DEMOSTHENE
Masc.
Fém.
Masc.
Fém.
tifs démonstratifs et de pronoms personnels. Ils disaient : ecéillum hominem, cet nomme que voilà: eccistum hominem, cet homme que voici. De là viennent les adjectifs démonstratifs de 1 ancien français.
Le tableau suivant résume cette dérivation, au moins pour les formes qui ont subsisté jusque dans le français moderne :
SINGin^IER LATDÎ FRANÇAIS
Masc. EcciLLUU- . ■ . . Jcel, cet.
Fém. EcciLLAM Icetle, celé, ceUe.
PLURIEL EcciLLos. .... Iceîs, ceh, eeus. ceux.
EcciLLAs Iceies, celés, celles-
SINGULIER EccisTDM. .... Icest, cest, cet, ce.
EcciSTAM- ■ . . . Iccste, ceste, céte, cette. PLURIEL Masc EcciSTos. . . - . Jcez, cez, ces- Fém. EccisTAs Icestes, cestes, cez, ces-
Le latin populaire possédait une autre forme de régime masculin que eccilltim, plus allongée, qui était ecdllui ; de là est venu le français celui qui s'est substitué à la forme cel. Enfin, le latin ecce hoc a donné successivement iceo, iço, ço, ce. Pour insister sur l'idée démonstrative, on forma à l'aide de ce petit nombre de mots des pronoms composés à l'aide des particules ci, pour ici, et (à : d'où celui-ci, cehd-la, celle-ci, celle-là, etc., ceci, cela, contracté populairement en ça. Autrefois, ce/uï et cet s'employaient aussi bien comme pronoms que comme adjectifs démonstratifs. Aujourd'hui, la langue a fait de celui exclusivement un pronom, et de cet un adjectif.
— Rhét. Genre démonsli-atif. Le genre démonstratif sert à blâmer ou à louer. Il comprend les panégyriques, les oraisons funèbres, les éloges académiques, les discours de réception, les remerciements, ou, au contraire, les mercuriales, invectives, etc. Si le genre démonstratif n'a pas la variété, l'imprévu du discours fait à la tribune ou ou plaidoyer, il a d'autres avantages, résultant de la certitude qu'il a de ne pas rencontrer d'obstacles sur sa route ; l'orateur peut s'y livrer aux longs développements, s'y étendre en longues et harmonieuses périodes. Le christianisme a donné naissance à une nouvelle variété du genre démonstratif, les homélies et les sermons; et dès lors l'éloquence de la chaire s'est placée au même rang que l'éloquence de la tribune et celle du barreau.
— Allus. littér. : Par raison démonstrative, Allusion à une scène du Bourgeois gentilhomme. V. raison.
DEMONSTRATIO {dé, stra-si) n. f. Dr. rom. Nom que l'on donnait à celle des parties essentielles de la formule (v. ce mot) où étaient exposés les faits dont le demandeur prétendait faire découler son droit.
— Encycl. La demonstratio n'existait que dans les formules dont Vintentio était à la fois in jus et incerta, et où, par suite, ïintentio n'aurait pas suffi à donner au juge les indications nécessaires. Aussi n'y avait-il pas de demonstratio dans les actions in factum, et, parmi les actions in jus, dans les actions in rem et dans les actions inperso- 7\am certse.
DÉMONSTRATION (stra-si) n. f. Logiq. Raisonnement par lequel on déduit, d'une idée reconnue vraie, la vérité d'une autre idée, à l'aide d'une série de propositions intermédiaires : Z^ DÉMONSTRATION est la déduction partant de principes nêcessai}''es. ii Démonstration à priori, Démonstration fondée sur la nature même des choses, sur l'étude directe du sujet, n Démonstration à posteriori. Démonstration basée sur l'accord des conséquences de la proposition énoncée avec d'autres propositions connues, ii Démonstration par l'absurde. Démonstration fondée sur l'absurdité des conséquences auxquelles conduirait la négation de la proposition énoncée.
