‹ Nouveau Larousse illustréChapitre 745 sur 870 · DOCTE — DOCTRINE · texte numérisé non relu

DOCTE — DOCTRINE

rurc ilo phosphore, cl on rôdait le cliloriire obtenu par l'acido iotlhydrique et le phospliorc rouge.)

DOCTE (du lat. doctus; do docere, instruire) adj. Erudît, savant, très instruit : Ayons plus de soin de nous rendre intelligibles que de paraître doctes. (St-Evrem.)

— Par ext. Savamment combiné ; qui prouve, qui contient de l'érudition : Un docte entretie7i. \\ Disposé, préparé avec habileté : Un docte mélange de couleurs.

— Poétiq. Doctes veilles. Travail littéraire: ouvrage qui résulte de ce travail, il On applique parfois aux muses lépithète de doctks.

— n. m. Horamo savant, érudit : La probité est encore plus chère aux gens de bien que l'érudition aux doctks. (J.-J. Rouss.)

— SvN. Docte, érudit, savant. Savant est le terme le plus usité et le plus général : il désigne, à un point de vue quelconque, l'homme qui a de la science. Docte ne se dit guère qu'en parlant des anciens ou do ceux dont les travaux ou les études se rapportent à l'histoire ancienne, et, dans ce dernier cas, il se prend souvent dans un sens ironique. Erudit suppose surtout une grande somme de connaissances acquises, se rapportant aussi bien aux littératures anciennes et modernes, qu'à l'étude des langues, des monuments et des mœurs de tous les âges. Les savants, les doctes travaux sont lo fruit de longues méditations; les travaux d'érudition demandent principalement beaucoup de lecture, de la mémoire et de la sagacité.

DOCTEMENT adv. D'une manière docte, savante, érudito. ;i Par ext. Habilement, pertinemment.

— ïroniq. D'une fa^on pédantesque : Proui'erDOCTEMKNT les vérités les plus triviales.

DOCTEUR (du lat. doctor; de docere, supin doctum, enseicner) n. m. Celui qui enseigne publiquement et par autorisation expresse, li Celui qui a obtenu le plus haut des ? rades d'une faculté : Un docteur es sciences, es lettres, 'n DOCTEUR en droit. Un docteur médecin ou en médecine. (Pour ce dernier, on dit souvent docteur tout court.)

— Adiectiv. Qui fait profession de science ; qui est docteur : Cne femme doctkub-

— ïroniq. Personne qui se môle d'enseigner les autres ; pédant : La nation des docteurs a multiplié aux dépens de celle des disciples. {De Custine.)

— Par ext. Homme très savant, personne très capable dans un genre quelconque : Combien de grands docteurs qui ne voient goutte l (Fén.) !! Fam. Faire le docteur, Se donner des airs de savant. — Faire l'habile homme.

— Fig. Moyen de s'éclairer : Une conscience droite est le meilleur de tous les docteurs. (Mass.) il Ce qui rend ingénieux, inventif ; Le besoin, docteur en stratagèmes

(La Font.)

— Antiq. rom. Docteur d'armes (doctor armorum ou campidoctor), Oflicier instructeur qui enseignait aux soldats l'escrime et le maniement dos armes.

— Hist. relig. Docteur de la loi. Docteur en Israël, Interprète ofrîciel des livres sacrés de l'Ancien Testament.

Il Docteur de l'Eglise ou simplem. Docteur, Père de l'Eglise ou théologien d'une très grande autorité, il Se dit aussi des principaux maîtres de la scolastique; et alors, docteur est accompagné d'une épitliète : Docteur irréfragable, Alexandre de Haies ; Docteur angélique. Saint Tiiomas d'Aquin ; Docteur séraphique , Saint Booaventure ; Docteur subtil, Jean Duns ou Scot; Docteurs illuminés, Raimond Lulle et Jean Thaulère ; Docteur admirable. Le moine Béda; Docteur invincible, Guillaume Ockam; Docteurs très-chrétiens, Jean Gerson et le cardinal Casa; Docteur extatique, Denys le Chartreux; Docteur très-fondé, Gilles, précepteur de Philippe le Bel.

— Techn. Sorte de lame métallique fixe, placée à une très petite distance et parallèlement au cylindre employé pour l'impression des tissus, et qui enlève l'excédent de couleur que ce cylindre peut entraîner dans son mouvement de rotation.

— Théâtr. Le docteur. Un des personnages ordinaires de la comédie italienne.

— Loc. div, : Docteur régent. Nom qu'on donnait autrefois à tout docteur autorisé pour l'enseignement public, ii Docteur in utroque Jure ou simplem. in utroque. Littéralement, Docteur dans l'un et l'autre droit, Docteur en droit civil et en droit canon, n Docteur ubiquiste, Celui qui n'avait étudié dans aucune des trois grandes écoles do Paris : maison des Cholets, école de Navarre, Sorbonne.

