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DODÉCATHÉON n. m. Genre de plantes herbacées, de la famille des primulacêos : Le dodêcathicon de Mead est une jolie plante à feuilles radicales disposées eu rosette et irrégulièrement dentées, douze fleurs d'un beau rose pourpre terminant une hampe de SO à 35 centimètres. (Gouas.)

DODÉCATOMORIE {rî — gr. dôdécatomorion ; de dôdékatos. douzième, et morjo7), partie) n. f. Géom.

anc. Douzième partie du cercle ou arc de 30**.

— Astrol. Chacune des douze maisons ou parties du zodiaque, pour les distinguer des douze signes.

— Astron. anc. Chacun des douze signes du zodiaque ; l'arc qu'ils occupent valant 30».

— Pharm. anc. Nom que les Grecs donnaient à uu médicament composé do douze ingrédients.

DODÉCUPLE (du gr. dâdékat douze, et du suif. lat.

plex, qui indique la multiplication) adj. Qi douze objets; qui est répété douze fois.

DODÉCYLÈNE (si) D. ni. Carbure CH'(CH')'CH =CH', que Ion obtient dans la distillation sèche de l'éther palmitique de l'alcool dodécylique.

DODÉCTLIDÈNE [si] n. m. Carbure C"H", nue l'on obtient par iaciion de la potasse alcoolique sur le bromure de dodécylùue.

DODÉCYLIQUE Isi-lik') adj. Il Alcool dodécrjlique , Alcool CH'(CH'j"'CH*OH que l'on obtient en saponifiant l'éther acétique résultant de la réduction de l'aldéhyde Jaurique par la poudre de zinc et l'acide acétique.

DODELINEMENT {man — rad. dodeliner) n. m. Bercement, balancement.

DODELINER (fréquent, de dodiner) v. a. Bercer doucement: DoDiîLiNERuH enfant. Il Balancer lentement et légèrement : DoDiiLiSER la tète en écoutant un air. \\ ÎS'eutralement : Dodeliner de la tête.

Se dodeliner, v. pr. Se bercer, se balancer légèrement.

DODERETE iThomas), publiciste français, né près de Langres en I75i, mort en 1824. Il était avocat lorsqu'il fut nommé, pendant la Révolution, administrateur du district de Langres. Il se signala dans ce poste par ses opinions extrêmement avancées, et publia le Catéchisme à l'usage de toutes les religions.

DODGE, comté des Etats-Unis (Etat du Wisconsin); 45.000 hab. Ch.-l. Watertoitm. — Il existe d'autres comtés du même nom dans les Etats de Géorgie (11.500 hab.), de Minnesota (11.000 hab.) et de Nébraska (19.500 hab.).

DoDIECJ (Claude), sieur de Velly, prélat et diplomate français, né à Lyon vers le commencement du xvi' siècle, mort à Paris en 1558. Il remplit deux ambassades près de Charles-Quint, en 1535 et 1537. La première eut pour conséquence détournée l'occupation de la Savoie et du Piémont par François I"" ; la trêve de Nice sortit do la seconde. L'habile négociateur reçut en récompense l'ovécho do Rennes (1541).

DODINAGE {naj') n. m. Mouvement lent et régulier imprimé, dans le sens de la longueur, à la chausse d'un blutoir. Il Action de secouer des clous de tapissier dans un sac, avec de l'émeri, pour les polir.

DODINE n. f. Sauce au blanc avec des champignons, oïl l'on mêle le jus de la volaille rôtie. (Vieux.)

DODINER (rad. dodo; étym. dont.) v. a. Bercer, balancer : Dodiner un enfant.

— Techn. Communiquer à la chausse d'un blutoir un mouvement lent et régulier dans le sens de sa longueur.

Il Polir les clous de tapissier.

— V. n. Faire le paresseux, agir avec nonchalance.

— Osciller régulièrement, en parlant du balancier d'une horloge, d'une pendule.

Se dodiner, v. pr. Se balancer, se bercer.

— Fig. Avoir un soin minutieux de sa personne : Homme qui se dodine cotnme une femme.

DODINETTE {net') u. f. Mouvement par lequel on dodine un enfant.

DODO (rad. dormir) interj. Invitation à dormir que l'on adresse aux jeunes enfants : Dodo, mon petit, dodo.

— n. m. Dans le langage enfantin, Sommeil ; L'Iieure du DODO, Il Faire dodo^ Dormir, ii Lit : Bébé qui s'agite dans

son DODO.

— Ornitli. Nom vulgaire du dronte.

DODOENS ou DODONÉE (Kembertl, médecin et botaniste néerlandais, né à Maliues en 1517, mort à Leyde en 1585. .■Vprès do nombreux voyages en France, en Allemagne, en Italie, il devint médecin de l'empereur Maximilien II en 1574, fut obligé de quitter la cour à la suite de polémiques avec Jean Craton, autre médecin de l'empereur, et s'arrêta à Loydo, où on lui offrait une chaire de médecine. Il a surtout laissé des ouvrages do botanique : De fruqnm historia (1552); Stirpium historix Pemptades sex sivo IJbj'i triginta (1583); Medicinalium observationum exempta rara (15«i); Praxis medica {161G).

DODON. Myth. gr. Fils de Zeus et d'Europe; héros éponyme de la ville de DodonOt en Epire.

DODONE (lat. Dodona), ancienne ville de l'Epiro, qui était située au S.-O. do Janina, dans la vallée de Tcharacovista. près du village actuel do Dramési. Dodono n'eut jamais d'importance par elle-même, mais elle était célèliro par son temple et son oracle de Zeus. Ce sanctuaire était un des plus anciens de la Grèce. Zeus Dodonéen est mentionné déjà dans les poèmes homériques, et il est toujours resté populaire chez les Hellènes, dont les diverses tribus étaient précisément originaires do la région do Do-

Bronzes trouvés à Dodone.

done. Suivant la tradition, Dodono avait été fondée par les Pélasges; plusieurs légendes, recueillies par Hérodote, rattachaient à l'Egypte et la Libye les origines do l'oracle. On pratiquait à Dodone divers procédés do divination : le vol des colombes, les dés, le son rendu par un bassin de bronze, surtout le bruit du veut dans les chênes sacrés. Le service de l'oracle était fait d'abord par des devins appelés tomouroi ou hypophètes ; plus tard, il fut confié à des prêtresses appelées péleiadès. L'oracle conserva sa popularité jusqu'à l'époque macédonienne. Le temple fut détruit par Dorimachos, en 250 av. J.-C, dans la guerre des Etoliens et des Acliéens. 11 se releva pourtant; et. au temps de Pausanias (ii^ s. de notre ère), il passait encore pour une des curiosités de la Grèce. On y célébrait des jeux en l'honneur de Zeus Naïos. Mais l'oracle avait alors perdu presque tout son crédit. Les progrès du christianisme lirent le reste : le temple fut changé en église, et l'on voit des évêques de Dodone assister aux conciles des v* et vC siècles. La vieille cité disparut vers la fin du vi" siècle, sans doute à la suite des invasions des Goths.

