ANTE
— Substantiv. au masc. : Un désobstructif.
DÉSOBSTRUCTION {stru-ksi) n. f. Action de désobstruer; résultat de cette action.
— Méd. Cessation ou destruction de l'obstruction des tissus.
DÉSOBSTRUER Istru-é) v. a. Débarrasser de ce qui obstrue, de ce oui encombre : Désobstruer une rue, un canal.
— Fig. Débarrasser d'obstacles.
— En T. de méd., Dissiper l'obstruction de : DÉsOBSTRCEn le foie.
Se désobstruer, v. pr. Etre, devenir désobstrué.
DÉSOCCUPATION (o-ku-pa-si) a. f. Manque d'occupation, désœuvrement : La désoccupation est un état pénible pour ceux qui ont passé leur vie dans les affaires.
— Syn. Désoccupation, désœuvrement, inaction, inactivitë, Inertie, lolBlr, oisiveté. Les quatre mots désoccupation, désœuvrement, loisir, oisiveté marquent le défaut
d'un travail réglé; les trois autres font entendre qu'on n'agit pas, qu on reste en quelque sorte immobile, l^o désœuvrement dilfèro de la désoccupation en ce qu'il est passager, tandis que l'autre est durable ; lo désœuvré no fait rien, mais il pourrait travailler s'il le voulait; le désoccupé ne sait pas môme ce qu'il pourrait faire. L'oisiveté suppose un caractère enclin à la paresse. Le loisir est un repos d'un moment : c'est le temps de liberté que laissent les occupations ordinaires et dont on dispose souvent pour faire des choses fort utiles ou au moins pour prendre une distraction souvent nécessaire. L'tnaction est passagère, elle a souvent une cause extérieure; on n'agit pas parce que quelque chose empêche d'agir. Uinactivilé est durable comme l'oisiveté, elle vient du caractère ou c'est Vinaction passée en habitude, h'inertie est Vinactivîlé absolue : elle suppose jusqu'à l'impuissance d'agir.
DÉSOCCUPER (o-ku) v. a. Soustraire à ses occupations.
Désoccupé, ée part. pass. du v. Désoccuper.
— Substantiv. Personne désoccupée, désœuvrée : Les DÉsoccuPÉs risquent beaucoup de succomber aux vices qui les assièqeîit.
Se désoccuper, v. pr. Se décharger de ses occupations; ne plus s'occuper.
DesceiiXETS (Louise), comédienne française, née en 1621, morte à Paris en 1670. Elle joua au théâtre de l'hôtel de Bourgogne, dans les premiers rôles trafiques, où elle obtint une grande réputation. Louis XIV disait que, pour que le rôle d'Hermione, dans Andromaque, fût parfaitement rempli, il fallait que M"« Desœillets jouât les deux premiers actes, et M""* Champmeslé les deux derniers. On cite, parmi ses princif)ales créations : Sophonisbe,dans la tragédie de Corneille; Hermione, d' Andromaque ; Agrippine, de Brilanniais.
DÉSŒUVREMENT (man) n. m. Etat de celui qui est désœuvré ; inaction, inoccupation : Rester dans le désœuvrement. Le désœuvrement est funeste.
— Techn. V"", desseuvrement.
— Syn. Désoccupation, inaction, etc. V. désoccupation. DÉSŒUVRER v. a. Jeter dans le désœuvrement : // faut
éviter de désœuvrer les jeunes gens.
— Techn. V. desseuvrer.
Désœuvré, ée part. pass. du v. Désœuvrer.
— Substantiv. Personne désœuvrée, inoccupée : Les DÉ5a:DVRES s'ennuient souvent.
DÉSOLABLE adj. Qui peut être désolé.
DÉSOLANT (lan), ANTE adj. Qui désole, qui cause la désolation : Nouvelle désolante, ii Par exagér. Ennuyeux, contrariant, importun : Pluie désolante.
— Anton. Consolant, désopUant, exbilarant, hilarant, ravissant, réjouissant.
DÉSOLATEUR, TRICE adj. Qui cause la désolation : Guerre t ésolatrice.
— Substantiv. Personne qui cause la désolation : L'n conquérant est toujours un désolateur.
DÉSOLATION [si-on) n. f. Ravage, dévastation : Attila
f sortait partout avec lui la désolation et la rétine, il Doueur, affliction profonde : Etre plongé dans la désolation.
— Par exagér. Ennui, contrariété : Temps qui met dans la désolation.
— Abomination de la désolation, Désolation la plus profonde. (Est employé dans le style de l'Ecriture.)
— Syn. Désolation, affliction, amertume, douleur, mal, peine, souffrance, tourment. V. affliction.
— Anton. ConsolatlOD.
DÉSOLATION (cap de la), cap situé à l'extrémité sudouest du Groenland.
DÉSOLATION (Terre de la). V. Kerguélen.
DÉSOLER (lat. desolare; du préf. de, et de solus, seul) v. a. Dévaster, saccager ; Les sciences et les arts ont consolé la terre pendant que les guettes la désolaient. (Volt.) Il Plonger dans une extrême douleur, affliger profondément : L'abandon de Madrid et la retraite sur l'Ebre avaient désolé Napoléon. (De Pradt.)
— Par exagér. Ennuyer, importuner, contrarier : Enfant qui DÉSOLE TJar sa turbulence.
Désolé, ée part. pass. du v. Désoler.
— Substantiv. Personne profondément affligée : Le monde ne sait consoler qu'en disarit aux désolés qu ils oublieront peu a peu leur chagrin. (St-Marc Gir.)
Se désoler, v. pr. Se livrer à la désolation; s'affliger profondément. Il Par exagér. Etre contrarié, ennuyé, importuné.
— Syn. Désoler, dévaster, infester, ravager, ruiner, saccager. Désoler un pays, c'est le réduire â un état tel que tous les habitants soient malheureux et presque réduits au désespoir. Dévaster fait penser à un grand pays qui est devenu comme un vaste désert. Infester suppose des incursions répétées, une suite de coups de main qui ne laissent aucun repos aux habitants. Ravager marque l'impétuosité de l'action ; tout est emporté comme sur le passage d'un torrent que rien n'arrête. Ruiner marque la destruction de tout co qui enrichissait un pays, de façon à n'y laisser plus que des débris, des ruines. Enfin, saccager, c'est mettre à sac, piller, employer lo fer et le feu, traiter comme une ville prise d'assaut après une longue résistance.
^ Anton. Consoler, réjouir.
DÉSOLLICITER (si-té) v. a. Cesser de solliciter.
DÉSOPERCULATEUR {pèr') n. m. Apic. Sorte de couteau, à l'aide duquel on opère la désoperculation des rayons do miel.
DÉSOPERCULATION Désoperculateur.
{pèr', si-on) n. f. Apic.
Enlèvement des opercules servant de fermeture aux cellules à miel.
— Encycl. Pour opérer la désoperculation, on place lo cadre sur un chevalet, et, au moyen d'un couteau (le désoperculateur), cliauff'é légèrement, on racle la surface du rayon. Les opercules sont recueillis dans un récipient placé au-dessous du chevalet.
DÉSOPERCULER [per') v. a. Pratiquer la désoperculation.
DÉSOPILANT (Jan), ANTE adj. Méd. Propre à désopiler, â guérir les opilations : Une potion désopilante. Il On dit
aussi DÉSOPlLATIF, IVE.
— n. m. Remède désopilant : Les désopilants.
— Fig. Qui excito à une prando paioti^, la môlaauolio ot lo marasme ayant élo attriUuiis à uuo opilatiou do la rato : Anmlutr dksoimlanti-:.
DÉ30PILATIF, iVEa<ij. Môd. Syn. do désopilant, antk.
OÉSOPILATION (si-on) n. f. M(Sd. Guérison d'uno opilalion, d'uno obstruction, d'un ongorgomeut ; La dksoi'ila- TioN de la rate.
— Fig. DésopiUidon de. la rate ou simplement Ih'sopilatioji, Grande gaiotô succédant à la raélancolio : Spectacle (jui produit la Dt:si.HML\Tl0N DU la ratk.
DÉSOPILER V. a. Môd. Déboucher, débarrasser do l'opilation : Dksoimlkr la rate.
— Fig. Désopiler la rate ou simplement Désopiler, Exciter une grande gaieté, particuliérômont chez uno personne triste ou mèlaiicoliiiuo.
Se désopiler, v. pr. Etre, dovonir désopilé. il Désopiler à soi.
— Fig. Se désopiler la rate ou simplement Se désopiler, So livrer à uno grando gaieté.
DesOR ( Edouard ), géologue et archéoloç:uo, né à Friedricbsdorf, colonie de protestants français, dans le landgraviat de Hosso-Hombourg, en 1811, mort à Nice en 1882. Après avoir fait son droit aux universités de Giossen ot do Heidelberg, il se tixa à Paris en 1833. Un voyage en Suisse, en 1837, le rapprocha d'Açassiz, dont il devint le collaborateur attitré. 11 visita ensuite le nord do l'Europe, la presqu'île Scandinave en particulier, et accompagna, en 1847, Agassiz en Amérique. De retour, il publia successivement : Synopsis des échiuîdes fossiles (1858), puis lo curieux livre intitulé ; Palafittes du lac de NeuchâteL Au cours de l'hiver de 1863 à 1864, Desor entreprit un voyage dans la province d'Alger et lo Sahara. Un certain nombre de ses travaux ont trait à la géologie et à la préhistoire en Suisse.
