DESSERT
— Fig. Ce qui arrive à la fin, comme complément ou comme régal.
— En T, d'archéol.. Sorte de corbeille d'osier doré ou de faïence ajourée, dont on a fait usage au xviir siècle et pendant la Restauration pour servir les fruits sur la table.
DESSERTE Idé-sèrt') n. f. Mets qui restent après un repas, et que l'on dessert par consôriuent : Vendre sa desserte aux reslitnrants. i; Petite table de salle à manger destinée à recevoir les mots, les assiettes, les verres, etc., que l'on dessert.
— Service d'administration : La desserte d'un bureau. Il Action de desservir une cure ou une chapelle : l^ire
chargé de la desserte d'une église, en l'absence du titulaire. (,Vicux dans ces deux sens.)
— Chemin de desserte. P. et chauss. Chemin spécialement affecté au service d'une exploitation.
DESSERTIR [dé-sér') v. a. Enlever de sa monture une pierre fine ou tout autre objet monté dune façon analogue : Dessertir un brillant, un médaillon, ii Couper, au-dessous du feuilletis, la sertissure d'une bague.
DESSERTISSAGE irf(5-«êr-ri-»a;')n. m.. \ction dedessertir.
DESSERVANT fdé-sér-van) û. m. Prêtre qui dessert une cure ou une chapelle. Le desservant d'une église, n Ministre d'un culte qui dessert un temple : On appelait ministres les DESSERVANTS dcs égliscs protcstantcs. (Volt.)
— Fie. Celui qui entretient, qui conserve, qui propage un art qoefconque : Les desservants de la poésie, de la musique.
— Enctcl. Admin. eccl. Le droit canon nomme desservants des prf très chargés, à titre provisoire, de faire les fonctions ecclésiastiques dans les paroisses dont les cures sont vacantes ou les curés interdits. L'évoque doit pour-
voira leur entretien au moyen d'une retenue sur les revenus de la cure qu'ils administrent temporairement. En France, l'ancien droit civil ecclésiastique avait sanctionné ces dispositions du droit commun. Mais les articles or^anic^ues, annexés au Concordat de I8i'2, ont dérogé à 1 ancienne discipline. Ils divisent les paroisses en deux classes : les cures, et les succursales. Les premières sont administrées par des curés inamovibles, que l'évéque nomme avec l'agrément du gouvernement ; les secondes sont régies par des pasteurs appelés desservants que l'évéque nomme et révoque à son gré, sans être obligé de demander l'autorisation du gouvernement. Les desservants sont donc de véritables curés, chargés à titre permanent de l'administration d'une paroisse, mais dépouillés de la prérogative de l'inamovibililé.Cette législation estparticulière à la France. Le saint-siège, sans la condamner, ne lui a jamais donné une approbation formelle. Les desservants sont actuellement eu France au nombre de 31.000 environ.
DESSERVICE idé-sèr-viss) n. m. Mauvais service rendu : Le roi avait déployé sa miséricorde etivers une infinité de rebelles dont il n'avait jamais reçu que des desservices. (E. Pasq.) [Vieux.]
DESSERVIR [dé-sèr'. — Se conjugue comme servir) v. a.. Oter de dessus la table, en parlant des plats ou des mets : Desservir le premier service, ii Débarrasser des plats, en parlant d'une table : Desservir la table.
— Faire le service de : Ligne de chemin de fer qui dessert le Centre et le Midi. \\ Etre le desservant de ; Desservir une ihapelle. il Remplir l'office de : J'ai envie de ne point jouir au bénéfice d'historiographe sans le desservir. (Volt.) Il Rendre des services d'un genre quelconque à une ou idusieurs personnes : Desservir un hôtel, tm couvent. |[ Rendre un mauvais office à ; Mon état cl ma destinée est de DRssERviR tout ce que j'aime. iM""* de Maint.)
Se desservir, v. pr. Etre desservi ; Ce bureau se dessert avant tous les autres. \\ Se rendre mutuellement de mauvais services.
DESSERVITORERIE [dé-scr', de desservant.
rî) n. f. Office ou bénéfice
DESSERVITUDB {dé-ser') n. f. En Normandie, Manière dont une localité, une ferme est desservie par les voitures, les moyens de transport, etc.
