DIAMANT
DIAMASTIGOSE
prend trois opérations successives : le fendage ou clivage, fa taille proprement dite et le polissage.
Le clivage débarrasse le diamant de Ja croûte qui Tenveloppe. La taille donne au diamant sa forme délinitive. de brillant ou de rose. Le polissage fait acquérir à la pierre précieuse taillée l'éclat et la transparence.
Pour opérer le fendage du diamant, le cliveur fixe la pierre dans une virole de cuivre placée à l'extrémité d'un manche en bois et l'y assujettit au moyen d'un mastic. Un second manche porte, enchâssé dans sa virole, un diamant taillé. Au moyen d'un appareil appelé égrisoir, le diamant taillé frotte" sur la pierre brute. La croûte ne tarde pas à se détacher en partie. Le cliveur, se servant d'un marteau conique appelé Jtiasse et d'une lame mousse eu acier, frappe sur la pierre par petits coups secs, et la fend suivant ses faces de clivage.
Ainsi clivé, le diamant est remis au tailleur qui, après en avoir enchâssé deux de même grosseur dans des viroles de manches, frotte à l'égrisoir les pierres fendues l'une sur l'autre jusqu'à ce qu'il leur ait donné la forme voulue.
Le diamant taillé est serti ensuite dans une sorte de coquille en cuivre. Un alliage métallique très fusible I'^' fixe et laisse émerger seulement la partie à polir que I ouvrier place en contact avec la meule. (Cette meule, généralement en fer, occupe une position horizontale et est douée d'uQ rapide mouvement de rotation. Sur sa face supérieure se trouve étalée une mince couche de poudre de diamant appelée égrisée et humectée d'huile.) Ce travail très délicat est renouvelé jusqu'à ce que toutes les faces du diamant aient passé sur la meule.
Emplois iitdiistriels du diamant Jioir. Les diamants noirs , enchâssés dans l'acier fondu, s'emploient pour les sondages en roche dure, pour la perforation des trous de mine, pour le dressage et le rhabillage des meules de moulin, pour scier les porphyres et autres pierres d'une grande dureté, etc.
— Hist. L'antiquité tirait les diamants de l'Inde. Leur rareté les rendait d'un prix tel que les rois et les princes
Fouvaient seuls en faire acquisition. Les plus belles de ces pierres précieuses ont une histoire.
Parmi les diamants historiques, on cite : le Bégent, qui appartint à la couronne de France et fut acheté par le duc d'Orléans, alors régent, pour 2.500,000 livres; le Grand-Mogol, qui appartint à Aureng-Zeb. On ne sait au juste ce qu'il est devenu ; selon les ims, il figurerait sous le nom de Deria-i-Noor (Océan de lumière) dans le trésor du schah de Perse; selon d'autres, il ne serait autre que le Koh-i-.\oor . qui appartint longtemps au trésor des rajahs de Labore.
C'est là que les Anglais le trouvèrent en pillant le trésor et qu'ils l'offrirent, en 1830, à la reine Victoria. L'Orlov fut enlevé par un grenadier français du temple de Scheringam dans l'Inde, où il constituait l'un des yeux d'une statue de Brahma; de marchands eu usuriers, il arriva au prince Orlov, qui l'acheta pour Catherine II de Russie moyennant 2.250.000 francs. L'Orlov brille, aujourd'hui, au naut du sceptre de l'empereur de Russie. Le Schah fut donné à la couronne de Russie par le prince persan Cosroës, tils du schah Abbas-Mirza(i833).Le Sancy appartint à la couronne de France, après avoir eu pour maîtres le roi Antoine de Portugal, Charles I" d'Angleterre, et Mazarîn, qui le légua au roi. Le Grand-Duc de Toscane, ou Florentin, qui a appartenu à Charles le Téméraire, et pendant des siècles aux grands ducs de Toscane, fait aujourd'hui
Fartio des joyaux de la couronne d'Angleterre, ainsi que Etoile du Sud, le plus gros des diamants trouvés au Brésil (1853). Parmi les autres diamants les plus remarquables, signalons le IVassak, qui vaut de 700.000 à 800.000 francs, le Pacha d'Egypte, qui est taillé à 8 faces et a une valeur d'environ 700.000 francs; l'Etoile polaire, du poids de 40 carats, le Léopold, etc.
Les diamants do la couronne de France méritent une mention particulière, à cause dos vicissitudes qu'ils ont subies. Cette collection de pierres précieuses remonte à François I", qui la fit entrer dans le trésor de la couronne: Catherine do Médicis, François II et Henri ITI, pendant leurs règnes, firent servir ces joyaux de gages à des emprunts fréquents. Henri IV remit do l'ordre dans ce trésor, après en avoir toutefois usé d'abord comme ses prédécesseurs. Louis XIV augmenta considf^rablemcnt les diamants de la couronne en achetant à Tavernier plusieurs pierres parmi lesquelles le Diamant bleu de la couronne, volé en 1792. Sous Louis XV, le trésor s'enrichit (in Régent. Mais Louis XVI en retira illégalement, en 1785, une parure de brillants et de rubis dont il fit cadeau à Marie-Antoinette. De plus, il donna en payement à divers joailliers plusieurs pierres valant plus de 100.000 livres. En 1789, l'Assembiéo nationale constituante ordonna le dépôt des diamants au garde-meuble de la couronne, sous la sur\'eillanco du ministèro de l'intérieur. Us étaient tous rentrés au garde-meuble, au moment de l'ouverture do la Législative. C'est à ce moment qu'en eut lieu le fameux vol commis par une bande de malfaiteurs sous la cooduited'uoreprisde jui^tice, Paul Miotto(il sept. 1792}.
Lorsque Roland, ministre de l'intérieur, annonça le vol à l'Assemblée, tous les partis s'accusèrent réciproquement du méfait. Une instruction, cependant, fut ouverte, pendant laquelle la plupart des pierres précieuses furent retrouvées. Quant aux voleurs, leur procès dura jusqu'en 1797; cinq furent condamnés à mort, les autres à la détention, d'autres, enfin, à quinze et à seize ans de réclusion.
Les diamants de la couronne, servirent sous laRépublique à contracter dos emprunts. Le Sancy resta de cette manière dans les mains d'un banquier berlinois. Napoléon en usa comme les anciens rois. Louis XVUI les emporta à Gand dans ses bagages en fuyant, mais les rapporta en 1815. Transportés par Charles X fuyant jusqu'à Rambouillet, les diamants de la couronne furent rapportés par une armée de gardes nationaux. Ils servirent peu sous la royauté de 1830. Ils diminuèrent d'environ 300.000 francs en 1848, pendant qu'on les transférait au ministère des finances. Les diamants de la couronne eurent encore de beaux jours sous l'Empire. Au 4-Septeuibre, ils furent envoyés à l'arsenal de Brest, puis caoliés dans la cale du vaisseau-écoIe le Borda. La loi du 10 décembre 1886 prescrivit la vente d'une partie des joyaux de la couronne. Le produit de cette vente fut 7.097.665 francs net (brut 7.207.252 fr. 50 c). Les objets exclus de la vente furent déposés au musée du Louvre, notamment Xépée m/Z/Yaire (évaluée 2 millions de francs) enrichie par Napoléon I"des plus belles pierreries des autres joyaux démontés à cet effet ; la broche dite religuairs (évaluée 2.500.000 fr.j, de l'époque de Louis XV; la taille de
A. formes cristallines du diamant
hriUanl ; D, diamant taillé en rose.