— Par est. Ce qui sert de preuve : L'expérience est la
DÉMONSTRATION des DÉMONSTRATIONS. (VauVOn.)
— Leçon donnée en s'aidant de l'objet matériel sur lequel on raisonne, ou de sa représentation : Une démonstration d'anatomie, de géométrie.
— n. f. pi. Signes, manifestations extérieures qui témoi-
fnent d'un sentiment : Démonstrations de joie, d'amitié. i vous voulez qu'on vous croie sincère, modérez vos démonstrations. (Boitard.)
— Art milit. Manœuvres, feintes ayant pour but de dérouter l'ennemi et de cacher ses propres desseins.
— Stn. Démonstrations, protestations, témoignages. Les démonstrations sont toutes les marques extérieures qui annoncent les sentiments intérieurs. Les protestations consistent en paroles ; c'est l'expression répétée avec force d'un sentiment, ou ce sont des promesses formelles, mais elles peuvent être fausses aussi bien que les démonstrations. Les témoignages ont plus do solidité ; ce sont presque toujours des actes qui prouvent réellement l'affection, le dévouement.
— Anton. Réfutation ; antéoccupation, anthypophore et prolepse.
— Ênctcl. Logig. Aristote définit la démonstration : le syllogisme scientitique, c'est-à-dire celui qui produit la science et le savoir. Il l'appclie encore le « syllogisme du nécessaire B. C'est une opération qui consiste à prouver la vérité d'une proposition en montrant qu'elle est la conséquence nécessaire d'une autre prof)osition ou principe nécessaire. Elle suppose donc des iirincipes antérieurement admis. Elle se fait à l'aide des aé/initwns et des axiomes. {V. ces mots.) Elle prend doux formes : l'analyse et la synthèse. La première consiste à réduire le théorème, ou proposition à démontrer, à une autre proposition d'où il puisse dériver à titre de conséquence, celle-ci à une autre, jusqu'à ce qu'on arrive à une proposition déjà connue. La synthèse part de propositions reconnues vraies, et en déduit d'autres, de celles-ci de nouvelles, jusqu'à ce qu'on arrive au théorème. L'analy.se est surtout employée pour la recherche, la synthèse pour l'enseignement.
La démonstration est dite descendante lorsqu'elle part d'un principe général pour aller à une conséquence particulière; elle est ascendante, dans le cas contraire.
La démonstration par l'absurde prouve une vérité par les absurdités qui s'ensuivraient si on no l'admettait pas. On no doit y recourir que lorsqu'on ne peut en donner d'autre. Elle convainc 1 esprit sans l'éclairer : « Ce que l'esprit a besoin do savoir, c'est non seulement que la chose est, mais pourquoi elle est. ■
— Art milit. La démonstration est une opération militaire, d'ordre stratégique ou tactique ayant pour but
d'attirer sur un certain point Vattention de l'ennemi, et lui faire porter sur ce point une partie importante de ses forces, en vue de les y retenir et de les immobiliser par la menace d'une attaque, tout en n'employant soi-même pour cela que des forces moindres, afin de concentrer ses efforts sur tel point que l'ennemi aura eu l'imprudence de dégarnir. La démonstration entraine souvent une attaque et un combat qu'on appelle démonstratif, et que l'auteur de la démonstration cherche surtout à faire traîner en longueur. DÉMONSTRATIVEMENT [stra) adv. D'une façon démonstrative.
De Mont (Cbarles-Polydore-Marie), critique et poète belge,néà\Vambeck(Brabant)en 1857. Il se consacra avec succès à la poésie flamande. Outre des articles et des livres pédagogiques, on lui doit, entre autres ouvrages : Vie de jeune homme (1878^; le Premier Homme (1879); Poème épique en hexamètres; Folie de printemps (1881); Loreley (1882): Henri Conscience, sa vie et ses œuvres (1883); les Papillo7is (1885); Dans mon village, récits en prose (1885) ; Zanna (1887), comédie en vers, etc. C'est un néo-païen de l'école de Heine et de Leconte de Lisle.