DODONÉÉ, ÉE adj. Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte au genre dodonée. ii On dit aussi dodonë, dodonir.

— n. f. pi. Tribu de la famille des sapiudacées, ayant pour type le genre dodonée. — Une dodonêèe.

DODONÉE n. f. Genre de sapindacées, tribu des dodo- 7iéées. (Les dodonées sont des arbrisseaux visqueux, à pétales nuls, habitant l'Australie et les régions tropicales).

DoDONÉEN, ENNE (né-in, en'), personne née à Dodone, ou qui habitait cette ville. — Les Dodonéens.

— Adjectiv. Qui appartientà Dodone ou à ses habitants: Histoire dodonéenne. ii Continent dodonéen, L'Epire.

— Mythol. gr. Zeus Dodonéen, Zeus adoré à Dodone, en Epire, où il avait un temple célèbre.

DODRANS [dranss) n. m. Antiq. rom. Poids de neu onces. Il Monnaie valant les neuf douzièmes de l'as, it Les trois quarts d'une mesure quelconque.

DODRANTAIRE (/èr') adj. Antiq. rom. Qui coocorne le dodrans ou les trois quarts d'un tout, il Tables dodrantaires. Registres établis pour pcrmeitre l'exécution de la lex Vaïe7'ia feneratoria, qui réduisait les dettes de trois quarts.

DODRANTAL, ALE, AUX (rad. dodrans) adj. Qui contient uu dodrans.

DODRO, comm. d'Espagne (Galice [prov. de la Corogncj), sur rUIlo, affluent de l'Arosa ; 3.530 hab.

DODSLEY (Robert), poète, libraire et littérateur anglais, né à Mansfield en 1703, mort en 17G4. Commis, puis valet, il écrivit des vers qui parurent par souscription sous le titre de la Muse en livrée (1732), ouvrit, en 1735, une librairie, qui devint le rendez-vous des écrivains d'élite, fonda d'importants recueils périodiques et fit fortune. Dodsley a écrit pour le théâtre des pièces, dont quelquesunes ont eu du succès : la Boutique du bijoutier (1735); le Boi et le Meunier de Maiisfield (1737) ; Sir John Cockle at court (1738), et publié un ouvrage : the Economy of the liuman life {\''i7>\), qui a été traduit en français. Ses œuvres complètes ont été publiées en 1760.

DoDSON (James), mathématicien anglais, né à Londres vers 1710, mort en 1757. ïl professa les mathématiques et publia, entre autres ouvrages : the Antilogarithmic Canon (1742). Ce fut lui qui donna la première idée de la fondation d'une société pour l'assurance de la vie.

DODSWORTH (Roger), ministre anglican et archéologue anglais, né en 1585, mort en 1654."ll explora les bibliothèques et les cloîtres de l'Angleterre, et consigna le résultat de ses recherches sur les antiquités de son pays dans 122 volumes in-foL, écrits de samain. On ena puolié, après sa mort, une faible partie, sous le titre do : Monasticon Anglicanum or the History of the ancient abbeyies, monasteries, hospitals, etc., in Éngland and 'Wales (1655).

DODU, UE (rad. dos) adj. Gras, bien en chair, en parlant d'uu animal, et, par ext., d'une personne : Un chapon dodu. Femme dodue, ii Ferme et replet, en parlant des chairs d'une personne : Des joues dodues, ii Par ext. Rebcndi, exactement plein : Une bourse dodue.

— Substantiv. Personne dodue : Un gros dodu. Dodu {Lucie-Juliette), née à Saint-Denis (île de la

Réunion) en 1S50. Elle était receveuse du bureau télégraphique de Pithiviers (Loiret), lorsqu'on 1870 les Allemands s'emparèrent de cette ville. Etant parvenue à cacher ses appareils, elle les mit, la nuit, en communication avec le fil extérieur des Prussiens, attaché au mur, et put ainsi saisir au passage d'importantes dépêches, qu'elle fit ensuite parvenir au général d'Aurelle de Paladines. Elle sauva ainsi d'une perte presque certaine un corps d'armée, qui allait être cerné par les Allemands. Dénoncée, Juliette Dodu fut traduite devant un conseil do guerre et condamnée à mort ; mais le prince Frédéric-Charles la gracia ; elle fut décorée de la médaille mihtaire, puis, en 1878, de la croix de la Légion d'honneur, et nommée, on 1880, déléguée générale pour l'inspection des salles d'asile. Le baron Larrey, en mourant (1895), l'institua sa légataire. Elle a publié," en collaboration, sous le pseudonyme do Lipp, un roman intitulé l'Éternel Boman (1891). DODWELL (Karris), théologien et philosophe anglais, né à Dublin (Irlande) en 1641, mort en 1711. En 1688, il fut nommé professeuràOxford, mais fut révoque sur son refus do prêter sermentàGuillaumeIIIetàMarie(-i69l). Dodwell se plaisait à soutenir les idées parfois les plus paradoxales. I! connaissait à fond les sciences ecclésiastiques. Il se init à écrire contre les catholiques protégés par le duc d'York (Jacques III), puis contre les non-conformistes. Ses Dissertations sursawt Cyprien, son Discours sur un sacerdoce et 7in autel, le Traité du droit de sacerdoce dt-s laïques, et enfin ses travaux sur les œuvres posthumes de Poarsou, évêque de Cluster, puis six dissertations sur saint Irénée, attestent une fécondité peu commune. Il avait déjA dit, ca 1C72, que l'ûmo était mortelle, mais qu'elle pouvait

H - (Il

devenir immortelle par son union avec Dieu. Il reprit sa thèse, en 1704, dans un écrit sur le mariage, puis, en 1706, dans un travail plus important {Epistolary discourse).

Dodwell (Henri), fils aîné du précédent, avocat et philosophe sceptique. Il se fit connaître en Angleterre par un pamphlet anonyme : le Chj'isttamsme non fondé en preuves (1742), qui excita un moment d'émotion dans le sein de l'Eglise anglicane, et fut l'objet de réfutations.

Dodwell (Guillaume), autre fils du théologien, ministre anglican, en dernier lieu archidiacre de Berks, né en 1710. mort en 1785. Il a publié, contre le livre de son frère Henri Dodwell, un sermon intitulé : Libre réponse aux libres recherches du docteur M iddle ton. On a de lui plusieurs sermons.