DESSERVOIR {dé-ser'-vo-ar') n. m. Buffet placé dans une salle à manger, pour qu'on y dépose les objets enlevés de dessus la table pendant le repas.
DESSEUVREMENT {dé-seu — rad. dessenvrer) n. m. Action de séparer. (Vieux.) ii Techn. Action de desseuvrer les feuilles de papier. (On écrit aussi désœuvrement.)
DESSEUVRER [dé-seu -~ pour desevrer, formé du préf. de, et sevrer; du lat. separare. séparer) v. a. Séparer. (Vx.) Techn. Séparer les feuilles de papier. (On écrit aussi dé-
SŒUVIÏER.)
Dessewffy (pron, Dèjeufi), famille noble hongroise dont les membres se sont distingués, depuis la fin du xviii'= siècle, dans la politique et dans les lettres. Un des membres de cette famille. Miklos, se rendit en France au commencement du xviii* siècle, et y obtint le titre de comte et la pairie. — Les membres les plus connus ensuite de cette famille sont : Joseph, né en 1771, mort en 1843, écrivain distingué. Ses Œuvres et sa Correspondance avec son ami Kazinczy, le Malherbe hongrois, montrent en lui un fervent adepte de la littérature et de la civilisation françaises. — AuRÊLE, né en 1808, mort en 1842. Publiciste cfwservateur et adversaire politique de Széchenyi et de Kossuth, qu'il combattit parce qu'il craignait que leur politique n'entraînât la ruine de son pays. Ses articles réunis sous le titre : le Livre X Y Z. classe l'auteur parmi les meilleurs écrivains de son pays. Comme orateur, il était remarquable par sa facilité d'improvisation, son calme, l'élévation de ses idées. — Emile, frère du précédent, né en 1814, mort en 1866. Il fut président de l'académie hongroise des sciences, etdirecteurduCrédit foncier de Hongrie, qu'il avait fondé. — Aristide, général pendant la Révolution hongroise, un des treize » martyrs d'Arad " , né en isos, exécuté en 1849. Il fut pris, lors de la capitulation do Vilagos.
DESSIGCANT [dé-si-kan), ANTE[Iat. desiccans; du préf, de, et de siccare, sécher] adj. Qui dessèche : L'action dessiccANTE des corps avides d'eau.
DESSICCATEUR, TRICE [dé-si-ka — du lat. desiccare, dessécher I adj. Qui dessèche : Vent dessiccatetr. (Inus.) il Ou dit plutôt des-
SHCIIANT, ANTE.
DESSICCATEUR [dé-si-Ica — même étymol. qu à l'art, précéd.) n. m. Techn. Bâtiment où l'on met les draps à sécher. Il On dit plutôt SÉCHOIR.
— Chim. Appareil servant à opérer la dessiccation. V. dessiccation, étuve,
SECHOIR.
— Enctcl. Techn. Industriellement, le dessiccateur est un appareil que l'on emploie dans les conditionnements, pour soumettre dîver SCS matières textiles à la dessiccation afin de déterminer le poids vrai des marchandises en ballot. Il en existe de fixes, qui sont de véritables étuves; il y en^ a également de portatifs , (ju'cmploient principalement les industriels pour se rendre un compte exact de la quantité d'humidité renfermée dans un textile acheté par eux.
DESSICCATIF, IVE (dè-si-ka — lat. desiccativus : de desiccare, dessécher) adj. Qui est propre à dessécher : Vernis dessiccatif.
Il On dit plus souvent siccatif.
~ Méd, Qui est propre à dessécher les plaies : Un onguent dessiccatif.
— Peint. Buile dessiccative.
Huile qui accélère la dessiccation des couleurs dans lesquelles on l'emploie.
— n. m. Substance dessicca- Dcssic<atotir. tivo : La charpie ordinaire ou
râpée, la poudre de li/copode, de sous-nitrate de bismuth, de vieux bois, de tan, d'amidon, l'acide chromique, la solution
Dessiccateur h robinet.
de sublimé au millième, l'acétate de plomb liquide sont employés comme dessiccatifs. (Bouchut.)