DÉSORBITER (SE) v. pr. Sortir de son orbite. (Fourior a employé le même verbe en supprimant le pronom régime.)
DÉSORCELER v. a. Anc. syn. de désknsorcelkb.
DÉSORDONNÉ (c/o-Jié), ÉE adj. Qui manque d'ordre, qui eyt mal réglé, ma! régi : Une maison, Une administration DÉSORDONNÉE. Il Egaré, sans but, livré au hasard : Une marche DÉSORDONNÉE. Dcs mouvements désordonnés.
— Fig. Qui manque d'ordre dans sa conduite : Ecolier DÉSORDONNÉ. Il Quî n'ost pas dans l'ordre, qui est excessif ou déréglé : Passion désordonnék. Vie désordonnée.
— Snustantiv. Personne désordonnée.
DÉSORDONNÉMENT {do-né) adv. D'une fa^on désordonnée, sans ordre.
— Fig. D'une façon déréglée ; avec excès.
DÉSORDONNER [do-né) v. a. Mettre en désordre : DÉ- SORDONNER les raiif/s d'une année, il Intervertir l'ordre do : DÉSORDONNER les événements.
— Fig. Jeter la confusion, lo trouble dans : Désor- DONNiiR la société.
Se désordonner, v. pr. Devenir désordonné.
DÉSORDRE n. m. Défaut d'ordre, de disposition régulière ou d'arrangement : Des vêtements. Des cheveux en DÉSORDRE. Aller en désordre â l'ennemi. \\ Absence do combin-aison, de disposition prévue. (Peut être pris eu bonne part) : Un aimable désordre. Un désordre pittoresque. Il Confusion plutôt apparente que réelle, qui convient à certains genres littéraires ou à l'expression de certaines passions vives : Le désordre convient au genre lyrique.
— Dérangement dans le fonctionnement régulier d'un système; lésion ou altération dos organes : L'abus des alcools produit dans l'estomac des pésordrks iitéparables.
— Par anal. Trouble do l'esprit; défaut de suite dans les opérations de l'esprit.
— Par ext. Défaut d'organisation : Le désordre des finances, ii Défaut d'entente, d'ensemble dans le but ou dans l'action ; troubles, dissensions : Camp dans lequel s'est tnis le désordre, il Acte irrégulier, contraire â la loi : Réprimer le plus petit désordre.
— Fig. Dérèglement de la conduite : Le désorork des malheureu.T est toujours le crime des riches. (Vauvon.i
— pRov. : Il eBt comme la servante à Pilate, il se plaît dans le désordre, U somo lo trouble autour de lui.
— Allus. litter. :
Chez elle un beau désordre est im effot de l'art. Vers do Boileau. V. art.
— Allos. Hisr. : Faire de l'ordre avec du désordre. V. ordre.
— Encycl. Dr. admin. En cas de désoi-dres publics, les troupes, à moins d'une agression directe, ne doivent jjas faire usage de leurs yrmes, ot no peuvent intervenir ()u"après en avoir été ror|uisos par l'autorité civile. Mais, après cette réquisition, le choix et l'exécution des mesures à prendre appartiennent à l'autorité militaire. La troupe no peut, d'ailleurs, étro employée au maintien de l'ordre, en dehors de sa garnison, sans uno décision du gouvernement ou de ses délégués.
La troupe chargée de disperser un rassemblement doit annoncer son arrivée par un roulement do tambour, ou une sonnerie de clairon. Si lo rassemblement est armé, le magistrat civil qui accompagne la troupe peut lui prescrire de faire usago de ses armes après deux sommations, dont la seconde doit fttro précédée d'uno sonnerie do clairon, ou d'un roulement do tambour. Si le rassemblement est sans armes, il faut trois sommations, précédées cliacune d'un roulement do tambour, ou d'uno sonnerie do clairon, avant que la troupe requise la disperse par la force.
DÉSORGANISATEUR, TRICE adj. Qui désorganise, qui r-st prnpre à d'-soi'gatiisor : .S'(/ô,s/aj/cc.s désoroantsatrices des lisius nninmuj-. ti Fig. Qui engendre lo trouble, la confusion, lo désordre : La philosophie est une puissance essentiellement DÉsoR(iANiSATHirK. (J. (lo Maistro.)
— n. relui, colle qui désorganise, qui engendre lo trouble, la confusion, lo désordre ; Les accapareurs, les agioteurs, sont des déroruanisateurs. (Fonrier.)
DÉSORGANISATION (si-on) n. f. Action de désorgani- .snr ; état do ce qui ost <lésorganisé : Une diyestion souvent interrompue amène à ta longue la désoRoanisaïion de» tissus de l'estomac. (Maquol.)
— Fig. Trouble, confusion, désordre, destruction do l'union, do Vartion commune : La tendance de l'homme est à la uùsoROANi.sATiON. (l'roudh.)
DESOPILATIF — DESPERRIERS
DÉSORGANISER V. a. Détruire l'organisation do : Les ventouses nKscKtiANisENT les tissus. (Uaspail.)
— Fig. Détruire l'union, l'ensemble do : Les idées de liberté DÉNomiANiSKNT le despotisme.
Se désorgciniser, v. pr. Devenir désorganisé; perdre Sun orgauisatiun. il Fig. Perdre sa constitution, fitro décomposé, divisé, détruit.
Desorgues (Théodore), poète français, né à Aix en Provence, on 1763, mort â 1 asile do Charenton en 1808. Sun républicanisme ardent se retlèto dans ses œuvres : /iousseau ou l'J'Jnfance, poème ; Poésies lyriques (I794i ; Hymne à l'Etre suprême ; Chant de yuerrc contre l'Autriche (1799); Voltaire ou le Pom^oir de la philosophie [11^0]; les Fûtes du dénie, précédées d'autres Poésies lyriques (1800) ; Chant funèbre en l'honneur des guerriers morts à la bataille de Marenqo (1800).
DÉSORIENTATION {an-ta-si) n. f. Action do désorienter.
DÉSORIENTER [ri-an) v. a. Faire perdre l'orientation à : Desorienter un cadran.
— Par ext. Faire oublier la position des points cardinaux à : Coup de vent qui désoriente des marins, il Dérober la connaissance de son chemin à : Détour insensiltle de la rivière gui désoriente aisément les voyageurs.
— Fig. Egarer, déconcerter, embarrasser :Z,a 7?Juo^i(^(o?i AVAIT DÉSORIENTE l'esprit liumaîn. (Lamart.)
Se désorienter, v. pr. Perdre son orientation, il Par ext. Perdre la connaissance de la position des points cardinaux. Il Ne plus retrouver son chemin.
— Fig. Se déconcerter, s'embarrasser.
DÉSORMAIS {mè — du préf. dès, et du vieux franc, ores, à présent, et inais, davantage [dès l'heure actuelle et à l'avenir]} adv. de temps. De ce moment, à l'avenir : L'intolérance ressemble désormais à de la folie. (J. Simon.)
DeSORMEAUX (.Joseph-Louis Ripault), historien français, né à Orléans en 1724, mort à Paris en 1793. Le prince do Condé, de l'aïeul duquel il avait écrit la vie, se l'attacha comme bibliothécaire, et le tit nommer successivement prévôt général de l'infanterie française et étrangère, historiographe de la maison de Bourbon (1772) et membre de l'Académie dos inscriptions. On lui doit les tomes IX et X de {'Histoire des conjurations, entreprise par Duport du Testu ; Abrégé chronologique de l'histoire d Espagne et de Portugal (1758) ; Histoire du maréchal de Luxembourg, précédée de VHistoire de la maison de Montmorency (1764) ; Histoire de Louis de Bourbon, prince de Condé (1767-1768); Histoire de la maison de Bourbon, que a Révolution l'empêcha de pousser plus loin que la tin lu règne de Henri IIL
Desormeaux (Marie-Alexandre), médecin français, né à Paris en 1778, mort en 1830. Il avait brillamment commencé ses études de médecine sous la direction de son père, lorsque la mort de celui-ci le mit dans la misère ; il partit à l'armée du Rhin, revint en 1802, se fit précepteur pour vivre, puis s'établit à Paris en 1811. Il succéda à Baudelocque dans la chaire d'accouchement à la Faculté de Paris, après un brillant concours, et fut médecin en clief de la Maternité, en 1828. Il a laissé : Précis de doctrine sur l'accouchement par les pieds.
DeSORMERY (Léopold-Bastien), comédien et compositeur français, né à Bayon (Lorraine) en 1740, mort en 1810. Engagé à la Comédie-Italienne, à Paris, il y resta jusqu'en 1778 et écrivit la musique d'un opéra-comiquo en deux actes : la Fête au village, qui fut représenté à ce théâtre en 1775. Il avait donné déjà, à l'Opéra, Hylas et Eglé, en un acte, dont il avait fait la musique en collaboration avec le chanteur Legros. Il y fit représenter ensuite deux pastorales : Euthyme et Lyris et jfyrtil et Licoris, dont la seconde surtout obtint un très grand succès. Ses autres ouvrages ne furent pas joués; il renonça à la composition pour se consacrer à l'enseignement.
DÉSORNAGE n. m. Techn. V. dessornage.
DÉSORNER v. a. Dépouiller de ses ornements : Désor- NEU lin autel. (Peu usité.)
— Techn. V. dessornlr.