\\ Docteur en musique , Nom donné, en Angleterre et en Allemagne, à des musiciens, il Docteur en soupe salée. Ignorant plein de prétention. (Inus.)

— Encvcl. Les Juifs conféraient le titre de docteurs à ceux de leurs raiôjs (maîtres) qui s'étaient distingués par nne connaissance approfondie do la Loi. Le même nom servit, chez les premiers chrétiens, à désigner ceux qui excellaient dans l'interprétation des Livres saints. C'est seulement au xii* siècle que la dénomination de « docteur » devint un titre, décerné après un certain nombre d'épreuves et conférant des droits. La première réception de docteurs eut Heu à l'université de Bologne, vers 1140. L'université de Paris, peu do temps après, adopta ce nouvel usage. Peut-être Pierre Lombard et Gilbert de La Porrée reçurent-ils les premiers, à Paris, lo titre de • docteurs ». Il est certain, du moins, que, vers la fin du xii* siêclct cette dénomination rcmp!a<;a celle de maître, qui se conserva toujours dans quelques ordres religieux. En 13<0, furent organisées définitivement les quatre facultés do l'université do Paris : théologie, droit (canonique et romain), médecine, arts, c'est-à-dire lettres et sciences. Seules, les trois premières conféraient le titre de « docteur • ; les grades inférieurs, que les candidats devaient acquérir avant de parvenir au doctorat, étaient ceux de maître es arts, de bachelier et de licencié. Après un stage, qui variait do huit à quatorze ans, et une série d'épreuves parfois très compliquées, les docteurs recevaient solennellement les insignes de leur grade, c'est-àdire la robe. Vanneau et le bonnet carré. Primitivement, ils étaient astreints au célibat, môme s'ils n'étaient pas prêtres; les docteurs en médecine furent dispensés de cette obligation, au milieu du xv« siècle. Cette exemption fut étendue, quelque temps après, aux docteurs en droit. Lo doctorat conférait à ceux qui en étaient revêtus le droit d'enseigner. Il rendait les docteurs en tliéologie aptes à 6lre promus aux bénéfices les plus importants et donnait aux médecins la faculté d'exercer légitimement leur art. En Allemagne, tout docteur était acobli par son titre.

L'ancienne organisation du doctorat subsista jusqu'à la Révolution. Lo décret du 17 mars 1808, on établissant

la nouvelle université, institua cinq facultés : lettres, sciences, droit, médecine et théologie. Toutes devaient conférer lo doctorat, mais d'après des règlements particuliers à chacune. Les grades inférieurs sont ceux de bachelier et de licencié; ils sont requis du candidat au doctorat. Dans la faculté des lettres, le candidat doit soutenir deux thèses : l'une composée en français, l'autre en latin, devant un jury nommé par le doyen. Dans la faculté des sciences, deux thèses sont présentées sur des sujets, soit de mathématiques, soit de physique ou de chimie, soit d'histoire naturelle, suivant que le candidat veut obtenir le doctorat es sciences mathématiques ou le doctorat ôs sciences physiques, ou le doctorat es sciences naturelles; la seconde thèse peut être remplacée par une série de questions posées par les examinateurs. Dans la faculté de droit, les épreuves du doctorat se composent de deux examens et d'une thèse. Un décret de 1895 a décidé que les diplômes de docteur en droit porteraient l'une des mentions suivantes : sciences juridiques, sciences politiques et éco7iomiques. Dans la faculté de médecine, les candidats pourvus du baccalauréat es lettres-philosophie sont tenus de faire, dans une faculté des sciences, l'année d'études préparatoires au certificat des sciences physiques, chimi(|ues et naturelles, institué par le décret du 31 juillet 1S93, et, après quatre années d'études médicales et cinq examens, ils soutiennent une thèse sur un sujet de leur choix. Le décret de isos avait institué des facultés de théologie catholique, qui accordaient aussi des grades ; un décret du 21 mars 1885 les a supprimées, et n'a laissé subsister que les deux facultés de théologie protestante do Paris et de Montauban. V. doctorat.

— Docteur de l'Eglise. Ce titre est donné à plusieurs saints qui ont défendu la doctrine catholique avec zèle et éloquence. La liturgie romaine contient un office spécial pour les docteurs. Il y a quatre docteurs do l'Eglise grecque : saint Athanase. saint Basile, saint Grégoire de Nazianze et saint Jean Chrysostome. Les docteurs de l'Eglise latine sont : saint Jérôme, saint Augustin, saint Grégoire lo Grand, saint Ambroise, saint Thomas d'Aquin, saint Bonaventuro , saint François de Sales et saint Alphonse de Liguori.