DESSICCATION [dé-si-ka-si] n. f. Action de dessécher; état qui en résulte : Dessiccation du foin. \\ Maigreur extrême ; Dessiccation causée par la maladie.
— Encycl. Techn. Dessiccation des bois. Dans les manu factures d'armes, la dessiccation des bois de fusils passe par trois phases : le lessivage, pendant lequel les bois sont soumis à l'action de la vapeur d'eau à une faible tension ; l'essorage, qui consiste à les exposer pendant un mois dans un local sec, aéré, sans courants d'air trop vifs. En dernier lieu, on procède à la mise des bois en étuve dans une chambre chaufl'ée par de l'air dont la température de 25° C. est insensiblement portée en quinze jours à 32».
— Bot. Un des meilleurs procédés pour dessécher les plantes destinées à être conservées en herbier consiste â étaler ces plantes sur des feuilles de papier collé, par exemple le papier jaune, dix papier paille, dont les bouchers, les épiciers, etc., se servent pour empaqueter les objets vendus. On dispose ces feuilles en étages, eu les séparant par des coussins du même papier, puis on soumet le tout à une pression graduée. Les feuilles doivent être changées tous les jours. Quand la dessiccation est complète, on plong:e les plantes dans une solution étendue de sublimé corrosif, avant de les placer dans l'herbier.
Pour conserver aux plantes leur couleur et leur port, on a conseillé de les étaler sur du sable pur, séché â haute température et additionné d'acide stéari(|ue (60 gr. pour 10 kilogr.), le tout placé au soleil ou dans une étuve.
— Chim. On a souvent besoin, dans presque toutes les analyses notamment, de dessécher les substances. Quaudces substances ne retiennent
pas très avidement i'humidité, on se sert comme dessiccateur d'une plaque de verro dépoli, sur laquelle s'appliquent exactement les bords, usés â l'émeri et en duits d'un corps gras, d'une cloche de verre; un vase ,,<^r-^ -
à bords peu élevés et à ou- 'r-X?'-- r-^r .
verture très large, rempli Dessiccation des bôîs (séchoir). d acide sultuntiue concen-
tré ou d'un produit quelconque très hygroscopique (chaux vive, chlorure de calcium, etc.), est placé au milieu de la plaque, sous la cloche ; il supporte un petit triangle métallique, sur lequel on pose une capsule de porcelaine contenant la substance à dessécher. L'évaporation qui se produit d'une part, l'absorption qui se produit d'autre part, amène assez rapidement la dessication. On peut encore activer la dessiccation en transformant en dessiccateur de ce genre le récipient d'une machine pneumatique. Quand ces moyens sont insuffisants, on chauffe les corps dans des étuves spéciales.
On active souvent la dessiccation â température élevée en faisant passer un courant d'air sec sur la substance chauffée ou encore on combine l'action du vide avec celle de la chaleur.
Quand le corps n'est pas décomposable par la chaleur, on le chauffe au rouge sombre, dans un creuset de porcelaine, et on le laisse refroidir dans un dessiccateur. Quel que soit, d'ailleurs, le procédé employé, on gagne beaucoup de temps en essorant d'abord les substances â dessécher. Pour dessécher les gaz on les fait passer le plus souvent dans des tubes recourbés en U, afin d'occuper moins de place pour une même longueur, remplis de matières avides d'eau et présentant une grande surface, telles que du chlorure de calcium desséché, de l'acide phosphorique anhydre, des fragments de pierre ponce concassée imbibés d'acide sulfurique concentré.
— Econ. rur. Pour dessécher les herbes fauchées que l'on veut faire servir à la nourriture des animaux, on les soumet â l'opération du fanage. Le blé, le seigle, le chanvre, le lin, etc., doivent être rassemblés en bottes et disposés en moyettes. Les fruits charnus, tels que figues, prunes, cerises, sont exposés alternativement à la chaleur douce d'un four ou d'une étuve et au soleil. Pour le café, on enlève la partie charnue du fruit, en le faisant macérer dans l'eau. On fait ensuite dessécher le noyau en l'exposant, soit au soleil, soit â l'étuve.
