‹ Nouveau Larousse illustréChapitre 618 sur 870 · DIER · texte numérisé non relu

DIER

DEMI-SOLDIER {di-é) n. m. Celui qui touche une demisolde.

DEMI-SONNERIE (so-ne-rî) n. f. Montre ou pendule à répétition, qui ne sonne que les quarts.

DEMI-SOUPIR n. m. Dans l'écriture musicale, Signe de silence, dont la durée est la moitié de celle du soupir et, par conséquent, est égale à la valeur d'une croche.

— Encycl. Sa figure, exactement semblable à celle du soupir, mais dans un autre sens, forme un petit crochet dont l'extrémité supérieure est tournée à gauche, tandis que, pour le soupir, elle est tournée à droite. (V. les fig.) Comme tous les signes de durée, soit notes, soit silences, lo demi-soupir peut être suivi d'un point, qui augmente alors sa valeur de moitié.

DEMI-SOUVERAIN irin) n.m. Monnaie d'or d'Angleterre valant environ 12 fr. 50 c.

DÉMISSION {mi'Si-on — du lat. dimissio, renvoi) n. f. Action de se démettre d'une fonction, d'une charge, d'un emploi; acte par lequel on signifie sa volonté de se démettre : Donner, Envoyer sa démission, h Autref. Destitution d'une personne en place : Les intérêts de M. de Pomponne ne sont pas encore réglés; il a sa démission et n'a pas encore d'argent. (M"" do Sév.)

— Anc. dr. Démission de biens. Genre de disposition à titre gratuit, par laquelle une personne, en prévision de sa mort, se dépouillait immédiatement de l'universalité de ses biens pour en saisir par anticipation ses héritiers présomptifs.

— Dr. can. Renonciation entre les mains du collateur à un bénéfice ou à un office.

— Syn. Démisi^on, abdication. V. abdication.

— Encycl. Polit, et admin. La démission du président do la République est donnée par voie de message adressé aux Chambres. Celle des ministres est reçue par le prési-

dent de la République ; celle des sénateurs ou députés est remise au Sénat ou à la Chambre ; celle des conseillers généraux, au président du conseil général ; celle des conseillers d'arrondissement ou municipaux et celle des maires et adjoints, aux préfets. Lorsque, sans cause légitime, un conseiller général a manqué à une session, ou lorsqu'un conseiller municipal a manqué à trois convocations successives, ils peuvent être déclarés démissionnaires par le préfet. — Les fonctionnaires peuvent se démettre suivant leurs convenances ; mais 1 article 126 du Code pénal punit de la dégradation civique la démission collective en vue d'entraver l'exécution des lois.

— Admin. milit. La démission d'un officier doit être acceptée par le chef de l'Etat, et la loi n'oblige pas le ministre de la guerre à la soumettre à son acceptation. En principe, les offres de démission sont toujours refusées en temps de guerre. — L'officier démissionnaire qui se trouverait encore lié au service actif devrait continuer à servir comme simple soldat. — Un officier de réser\'e ou de territoriale ne peut ofirir sa démission au moment d'une convocation, ou après avoir obtenu un sursis. Si la démission a été acceptée, il est replacé comme simple soldat. — Les militaires cojnmissionnés peuvent démissionner comme les officiers.

— Dr. anc. La démission de biens, usitée dans les pays de droit coutumier, participait de la donation entre vifs, en ce qu'elle entraînait le dépouillement actuel de la propriété des biens, et de la donation à cause de mort, en ce qu'elle était révocable et subordonnée à la condition de survie des démissionnaires au démettant.

DÉMISSIONNAIRE {mi-si-o-iièr') adj. Qui donne, qui a donné sa démission ; qui se démet, qui s'est démis d'un emploi, d'une fonction : Officier, Député démissionnaire. (Substantiv. : Un démissionnaire.) !I En faveur de qui on faisait la démission de ses biens : L'héritier démissionnaire.

DÉMISSIONNER {mi-si-o-né) v. n. Donner sa démission.

DÉMISSOIRE adj. Dr. can. Syn. de dimissoibe.

