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DÉMODER

Se démodepf v. pr. Etre démodé, passer de mode.

DEMODEX {dé, dékss) n. m. Genre d'acariens, type de la famille des démodécidés ou dermatophilidés, comprenant des formes microscopiques qui vivent dans les matières

frasses des follicules seacés des mammifères, où ils peuvent produire, par leur pullulement, des maladies cutanées.

— Encycl. Le demodex

Démodes (gr. 40 fois).

folliculorum est souvent très commun dans les follicules des narines chez l'homme, et y produit l'acné sébacée. Des espèces voisines ou des variétés envahissent les follicules pileux des chiens, des chats, de diverses chauvessouris.

DÉMODICÉ, femme de Créthéus, roi d'iolcos. Ayant conçu une passion violente pour Phryxus, fils d'Athamas, roi d'Orchomène, et do Néphélé, et se voyant repoussée avec dédain, elle accusa Phryxus auprès du roi d'avoir voulu attenter à son honneur. Créthéus la crut et voulut faire périr Phryxus; mais ce jeune prince se sauva en Colchide avec sa sœur Hellé. Cette fable est une variante du mythe de Phryxus. V. Ath.\mas, Phryxus.

DÉMODOCOS. aède des temps héroïques, qui vivait à la cour dAIcinoos, roi dos Phéaciens. A un banquet donné parle roi, Ulysse lui entendit chanter sa propre querelle avec Achille et l'histoire du cheval de Troie. On attribuait à Démodocos un poème sur la prise de Troie et un épithalamesur les noces d'Aphrodite etd'Hephœsios. — Chanteur qu Agamemnon avait laissé près de Clytemnestre pour la surveiller. — Compagnon d'Enée. Il fut tué par Ualesos.

Demogeot (Jacciues-Claude), littérateur, né et mort à Paris (1808-1894). Il s'adonna à l'enseignement et professa la rhétorique au lycée Saint-Louis, puis fut suppléant de Nisard à la Sorbonne. Outre des articles de revues, des traductions, des rapports sur renseignement à l'étranger, on lui doit des ouvrages estimés, dont les principaux sont : leR Lettres et l'homme de lettres au XIX" siècle (1856); histoire de la littérature française depuis 8on origine Jusqu'à nos jours {\8hl), devenue classique et souvent rééditée; ta Critique et les critiques en France au XIX' siècle (1857); Tableau de la littérature française ou xvn* siècle (1859); Histoire des littératures étrangères, considérées dans leurs rapports avec le développement de la littérature française l ISSO) \ Etude sur Danieet Silvio Pellico; Francesca de liimmi (1882); etc.

DÉMOGÉRONTE (je — du gr. démos, peaple, et gerôn, ontos, vieillardj n, m. Antiq. gr. Ancien du peuple; chef, sénateur.

Dbmoges (AlphoDse-Louis-Théodore), vice-amiral français, né en Normandie (1789-1850). En 1809, il défondit contre les Anglais l'entrée do lEscaut. En ï830, il prit part k l'expédition contre lo dey d'Alger. Sous Louis-Philippe, il administra la Martinique. Il se préoccupa, au point de vue de ses conséquences dans les guerres navales, de la découverte de la vapsur et du prochain déclin dft la marine à voiles.

DÉMOOOROON (du gr. daimàn, géni» ; gê, terre, et er^on, ouvrage;. Mytb. gr. Divinité ou génie de la terre, qui était

adoré surtout on Arcadie. On le représentait sous la forme d'un vieillard sordide et couvert de mousse. On lui attribuait un grand rôle dans la création du monde. Il habitait au centre de !a terre, où il avait pour compagnons l'Eternité et le Chaos. Sétant élevé en l'air, il fit le tour de la terre et forma le ciel. Il jeta dans ce ciel un peu de boue enflammée, qui forma le soleil. Le soleil et la terre se marièrent, et de cette union naquirent le Tartare et la Nuit. La Discorde, Pan, l'Erèbe, etc., naquirent aussi de Démogorgon.

DÉMOGRAPHE (du gr. démos, peuple, et graphein, décrire) n. et adj. Se dit d'une personne qui s'occupe de démographie ; Un DÉMOGRAPHE. Un médecin démographe.

DÉMOGRAPHIE [fî — rad. démographe) n. f. Etude statistique dos collectivités humaines.

— Encycl. Le D"" Adolphe Bertillon a fait de la démographie une science spéciale en synthétisant les observations des statisticiens. Ce fut en 1878, lors de l'E-Yposition universelle, que la démographie prit rang parmi les sciences anthropologiques. Auparavant, Quételet s'était bien occupé de statistique des collectivités ; mais, en faisant de la physique sociale, comme il disait, il n'avait en vue que de démontrer l'unité de l'espèce humaine.