DemONT (Adrien-Louis), peintre, né à Douai en 1851, élève de Jules Breton, dont il épousa la fiUo en 1880. Il débuta au Salon en 1875. Ses principales œuvres sont : la Nuit, Abel (musée du Luxembourg); Août dans le Nord (Le Havre); le Moulin (Amiens); la Briqueterie (Ùo^^\)\ les Landes du Finistère (Dunkerque); Marée basse (Orléans); les Jacinthes, le Jardin du Vieu:r (New-York); Fiançailles (Lille); Don Quichotte (Melbourne); le Déluge, la Légende, Eurydice, les Danaîdes, la Terre promise, Nudus tnmuda le/Ta, etc. Cet artiste interprète surtout avec talent la solitude des sites sauvages; il excelle à éveiller dans l'âme du spectateur un sentiment pathétique. Son Nudus in nuda terra est tragique; sa Nuit [musée du Luxembourg), pleine d'un charme mélancolique et doux.
DEMONTABLE adj. Qui peut être démonté : Machine démontable. Canot démontable.
démontage [taj') n. m. Opération consistant à séparer les diverses pièces d'une machine , d'un instrument , à les désassembler. (Le démontage nécessite souvent l'emploi d'outils spéciaux, tels que matoirs et masses en cuivre, pour éviter de détériorer les pièces qui étaient solidement assemblées.)
DeMONT-BRETON (Virginie), peintre, née à Courrières (Pas-de-Calais) en 1859, tille et élève de Jules Breton, femme du peintre Dénient. Ses principales œuvres sont : les Jumeaux, L'homme est en mer, la Trempée, Stella maris, la Vague, qui font partie de diverses galeries de New- York; Femme de pécheur (Amsterdam) ; la Famille (Douai) ; la Plage (musée du Luxembourg) ; les Loups de mer (Gand) ; Jean Bart (Dunkerque); Jeanne à Domrémy [hille); le Colombier d'Isa, le Bain, les Premiers pas, Ismaêl, etc. M""* Demont-Breton a été nommée présidente de l'Union des femmes peintres et sculpteurs.
Démonte, comm. d'Italie (Piémont [prov. de Coni]), sur la Stura, affluent du Pô; 7.900 hab.
DÉMONTER (du préf. priv. dé. et de 7nonter) v. a. Jeter à bas de sa monture : Démonter un cavalier, n Mettre à pied : Démonter un escadron.
— Priver du commandement d'un navire : Démonter un capitaine de vaisseau.
— Désunir, désassembler pièce à pièce : Démonter un fusil, un lit. Il Détendre le ressort, descendre le poids d'un mécanisme qui est monté : Démonter une pendule.
— Fig. Donner du relâchement à ; Démonter son esprit. (M"" de Sév.) n Déconcerter, troubler, interloquer, révolter, mettre en colère : Certai7is succès démontent le penseur. Il Renverser, détruire : Les événements démontent souvent nos espérances.
— Artili. Enlever de dessus son affût : Démonter un canon, un obusier. Il Mettre hors de service : Boulets gui ont démonté deux batteries. — Fig. et fam. : Démonter les batteries de quelqu'un. Déconcerter ses projets.
— Chass. Démonter «n oiseau, Lui casser une aile.
— Techn. Démonter un cojnposteur. En dévisser le talon mobile pour en modifier la justification, li Démonter des pierret^ies, Les enlever de la garniture dans laquelle elles étaient serties.
Démor}té, ée part. pass. du v. Démonter.
— Mar. Mer démontée. Mer excessivement houleuse. Se c/é/îionter, v. pr. Se faire mutuellement tomber de
cheval, ii Etre susceptible d'être démonté, ii Démonter, disloquer à soi : Se démonter l'épaule en tombant.