— Pliarm. Matière médicale. La dessiccation des plantes en vue do les conserver s'opère, le plus souvent, à l'air libre. Les plantes sont étendues en couches minces sur des claies, entre lesquelles l'air circule librement, ou bien elles sont attachées en bouquets et suspendues en guirlande dans le séchoir. Pour les bulbes (scille, tubéreuse) et les racines molles ou volumineuses, ou les fend de plusieurs côtés, ou même on les coupe. en tranches qu'on enfile en chapelets. Les écorces, les bois, toutes les parties ligneuses, sont abandonnées à la dessiccation spontanée. Les fleurs sont, au contraire, les parties de la plante dont la dessiccation exig« le plus de soins: leur odeur et leur couleur ne se conservant que très difficilement. On les étend sur des toiles ou sur des claies très serrées, et on les soustrait, dans le séchoir, â toute action de la lumière. Dans beaucoup de cas, on remplace le séchoir par l'étuve ; cette précaution est indispensable dans les temps pluvieux, humides, quand il s'agit de fruits pulpeux, tels que la figuo ainsi que de certaines racines à tissu compacte et de certaines plantes mucilagineuses.
La dessiccation à l'étuve est encore employée pour conserver certaines matières animales et en particulier les cantharides. Quelques plantes comme les arums, les sumacs, plusieurs rcnonculacées, perdent leurs propriétés médicinales ou toxiques par la dessiccation.
DESSIÈRE [dé-sièr') n. f. Archéol. Cylindre de bois, do la grosseur du doigt, recouvert de cuir ou de velours et qui servait â supporter les bagues dans les écrins. It On disait aussi doigtier.
DESSIGNER {dé si-gné [Il rail.]) v. n. Rétracter udo signature donnée.
DESSILLEMENT (dè-si-llc-man {Il mil.]) n. m. Action do dessiller les yeux ; état qui en résulte.
Dessication des bois (éiuve).
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DESSILLER {dé-siîl-t' [Il mil.]) v. a. Ouvrir on les écartant dos paiipuiros collées ciiscmhlo. (Pou usité au propre.)
— Fig. Dessiilei' les yeux a ou de, Tirer do l'avouglonioiit, faire voir la vérité à : C'est l'expérience seule qui nous
DKSSILLK I.RS YEUX.
Se dessiller, v. pr. S'ouvrir à la lumiôro do la vérité.
DESSIN [dé-sin — subst. verbal do dessiner) n. m. Roprésoniatiun, sur uno surface, de la forme et non do la couleur des objets ; Dessin nu crayon noir, â la sam/uine, à la plume, il Art du dessinateur : Apprendre le dessin.
— Knsomblo des lignes ot contours d'une figure. (So dit surtout par opposition à. Couleur) : Il n'y a g^ue les mailrcs dans l'art qui soient twns juyes du dessin. (Dider.)
— Fig. Disposition des parties, considérée indépentlammont du style ou de l'oxécutioD : Discou7's d'un dessin heureux. Le dessin est la loi première de tout art, (V. Hugo.)
Il Plan d'un ouvrage d'osprit.
— Dessin au trait. Dessin qui no donne que les linéaments des Heures, sans rendre les ombres et les clairs.
\[ Dessin omoj-é. Dessin dans lequel les ombres et les lumières sont rendues, ii Dessin lavé, Dessin ombré à l'encre do Chine ou colorié avec dos couleurs à l'eau, ii Dessin aux trois crayons, Sorte do pastel très simplifié, en usage au xviii" siècle. (Il s'exécutait sur papier teinté, avec du crayon noir pour les vêtements et les ombres, du crayon blanc pour les points lumineux, et do la sanguine pour les carnations.) [i Dessin aux deux crayons, Dessin sur papier teinté, dans lequel les clairs intenses sont accusés au crayon blanc, ii Dessin linéaire, Dessin technique ayant pour but la représentation des ornements ou des objets qui appartiennent à l'industrie, il Dessin d'architecture, Ropréseutation, par les procédés du dessin linéaire, du plan, de la coupe et do l'élévation des bâtiments ou de tous autres objets, ii Dessins courants. Ornements sculptés ou peints, qui s'étendent sans interruption sur toute la longueur d'une corniche ou dune moulure, ii Dessin à main levée, Dessin d'édifice, de machine, etc., exécuté sans la règle ni le compas, et traité avec une grande liberté.