Docteur Miracle (le), opérette en un acte, paroles de Léon Battu et Ludovic Halévy, représentée au théâtre des Boufl"es-Parisiens le 8 avril 1857, avec musique de Charles Lecoq ; le lendemain. 9 avril, avec musique de Georges Bizet. — Ce petit ouvrage était le produit d'un concours ouvert par J. Olfenbach et auquel avaient pris part soixante-dix-huit compositeurs, qui tous avaient mis en musique le livret du Docteur .Miracle. Le jury avait décidé que le prix serait partagé entre Georges Bizet et Cliarles Lecocq, et que leurs deux partitions seraient exécutées sur le même poème et par les mômes artistes.

Docteurs de l'Eglise (les), tableau de Sacchi di Pavia [Louvre]. Sous un portique soutenu par des pilastres décorés de riches arabesc|ues, les docteurs de l'Eglise latine sont assis autour dune table do marbre. Auprès d'eux on remarque les symboles donnés aux évangélistes. Ce tableau date de 1516.

Les quatre grands docteurs de l'Eglise latine : saint Ambroise, saint Augustin, saint Grégoire et saint Jérôme, ont été représentés par beaucoup d'autres artistes, notamment par Ruhens, Ab. Bloemaërt, Dosso Dossi (Dresde), le Guide, Cl. Vignon. etc. Quelquefois, les docteurs sont représentés au nombre de plus de quatre, comme dans la Dispute du saint sacrement, de Raphaël. Hippolyte Flandrin a groupé aussi des docteurs de toutes les époques et de tous les pays, dans une des frises de l'église Saint- Vincent-de-Paul.

DOCTIFIQUE ifik' — du lat. doctus, docte, et facere, faire) [mot burlesque] adj. Qui rend docte, qui répand la science : La doctu-'ique assemblée.

DOCTILOQUE {lok! — du lat. doctus, docte, et loqui, parler) [mot burlesque] adj. Qui parle doctement, savamment.

DOCTISSIME {lat. doctissimus, superlat. de doctus, oavant) adj. ï*ar plaisant. Très docte, savantasse^

— Substantiv. Personne très docte : Un doctissime.

DOCTORAL. ALE, AUX (du lat. rfoc/or. docteur) adj. Qui appartient â un docteur ou aux docteurs : La dignité doctorale, n Fig. Qui a une gravité pédantesque : Un ton. Un air doctoral. Une démarche doctorale.

DOCTORALEMENT adv. D'une manière doctorale, avec une L;ravité sentencieuse ou un ton tranchant : Décider de

tout DOCTORALEMENT.

DOCTORAT {ra — du bas lat. doctoratus, même sens) n. m. Grade de docteur : Aspirer au doctorat en dro}t, en médecine. Il Examen que l'on subît pour devenir docteur : L-'asser son doctorat. Il Par plaisant. Le plus haut degré dans une profession quelconque : Le doctorat de la cuisine.

— Encycl. Doctorat d'université. h& décret du 21 juillet 1897 a autorisé les universités à instituer des titres d'ordre exclusivement scientifique, qui ne confèrent aucun des droits attachés aux grades par les lois et règlements. Los diplômes sont délivrés au nom de l'université ; ils dilfèreni des diplômes de l'Etat en ce que les titres légaux exigés pour les obtenir peuvent être remplacés par d'autres titres de la valeur desquels l'université reste juge. L'université de Paris a organisé le doctorat d'université dans ses facultés des lettres et des sciences par une délibération du 29 mars 1898. V. docteur.

DOCTORERIE {rî — du lat. doctor, docteur) n. f. Ensemt)le des actes auxquels était soumis le candidat pour être reçu docteur, il Grade de docteur. (Vieux.)

DOCTORESSE {rèss — du lat. doctor, docteur) n. f. Femme qui a obtenu devant une faculté le titre de docteur: Doctoresse en droit, ii Spécialem. Femme docteur en médecine. Il Par dénigr. Femme qui all'ecte de se donner pour savante.

DOGTORIFIER (du lat. doctor, oris, docteur, et facere, faire. — Prend deux i do suite aux deux prem. pers. pi. do l'imp. de l'ind. et du prés, du subj. : Nous doctori fiions. Que vous doctorifiiez) v. a. Par plaisant. Fairo docteur ; DocToRii-'iKR un sot, ce n'est pas en faire un habile homme. Il On a dit aussi doctoriser.

DOCTRINAIRE (n^r' — rad. doctrine) adj. Politiq. Qui se rapporte au système d'opinions appelé « doctrine » : Ecole DOCTRINAIRE. /*u6ficis(e doctrinaire.

— Par anal. Systématique, raidc, empesé : Tcryncs abstraits et DOCTRINAIRES. (StC-BcUVe.)