Lorsqu'on étudie une population quelconque, on peut l'envisager dans sa composition actuelle, rechercher lo nombre absolu des vivants, les divers groupes dont elle est formée au point de vue des races, des professions, de l'état civil (célibataires, divorcés, veufs, mariés) et l'importance de chacun d'eux; on peut avoir pour but de reconnaître la proportion des sexes et des âges, le nombre des citadins et des villageois, la densité de la population, le degré d'instruction, de bien-être, de moralité, etc. On fait alors de la démographie statistique. Si, au contraire, on étudie les collectivités au point de vue de leurs mouvements intestins, journaliers ou périodiques, on aborde la démographie dynamique. Ces mouvements sont déterminés par les naissances, les mariages, les divorces, les décès, les émigrations, les immigrations, etc. ; ils varient suivant le sexe, l'âge, la profession, l'habitat.

DÉMOGRAPHIER v. a. Faire la démographie de.

DÉMOGRAPHIQUE (/SA'J adj. Qui appartient à la démographie.

DEMOISELLE [mo-a-zèV — du lat. dominicella, dimin. de domina, dame, maîtresse) n. f. A signifié d'abord Fille et même femme née de parents nobles ; Mettre des bourgeoises là où le roi ne veut que des demoisellks, c'est tromper les intentions du roi. {M"'" de Maint.) ii Signifia plus tard Bourgeoise mariée : Avant la Révolution, les femmes de la bourgeoisie prenaient le titre de mademoiselle au lieu de celui de madame, qui était réservé aux femmes riobles. Il Auj. Personne du sexe féminin, qui n'a point encore été mariée : Rechercher une demoiselle en mariage. — Adjectiv. : Personne qui est demoiselle.

— Ironiq. Femme de mœurs légères : Dépenser ses revenus avec des demoiselles, ii Ces demoiselles, Les « filles " , en général.

— Demoiselle d'honneur, Jeune fille attachée à la cour d'une reine, d'une princesse, il Jeune fille qui accompagne la mariée à l'église et à la mairie, n Demoiselle de compagnie. Jeune fille payée pour tenir compagnie à une personne, il Demoiselle de comptoir, de magasin, ou simplement Demoiselle, Personne employée dans un magasin à la vente ou â la recette.

— Pop. Bouteille, n Casser le cou à la demoiselle, Déboucher une bouteille, il Demoiselle du Pont-Neuf, Femme qui accorde très facilement ses faveurs. (Ne se dit plus.)

— Econ. dom. Bouteille de grès, de cuivre étamé ou de for-blanc qu'on remplit d'eau bouillante et qu'on met dans les lits pour les chauffer. Syn. boule.

— Econ. rur. Variété de poire qui a une forme allongée, ii Raisin dont les grains ont mûri sans grossir, n Nom donné à 1 ensemble d'un certain nombre de gerbes de céréales accolées debout les unes contre les autres et recouvertes par une autre gerbe. (On dit aussi DizEAU.)

— Mar. Cheville enfoncée à l'avant ou à l'arrière d'une embarcation. (Peu us.)

— Techn. Instrument de bois à deux branches servant à élargir les doigts des gants, ii Lucarne qui se trouve, dans les raffineries de sucre, au toit de la halle où sont contenues les chaudières.

Il Lourde pièce de bois ferrée, dont se servent les paveurs pour enfoncer les pavés. (On dit aussi DAME ou HiE.) Il Nom donné à des blocs verticaux de matières pierreuses coilfés d'une pierre, plate le plus souvent, et qui se rencontrent sur les versants de certaines montagnes, n Sorte de jambe de force, placée sous le banc d'âne des scieurs de long, afin de le soutenir. (On donne le même nom à une genouillère de cuir que portent ces ouvriers.) n Tringle de ler, disposée au-dessus du moule où l'on coule les métaux, et qui s'oppose à la chute dans le moule de charbons enflammés. Il Sorte de brosse employée par les peintres en bâtiment, à cause de sa forme mince et allongée.

— Zool. Nom vulgaire du couroucou à ventre rouge, de la mésange à longue queue et du troupiale doré, ii Demoiselle de Numidie, Nom vulgaire d'une espèce de grue, ardea virgo. !i Nom vulgaire de ladonzelle, du marteau, do la girelle et de queloues autres poissons. (Syn. populaire de libellule.)

DEMOISELLES {mo-a-zcl') n. f. pi. Nom donné aux paysans de lAriège qui se soulevèrent en 1829, parce que le Code forestier, récemment promulgué (1887), leur enlevait la propriété exclusive et la libre disposition des forêts qui formaient leur unique ressource. (c& nom leur vint do ce qu'ils portaient, par-dessus leurs habits, dos chemises et des bonnets do femme, pour n'être pas reconnus. L'insurrection des demoiselles fut rapidement étouffée et sévèrement punie.)