DÉSOSSEMENT {zo-se-man) n. m. Action de désosser : Le DEsr»ssE.\iENT cst uue des opérations les plus délicates de l'art culinaire.
DÉSOSSER (zo-sé) V. a. Dépouiller de ses os : On désosse la volaille et le gibier pour faire la galantine. Il Dépouiller de ses arêtes ; Désosser une sole.
— Fig. Etudier dans le détail, disséquer, décomposer: Désosser une pièce, une phrase.
— Pop. Rouer de coups.
— - En T. de péch., Dépouiller do sa grande arête, en parlant d'une morue.
Désossé, ée part. pass. du v. Désosser.
— Par ext. Qui est comme privé d'ossature, dont les membres sont flasques et sans fermeté : Un grand garçon mince et désossé.
— Fig. Mou, lâche, sans énergie : Il est des caractères DÉSOSSÉS dont la bonté consiste à ménager tout le monde pour être ynénagés. (Vinot.)
— Substantiv. Personne dont les membres sont très flexibles ou très flasques : Les dhhossks du cirque semblent des hommes de caoutchouc.
Se désosser, v. pr. Etre, devenir désossé. DÉSOUCI (sou-si) n. m. Retour A la gaieté: absence d'inquiiMude ; insouciance ; Le désoucl de la vie. (Peu usité.)
DÉSOUFRAGE ifraj') n. m. Métall. Sorte de carbonisation légère, quo l'on fait subir à certaines houilles destinées à la fusion des minerais do for, alin de les débarrasser du soufre ot du bitume qu'elles contiennent.
DÉSOUFRER v. a. Débarrasser du soufre : Dksouprer delà laine, ii Lisser les matteauxdo soiodansdes récipients remplis d'eau, après avoir retiré ces mattcaux dos souffroirs où ils ont été blanchis. ,.
DÉSOURDIR V. a. Défaire, on parlant d'uno étoffe ourdie : llÉ.souKhiR de la toile.
Se désoiirdir, v. pr. Etro désourdi; so défaire, on parlant iVmw l'toire ourdio.
DÉSOXALATE [l^sa) n. m. Soi dérivant do l'acide désoxalique.
DESOXALIQUE {Ksa li/c') adj. Chim. Se dit d'un acido C'IIH)', ré^iiliiint de l'action do l'amalgame de sodmm sur l'oxabito d éthylo.
DÉSOXYBENZOÏNE {ksi-btn) n. f. Composé de formule C'lP.CO.(Jli*C'II', (luo l'on obtient en traitant la benzoine par l'acide chlorhyarique ot lo zinc. Syn, PHENYLbENZYL-
CETONE, DIÏ'HÉNYLÉTUANONE.
— Encycl. La désoxytjcnzoïne s'obtient sous forme do grosses tables fondant ù 60"; ollo est soluble dans l'alcool otl'éther; elle donne do nombreux dérivés qui so forment, soit par le remplacement de l'hydrogène des groupes C'H* par certains éléments ou radicaux, soit par lo romplacemonl de l'hydrogène dans le groupe -CO-CH*; on fait une distinction dans les dénominations de ces dérivés do la façon suivante : ou donne le nom de désyle au radical C"H\CO.CH.C"IP, de sorte qu'on appelle composés désyliques ceux qui résultent d'uno substitution dans lo groupe -CO-CiP. Ainsi, lo composé C'IP.CO.CIi'C*!!*. C'H' est appelé éthyldêsoxif^enzoine, le composé C'H'.CO. CH.C'H'.C'IP ost appelé élhyldésyle.
DÉSOXYDANT (ksi-dun), ANTE adj. Qui désoxyde, qui ost propre à dcsoxydor ; Substance désoxydante. Des propriétés DÉSOXYDANTIiS.
— Substantiv. au maso. : Un désoxydant. DÉSOXYDATION (ksi-da) a. f. Chim. Action dodésoxy-
der, état de ce uni est désoxydé : La désoxyoation d'un métal. Un étal de DES0X.YDAT10N avancée. Il On dit aussi
DÈSOXYGÉNATIflN.
— Encycl. V. réduction.
DÉSOXVDER {ksi) v. a. Chim. Priver de son oxygène : lti:soxvi»i;K ((j( métal, il On dit aussi désoxygéner.
Se désoxyder, v. pr. Perdre son oxygène : La rouille de fer SE DESOXYDE avec la plus grande faciUlé. (L. Figuier.)
DÉSOXYGÉNANT, ANTE adj. Chim. Syn. de désoxydant, antk.
— Substantiv. au masc. : Un désoxtgénant.
DÉSOXYGÉNATION n. f. Chim. Syn. de désoxtdation.
DÉSOXYGÉNER {ksi-jé. — Prend un accent grave sur l'avant-dcrnier e, devant une syllabe muette : Je désoxygène, il désoxygène ; excepté au fut. de l'înd. et au cond. prés. ; Je désoxygénemi. Nous désoxygénerions) v. a. Chim. Syn. de désoxyder. ii S'emploie plus particulièrement pour l'air : Désoxygéner de l'air.
Se désoxygéner, v. pr. Syn. de se désoxyder.
DESPARAGER v. a. Linguist. V. déparager.
DespaRS ou Desparts (Jacques), en latin De Partibus, médecin français, né à Tournay vers 1380. mort en 1458. Il fut reçu docteur en médecine en 1410, mais il était précédemment entré dans les ordres. Il devint chanoine de Tournay, chancelier de l'église de Paris, député do l'université au concile de Constance (1415). médecin de Philippe de Bourgogne et du rot Charles "VII. C'est grâce à ses libéralités que la faculté de médecine de Paris put faire bâtir rue de la Biicherie une école de médecine qui existait encore lors de la Révolution. Ses ouvrages, dont le plus important est Explicatio in Avicennam (1498), sont sans grand intérêt.
Despars (Nicolas), chroniqueur, né et mort à Bruges (1522-1597). Issu dune famille noble, il devint échevin de Bruges en 1553, conseiller en 1556. Il était bourgmestre en 1579, quand les bandes gantoises s'emparèrent de la ville. U a laissé une chronique en flamand : Chronycke van den lande en grafscape van Yl^nderen, qui va de l'année 405 à la découverte de l'Amérique (1402).
DespAUTÈRE (Jean), en flamand 'Van PautEREN,
grammairien, également connu sous le nom de Jean lo Ninivite, né vers 1460 à Ninove (Brabant), mort à Comines en 1520. 11 doit son renom à ses Commentarii qrammatici (1537), qui comprennent des Jtudimenls, une Ùrajnmaire, une Syntaxe, une Prosodie et un Traité des figures et des trvpes. L'ouvrage est écrit en latin. Quoique difTus, obscur et plein de fatras, il n'en jouit pas moins d'uno grande vogue, avant d'être détrôné par la Grammaire, beaucoup plus simple, de Lhomond. Despautère a publié. en outre : Orthographia (1530); Ars epistolica (1535). Gui" Patin a composé sur lui. cette épitaphe :
Grammativam srivil. 7nuHos tloruilgiie per annos. Dectinare tamen non jiotuit lumutum.
« Il savait la grammaire, qu'il enseigna pendant nombre d'années, et, cependant, il n a pu décliner... le tombeau. »
DespazE (Joseph), poète satirique français, né à Bordeaux en I7ii9, mort en 1814. Il vint à Paris, où il débuta par un panégyrique : la Vie privée des hommes du Directoire (1796), puis il fll paraître, avec quelques amis, une feuille apressivo, " le Vuret » (i799). En 1800. il publia ifuatre satires, dans lesquelles il attaauait avec beaucoup de verve les hommes et les choses oe la Kévolution, et qui eurent un grand succès. Elles furent suivies d'uno Cinquième satire, dirigée contre des littérateurs vivants (1802). Ce morceau lui attira tant d'att;i(|ucs violentes qu'il quitta Paris. On trouve les cinc^ satires de Despazo dans les Satiriques des xvm' et xix* siècles (1840).
DESPECT [dè-spèk' — du lat. despectus, môme sous) n. m. Perie du respect. (Très peu usité.)
DESPECTUEUX [spè-ktit-eù), EUSE [rad. dcspect] adj. Qui manque do respect.
DeSPENAPERROS (PUERTO dk'), rtélilo de l'Espagno méridi.malo, faisant communiquer le plateau de la Manche et hi vallée do l'Audalousio à travers la sierra Morena.
DESPERMATISER {dê-spèr' — du préf. priv. dé, et do sperme) v. a. IVivor de spormo.
Se despermat/ser, v. pr. Se dépouiller de sperme.
DESPERRIERS ou DeSPÉRIERS ou DeS PÉRIERS (Bonaventuro). poète et ]>hilosonlie français, né t\ Arnav-le-Duc (Bourgogne) entre 1^.00 et 1510. mort vers 1511. Il s'instruisit î\ fond dans lo latin et le grec, ot put travailler avec Olivoteau à la Bible française (15351, et avec Dolet aux Commentaires de la langue /n/iue (1536). Il s'attacha à Marguerite de Valois, reine de Navarre, sœur de François 1", en qualité do valet de chambre 11536). Là, Dosporriors. insurgé contre l'Eglise romaine, trouva le milieu et l'abri qu'il lui fallait. U défendit Clément Marot, proscrit pour sa tradui-tiun des Psaumes, dans sa requête on vers ;\ François I". Kn 1537, son Ci/mbalum Humi/j, nouvellement paru, fut saisi et détruit par !o bras séculier. Calvin, du côté dos protestants, dé- < lara l'œuvre impie au premier chef et la dénonça à la
DESPEYROUS — DESPUMATION
colère du roi François I". Pasquier le voua au bûclier. Marguerite protégeait encore Despcrriers contre les persécmious. mais, sans doute, elle se lassa de lincrédulitë de son protégé, qui n'était ni prolestant ni calholi((ue. Celui-ci quitta la cour de cette princesse, vécut dans la misère et se suicida probablement.
