DEMAIN
— Fam. Aujourd'hui pour demain, Dès à présent ou d'un moment à l'autre.
— Allus. hist. : A demain les affaires sérieuses! V. Ar-
CDIAS.
DeMAK, ville hollandaise de la Malaisie (île de Java [prov. do Samarang]), près de l'embouchure du Tountang. Ch.-l. d'une division (afdeeling).
DÉMANGHEMENT(c/ie-»!fl;Oa.m. Actionde démancher ; état de ce qui est démanché.
— Fig. Dislocation, division.
— Mus. V. la partie encycl. il On dit aussi DÉMANCHt:.
— Encycl. Mus- On appelle ainsi, pour les instruments à archet : violon, alto, violoncelle, contrebasse, l'acuon de changer la position normale et primitive de la main pour lui faire parcourir le manche dans des positions plus élevées. On démanche aussi sur la guitare ; mais, ici, la difficulté est beaucoup moins grande : d'abord parce que le manche de l'instrument est plus développé, ensuite parce que les positions y sont marquées par des sillets.
DÉMANCHER (du préf. priv. dé, et de manche n. m.) v. a Oter le manche de : Démancher une cognée, un balai.
— Fig. Disloquer, désunir : Démancher un complot.
— V. n. Mus. Porter subitement la main gauche vers le corps du violon, de l'alto, de la basse, du violoncelle, de la guitare, de manière à tirer des sons plus aigus.
Démanché, ée part. pass. du v. Démancher.
— Substantiv. Personne démanchée: C'est tm démanché, un grand démanché.
— Substantiv. au masc. Mus. Démanchement : L'art du démanché.
Se démancher, v. pr. Etre démanché, se séparer de son manche.
— Fig. Se désunir, se disloquer : La yiiachiyie n'est pas encore démanchée, mais elle se démanche chaque jour. (M"»" de Sév.)
— Pop. Se démener, se donner beaucoup de mal.
— Anton. Emmancher.
DÉMANCHER (du préf. priv. dé, et de manche n. f.) v. a. Oter la manche ou les manches de: Démancher une c/iemise.
— V. n. Mar. Sortir d'une manche ou bras de mer : Notre vaisseau a démanché tel jour et est entré dans l'Océan.
DEMANDABLE adj. Qui peut être demandé : Faveur gui
îl'est pas DEMANDABLE.
DEMANDANT {dan), ANTE adj. Qui demande : Compagnie demandante.
DEMANDE n. f. Action de demander : faî're une demande. II Chose demandée : Accorder une demande, ii Ecrit qui contient une demande : Mettre une dem.ande à la poste.
— Démarche par laquelle on demande une fille en mariage à ses parents : C'est généralement un parent du futur qui fait la demande.
— Question : Catéchisme par demandes e^jiar réponses.
— Dr. Action qu'on intente en justice pour obtenir une chose à laquelle on a ou l'on croit avoir droit : La demande s'introduit ordinairement par exploit d'huissier, quelquefois par requête d'avoué à avoué, il Demande en i/itervention. Celle que forme un tiers pour prendre part aux intérêts de la demande, n Demande préparatoire, Celle qui tend à faire prononcer un jugement préparatoire, n Demande principale , Celle qui sort d'élément, de base â un procès, qui introduit l'instance, n Demande accessoire. Celle qui se rattache à la demande principale, ii Demande incidente. Celle qui est formée dans le cours de l'instance. Il Demande nouvelle. Celle qui se produit seulement en appel. Il Demande préjudicielle. Celle qui doit être jugée avant le fond, n Demande reconvcntionnelle. Celle qui est opposée à l'action judiciaire principale. Il Z^enmnr/e subsidiaire, Celle qui se présenteàjuger seulement lorsque la demande principale est ropoussée. n Demande provisoire. Celle qui tend à faire prononcer un jugement provisoire. Il Demande sur le barreau. Celle que la partie ou son avocat fait au tribunal. sans l'avoir préalablement formulée par écrit.
— Econ. polit. Somme des produits ou des services demandés : Loffre et la demande. La dkmande est l'expression des besoins des demandeurs. (J.-B. Say.) V. offre.
— Mar. Filer un câble, une chaîne, un cartahu à la demande, Les laisser échapper lentement, au fur et à me-
sure de leur tension, en se tenant prêt à arrêter leur mouvement d'une manière presque instantanée, ii Mar. et techn. Pièce de bois à la demande, allant à la demande. Pièce de bois travaillée exactement selon la place quelle doit occuper.
— Mus. Dans une fugue ou une symphonie. Sujet ou motif que l'on propose à imiter : La phrase qui correspond à la demande se nomme la réponse.