DOCTRINAIRES (nêr") n. m. pi. Poliiiq. IS'om donné, sous la Restauration, aux partisans d'une écolo politique fondée par Royer-CoUard et Guizot. — Un doctrinaire.

— Hist. littér. Nom donné aux représentants du romantisme allemand et à ses partisans.

— Hist. relig. Nom donné souvent aux pères et quelquefois aux frères delà Doctrine chrétienne.

— Encycl. Polit. V. doctrinarisme.

— Hist. littér. Doctrinaires allemands. On a donné ce nom aux écrivains allemands qui ont représenté ou prétendu représenter les principes dogmatiques du romantisme en Allemagne, principes qui sont loin d'être identiques à ceux du romantisme français. Le romantisme allemand, en effet, fut surtout une réaction contre lo mouvement créé par Lessing, Gœthe, Schiller. Les frères Schlegel, les coryphées de la doctrine, pour protester contre ce qu'ils appelaient le " paganisme » de Gœthe, se plongèrent — et une partie de la littérature allemande avec eux — dans Tétude et le culte du moyen âge. Ils so convertirent au catholicisme, afin de pénétrer plus avant les « nouveautés poétiques » des siècles passés. Ils élaborèrent sur ces données la dogmatique du romantisme. Les autres doctrinaires sont Louis Tieck, Frédéric do Hardenberg, autrement appelé Novalis, J.-O. Gries et quelques autres ; puis, plus tard, Achim d'Arnim, Clcmens Brentano, etc.

— Hist. relig. V. doctrine chrétienne.

DOCTRINAIREMENT (?ié-re) adv. D'une façon doctrinaire; selon le système des doctrinaires.

DOCTRINAL, ALE, AUX adj. De doctrine, qui se rapporte a la doctrine ou à une doctrine : Les décisions doctrinales des papes ont toujours fait loi dans l'Eglise. (J. de Maistre.) ii Avis doctrinal. Sentiment écrit d'un docteur en théologie, consigné par écrit, il Livre doctrinal. Au moyeu âge. Livre qui était destiné à l'enseignement.

— Subslaïuiv. : Un doctrinal.

DOCTRINALEMENT adv. D'une façon doctrinale.

DOCTRINARISME (rissm' — rad. doctrinaire) n. m. Système politique des doctrinaires, il Doctrine systématique.

— Encycl. Le doctrinarisme, personnifié sous la Restauration par Royer-Collard et Guizot, avait pour objet d'établir un compromis rationnel et philosophique entre les principes politiques que professaient, d'une part les partisans de 1 ancien régime, et, d'autre part, les révolutionnaires exaltés. Il se présente dans l'histoire de la pensée sous une double forme : d'abord comme une théorie liistorique formulée par Guizot dans ses cours à la Sorbonne. (Il consiste, alors, à expliquer le développement et le progrès des nations par les diverses combinaisons d'éléments éternels, toujours identiques à eux-mêmes et toujours légitimes; il conduit à condamner toutes les doctrines reposant sur la raison pure, et non sur l'histoire, et à considérer le présent sous la forme d'une constante évolution.) Comme philosophie politique, le doctrinarisme repousse la souveraineté du peuple et conclut à la monarchie constitutionnelle; mais il entend lui donner des bases expérimentales et non rationnelles. L'école doctrinaire s'est toujours élevée contre la conception que l'école libérale s'était faite du rôle du souverain et, par la bouche de Guizot, protesté contre le fameux axiome : r Le roi règne et ne gouverne pas. » Le terme de son in^uence a été la révolution de 1848.

DOCTRINARISTE (rissf) adj. et n. m. Se dit des partisans du système politique des doctrinaires.

DOCTRINE (lat. doctrina; de docere, enseigner) n. f. Ensemble des connaissances possédées par quelqu'un : N'allez point déployer toute votre doctrine. (Mol.) il Ensemble des dogmes qui constituent un système d'enseignement religieux, pliilosophique ou politique : La doctrine chrétienne. La doctrine des pérîpatéticiens.

— Système d'opinions ou de dogmes relatifs à un seul point de l'enseignement religieux, philosophique ou scientifique : La doctrine de l'immortalité de l'âme. Les doctrines astronomiques de Copernic.

— Par ext. Opinion : Changer de doctrine tous les Jours Il Savoir : L'esprit est illuminé par la doctrine, comme l'œil

par l'air gui l'environne. (D'Ablanc.)

— Dr. Manière dont les jurisconsultes résolvent les difficultés que présente un texte de loi. (La doctrine est lo droit théorique expliqué par les auteurs, par opposition à la Jurisprudence, qui est le droit mis en pratique.)

— Polit. Système politique des doctrinaires : Maine de Biran, de Serre et Boyer-Collard sont regardés comme les fo7idateurs de la doctrine. V. doctrunarisme.

