DESTINEE
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Dessus de porte de la siille «les Pas perdus de l'Hôtel de ville de Paris. (Sculpture de A. Dubois.)
son encadrement; il est fait de sculpture ou do faïence, soit de rinceaux moulés ou taillés dans lo bois, dorés ou peints, soit de terre cuite ou enfin de faïence, demi-rondo bosse, do camaïeu, etc. Tout peut être utilisé pour ce genre d'ornementation; c'est â l'architecte ou au décorateur à bien choisir les objets pour qu'ils s'accordent avec l'ensemble de la décoration comme avec la tapisserie de l'appartement et le style adopté pour tout lo reste.
Le véritable dessus do porte, peinture décorative encadrée d'une manière pittoresque, fut surtout à la modo sous Louis XV et sous Louis XVL Jusqu'à Louis XIV, et même dans le cours de son siècle, on décorait le liant des portes par un fronton dans lequel était placé tantôt un cartouche ou tout autre ornement sculpté, tantôt un motif pictural. Mais', quand In mobilier perdit les formes architecturales et que l'ornementation, mt^me dans l'architecture, alfocta une certaine irrégularité, on changea le fronton des portes intérieures on un panneau aux angles abattus, avec un encadrement contourné ; c'était là le véritable dessus de porto. Sous Louis XVI, l'encadrement, devint plus simple, plus réç;ulier, mais on conserva la disposition principale et on ])eignit dans ce panneau des fleurs et des Amours, ou bien on remplaça la peinture par un ornement très simj)le, guirlande ou vase, sculpté en bas-relief très plat. Ce fut là le dessus do porto <lu Directoire et de l'Empire. Aujourd'hui, on on ost revenu au dessus de porte peint.
On ne peut parler des dessus de porte sans citer Boucher. Pour les pointures décoratives du genre des dessus do porto. Bouclier est resté lo maître par excellence, et les toiles qu'il a peintes à cet etTet, reproduites en gravure et en lithographie, ont été maintes fois imitées et copiées par les peintres qui se sont livrés à co genre de travaux.
Destailleur iKrunrois-Hippolyte), architecte, né à Paris en 17H7, mort en 1«.'j2. Il était élève do Pcrcier, et remporta le prix dans un concours ouvert en 1808 par Napoléon pour un projet dorangorie. Il put ainsi visiter l'Italie. Do retour en France, il construisit divers châteaux, ot fut architecte do la duchesse douairière d'Orléans ( 18 1 M» du ministère des finances (isn), du ministère do la juslice (1819) et do la Monnaie(1833). Parmi ses constructions les plus remarquables, nous citerons l'ancien hôtel du ministère des finances, rui; do Kivoli, incendié en 1871 ; l'hôpital de Saint-Mandé, l'hùtid Delmas, etc.
Destailleur (Ilippolylo-Alexandre-Gabriel-'WaUer). architecte fr.iucais, fils du précédent, né à Paris on 1822, mort en isya. Il succéda, en 18i8, à son père, architerttî du ministère do la justice. En I8r)2, il fut nommé architecte de l'hôtel dos Monnaies, ot travailla à la réfection dos ateliers monétaires. Dostailleur a construit ou restauré on outre nomI)ro do «diùteaux et d'hôtels particuliers. Il fut cliargé par l'impératrice Eugénie de construire, dans lo château de Earnborough, une chapelle funéraire destinée à contenir les restes de Napoléon III ot du prince impérial. Il a publié un Itccucil acstnmpi's rdativc-n à l'ornvmfntalion des appartements aux xvi», xvil' et xviii" sii'^clrfi (1803).
DestaiNO (Jacquos-Zachario), général français, né à Aurillac en 17*11, tué on duel, à Paris, on 1802. Parti comme volontaire, il lit campagne dans les Pyrénées-Orientales (1702 ot i7U3), en Italie (an IV ot an V), on Egypte. Il
assista à la bataille dos Pyramides, oi^ il fut fait général sur lo champ do bataille, et demeura dans la vallée du NU jusqu'à la convontion d'Alexandrie. 11 fut tué on duel, par un général av(5c (pii il avait eu des difficultés en Egypte. DestaNBERG (Napoléon), journaliste, poète, acteur et auteur dranialiquo belge, né à Gand en I82î), mort on lK7r». Il a traduit en vers flamands lo Macbeth de tSliakspearo et le Tartufe do Molière, ot a écrit do nombreux drames, parmi lesquels : Laurent Coster, J&ans Ackermann et h'iena, ainsi que Marie de ûuurf/or/ne. drame lyrique. Ses cliansons politiipies ont do l'originalité.