DEMI-TASSE n. f. Tasse pour le café noir, plus petite que celle dont on se sert pour le café au lait, il Contenu de cette tasse : Boire une demi-tasse.

DEMI-TEINTE [tint') n. f. Peint, et grav. Partie qui n'est ni dans l'ombre ni dans la lumière ; oralire claire : Les demiteintes harmonisent le passage de l'ombre à la lumière.

— Fig. Eclat qui n'a rien de très brillant : Esprit tout en demi-teinte. (Balz.)

DEMI-TENDINEUX {tan, net'i) n. m. et adj. Se dit d'un muscle situé à la partie postérieure de la cuisse et constituant le bord interne du creux poplité^

— Encycl. Arrondi et charnu supérieurement, le demitendineux est formé dans son tiers inférieur par un tendon long et grêle. Son insertion supérieure sur l'ischion se confond avec celle du biceps crural. En bas, son tendon mince et grêle se joint à ceux du couturier et du droit interne pour former, à la partie supérieure de la face interne du tibia, l'insertion de la patte d'oie. Comme les autres muscles ischio-jambiers, il fléchit la jambe et étend la cuisse.

DEMI-TERME {tèrm') n. m. Moitié d'un terme de location : Ne passer qu'un demi -terme dans »n logement. Il Somme due pour la moitié d'un terme : Payer un demiterme d'avance. Il E^poque également éloignée du commencement et do la fin du terme : Déménager au demi-terme.

— Méd. Moitié du temps ordinaire de la grossesse : Accoucher à demi-terme.

— Modes. Ajustement qu'ont porté les femmes, lorsqu'elles étaient arrivées à la moitié de la durée de leur grossesse.

DEMI-TIGE {tij') n. f. Arbre fruitier dont on a arrêté la croissance à une hauteur tenant l'intermédiaire entre la basse tige et la haute tige, il On dit aussi demi-vent.

DEMI-TOMAN n. m. Ancienne monnaie persane d'or, sous-multiple du toman, et qui a valu selon les époques de 6 à 7 francs.

DEMI-TON n. m. Mus. Valeur de la moitié d'un ton : îl y a un demi-ton du mi au fa naturel. La qaj7ime majeure se compose de cinq tons et de deux demi-tons.

— Encycl. Les demi-tons sont ou diatoniques ou chromatiques. Le demi-ton diatonique se trouve entre deux notes de nom différent; le demi-ton chromatique se trouve entre deux notes de même nom, quand l'une de ces notes est altérée par une diéze ou par un bémol. V. TON, gamme.

DEMI-TOUR n. m. Mar. Croix dans les chaînes.

— Techn. Pêne en biseau maintenu en place par un ressort et que la clef chasse en ne faisant qu'un demi-tour.

— Milit. Mouvement de manœuvre, que 1 on fait exécuter à un fantassin, un cavalier, ou à une voiture (jnèce d'artillerie), ou à une troupe plus ou moins considérable, pour les placer face en arrière.

DEMI-TRANSLUCIDE (transs. sid') adj. Qui est quelque peu translucide, qui se laisse traverser faiblement par la lumière.

DEMI-TRANSPARENCE (spa-ranss) n. f. Transparence incomiilète.

DEMI-TRANSPARENT {spa-ran), ENTE adj. Qui a une demi-transpareuce : Pierre demi-transparente.

DEMI-TRENTE {trant') n. m. II Donner demi-trente. Au jeu de paume, Donner 30 dans un jeu et 15 dans l'autre, en alternant.

DÉMITRER (du préf. priv. dé, et de mitre) v. a. Oter la mitre, la dignité dévêque ou d'abbé.

DEMI-TRIQUET {kè) n. m. Petit battoir dont se servent quelquefois les lavandières.

DÉMIURGE (du gr. dêmiourgos, proprem. «i ouvrier » ; de démos, peuple, et ergon. ouvrage) n. m. Philos. Nom que les platoniciens donnent au dieu créateur.