— Loc. div. : Voilà une belle demande I ou simplem. Belle demande! Cela va sans dire, il n'y a pas de doute, n A la demande générale, Selon le désir, "en vertu des sollicitalions du public.
— Prov. : A folle (A sotte) demande, point de réponse, On n'a rien à répondre à qui fait une demande inconvenante ou ridicule.
— Anton. Acceptation, admission, concession, obtention, réception, recette. — Offre. — Réponse.
DEMANDER (lat. demandare ; de de, et mandare, mander) V. a. Solliciter, faire connaître son désir ou sa volonté d'avoir, d'obtenir : Demander un emploi, une grâce. Demander pardon, ii Réclamer, exiger : Demander ce qui est dû. Il Imposer, attendre, faire une nécessité de : Ne DEMANDEZ pns trop à un enfant. \\ Chercher la réalisation de, le moyen d'arriver à : C'est au travail qu'il faut ii}î,^\y.- DER un remède contre la misère. Il Nécessiter, avoir comme condition nécessaire : La félicité demande deux choses: pouvoir ce qu'on veut, vouloir ce qu'il faut. (Boss.) ii Avoir Desoin de : La terre demande de lu chaleur et de l'eau. )i Ordonner d'amener, de fournir, d'apporter : Demander sa voiture, son déjeuner. \\ Annoncer, faire connaître le besoin qu'on a de : Demander dans les journaux wn bailleur de fonds, un commis, ii Réclamer la présence de : Enfant qui DEMANDE Sa mère. (On dit aussi familièrement : Demander après quelqu'un.)
— Se renseigner sur, interroger pour apprendre, pour connaître : Demander l'heure.
— Loc. div. Demander à ou de, suivi d'un infinitif. Exiger : // ne faut pas demander à l'enfant de parler et v'agir comme un homme, il Prier de, solliciter pour : Demander à quelqu'un de l'accompagner. \\ Ne demander qu'à, suivi d'un infinitif. Ne rien souhaiter autre chose que de : Partout le peuple ne demande qu'à ne pas mourir de faim pour vivre en repos. (B. Const.) — Etre tout prêt, tout disposé à : La terre ne demandk qu'à enrichir ses habitants. (Fléch.)
Il Ne pas demander mieux, Etre tout disposé, consentir volontiers. Il Demander son pain. Demander l'aumône, la charité ou simplement Demander, Implorer autrui pour en obtenirles choses nécessairesà la vie. (On a dit dans le même sens Demander sa vie.) il Demander en mariage ou simplem. Demander, Demander pour femme, il Demander la bourse ou la vie, Demander à quelqu'un son argent, en menaçant de le tuer s'il retuse de le donner, il Demander le voile. Postuler pour être reçue religieuse, il Fam. Ne demander que plaies et bosses. Souhaiter le mal, les querelles, les batailles partout et toujours, par intérêt ou par instinct, n Ne demander qu'amour et simplesse, Ne désirer que d'être laissé en repos et d'y laisser les autres, il Ne pas demander son reste. Se soustraire aussi rapidement que possible, par la fuite ou autrement, aux reproches, aux injures ou aux coups, il Demandez-moi pourquoi. Se dit en parlant d'une chose qu'on ne saurait expliquer, il Je vous demande im peu... Se dit pour appeler l'explication d'une chose qu'on ne saurait comprendre, ou pour faire entendre qu'elle est absurde ou impossible à concevoir.
— Manèg. Demander à un cheval. S'adresser, au moyen des aides, à son intelligence, il Aux courses, Exiger de lui un effort.
— Mar. Demander du câble. Avoir besoin do filer du câble, en parlant d'un navire qui cule.
— Substantiv. n. m. Action de demander, (Vieux.)
Se demander, v. pr. Etre demandé, ii Faire question: Cela ne se demantïe pas. ii Demander à soi, chercher en soi-même : se dem.ander comment on mangera. Il Demander l'un à l'autre, consulter ensemble.
— Gramm. Quand ce verbe doit avoir pour complément direct un infinitif dont l'action doit être faite par une autre personne que celle qui demande, on emploie toujours la préposition de : Je vous demande de m'écouter.
Il Quand c'est la même personne qui fait les deux actions, on emploie jiresque toujours la préposition À : Je demande k présenter une observation. Il demandait à entrer.