DestelbeRGEN ou DestelberG, bourg de Belgique (prov. de la ElaiidiT orient.), arrond. admin. et judic. do tiaiid ; J.'JL'J hub. Couleciiun do dentelles.
DE STERCORE Ennii, phrase latine qui signifie : {Tirii) du ftiniier d't'nnius. Y. Ennics
Desterro ou Nossa Senhora do D^sterro,
ville des Etats unis du Brésil (prov. de Sunla Catliurina), dans l'île de Santa Catharina, sur le littoral atlaniiquo ; 11. 000 hab. Fabriques de chapeaux, do tabac, de meubles, do savons.
Destigny (^Pierre-Daniel), horloger français, né et mort à Sanneville (Seine-Inférieure) [1770-1855]. Il fonda en 1798, à Rouen, une maison d'horlogerie dont il garda pondant plus de cinquante ans la direction. On lui doit rinvention d'un compensateur applicable aux balanciers des pendules de commerce (1811), ot d'un système do compensation par lo ressort spiral pour les montres de second ordre (1818). Ce fut à son instigation que les horloges do Uouen furent réglées sur l'heure sidérale au temps moyen (1826), et cette innovation fut adoptée à Pans l'année suivante. Enfin, il est l'auteur de divers écrits et d'un travail remarquable sur la dilatation des pierres, des marbres et des métaux.
DESTIN {destin — subst. verbal do destiner) n. m. Divinité ou volonté divine qui règle d'unu manière fatale les événements futurs : Le seul maître est le destin. (D. Stern.)
— Ensemble des faits successifs qui affectent la vie de chaq^ue individu ou l'existence do chaque objet. (S'emploie au smg. et au plur.) : C'est le destin des choses humaines de n'avoir qu'une durée courte et j'apide. (Mass.) Nous sommes tous solidaires dans les destins de l'humanité. (Lamenn.)
— Existence ; Finir son destin.
— Destination. (Vieux.) Issue, événement, résultat :
J'ignore du combat quel sera le destin.
Voltaire.
— SVN. Destin, destinée, étoile, fatalité. Destin exprime l'idée d'un© loi suprême, immuable, qui a réglé d'avance la suite et l'enchainemeut de tous les événements; destï- 7it;e mar(iuc plutôt cctie suite et cet enchaînement mêmes, surtout quand on les considère au point de vuo spécial des individus : le destin est contraire ou propice, la destinée est lieureuse ou malheureuse ; on accuse le destin, on subit sa destinée. Ij étoile est le destin particularisé, c'est la puissance mystérieuse qui, pour les superstitieux, préside à quelque destinée individuelle. Fatalité ne se dit guère que d'une destinée malheureuse, et implique essentiellement la négation du libre arbitre.
— Encycl. Mythol. Dans la mythologie des Grecs, le Destin est souvent personnifié ; il devient un dieu suprême auquel tout est soumis, êtres et choses. Ce dieu souverain ost tantôt distinct de Zeus, tantôt confondu avec lui. Le plus souvent, Zeus lui-mémo et tous les autres dieux sont r. -présentés comme soumis au Dcst i n . .\ 1 n s i compris, le Destin a divers agents ou divers noms, qui tous se rapportent à la même idée :
ridée de « la part réservée à chaque êtro ».
Tels sont VAisa ou la Moira dos poèmes homériques, ou lo Moros d'Hésiode, fils do Chaos et do la Nuit. Plus tard, l'imagination populaire se roprésenUi plusieurs Moirai, auxquelles s'ajoutèrent d'autres abstractions divinisées, comme Anankê ou Tijché. De même, les Romains adoraient Fatum, n la parole immuable u, les l'arques, la Fortune, la Aécessité. Los mêmes idées se retrouvent, plus précises encore, chez les philosophes : dans V Hcimarménè ou la Peprôméné des Grecs, dans le Fafuin des Latins. Les stoïciens surtout ont attribué un rôle prépondérant au Destin, dont ils ont fait le moteur de l'univers.
