DIESER — DIETE
DIÉTARQUB {iark' — du gr, diaita, subsistance, et ar^ kh»s, idiof) n. m. Anliq. rom.()flicier qui, chez les eniperours rdMiaiiis, était prépoiié à la garde do la salie à manger.
DIÈTE (du lat. dixta; gr. diaita, régime) n. f. Tout régime alimentaire employé commo moyen do traitement dos malades : Diètk lactée. Diète végétale. Il Privation totale ou partielle d'aliments, imposée commo moyen do guérison : Mettre à la diètk. il Dièie sèche, Abstention complète ou partielle des aliments liquides, ii Privation d'aliments on général : Les loups supportent aisément la diètk. (Bulf.)
— Fam. Privation quelconque : Diète d'argent, de plaisirs.
— Encycl. L'individu sain succombe rapidement à la diète absolue; il résiste plus ou moins selon sa vitalité, son Ùgo, etc. La limite ost do 4 à 8 jours, en général, pour les adultes ; les enfants meurent plus rapidement. Le malade est souvent soumis à la diète, non plus à la diète absolue d'autrefois, mais à un régime alimentaire diminué ou réglé. On a remarqué, en effet, les désordres de la dièto complète : la diminution rapide des tissus adipeux et musculaire, l'abaissemont de la température, le ralentissement respiratoire et circulatoire, la rétraction de l'estomac ot de 1 intestin, le délire et enfin la mort. L'afl'ection morbide aiguë, seule, paraît supporter la diète absolue sans désordres; certains jeûneurs do la fin du xix" siècle ont paru dans le mémo cas. Aujourd'hui, dans la plupart des maladies, la diète n'est que limitée à telle quantité ou à telle nature d'aliments, le médecin se guidant sur la façon dont ils se comportent pendant la digestion : labsence de douleurs ou de réaction fébrile, en commençant par les plus légers, bouillon, lait, etc., avant d'arriver aux aliments solides. Selon la nature des aliments, le lait, par exemple, devenu l'élément indispensable de la diète lactée dans certaines affections du cœur, du foie, de l'estomac, des reins, la diète a reçu le nom de l'aliment principal et unique le plus souvent; on a ainsi la diète animale, végétale, etc.
— Art vétér. La diète était autrefois très employée en médecine vétérinaire comme en médecine humaine, et marchait de pair avec la saignée. Aujourd'hui, l'importance de ces moyens thérapeutiques a bien diminué, et cela se comprend, surtout dans la médecine des animaux. En effet, ces derniers ont un admirable instinct auquel ils obéissent servilement : dès qu'ils sont malades, ils se mettent spontanément à la diète, et le retour de l'appétit est un très bon signe auquel il faut obéir, non pas brutalement, mais avec précaution. Il n'v a guère que certains chiens d'appartement, qui ont l'instinct en question plus ou moins pervoni, qu'il faut, dans certains cas d'affections gastrointestinales, soumettre à la diète, ou plutôt à une demidiète, en choisissant certains aliments comme lo lait. On dit, alors, que lo chien est soumis à la. diète lactée. Le mot « diète " reprend dans ce cas son sens primitif de régime.
DIÈTE (bas lat. dieta, même sens ; de dies, jour, par suite : jour d'assemblée [de même l'allemand tag, jour, signifie aussi assemblée]) n. f. Assemblée politique où Ton discute les affaires publiques d'une nation : Diète helvétique. Diète germanique. Diète particulière, il Assemblée de quelques ordres religieux, ii Petit chapitre, chez les bénédictins.
— Antiq. rom. Salle dans laquelle les Romains recevaient leurs visiteurs.
— Chancoll. rom. Chemin qu'on peut faire en un jour, évalué à dix lieues.
— Encycl. Hist. des institutions. Diète est le nom donné aux assemblées délibérantes qu'eurent au moyen ftge l'Allemagno, la Pologne, la Hongrie, la Confédération helvétique, la Suède, le Danemark, Ta Croatie. Son nom allemand est /ïeir/(.ï/(if/. conservé actuellement encore pour désigner le Parlement de l'ompiro allemand. La diète de l'empire, pendant des siècles, décida du sort de l'Allemagne. Lorsque l'empiro so décomposa, la diète perdit de son importance et no fut plus qu'une sorte de congrès diplomatique. Elle disparut avec lui, on 1806. Le congrès de Vienne la rétablit et fixa le siègo de la diète fédérale de l'empire germanique à Francfort. Depuis 1874, le Roichstag siège à Berlin.
Les diètes no devinrent permanentes qu'à partir do l'avènemont dos Hohenstaufen. La dièto s'assemblait sur l'invitation de l'empereur, qui fixait lo lieu do réunion. On y convoquait les évé((ues, abbés d'empire, les ducs, les comtes, et certains seigneurs ot ministériels désignés par l'empereur. A partir de 1255, les députés des villes en firent partie. Au xv siècle, les Electeurs formèrent un collège spécial et délibérèrent à part ; les princes ecclésiastiques ot laïques firent de mémo, do sorte que la diète se partagea en trois sections: collège des Electeurs, présidé par l'arcbevéque do Mayence ; collège dos princes, présidé alternativement parl'archcvèquo de Sal/bourg et l'archiduc d'Autriche : collège dos villes, itrésidc par le délégué do la ville où siégeait la diète. Les diètes les plus célèbres so réunirent à Francfort, A Katisbonno,i\ Spire, à Augsbourg, ù. Nuremberg, àWorms et à Mayence. Au xvii" siècle, il s'établit, dans lo collège des princes, une distinction entre :^eiix qui avaient assisté ù la dièto do 1582 et les chefs dos nouvelles maisons; les premiers seuls obtinrent voixvirilo, les autres n'étaient admis que do leur consentement; do plus, les suffrages admis ;\ la dièto de 1582 furent considérés désormais commo territoriaux, c'est-Adiro qu'en cas de division d'une principauté, les héritiers n'auraient ((u'iine voix pour eux tous. Vers la fin do l'enipire, lo collège dos i)rincos était divisé on banc séculier ot en banc occlésiasti(|ue; les évéi|ucs protesUints de Lubock et d Osnabruck siégeaient sur un bain; on travers; il y avait 94 voix viriles, 33 ecclésiastiques, 61 laïques, possédées par i|uarante souverains ; on outre, certains jirélats d'empire possédaient deux voix curiatcs ou collectives pour lo banc do Souabo, qui comprenait 22 prélats, et le banc du Rhin, qui en comptait 18; les comtes et seigneurs avaient eu d'abord deux voix ainates pour le banc de Wetteravio ot celui do Souabo ; on 1040, lo banc do Franconie on reçut uno troisième ; on 1653, celui de Westphalie une quatrième. Le collège des villes impériales so partageait on banc do Souabo (37 villes) ot on banc du Rhin (14 villes).
Cbaquo collège délibérait séparément, puis les décisions prises étaient soumises à. l'assomblôo générale. Votées, elles étaient soumises au souverain, puis ratifiées par un édit. Los diètes faisaient les lois, déclaraient la guerre ou concluaient la paix, otc. L'onsemble tlos décisions d'une diète s'appelait rou//»' ou recez do t'eninire. L'ompiro pouvait ratitler partiellomont ou en totalité, mais non moditier lo texte adopté. Kaute du consontemont d'un des trois