Dodwell (Edouard), archéologue anglais, né en 1767, mort à Rome en 1S32. Il parcourut la Grèce et l'Italie, et consigna les résultats de ses recherches dans : Voyage classique et topographique en Grèce (Londres, 1818); Vues et descriptions de constructions cyclopéennes ou pclasgigues, troHi.-ées eu Grèce et en Italie (1834).

DODWORTH, ville d'Angleterre (comté d'York [West- Riding]); 3.100 hab. Commerce de toile.

Dœbereiner (Jean Wolfgaog), chimiste allemand, né près de Hof (Bavière) en 1780, mort à léna en 1849. Ou lui doit de nombreuses et utiles découvertes, parmi lesquelles nous citerons : les chlorures alcalins, l'extraction de la soude du sel de Glauber. la préparation do l'alun et du sel ammoniac. la propriété désinfectante du charbon, la décomposition de lacide oxalique en eau et en oxyde de carbone, l'analyse des substances organiques par l'oxyde de cuivre; enfin, la propriété qu'a la mousse de platine d'enflammer l'hydrogène au contact de l'air ou de l'oxygène. On a de lui: Essais de chimie pneumatique (1821-1825); Sur la chimie de fermentation (1822); De quelques propriétés remarquables du platine récemment découvertes (1824); Essais de chimie physique (1824-1826); Eléments de chimie et de sfœchiométrie (Ï826); Principes de chimie générale {IS26): Supplément à la chimie générale (1837); etc. Citons enfin son Manuel du phai'macièn (1840- 1844), en collaboration avec son fils, Franz Dœbereiner.

DœderleiN (Louis), professeur et philologue allemand, né en 1791 à ïéna, mort en 1863 à Erlangcu. Professeur de philosophie à Berne (I819),puis recteur du gymnase d'Erlangen, charge qu'il conserva jusqu'en 1862, il professa en même temps ia philologie dans l'université de cette ville. On lui doit : Synonymes et étymologies de la langue latine (1826-1838) ; ManueX de synonymie latine (1839); ^fanuel d'étipnologie latine (l841) ; des éditions à'Œdipe à Coloue (1825), de'Tacite (1841-1847) ; des traductions d'Homère, d'Horace et de Tacite.

Dœdes (J.-J.), théologien protestant, né à Langerak en 1817, mort à Utrecht en 1897. En 1844, il fut reçu docteur en théologie avec la thèse De Jesu in vitam reditu (Du retour du Jésus à la vie), reçut la médaille d'or de la Société Teyler pour un travail sur la Critique du texte du Nouveau Testament. Pasteur à Hall, puis à Rotterdam, il devint, en 1859, professeur à l'université d'Utrecht. Parmi les nombreux ouvrages qu'il a publiés, son Herméneutique des livres du Nouveau Testament fut très remarfiuéc et a été traduite en anglais. Sa doctrine prétend se tenir à égale distance do l'inlellectualisme calviniste et des idées modernes.

DŒDYCORRHYNCHUS {kuss) n. m.

Genre d'insectes coléoptères rhynchophores, famille descurculionidés, tribu des némonychinés , comprenant des charançons de petite taille, à rostre long et grêle portant les antennes insérées vers son milieu.

— Encycl. Les dœdycorrhynchus vivent dans l'hémisphère boréal; on en connaît deux espèces : l'une habite l'Amérique du Nord, l'autre la Franco et l'Europe centrale. C'est le dœdycorrhynchus Austriacus, oblong, brun pâle ou jaune roux, qui vit sur les fleurs mâles des pins, au printemps.

DOÉGLIQUE îglik') adj. Chim. Se dit d'un acide extrait de rimile de la balœîia rosti-ata, et que l'on prépare en saponifiant l'huile par l'oxyde de plomb et dissolvant le produit dans l'éther.

DœhlER (Théodore), pianiste italien, né à Naples en 1814, mort en 1856 à Florence. Devenu, à dix-sept ans» virtuose de la musique du duc de Luo{iues, il entreprit do grands voyages artistiques. Durant un séjour en Russie, il épousa la princesse Tschermetefi'. Il alla se fixer avec elle à Florence, ne s'occupant plus de musique qu'en amateur. Il succomba dans toute la force de l'âge à une maladie de langueur. Il a laissé : un concerto, dix nocturnes, des études, caprices, fantaisies, etc.

DOEL, bourg de Belgique (prov. de la Flandre orient.), arr.admin.de Saint-Nicolas, arr. judic. de Termonde, sur l'Escaut; 2.330 hab. Tannerie; céréales. En 1832. rencontre entre les Français et les Hollandais, qui furent battus.

Dœll (Frédéric-Guillaume), sculpteur allemand, né à Hildburghausen en 1750, mort en 18 1 6 à Gotha. Il étudia la sculpture à Paris sous Houdon (1 770), puis se rendit en Italie, habita huit ans Rome, aux frais du duc de Saxe- Gotha, exécuta dans cette ville une statue de AVinckelmann, qui fut fort admirée, et, de retour en Allemagne, devint directeur du musée de Gotha. Dœll fonda dans cette ville une école des beaux-arts, d'où sont sortis des artistes distingués. Parmi ses œuvres capitales, rappelons le groupe représentant la Foi, l'Espérance et la Charité, exécuté pour léglise de Lunebourg: la statue do Leibniz, à Hanovre ; celle de Kepler, à Ratisbonno ; etc.

Dœllinger (Ignace), anatomisto et physiologiste allemand, né à Bamberg en 1770, mort à Munich en 1841. Successivement professeur à Bamberg (i794), à Wurtzbourg (1803), à Landshut (1823), et à Munich f]826), il fut membre de l'académie de Bavière, partisan des idées de Scliclling sur la philosophie naturelle. On le connaît moins pour ses travaux personnels que pour l'impulsion qu'il sut donner à la science de l'évolution de l'organisme animal, en engageant ses élèves à diriger leurs travaux dans cette voie. Parmi ses ouvrages, nous citerons : Sur l'importance fie Vanatomie comparée (Wurlzbourg, 1814); Contribution à l'histoire de l'évolution ùu cerueau (Francfort, 1814); Prin-

Dœdycorrhynchus Igr. 4 fois).

Dœllinger.

cipes de physiologie (Ratisbonne, 1835). On lui doit des

améliorations du mioroscopo.