Les ouvrages de Desperriers, recueillis par Ant. Dumoulin (1544) et dédiés à la reine de Navarre, comprennent: ie LysiSj de Platon, traduit en prose; la Queste d'amitié; une Relation; Voyage de Lyon à Xostre-Dame de Lisle en i5S9; le Blason du no?nbril; la Faiblesse des femmes en amour; an Chaut de vendanges ; les Malcontens ; la traduction de quelques cantiques , la /•rof/nos/icaf ion rfes /jro^Hosïtcations; une traduction en vers de \'Andrienne,AQ Térence; une paraphrase du cantique de Moïse : les Nouvelles re'cr^a- (io«seOoyfi"^^^t''*(l^^8),dontJl n'a composé qu'une partie; enfin, le fameux Cymbalum mundi. V. Cymbalom musdi.
DCSPEYROUS (Théodore), mathématicien français, né en 1S15 à Beaumont-de-Lomagne (Tarn-et-Garonne), mort à Toulouse d'un accident de voiture, en 1883. Il fut professeur à la Faculté de Dijon, de Toulouse et directeur de l'Observatoire de cette dernière ville. Despeyrous a publié iin grand nombre de mémoires, parmi lesquels : Sur les surfaces isothen/ies; Sur l'attraction des ellipsoïdes; Sur les fonctions elliptiques ; Sur les équations résolubles algébriquement; Sur la théorie des permutations. Sa veuve a publié ses œuvres, entre autres : un Cours de mécanique (1884-188Ô), avec des notes de Darboux.
DespiNOY (Hyacinthe-François-Joseph, comte), général français, né à Valenciennes en 1764, mort à Paris en 184S. Il fit toutes les campagnes de la Révolution, devint général de brigade en 1793, se distingua particulièrement à l'armée des Pyrénées-Orientales contre les Espagnols, et fut nommé g^énéral de division en 1796, pour la vigueur avec laquelle il poussa le siège du château de Milan. Il reçut le gouvernement d'Ale.xandrie du Premier Consul, remit cette place aux Alliés en 1815. Despinoy adhéra à. la Restauration, fut mis par Louis XVIII à là tète de la division de Paris, et obtint le titre de « comte « en 1816.
Desplaces (Louis), graveur français, né et mort à Paris (1682-1739), a laissé de belles estampes, d'un travail à la fois précis et moelleu.x, d'après Lebrun, les Coypel, Watteau, Nattier, etc. Ses planches, d'après Jouvcnet [Jésus-Christ guérissant les malades, l'Elévation en croix, la Descente de croix, etc.), sont les plus remarquables.
Desplaces (Philippe), astronome, né et mort à Paris (1659-1736). On lui doit de petits calendriers qui ont paru sous le titre de Etat du ciel; Ephémérides de l'Académie ■(1706-1708); Ephémérides pour dix années ^1716), avec deux volumes supplémentaires (1727-1734).
DeSPLAS (Jean-Baptiste), vétérinaire, né et mort à Paris (1758-1823). Ou a de lui : Instructions sur les maladies inflammatoires épizootiques (1797); Rapports annuels faits à la Société royale et centrale d'agriculture, dont il était membre.
DESPLATZIA (pla-tsCj u. m. Genre d'arbrisseaux, de la famille des tiliacées, série des tUiées habitant l'Afrique tropicale.
DESPOBLADO {di-ss — mot espagn. qui signifie dépeuplé) n. m. Nom donné, dans les pays espagnols, non seulement aux lieux dépeuplés (conformément à la signification du mot), mais surtout à ceux qui ne furent jamais habités.
— EiNCYCL. Ce nom s'applique aux déserts institués soit par la sécheresse du climat, soit par l'altitude du sol : tels les despoblados de Castille, d'Estrémadure et des plateaux des Andes. C'est principalement sur les « hauts » de la Bolivie et du Pérou qu'ils se déroulent en tous sens, nus, mornes, arides, glacés, altérés, sauvages : « despoblados », et en même temps pâramos, punas, pampas, salares, salinas, suivant certaines circonstances de lieu, d'aspect, de nature (telles que, par exemple, la présence du selj. Il y en a tant, entre de formidables entrecroisements de la cordillère des .\ndes, qu'on a fini par y englober sous le nom commun de « despobiado « tout le pays à peu près vide compris entre 4.300 et 5.500 mètres d'altitude.
DespOINA (mot gr. signif. souveraine). Mytli. gr. Epithète de plusieurs déesses, spécialement d'Aphrodite, do Démèter, d'Artémis, d'Hécate, surtout de Perséphone. — A Rome, Titre honorifique souvent donné à la mère de l'empereur.
Despois (Eugène-André), écrivain, né et mort à Paris (1818-1876). Il devint professeur de rhétorique au lycée Louis-le-Grand, à Paris. Après le coup d'Etat du 2-Décembre, il donna sa démission pour ne pas prêter serment. Après la chute de l'Empire, il devint sous-bibliothécaire à la Sorbonne. Outre plusieurs éditions annotées d'auteurs classiques et de traductions latines, il a pris part à la publication des œuvres d'Abélard. C'était un écrivain de race. Nous citerons de lui :^t*i'ofu^oH£/Any/eferre( 1861); les Lettres et la Liberté (1805^; le Vandalisme révolutionnaire, fundations littéraires, scientifiques et artistiques de la Convention [ 1808), éloquent plaidoyer en faveur de l'œuvre civilisatrice de la Révolution ; le Théâtre français sous Z.OUIS A7V (1874); etc.
DESPONSATION [déspon-sa-si) u.f. Mot employé autrefois pour désigner les fiançailles de la Vierge Marie.
Desportes ^Philippe),
poète, né à Chartres en 1346, mort en 1606. II fut dès sa jeunesse un uoèto officiel, fut comblé de Mens et d'honneurs, devint abbé des Vaux-do -Ccrnay, de Tiron, de bonport, etc., cha- Boincde laSainie-ChapoUo.
Sous Henri IV, sa réputation et son influence étaient grandes encore. iJesportes appartient k la socondo gé- Dération de la Pléiade; il n'a pas la hauteur do conception ni les vastes ambitionc de Ronsard; mais il montre ù. l'occasion plus d'esprit et plus do grâce. Desportes a laissé trois recueils de sonnets amoureux (à Diane, à /Jippohjte, à Cléonice), des imitations
Philippe Desportôs,
de l'Arioste, des Elégies, des Bergeries, des Chansons et des Psaumes. Ses œuvres les plus connues sont le sonnet sur Icare, la pièce Contre une nuit trop claire, et la jolie villanelle : Rosette, pour un peu d'absence.
Desportes (Alexandre-François), peintre français, né en 1661 au village de Champigneul (Champagne), mort en 1743. Elève de Nicasius, peintre flamand, et de Snyders, il débuta par les portraits da roi de Pologne, Jean Sobioski, de la reine et de divers seigneurs de cette cour. Louis XIV le fit peintre de sa vénerie. L'artiste devait suivre les chasses et portraire les animaux rares envoyés à la ménagerie de Versailles. L'Académie le reçut en"i699. Après avoir décoré toutes les résidences royales, l'artiste fut chargé d'exécuter huit grandes compositions pour les Gobelins; il achevait en même temps pour Compiègne cinq vastes toiles, parmi lesquelles un de ses chefsdœuvre : le Cerf aux abois.
Desportes fit un assez long séjour en .\ûgleterre. Parmi les morceaux remarquables qu'il y laissa, il faut citer les Saisons. Le Louvre possède de lui deux portraits et dixneuf scènes de chasse ou natures mortes ; d'autres sont à Stockholm, à Brunswick, à Prague, au musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg, etc. — Nicolas Desportes (1717-1787), neveu et élève du précédent, étudia le portrait sous IL Rigaud, et fut reçu à TAcadémic. en 1757.
DESPOTAT {dé-spota) a. m. Nom donne à certains Etats et à certaines provinces.
— Encycl. Le titre de « despote » { Siv-Kôrr,:,) servit d'abord, à Byzance, à désigner l'empereur, lorsque, à partir du vu* siècle, le grec remplaça le latin comme langue officielle. Conféré ensuite par les empereurs à des personnages de la famille impériale, fils, frères ou gendres du basileus, il constituait, au xf et au xii' siècle, le degré le plus élevé de la hiérarchie des dignités byzantines. Par extension, enfin, il fut donné à des princes vassaux de l'empire et il arriva que ceux-ci, lorsqu'ils parvinrent à l'indépendance, conservèrent ce titre pour se désigner. Souvent, à sa dignité aulique le despote ajoutait un gouvernement de province. On rencontre donc, à partir du xiii* siècle, des organismes politit|ues nommés, du titre du prince qui les gouvernait, des despotats : les uns sont de grands apanages créés en faveur de princes de la famille impériale (despotat de Mistra aux xiv» et xv« s.), les autres des Etats indépendants fondés à la faveur de l'anarchie de l'empire (despotat de Chypre [fin du xii* s.] ; despotat d'Epire L1204-1358]). Les Turcs employèrent également ce terme pour désigner les princes vassaux dos Balkans (despotat de Serbie, au xv* s. ; despotat de Valachie).
