pour successeur ApoUodoro. Avec lui, la doctrine conserve encore son caractère de renoncement. C'est le moment où elle se répand dans l'empire romain.
DÉMÉTRIOS de Magnésie, écrivain grec du 1°^ siècle avant notre ère. Il avait composé entre autres ouvrages, un livre sur les vies des auteurs et des poètes homonymes. Cicéron parle do lui dans sa correspondance avec Atticus.
DÉMÉTRIOS Moschos, poète grec, du xv* siècle do notre ère. né à Lacédémono. Il se rendit en Italie lorsque Constat) tinople tomba au pouvoir dos Turcs, et devint professeur do grec à Ferrare. On a de lui un petit poème : Dr Jiuptiis HelenT. et Paridis (1510), réédité dans les Miscellanca critica (1823).
DÉMÉTRIOS de Phalère, hommo d'Etat et orateur prtnr, lUs do PliaDostrate, uô au port do Phalôro, près d'Athùiios , vers le milÙMi du iv" siùclo av. J.-C, mort vers ^83. Elève et ami do Théophrasto, il débuta dans la vie politinuo au temps de l'aU'airo d'Harpalo, ot appartint au parti macôdomon. Il faillit Ôtro, avec Phucion, victime des di^moeratos. Condamu6 à mort, il parvint à s'échapper (318), ot il so réfugia auprès do Cassaiidro, qui. dovouu maître d'Athènos, le mit à la tôto du gouvor- Domont. Démélrius gouverna dix ans {318-308) avec sagesse et douceur, remettant les anciennes lois en vigueur, réprimant le luxe ot accroissant les revenus publics. Luiinétne menait d ailleurs une vie fastueuse, au milieu des
Slaisirs do tout genre. Les Athéniens l'accablèrent do atteries, et lui élevèrent trois cent soixante statues. Mais à l'approche de Démétrios Poliorcète (307), le parti démocratique reprit le dessus ; les statues de Démétrios de Phalère furent brisées, et une sentence do mort fut prononcée contre lui. Il s'enfuit à Tlièbes, puis auprès de Ptoléméo Lagos, roi d'Egypte, qui l'accueillit fort bien. Ce fut, dit-oii, sur ses conseils quo ce roi fonda la fameuse biblioihèquo d'Alexandrie et entreprit la traduction dos Septante. Mais, ù. l'avènement de Ptolémée Philadolphe (283), qu'il s'était aliéné, Démétrios do Phalère fut exilé dans la haute Egypte, où il mourut pou après. 11 avait écrit sur une foule de sujets : des mémoires historiques sur les dix ans de son gouvernement d'Athènes, un traité de rhétorique, plusieurs discours, des lettres et des déclamations, des fables ésopiques, diverses poésies, des commentaires sur les poèmes homériques, des biographies de philosophes et d'orateurs, des traités sur la politique, sur les citoyens d'Athènes, sur la démagogie, sur les lois, sur l'art militaire, etc.; en tout, près de cinquante ouvrages. Il nous reste de lui quelques fragmenis. Il passait pour être un historien brillant, un habile orateur et un styliste qui renouvelait l'atticismo en lui donnant plus d'éclat.
Démétrios de Pharos, général illyrien, né à Phares, île de l'Adriatique, mort en 214 av. J.-C. Il commandait à Corcyre, pour le compte de Teuta, reine d'illyrie. Il livra l'île aux Romains, qui étaient en guerre avec cette reine, et reçut, en récompense de sa trahison, une partie de rillyrie. Plus tard, il lit alliance avec le roi de Macédoine, Antigène Doson, auprès duquel il combattit à la bataille de Sellasie (223). Fort de cette alliance, il résolut de secouer le joug des Romains, alors en guerre avec Annibal. Attaqué par Paul-Emile, Démotrios se réfugia en Macédoine auprès de Philippe III. Il voulut s'emparer de Messène pour le compte de son hôte, et fut tué à l'assaut de cette place (214).
DÉMÉTRIOS de Scepsis, grammairien grec, qui florissait dans la Troade vers le milieu du ii" siècle av. J.-C- II avait composé, sur la géographie do la Troade, un traité en vingt-six livres, intitulé : Revue troyenne, dont Strabon s'est beaucoup servi.
DÉMÉTRIOS, surnommé le SynceUe, métropolitain de Cyzique, qui vivait au xi' siècle. Il composa en grec une Exposition des hérésies des monothélites chaldéens, et un Traité de droit canon. Les bibliothèques do Paris, de Rome et de Milan, conservent plusieurs de ses manuscrits.