— Encycl. Les mots doctrine et si/stème désignent tous deux un ensemble d'idées liées entre elles; mais ils no sont pas complètement synonymes. Le mot " système »> s'applique surtout à l'enchainement des idées qui composi'Ut une théorie; ie mot « doctrine » à l'acception do système ajoute une idée morale ; il éveille la pensée d une direction imprimée à la volonté de rhomme vers lo but do la vie. C'est pourquoi on donne ordinairement lo nom do « systèmes » aux solutions raisonnées que les philosophes ou les savants apportent des problèmes théoriques de la philosophie ou des sciences. Ainsi, on dit ; lo système do Leibniz sur l'origine des idées, le système do Newton sur l'attraction universelle. On réserve le nom do c doctrine " à tout ensemble d'enseignement ayant pour but de résoudre les questions relatives à la nature et à la destinée morales de l'homme. Or les solutions de ces questions peuvent être, ou présentées au nom de la raison, ou imposées au nom de la Révélation. Dans le premier cas, elles donnent naissance aux àoctr'ines philosophiques ; dans le second, elles constituent les doctrines religieuses.

Doctrine cbrétienne (congrégation de la). Ce nom a été donné à deux institutions fondées presque simultanément au xvi" siècle : l'une en Italie, l'autre en Franco, pour l'instruction religieuse des enfants et du peuple.

En Italie, vers 1560, un gentilhomme milanais, nommé Marc de Sadis Cusaui, réunit plusieurs prêtres et plusieurs laïques dévoués et en forma une association qui, chaque dimanche, enseignait le catéchisme aux artisans. Le pape Pio V approuva cet Institut en 1567 ; Paul V l'érigea en archiconfrérie; Clément VII confirma les règles (|uo Haronius, l'un des premiers membres, rédigea pour la société, avec l'aide du cardinal Bellarmin.

En Franco, César do Bus fonda ù l'islo, dans lo comtat Viuiaissin, une associalion do prGu'os ot do clercs, <jui pait'otiraiont avec lui les campagnes ou oiisoignant la d^TM'iiio elifolionno (1592). La société, ajjproiivôo par Clément VU on I'jO? et autorisée par lettres paUintos du roi ou ICIO, fut agitôo par des dissensions intestines. Un do SOS promiors membres, le chanoiuo Romillon, la (luiila avoe plusieurs do ses confrères, pour entrer à. l'Oraloiro. Le P. Vigior, succossour du P. do lius, tonta do la réunir à l'ordre dos somasquos. Mais, ontin, la paix fut rétablie en 16J7; lo papo Innocent X constitua les pôros do la Doctrine chréttouno ou doctrinaires on une congrégation qui dura jusqu'à la Révolution. Les doctrinaires avaient un grand nombre do maisons dans lo midi do la Franco ot une rosidonco à Paris. Fléchior passa plusieurs années parmi eux. Lo P. César de Bus avait aussi fondé, en ITiitr., une congrégation do femmes qui, appelées d'abord filles lie la Doctrine chrétienne , prirent lo nom d'ursulines.

Ou connaît six congrégations do femmes portant lo nom do sœurs de la Doctrine chrétienne : les maisons méros respectives sont dans les villes de Digne, do Ceilhos (Hérault), do Saint-Gildas-dos-Bois (Loire-Inf.), do Moyruois (Lozère), ot do Nancy. Enfin, une congrégation do frerrs de la Doctrine chrétienne a son siège à Vézolise (Meurtheet-Moselle).

Los membres de la congrégation des frères des Ecoles chrétiennes portent aussi Te nom do frères de la Doctrine chrétienne.

Doctrine de l'Eglise catholique sur les matières de controverse (Exposition de la), par Bossuot [Paris, 1071]. — Après la conversion do Turonne, Bossuot avait écrit une exposition de la doctrine catholique sur les points controversés par les protestants. Turonne lo pressa do la publier. Bossuot on fit d'abord imprimer douze exemplaires, qu'il soumit à ceux dos évoques et des membres do la faculté uo théologie do Paris qui lui parurent le plus capables do l'aider do leurs lumières. Enfin, il se décida à faire paraStro son ouvrage. Il y expose, avec une grande clarté, la foi do l'Eglise catholique sur lo culto de Dieu et l'invocation des saints, les images et les reliques, la justification et le mérite des œuvres, les satisfactions, lo purgatoire et les indulgences, les sacrements et en particulier l'Eucharistie, la parole de Dieu écrite et non écrite, enfin l'autorité du pape et de l'Eglise. Bossuot donna, en 1679, une nouvelle édition en tête do laquelle il plaça un Avertissement contenant ses réponses aux objections des ministres de La Bastide et Noguier. La même année, dans nu bref daté du 4 janvier, lo pape Innocent XI avait approuvé formellement la traduction latine de VExposition faite par l'abbé Fleury sous les yeux de Bossuot.