— Fig. Se détraquer, arriver à ne plus fonctionner, au moins régulièrement, n Se décontenancer, se troubler, se déconcerter; se fâcher, se révolter.
— Fam. Bâiller à se démonter la mâchoire. Faire de grands bâillements. (On dit aussi À SE décrocher la mâchoire.) Il Visage qui se démonte, Visage très mobile, dont on modifie l'expression à son gré.
DÉMONTEUSE (rad. démonter) n. f. Ouvrière employée aux filières dans les tréfileries.
DÉMONTRABILITÉ n. f. Qualité de ce qui est démontrable : La DÉMONTRABILITÉ des vérités de l'ordre surnaturel. Il On dit aussi demonstrabilité.
DÉMONTRABLE adj. Qui peut être démontré : Ce que vous avancez ji'est pas démontrable. Il On dit quelquefois démon.strable.
Le démontrable n. m. Ce qui est démontrable : Dans l'ordre du démontrable, l'accord peut toujours se faire par les procédés propres à l'esprit humain. (Cn. Fauvety.)
— Anton. Zadémontrable.
DÉMONTRER (du lat. demonstrare, môme sens] v. a. Prouver par une démonstration, d'une manière évidente, certaine : C'est le temps qui s'est oliargé de nous démontrer sans retour que science était puissance, n Enseigner par voie de démonstration t Démontrer l'anatomie sur un cadavre.
— Prouver , être un témoignage de : Rougeur gui DÉMONTRE Une faute. Action qui démontre la bonté.
— Absol. Faire dos démonstrations extérieures de ses spntiments. (Pou usité.)
Se démontrer, v. pr. Etre démontré.
DÉMONTREUR n. m. Celui qui démontre.
DÉMONYME (du gr. démos, peuple, et onuma, nom) n. m. Genre spécial do pseudonyme général, quo porte un ouvrage 4'omme nom d'au'.eur. Exemple : Dictionnaire par
DNB SOCIÉTÉ d'auteurs ET DE SAVANTS.
DÉMOPÉDIE {dî — du ^r. démos, peuple, et paideia, éducation) n. f. Art d'instruire le peuple.
DÉMOPHANES, philosophe grec, né à Mégalopoli^Il fut l'élève d'Arcésilas, prit une grande part à la délivrance de sa ville natale opprimée par Aristodème, et à celle de Sicyone, puis gouverna quelque temps Cyrène, conjointement avec Ecdème.
DÉMOPHILE (du gr. démos, peuple, et philos, ami) n. m. Ami du peuple. (Peu usité.)
DÉMOPHILE. Myth. Un des noms de la sibylle de Cumes, appelée aussi Déiphobe, Hiérophyle, Manto, etc.
DÉMOPHOON ou DÉMOPHON. Myth. gr. Roi légendaire d'Athènes. Il était fils de Thésée et de Phèdre. Il se rendit au siège de Troie, où il délivra sa grand'mère .liîlthra, devenue l'esclave d'Hélène. Au retour, il fut jeté par la tempête sur la côte de Thrace, et inspira la plus vive passion à la fille d'un roi de ce pays nommée Pnyllis, qui se pendit de désespoir après son abandon. Plus tard, il défendit les Héraclides contre Eurysthée, et accueillit Oreste, qui venait de tuer sa mère. — Compagnon d'Enée. Il fut tué par Hêraklès.
DÉMOPTOLÈME. Myth. gr. Uû des prétendants de Pénélope. Il lut tué par Ulysse.
DÉMORALISANT (zan), ANTE adj. Qui démoralise ; qui amène la démoralisation : La presston démorâLisantk de la 7}iisère.
DÉMORAUSATEUR, TRICE adj. Qui démoralise : Bojnans démoralisatkdbs.
— n. Celui qui démoralise, qui détruit les bonnes mœurs :
Un DÉMORALISATEUR éhonté.