— Encycl. C'est dans la philosophie platonicienne qu'on voit apparaître pour la première fois le mot démiurge, qui signifie ouvrier, artisan, architecte. Il y désigne Dieu,

Demi-tons chromatiques.

en tant (ju'ordoanatour suprême du monde. Mais il faut romarquor que lo Tiinée, oui raconte l'œuvre du démiurge, est une exposition symiioliquo do la métaphysiquo platonicienne ; lo Dieu qui, dans co dialogue, sépare la lumiùro des téuùbros, est Dion le mômo qui, dans le Parmthiid,-, est le soleil des iutelligoncos. Lo mot do « domiur}^e <> reparaît dans lo nôo-platonismo ; mais il y désigne un prmcipo qui est distinct de l'Un et du Nous (Intolligonee), et qui, sous lo nom d'âme laiiverselle, organise lo monde des créatures sensibles. Le démiurge joue également un rôle important dans les systèmes gnostiquos. Selon Valontin, il est la dernière émanation de l'Etre primordial, Bythos (ou VAbime) ; il n'est, par sa nature, ni esprit ni matière, mais il tient de l'un et de l'autre, et c'est par là qu'il était propre à la création du monde inférieur. Tous les gnostiques regardent la Divinité de l'Ancien Testament comme le démiurge et envisagent le judaïsme comme sa révélation ; mais les uns considèrent le démiurge comme UD être bon, et les autres comme un être malfaisant ; do là.

Çarmi eux, doux attitudes contraires à l'égard de l'ÀDcien estamont.

DÉMIURGIQUE [jik') adj. Qui tient, qui a rapport au démiurge : yaturv. nÉMiURGiQUE.

DEMI-VARANGUE {rangh') n. f. Mar. Pièce de construction moins longue que la varanguo et la doublant du côté de la quille.

DEMI-VARLOPE n. f. Rabot à deux poignées, mais plus petit que la varlope proprement dite.

DEMI-VENT (van) n. m. Vent qui frappe de côté. (Vieux.)

— Hortio. yyn. de demi-tige.

DEMI-VERTU n. f. Pop. Femme qui, sans être mariée, vit en ménage, et prend lo nom de l'homme avec lequel elle cohabite. (Peu usité.)

DEMI-VIERGE D. f. Jeune personne qui est encore lille au sens rigoureusement physiologique du mot, mais qui, à tous les autres points de vue, a été déflorée par des fréquentations malsaines et des flirts audacieux. (Le mot a été lancé par Marcel Prévost.) V. ci-après.

Demi-vierges (les), par Marcel Prévost (1894). C'est à peine un roman ; plutôt un travail d'art psychologique exquisement fouillé. — Maud de Rouvre est à la fois vicieuse, ambitieuse et fière. Vicieuse, elle a gardé de la jeune fille juste ce que Dumas dis appelait le capital; tout le reste elle l'a prodigué sans compter à Julien de Suberceaux, qui est tollemeut épris d'elle. Ambitieuse, elle veut s'évader du monde où elle vit, et aussi de la misère prochaine, par un mariage d'argent, et elle conquiert dans ce but le cœur de Maxime de Chantel, riche et rigide gentilliomme campagnard. Fière, lorsque Julien, ne pouvant se résoudre à n avoir été qu'un « allumeur », aura fait crouler cette union sur le point de s'accomplir, elle dédaigne de ressaisir Maxime, elle ne veut point de pardon, et au mensonge elle préfère tout, même la vente de son beau corps au banquier Aaron... Julien se tue... A côté de ces personnages principaux, beaucoup d'autres évoluent, très intéressants, notamment tout un lot de demivierges. Nous no pouvons citer que Jacqueline, la jeune sœur do Maud, plus rouée qu'elle, et qui trouve moyen de se faire épouser par Luc Lestrange, déflorateur professionnel: dans un autre genre, Etiennette Duroy, une jolie enfant, artiste, pauvre, et qui veut rester honnête ; enfin, Jeanne, la sœur de Maxime, <- petite oie blanche " avec laquelle se mariera Hector Le Tessier, philosophe mondain.