Il Dessin d'après la bosse, Dessin 'd'après un bas-relief ou une figure en ronde bosse, ii Dessin d'après nature. Dessin d'après un modèle vivant, un paysage réel, ii Dessin d'imitation. Dessin enseigne dans des cours pour apprendre à reproduire les figures, les paysages et les ornements.
Il Dessin leucograpkique. Dessin en blanc sur fond noir.
Il Dessin de machine ou industriel. Dessin au trait ou lavé, destiné à représenter des machines, des pièces de mécanique, etc. it Dessin graphique , Dessin des coupes, plans, etc., en tant qu'il est appliqué aux sciences exactes.
Il Dessin géométrique. Celui qui reproduit les proportions géométriques d'un objet.
— Mus. Disposition des parties d'un ouvrage ou d'un morceau : DussiN mélodique.
— Techn. Ensemble des figures dont un tissu est orné : Etoffes à dessins. Dessin bleu sur un fond blanc.
— Encycl. I. Du rôle du dessin da^ts les arts. Le mot dessin, entendu dans sa signification la plus générale, veut dire l'art d'imiter, de représenter par des traits les formes apparentes des objets. Le dessin est par suite un artifice qui, par le moyen de ligues savamment combinées, figure, sur une surface plane, des courbes, des saillies, des élévations, dos profondeurs. Il doit donc, avant tout, respecter les lois de la perspective.
Le dessin n'est pas moins essentiel à l'architecture, à la peinture, à la statuaire, à la gravure, à tous les arts, en un mot, qu'on appelle justement les arts du dessin. Dans tous ces arts, c'est par le dessin seul qu'on arrive à établir, entre les diverses parties des choses et entre les choses elles-mêmes, les justes rapports qui font les proportions et l'harmonie de l'ensemble. C'est par le dessin que Tarchitecte se rend compte des divers aspects de son édifice futur, sous les trois dimensions : hauteur, largeur et profondeur. C'est par le dessin que le sculpteur discernera les formes les plus belles, les mouvements les plus expressifs pour exprimer son idée, qu'il atteindra au caractère, à l'expression, au style.
Dans les ouvrages de gravure, le dessin est lo fait do l'artiste ; lo reste appartient à l'ouvrier.
II. Histoire du dessin. Ou connaît la gracieuse histoire racontée par les Grecs sur l'origine du dessin, (v. Diddta- DRS.) Los Romains, qui héritèrent dos notions acquisespar les Grecs, employèrent, jusqu'aux derniers temps de l'empire, des artistes de cette nation. Cependant, il y a lieu d'admettre que, sous de tels maîtres, ils le cultivèrent avec succès car \gs Noces aldohrandines{v. Aldobrandines [noces]), uno des plus importantes productions qui nous soient restées de la peinture romaine, olTrcut un dessin très pur et très exact.
Quant aux négligences, aux incorrections qui so remarquent dans les ouvrages des artistes gréco-romains, à partir du iv siècle do notre ère, elles tiennent principalement à l'habitude contractée par ces artistes do laisser ù. l'écart la nature vivante et de dessiner sans consulter d'autre guide que leur mémoire ou leur fantaisie.