Dœllinger (Joan-Josoph-Ignace), prôtro ot écrivain allemand, no ù Bamberg en 1799, mort a Munich on 1890. Filsilu préct'doni, il l'ut ordonné prt>tro on 1822, et, en 1826, devint professeur d'histoire ecclésiastiquo à l'université do Munich. Oo 182G à 1860, il fut l'ardeut défenseur do l'unité do l'Kgliso et des préroçcatives du saint-siégo. Ses prmcipaux ouvrages sont : la liéfonne (1816-1818); Luther fl85l); litppolyte et Calliste (1853) ; Ptiijfin isme et J udaisîne (1857); le Christianisme et l'Eqlise à l'époque de leur établissement (iSiîO). En 1845, il siégea dans les rangs des ultramoti tains à la Chambre des députés de Munich, et défendit avec élo(|ueuce l'indépendance de 1 Kglise catholique au parlement de Francforttl848-l849). De 1861 à 1870, il attaqua à plusieurs reprises le pouvoir temporel ot la politique de Pie IX.

Devenu roctour de l'université de Munich, il publia»

sous lo pseudonyme de Jands, une brochure intitulée le Pape et le Concile, qui contient de vives critiques contre le Sijllabus. La dernière phase de ses opinions s'ouvre en 1871. Dœllinger refusa publitjuemont de se soumettre à la définition do rinlaillibilité pontificale, décrétée, l'année précédente, par le concile du Vatican. Après lui avoir accordé deux mois de rétlexion, l'archevêque de Munich l'excommunia (avr. 1871). Cependant, Dœllinger, quoique sympathique au parti des vieux catholiques, refusa d'adhérer avec eux à la constitution d'une Eglise schismatique. Constamment soutenu par le roi de Bavière Louis II, il consacra le reste de sa vie à poursuivre le projet de la fusion de toutes les communions chrétiennes dissidentes. Il exposa ses vues et son Slan au congrès de Bonn 1 1874), qui n'eut aucun résultat, attaqua ensuite l'œcuménicité du concile de Trente. Il ne cessa, d'ailleurs, d'écrire jusqu'à sa mort.

DœluNGER (Conrad), architecte allemand, né à Biberach ^ Wurtemberg) en 1840. Il fut nommé inspecteur des chemins de fer de la Haute-Souabe et professeur à l'Ecole polytechnique de Stuttgard (1872), où il avait été élève. Il dirigea les constructions intérieures du château de Montfort, sur le lac de Constance, en 1865; éleva le Kurhaus à Friedrichshafen, le monument des guerriers à Biberach, et l'église de la garnison à Stuttgard. Il restaura aussi l'hôtel de ville de Tubingue et la salle des Chevaliers du château de Neuenstein, près d'Œhringen ; enfin, il exécuta la partie architecturale des monuments de Schiller, à Marbach, et de Wieland, à Biberach. On lui doit des Estjuisses de voyages en Allemagne, en France et en Italie (1872 à 1880).

DŒLLINGÉRIE [dê-lin-jé-rî] n. f. Genre de plantes, de la famille des composées, tribu des astérées, qui habitent la Cliine et le Japon.

DœnniGES (François- Alexandre-Frédéric-Guillaume, chevalier de), économiste et publiciste allemand, né à Kolbatz, près de Stettin, en 1814, mort à Rome en 1872. Il fut nommé à une chaire d'économie politique à Berlin, et, en 1848, devint un des représentants de la Bavière à l'assemblée de Francfort. Il se rangea parmi les conservateurs, et se prononça en faveur de l'unité de l'Allemagne, tout en voulant le maintien et l'indépendance des grands Etats. En ISiiO, il fut élevé à la noolesse héréditaire de Bavière, et, en 1862, fut nommé chargé d'atfaires de la Bavière près la Confédération helvétique, poste qu'il fut obligé de quitter en 1865, par suite de la part que sa fille eut à la mort du socialiste Lassalle. Il fut ensuite ministre plénipotentiaire à Madrid, puis ambassadeur en lialin, ot devint un des plus fougueux ultramontains de la i-iavière. Comme économiste, il est libre-échangiste. On lui doit, entre autres ouvrages : Histoire de l'empire allemand au XIV» siècle (1841-1842), inachevée; Système du libre-échange et les Droits protecteurs (1847); les Actes de la navigation allemande et la Question des taxes différentielles de douane (1848).

DœrFEL (George-Samuel), astronome et pasteur luthérien, né à Plauen (Saxe) en 1643, mort à Weida (Saxe- Weimar) en 1688. Il observa, l'un des premiers, la fameuse comète de 1680; il fit de ses observations la base d'une théorie générale, qu'il publia sous le titre de : Etude astronomique des grandes comètes, etc. (1681). Il est le premier astronome qui ait justifié l'hypothèse du mouvement parabolique do ces astres, le premier qui ait eu l'idée de placer au soleil le foyer commun dos trajectoires de toutes les comètes. Ce n'est qu'en 1745 que lo nom do l'auteur, précurseur do Newton, fut tiré do l'oubli par l'académie de Berlin.

DœrinG (Goorge-Chrétien-Guillaume-Asmus), romancier, publiciste ot auteur dramatique allemand, né à Cassel en 1789, mort à Francfort en 1833. Il fut tour à tour musicien, journaliste, conseiller aulique et professeur. On lui doit des pièces de théâtre, entre autres : Cervantes (1802) ; Gellert /»o«a '(1822); Zénobie (1823); le Secret du tombeau (1824); Albert le Sage(l»2^); dos livrets d'opéras-comiquos : la Fiancée du briqana, etc., ot des romans populaires : lu Guerre des pasteurs (1830); Nouvelles (1831); la Victinu' d'Ostrolenka ( 1832); Roland de Brème (1832); etc.

Dœrppeld { Frédéric-Guillaume ), pédagogue allemand, né à Wormelskirclien (cercle do Lennepl on 1824. mort à Ronsdorf on 1893. Il occupa divers emplois dans r<inseignomont. Dœrpfold a combattu la prépondéranci> do l'Kgliso sur l'EcoIo, qu'il reprochait ù la Prusse protestante. Il a publié : l'hcole et l'Eglise libres dans l'Etat libre (1863); Trois vices fondamentaux de la constitution scolaire (1808) ; Histoire des souffrances de l'école /irimaire et pro/toiiition de réfnrmc de l'administration scolnirr { ihko) ; /tase d'une juste, saine, libre et pacifique administration scolaire (1892). — Son (Ils. Guiu.aumk, né on l8r>:i, collabora comme architecte, avec Schlieman, tians ses fuuilloN, ot <lirigea colles d'Olympio, do 1878 à 1881. En 1882, il fut

DŒLLINGER — DOGMATIQUE

nommé architecte de Tlnstitut archéologique allemand d'Atlicnos.