DÉMORALISATION (co-si) n. f. Action de corrompre, de démoraliser; état de corruption, d'immoralité : Tôt ou tard, on porte la peine de sa démoralisation.
DÉMORALISER (du préf. priv. dé, et de moraliser) v. a. Corrompre, rendre immoral : L'ivrognerie tend à démoraliser et à détériorer l'espèce.
— Déconcerter, décourager ; jeter dans une sorte d'inertie morale : Si vous punissez votre enfant injustement, vous le démoralisez. (Boitard.)
Se démoraliser, v. pr. Etre, devenir démoralisé.
DÉMORALXSEUR n. m. Celui qui démoralise. (Peu usité.) Il On dit plutôt démoralisateur.
DÉMORDRE (du préf. priv. dé, et de mordre. — Se conjugue comme ce dernier) v. n. Abandonner, en parlant de ce qu'on mordait : La belette mord de toute sa mâchoire, et, au lieu de démordre, elle suce le sang de l'endroit entaïué. (Buffon.) fPeu usité.]
— Fig. Se désister, se dédire. (S'emploie surtout avec la négation) : Les hommes ne veulent point démordre de leurs opinions. (Raucé.)
DÉMOSTHÈNE, général athénien de la seconde moitié du V" siècle avant notre ère. II se distingua par ses talents et par son courage, pendant la guerre de Péloponèse. En 425, il fut envoyé en Messénie, où il releva et fortifia Pylos. Après l'arrivée du démagogue Cléon, il fit prisonniers les Spartiates enfermés dans l'île de Sphactérie. En 413, il fut envoyé au secours de Nicias en Sicile; mais tous deux furent défaits, obligés do se rendre et mis à mort par les Syracusains.
DÉMOSTHÈNE, orateur et homme d'Etat athénien, né en 384 av. J.-C. dans le dème attique de Paeania, mort à Calaurie en 322. Il fut un enfant chétif, mais de goûts sérieux. Suivant la légende, il dut entreprendre contre lui-même un violent et opiniâtre combat pour former sa voix, fortifier sa poitrine, corriger ses gestes; il déclamait de long^s morceaux, la bouche pleine de petits cailloux; il allait sur le bord de la mer opposer sa déclamation aux mugissements des flots pour s'accoutumer aux orages des assemblées populaires; d'autres fois, il se plaçait sous la pointe d'une épée nue pour corriger certains mouvements déréglés de son corps; enfin, il demeurait enfermé des mois entiers, la tète à demi rasée pour s'interdire l'envie de quitter sa retraite. A la vérité, il est difficile de concilier les traditions contradictoires relatives à son éducation ; et l'on ne peut guère ajouter foi à toutes les anecdotes suspectes qui le montrent luttant contre sa timidité et son prétendu bégaiement. Il fut élève de l'orateur Isée, ei reçut du tragédien Satyros des leçons de diction. Il parait avoir eu des débuts assez pénibles.
Dès sa majorité, à dix-huit ans, il songea â poursuivre ses tuteurs, Aphobos, Démophon et Thérippide, qui avaient odieusement dilapidé sa fortune. En 363 ou 362, Démosthène obtint une restitution partielle de ses biens. Il vécut surtout de son métier de logographe. Parmi les discours qu'il composa ainsi pour autrui, on peut citer les plaidoyers : Pour ta couronne triérarchique (vers 359), Contre Calliclès, Contre Spondias. Quelques-uns des plaidoyers de cette première période louchaient déjà à la politique ; par exemple, les discours Contre Androtion (355), Contre Timocrate (353 ou 352), Contre Aristocrate (352). En 355 ou 354, Démosthène prononce son premier discours politique ; Contre la loi de Leptine ; en 354, son discours Sur les symmories ; en 353, sa harangue Pour les Mégalopolitains. Puis il se tourne de plus en plus vers la politique étrangère. II devine l'ambition de Philinpe, et dénonce ses projets dans la Première Philippique (351); il excite contre lui les Athéniens dans ses trois Olynthiennes (351- 349). Du même temps datent le discours Pour la liberté des Rhodiens (350), et la Midienne. Après la prise d'Olynthe (348), les Athéniens cherchent vainement à former une coalition contre la Macédoine. On dut se résigner à traiter; on envoya à Pliilippe plusieurs ambassades, dont Démosthène fit partie avec Eschine ; et l'on conclut la ])aix dite de Philocrate (34fi). Cependant, Philippe avait occupé la Phocide. On parlait de rompre avec lui ; Démosthène, qui voyait l'impossibilité de la lutte, s'y opposa
Buste de Démosthène.