— Syn. Demander, interroger, questionner. Demander diffère des deux autres verbes en ce qu'il a toujours pour complément la chose qu'on veut obtenir ou qu'on veut connaître, tandis que ceux-ci ont pour complément la personne à qui s'adresse la demande ou les demandes. Entre interroger et questionner, la difi'érence consiste surtout en ce que le premier suppose une certaine autorité, un droit de faire parler, tandis que questionner suppose plutôt la curiosité, le désir de connaître. En second lieu, quand on questionne quelqu'un, c'est toujours en vue de savoir, d'apprendre quelque chose ; quand on l'interroge, c'est souvent pour juger s'il est instruit ou ignorant, innocent ou coupable.
— Anton. Accepter, admettre, recevoir. — Décommander, contremander. — Répondre.
DEMANDEUR, EUSE n. Personne qui demande, il Personne qui fait métier de demander, qui a toujours quelque demande à faire, n Questionneur, personne qui fait une question.
~ Eu T. de comm-. Acheteur, par opposition à vendeur.
DEMANDEUR, ERESSE (rcss) n. Partie qui formule une demande en justice, par opposition au défendeur, contre qui la demande est faite.
— Par ext. Celui, celle qui revendique un droit réel ou supposé:
— Anton. Défendeur, eresse.
DÉMANDIBULER (du préf. priv. rft=, et de mandibule)v. ù.. S'est dit pour Démantibuler, seul employé aujourd'hui.
Démange (Charles-Gabriel-Edgard), avocat français, né à Versailles (Seine-et-Oise) en 1841. Il se fit inscrire au barreau en 1862. La première cause retentissante dans laquelle il plaida fut celle du prince Pierre Bonaparte, poursuivi pour le meurtre de Victor Noir devant la liante cour de Tours (1870). Depuis lors, il s'est acquis une grande notoriété comme avocat d'assises. Nous citerons ses plaidoyers pour Movaux (1876): Gaudrv. le complice de la veuve Gras (1877); Lebiez, le complice do Barré (187S1; Fenayrou (1882); Pranzini (1887); Ribeaudeau {procès Wilsôn); le capitaine Dreyfus (1894 et 1899); etc.
DÉMANGEAISON (jè-zon) II. f. Titillation, prurit qui occasioiino un besoin do so gratter : Les boutons tlt: la petite vérole occasîo7i7ient des démangeaisons tr'ès vives.
— Fam. Propension marquée, désir violont, onvie insurmontable : La DÉMANGhiAiaoN de parler emporte le fou.
Démangeât (Josoph-Charlos), jurisconsulte français, né à Nantes on \820, mort à Paris en ISDiî. Professeur suppléant ilo di'oit romain à la Faculté de Paris on 1852, il devint professeur titulaire on 1S62. Il fut nommé consoiilor à la cour do cassation on 1870. 11 a publié : Histoire de ta condition civile des étranf/ers en France {1844i; Des obligations solidaires en droit romain (1858); De la Condition au fonds dotal en droit romain (18G0) ; Cours tHthnentaire de droit romam (18G4-1876) ; des éditions annotées du Ti'aité de droit commercial do Bravard-Veyriôres, du Traité du droit international privé de Foolix, des liépétitions écrites sur le code Napoléon do Mourlon (1873-1871).
DÉMANGER {je — du préf. priv. rf(', et de manger. Prend un e après le g devant a et o ; // démangea. Nous dématiyeons) v. n. Faire éprouver une démangeaison : iilessure
qui DÉMANGE.
— Fig. Eprouver un vif désir dont la nature ou le siège est exprimé par lo sujet du verbe : La main me démange de le souffleter. Les pieds me démangent rfeyo. de me mettre en route. (Damas-Hinard.)
— Loc. div. : ta gorge lui démange, Il fait tout ce qu'il peut pour se faire pendre. (Vieux.) ii Le dos lui démange. Il fait si bien qu'il arrivera à se faire battre, ii Gratter quelqu'un oit il lui démange. Flatter ses goûts, faire et dire tout ce qu'on sait devoir lui être agréable.
— V. a. Causer une démangeaison, une envie à : Quand un bon mot démange M. Dupin, il faut qu'il se gratte. (Cormen.)
Se démcinger, v. pr. Avoir dos démangeaisons. (Vieux.)
DÉMANILLAGE [ni-llaf [Il mil.]) n. m. Mar. Action de
séparer des objets unis par des mauillos. Il On dit aussi
DKMAILLAGf.
Demante (Antoine-Marie), juriscousulte et homme politique français, né et mort à Paris (1783-1856). Avocat à Pans en 1813, il devint professeur titulaire à la Faculté de droit en 1821. En 1848, il fut envoyé par le département de l'Eure à l'Assemblée constituante, et, en 1849, à l'Assemblée législative. Il a publié : Cours analytique de Code civil (1848-1855), continué par Colmet de Santerre).