DESPOTE {dé-spot — du gr. despotes, maître) n. m. Prince dont l'autorité est arbitraire, absolue et tyran nique : Les DESPOTES trouvent toujours les penseurs de trop dans leurs affaires. (M*"* de Staël.)
— Par anal. Personne qui s'arroge une autorité tyrannique, qui impose sa volonté d'une façon tyrannique : Presque tous les enfants sont des DiiSPOTES.
— Hist. Syn. de despotat.
— adj. Qui exerce une autorité despotique : L'n roi despote.
— Enctcl. Antiq. Le mot grec despotes, dont le mot français est tiré, désignait simplement, à Torigiue, le " maître de maison ", considéré surtout dans ses rapports avec ses esclaves. Les Grecs donnaient ce titre môme à leurs dieux. Pris dans son acception politique, le mot despotes signifiait « roi absolu ». Aussi servait -il à désigner tous les monarques d'Orient. Aux temps de l'empire romain, surtout depuis Dioclétien, il désignait l'empereur romain. Toujours, on le voit, c'est simplement l'idée de pouvoir absolu qu'éveillait le mot. Mais la plupart des monarques absolus abusent do leur puissance. Doù le sens défavorable que le mot prit peu à peu, et qu'il a conservé dans les langues modernes. V. dksi^otat.
DESPOTIE {dé-spo-ti) n. f. Forme de gouvernement, où l'autorité est exercée par les princes nommés despotes.
DESPOTIQUE {dé-spo-tik') adj. De despote: qui appartient, qui est propre aux despotes : Pouvoir despotique. Lois DESPOTIQCES. Il Qui exerce une autorité de despote : Un .souverain despotique, il Gouverné par des despotes : Dans les Etats despotiques, l'éducation est tout employée à briser les courages. (Turgot.) il Par anal. Tyrannique, absolu : Une volonté despotique.
— n. m. Gouvernement despotique : Il n'y a point de patrie qui intéresse dans le DESPOTiQtiE. (La Bruy.) [N'est plus usité en ce sens].
DESPOTIQUEMENT (dé-spo-ti-ke) adv. En despote, d'une façon despotique, il Par anal. Souverainement, t^ranniquemcnt : Xus passions nous gouvernent despotiqdement.
DESPOTISER idé-spo) v. a. Soumettre à un pouvoir despotique : Dkspotiseb les âmes. (B. d'Aurevilly.) [Peu us.]
DESPOTISME Idé-spo-tissm' — rad. despote] n. m. Gouvernement ahsulu, arbitraire et tyranuique d'un seul homme ou de plusieurs : Le despotisme ynène à la liberté par l'abus du pouvoir. (La Rochef.-Doud.) il Par anal. Volonté exercée d'une façon tyrannique et absolue : Les petits espri/s ont besoin de despotisme pour le jeu de leurs nerfs. (Balz.) Il Grande autorité morale : Le despotisme du génie.
— Encycl. Le despotisme est le gouvernement arbitraire d'un seul : il semble donc qu'il puisse se distinguer, théoriquement au moins, de la monarchie, en ce que le monartiue obéit à certaines lois qui lai sont dictées, soit par une constitution, soit par des traditions, soit même par sa conscience. Le despotisme a trouvé un défenseur et un théoricien dans le philosophe anglais Hobbes.
Selon Hobbes, l'homme est déterminé par l'intér^^t à vivre en société ; la société, à son tour, est déterminée par l'intérêt, par cette idée que la paix est bonne, à se donner un gouvernement, et ce gouvernement doit, pour remplir sa mission, être despotique. Le souverain a tous les droits; le peuple n'en a aucun, bien que Hobbes apporte lui-mémo quelques restrictions bizarres ou contradictoires à l'absohiiisme..Le principe de la liberté est dans la pensée : c'est elle que FEtat devra surveiller et dominer.
Ce qui s'exerce sans être astreint à tenir compte d'aucun droit, d'aucune loi, même morale, puisque les droits c'est le souverain qui les confère et que c'est lui qui décrète le vrai et le faux, le bien et le mal, n'a d'autre contrepoids fjuo son intérêt. Mais cet intérêt n'est pas nécessairement le même que celui des sujets. Dès que le conflit apparaît, la révolte est légitime: aussi le despotisme ne peut-il subsister, obtenir la soumission des volontés, que par l'engourdissement des intelligences.
Despotisme (Essai sur le), par Mirabeau (1776). Cet essai fut composé par Mirabeau, à l'âge de vingt-trois ans, probablement sous l'impression que lui avait causée la lecture de Tacite et de Rousseau. — L'homme est naturellement bon : la preuve en est dans l'existence même de la société, dont ta condition est la justice et la bonté. Le despotisme est donc contraire à la nature même de la société. Il s'explique, cependant, par la nature de l'homme qui a, à un très haut degré, le désir de s'élever et celui d'abaisser les autres. Le despotisme n'est pas la conséquence de la société, il en est plutôt l'anéantissement. Dans cet ouvrage, Mirabeau fait œuvre pratique : il attaque les abus de son temps, les emprunts, l'administration. Los idées qui devaient être développées dans la déclaration des droits sont déjà exprimées d'une façon précise dans cet ouvrage de jeunesse.
DespOTO-DAGH, massif de la péninsule des Balkans, l'antique Rhodnpe. Il se hérisse et s'entre-croise, au S. de Sofia et de Philippopoli, jusqu'au-dessus de la mer Egée. Grand axe : 295 kilomètres; petit axe: 150 kilomètres; point culminant: le Massala (3.109 m.), vers les sources du fleuve Mariza et de l'Isker, affluent du Danube.
DespOURRINS (Cyprien), poète béarnais, né en 1698 à Accous (dans la vallée d'Aspe [Basses-Pyrénées]), mort en 1759. Bien que ses chansons passent pour de petites merveilles de simplicité, de grâce agreste et naïve, il ne se distingue en rien des auteurs de pastorales et de bucoliques de son temps. Leur seule originalité est de parler en patois béarnais; encore ce patois est-il encombré de gallicismes et fort éloigné de la langue populaire. On lui a érigé un monument à Accous (1840), un médaillon à Saint-Suvin (1S67) et un buste à Argelès (1896).
Despréaux. Biogr. v. Boileau.
Despréaux (Jean-Etienne), danseur, chansonnier et auteur dramatique français, né et mort à Paris (1748-1820). Inspecteur de lOpéra, puis inspecteur des spectacles do la Cour, professeur au Conservatoire, Despréaux avait do l'esprit et des lettres. 11 publia : Mes passe-temps, chansons, suivies de l'Art de la danse, poème en quatre chants {ïS06)^ Rerlingue (parodie de l'opéra d'Ernelindv); Momie, Ojiéra burlesque (parodie à'Iphiyénie en Tauride) ; Romans (parodie de Roland) ; Médée et Jason (parodie de la Médée, de Clément), ballet ; Syncope, reine de Mie-Mac (parodie de Pénélope); Christophe et Pierre Luc ; Jenesaiski ou les Exaltés de Churenton; Enfin, nous y voilà!; etc. Tout cela obtint à l'époque de vifs succès.
Després (Jean-Baptiste-Denis), auteur dramatique, traducteur et administrateur français, né à Dijon en 1752, mort à Paris en 1832. Il fit jouer, avant la Révolution : la liunne Femme, l'Auteur satirique, le Roi Lee, parodie du lioi Lear. Sauvé de l'échafaud révolutionnaire après une longue détention, il fit représenter Molière à Lyon (1797) ; Voltaire et Richetieu à la Bastille; les Deux clefs (1804). En 1805, il devint secrétaire des commandements de Louis Bonaparte, qu'il suivit en Hollande. Revenu à Paris, il publia des traductions de romans anglais et d'auteurs latins.
Després (Armand), chirurgien français, né et mort à Paris 1,1834-1896). Il fit rapidement sa carrière et devint, tout jeune, agrégé et chirurgien des hôpitaux. On l'a raillé ù. cause de sa résistance à l'introduction dans son service des méthodes d'antisepsie et d'asepsie dont il se moquait. Conseiller municipal de Paris en 1884, il fut élu député par le VX' arrondiôsement, en 1894. Ses principaux ouvrages sont : Dictionnaire de médecine et de thérapeutique médicale, partie chirurgicale (1866); Traité du diagnostic des tumeurs (1868); la Chirurgie journalière. Leçons de clinique chirurgicale professées à l'hôpital Cochin (1877); la Prostitution en France (1882); les Sœurs hospitalières (1886) ; Traité théorique et pratique de la syphilis (1873).
DespRETZ (César-Mansuète), physicien français, né à Lessines (Hainaut) en 1789, mort en 1863. Répétiteur de chimie à l'Ecole polytechnique, professeur en Sorbonne (1837), il fut nommé,"en 1841, membre de l'Académie des sciences. Il fit des expériences remarquables sur la loi do Mariette et la dilatation des liquides. Outre des mémoires sur l'action de la pile, sur la conductibilité des corps solides et des corps liquides, sur la chaleur latente de diverses vapeurs, on a de Despretz : Recherches expérimentales sur les causes de la chaleur animale (1824); Traité élémentaire de physique (1825); Eléments de chimie théorique et pratique (1828-1830).