DÉMÉTRIUM {tri'Om' — de Démèter, nom mythol.) n. m. Chim. Un des noms du métal appelé plus ordinairement
CÉRIUM.
DÉMETTRE {mètr' — du préf. priv. dé, et de mettre) v. a. Déplacer, mettre hors de sa position naturelle en parlant d'un os : DÉMETTRE un bras, une jambe à quelqu'un.
— Fig. Destituer : Démiîttrk un homme de ses fonctions.
— En T. de dr., Débouter : Démettre quelqu'un de son appel.
Se démettre, v. pr. Démettre, disloquer, déplacer à soi, en parlant d'un os. Il Etre démis, disloqué, déplacé, en parlant d'un os.
— Résigner, abdiquer une fonction, une charge : Se démettre de son emploi.
— Déroger, manquer à sa dignité : La charité s'élève contre les uns sans s emporter et s abaisse devant les autres sans SE DÉMETTRE. (Boss.) [Vioux en ce sens.]
— Allus. hist. : 3e soumettre ou se démettre. V. sou-
METTRU.
— Syn. Démettre (se), aîidiquer, résigner. V. abdiquer.
Demetz (Frédéric-Auguste), magistrat et philanthrope français, né ot mort à Pans (1796-1873). Il devint conseiller à la cour royale. Mais il est surtout coimu par la fondation, en 1840, de la Colonie pénitentiaire et agricole de Mottray, pour les jeunes détenus. Il so consacra à l'organisation et à la direction do cet établissement, qui servit de modèle en Franco et à l'étranger. Outre dos rapports annuels sur la colonie de Mettray, on a do .ni divers ouvrages sur les pénitenciers et le système pénitentiaire.
DÉMEUBLEMENT(ïHrt«) n.m. Action de démeubler; état dn i-i- (|iii est démoublé : Le démeudlement d'une chambre.
DÉMEUBLER l'Iu préf. priv. dé, ot de meubler) v. a. Dégarnir do ses iiioublus : Démeubler un appartement. Démeublé, ée part. pass. du v. Démeubler.
— Fain. : Bouche démeoblée. Bouche sans dents.
Se démeubler, v. pr. Etre dcmcublé; so dégarnir do ses meubles. Il Fam. Perdre ses dents.
DÉMEUNIER ou Desmeunier Uean-Nicolas), constituant, né à Nozoroy iJura) lmi 1751, mort à Paris on 1811. Il lit dos traductions d'ouvrages anglais, devint secrétaire du comte do Provence, censeur royal, et fut élu député aux états généraux par la sénéchaussée de Paris. Il se mêla aux discussions do cette assombléo, s'employa avec zèle à sauver Louis XVI do la déchéance, après l'arrestation do Varennos. Membre du Diroctoiro, il lutta contre lo flot révolutionnaire, passa aux P]tats-Unis los années les plus critiques do la Révolution, accueillit à son retour lo I8-Brumaire avec enthousiasme, fut tribun (IHOO) ot sénateur (1S02). On a do lui des traductions et dos ouvrages originaux qui ont trait aux l'jtats-Unis.
DEMEURABLE(rad. demeurer) adj. Habitable. (Peu us.) DEMEURANT iran), ANTE adj. Qui' demeure, habite. Il IiitiH. au fonmiiii, exc^optô en stylo do palais ; La dame A'..., établie et demiiouante en la susdite rue.
— Substantiv. Personne qui reste, qui survit : Qnelquefoia, des chefs se présentent pour conduire ces demeurants
DEMETRIOS
DEMIA
d'un autre âge. (Chateaubr.") Il Personne qui habito : La demeure influe beaucoup sur le demeurant. (L.-J. Larcher.)
— n. m. Co qui reste :
Le daneurant des rats tint chapitre en un coin.
La Fontaine.
— Loc. adv. Au demeurant. Après tout, en somme, tout bien posé : Au demeurant, la vie a de bons moments.
— Allds. littér. : Au demeurant, le meilleur fils du monde, Vers de C. Marot dans l'épîtrooCi il raconte avec t)naucoup do liuosse, à François I", qu'il a été volé par son valet :
J'avais un jour un vnlet de Gascogne, Gourmand, ivrogne et assuri^ meiuinir, Pipetir, larron, jiireiir, blasph^matt^ur, Sentant la hart de cent pas h la n)ntle ; Au demeurant, le meilleur /ils du monde. Ce vers, si plaisant après l'énumëration dos belles qualité du valet, est devenu proverbe et se rappelle dans des circonstances analogues.