DOCTUS GUM LIBRO (savant avec le livre). Se dît de ceux qui, incapables de penser par eux-mêmes, étalent une science d'emprunt et puisent toutes leurs idées dans les ouvrages des autres. (Il se dit aussi de ceux qui ne peuvent répondre à uno question sans consulter leurs auteurs.)

DOCUMENT (mail — lat. docuvientum; de docere. enseigner) n. m. Ce qui sert à instruire ; enseignement. (Vieux.) Il Renseignement écrit, servant de preuve ou de titre: Documents historiques. Les documents sont muets pour qui ne sait pas les animer. (Renan.)

— Fig. Objet quelconque servant de prouve, do témoignage. Il Document humain, Renseignement pris sur le vif : Les frères de Goncourt firent la chasse au document hdmain et employèrent les premiers cette expression.

DOCUMENTAIRE {man-tèr') adj. Qui a le caractère d'un document : Exactitude documentaire.

— Traite documentaire. Conim. Traite accompagnée de documents.

DOCUMENTATION {man-ta-si-on — rad. document) n. f. Actiun d'appuyer un récit, un débat, en fournissant des documents ; ensemble do ces documents.

DOCUMENTER [man) v. a. Fournir dos documents; appuyer par des documents.

DOCZY (Louis), écrivain dramatique hongrois, né en 184:>. Attacné au bureau de la presse au ministère do l'intérieur (18G8}, il se fit remarquer par une sério d'articles contre Tisza, et sut gagner la confiance du comte Andrassy, qui le fit entrer au ministère dos atTairos étrangères à Vienne. Doczy est particulièrement bien doué pour le conto dramatique. Son Baiser (Csôk) obtint lo prix Teleki à r.4.cadémie hongroise (1871) et fut joué avec un grand succès sur toutes les scènes de Hongrie ci d'Allemagne. Ses autres pièces : Marie Szécsi/, Dernier amour, ElUnor, so distinguent par uno langue colorée et dos scènes frappantes. Doczy a, le premier, traduit Faust on vors.

DODART (Donis), médecin français, né à Paris en I6:il, mort on 17()7. Ses brillantes études lui méritèrent l'admiration do Gui Patin ^ à poino docteur, on 1600, il devint médecin dos plus grandes familles, et, vers ICtîG, motU-cin conseiller du roi; en même temps, ses ^ecllorch(^.s hotaiHcpios lui ouvraient les portos do l'Académie dos sciences. Ce médecin, charitable autant que savant, a laissé : De febribus bulneitm (IGGO) ; Mémoires pour sei'vir à l'élude des plantes (1670); Médecine des pauvres (1692).

DODARTIE (sï — de Dodart, n. pr.) n. f. Genre do plantes herbacées, ayant le port des joncs, et qui appartient à la faniillc dos scroi'ulariôos. (II comprend unosculo cspè{;e, qui habite l'Asie.)

DODD (Robert), peintre do marine anglais, né vers 17 is, mort après 1809. Il était sans rival dans son genre, parmi ses compatriotes. .Sa plus grande œuvre a figuré à l'Exposition do Londres do 1796 : Nautic Camp, tableau do 110 pieds de long, représentant la llotto anglaise ù Spithead, en 1795, au moment où elle s'éloigno pour échap|)erà l'incendie du vaisseau la IJoi/le. Citons encore : la Flotte de la Jamaïque par une tempête (1782) ; le « Centaure n sombrant (1785); etc. Une do ses dernières productions est le Combat de TrafalQar (1800). Dodd a exécuté avec talent dos gravures ù Teau-forto ot au burin, représentant des scènes maritimes.

DoDD (William), écrivain anglais ot théologien protestant, né i liourno (Lincolnshiro) on 1729, mort ù Tyburn on 1777. Ilabilo prédicateur, il devint chapelain du "roi on 176;i. Ses dissipations, do nombreuses dettes, uno tentative avortée do corruption sur la femme du loni-chancolior l'obligeront à quitter Londres. Il vécut quoique temps

DOCTRINE — DODÉCASCHÈNE

Dodds.

à Genève ot en France. De retour on Angleterre, il signa du nom do Cheslerfiold uno lettre do change do 1.200 livres sterling, fut condainno ù mort pour faux, et pendu. Il a laissé un grand nombre d'écrits, entre autres : Ji fautes de Shakspeare (1752); Ilijmnes de Callimaque, traduits on vers (1755); Pensées en prison [xn^X); etc.