DESPRETZIE (dé-pré-zi) n. f. Genre de graminées, tribu des fcstucécs, comprenant quelques espèces qui croissent au Mexique.
DeSPREZ (Louis-Jean), peintre et architecte français, né à Lyon en 1740, mort à Stockholm en 1804, où il s'était établi dès 1784. II fit le voyage d Italie, travailla à Rome, avec Saint-Non, au Voyage pittoresque de Naples, puis se rendit en Suède, où il fut chargé par Gustave lil d'un grand nombre de peintures.
DespREZ (Louis), statuaire français, né et mort à Paris ,1799-1870). Elève de Bosio, grand prix de Rome en 1826, Dcsprcz est surtout connu par son Faune au chevreau, belle ropio en marbre d'un antique (exécutée à Rome), son Innocence (1831), et un bas-relief des Bergers d'Arcadie. Outre ces morceaux distingués, Desprez n'a guère produit que des ouvrages de commande, sans grande signification : 1111 Général Foy, pour la Chambre des députés, un Frochot, un Maurice dt Sully, peur l'Hôtel de ^'ille ; un Grand Dauphin et un Talleyrand, pour Versatiles, etc.
Desprez (Julien-Florian-Félix), cardinal, archevêque de Toulouse, né en 1807 à Ostricourt (Nord), mort à Toulouse en 1895. Successivement vicaire à la cathédrale de Cambrai, curé de Pont-à-Marcq, de Templeneuve, de Roubaix, il fut nommé évêque de Saint-Denis de la Réunion en 1850, transtéré à l'évêché de Limoges en 1837, et enfin à l'archevêché de Toulouse en 1859. Mp Desprez sollicita et obtint, en 1867, la canonisation de sainte Germaine Cousin. Il prit une part active aux controverses contemporaines et créa l'Institut cathohque de Toulouse. Le pape Léon XIII le nomma cardinal, en 1879.
Desprez (Louis), littérateur français, né et mort à Tioiivres (Aube) [1861-1885]. Il débuta par un livre de critique : l'Evolution naturaliste (l^Si), puis fil paraître, avec Henri Fèvre, un roman naturaliste : Autour d'un clocher (issi), qui le fit condamner à un mois de prison (1885).
DESPUMATION {dé-spu, si-on — rad. despumer) n. I. En T. de techu., Opération qui consiste à enlever les
écumes ot los impurotôs qui surnagent sur un liquide en ébuUitioQ ou sur un corps en fusion.
DBSPUMER {dt^'Spu — du prr'f. lut. tic. ot do spmna, àcumc] V. a. Kn T. do chim. et pliarm., Clarilier, en provoiiuaiU la torniatiûu dos écumos ot eu los oulovant onsuito : Dhsi'UMi:iî dc.^ sii-vps.
DESQUAMATION {dé-skoua, si-on — rad. desquamer) n. i". Pliarni. Opér-aiion par laquelle on débarrasse certaines racines bulbeuses do leurs squames ou tuniques superliciollos.
— ï'athol. Pbi^nom^ne pathologique, qui consiste dans l'oxfoliation do l'opidormo sous forme d'ocaillos.
— Kncyci.. La dt-squamatiim so produit normalomont sur toute la surface do répithclium, bien que lontomcntot d'une maniùro niapprèciaulo, laissant à la peau sa souplesse et sa douceur. Elle se montre, en revanche, avec des caractères pathologiques, non seulement dans Vickthyose, dans certaines atfections cutanées, comme \e psoriasis et le pityriasis, mais aussi dans certaines maladies éruutives et contagiousos, comme la scarlatine, la rougeole, l'érysipèle, la tîèvre typhoïde. Comme cette desquamation est la conséquence de l'hyperhèmie ou de Ihypobémie dont la peau a été le siège au cours do la maladie algue, les squames sont exceptionnellement un instrument certain do contagion.
DESQUAMER (dé-sKoua — du préf. lat. de, et do sqiiamn. écaille) v. a. En T. de pliarm.. Débarrasser dos parties qui s'exfolient sous forme d'écaillés : Desquamer des r-aancs.
Se desqnamer, v. pr. S'exfolier sous forme d'écaillés.
DESQUELS, ELLES [dr-kcl'] pr. rclat. V. yuKL.
DESRAY, DeSREY, DeRREY ou DeSREZ. clironiqueur français, né à Troyes. Florissait vers la tin du xv" et au commencement du xvi* siècle. Ses princii»aux ouvrages sont : les Chroniques de Charles VIII (Paris, 1510); les Grandes chroniques de France, faites par le commandement du roi Charles 17/ (Paris, 15H); la. Mer des chroniques et mirouer Uyslorial de France [Paris, 1515).
DeSRENAUDES ou Des ReNAUDES (Martial BORYI:), littérateur français, né à Tulle en 1755, mort; en 1S25. Il entra dans les ordres, devint le grand vicaire de Talleyrand, évêquo d'Autun, l'assista comme sous-diacre, lors de la messe de la Fédération (ngol, et l'aida dans quelques-uns de ses travaux. Après le l8-Bruraairo, il fut membre du Tribunat. Ses votes indépendants le tirent exclure de ce corps, en 1802. Toutefois, il fut nommé garde des archives de la bibliothèque historique du conseil d'Etat, conseiller de l'Université et censeur, fonctions qu'il conserva sous la Restauration.
Desroches (Etienne-Jean Andier), graveur français, né à Lyon vers i06i, mort à Paris en 1741. membre do l'Académie de peinture. Ses ouvrages sont généralement durs et froids; néanmoins, sa Suite de plus de sept cenf.'i portraits de personnages distinffdés mérite d'être mentionnée à cause de sa valeur documentaire.
Des Roches (Madeleme et Catherine, dame et demoiselle), femmes poètes françaises, mortes toutes deux le même jour de la peste, à Poitiers, en 1587. C'étaient la mère et la tille. Elles sont surtout célèbres par un recueil de vers intitulé : la Pulce de il/"' Des Hoches, recueil de divers poèmes grecs, latins et français, composés par plusieurs doctes personnages, aux grands iours tenus à Poitiers en f579 fParis, 1581), et qui est comme un tournoi poétique des neaux esprits du temps. Leurs poésies personnelles ont été publiées sous les titres do Premières œuvres de. M'^** Des Hoches, de Poitieî'S (1379); Secondes a'uvres de M"">^ Des Hoches, de Poitiers (1584).
Desroches de Parthenay (Jean-Baptiste), jurisconsulte et écrivain français, né à La Rochelle en 1C90, mort en 170G. Après avoir été quelque temps dans la magistrature, il se rendit en Hollande, où il publia divers ouvrages et des traductions, soit seul, soit en collaboranon avec La Martinière. et en fait d'ouvrages originaux : Histoire de Danemark (1730); Histoire de Suéde (1730;.; Histoire de Pologne sous le roi Auguste II (l733-173i)-
DesrOUSSEAUX (Alexandre), chansonnier français, né et mort à Lille (1820-1892). Il acquit une grande célébrité dans le nord de la France, par ses chansons écrites dans le dialecte lillois. Ses compositions ont paru réunies en divers recueils : Chansons et pasquilles lilloises (1851-1885); Sous les Saides [ISôi) ; Almanachs chantants (1859-1861); Mœurs populaires de la Flandre française (1889). La plus connue do ses chansons est El Canchon donnoire, qui commence par ces mots : Dors, min p'tit qiiin quin. Min p'tit pouchin, Min gros rogin.
Desrues (François), historien, géographe ot littérateur français, né à Coutances, mort vers 1620. Il a publié, entre autres œuvres : les Marguerites françaises ou Trésor des fleurs de bien dire recueillies des plus beaux et rares discours de ce temps (1602); los Aniiquitez, fondations et singularités des plus célèbres villes, chasteaux et places remarquables du royaume de France {IG05 ot 1G08) ; Délices de fa France (16!0).
Desrues (Antoine-François), né à Castres en 17-11, mort à Paris en 1777, célèbre empoisonneur. Il fut condamné à être rompu vif et brûlé pour avoir empoisonné uno dame De La Mothe et son tils, atln do no pas leur payer une terre qu'il leur avait acheté. Jusqu'à sa mort, il atTecta la piété la plus fervente. Son hypocrisie ot ses crimes laissèrent un souvenir durable dans l'imagination populaire.
DESSABLER (dé-sa) V. a. Enlever le sable de : La pluie ni:ssAHi-B tes allées.
DESSABOTÉ, t.E {dé-sa) adj. Qui a perdu son sabot : l'a
Clirval KKSSAnOTl';,
DESSACRBR {dé-m) v. a. Priver du caractère imprimé par le sacre ou par la consiM-ration : Dkssacrkr une église. ^^e s'emploie guère que par opposition i sacrkr.)
DESSAIGNAOE {dé-sè-gnaf [gn mil.] — rad. dessaigner) u. tu. Lavage que l'on fait subir aux peau.x venant de l'abattoir, afin do les débarrasser du sang ot dos autres ordures qui los souillent.
DESSAIGNER [dé-sè-gné [gn mil.] — du prôf. dés, ot do sanij) v. a. Faire le dessaignago.