Presque tous les chapitres traitent un sujet scabreux ; mais si fine est la plume do l'auteur qu'il effleure tout sans blesser personne. Sa phrase, souvent, par une magie d'imprécision voulue, demeure impénétrable à quiconque n'est pas initié.

Marcel Prévost a tiré de son œuvre une comédie en trois actes, qui fut représentée au Gymnase en 1895.

DEMI-VIN n. m. Boisson fabriquée avec lo marc de raisin, qui a fermenté et passé au pressoir. V. l'IQCETTK.

DEMI-VOL n. m. Blas. Pièce héraldique , représentant l'ailo gauche d'un oiseau. (Le demi-vol est exactement une aile étendue seule, posée on pal, le dossier à dextre, la pointe vers lo chef de l'écu. Le vol entier se compose do deux ailes.)

— Chass. Lo demi-vol est lo vol d'une

fierdrix ou de tout autre oiseau qui , étant evé, va s'abattre à uno distance moindre quo ne lo comporte son habitude.

DEMI-VOLTE n. f. Manèg. Changemont de main qui s opère on faisant faire, sur place, tête à (jueuo à son t^hoval.

Demmin, ville d'Allemagne (Prusse [ prov. do Poméranie I, sur la Poono; ll.DOO hab. Industrie métallurgique, construction do machines. Centre commercial important.

Démo. Mytb. gr. Uno des filles do Céléos, roi d'Eleusis, nui salmn-crit Dr-inêter assise près du puits Parthénios, à 1 omliroil'iiii olivier. — Un des noms de la sibylle de Cumos.

DÉMOBILISATION {za-si — rad. démobiliser) n. f. Acte par loquul ou fait rentrer dans leurs garnisons respectives, ot à poste iixo, ou dans leurs féycrs, les troupes qu'on a mobilisées.

DÉMOBILISER (du prôf. priv. dé, et do mobiliser) v. a. Procéder à la démolulisation do: DÉMOBiusERim corps d'armée.

DÉMOCÉDE ou DÉMODOCOS, médecin grec du vi* siècle av. J.-C. Il quitia Croione, sa ville natale, pour aller à Athènes, puis à Samos, où l'avait attiré Polycrato; il fut fait prisonnier avec celui-ci par Darius, roi dos Perses, opéra à la cour un grand nombre de guérisons, co qui lui valut, non la liberté, mais la mission do conduire on Grèce une troupo d'espions destinés à préparer l'invasion porsano. A Taronto, il s'enfuit, gagna Crotono, où il épousa la (illo du célèbre athlète Milon. Il mourut à Crotono.

DÉMOCHARÈS. orateur et liistorien d'Athènes, né vers le milieu du iv siècle av. J.-C, mort après 280. Neveu do Démosthèno, il fut l'un des chefs du parti démocratique et patriotique. II remplit d'importantes fonctions llnancièros, fut chargé do diverses ambassades auprès dos rois de Macédoine ot d'Egypte, ot joua surtout un rôle important au temps de Démôtrios Poliorcète. A doux reprises,

DÉMIURGIQUE — DÉMOCRITE

D'argent au demi-vol d'aEur.

Démocharès fut exilé pour avoir reproché aux Athéniens leurs flatteries envers Poliorcète. En 28o, il flt voter une statue à Di'imostliène. Après ootto date, ou perd sa trace. Il avait écrit une grande Histoire do son temps, dont nous avons (luolquos fragments, et rédigé plusieurs discours.

DÉMOCHARÈS (Antoine de MonciiY, dit). V. Mouchy.

Démoclès de Phigalie, historien grec de la période dos logographes (vi» s. -débuts du v' s. av. J.-C). Il avait compose une Histoire de l'Ionic^ dont il nous reste un seul fragment.

DÉMOCOON. Myth. gr. Fils naturel de Priam. D'Abydos, où il gardait les haras de son père, il vint au secours de Troie, ot fut tué par Ulysse.