Le christianisme acheva la dégradation et la ruino do l'art. Non contente d'avoir prêché la destruction dos chefsd'œuvre do l'art antique, on qui elle voyait les imagos du démon, la religion nouvelle imposa à ses adeptes dos types de pure convention pour ia représentation do ses mystères. Kn même temps, les canons ecclésiastiques déterminèrent la poso, los gestes mémo dos personnages. Los compositions devinrent hiératiques et symboliques. Les artistes cessèrent, dès lors, tout à fait d'étudier le corps humain et so bornèrent à reproduire presque mécaniquement lo mén\o type. Au XI' ot au xu* siècle, il y eut un premier réveil des arts du dessin, réveil que signalèrent d'abord los travaux des architectes. La sculpture commenta i renaître vers la fin du XII" siècle. Piso fut, on Italie, lo berceau de cette ronaissanco. Au xn* ot au xui" siècle, la sculpture subit aussi en Occident, et particuliôromonton Franco, uno transformation notable; los figures qui ornent le portail de la ■Viorgo, ù Notre-Dame de Paris, et qui datent du commencement du XIII* siècle, peuvent être fonsidéréos comme los spécimens les plus remarquables dn la statuaire française &. cette époque. Mais, tandis qu'en Italie l'art statuairo so renouvelait par l'imitation des œuvres du génie antique, on Franco, les maîtres do piorro puisaient dans leur imagination ot l'élude do la nature des inspirations nouvelles.
La réaction contre les traditions byzantines s'étendit bientôt do la sculpture A la pointure. En Italie, rlès lo ronimoncoment du xiii' siècle, Giunta de Pise, Giiido do Sieniio lïonaventura Berlinghieri, ù Lucquos, so signaleront par
dos travaux d'un stylo tout opposé à celui des artistes grecs. Mais lo principal promoteur do la réforme fut Cim.abuô. Giotto, 1 élève de Cimabué, continua la révolution commencée par son maître ; à l'étude de la nature il joignit l'étude des œuvres do la statuaire antique. Dans la suite, los artistes italiens qui firent faire lo (dus do progrès au dessin furent: Stefano Fiorentino. gendre de Giotto; Tommaso di Stefano, qui mérita d'être surnommé lo Giottino (le petit Giotto); Masaccio, qui surpassa tous ses devanciers dans lo dessin du nu et des raccourcis. Le lil de la tradition étîiit renoué. Dans les pays du Nord, principalement on Flandre, los Van Eyck et leurs disciples furent surtout d'éminonts coloristes; mais ils se montrèrent aussi des dessinateurs très fins, très nets, sinon très souples et très gracieux. Memling fut le maître do cette écolo, dont les figures ont les proportions les plus exactes, les formes les plus correctes.
Loxvi' siècle fut le siècle des grands dessinateurs. En Italie, Léonard de Vinci, Michel-Ange, Raphaël et ses disciples, Fra Bartolommeo, le Corrègo, Andréa del Sarto, le Titien, lo Gior^iono, lo Tintoret, Véronèse; en Allemagne, Dlirer, HoTbein, portèrent l'art du dessin au plus . liant degré de perfection, grâce à l'étude assidue et à limitation scrupuleuso de la nature.
E^ général, les artistes qui se formèrent ù. Rome et à Florence durent leur supériorité dans lo dessin à la connaissance approfondie de l'anatomie humaine et des règles do la perspective géométrique, à l'habileté avec laquelle ils accusaient les contours des objets. Les Vénitiens cherchèrent à obtenir, A l'aide de la couleur, l'accentuation des formes et ce relief tant prisé par Léonard; ils négligèrent le trait, et, à cause de cela, furent accusés de ne pas savoir dessiner. Les peintres qui vinrent ensuite se rattachèrent plus ou moins étroitement à l'une ou à l'autre de ces deux catégories d'interprètes de la nature. Parmi les partisans de la ligne, il faut ranger les Carrache et bon nombre de leurs disciples. Poussin et ses imitateurs, Lebrun et la plupart des peintres français du xvii' siècle et de la première moitié du xviir, David, Overbcck, Cornélius, Kaulbach. Ingres, H. Flandrin, etc. Parmi les partisans de la couleur, nous trouvons Rubens, Rembrandt et ses élèves, Velazqiiez, Murillo, Watteau, Prudhon, Gros, Géricault, Eugène Delacroix, etc.
III. Etude du dessin. Difl'érentes méthodes ont été adoptées pour l'enseignement du dessiîi. Or, le principe essentiel sur lequel est aujourd'hui basé l'enseignement se résume en cette simple formule : dessiner d'après le relief. La seconde étape du dessinateur est l'étude du modèle vivant, autrement dit » de la nature '>.