Dessaignes (Victor), chimiste français, né ot mort ù Vendôme (I800-I885). U tlt d'abord dos études médicales
i Paris, revint à Vendôme oii, après avoir professé au collège, il accepta les fonctions do rot^ovour municipal; coiio dernière situation lui laissait beaucoup do loisirs et lui permit do so livrer avec passion à son étude favorite, la chimie. Dossaignes resta toute sa vie à Vendôme, travaillant dans un laboratoire rudimentaire avec un complet désintéressement, citons, parmi tant d'autres, ses travaux sur l'acidj hippurique, l'acide tartrique, la fermentation succinique, la quorcito, l'acide urique, la mélliyluramine, etc.
dessaisie n. f. Dr. anc. Syn. do dessaisine.
DESSAISINE [dé-sè-zin') n. f. Dr. anc. Dessaisine sîgnîliait IVpùssossion, par opposition à saisine, qui signifie " possession ».
— Encycl. Des coutumes admirent qu'une dessaisine et une saisine {dessaisine-saisine), faites on présence des notaires et dos témoins, valaient délivrance de possession ou tradition. C'était Jà une tradition feinte : pour que la propriété fut transférée, une clause du contrat suffisait. La clause étant devenue de stvle dans les actes constatant dos conventions de transférer la propriété ; ce ne fut plus la tradition mais le consentement, qui opéra dès lors ce trans port. C'est le système que le Code a consacré et généralisé.
DESSAISIR {dé-sè) V. a. Déposséder, ôter, enlever à ; Dkssaisib quelqu'un d'u7i droit, dune gestion. Dkssaisir un tribunal d'une affaire.
— Mar. Enlever les saisines qui retiennent à posto fixe certaines pièces du bord : dessaisir les ancres, pour le mouillage.
Se dessaisir, v. pr. Céder, renoncer à : Se dess.\isir de son droit, de ses biens, d'un gage.
DESSAISISSEMENT {dé-sè-zi-se-man) n. m. Action de dessaisir. (Peu usité.) il Action de se dessaisir : Le dessaisissement des meubles du locataire fait perdre au propriétaire son privilège.
DESSAISONNEMENT {dé-sè-zû-ne-^nan) n. m. Action de dessaisoiiucr.
DESSAISONHER \dé-sè-zo-né—àn préf. (/es, et do saison) v. a. Changer l'ordre successif d-s cultures d'une terre. Il Changer l'époque du développement d'une plante, d'une tieur.
Dessaisonné, ée part pass. du v. Dessaisonner.
— Fig. Enlevé prématurément par la mort. (Vieux.; DeSSAIX (Joseph-Marie, comte), général français, né
à Thonon (Haute-Savoie) eu 1764, mort en 1834. Il étudia la médecine àTurin, vint ensuite l'exercer à Paris, se lança en 1789 dans le mouvement révolutionnaire, et organisa, en 1792, une légion allobroge, avec laquelle il coopéra à l'occupation de la Savoie par la France. Entré alors dans l'armée régulière avec le grade de colonel, il se distingua aux armées de Toulon, des Pyrénées, d'Italie. Il représenta le Mont-Blanc au conseil des Cinq-Cents, de 1798 à 1799, s'opposa au 18-Brumaire et retourna à l'armée, où sa valeur lui valut le titre do général de division et de comte de l'Empire (1809). En 1814, il défendit avec intrépidité la Savoie contre les Alliés. Il fut licencié en 1815.
DESSALAGE [dé-sa-laf) n. m. Syn. de dessalement.
DESSALAISON n. f. Syn. de dessalicment.
DESSALEMENT [dé-sa, man) n. m. Action de dessaler; résultat de cette action : Le dessalement de l'eau de mer s'opère par la distillation. Il On dit aussi dessalaison n. f.
DESSALER {dé-sa) V. a. Dépouiller de sel ; Dessaler de la uiorue.
— Pop. Dégourdir, déniaiser.
Dessalé, ée part. pass. du v. Dessaler.
— Fam. Matois, rusé, égrillard : due fille dessalée, n Pop. Morue dessalée. Prostituée.
— Substantiv. Personne dessalée, matoise.
Se dessaler, v. pr. Perdre son sel. devenir dessalé.
— Boire, par allusion à la morue qu'on dessale en l'immergeant dans l'eau, ii Payer ses dettes, il Se dégourdir, se déniaiser.
Dessalines (Jean-Jacques), empereur d'Haïti, né à la Grande-Rivière (Haïti) en 1758, mort en 1806. Esclave, il s échappa en 1789, et fut bientôt un des principaux meneurs des troubles qui soulevèrent Saint-Domingue. Le fameux Toussaint-Louverture le fit nommer général de brigade en 1797. Dessalines contribua activement à expulser les Anglais de l'île. Bonaparte y envoya en 1802 les généraux Leclerc et Rigaud pour rétablir Tordre à Saint- Domingue, Dessaiiues tenta de les combattre ; mais, obligé de so soumettre, il obtint le grade de général de division et le commandement du sud d'Haïti. En 1803, il profita do la présence d'une escadre anglaise pour se révolter contre Uocbamboau, qui so vit oblige d'évacuer Saint-Domingue (19 nov. 1803). Dossalines proclama l'indépendance d'Haïti, se fit décerner le titre et los pouvoirs do gouverneur général et massacra uno multitude do blancs. Puis il so fit proclamer empereur d'Haïti sous le nom do Jacques I" (1804); mais son gouvernement ne put durer. II tyrannisait à tel point son peuple qu'il suscita une conspiration dont los chefs étaient Pétion et Cbristopbo. Il fut tué au moment où il passait une revue.
Dessalles (Jean-Léon), érudit français, né et mort au liugue (Dordogno) [1803-1878]. Entré aux archives du royaume en 1832, il démissionna en 1854, et fut nomme archiviste de la Dordogne. Il prit sa retraite en 18G7. On lui doit diverses publications, relatives à l'histoire du Périgord et aux langues romanes : Périgueux et les deux derniers comtes de Périgord (1847); De l'administration en Périgord du xiii* au xviii' siècle (1855); Etude sur Vorigimi et la f'oitnation du roman et de l'ancien français (1854). II collabora au Lcrique roman, do Uaynouard, ot en acheva la publication (1836-1844), après la mort de celui-ci.
DESSANGLEMENT {rf<!-sa»i, man) n. m. Action do dossangler. doter la sangle, les sangles : Le dkssanglemknt d'un cheval doit se faire au démonter. (B. Barbé.)
DESSANGLER [dé-san) V. a. Détacher la sangle de : Avant de faire manger ou boire une bête de somme, il convient de la dessangler, il Par ext. Déboutonner, desserrer les vêtements do : Dessanoler un uniforme, un officier.
Se dessan^/er, v. p. Etre, devenir dessanglé.
DESSAQUER {dé-sa-lié) V. a. Tirer du sac : Dessaqcer des bardes.
Dessau. ville d'Allemagne (capit. du duché d'AnhaltV sur laMulde, un peu en amont de son conaueut avec 1 Elbe;
DESPUMFIl — DESSEIN
34.600 hab. Parmi les principaux édifices, so trouve le palais ducal datant do 1748, agrandi on 1875, renfermant les archives, uno bibliothèque de trenlo niilb' voltiinc , uno galerie do tableaux; l'église (de la cour) de Sainte-Mario (1500-1512), restaurée en 1857. Parmi les monuments remarquables : la statue du Vieux de Dessau [dcr Allé Dessawr) [LÉoroLD 1"', prince d'Anhalt-Dossau]; celle du duc Lôopold-Fiédéric- François.
Dessau no maïuiue pas il'indiistries, que favorise la proximité de l'Elbe :
filatures, métallurgie, horticulture; commerce assez considérable.
Comme ville, Dessau n'apparaît dans l'histoire qu'en 1213. Sa prc- ■'^""•^'^ '^'^ Dessau. mière désignation est Dissouwe, peu après Dcszo; elle semble devoir son origine à uno colonie de Flamands immigrés pendant la deuxième moitié du xii'^ siècle. Après lo dernier partage du duché d'Anhalt, en I603, elle devint résidence dos princes. Sa prospérité date du duc Léopold P"" 11676-1747). — Patrie du philosophe Moïse Mendclsohn. père du musicien.
Dessau (Anhalt-). v. Anhalt.
Dessauer (Joseph), compositeur, né à Prague en 1794, mort en 187S. Il composa des cbansons allemandes et italiennes et fit représenter quelques opéras-comiques : Lidwinna (1836); une Visite à Saint-Cgr (1838); Panuila; Domingo. Mais sa gloire consiste dans ses délicieux tiedcr, si caractéristiques et d'un accent si original; il en a publié un grand nombre, soit en recueils, soit séparément, et dans lesquels il en est qui ont acquis uno grande popularité : le Flot et l'Enfai^t, l'Asile, l'Homme de l'eau, l'Absence, le Poète et le Roi, la Marguerite, les Deux Cercueils, la Mâverie de nuit; etc. Il so montre, dans ces petits poèmes, le digne êmulo do Schubert.
DESSAUTEMENT [dé-sô, man) n. m. Hydraul. Espèce de seuil d'écluse, dans un canal.
DesSCHEL, comm. de Belgique (prov. d'Anvers), arr. admin. et jiidic. de Turnhout, oans la Campinc, près do la Petite-Nèthe; 2.099 hab.
DESSÉCHANT (àé-sé-chan). ANTE adj. Qui dessèche, qui est propre à dessécher : Vents desséchants. 2'out sel
est DESSECHANT.