Demante (Auguste-Gabriel), jurisconsulte, né à Paris en 1821, lils du précédent. Après avoir été professeur de droit romain, il fut nommé, en 1864, professeur de droit civil à la Faculté de Paris. On lui doit : Questions et exercices sur les examens de droit (1849); De la loi et de la Jurisprudence en matière de donations déguisées (1855); Etudes sur la réhabilitation des condamnés (1849); Exposition raisonnée des principes de l'enregistrement (1857); Du calcul de la quotité disponible au cas de l'article 845 (1862) ; Définition légale de ta qualité de citoyen (1869).
DÉMANTÈLEMENT (man — rad. démanteler) n. m. Opération par laquelle on met les ouvrages dune place forte hors d'état de servir à la défense.
— Encycl. Le déclassement d'une place forte n'entraîne pas toujours son démantèlement : il ne fait à priori que supprimer les servitudes militaires et l'entretien de la fortification ; et la place peut ultérieurement ôtro reclassée. Mais, si les terrains où s'élèvent les ouvrages fortifiés sont mis en vente par l'Etat, c'est toujours avec l'obligation, pour les acquéreurs, de démanteler ces ouvrages, c'est-àdire de démolir les remparts ; car ceux-ci, laissés debout, deviendraient un danger en cas de guerre, à cause du parti que l'ennemi en pourrait tirer.
DÉMANTELER (du préf. priv. dé, et de mantet, manteau. — Change l'e muet du radical en è ouvert devant une syllabe muette : Je démantèle) v. a. Abattre les murailles, les fortifications de : DÉyïAyTEL^.Runp forteresse, une place.
— Fiç. Ruiner, abolir : Démanteler une monarchie.
Se démanteler, v. pr. Etre, devenir démantelé, i; Détruire ses propres fortifications.
DÉMANTIBULER (du préf. priv. dé, et du lat. mandibula, mâchoire) v. a. Rompre ou démettre, on parlant do la mâchoire : Démantibuler la mâchoire à quetijuun.
— Par ext. Démonier maladroitement, rendre impropre à fonctionner ou à servir : Démantibuler un meuble, une montre.
Se démantibuler y. pr. Etre, devenir démantibulé, n Démantibuler à soi : Bâiller à se démantiuulicr la mâchoire.
DEMANTOÏDE n. f. Substance minérale appartenant au genre grenat. Variété vert éclatant do mélanito.
DÉMAQUER(A:f/~ du préf. priv. dé, et do ma«;«p [maille, dans (.'oriaines contrées]] v. a. Dégager, retirer le poisson retenu dans los mailles d'un filet : Dema(jukr du poisson.
DÉMAQUILLER (/.-il-lé [Il mil.] — du préf. priv. dé, et de maquiller) v. a. Enlever lo maquillage do.
— Arg. Défaire; déranger, en parlant d'un engagement pris, d'un i)rojet combiné.
Se démaquiller, v. p. Enlever son maquillage.
Demarata, fille d'Hiéron II, roi do Syracuse, morto l'an '^14 avuEit notre ère. Elle engagea son époux Andronodoro a s'emparer du trône après la mort d'IIiéronyrae. IjOS Syracusains, redevenus libres, firent mottro à mort Demarata et toute la famille royale.
DÉMARATE, Corinthien de la famille des Bacchiados (milieu du vu" s. av. J.-C). Il quitta Curinthc, emportant avec lui d'inimcnsos richesses, so rendit en Etrurio, et s'établit dans la ville do Tarquinies, dont bientôt il devint roi. Démarato avait amené avec lui, au rapport do Strabon, des artistes et des savants, qui introduisirent les sciences et los arts dans sa patrie adoptive. Il épousa une Etrusque, et en eut doux lils, dont l'un fut Tarquin l'Ancien, roi de Rome.
DÉMARATE, roi do Sparte l'commcncoment du v s. av. J.-C). Il se montra hostile à la politique do son collègue Cléoméne, qui so vengea do lui on attaquant la légitimité do sa naissance, et on lo faisant déposer. Démarato so relira en Perso, devint consoiilor do Darius, puis do Xorxôs, et s'efforça de dissuader ce dernier d'entreprendre contre les Grecs une guerre dont il prévoyait les résultats. XerxéH ayant persisté dans sa résolution, Démarate en donna, dit-on, avis aux Grecs. Il accompagna Xer,\ès dans la deuxième guerre médique. Il roçut un fief en Eolie.
OÉMARCAOE il. m. V. DlvMARCjrAGE.