‹ Nouveau Larousse illustréChapitre 762 sur 870 · V. TOUR. . · texte numérisé non relu

V. TOUR. .

DonjoniLe), -^---~

ch.-l. de cant. de

l'Allior, arrood.

et à 21 kilom. do Lapalisse, sur rOddo, affluent de la

Loiro; 1.964 hab. [Dunjnnimis , aises.) Houille, tointuro-

rios. — Lo canton a 13 oomm. et 11.743 bab.

Donjon, dit à tort Duisson (Geoffroi de), grand maître do l'ordre de Saint-Jean de Jérusulem. niort vers 1201. Elu grand maître à la lin de U9l, il reçut, on 1194, avec lo grand maître dos templiers, Robert do Sablé, la mission do défendre les dernières places quo los cltrétiens possédaient on Palostino. Pendant sa maîtrise : accroissemonts dû 1 ordre, alliliation de Boomond et de Pierre II d'Aragon, querelle avec les templiers pour la possession de Margat.

DONJONNÉ ijo-né) ÉE [rad. donjon] adj. Blas. Se dit d'une tour, d'un cliàtoau ou de tout autre éditice dont la partie supérieure porte une ou plusieurs tourelles.

DON Juan, personne légendaire qui, à quelques nuances prés dans le caractère, a été mise maintes fois sur la scèue.

— Encycl. L'origine de don Juan est espagnole. Voici ce que raconte la chronique de Séville : « Don Juan Tonorio, d'une illustre famille dos vingt-quatre do Séville, tua, une nuit, le commandeur Ulloa, après avoir enlevé sa fille. Le commandeur fut enterré dans lo couvent de Saint- François, où sa famille possédait une chapelle. Cette chapelle et la statue du commandeur furent détruites par un incendie. Les moines franciscains, désirant faire cesser les débauches de don Juan, que sa naissance distinguée mettait û, l'abri de la justice ordinaire, l'attirèrent une nuit dans leur couvent sous un prétexte trompeur, et lui donnèrent la mort. Ils rirent courir le bruit que don Juan était venu insulter le commandeur sur son tombeau, et que la statue l'avait englouti et entraîné dans l'enfer. »

Les poètes ont adopte la version dos franciscains, et ont attribué le châtiment au ciel. Le premier, Tirso de Molina, composa la comédie : el Bui-lador de Sevilla y el Convidado de piedra (le Trompeur de Séville et le Convié de pierre).

De bonne heure, don Juan avait parcouru l'Italie et suscité quelques imitations (citons celles de Giliborto ot Cicognini), qui furent plus tard introduites à Paris, en même temps que le réj)ertoiro du théâtre italien, ot d'après lesquelles de Villers (1659), puis Dorimond, firent paraître ce fameux personnage sur la scène française. Molière s'appropria à son tour don Juan, on changeant un pou lo caractère du héros. On s'est demandé pourquoi Molière avait intitulé sa pièce le Festin de Pierre. C'est par suite d'une erreur de ses devanciers, qui avaient mal compris le sous-titre : el Conindado de piedra (le Convié de pierre), sous-titre que, du reste, Dorimond avait cherché à motiver en nommant le commandeur dom Pierre. Molière trouva lu titre étal)li, et n'on demanda pas davantage.

A citer encore, do la môme époque ; le Festin de Pierre ou l'Athée foudroi/i^]Gô'J), do Dumesnil, dit Rosimon, et te Festin de Pierre, do Thomas Coruoille, qui n'est autre qu(î la i)iôce de Molière mise on vers. Don Juan pénétra aussi on Angleterre, et Sadwoll adapta ce sujet à la scène anglaise, dans son Libertin (ltJ77).

En Espagne, Antonio de Zamora reprit, vers la fin du xvii" siècle, la pièce originale de Tellez, qu'il arrangea pour la scène moderne, ("ette imitation est devenue le fonds où ont puisé plus tard les librettistes italiens qui ont mis sur la scène le sujet do don Juan. En 1734, Golrioni fit roprôscnler à Venise sou Giovanni Tenorio ossia il Dissnluto pitnito ; vingt-cinq ans plus tard, Gluck donnait, à Parme, un ballet en quatre actes, intitulé : Don Giovanni ossia il Convitato di pîetra; mais le premier compositeur qui ait fait de don Juan le sujet d'un opéra fut Viiicenzo Righlni, qui intitula lo sien : il Convitato d pietra ossia il Dissoluto (1777). Enfin, on 1787, Ijorenzo da l*onto écrivit, d'après la pièce de Zaraora, lo librotto qui nous a valu l'immortel chef-d'œuvre do Mo/art.