Demoiselle.

Demoiselle de gantier.

DEMOISILLON {mo-a-zill [Il m\\.] — dimin. selle) n. f. Fam. Petite demoiselle. (Peu us.)

demoi-

DÉMOISIR [mo-a — du préf. priv. de, et do moisir) v. a.

Débarrasser des moisissures : Démoisir du papier. (Peu us.)

Se démoisir, v. pr. Etre débarrassé de sa moisissure.

De Mol (François -Marie), musicien belge, né à Bruxelles en 1844. Au Conservatoire de cette ville, il obtint les premiers prix d'harmonie, de composition et d'orgue. Organiste à Bruxelles, puis à Marseille, où il devint professeur d'harmonie au Conservatoire. 11 fit entendre une ouverture d'Amôionx, des motets, des morceaux d'orgue, de piano et de chant, puis, en 1876, retourna à Bruxelles, où il fit représenter, au théâtre de la Monnaie, un opéra intitulé ; le Chanteur de Médine (i88I), et mourut peu après. — Son frère puîné, Gdillau.me JDe Mol, né à Bruxelles en 1846, mort à Marseille en 1874, avait obtenu, au Conservatoire de Bruxelles, le grand prix de Rome en 1871. C'est en se rendant en Italie qu'il mourut. 11 avait écrit deux oratorios flamands : De Levenstydcn et De Laatiste Zonnestraal.

DeMÔLE (Charles- Etienne -Emile), homme politique français, né à Charolles (Saône-et-Loire) en 1828. Il fut élu sénateur de Saône-et-Loire en 1879, et son mandat lui fut renouvelé en 1882. Brisson lui confia le portefeuille dos travaux publics (1885-1886), do Freycinet l'appela au ministère de la justice. Il fut vice-président de la haute cour qui jugea le général Boulanger. Il fut réélu en 1891.

DÉMOLÉON. Myth. gr. Troyeo, fils d'Anténor et de Théano. 11 fut tué par Achille. — Centaure tué par Thésée aux noces de Pirithoos. — Fils de Phryxas et de Chalciope. Il prit part à l'expédition des Argonautes.

DÉMOLÉOS. Myth. gr. Guerrier tué par Enée sur les bords du Simois. (Sa cuirasse fut donnée comme prix par le héros troyen dans les jeux de Sicile.)

DEMOLEUS [dé, lé-uss) n. m. Genre de crustacés copépûdes parasites, famille des caligidés, comprenant des formes voisines des dinemoura.

— Enctcl. Les demoleus, dont l'espèce type [demoleus paradoxus) vit sur les requins de la Méditerranée, se caractérisent par leur céphalothorax écliancré en arrière, et par les deux anneaux suivants qui sont libres. Les mâles ont l'aspect des nogagus.

DemoliÈRE ( Hippolyte-Jules), littérateur français connu sous le pseudonyme de Molèri, né à Nantes en 1802, mort à Saint-Denis en 1877. Il devint, en 1848, un des secrétaires du gouvernement provisoire, puis occupa un poste au secrétariat du pouvoir exécutif sous le général Cavaignac. Sous son pseudonyme, il a donné des pièces de théâtre, dos romans et des guides. Parmi ses pièces, nous citerons : la Famille Rennevillet (1843), avec L. Laurençot ; Tôt ou tard; le Gendre d\in millionnaire {\8i5) ', la Tante Ursule (1852) ; le Revers de la médaille (1861) ; etc. Parmi .ses romans, nous mentionnerons : le JUar'quis de Montclar (1851); les Petits Drames bourgeois (1856); la Traite des blanches {ïSGd); la Terre promise (1867); etc.

Demolins (Edmond), historien et sociologue français, né à Marseille en 1852. Attaché dans sa jeunesse à des vues conservatrices, Demolins est, dans la suite, devenu le promoteur d'idées hardies. A sa première manière se rattachent : le Mouvement communal et municipal au moyen âge (1875), et une Histoire de France (1877-1880). En 1886, Demolins créa, avec un groupe dissident de l'école de Le Play, la revue la Science sociale, dans laquelle il accumula des études sociologiques qui procèdent d'une méthode neuve empruntant certains de ses procédés à Taine et à Le Play. Longtemps ignoré du grand public, Demolins en conquit subitement les faveurs en publiant, coup sur coup, les trois ouvrages : A quoi tient la supériorité des Anglo-Saxons (1897) ; les Français d'aujourd'hui (1898) ; l'Education nouvelle (1898).

DÉMOLIR (du lat. demoliri, même sens) v. a. Abattre, détruire, renverser, en parlant d'un édifice : Démolir une maison. \\ Par anal. Abattre, détruire, renverser, en parlant d'un objet quelconque : Démolir un meuble, un arbre.