DEMEURE (du lat. dcjnorari ; de mora, retard) n. f. Fait de tarder, d'être en retard : Sans plus longue demeure. (Vieux en ce sens. Ne s'emploie plus guère que dans la locution : Il y a péril en la demeure ou a de.meure, Il y a péril à tarder plus longtemps.)
— Par ext. Obligation, retard dans l'acquittement d'une dette matérielle ou morale, n Etre en demeure envers quelqu'un, Se trouver l'obligé de quelqu'un ; être en reste de services ou d'obligeances avec lui. il Etre e» demeure avec quelque chose. Avoir des reproches à se faire au sujet de cotte chose, il Mettre en demeure. Sommer, signitier : Mettre quelqu'un en demeure de payer, de partir, n 5e mettre en demeure de. S'arranger de façon à, s'obliger à : S'accoutumer à écrire comme on parle et comme on pense, n'est-ce pas déjà se mettre en demeure de bien pe7tser? (Ste-Beuvo.)
— Dr. Retard apporté par le débiteur dans l'exécution de son obligation, constaté par une interpellation du créancier. (La demeure du créancier est le refus par celui-ci d'accepter le payement.) ii Mise en demeure. Sommation de remplir une obligation : On lui a signifié la mise en demeure de payer immédiatement^
— Rhétor. Syn. peu usité de commoration.
— Encycl. Dr. rom. Pour quo lo débiteur fût in mora (c'est-à-dire en demeure), il fallait une interpellatio, démontrant l'intention du créancier d'être payé, et une résistance frauduleuse du débiteur. La mise en demeure mettait les risques à la charge du débiteur si la chose était un corps
• certain, et elle faisait courir les intérêts s'il s'agissait d'une somme d'argent. La mise en demeure du créancier avait pour effet de permettre au débiteur de se débarrasser de la chose par un dépôt ou autrement, et de le décharger des risques.
— Dr. franc. Le débiteur est en demeure, d'après l'article 1139 du Code civil, par une sommation ou par un acte équivalent, comme la citation en conciliation, le commandement, etc. Par exception, il faut une demande en justice, lorsque la dette a pour objet une somme d'ar-
fent. Le débiteur est mis en demeure par la seule arrivés u terme, quand telle a été la convention des parties ou lorsque l'ooligation est telle que l'exécution tardive ne serait d'aucune utilité pour le créancier. Le voleur est en demeure par le seul fait du vol.
Les effets de la demeure du débiteur sont : 1" de mettre à sa charge les risques de la chose due, en exceptant le cas où la chose fût également périe chez le créancier (art. 1302) ; 2" de le rendre comptable des fruits perçus depuis la mise en demeure, ou des intérêts de la somme due.
La demeure est purgée quand le créancier renonce à s'en prévaloir, ou quand le débiteur fait au créancier des offres réelles suivies de consignation.
Le créancier est en demeure lorsqu'il refuse d'accepter le payement et que le débiteur a fait des offres réelles, suivies de consignation. La demeure du créancier a pour effet ; l' do purger la demeure du débiteur, si celui-ci était en demeure; 2" de mettre la chose aux risques du créancier; 3" d'arrêter le cours des intérêts.
DEMEURE (rad. demeurer) n. f. Domicile, habitation; lieu où l'on habite, résidence : Embellir sa demeure. Loin des personnes qui nous sont chères, toute dkmeork est uh désert, il Durée du séjour que l'on fait dans un endroit : Faire une /oHz/ue demeure à la campagne. (Pou usité.)
— Agric. Semer à demcur-e, Jeter la semence là où elle doit rester, sans intention de transplanter, n Labourer a demeure, Donner lo dernier labour avant les semailles.
— Véner. Retraite du cerf, tt Bonne demeure. Taillis fourré, ii Demeure douce. Taillis de cinq à six ans.
— Loc. div. : Demeure mortelle, La terre, il Hemeure de l'dme. Corps de l'homme, il Dernière demeure, Demeure des morts. Demeures souterraines, sombres demeures, etc., Cimetière, tombeaux. Il Demeure céleste, éternelle. Ciel, paradis.
il Demeure sacrée, divine, Temple, église. Il Eaire sa demeure, Habiter, demeurer.
— Loc. adv. A demeure. D'une manière fixe, stable, au prop. et au fig. : Etablir un châssis k demeure.