DODDRIDGE ou DODERIDGE (sir John), jurisconsulte anglais, né à Barnstaplo on 1555, mort en 1028. Il fut juge drs plaids communs, soliciter général, juge du banc du roi. et membre du parlcmont. Savant antiquaire ot jurisconsulte dos i)Ius distingués. Doddridge composa plusieurs ouvrages qui no parurent qu'après sa mort. Los principaux sont : le l'iambeaii de l'homme de loi (1629); Histoire des pai/s de Galles, Cornouailles, Chester{lij'iO) ; Opinions tonchant l'antiquité, la puissayice, etc., de la haute cour du parlement d'Amjleterre {XdTii); etc.

DODDS (Alfrod-Amédéo), général français, né ;\ Saint- Louis (Sénégal) en 1842. Admis à Saint-Cyr, il eu sortit en 1864 connue sous-lioutonant dans rinfanterie de marine, fut prisonnier à Sedan (1870), s évada, servit aux armées de la Loire et de l'Est, puis fut envoyé au Sénégal. Après avoir pris part aux expéditions de Cochinchine (1878) et du Tonkiu (1889), il retourna au Sénégal, où il fît diverses expéditions jusqu'en 1891. Il était colonel depuis 1887, lorsqu'il fut chargé, en 1892, do combattre Bébanzin, roi du Dahomey. Il le mit en fuite après avoir pris sa capitale, revint en France, et fit, en 1893, une nouvelle campagne au Daliomey. Il s'empara d'Atcheribé, reçut la soumission des chefs et prononça la déchéance de Bélianzin, qui s'était enfui, et quî, abandonné de tous, dut se rendre (189i). Nommé, en 1892, général de brigade, Dodds devint inspecteur d'infanterie de marine (1894), commandant en chef en Indo-Chino (1896), fut rappelé peu après, et reçut le commandement d'une brigade à Brest.

DODE (sainte), abbesse et vierge, morte vers la fin du vil" siècle. Elle était parente du roi Dagobert I". D'après le récit de l'historien Flodoard, Dode succéda à sa tante, sainte Beuve, dans le gouvernement du monastère de la Sainte-Vierge, que saint Baudry, son oncle, avait fondé a Reims. — Fête le 24 avril.

DODE DE La BrunERIE (Guillaume, vicomte), pair et maréchal de France, né à Saiot-Geoire (Isère) en 1775, mort en 1851. Sorti, en 1795, do l'Ecole do Metz, il entra dans le génie et fit les campagnes du Rhin, d'Egypte et d'Italie. Il se signala particulièrement à la bataille do Rastadt. Colonel en 1805, il prit une part glorieuse à la victoire d'iéna (1806) et au siège de Saragosso on 1809. Il fut nommé général de brigade peu de temps après, et promu divisionnaire en 1812. Dode de La Brunorio ost surtout célèbre par sa belle défense do Glogau en 1813 : il ne rendit la place qu'en 1814, sur l'ordre formel de Louis XVIII. Resté au service sous la Restauration, il suivit le duc d'Angoulême pendant l'expédition d'Espagne en 1823, et reçut, à son retour, les titres de •• vicomte » et de « pair de France ■•. Cliargé, en 1840, de la construction des fortifications de Paris, il reçut lo bâton de maréchal en 1847.

DODÉCA, préfixe signifiant douze.

DODÉCACORDE (du gr. dôdéka, douze, ot khordè, corde) n. f. Mus. anc. Système de musique qui a ajouté quatre tons aux huit fournis par le chaut ecclésiastique romain.

DODÉCADE (du gr. dôdéka, douze) n. f. Douzaine : Les éons des ijnostiques étaient classés par uoDECADiis.

DODÉCADÉNIE {nî) n. f. Genre d'arbres, de la famille des lauracéos, tribu des tétranthôréos, à fleurs hermaphrodites solitaires. (La seule espèce connue habUo l'indo oriontalo.)

DODÉCAÈDRE (du gr. dôdéka, douze, ot édra, face) n. m. Giioni. Solide à douze faces : Dodëcaèdrh régulier.

— Miner. Cristal terminé par douze facettes.

— Adjoctiv. Qui a la formo d'un dodécaèdre : t^n cristal DODECAiiDRK.

— Encycl. Dodécaèdre régulier. Un dodécaèdre régulier a pour faces des pentagones réguliers égaux; ses angles solides sont égaux, et sos an^'Ics dièdres aussi égaux.

vSuit AIîODE un pentagone régulier. Si l'on mène du point A uno droite AM, faisant avec AB et AE des angles égaux à.

l'angle EAB du pontagono, do manière que l'anglo trièdro ABEM soit régulier, et si l'on formo do môme on B, C, D, E quatre autres angles tnôdros réguliers; que Ion prenne les longueurs AM, BN, CP, DQ et ER égales ù AB, et qu'on achève dans los plans MAHN, NBCP, etc., les pentagones réguliers MABNG, NBCPn, ntc, los six faces ^)ontagonalos ainsi ajoutées ormeront la moitié do la surtaco du dodécaèdre régulier.