T>OËS (Jean van drr), dit Janu.s Dousa, général et éruiiit hollandais, né à Noordwijk on 1.545, mort ù La Ha^e on if.ui. Il signa le Compromis des Nobles. En 1572, il lut le cliof d'une députatîon qui allait demander dos secours à la roine Elisabeth. Il commandait la milice bourgeoise au fameux siège de Leyù- on 1574, ot s'y UistinjJ:ua par sa vaillante attitude. Lorsque, aprus le départ des Espagnols, une université fut fundéo à Leyde, il on fut lo premier curateur. Ses travaux philologiques, qui l'ont fait surnommer le "Varrou do son pays, l'avaiont désigné pour ces fonctions. Il a laissé do très bons commeniaires sur les élégiaques latins, sur Plaute, Horace, Pétrone, Juvénal, etc. 11 était lui-môme un poète latm distingué.

DoËS ^Pierre van der), amiral hollandais, né à Leyde on 1562, mort à l'île Saint-Thomas en 1599. Il prit part à la guerre quo la Hollande soutint contre l'Kspagno pour son affranchissement. Grand maître do l'artillerie en 1595, il fut chargé, en 1599, d'attaquer les colonies espagnoles, après avoir ravagé les côtes d'Espagne. Il ht ensuite , vode pour le Brésil, captura sur la côte de Guinée plusieurs navires et opéra une descente dans l'île Saint- Thomas, mais il y mourut.

DOESBURG, DOESBOURG ou DOESBORGH, ville forte dos Pays-Bas (prov. do Gueidro [arr. do Zutphon]], sur r Yssel, à son confluent avec l'Oudo : 4.505 hab. Centre de culture.

DOETINCHEM, ville des Pays-Bas (Gueldre), surl'Oude- Yssel, affluent de l'Yssel; 3.700 hab. Ancienne ville hanséatique importante.

DOFFER n. m. Nom que l'on donne, dans les filatures, à un rouleau ou sorte de corde circulaire qui, dans son mouvement continu de rotation, enlève les blousses ou déchets dont les peigneuses et les brosses de nettoyage sont encombrées.

DOFRINES (altération franc, du scandin. Dovrefield). On désigne ainsi la partie centrale et la plus élevée du long plateau norvégien; c'est par abus qu'on a fini par étendre ce nom à toutes les montagnes de la Scandinavie et par lui donner pour synonyme l'expressiOQ de ALPES Scandinaves.

Les Dofrines sont faites do roches :

gneiss , micaschistes , syénites, porphyres ; sur leurs cimes et leurs plateaux, des neiges; sur leurs pentes, de superbes forêts de sapins; en bas, des prairies et quelque peu de cultures, tel est leur aspect coutumier. Dressées à 300 kil. environ au N. et N.-O. do Christiania, immédiatement au S. de Trondhjem, elles ont pour cime dominatrice le Sneehœtta (2.306 m.), sixième cime do la Scandinavie. Les grandes rivières Khar et Glommon y naissent. Immenses névés, hautes cascades.

DoGADO.nom

d'unedesauciennesprovincesdes Etats vénitiens, compriseentrela Marche trévisane au N., le Padouan à l'O., la Polésine de Roviço au S. et l'Adriatique à l'E.

Cette province , dont le nom signifie résidence du doge, avait pour capitale Venise.

DOGALINE

(rad. doge} n. f.

Vêtement long, porté en Italie par les deux sexes, au xiv« siècle et plus tard encore, et qui était une robe à larges manches retombantes ou fendues. (La dogaline des dames était une robe descendant jusqu'aux pieds; celle des hommes no dépassait guère les genoux.)

DOGARESSE [ri^ss — de l'ital. dogaressa, mémo sons) n. f. Femme d un doge.

DOGAT iqa — de l'ital. dogato, môme sens) n. m. Dignité de «luge. Il Durée des fonctions d'un doge.

DOG-CART {kâr' — mot angl.; de dog, chien, et cart. voiture) n. m. Voiture légère à deux roues très élevées et m u -

s'établir sur Venise, entreprise qui se termina par l'épouvantable mort do Candiano IV et de ses fils. Les Orseolo no furent pas plus heureux. L'anarcliie régna jusqu'en 1173, époque do l assassinat de Vital Michioli II, qui avait mené la république à sa ruine.

L'aristocratie so décida enfin à, saisir lo pouvoir. Une assemblée de onze membres fut chargée d'élire le nouveau doge et de régler l'équilibre des pouvoirs. Le pouvoir du doge fut désormais limité par celui do la ■■ seigneurie », sorte de conseil d'Etat, et du n sénat », parlement de l'aristocratie, son élection fut confiée au " grand conseil " , et lo peuple n'eut plus qu'un droit de confirmation illusoire. Sébaslien Ziani fut le premier doge élu de cette façon. Depuis lors, le dogat ne fut qu'un instrument de l'aristocratie. En 1275, le grand conseil défendit aux doges d'épouser

Costume de doge (xvi" s.).

Dogalioes.

(Homme.) (Femme.)

Dog-cort.

sons in. j r.*

m. Chef élu de la république do Venise ou do cello de Gflnes. — Encycl. Lo dogat exista ù. Venise de 607 ù I7î)7. Los premiers (/offcs, depuis Anafesto jusqu'à Urso, furent dos princes ù. peu près absolus. Urso, ayant abusé de ce pouvoir, fut massacré on 737, et lo dogat fut aboli jnsqu en 742. où il fut rétabli on faveur do Théodat, lils d Urso. Mais la lutte était continuelle entre les doges, qui s'offorçaiont d'établir la monarchio héréditaire, et l'aristocratie, impatiente do toute autorité, qui soulevait contre oux lo peuple. Huit doges furent déposés coup sur coup, do 737 à 8oy. PuiH. do «oy ù 97tî, ce furent les doux dynasties rivales dos Participatio ot dos Cundiunoqui essayèrent do

Palais des doges, h Venise.

des étrangères. En 1310, les assemblées du peuple furent supprimées et le conseil des Dix établi. La conjuration de Marine Faliero, en 1378, fut le dernier effort du dogat pour s'affranchir de l'aristocratie en s'appuyant sur le peuple, et, depuis lors jusqu'à Manin, en 1757. les doges furent seulement les exécuteurs du conseil des Dix.

A Gênes, le dogat fut créé par le parti populaire, en 1339. Mais, à partir de 1528 jusqu en 1757, le doge ne fut plus, comme à Venise, que l'exécuteur des décisions de l'aristocratie triomphante.

DOGESSE O. f. Hist. V. DOGARESSE.

DOGGER (mot angl.) n. m. Assise quo l'on rencontre en Angleterre, dans le Yorkshire, ot dont la base appartient au jurassique inférieur (basique de de Lapparont), et la partie supérieure au jurassique moyen (étage bajocien). iLe doijger comprend principalement des sables micacés et surtout des grés ferrugineux.]