— Fig. Détruire, faire disparaître : La vapeur est le bélier qui bat, qui perce et qui démolit toutes les frontières. (L. ■Vouillot.)

— Fam. Ruiner la santé de : Z'a/coo^ démolit un honwie. Il Ruiner le crédit, l'autorité, l'influence de : Chercher a

DÉMOLIR un écrivain, un ministère, un banquier.

— Pop. Terrasser, abattre, jeter à terre ; tuer : Démolir un homme d'un coup de poing.

— Mar. Démonter, défaire, mettre en pièces, en parlant d'un navire : Démolir une frégate.

— Fr.-maçoon. Démolir une loge, La dissoudre par un acte d'autorité.

Démoli, ie part. pass. du v. Démolir.

— Substantiv. En langage de cirque, Acrobate ou clown qui, par suite d'accident, se trouve dans l'obligation do renoncer, sinon à tout travail, du moins aux exercices brillants. C'est on prévision d'accident possible que les gens de cirque se livrent au dressage des animaux à leurs moments perdus : La catégorie des démolis.

— Pop. Personne dont la santé est ruinée, dont les forces sont abattues : Un vieux démoli.

Se démolir, v. pr. Etre démoli, renversé, ii Fig. Etre détruit, désorganisé.

~ Syn. Abattre, détruire, renverser, ruiner. V. abattre.

— Démolir, démanteler, raser.

^ Anton. Bâtir, construire, édiiier, fonder.

DÉMOLISSEMENT (li-se-man) n. m. Action de démolir. (Peu usité.) Il On dit mieux démolition.

DÉMOLISSEUR (li-seuî^'), EUSE n. Personne qui démolit, détruit, qui renverse, au prop. et au fig. : L'histoire et l'archéologie protesteront toujours contre les démolisseurs. (L. Côlet.) Les démolisseurs de ministères.

— Adjectiv.: Ouvriers dèhousskvrs. Philosophes démolisseurs.

DÉMOLITION (si-an) n. f. Action de démolir : La démolition d'une viaison. Il Matériaux provenant d'édifices démolis : Acheter des démolitions.

— Fig. Destruction, suppression, renversement : La démolition de la royauté.

— Techn. Opération qui consiste à défaire les cartouches de guerre ou autres. (La poudre qui provient de celte opération s'appelle « poudre de démolition ".)

— Encycl. Démolition des munitions (cartouches, gargousses, projectiles). C'est une opération qui consiste à séparer les éléments des munitions qu'on ne peut plus employer lorsque ces éléments sont encore utilisables. Les

dispositions et préoaiztions à. prendre varient suivant la nature des munitions à démolir. Certaines no peuvent ôtro dômolios, telles les eartouehes à poudro sans tuméo, qu'on préfôro tirer avec précaution, parce que leur démolition serait trop dangereuse.

DÉMOLLUSQUER {mo-lu-ské — du préf. priv. dé, et de mollusque) v. a. Débarrasser des mollusques, escargots et limaçons, les arbres fruitiers ou d'agrément.

DemOLOMBE {Jeau-Charlos- Florent), jurisconsulte français, né à La Kéro (Aisno) on 1804, mort à Caen en 1837. Professeur do Code civil à la faculté de droit do Caen, il en devint doyon en 1853. Il fut, en mômo temps, avocat au barreau do cotte ville, et plusieurs fois bâtonnier de l'ordre. Nommé, en 1864, conseiller à la Cour de cassation, il refusa ces fonctions pour pouvoir continuer ses travaux et son enseignement. On a de Demolombe un vaste et remarquable commentaire do législation civile en France, sous le titre de : Cours de Code Napoléon {iSAo- 1882). L'auteur s'est arrêté à l'article 1386 du Code civil, et l'ouvrage a été continué par Guillouard.

DÉMON {du gr. daimôn, dieu, génie) n. m. Chez les anciens, Dieu, déesse, divinité, it Génie bon ou mauvais, que l'on supposait attaché à la destinée d'un homme, d'une ville, d un Etat.

— Dans les auteurs ecclésiastiques et chez les modernes, Diable, ange déchu qui habite l'enfer et tente les hommes ; Combattre le dkmon. Il Absolum. Le diable, Satan : Etre possédé du démon. Il Chacun des diables que l'on suppose inspirer les actes d'un vice déterminé : Le démon de l envie, de la curiosité.

— Fam. Personne dangereuse, redoutable, dont il faut repousser les séductions comme si elles venaient de l'enfer : Les femmes sont des dkmons qui nous font entrer en enfer par la porte du paradis. (St Cyprien.) il Personne tapageuse, turbulente, espiègle : Oh ! le petit démon !

— Loc. div. : Démon familier, Bon génie qui hante une personne, it Faire le dé/non. Etre turbulent, tapageur ; s'agiter, tourmenter, obséder, ii Faire le petit démon. Faire une résistance obstinée et tapageuse, ii Aroi'r de l'esprit comme un démon, Avoir prodigieusement d'esprit.