par son discours Sur la paix (315). Mais Plulipjpo osa aomandor i-ompto aux Atnôuieus dos attacjuos dirigôos contre lui dans l'assombliio. Démosthôno lui répondit on
S rononçant devant los disputés \a. Seconde Phibppiquc, où moDaçait Ksi-liino ot lo parti macédoiiion (341-343). Kn môme temps, il accusait hschino d'avoir trahi la causo de sa patrie dans los ambassades de 346; il lui intenta le procùs dit de l'ambassade, mais Eschino tut absous a une majorité do troute voix (343). Dans los années suivantes, Démosthôno s'otloroa do réunir les principaux Etats grecs dans une coalition contre Philippe. C'est alors qu'il prononça son discours Sur les affaires de Chei'sonèse (342), puis los derniôres Philippiques (341-340). Il avait été jusque-là orateur d'opposition; il devint alors, pour quelques années, le chef du parti dirigeant (340- 338). A ce moment, éclata la guerre sacrée. Chargé par les ampbictyons de punir le sacrilôg-e des habitants d'Amphissa (339), Philippe s"empara d'Elatéo. Ce fut un coup de tliéàtro. Domosthéne aussitôt lit voter l'alliance avec Thôbos. Les confédérés furent complètement vaincus à Chéronée (338). Philippe traita cruellemout les Thébains, mais ménagea les Athéniens. Quelques années plus tard. à la mort de Philippe, le parti patriote s'agita de nouveau. Mais Alexandre accourut ot s'empara de Thèbes, qu'il détruisit; il somma les Athéniens de lui livrer Démosthôno et neuf autres orateurs, qui furent sauvés pourtant par l'intervention de Démado. Désormais Athènes fut condamnée à la paix par son impuissance. Dans ces annéos-ld se place le procès de la Couronne. L'affaire dont les débuts remontent à 337, fut plaidée seulement en 330; Eschino S'exila d'Athènes. On no sait rien sur le rôle de Démosthène dans les années qui suivirent. En 324, il fut impliqué, justement ou non, dans la vilaine atfaire d'Harpale. Démosthène fut condamné à une amende de 50 talents: comme il ne put la payer, il fut jeté en prison; il s'évada, quitta le pays pour vivre â. Egine, puis à Trézène. L'année suivante, la mort d'Alexandre fut le signal d'un soulèvement général. Démosthène montra tant d'activité patriotique, qu'on le rappela d'exil, et il rentra en triomphe à Athènes. Mais, bientôt, Antipatros, vainqueur à Crannon en Thessalie, exigea qu'on lui livrât les principaux orateurs. Démosthène s'enfuit dans l'ile de Calaurie, et crut y trouver un asile dans le temple de Poséidon ; les soldats d'Antipatros l'y cernèrent, lo sommèrent de partir, et il s'empoisonna. Il laissait la réputation d'un grand patriote. Nous possédons sous son nom soixante discours, sans compter cinquante-six exordes, six lettres et YEroticos. Mais beaucoup de ces ouvrages sont considérés comme apocryphes.