DOGGERBANK (nom holland. sïgnif. banc des dogres» autrement dit « des bateaux de pèche »). banc de sable plat, dans la mer du Nord, entre le littoral anglais et celui du SIesvig (Allemagne) et du Jutland (Danemark); 515 kilom. sur 64, avec 7 à 30 brasses d'eau seulement. Morues et harengs.

DOGXEL (Mathias), historien polonais, né près do Vilna en 1715. mort à Varsovie en 1760. Il entra dans la congrégation des piaristes, puis il devint recteur du collège de Vilna. Ses principaux ouvrages sont : Codex diplomaticus regni Poloniêe et magni ducatus Lithuanix (j)ublié sans date) ; Limites regni Polonix et magni ducatus Lithuani.r (Vilna, 1758).

DOGLIANI, comm. d'Italie (Piémont [prov. de Coni]), sur le Tanaro, affluent du P6; 5.3i0 hab. Vins; fabnqut^ do poterie.

DOGLîNGE {qlinf) n. f. Nom que les pôchours baleiniers donnent à une variété do baleine.

DOGMATIGIEN {si-in — rad. dogmatisme) n. m. Celui qui professe certains principes commodes dogmes sur lesquels il ne peut s'élever aucun doute. Syn. dogmatïstk.

DOGMATIQUE [tik' — gr. dogmatikos; do dogma, aîos, dogme) adj. gui a rapport au dogme, qui atfocte la forme d'u"n dogme : Les vérités dogmatiques.

— Relatif aux doctrines religieuses philosophiques (par opposition à histonquc, relatif aux faits).

Fi" Tranchant, qui décide avec une certain© prétention péSantesquo : C'est la profonde ignorance qm inspire le ton DOGMATiQUK. (La Bruy.) ' „„„;Ar«

— Littér. Style doqinatique. Stylo afrtrmatif, mamèro d'écriro iranchanto. absolue dans les anirmatïons.

— Méd Qui a rapport au svstèmo médical connu sous le nom do « dogmatisme ». ou aux autours qui suivent ce système: Doctrine im.cmatwvik. Médecjns nooMATiQUKS.

— Philos. Qui prétend atteinUro. par la raison, la vente absolue : La philosophie dogmatiquk et la philosophie scep-

"'.!!.**'Théol. Théologie dogmatique» Exposition ot preuves dos dogmes religieux. .•„...,„

— Syn. DogmaUque, déclsU, péromptotro. V. dkcisik.

— Substanliv. au masc. (icnre dogniaiique : Le doc.ma- T\<iVV.sount toujours aux pfttts esprits, ii Partie dogmatique d'un ouvrage ou d'uno doclrino : liohngbivke a séparé («' D01.MAT1QUB d'avcc /'HisTORigrK. (Volt.) Il PûrlisttU du

DOGMATIQUE — DOHATCHI

dogmatisme : Un dogmatique des plus absolus, ii Partisan de la médecine dogmatique, dont Hippocrate fut le chef. DOGMATIQUE {tik' — même étymol. tju'à l'art, précéd.) n. f. Ensemble des dogmes d'une religion. iV. la partie encvcl.) Il Dans le système de Bentham, Partie de la science juridique qui critique les lois, non au point de vue des textes et de leur application légale, mais de leur rapport avec le droit naturel.

— Encycl. Théol. II faut distinguer avec soin le doqme et la dogmatique. Le dogme est, pour tout catholitjue, l'expression même de la vérité révélée : enseigné au nom de l'autorité infaillible de l'Eglise, il est immuable. La dogmatique est cette partie de la tliéologie qui renferme l'exposé systématique et raisonné des dogmes ; elle est l'œuvre des docteurs et des écrivains ecclésiastiques, qui s'appliquent à coordonner les vérités révélées d'après leurs vues personnelles. La do^atique a varié, dans le cours des temps, suivant le génie des théologiens et aussi suivant les diverses méthodes philosophiques qui lui ont servi de cadre. Le premier essai de dogmatique remonte à Origène qui, au m' siècle, tenta une synthèse des dogmes chrétiens. Saint Augustin, penseur non moins hardi, mais théologien d'une orthodoxie plus sûre, fut, en Occident, le véritable fondateur de la théologie dogmatique.

Au moyen âge, les docteurs de l'école appliquèrent à la théologie les principes et la méthode de la philosophie d'Aristote. La Somme de saint Thomas d'Aquin est le résultat le plus marquant de cette tentative. Depuis la Renaissance, la controverse et l'apologétique tiennent une grande place dans les ouvrages des écrivains catholiques. Cependant, la dogmatique proprement dite n"a pas été négligée. Au XVII» siècle, Suarez et Melchior Cano ont composé de vraies sommes théologiques ; les Pères Péiau et Thomassin ont savamment mêlé l'histoire à l'exposé du dogme. Bossuet adonné un résumé brillant de la doctrine catholique. Au siècle suivant, Billuart et Bergier se distinguent entre tous les théologiens de leur temps. Le xix* siècle a vu naître une dogmatique qui, se dégageant des formules de l'école, ne craint pas de faire appel à toutes les ressources de l'éloquence et de la littérature. Ce caractère apparaît surtout dans les ouvrages des écrivains français : Frayssinous, Lacordaire, Gratry, Gousset, Dupanloup, Besson, Bougaud, d'Hulst, Monsabré, etc. Il faut citer : en Angleterre, Wiseman et Newman ; en Allemagne, Mœhler, Klee, Hettinger. Parmi les auteurs du xix*" siècle, qui ont composé en latin des traités classiques de théologie dogmatique, on peut nommer :1e P. Perrone, Franzelin, Scnouppe, Hurter, etc.

En Orient, saint Jean Chrysostome a fondé la dogmatique catholique ; saint Jean Damascène lui a donné sa forme définitive.

Chez les protestants, la dogmatique a suivi les vicissitudes de la foi aux dogmes. Elle tient une grande place dans les écrits des premiers réformateurs. Très vivante encore au xvii' siècle, elle tend à se confondre, aujourd'hui, avec la critique biblique.

— BiBLiOGR. : saint Thomas d'Aquin, Sumnia theotogica; Thomassin, Doqmata theologica (Paris, 1680-1684); Bougaud, ^e CAmfmnisnieef /es /emps;jresenïî (Paris, 1872-1884).

— Méd. V. DOGMATISME.

DOGMATIQUEMENT {ke-man) adv. D'une manière dogmatique. Il Dune manière décisive, avec un ton tranchant : Parler dogmatiqdkment de toules choses.