— Syn. Demeure, domicile, résidence, séjour. Demeure et domicile expriment quelque chose do plus fixe et d'une moindre étendue; résidence ot srjmir niarquent souvent quelque chose de passaç:or, et ils so rapportent touiours à un lieu plus vaste, moins personnel ; on outre, demeure est du langage ordinaire. Domicile est plus recherché ot appartient au stylo do la jurisprudence ot do l'administration. Bèsidence, au propre, a plus do noblesse quo séjour et s'emploie de préférence en parlant d'un personnage élevé. Séjour est plus simple; il marque aussi quelque chose do moins durable encore que la résidence ; enfin, il peut s'appliquer figurément aux choses contrairomout ù ré- .sidence ; on dit bien que Paris ost lo séjour dos beaux-arts, on no dirait pas qu'il en est la résidence.
DEMEURER (lat. demoraj'i ; do inora, retard) V. n. Habiter, loger, avoir son domicile : Dhmeurkr ù l'hôtel. il Rester, sé)ourner dans un endroit, s'y arrêter; no pas on sortir : lienri lïl ne pouvait demeurer dans une chambre avec un chat. yRaspail.) Il Prolonger son séjour, rester momontanémont quoique part, no pas s'en aller : M. de Turenne dit au petit d'Èlbeuf : « Mon 7U'veu, demkurkz là. « (M"*" do Sév.) Il Etre arrêté, no pouvoir passer outre : Où la gu«po a passil, lo moucheron drmeurv.
La t'ONTAINB.
— Employer, passer un certain temps à uno chose ; tarder : I)i<MiaiUKR une heure à écrire une lettre.
— So maintenir, être maintenu dans uno certaine position : Absalon demeura pendu par les cheveux, n Etre
d'une façon permanente, continuer d'exister ou d'être dans certaines conditions : Beaucoup de questions demeurent indécises. Demeurer ferme. DEMEnitKR confus.
— Rester en suspens, être négligé, délaissé : Les soins publics seî'aient abandonnés, les affaires demeureraient. (Mass.) il Ne pas être employé, re.stor inutile : Jiarement un festin demeure. (La Fontaine.) [Locutions vieillies.]
— Loc. div. Demeurer à, Rester on la possession de : Le bien de la mère demeure aux enfants. Il Demeurer au théâtre ou simplom. Demeurer, Continuer à être représenté : Certaines pièces demeurent, malgré le mauvais accueil quelles reçoivent au début, il Demeurer court, tout court. Rester interloqué, ne pas achever sa pensée, son discours. — Ne savoir quo dire, quo répondre, il Demeurer d'accord, S'entendre, êtrodu même avis, après discussion ou explication. — S'accorder dans un but .à poursuivre, une action à faire. i| Demeurer en repos. Ne pas travailler. — Rester tranquille, ne pas se tourmenter, ii Fig. et fam. Demeurer en beau chemin, No plus avancer, rester stationnaire, malgré les chances de succès, il Fig. Demeurer en reste, en arrière. Rester l'obligé, le débiteur ; ne pas payer de retour, ne pas rendre la pareille, il iVejsas demeurer. Ne pouvoir demeurer en place, S'agiter, se mouvoir sous l'effet de l'impatience, de l'anxiété, il En demeurer là. Ne pas aller plus avant, s'arrêter, discontinuer.
Il Demeurer sur la place, y demeurer. Etre tué ralde; tomber mort sur le lieu du combat, jl Demeurer sur le cœur, sur l'estomac, No pas être facilement digéré; causer des maux de cœur, des lourdeurs d'estomac. — Fig. Rester gravé dans la mémoire, inspirer de la rancune, du ressentiment. Il Demeurer sur la bonne boucfie. Ne pas détruire le bon goût qui reste d'un aliment ou d'une boisson, en en prenant d'autres. — Fig. S'en tenir à uno sensation agréable, dans la crainte d'altérer cette impression, n Demeurer sur son appétit. Ne pas manger à satiété, sortir de table sans avoir complètement assouvi sa faim. — Fig. Ne pas se laisser aller complètement à un désir, à une passion, ii Demeurer pour les gages. Signifiait autrefois Etre tué ou fait prisonnier dans un engagement dont les autres sortent sains et sauf. — Etre retenu par un restaurateur, un marchand de vin, pour payer des dépenses faites en commun avec d'autres qui se sont échappés.
— Agric. et jard. Semer à demeurer. V. demeure.
— Jeux. Ne pas lancer la boule assez loin; ne pas aller assez loin.
— Manèg. En parlant d'un cheval, Ne pas allonger assez le pas : Ce cheval demeure.
— Impersonn. Rester : Jl y DEMEURA quelque cinq cents hommes sur la place. (D'Ablanc.)