— BiBLioGR. : édit. de H. Weil, texte grec, les Barangues (Paris, 1873) ; les Plaidoyers politigues (Paris, 1877-1886) [trad. franc, par Stiévenart (Paris, 1842); par Plengoulm (Paris, 1861-1864); par Dareste, Plaidoyers civils Œ'an^, 1875)] ; 'Plaidoyers politigues (Paris, 1879). — Cf. Schtefer, Demosthenes und seine zeit (Leipzig, 1856-1858): Blass, die Attiscke Bered- *amA:ei((Leipzig, I877)i: Maurice Croiset, les Idées morales dans l'éloquence politique de Démosthène (Paris, 1874).
— Iconogr. Les Athéniens élevèrent une statue de bronze à Démosthène, après sa mort; elle fut exécutée par Polyeucte, la première année de la cxxV olympiade; elle représentait le grand orateur avec l'épée au côté.
Deux petits bustes de bronze, découverts à Herculanum, nous ont conservé les traits de l'orateur ; le plus petit porte lo nom de Démosthène gravé sur lo socle en lettres grecques. On a découvert depuis plusieurs statues dont les tètes ont plus ou moins de ressemblance avec les bustes d'Herculanum : une dos plus remarquables se trouve en Angleterre; elle est de marbre ot représente Dé-
mosthèae faisant une harangue. Lo ^^ ^, „„,Jtiiène. Louvre possède aussi une statue antique de Démosthène haranguant ; le personnage est assis. Au musée du Vatican se voit une statue de Démosthène debout, le corps enveloppé d'un manteau roulé, les deux mains abaissées et tenant un volumen.
Démosthène (lantkbnk dk). Antiq. Nom sous lequel a été longtemps connu, à Athènes, le monument clioragique de Lysicrato, élevé en 335 av. J.-C. Suivant une tradition, d'ailleurs absurde, Démosthène se serait parfois retiré dans ce minuscule monument, pour y méditer.
DÉMOSTHÈNE, médecin grec, né à Marseille au i*'^s. de notre ère. Galion nous a transmis de lui quelques formules médicales ((uo C.-G. Kiihu a recueillies et publiées.
Démosthène Philalèthe, médecin groc du i" siècle do notre oro. 11 uvait ou pour maître Alexandre Philalètho. 11 a écrit, sur le pouls et sur les maladies des yeux, des ouvrages dont Aétius ot Paul d'Egine nous ont conservé des fragments.
DÉMOSTHÉNICN, ENNE [sté-ni-in, en') adj. Qui appartient, qui est jirupro ù, Démosthène, à, son stylo, à son éloquence. Il On dit ;iussi diïmosïhéniqub.
Demotika. Géogr. V. DiMETOKA.
DÉMOTIQUE (tilc' — du gr. dêmotikos, populaire) adj. Il Krritnn.' diUuutique. Dernièi-e lormo connue de l'écrituro cursivn des amneiis K^.'ypiions. V. I'^gyptk.
Demotz de La Salle, prôtro et musicien, né à Humilly (Savoie»), mort en 1742, ost l'invontour d'une méthode lie notation musicale. Par son système, qui n'était pas absolument nouveau, il sui)primait la portée et ne faisait usage que d'un seul caractère do note, qui, par sa position verticale, horizontale ou obliqua, caractérisait le dogré d'élévation du son. Demotz do La Salle a publié : A/ét/iode de plain-chant (1728); Bréviaire romain (1728); MéOwdc de musique (1728).
DÉMOUCHETAGE f/a;" — rad. démoucht'ter) n. m. Action d'eidrvcr l.i innm lit> garnissant l'extrémité d'un lleuret.
DÉMOUCHETAGE [tuf) n, m. En T. Uo mouiior., Opération par Iai|uelle lu mounior réunit los grains avant de les porter Hou.s les immlos.
DÉMOUCHETER (du préf. priv. d^, Ot do mouche — PriMid deux / d(*vant une sylhihe nincîlto : Je démouchette) V. a. Faire uautor la mouche d'un llourot.