DOGMATISATION {si-an) n. f. Action d'ériger en dogme une opinion théologique : Le xix* siècle a int la dogmati- SATioN de l'Immaculée Conception et la dogmatisation de l'infaillibilité du pape.

— Encycl. "V. dogmatique, dogmatisme et dogme. DOGMATISER v. n. Discuter, établir, enseigner des

dogmes : Jean ffuss commença à DOGMATisiiR en (401. (De Donald.)

— Parler, écrire sur un ton dogmatique, décisif, impérieux : Il ne faut pas dogmatiser, viais s'expliquer.

— Fig. Recommander, appuyer certaines doctrines, certaines opinions.

— v. a. Prêcher, préconiser, recommander. DOGMATISEUR n. m. Homme qui aime à prendre le

ton dogmatique.

— Adjectiv. : Hérétiques dogmatisedrs.

DOGMATISME [tissm' — rad. dogmatiser) n. m. Philoso

phie dogmatique, qui admet la certitude : L'histoire nous montre partout cette lutte du dogmatisme et du scepticisme. (J. Simon.)

— Par ext. Disposition à croire, à affirmer : Guizot était conservateur par dogmatisme, libéral par conviction. (La Guéronnière.) n Affirmations données sur un ton décisit et tranchant : Le livre des Ruines est plein d'un dogmatisme négatif et d'affirmations scientifiques. (Ste-Beuve.)

— Méd. Système de lïiédecine purement rationnel et restant en dehors de l'expérience et de l'observation : La médecine a rejeté le dogmatisme.

— Enctcl. Philos, he dof/matisme est une théorie de la connaissance qui attribue à l'homme la faculté d'atteindre, par la raison, la vérité absolue. Avec des nuances importantes, elle fait le fond des doctrines platoniciennes, péripatéticiennes, stoïciennes, néo-platoniciennes, cartésiennes, leibniziennes, spinozistes. Malgré la révolution accomplie par Kant, le dogmatisme est à la base des grandes métaphysiques qui, pendant une partie de ce siècle, ont été en faveur en Allemagne. Il est également à la base de la vaste construction édifiée par Herbert Spencer. Le dogmatisme comporte au moins deux formes : l'une positive, c'est la plus fréquente ; l'autre négative. Nier avec certitude, c'est encore dogmatiser. A l'égard de la métaphysique, par exemple, l'attitude des positivistes n'est pas celle des sceptiques : ceux-ci n'affirment rien touchant les premiers principes; ceux-là pensent fermement que la recherche des premiers principes est une recherche stérile.

Dans l'histoire de la philosophie, c'est le scepticisme oui a été, d'ordinaire, opposé au dogmatisme. Pourtant, dès 1 antiquité, dans la Nouvelle-Académie, une solution intermédiaire, qu'on a appelée probabilismpy a été proposée par Carnéade. On s'est accordé longtemps pour la trouver contradictoire. U est permis de se demandor si ce n'est pas l'ébauche d'une philosophie de la croyance, d'une doctrine, qui annonce la solution moderne du crlticisme. A la suite dû Kant, aujourd'hui , bien des penseurs, tout en contestant la valeur absolue des métaphysiques dites « rationnelles », nient les négations qu'on leur oppose et

affirment les inductions morales que la raison pratique permet et exige. Do telle sorte que, de nos jours, comme aux lemps antiques, le débat sur la connaissance est encore entre le dogmatisme, le scepticisme et le probabilisme.

— Méd. On donne le nom de dogmatisme à un aucien système médical, au moyen duquel on cherchait à connaître, par le raisonnement, les causes occultes des maladies, avant d'en entreprendre la guérison. L'école antagoniste était celle des empiriques. Tandis que les empiriques se bornaient à l'expérience, c'est-à-dire à l'application pure et simple des remèdes aux symptômes o'>servés, les partisans du dogmatisme, qui reconnaissaient Hippocrate pour chef, sans négliger cette méthode, s'appliquaient â étudier les causes morbifiques, les circonstances d'âge, de sexe, de tempérament, do saison, de climat, etc., et arrivaient par le raisonnement à déterminer le traitement convenable. Cette méthode était désignée sous le nom d'analogisme, tandis que celle des empiriques s'appelait épitogisme. La méthode des médecins dogmatiques eût été certainement la meilleure, si ceux qui a suivaient, à force de vouloir remonter aux causes inconnues, ne s'étaient livrés à des écarts d'imagination que les empiriques ne manquèrent pas de leur reprocher avec amertume. De là une polémique violente, qui fut soutenue, du côté des dogmatiques, par Diodes, Praxagoras, Chrysippe, Hérophile, Erasistrate, Asclépiade, Galien, etc. Celse nous a transrais de précieux documents sur ces deux sectes médicales.

DOGMATISTE {((55^) adj. Qui a rapport au dogmatisme : Les opinions doomatistes. Les philosophes dogmatistes.

— Substautiv. Personne qui appartient au dogmatisme dans les deux sens du mot : Un dogmatiste.

DOGME [dogm' — gr. et lat. dogma, même sens) n. m. Article de croyance religieuse enseignée avec autorité et donnée comme étant d'une certitude absolue : L'infaillibilité du pape est iin dogme catholique depuis i870. il L'ensemble des dogmes ; Le dogme chrétien.

— Par ext. Opinion, doctrine quelconque donnée comme étant d'une certitude absolue : Des dogmes politiques, littéraires, 'i Précepte, prescription. (Inus.)

— Encycl. Théol. Dans la langue des écrivains ecclésiastiques, le mot dogme s'applique uniquement aux doctrines que l'Eglise enseigne au nom de Dieu. Ainsi entendu, le dogme peut être étudié soit dans ses sources, soit dans ses caractères.

1» Sources du dogme. Le dogme catholique est puisé à deux sources : l'Ecriture sainte et la Tradition. D'après la doctrine de l'Eglise, l'Ecriture sainte contient, dans l'Ancien Testament, les vérités dont Dieu avait confié le dépôt au peuple d'Israël, et, dans le Nouveau, les enseignements que Jésus-Christ a chargé les apôtres de répandre dans le monde entier. Quant à la Tradition, elle est renfermée dans trois sortes de monuments. Les premiers et les plus importants sont les décrets portés, en matière de l'oi, par les conciles œcuméniques et par les papes parlant ex cathedra. Leur autorite est irréfragable : tout catholique doit les tenir comme l'expression authentique de la vérité révélée, l'Eglise ayant été instituée par Jésus- Christ gardienne et mterprète infaillible de la foi. Une seconde source de la tradition, ce sont les symboles de foi qu'emploie l'Eglise. Le premier de tous par la date et l'autorité est le Symbole des apôtres, complété par le Symbole de Nicée. Enfin, la Tradition est renfermée dans les écrits des Pères de l'Eglise, échos fidèles de ce que les chrétiens croyaient de leur temps. Ni tous les enseignements des apôtres, ni même tous ceux de Jésus-Christ, comme le dit saint Jean lui-même, n'ont été recueillis dans le Nouveau Testament. Plusieurs ont été conservés oralement par les premiers chrétiens et transmis pareux. U s'est formé ainsi une croyance traditionnelle, dont les Pères de l'Eglise sont Jes témoins authentiques.