Au XIX* siècle, ce sujet a été traité par un "jrand nombre d'autours. On a vu paraître : Don Juan de A/anara ou la Chute d'un antje, par Alexandre Dumas (183r.); les Ames du purqatoire ou Ica Deux don Juan, par Prospor Mérimée ; les Mtbnoires de don Juan, par MallonUo; Don Juan Tenorio (181')), par l'autenrespagnol Zorilla, qui, dans cette nouv<îllo vorsion, semble s'6tre inspiré du Don Juan de Mu'inra d'Alexandre Dumas. C'est encore don Juan qui est le héros "h; doux autres compositions du niAmo /orilla : ei Desafio drl diahlo et un Tentiqo de fironce. Enlln, le Couvent, de l'auteur allemand Schoible (1840), est une des meilleures imitations do la légende originale. Parmi los auteurs alleman<ls qui, de nos jours, l'ont mis© sur !a scèno, nous citerons : Draun de liraunthal, Wieso, Ilauhc, Nicolas Lenau, lloltei et Grabbo, qui l'a fondue avec la Irigendo do G<ntho. Quant au Don Juan do lord Hyron, il n'a que lo titre do commun avec la légende espagnole.

l'armi les ouvrages écrits sur don Juan dans ces <irrni^roM aimées, il faut citer : Don Juan d'Armaua,t\(> Armaml IJayem, drame on 4 actes (I88(j) ; la Fin de don Juan, pièce

do Paul Ileym (jouée à Munich) ; le Dernier Joxtr de don Juan, drame do Stan. Rzowuski (Varsovie, 1893) ; Don Juan ^e Manara, par Ed. Haraucourt, drame on 4 actes ot 5 tableaux, eu vers (Odéon, 8 mars 1898).

— Lo nom de h don Juan » est aujourd'hui une oxprossion consacrée pour désigner le séducteur émérite, l'homme do cour riclio, fier, brillant, épicurien, sceptique surtout, se moquaut do Dieu et du diable, ne croyant â non, riant do tout, capable de tout, séduisant les femmes, tuant les pères ot los maris, et tout cola sans l'ombre d'un remords.

Don Juan (le Naufrage di;) ou la Barque de don Juan, l'un des chefs-d'œuvre d'Eugôno Delacroix (1841, Louvrol. — Le peintre s'est inspiré, dans ce tableau, d'une page do Byron, mais il a traité la scène avec son tempérament personnel, sans tenir compte des détails inventes par lo poète. Voici le récit de Byron : » Un océan sans lin aux flots lourds et clapotants otuno étroite bande de ciel plein de colère et chargé d'ouragan sort de cadre à la barque sans voile, sans rame, sans boussole, sans gouvernail, où une vingtaine d'hommes demi-nus, hâves, maigres, convulsés par los plus sinistres convoitises, tirent au sort la victimt> qui doit nourrir ses compagnons.

Un tableau d'Alfred Johannot, i'' présou tan t don Juan naufragé trou < par Haydée, a été exposé au Saloij de 1831.

Don Juan ou le Festin de Pien'c, comédie de Molière, en cinq actes et en prose, représentée sur le théâtre du Palais-Rioyal, le 15 ï'-vrier 1665. — L'auteur y mettait ' la scèue la vieille légende picuM illustrée en Espagne par Tirso -1 Molina. Molière n'a pas conser\ dans sa pièce lo sentiment de ï^'.