— Philos. Au début do la réllexion do l'horamo sur ce qui l'entoure, le destin apparaît comme une loi mvstérieuse ot inflexible. <|ui domine ot enveloppe tout, bans l'imagination dos poètes ot des sages, il perd pou à peu ce (pie gagne la croyance on la responsabilité de l'homme ot en son pouvoir sur ce qui l'entoure. Platon, à côté do la nécessité qui n'agit les êtres physiques, s'olTorco de sonder lo mystère d'une Providence "ou agent libre placé au-dessus de l'homme, ot il entrevoit la question de la liberté do l'homme : le destin n'est plus pour lui qno l'action de l'àmo ilu monde sur la nature matérielle. Plutarqiie appellera le destin le fils ot le verbe do la Providence. Les stoïciens font de la doctrine du destin un des fondenn-nls do leur système; c'est qu'ils sont matérialistes et proclament la nécessité dos lois du monde physique. Les niées chrétiennes font ensuite assimiler lo destin à la Providence. La théorie duo à la combinaison dos idées chrétiennes et stoïciennes est souvent au fond dos discussions sur la prédestination. Au xviii' siècle, lo mot « destin » prend souvent lo sens matérialiste qu'il a ou dans la philosopliie antique. V. katalis-me, fatalitk.
Destia (Sim lk), traité philosophique de Cicéron. — C'est lo complément du livre Sur la nature des dieu.v et du livro Sur ta Divination. L'objet do la discu-ision ost do dé-
Lcs Moirai, perBoniiidcations du Dcalln.
terminer la signification fiu'il faut attribuer au mot destin i fatum). Cicéron combat le fatalisme stoïcien et soutient d'un côté qu'il n'y a pas d'action sans cause, do l'autre quo l'unie est ollo-mêmo la cause des actes volontaires.
Destin et du libre arbitre (Du), ouvrage philoso-. phi(|ue d'Alexandre d'Aphrodisie, le restaurateur do la doctrine péripatéticienne. — Il y a, dans lo monde, du hasard, do l'accident, du contingent. Si on le nie, d'abord on supprime la liberté morale qu'atteste la conscience, ensuite on confond avec la nécessité la nature qui manque parfois son but. L'homme est libre. La liberté se montre dans lo fait que la délibération peut changer l'assentiment déjà donné à une représentation. Elle consiste à agir sans cause, car la cause de l'acte est l'âme même. I^es dieux eux-mêmes no peuvent pas prévoir les actions libres dos hommes.
destinataire idê-sti, ter) n. Personne à qui un objet est destine, adressé : Le destinataire d'un colis, d'une lettre.
DESTINATEUR, TRICE {dèss) n. Personne qui fait un envoi, une destination : Le destinatedu d'un paquet. (Peu usiié.)iiOn dit liXi'ÉuiTEDR, trice.
DESTINATION {dè-sti, sï-on — lat. destinatio ; do desfiuarc, destiner) n. f. Raison de l'existence d'un être, but dans lequel il a été créé ou auquel il a été approprié : La maternité est la destination de la femme. (Vieilli.)
— Par ext. Lieu vers lequel on dirige un objet, une personne : Paquet .rrivé à sa di:stination. Il Personne à (|ui un olijet est adrossé : Remettre des lettres à leur oss-
TINATION.
— Dr. Emploi réglé d'avance : Il est des destinations illégales mie te fondateur doit éviter soigneusement, il Immeubles par destination, Objets mobiliers de leur nature, mais que la loi répute immeubles, parce que le propriétaire les a attachés irrévocablement au service d'un fonds : Les instruments de labour jieui-ent devenir immeubles par destination du testateur, n Destination du père de famille, Servitudes résultant des dispositions du précédent propriétaire.