2" Caractères du dogme. Le premier caractère du dogme, celui qui frappe d'abord, c est V immutnbilité . L'Eglise croit et professe que sa doctrine lui vient immédiatement de Dieu : elle ne saurait donc admettre que l'esprit humain puisse la modifier. Quand une controverse dogmatique s'élève, le devoir des papes et des évoques est de rechercher si le point discuté fait, ou non, partie de la Révélation ; s'il est reconnu lui appartenir, une définition solennelle le constate, et, pour tout catholique, la discussion est close. Le second caractère des dogmes chrétiens est leur union intime avec la morale. La Révélation a pour but de conduire l'homme à son salut éternel : tous les dogmes qu'elle renferme tendent à cette fin. Un troisième caractère que l'Eglise reconnaît au dogme est d'être à la fois divin et humain : divin dans son principe et son fond, humain dans son expression, qui est forcément empruntée au langage des hommes et participe, d'une certaine manière, à ses imperfections. En d'autres termes, il faut distinguer dans le dogme la vérité qui vient de Dieu et la formule qui est l'œuvre de l'Eglise, assistée sans doute par l'Esprit-Saint, mais obligée de se servir des termes que l'homme a inventés. Enfin, quoique immuable, le dogme n'est cependant pas étranger à tout prog:rès et à tout développement. Ce progrès s accomplit ordinairement à l'occasion des contradictions et des luîtes que suscitent les novateurs. Obligée de défendre un point de la doctrine révélée contre une hérésie nouvelle, l'Eglise l'étudié avec plus de soin, le distingue plus nettement des opinions humaines qui le contredisent et le précise dans une définition plus rigoureuse. De plus, une conséquence contenue en principe dans un dogme reconnu depuis longtemps peut d'abord avoir été laissée dans l'ombre ; un moment vient où elle est mise en pleine lumière : il y a ^lors une nouvelle formule, il n'y a pas de vérité nouvelle. Ce n'est pas clianger, pour un germe, que de s'épanouir : c'est achever de devenir soi-même.

En dehors de l'Eglise catholique, il n'est guère question de dogmes. Le mot ne peut être appliqué que très improprement; par exemple, aux enseignements des religions païennes, car aucune d'elles ne prétendait avoir une doctrine invariable. De tous les peuples antiques, seuls les Juifs avaient dos dogmes. Parmi les modernes, les premiers écrivains protestants appelaient de ce nom les vérités sur lesquelles tous les chrétiens leur paraissaient d'accord ; mais les progrès du rationalisme au sein du protestantisme tendent à restreindre de plus en plus, parmi les protestants, le nombre de ces vérités.

— HiBLiOGR. : Genouilhiac, Histoire du dogme catholique dans les trois pi^emiers tiiècles [Introduction] {Paris, 1865) ; do La Barre, ta Vie du dogme catholique (Paris, 189S.)

DOGNACSKA, bourg d' Austro-Hongrie (Hongrie [comitat de Krasso]), sur une des sources du Karras, affluent du Danube; 3.500 hab.

Exploitation de cuivre, de plomb et de zinc; mines d'or, d'argent, de fer ; carrières de marbre blanc.

DOGNEVILLE, comm.

des Vosges, arr.etàôkil.

d'Epinal ; 908 hab.

DoGNON (le) ou Doi- GNON, ancien petit pays de France (Limousin), acluellement compris dans la Haute-Vienne.

DOGREou DOGREBOT (bo) [du holl. dogger, même sens] n. m. Petit bâtiment ponté et à voiles, faisant la pêche au DoTe.

maquereau dans la mer

du Nord. (Il jauge de 100 à 200 tonnes, et sa cale est disposée en vivier.)

DOGUE [dogh' — de l'angl. dog, chien) n. m. Mamm. Chien de garde, caractérisé par sa face plate et noire, son nez écrasé, ses lèvres épaisses et pendantes, son caractère irascible et féroce.

— Fig. Personne d'un caractère violent et emporté.

— Par plaisant. Portier ou portière, par allusion aux fonctions de Cerbère aux enfers.

— Fam. Etre d'une humeur de dogue, Avoir une humeur de dogue, Etre très irascible ; avoir très mauvaise humeur.

— Mar. anc. Bassin, il Forme de radoub. (V. dock), ii Dogue d'amure. Fort chaumard appliqué contre la muraille, ou Trou percé dans le bordé de pavois et dont l'orifice extérieur était orné d'un masque de chien par où l'on passait l'amure de la grande voile.

— Véner. Chiens dont on se sert pour assaillir et coiffer les sangliers et les loups.

— Encycl. Mamm. Le mot Dogue d'amure.

dogue n'apparaît guère, en

France, quau xvii* siècle. Le dogue est alors considéré comme un gros mâtin venant d'Angleterre. Au xviii" siècle, on entend encore par " dogue u {molossus Britannicus) le grand mâtin qui vient d'Angleterre et qui a gardé le nom anglais de dog. On croit que ces chiens étaient employés dès le moyen âge comme chiens de garde, ou peutêtre aussi comme chiens de guerre; mais ceux qui sont figurés sur les monuments ressemblent beaucoup à des danois (tombeau d'Alphonse le Magnanime, à Naples, etc.).

On entend, en langage moderne, par « dogue », un molossoïde moins fort que le molosse, mais plus grand que le danois, et qui atteint o^iSO au garrot, comme le dogue de Bordeaux. La tête forte, le museau court et gros, les babines pendantes, le pelage ras, fauve plus ou moins foncé, sont les principaux caractères de cette race que l'on confond à tort avec les mastiffs anglais, hauts de 1 mètre, qui ont le pelage ras, fauve, bringé de noir. V. chien.

DÔ-GUEN, prêtre japonais, de la secte Tendaï. Il alla en Chine en 1245, pour y étudier le bouddhisme auprès des maîtres illustres de cette époque, et reçut les leçons de Djô-djô, qui enseignait que l'esprit de l'homme pouvait acquérir la science parfaite, en Bodhi, par la méditation, sans autre aide que sa volonté et ses propres efforts. A sou retour au Japon, il fonda la soussecte de Zen-siou, appelée Sotô.

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