DÉMOCRATE, philosophe grec pythagoricien, qui paraît avoir vécu vers la an du i**^ siècle avant notre ère, sous lo règne d'Auguste. Les fragments qu'on a de lui se réduisent à des maximes morales.

DÉMOCRATE (du gr. démos, peuple, ot kratos, autorité) n. ra. Partisan de la démocratie, des idées démocratiques : Aujourd'hui, presque tous les rois de l'Europe se disetit démocrates. (L.-J. Larcher.)

— Aux Etats-Unis d'Amérique, Partisan de la décentralisation du pouvoir et do l'autonomie des Etats.

— Adjectiv. : Ecrivain démocratk.

— Anton. Aristocrate, monarchiste, royaliste ou légitimiste. — Républicain (aux Etals-Unis).

— EncYCL. V. DEMOCRATIE.

DÉMOCRATIE (si — rad. démocrate) n. f. Gouvernement du peuple par lui-même ; puissance souveraine du peuple : Démocratie, en bon langage, a toujours signifié le peuple se gouvernant lui-même. (Vacherot.) ii Parti démocratique : Puisque la France n'a pas d'aristocratie puissante, qu'elle ait donc au moins une démocratie instruite. (E. de Gir.) Il Prédominance du pouvoir populaire dans un gouvernement quelconque, même monarchique.

— Anton. Aristocratie, royalisme, théocratie.

— Encycl. La démocratie, au sens strict du mot, consiste dans l'exercice, soit direct, soit indirect, du pouvoir par le peuple. Cette organisation politique implique un état social caractérisé par ce fait que tous sont égaux devant la loi, que tous possèdent les mêmes droits. Les droits particuliers conférés à quelques citoyens peuvent l'être à tous, et ils le sont du consentement explicite ou implicite des membres do la société, à raison d'obligations particulières, de devoirs spéciaux. Les fonctions sont accessibles à tous-, et la loi, sinon les mœurs, les passions et les préjugés, n'édicte aucune incapacité radicale originelle, ne constitue aucune classe distincte de « gouvernants » et de « gouvernés 11 . Le régime démocratique entraîne le développement nécessaire d'un certain nombre d'institutions. Toute démocratie tend à lutter contre toute servitude. Les citoyens doivent être de plus en plus appelés à la vie intellectuelle et morale et de plus en plus mis en état d'exercer, d'une façon efficace et raisonnée, la part de pouvoir qui leur est attribuée. De là résulte, pour un Etat démocratique, l'obligation d'instituer ; i* des œuvres d'instruction et d'éducation; 2'* des œuvres de philanthropie et de solidarité, destinées à réduire le nombre des obstacles que la nature oppose à l'égalité. De là résultent également la forme républicaine et Te suffrage universel; de là, enfin, l'obligation, pour l'Etat et pour les citoyens, do créer et de fortifier l'esprit démocratique, plus essentiel à une démocratie que sa constitution elle-même. Sans lui, on n'a fait que substituer à la tyrannie d'un individu ou d'une minorité la tyrannie, qui n'est pas beaucoup plus légitime, d'une majorité changeante. Or le but d'une démocratie doit être de remplacer une autorité imposée par la force d'un seul ou par les passions du plus grand nombre par une autorité acceptée, voulue, exercée par l'accord unanime des citoyens.

Démocratie eu France (la), ouvrage politique publié par Guizot en 1819. — Guizot aime à la fois et redoute la démocratie. Il veut assurer la paix sociale, et, pour cela, il faut que les différents éléments constitutifs de la société s'organisent en tenant le plus grand compte du H flot montant de la démocratie», que l'on doit o accueillir ot contenir », qu'il serait impossible d'arrêter. Ces éléments sont, 1" dans l'ordre civil : la famille, la propriété, le travail, qui s'appuient suri unité des lois et l'égalité des droits ; 2" dans l'ordre poliiiiiuo : les partis qui représentent dos sympathies et, plus encore, des gronpo-s d'intérêts, des traditions historiques. Ces divers partis peuvent s'affaiblir et se combattre, non se détruire, chacun exprimant, à sa façon, dos intérêts essentiels, des habitudes indestructibles. Le salut doit venir do leur union, et cette union doit êtro garantie par les institutions politiques. La décentralisation permettra aux forces conservatrices d'agir sur tous les points, do façon nue la démocratie s'élève sans rien renverser, et que les éléments permanents et les éléments mobiles exercent leur action dans l'Etat par des pouvoirs analogues à eux. Pour assurer co développement harmonieux, garantie de la paix sociale, il faut des conditions morales ot que la liberté humaine soit animée de l'esprit de famille, de l'esprit politique, de l'esprit religieux. La démocratie, ainsi organisée ot contenue, arméo du suffrage universel, gratidéo des libertés communales, religieuses et de la liberté d'enseignement, pourra, d'une façon légitime, travailler à soustraire do plus en plus l'homme à l'esclavage de la misèro.