Le dessin de paysage, d'animaux, d'ornements, d'architecture exige des études particulières. On dessine sur du papier blanc ou du papier teinté de gris, de bleu ou de quelque autre couleur. Pour tracer les traits, on emploie la pierre noire, la sanguine, la mine de plomb, la mine d'argent, la plume, les crayons de diverses couleurs. Quand on dessine sur un papier teinté, on emploi© ordinairement la craie ou crayon blanc pour marquer les lumières ; en ce cas, le fond du papier forme les demi-teintes; les autres crayons servent à faire les ombres, qu'on obtient soit par des" hachures, soit en estompant. On dessine aussi au pinceau avec une substance colorée, telle que l'encre de Chine ou le bistre, délayée à Toau ; le dessin ainsi obtenu prend le nom do lavis. Si, au Heu d'encre de Chine ou de bistre ou de toute autre couleur servant à faire un lavis monochrome, un camaïeu, on emploie plusieurs couleurs délayées à l'eau, le lavis qui on provient se nommo aquarelle; si à l'eau on mélange de la gomme, on obtient une gouache. Quelquefois, on associe l'auuarelle à la gouache; le lavis, au crayon ou à la plume. Mais, tout bien considéré, les imagos qu'on obtient en se servant du pinceau ot do couleurs variées cessent d'appartenir à la classe des dessins ; ce sont de véritables peintures. Les tableaux exécutés au moyen de pâtes do diverses couleurs, posées à sec, ou tableaux au pastel, ne sauraient être rangés davantage parmi les dessins.
IV. Dessin linéaire. Ce genre comprend : le tracé dos épures do géométrie élémentaire, descriptive et analytique ; la perspective ordinaire et isométrique ; los dessins d'architecture et de machines; la lopographie.
Pour dessiner au trait, on fait usage de la règle, du té, do l'équcrrc, du pistolet, des compas, du double décimètre, du rapporteur, du tire -ligne, do la plume, du crayon de mine iic plomb, de l'encre de Chine, de quelques couleurs, du pinceau, do la gomme élastique, etc.
Avant de commencer le dessin, il est nécessaire do fixer l'échello à laquelle on rapporte toutes les longueurs, hauteurs ou épaisseurs. Ces échelles varient avec lo but que l'on se propose et los dimensions des objets à représenter ; elles sont, suivant les cas, égales à. l'unité, ou plus petites, ou plus grandes qu'elle.
Quand ces opérations proliminaires sont terminées, on fait lo dessin au crayon complètement ot avec exactitude ; puis on passe à l'encre, en s'attachant à faire les lignes égales dans toute leur étendue, convonablemenl lînos et d'une teinte d'oncro uniforme pour tout le dessin.
Lo dessin linéaire proprement dit n'exige pas beaucoup do connaissances en géométrie : il suffit do savoir élever des perpendiculaires, mener dos parallèles, diviser uno circonférence ot tracer quclnuos courbes usitées dans les arts. Avec ces données et quelque peu d'habitude du crayon et du tire-ligne, on peut arriver à étro un bon dessinateur, capable do reproduire ot de copier des objets déjà dessinés. Mais, lorsqu'il s'agit d'appliquer lo dessin linéaire aux diffi'Tentos branches dos arts qui tiennent do la science, cotte dose do savoir n'est plus suffisante, et il faut avoir des notions très avancées do géométrie descriptive et mémo de géométrie analytique.
Los dessins sont do doux sortes : los uns, appelés miniitrs, sont simplement au trait et doivent satisraire aux con<litions énumérées précédemmout ; les autres, dits à /"ey/'e/, sont soumis ù, dos lois plus complexes, qu'il nentro pas dans notre cadro do donner on détail. Ce genre do dessin, que l'on fait d'abord au trait, exprime lo relief des objets par des ombres propres ot par dos ombres portées, il s'oxécuto à l'encro do Chine ou on couleur, et exige, do la part du dessinateur, une étudo approfondie des projections et, par conséquent, do la géométrie desrriptivo. Dans ces dessins, les teintes sont plates, fortes, adoucies ou tournantos.
Le dessin linéaire comprend, outre le dessin à la règle et A l'équerre, celui quo 1 on appelle lo dessin à main ler^e, et qui consiste ù reproduire los formes ot los contours dos