Destination de l'homme (De la) [Ueber die Bestimmung des Mensciien], un des plus importants ouvrages de Ficlito, publié à Berlin en 1800, traduit en français par Barchou dePenhoen (1838). — L'auteur y débute par l'ana- Ivso de la sensation, qui est, pour lui, une modification do l'être sentant. Si celte définition est juste, la sensation ne peut rien nous enseigner, sinon que nous sommes modifiés d'une certaine façon. Mais y a-t-il hors de nous un principe de ces modifications? La sensation ne nous l'apprend pas. Il nous parait impossible qu'une modification ait lieu sans cause ; mais le principe de causalité n'a qu'une réalité purement subjective; le monde extérieur, qu'on induit en l'invoquant, ne peut avoir qu'une réalité également subjective. Mais l'homme ne vit pas seulement dans la pensée, il vit aussi dans l'action, et l'action n'est autre chose que la pensée qui veut se réaliser; l'action est l'homme tout entier. Mais, si l'homme ne trouvait pas un monde extérieur sur lequel son action a prise, celle-ci ne serait qu'un eft'ort inutile et dérisoire. Si l'homme cessait de croire à la réalité objective de ce monde extérieur, il perdrait l'espoir de réaliser son idéal. Mais une voix intime le contraint à développer en dehors de lui la force de sa pensée. C'est la conscience. Le monde, indémontrable à la science, apparaît donc dans toute sa réalité à la croyance, laquelle est fondée sur la conscience.
DESTINATOIRE [dé-sd, to-ar') adj. Dr. Qui règle la destination : Une clause destinatoire.
DESTINÉE {dù'Sti-né — subst. particip. de desttnei') n. f. Destin, volonté souveraine qui règle d'avance tout ce qui doit être : Accuser la destinée, ii But, fin, objet vers lo- (piel on tond ou auquel on ost réservé. (S'emploie au sing. ou au plur.) : Chacun doit suivre courageusement sa destinée. (Fén.) 1! Condition, sort, état de vie : Le bonheur consiste dans la possession d'une destinée en ra^tport avec nos facultés. (M"" do Staël.) ti Vie, existence : 'Jj-anchcr la destinée de quelqu'un.
— Syn. Destinée, destin, étoile, etc. V. destin.
— Encycl. Philos. On peut dire que le problème de la destinée est à l'origine de la spéculation philosophique ot souvent la domino. A cette question : Y a-t-il une destinée ? outre la solution sceptique et agnosti(|ue, il y a la réponse négative qui vient du matérialisme. "V a-t-il une destinée dans cette vie? Le débat est, alors, entre la doctrine du bonheur et la doctrine du devoir, quelles que soient leurs formes diverses : qui parle de devoir parle d'un but assigné à la vie. c'est- à-diro d'une destinée. On entrevoit déjà le nombre considérable des solutions qui se ronconireiit. A la question ainsi posée, une autre peut être rattachée : y a-t-il une destinée héroïiiue do l'humanité? Co n'est plus le problème proprement dit de la morale, mais celui de la philosophie de l'histoire : le débat est entre la doctrine du progrès nécessaire, celle du progrès simplement possible et libre, collo do la chute, etc. Malgré l'etenduo et l'imporlanco dos discussions ainsi soulevées, l'homme no s'en tient pas là : n'a-t-il pas une destinée au delà de cette vie? Co n'est pas la simple curiosité i^ui provoque cotte interrogation : c'est d'abord l'instinct puissant de la vio et de la conservation ; c'est ensuite lo besoin do justice ; ne faut-il pas quo chaque agent moral soit rétribué en raison do ses actes, connaisse la vio qu'il s'est faite en se déterminant librement, on jouisse si ello est bonne, en soufi'ro si elle est mauvaise? Le conflit est, ici. entre l'affirmation et la négation de l'immortalité do lame, entre les diverses théories sur l'immortalité ot les palingénésios. Enfin, une dernière question est cello-ci : [homme cst-il responsable de sa destinée, la fait-il librement, ost-ello ou non prédéterminée? C'est lo problème dos difi'érents fatalismos, de la prédestination, etc.
Destinées (les), poésies philosophiques, par Alfred do Vi'Miv. qui ont paru entre 1843 et 1854 dans la « Kevuo des f)eux Mondes ->, et ont été réunies en un recueil posthume (Paris. IS64). — C'est un dos très rares livres do poésie moderne oïl soient exposées réellement des conceptions philosophiquos ot moralos. La philosophie do \ igiiv est un pessimisme extrêmement élevé, qui aboutit à la résignation ot à la pitié. Il ne sert à rien do prier ou do se plaindre : il faut obéir passivement à la destinée. L'honneur consiste dans l'accomplissement silencieux d'une iflclie incompréhensible. Dans lu pièce qui ouvre le volume, do Vigny nous montre les Destinées antiques posant du