— Enctcl. Philos. Le démon de Socrate. Socrate se prétendait inspiré par un génie particulier, qu'il nommait son démon et qui lui suggérait toutes ses résolutions, tous les principes de sa philosophie et de sa conduite. Les uns ont prétendu que c'était un esprit, un agent surhumain ; d'autres ont donné ce nom à un sens moral délicat, à un tact naturel, exquis, rapide dans les aperçus et cultivé par une longue expérience. Suivant eux, le démon de Socrate n'était autre chose que les révélations intérieures et instantanées de sa conscience et de sa raison sur les matières les plus hautes de la philosophie. Consulter son démon familier, c'était, pour Socrate, consulter sa divinité intérieure, son jugement, sa raison, qu'il regardait non seulement comme un don, mais comme une émanation et une portion de la Divinité. Enfin, quelques-uns n'y ont vu qu'un artifice au moyen duquel Socrate espérait réaliser une g^rande réforme politique.

Mais il paraît évident que Socrate l'a pris lui-même pour un çuide réel, distinct de son sens intime et organe d'une divmité tutélaire. Son langage, lorsqu'il en parlait, sa véracité, qui ne s'est jamais démentie, le prix dont il a payé cette croyance, puisqu'elle fut un des principaux motifs de sa condamnation, la conviction et la bonne foi de ses disciples, no permettent guère le doute à cet égard.

— Myth. gr. Les démons (sa\]f.o'ii^) , tels qu'ils nous apparaissent dans la littérature grecque depuis Hésiode, sont des êtres intermédiaires entre l'homme et la divinité, personnifiant tantôt les vertus morales, tantôt les forces de ia nature. Ils aident les Dieux à organiser le monde et à faire respecter l'ordre moral. Dikê. Aïdôs, Némésis, les Parques, Éris, Atê,.les Prières, les Nymphes, les Muses, Phaétôn, etc., sont des daimones. Le mot Daimôn, au singulier, personnifie, en général, la destinée inéluctable et funeste : puis il sert à désigner la destinée particulière, le génie spécial à chaque cité, à chaque famille ou à chaque individu. On distingue même parfois pour chaque homme un bon et un mauvais démon. Le genius des latins rappelle le daimôn des Grecs.

— Rolig. V. DIABLK.

— Syn. Démon, diable. Le mol démon désigne quelquefois un esprit, un génie qui peut n'être pas essentiellement méchant. Quand démon est pris en mauvaise part, il se distingue toujours de diable en ce qu'il affaiblit les idées de méchanceté, de laideur, de haine pour tout ce qui est bon, qui s'attachent toujours à ce dernier mot.

Démon (le), chef-d'œuvre du poète russe Lermontof, traduit en 18G0, en vers français, oar P. Pelan. — Le héros du poète moscovite est assez dilïerent du Méphistophélès de Goethe et du Lucifer do Byron, qui no peuvent renoncer à leur froid et souverain mépris et envient l'innocente quiétude d'une ûmo dont la foi n'a jamais été ébranlée ; le démon de Lermontof, au contraire, soutfre les angoisses du mal. Dans son dédain et dans sa révolte éclate le re-

fret de ce qu'il a perdu. Il s'éprend do Tamara, une fiUo e prince, qu'il aperçoit, la veille de son mariage, sur la terrasse do la maison de son père. Mais, comme son fiancé se dirigeait vers elle à travers les montagnes avec une riche caravane, dos gens d'une tribu ennemie l'attaquent, le tuent. La nuit suivante, Tamara, plongée dans la douleur, entend une voix qui lui murmure des paroles d'amour, une douce voix qui pénètre dans son cœur et lui inspire des sentiments plus forts que ceux qu'elle a connus jusquelà. Pour fuir cotte obsession, elle se réfuçio dans un couvent, mais en vain. Le démon l'y poursuit, ta fascine et finit par triompher do son innocence. Elle en meurt ; mais, au moment où Satan compte s'emparer do sa victime, un ange descend du ciel, emporte l'Ame de la jeune fille dans le séjour des béatitudes éternelles, car la clémence divine .s'étend sur les péchés involontaires, et le démon est plongé do nouveau dans la solitude du mal et de la haine.

Le poèmo «le Lermontof, qu'une traduction fidèle a fait passer dans la langue française, est une œuvre très remarquable, qui ronformo une foulo d'imagos d'une grande beauté.