— Fig. Qui épuise : La propriété s'évapore, pour ainsi dire, sous l'action desséchante du fisc romain. (Tropiong.)
11 Qui dessèche l'âme, qui produit l'aridité du cœur : ics sciences exactes sont accusées d'être dessèch.^ntes.
DESSÈCHEMENT {dé-sé, nm») n. m. Teclin. Action do dessécher, de rendre sec; état qui en résulte : Le dessècuEMENT du sol. Le degré de dessèchement du bois fait beaucoup à sa résistance. (Buff.)
— Econ. rur. Action de mettre à sec un étang en faisant écouler les eaux qui y étaient contenues.
— Pathol. Maladie dune personne qui se dessèche^ consomption : Le pauvre Saint-Aubin est dans un dessèchement qui le menace d'une fin prochaine. (M"" de Sév.)
Il Aridité locale d'un ou de plusieurs organes : On a vu le foie, les poumons, dans l'état de dessèchement, *e casser comme des substances calcinées.
— Fig. Perte des sentiments tendres, de la sensibilité ; L'égoisme conduit au dessèchement, s'il ne le suppose.
— Encycl. Econ. rur. Les dessèchements ont pour but de faire écouler les eaux qui restent stagnantes par un défaut de pente du terrain et par suite de rimperméabilitô du sol. Le dessèchement peut se faire : par écoulement, en établissant des canaux dits canaux de dessèchement ; par absorption, en perçant des puits absorbants; par ascension, au moyen de pompes à très grand débit, selon l'étendue des terrains inondés et l'abondance de l'eau qui les couvre ou encore au moyen d'un drainage, ou enfin en ayant recours à l'action absorbante de certains végétaux, l'eucalyptus par exemple.
DESSÉCHER (rff/-se. — Prend un accent grave sur Tavantdernier e devant une syllabe finale muette : Je dessèche; excepté au fut. de l'indt et au cond. prés. : Je dessécherai. Tu dessécherais) v. a. Rendre sec, en parlant d'objets humides : Le souffle du simoun dkssèche Ai /JCrtii. (Haspail.) Il Mettre à sec, en procurant l'écoulement des liquides contenus : Dessécher un étang.
— Par ext. Amaigrir : Les chagrins dessèchent un homme, n Appauvrir, en parlant du santr.
— Fig. Détruire, épuiser : Les veilles dessèchent la jeunesse, il Priver de sensibilité; rendre froid, sec, arido ; La froide 7'aison sans illusion, en analysant tout, oESsi-xuii tout. (De Ségur.)
— V. n. Devenir sec. 11 Fig. et pop. Dépérir d amour.
Se dessécher, v. pr. Devenir desséché, être privé do son humidité. 11 "romber en consomption. 11 Desséchera soi.
— Fig. S'épuiser, périr. 11 Devenir froid, insensible. 11 ^'c dessécher le cerveau, Alfaiblir sa raison par une application excessive.
— Syn. Dessécher, sécher. Le second exprime simplement l'idée de rendre sec, et souvent, l'objet no devient sec qu'en perdant une humidité qui lui était nuisible. Dessécher, c est rendre tout à fait sec, en privant do toute humidité, môme intérieure. Après la pluie, le soleil sèche les feuilles; uno feuille de.^séchée a perdu la sùvo qui la faisait vivre : elle tombe do l'arbre.
DESSÉGHEUR, EUSE (dé-sé) D. Entrepreneur de dcssécliement do marais, il Partisan de ces dessèchements. [1 Ouvrier, ouvrière qui, dans los ateliers, opèrent le dessécboment des objets humides.
DESSEïN {dé-sin — subst. verbal do desseigner, antre forme do dessiner) n. m. Intention, désir : La simplicité captive sans effort, parce qu'on ne lui voit point le desskin de captiver. (De Gorando.) il Volonté arrêtée, on parlant de Dieu : Les desseins de Dieu sont impénétrables, n But : A la cour, il faut avoir un dessein, ie suivj'e, parer celui de son adversaire. {Lb. Bruy.) il Projet, outropriso: On est souvent trompé dans ses desseins.
— Particulièrem. Mauvaise intention : Ce* Orecs ont craint que 7wus n'eussions des vkssv.ws sur leur ttbcrté, (Fén ) Il Intention do gagner lo cœur ou d obtenir la main d'une personne : Avoir des desskins sur une jeune fille.
— A dessein. De dessein formé, Volontairement, avec intention : Faire quelque chose X dessein, h A dessein de, A dessein que, Dans l'intention do : Vemr À dessein d<îm-
DESSELGHEM
DESSILLEMEM
tretenir quelqu'un, il Sans dessein. Sans le vouloir et aussi sans but déterminé, il Faire dessein de, Avoir l'intention de.
— Littér. et b.-arts. Plan, combinaisons, ensemble des dispositions qui constituent le canevas d'un ouvrage.
— Syn. Dessein, intention, volonté. Le dernier de ces mots diffère des deux autres en ce qu'il s'applique souvent aux choses dont l'exécution est actuelle ou doit se faire presque immédiatement, et en ce qu'il marque une détermination plus ferme, plus arrêtée. Dessein s'applique à des choses qu'on fera plus tard; il suppose qu'on est bien arrêté sur la chose même, qu'on a déjà pensé aux moyens de la réaliser, et qu'on doute seulement du temps où cela devra se faire. Ùintention est plus indécise; on est porté à agir tôt ou tard, mais on ne sait ni comment, ni quand on agira. h'i7itention est aussi quelquefois le but secret qu'on se propose en agissant actuelleraent, et le mot dessein peut lui-même, iuais rarement, s'employer dans cette acception ; il ajoute alors à l'idée de but celle d'une préméditation plus calculée.
— Dessein, entreprise, plan, projet. Dessein marque une intention réiléchie et fait souvent considérer cette intention sous le rapport moral : un dessein est louable ou blâmable, généreux ou intéressé. L'entreprise est une chose dont l'exécution est commencée et nécessitera une suite d'efforts. Le plan sujipose qu'on a longuement médité sur le but qu'il faut atteindre, et qu'on s'est tracé avec précision une ligne de conduite du commencement à la fin. Projet est vague et se rapporte souvent à des choses éloignées, considérées moins sous le rapport moral que sous celui de la difticulté, de l'habileté, de l'activité.
— Dessein, but, vues. V. but.
DESSELGHEM, comni. de Belgique (prov. de la Flandre occid.)-' arruu'l. admin. et judic. de Courtrai, près de la Lys; 2.10G liab.
DESSELLER {dé-sé-lé) Y. a. Otcr la selle à : Diissi;LLi:R un cheval.
Se desseller, v. pr. Devenir dessellé, s'ôter la selle : Cheval gui s'est dessklle.
DESSEHELEA {dé-se. — Double la lettre l devant une svliabe muette : Je dessemelle. Je dessemellerai) v. a. Oter iâ semelle de : Dessemeler des souliers.
Se dessemeler, v. pr. Devenir desseraelé, perdre sa semelle.
DesSENBEIM, village de la Haute-Alsace (cercle de Colmar [canton de Neuf-Brisachj); 968 hab. Agriculture. Origine galio-romaine.
DESSERRAGE {dé-sè-raf) n. m. Action de desserrer.
DESSERRE [dé-sèr') n. f. Fam. Action de desserrer sa bourse, de payer. (N'est guère usité que dans l'expression £tre dur à la"^ desserre.)
— Péch. Mouvement produit par le dégel dans les eaux d'une rivière.
DESSERRER (dë-sè-ré) v. a. Relâcher, en parlant d'un lien ou d'un objet lié : Desserrer un nœud. Desserrer sa cravate, un fagot. Il Ecarter, en parlant d'un objet dont les parties étaient juxtaposées : Desserrer les dents à un malade pour le forcer à boire.
— Fam. Appliquer violemment, en parlant d'un coup : Desserrer un coup de poing à quelqu'un.
— Loc. div.: Desserrer les7i<suds de. Rendre moins tendu, moins intime, en parlant des nœuds de l'amitié ou d'autres liens moraux, ii Desserrer le cœur. Soulager, arracher à quelque angoisse, il Desserrer les dents, les lèvres, la bouche. Faire parler, décider à parler : // faut se méfier de l'homme à qui le vin ne desserre jamais les dents. (G. Sand.) ii Parler : Assister à une soirée sajis desserrer LES dents.
— Manèg. Desserrer un coup de cravache, Appliquer un violent coup de cravache au cheval pour le châtier.
— Typogr. Desserrer une forme. Chasser les coins dans le sens rétrograde, à l'aide du décognoir, du marteau ou de la clef, ii Desserrer de la lettre. Desserrer une forme pour la distribuer.
Se desserrer, v. pr. Etre, devenir desserré, ii Relâcher sa ceinture, son vêtement.
— Fig. S'épanouir, éprouver moins d'angoisse ou d'embarras.
DBSSERROIR {dé-sè) n. m. Nom de divers outils qui ser\-ent à desserrer, il Bûche plate qui sert à disposer, dans on train à flotter, les places vides qu'on se propose de remplir.
DESSERT {dè'Sèr') n. m. Action de desservir. (Vieux.) Il Ce qu'on a desservi. (Vieux.) ii Dernier service d'un repas, généralement composé de fromage, de pâtisseries, de confitures, de fruits et de vins de liqueur : Un beau DESSERT, li Moment où l'on mange le dessert : Arriver au