Démocratie en Amérique (De la), par Alexis do Tocquovillo (1835-1810). — L'ouvrage comprend uno partie descriptive, une partie critique et philosophique. L'égalité civile et politique est inscrite à la base do la constitution américaine; do là. l'intorvontion du peuple dans la ffostion dos affaires publiques, lo vote libre do l'impôt, 0 jugement par lo jury, etc., qui n'ont été admis quo plus tard dans les constitutions européennes. A côté de co développement de la liberté dans 1 ordre civil et politique, la religion reste prépondéranta dans l'ordre moral. L'Union américaine est composée d'Etats divisés en commuoes et on comtés. Il n'y a pas de centralisation administrative; l'action gouvornomentale n'est pas pour cela moins puissante : elle l'est mémo d'une façon inquiétante pour l avenir. Tooqueville démonte lo mécanisme do la constitution, fait voir comment sont simultanément sauvegardées l'unité politique (l'Union), l'unité judiciaire (Cour suprême) et l'indépondanco dos États (Sénat). Le peuple s'admiaistre, fait ot applique la loi i il on rcsulto dos chau-

Democrinug.

gements trop fréquents dans l'ordre administratif et législatif, une certaine tyrannie de la majorité et dos dépenses publif^ues considérables. Tocquoville montre l'influence exercée par l'organisation d6mocrati(iue sur le développement intellectuel ot moral, civil et politique de la société américaine; il signale les vices et les vertus du régime démocratique. Dôvoloppemont de l'individualisme, amour du biou-ôtre, respect profond do la religion, culte du travail, prépondérance uo l'industrie et du commerce sur l'agriculture, conception de la famille très différente de la conception européenne, telles sont, d'après Tocquevillo, les caractéristiques de la société américaine.

DÉMOCRATIQUE {tik') adj. Qui appartient, qui a rapport à la démocratie : Le parti démocratique.

— Anton. Aristocratique, monarchique, théocratique.

DÉMOCRATIQUEMENT [ti-ke) adv. D'une façon démocratique.

DÉMOCRATISATION (sa-si) n. f. Action de démocratiser ; Démocratisation du crédit.

DÉMOCEtATlSER V. a. Conformer, organiser d'après les principes démocratiques : Démocratisez la propriété, non en l'abolissant, mais en l'universalisant. {\ . Hugo.) ii Rendre populaire, mettre à la portée du peuple : Démocratiser la science.

— V. n. Se donner aux idées démocratiques, travailler à les propager : Démocratiser avec ardeur.

Se démocraf/ser, v. pr. Etre démocratisé, n Tendre aux idées démocratiques, il Devenir populaire, être mis à la portée du peuple.

DÉMOCRATISME [tissm') n. m. Penchant aux idées démocratiques. (Peu usité.)

DEMOCRINUS {dé, nuss) n. m. Genre d'échinodermcs crinoïdes , comprenant de petites formes qui vivent dans les grands fonds de l'océan Atlantique et forment des colonies semblables à celles des méduses hydroldes.

— Enctcl. L'espèce type du genre {democrinus Parfaiti), mesurant 20 millimètres de haut, fut découverte vers 1882 par l'expédition du Travailleur p au large du cap Blanc, par 1,900 mètres' de profondeur. Elle compte parmi les rares espèces de crinoïdes encore actuellement vivantes.