— Syn. Demeurer, rester. Demeurer, suppose une plus longue durée et exprime, sans aucune idée accessoire, l'action de continuer à être ou à se tenir dans un lieu. Rester convient mieux quand la durée est courte, et de plus il éveille une idée d'opposition avec ce qui change de lieu ou de position. La vérité demeure éternellement vraie; un enfant reste oisif pendant quelques heures.
— Demeurer, gîter, habiter, loger. Demeurer, se dit par rapport au lieu où est située la maison même où l'on a son logis : on demeure à la campagne, dans telle ville, dans tel quartier, à tel numéro. Giter, ne se dit proprement que des animaux, et, quand il s'applique à l'homme, il n'exprime qu'un séjour de courte durée avec quelque idée de dénigrement ou de plaisanterie. Habiter est encore plus général que demeurer. EnHn, loger a seulement rapport à l'édifice, au lieu abrité où l'on se retire.
Demeuré, ée part. pass. du v. Demeurer.
— Dr. anc. Cause demeurée sur l'heure. Cause dont on renvoie la plaidoirie à un autre jour, vu la levée de l'audienco.
— Anton. S'en aller, décamper, déguerpir, démarrer, désemparer, filer, partir, se retirer.
DEMI, lE (lat. dimidius, même sens) adj. Epal à la moitié de : Une DUhii-lteure. il Par ext. Incomplet, imparfait, qui n'est pas entier en son genre : Un GEHi-savant. Un demiconsentement. il Faible, léger, peu intense : Datii-jour. Dkmiobscurité.
— Et detni. Et quelque chose de plus : A fripon, fripon ET DEMI. A trompeur, trojnpeur et demi. A menteur, menteur ET DEMI. Il En diable et demi, A l'excès, très fortement : Battre quelqu'un en diable et demi.
— - n. m. La moitié : A'avoir pas le demi du revenu qu'il faudrait. (Inxia.) il Arithm. Demi-unité : Quatre plus un demi.
— n. f. Demi-unité : iVe pouvant en avoir une, j'en ai pris une demie, n Demi-heure : La demie n'a pa sonné.
— Adverbial. A moitié, presque : DEMWHo^^ Demi-cki/. Demi-ukVu.
— Loc. adv. A demi, A moitié, presque : A demi mort. A DEMI cuit. A DEMI vétu. Il Imparlaitomcnt, d'une façon incomplète : Ce n'est vivre qxi'k demi que de n'oser penser qu'k DEMI. (Volt.)
Le véritable esprit aait se pUcr h tout :
Ou oe vit qu'à demi quand on n'a qu'un seul goOt.
VoLTAUtE.
Il A demi-mot. V. demi-mot (X).
— Gramm. Demi, placé avant lo nom, auquel il so joint par un trait d'union, est toujours invariable, parce qu'il concourt à former un nom composé où il joue le rolo d'adverbe : Une DEMi-Aeure. Des DUMi-remèdes.
Placé après lo nom, demi ost adjectif et s'accorde eu genre avec un nom sous-ontondu, qui est toujours au singulier : Le soleil tourne sur son axe en vingt-cinq iours et DEMI (en vingt-cinq jours et un demi-jour). Une neure et DEMIE. Trots heures et demie.
/>e/ni, employé comme nom, ost masculin on T- d'arithmétique ot prend le signe du pluriel : Deux oemis font un entier; mais, eu parlaut dos heures, il ost du féminin : Pendule qui ne sonne pus les demies.
— Rem. Demi pouvant outrer on composition avec presque tous los noms ot tous los adjectifs, nous no donnerons à leur place alphabôtiquo que les mots composés dont ce préfixo modillo lo sons d'une façon plus ou moins étrangère à sa signification propre, ou qui exigent uno explication spéciale. Nous ferons ainsi uno exception nôoossairo à la règle que nous nous soninios imposée de ranger ù l'ordre alphabétique rigoureux los mots composés dont tes parties sont unies rnir un trait d'union. U sera donc inutile do chorcher ci-uossous : dkmi-iikurk, dkmi-
J013RNEK, DEMI-KEUn,Llî, DEMI-DARDARK, [)ICMMX)NTENT, OlC,
mais on y trouvera demi-heuu., nKMi-DiEU, dkmi-i.onk, etc., dont lo mol demi n'explique pas suffisamnioul lo sons.
Dbmia {Cliarlos), prêtre et instituteur français, né à Buurg ou Brosse, ou 1030. mort on 101)5. U fonda on nliiO,