vive et d"horreur religieuse qui font l'originalité du drame espagnol; mais l'œuvre n'en est pas moins, malgré les dédains de Musset, une dos plus intéressantes (sans être la plus parfaite) de celles qu'il , ottV

composées. Son don Juan ofiVe le type du roué de 1665, « grand seigneur, méchant homme » , athée, libertin, débauché, cruel, bypocrito au besoin , et, avec cela, bravo, élégant, spirituel, tournant toutes les têtes. A ses côtés, Sganarelle représente l'homme du peuple, vulgaire, médiocre, poltron, mais au sens droit et ferme. Le ton et l'intrigue sont extrêmement variés. Dans cette comédie romanesque (histoire d'Elvire, la religieuse séduite), on trouve une comédie do mœurs et de caractères qui tour à tour s'élève jusqu'à la haute comédie (reproches de don Louis à son filsj, descend jusqu'à la farce (Monsieur Dimanche), s'égaye chemin faisant en de savoureuses paysanneries (Pierrot, Charlotte et Mathurine), et s'achève dans le fantastique et le merveilleux (la statue animée, les flammes de 1 enfer) : on y a môme découvert, ou peu s'en faut, une comédie sociale (la scène du pauvre). Don Juan, composé et joue dans le temps où Tartufe était interdit, souleva contre Molière les mômes colères et les mémos haines. En 1673, Thomas Corneillo en donna sous ce titre ; le Festin de Pierre, une adaptation assez heureuse.

Don Juan, poème de lord Byron, commencé en I8is et laissé inacnevé. — Don Juan échappe à l'analyse : lo poète déclare lui-même qu'il n'a suivi aucun plan. Byron a déversé dans cette œuvre la haine que lui inspiraient ses contemporains et surtout ses compatriotes. Mais il a mis dans ses sarcasmes toute l'ironie et tout lo brio de son esprit, et les premiers cliants firent scandale, lors do leur publication on 1819. Lo poème se compose de seize chants. Lo héros dans lequel so personnifie Byron parcourt toute l'Europe ; ses aventures lo conduisent do Séville dans une île de la Grèce, auprès d'IIaydée, au sérail, à la cour do Catherine de Russie, et enfin dans la puritaiifo Angleterre, où il devait so faire méthodiste, dénouement qui aurait vengé le poèto des dédains et dos calomaios d'une société contre laquelle il partait en guerre. Parmi les passages les plus célèbres, il faut citer le siège d'Ismaïlov (chants VI, VII, VIII), lo naufrage (chant U), l'invocation à Hosperus (chant III), otc. Au pomt do vuo de la langue et du stylo. Don Juan est incomparable : « La forme, dit Gœtho, correspond exactement à l'étrange et rugueuse simplicité de la conception . Byron ne pense pas plus à polir sa phrase ((u'il no pense à flatter ses semblablos, et, cependant, lorsque nous examinons co poème de plus près, nous nous rendons compte quo la poésie anglaise possède co que la poésie allemande n'a jamais pu avoir: un style élégant, comique et classi({UO tout à la fois. »

Don Juan {il Dissoluto punito ossia don Giovanni), opéra italien en deux actes, paroles de Lorenzo da Ponte, musique do Mozart, représenté à Prague, lo 29 octobre 1787, sous la direction de Mozart. — D'un bout à l'autre, cette œuvre s'impose à une constante admiration. Sa magnifi(|U0 ouvorturo, la scène si dramatique où donna Anna repousse les étreintes de don Juan, qui veut l'enlever do force, l'arrivée du Commandeur aux cris do sa fille ot son duel avec lo ravisseur, qui lo laisse mort sur place, la scèno où donna Anna, suivie do don Ottavio, revient el découvre le corps inanimé do son père, lo serment qu'elle fait prêter à celui qui l'aime do venger le mort ot do la venger ello-mômo, tout concourt, dès le début, â. faire de cette œuvre uno œuvre do premier ordre.

Les contrastes sont prodigieux, dans celte partition magistrale. On trouve ensuite le duo d'Elvire, l'épouso al)andonnéo par don Juan, avec lo valet do celui-ci, Lepondio, digne serviteur d'un tel maître, qui lui raconte les prouesses amoureuses du héros, ot lui chante l'air fameux : Mille e tre, où il ènumère plaisamment los mille ot trois maîtresses dont il a dressé la liste.

Puis le théâtre change. On est on pleine f^to campagnarde, et on voit don Juan câliner et enjôler la contadina Zerline, lui promottro do l'épouser ot chanter avec elle le duo exquis : La ci darem la niano, qui est uurf merveille lie mi'dodio enchanteresse. Signalons ensuite un quatuor de l'efi'et lo plus dramatique, le duo de Zorlino ot do son liancô Musette, lo trio des Masques, puis lo finale de la i'C'lo chez don Juan, où, aux cris poussés par Zerline

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