Démon fi,i;), opéra en trois actes, livret de'Wïskowatof, d'après lo pnèmo de Lermontof, musique d'Antoine Kubin- Htoin, roprésonté au théâtre Marie, de Saint-Pétersbourg, le 25 janvier 1875.— Sur un sujet éminemment dramatique, Hubinstoin a écrit une œuvro passionnée, puissante, pathétiquo. pleine do couleur, quo l'on peut considérer comme

DÉMOLLUSQUER - DÉMOiNSTRATIF

une de ses meilleures. Le chœur des esprits de la Terre au premier acte, l'imprécation grandiose du démon, toute la scène do la caravane, avec la surprise du camp et répisode du fiancé do Tamara; au second, les danses orientales, si colorées, si originales, qui contrastent avec la scène puissamment dramatique de l'annonce do la mort du prince ; eiitin, au troisième, le gigantesque duo do Tamara et du démon, dont l'effet pathétique est indescriptible, sont autant do pages dans lesquelles le grand artiste a déployé toute la noblesse et la puissance de son génie.

DÉMONARCHISER (du préf. pHv. dé, et de monarchie) v. a. Sou^straire au gouvernement monarcliiquc : Dkmonar- <insKR l'Europe.

Se démonarchiser, v. pr. Cesser d'être monarchique.

DÉMONASSA. Myth. gr. Fille d'Amphiaraos et d'Eriphylo. Elle épousa Thersandre, et fut la mère de Tisamène. Elle était représentée sur le cotfre de Cypselos, à Olympie. — Femme d'Iros et mère do l'argonaute Eurydaraas. — Femme d'Adraste et mère d'Egialée.

DÉMONAX, philosophe grec, né dans l'île de Chypre, qui vivait à Athènes entre 50 et 150 apr. J.-C. Il ne semble pas avoir adopté de théories particulières. Il se donnait pour cynique ; mais, en se proposant Diogène comme modèle, il aimait mieux se comparer à Socrate. Il prétendait n'avoir pas eu de maître, pas même Epictète. L'austérité et l'indulgence qu'il manifestait dans ses paroles et dans ses actes le rendirent très populaire parmi les Athéniens. Lucien a écrit sa vie.

DÉMONE (rad. démon) n. f. Nom qu'on a quelquefois donné à une femme pour faire entendre qu'elle est méchante comme un démon, ii On dit mieux démon.

Demona (Val di), ancienne division administrative de la Sicile, dont Messine était le chef-lieu, qui comprenait la partie nord-est de l'île. Son nom lui vient de l'Etna, qu'elle renfermait, et dont les croyances populaires faisaient le séjour des démons.

DÉMONERIE {rî) n. f. Action, intervention d'un démon; diablerie, commerce avec les démons : .Se livrer à des démo- NERiES ridicules, ii Façon, manière démoniaque : La duchesse du Maine s'agitait avec une démonerie infatigable. (Ste- Beuve.)

DÉMONÉTISATION (ti-za-si) n. f. Action de démonétiser; état de ce qui est démonétisé : La démonétisation des ayiciennes pièces.

— Fig. Perte de réputation, de crédit, d'estime : La démonétisation d'un chef de parti.

— Encycl. Lorsque des monnaies métalliques ont subi

f)ar l'usure des affaiblissements qui en réduisent la valeur, es gouvernements ont recours à la refonte. Ils préviennent le public qu'à partir de telle date les pièces ainsi affaiblies n'auront plus cours. On dit alors de ces pièces qu'elles sont démonétisées. Les frais de la démonétisation incombent à l'Etat, représentant de la collectivité.

DÉMONÉTISER (du préf. priv. dé, et du lat. moneta, monnaie) v. a. Priver, dépouiller de sa valeur légale, en parlant d'une monnaie, d'un papier.

— Fig. Déprécier, détruire le crédit de : Démonétiser un prétendant.

Se démonétiser, v. pr. Etre, devenir démonétisé, au propr. et au fig.. Se déprécier, se rabaisser soi-même : Dès qu'il devient sincère, un politique se démonétise.

DÉMONIALITÉn.f. Nature, caractère du démon. (Peuus.)

DEMONIAQUE {ni-ak' — du lat. dxmotiiacus, même sens) adj. Qui a rapport aux démons : Superstition démoniaque. Il Qui est sous l'influence du démon, qui est possédé du malin esprit : Une femme démoniaque.

— Fam. Diabolique, méchant, malin ; qui semble possédé du démon ou inspiré par le démon : Une ruse deaio-

NIAQCE.

— n. Personne possédée du démon : Prendre un ton de

DÉ.MONIAQCE. (Mol.)

— Fam. Energumène, personne maligne ou turbulente, furieuse, passionnée.