DÉMOCRITE, un des plus grands noms de la philosophie grecque avant Socrate. Ce philosophe était né à Abdère, en Thrace, entre 520 et 460 av. J.-C. Il mourut la même année qu'Hîppocrate. U avait beaucoup voyagé. On cite comme visitées tour à tour par lui l'Egypte, la Perse, la Chaldée, l'Inde, l'Ethiopie, à plus forte raison l'Asie Mineure et la Grande-Grèce. Parmi les maîtres grecs qui auraient contribué principalement à son développement, il faut choisir entre Leucippe (d' Abdère), dont nous ne savons presque rien, et Anaxagore, qu'il aurait entendu à Athènes, et dont les Uomœoméries lui auraient donné la première idée des atotiies. Nous n'avons, pour sa biographie, d'autres renseignements que les légendes de Diogène Laérce, de Diodore et de Stobée. Il fut très lié avec Hippocrate de Cos. On prétend qu il vécut à Athènes sans voir Socrate. Platon ne le nomme pas, quoiqu'il nomme Leucippe. Depuis son retour dans sa patrie, la vie de Démocrite est tout entière dans ses idées. Il vécut dans la retraite, paisible et content , respecté de tous, semble-t-il, même de l'impitoyable Timon. Une tradition raconte que, pour mieux se concentrer eu lui-même et dans la méditation métaphysique, il se serait crevé les yeux." C'est peut-être uno façon do dire qu'il formait les yeux Dt^mocnte.

à toutes les distractions du dehors

et concentrait toute son activité dans la pensée. Uno légende lo représente comme riant de tout, par opposition à Heraclite qui pleurait do tout. Il no faut voir, dans cette légende, que la traduction populaire et symbolique do doux philosophies : l'une, colle d'Heraclite, qui no voit dans les choses quo le côté tragique, qui déplore la fuite du temps, les vicissitudes et les incertitudes des choses créées; l'autre, colle do Démocrite, qui, par un optimisme raisonné, chercho à recueillir dans lo monde tout co qu'il a do bou, sans trop se plaindre qu'il no soit pas parfait.

Los écrits do Démocrite, très célèbres dans ranti(|uité, no sont pas parvenus jusqu'à nous. Voici les titres de quelques-uns, d'après Diogeno Laérce : De la tranqujllité d'dmc. De la nature de l'homme, Des enfers. De ta triple génération , Des causes célestes de l'harmonie. Des num~ Ores, etc., sans compter lo Petit et lo Grand Diakosmos.

Démocrite (systèmi-: dk). Les éléates, ne reconnaissant d'être que l'Etro absolu, immuable, éternel, niaient la divisibilité, la diversité, la mobilité des choses et, par suite, lo mouvement ot lo vide, conditions du devenir universel. Démocrite s'attache ù les rétablir ot, par là même, à réhabiliter l'ôtre phénoménal. Do h\ les doux grandes thèses : 1* la matière n'a qu'une divisibilité limitée; S* lo vide existe aussi bien que lo plein. La divisibilité do la matière n'ost pas inflnio, il y a «es particules élémentaires et indivisibles au delà desquelles il est impossible de remonter : c'est co qu'on appelle dos atomes (insécables, indivisibles). V. ATOMK.

A ces deux principes la métaphysique do Démocrite on ajoute, comme corollaires, deux autres : l" liien ne se fait de rien, l'être ne peut donc provenir du nou-ètre, et l'ictî versa. (Donc, aussi, tous les corps porticuliors pouvem naître ot mourir, mais non la matière ollo-môme); 2' Le semblable attire et perçoit le semblabt*!. C'est la loi cosmique, qui explique tontes los attractions et toutes les répulsions des atomes, lesquels, identiques par nature, produisent, par leurs combinaisons, selon lo mode ot l'intensité du mouvement qui los entraîne, los corps los plus divers. Quant A leurs qualités inhérentes, elles sont au nombre du trois : l'étendue, ta solidité, la ligure. Démocrito

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