Chaque angle solide du dodécaèdre étant formé do trois angbïs plans égaux A l'anglo d'un pentagone régulier, riiiclinaison do doux faces adjacentes sera déterminée diroctemont par l'une des équations :

CCS K = — = — 1 sin a Œ -— ,

Ot tanga ^ —2.

On peut aussi employer la formule généralo : 1 iï . «

sin - a = cos — ; sin - , i m n

où n représente lo nombre dos cftlés do chaquo face, et m lo nombre d'unglos plans ((ui so réunissent dans chaque

angle solide. Dans lo dodécaèdre, m ost égal à 3 et n ù 5 ; on a donc :

d'où

UG°32'11",

2 sin 30"

DODÉCAÉDRIQUE {drik') adj. Géom. Qui so rapporte, qui convient au dodécaèdre : La forme DODÉCAÉDUniUE.

DODÉCAFIDE (du gr, dôdéka, douze, et du lut. /idns, fondu) adj. En T. de bot.. Qui est

divisé en douze segments.

DODÉCAGONAL, ALE , AUX

(rad. dodécagone) adj. Géom. Qui a douze angles : Figure dodécAGONALE. Il Qui a pour base un dodécagone : Pyramide dodéca- GuNM.i-:. Prisme dodécagonai,.

DODÉCAGONE (du gr. dôdéka, douze,et(/d/((rt, angloJn.m.Géom.

Polygone qui a douze angles et,

par" conséquent, douze côtés : Un o. ccntr.- iIk la cicMiirédodêcagone régulier a douze an- reiice ; AB. égal au rayon, qles égaux et douze côtés égaux. ^^^^ «je l'hexagone v*f,'ii- ,. V-NCYCL. i^e aoaecagone regix- g^^, ^y ^j, ^^^^ ^^ ^^^^^^ lier s obtient en portant six lois le caô-one.

rayon sur une circonférence de

cercle, ce qui donne l'hexagone régulier; divisant los arcs sous-tendus par les côtés do l'hexagone, chacun en deux parties égales, et joignant los nouveaux points do division deux à deux de proche en proche.

300" L'angle au centre du dodécagone régulier est de

ou de 30"; les angles aux sommets sont do 150". Le côté du dodécagone régulier est

son apothème est

par conséquent, sa surface est

Deux dodécagones réguliers égaux, juxtaposés le long d'un côté, laissent entre eux un'anglo vide de 60"; c'est l'angle du triangle équilatéral ; par conséquent, on peut daller une surface plane au moyen do dodécagones réguliers et de triangles équilatéraùx.

DODÉCAGYNE {fin' — du gr. dôdéka, douze, et gunê, femellei ailj. Bot. Quia douze pistils, styles ou stigmates.

DODÉCAGYNIE {Ji-nî — rad. dodécagtpie) n. f. Bot. Ordre do la deuxième classe du système de Linné, comprenant los genres dont la fleura douze pistils.

DODÉCAGYNIQUE [ji-nik') adj. Bot. Qui appartient à la dodécagyme : Système dodécagynique.

DODÉCANAPHTÈNE n. m. Carbure C"H" bouillant vers 180", extrait des pétroles de Bakou.

DODÉCANDRE (du gr. dôdéka, douzo, ot anèr, andros, mâle) adi. Bot. Qui a douzo étamines on, plus exactement, plus de dix et moins de vingt étamines.

DODÉCANDRIE ((/ri— rad. dodécandre) n. f. Bot. Onzième cinsscdu système de Linné, comprenant les genres duiit les tb'ui's ont plus de dix et moins de vingt étamines t^cx. ; réséda, aigremoino).

DODÉCANDRIQUE [drik') adj. Bot. Qui appartient à la dodécandrie.

DODÉCANOME (du gr. dôdéka, douzo, et nojnos, loi) adj. Minér. Soumis à douze lois de décroîssement.

DODÉCAPARTI, lE [du ^r. dôdéka, douze, et du lat. partitus, divisé) adj. Bot. Qui est divisé on douze segments aigus et profonds, ii On dit aussi dodécapaktit, ite.

DODÉCAPÉTALE (du gr. dôdéka, douze, et do pétale) adj. Bot. Qui a douze pétales, dont les fleurs ont douzo pétales : Fleur dodécapètale. Plante dodécapétale.

DODÉCAPÉTALE, ÉE (rad. dodécapétale) adi. Bot. Qui a douzo pétales : Une fleur dodécapétaléb. une corolle dodécapétalée.

DODÉCAPHARMACUM (ko7n' — du gr. dôdéka, douze, et pharuiakon. remède) n. m. Phariu. anc. Onguent lort réputé au moyen ùgo, qui contenait douzo drogues dont on attribuait l'indication a chacun dos apôtres. (Sa formule no nous est pas parvenue.) ii On le nommait aussi onguent

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