DÉMONICE, jeune fille d'Ephôse qui, d'après la légende, trahit sa patrie. — Les Gaulois assiégeaient Ephèso et désespéraient de s'en rendre maîtres, lorsque Démonice se présenta à leur général, lui ofii'rant do trahir sa patrie en échange de toutes les parures dont les ennemis s'empareraient en pillant Ephèso. La nuit venue, et son offre ayant été acceptée, Démonice ouvrit on elîet une des portes de la ville aux Gaulois. Lorsqu'elle réclama le prix de sa trahison, lo chef ordonna à se» soldats de jeter tous les joyaux à la tête de Démonice, qui périt sous cette étrange lapidation. (La légende de Démonice présente de curieux rapports avec colle de Tarpéia, la jeune fille qui livra le Capitolo aux Sabins.)

DÉMONICOLE (du lat. dxmon, onis, démon, et colère,

adorer) n. et adj. Se dit d'un adorateur de démons.

DÉMONICE. Myth. gr. Fille d'Agénor et d'Episcaste, et sœur de Porthaon. Elle fut aimée d'Ares, dont elle eut plusieurs fils : Evenos, Molos, Pylos, Thestios.

DÉMONISME {nissm') n. m. Croyance aux démons.

DÉMONISTE {nisst') a<ii. Qui croit aux démons : Philosoplirs DKMOMSTSS. ii Substautiv. : Un démonistk.

DÉMONOCRATIE (sf — du gr. daimôn, onos, démon, et kralus, puissance) n. f. Théol. Puissance dos démons.

DÉMONOORAPHE (du gr. daimôn, onos, démon, et graphein. décrire) n. m. Auteur d'un traité sur les démous.

DÉMONOGRAPRIE [fl — rad. démonotjraphe) n. f. Etude, traité sur les démons : L'auteur d'une dkmonograpuib.

DÉMONOGRAPHIQUE (/ÎA*) adj. Qui a rapport à la déniiMioi^Taitliie. au.v <lémons : Iraité démonoghai'HIQUK.

DÉMONOLÂTRE (du gr. daimôn, onos, démon, et latreia, adoration) n. et adj. Thèol. Se dit d'une personne qui adoro les démons : Les démonolâtres.

DÉMONOLAtrie {trt — rad. démonoUUre) n. f. Adoration, culte lies démous : Se livrer à la démonoI-Atrie.

DÉMONOLÂTRIQUE {trik') adj. Qui a rapport, qui tient ù. la démoiiuliitrie.

DÉMONOLOGIE {jC — du gr. daimôn, onos, démon, ot lugos, traité) n. t'. Scionco, traité do lu nature dos démons.

DÉMONOLOOIQUE {Jik') adj. Qui est relatif à tadémolonogio ou ù la scionco doa démooa.

DÉMONOLOGUE {loqh)n. m. Celui qui s'occupe do demunologio, auteur d'un traité do démonologie : Les dè- MONOLuiiUKS du moyen âge.

DÉMONOMANCIE [si — du gr. daimôn, onos, démon, et mnntem, divination) n. f. Divination exercée sous l'inspiration du démon.

DÉMONOMANCIEN, ENNE [si-in, en') adj. Qui concerne la démonomancie : Divination démonomanciknne. il Qui s occupe de démonomancie : Devin démonomancien.

— Substantiv. : Un démonomancien.

DÉMONOMANE (du gr. daimôn, onos, démon, et mania,

lureurj n. Pcrsonno atteinte de démonomanie.

DÉMONOMANIE {nî — rad. démonomane) n. f. Se dit, on mauvaise part, do la croyance aux démons, ou d'une étude ayant pour objet la nature des démons. (Syn. de démonographie.) Il Aliénation mentale, dans laquelle on se croit possédé du démon. Syn. dèmonopathie.

— Encycl. Qu'on se soit trompé jadis, sans excepter les savants et les médecins, qu'on ait vu parfois des possédés du démon en des malheureux qui n'étaient que dos malades, cela n'est pas douteux. Aujourd'hui, même dans le cas où lo sujet se croit lui-même possédé, la médecine voit une maladie; elle laisse d'ailleurs aux sciences qui s'occupent du monde moral et invisible la liberté d'attribuer, si elles le jugent convenable, la cause première d'une telle maladie à

I influenced'unagent surnaturel. Pourelle, elle nes'attacho qu'au fait lui-môme, qui est seul de sa compétence, et voici comment elle le décrit. Le malade qui se croit possédé du démon interprète ses troubles physiques dans un sens particulier : par exemple, la névralgie intercostale est une tentative du diable pour lui arracher le cœur ; ou l'enlèvement du cœur remplacé par une pierre, les sensations paralgiques brûlantes de la peau et du gosier sont les flammes de Penfer. Des hallucinations (visions du malin, odeur de soufre, voix criant : « Maintenant je veux ton âme " ! etc.), viennent fortifier l'idée délirante. Il peut se produire des explosions de désespoir, des convulsions qui, à leur tour, sont perçues :oinme l'action d'un être qui a pénétré dans leur corps.

Chez les femmes hystéfiques, la fofie démoniaque se complique de nymphomanie, d'érotomanie, et peut prendre la forme extatique et somnambulique, qui explique létonnement des juges au moyen âge et l'inutilité de leurs tortures. Elle peut revêtir une forme épidémique, surtout dans les milieux prédisposés, comme pour les cas historiques des possédés de Loudun et de Morzine.

La démonomanie se termine ordinairement par la guérison, en passant par un stade de mélancolie religieuse; quelquefois par la mort, après une période de stupeur. Son traitement est l'internement, pendant lequel on distraira le malade et on lui administrera des opiacés, des bains et une nourriture reconstituante.

Démonomanie (la), ouvrage de Jean Bodin, conseiller en cour de parlement ^1582). — Ce livre est un des plus curieux qui aient été écrits sur les procès de magie et do sorcellerie. Il est rempli de choses étonnantes, do récits qui passent toute vraisemblance.

DÈMONOPATHIE n. f. Pathol. Syn. de démonomanie.

DÉMONOROPS n. m. Bot. Syn. de d.emonorops.

DÉMONS (Jean), seigneur d'Hédicourt, écrivain français du xvi» siècle, né à Amiens. Il était, vers 1587, conseiller au présidial de cette ville. On a de lui deux ouvrages, aujourd'hui fort rares, intitulés : la Démonstration de la quatrième partie de rien, etc. (1594), et la Sextessence dialectique et potentielle, etc. (l595). Ces ouvrages bizarres sont en vers, avec une glose latine et française.

DÉHONSTRABIUTÉ (stra) n. f. Qualité de ce qui est susceptible de démonstration : La dé.monstrabilite d'une proposition est indépendante de sa certitude.

DÉMONSTRABLE adj. Linguist. V. DÉMONTRABLE.

DÉMONSTRATEUR (stra) n. m. Celui qui fait des démonstrations : in bon dèmonstratedr. ii Autref. Titre des professeurs au Muséum : Démonstkatecr en chimie au Jardin royal, n Celui qui donne des explications sur ce qu'il fait voir; cicérone : Ces démonstr,\teurs gagés gui disséqttent anj- voyageurs le cadavre de Home. (Lamart.)

— Fig. Ce qui démontre, ce qui donne dos prouves ou sert de preuve ; L'art n'est pas un démonstrateur inrincible. (G. Sand.)

DÉMONSTRATIF, IVE (stra — lat. demonstrativus; de demonstra7-e, démontrer) adj. Qui démontre réellement, qui est une véritable prouve : Argument démonstratiï-'.

— Fam. Expansif, qui témoigne facilement ses sentiments : Le caractéi'e français est le plus franc, le plus ouvert et le plus démonstratif des caractères. (Alex. Dum.)

II S'applique aux signes extérieurs sous lesquels se produisent les sentiments qu'on exprime, qu'on laisse éclater : Un sentiment dont l'expression est accompagnée de gestes trop démonstratifs risque d'être faux ou exagéré.

— Gramm. Se dit des adjectifs, des pronoms et des adverbes qui servent à indiquer, à préciser : Ci, ici, là, où sont des adverbes démonstratifs, v. la part, encycl.

— Milit. Combat démonstratif. \. démonstration.

— Rhétor. Se dit du genre d'éloquence qui a pour objet la louange ou le bl&mo : Le genre démonstratif s'applique aux oraisons funèbres, aux discours officiels, etc.

— n. m. Genre démonstratif : Le démonstratif et le

DÈLIBKBATIF.

— Anton. Déllbératit, judiciaire. — Antirrhé tique.

— P'ncycl. Gramm. Adjectifs démonstratifs. Los adjectifs démonstratifs sont ceux qui déterminent lo nom en y ajoutant une idée d'indication; ils servent à montrer la personne, l'animal et la chose dont on parle. Los adjectifs démonstratifs sont :

Maac. uing. : Cf. cet.

Ftim. «injî- : Cette.

Plur. des doux gcnrei : Ces.

Pronoms démonstratifs. Les pronoms démonstratifs sont ceux qui tiennent la place du nom en montrant les personnes, les animaux ou les choses dont on parle. Los pronoms démonstratifs sont :

Mnsc. sing. : Celui, celui-cf, celui-U\.

Vém. »in(r. : Celle, celle-ci, c«He-li\.

Maso, [dur, : Ceus, ceus-ci, ceur-ld.

Ftim. plur. : Cellc.i, cettcs-ci, cdltm-lâ.

Des doux ponros ot iiivurlable» : Ci. ceci, cela.

— Philol. Afln do marqtior avec plus do force t'idéo d'indication exprimée parles adjectifs démonstratifs, loa Latins employaient populairement la préposition «cce (voici), jointe & iV/Oj iste, qui sorvaiont à la fois d'aiyoc-

DEMONSTRATIO

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