‹ Nouveau Larousse illustréChapitre 768 sur 870 · DORER · texte numérisé non relu

DORER

même sens) v. a. Couvrir d'une couche d'or en feuille ou moulu : Dorer un cadre de tableau. Dorer les tranches d'an livre. Il Par ext. Chamarrer de broderies ou de galons d'or : Dorer la livrée de ses valets. \\ Par anal. Donner la couleur de l'or à : Le soleil dorb les 7noissons. il Eclairer vivement, donner l'éclat de l'or à : La lu7nière dore tonte chose.

— Fig. Embellir : L'insurgé poétise et dore l'insurrection. (V. Hugo.) Il Déguiser sous un extérieur éclatant, sous une apparence séduisante : Dorer sa pensée, il Dorer les fers de quelqu'un. Lui dissimuler son esclavage, il Dorer la pilule. Proprem. Couvrir une pilule d'une couche do miel, pour la rendre moins pénible à avaler. — Fig. et fam. Adoucir par des paroles aimables une communication désagréable à faire, ii Homme fin à do7'er, Homme très fin, par allusion à l'or que l'on emploie en dorage et qui doit être très fin.

— Art culin. Couvrir une pièce de pâtisserie d'une légère couche de jaune d'œuf : Dorer des biscuits, des pâtés.

— Mar. Enduire do suif, eu parlant de la coque d'un navire ; Dorer un bateau.

— Techn. Dorer un chapeau, Le couvrir d'une étoffe plus fine, pour tromper l'acheteur. (Vieux.) ii Recouvrir d'une feuille dor : Dorer un bois. Dorer sur ti'anches. \\ En T. de tireur d'or. Appliquer plusieurs couches d'or en feuille sur un lingot d'argent.

Doré, ée part. pass. du v. Dorer.

— Fig. Riche, brillant : La vie dorée des grands n'est pas toujours une vie heureuse, il Doux, heureux : Mener une existence dorée, n Poétiq. Verne dorée, Inspiration féconde.

— Loc. div. Doré au feu, Durable, solide, en parlant du quelque chose d'éclatant : Beauté dorée au feu. (E. About.)

Il Chevaliers dorés. Gentilshommes anglais qui, ayant reçu l'ordre de chevalerie, ont lo droit de porter des éperons dorés. II Langue dorée. Eloquence riche, facile et persuasive. — Personne douée do cette éloauence. n L'âge doré. L'âge d'or. (Vieux.) n Paroles dorées, Mots dorés, Lanqage doré, Paroles flatteuses, séduisantes. — Paroles, Mots, Langue d'une élégance précieuse, il Fam. Etre doré comme un calice. Etre tout chamarré de broderies ou de galons d'or.

— Art culin. Se dit d'une viande rissolée et ayant pris, par la cuisson, une couleur un peu brune : Un rôti cuit et DORÉ d point. Il Coloré en jaune par le safran : i'ne soupe dorée.

— Hist. Jeii7iesse dorée, Jeunes volontaires appartenant à la bourgeoisie riche, qui se liguèrent, en 1794, pour soutenir les thermidoriens, n Par ext. Jeunes gens do la classe riche, qui afil'ecfent une grande recherche dans leur habillement, une grande élégance dans leurs manières.

— Hist. relig'. Légende dorée. Nom donné à V Histoire itfs Saints de Jacques de Voragine.

— Littér. gr. Vei-s dorés, Préceptes do sagesse écrits en vers et attribués à Pythagore.

— Véner. Fumées dorées, F'uméos jaunes du cerf. !! Substantiv. : Les dorées.

— n. m. Etat d'un objet doré ; manière dont un objet est doré : Cadre dont le moré s'en va.

— Prov. : Bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée. V. ceinture, ii Un mors doré ne rend pas un cheval meilleur, Un extérieur riclio ou élégant n'ajoute rien à la valeur d'un homme, n Pop. A vieille mule, frein doré, Vieille femme fort recherchée dans sa toilette.

Se dorer, v. pr. Etre doré, n Par ext. Prendre la cou- Fig. S'embellir.

leur ou l'éclat de l'or, — Anton. Dédorer,

Dorer fRur^ôno-Robert), sculpteur suisse, né et mort â iiado (Suis.se) [1830-1893]. Il fréquenta les ateliers de Scbwanthaler à Munich, puis do Rietschel et de Hœhncl â Dresde. Dès cette époque, il exécuta la maquette d'un

monument en l'honneur d'Arnold do Winkolrîod, pour Stanz (Untorwaldon). 11 lut chart^ti d'oxt^ciitor A Genève lo mounmoiit roiiri'seiilant lontri^o do coilo vilie dans l'union fédérait'. Deux feninios, coifleos do ronronnes murales et louant dos attributs {Genève et IV/c/iv/ic), s'appuiont l'une surlautro fraternolloment(1871). On lui doit encore : huit statues do Bernois célèbres, décorant lo casino do Borno (ISiïl A 1869); lo projet du monument d'UhIand àTubiu^uc. et lo monument national do lierno représentant les trois conjurés suisses ; le piédestal est ontoiirô do trois figures assises : l'Allemagne, la Franco et l'Italie.

Dores, municipo dos Etals unis du Brésil (Etat do Miuas-Geraosl ; 20.000 hab. La principale ville est IVossa Henhora das />urc.s da liôa Esperança.

D'ORES EN AVANT, loc. adv. V. DORÉNAVANT.

DORET (Lonis-Isaac-Picrrc-Hilaire), marin français, né ;\ SaintJoan-d'Angely en nso, mort à Paris en 186tî. Ensci;;no do vaisseau eu 1812, il proposa, en 1S15, à Napoléon do lo conduire aux Etats-Unis, bien qu'une croisière anglaise fût mouillée dans la rade des Basques; il fut destitué par la Restauration. Après la révolution de 1830, il rentra dans la marine de l'Etat, fut nommé lieutenant de vaisseau en 1831, (it partie, en 1838, do l'expédition du Mcxi(|ue, prit part au siège de Saint-Jean d'UUoa, et reçut le grade do capitaine de corvette. Il était en retraite depuis 1844, lorsqu'on 1849 il fut nommé gouverneur do l'île Bourbon et, en 1853, sénateur.

DORET (Gustave), musicien suisse, né à Aigle en 1866. On connaît de lui une cantate pour soli, chœur d'hommes et orchestre : Voix de la patrie; un oratorio, les Sept paroles du Christ; En prison, opéra-comique en un acte. Fleurs de deuil, recueil de mélodies; So7t}iets païens, recueil do mélodies; des morceaux d'orchestre {Airs de ballet, Marche héroïque); des chœurs pour voix d'hommes; etc.

DOREUR, EUSE n. Artisan dont la profession est de dorer : Lu dorkl'iî sur bois, sur métaux. \\ Dorcur-argenteur, Ouvrier qui dore, argenté, et en général applique sur des objets quelconques une couche métallique.

DoRFEL, comm. d'Austro-Hongrie (Bohême [cercle de lîunzlaui) ; 2.900 hab. Toiles et cotonnades.

DORFEUILLE (Paul-Pierre Gobict, dit), acteur et littérateur français, né en 1745, mort en 1806. Longtemps comédien nomade, il parcourut la province et l'étranger, et s'acquit une certaine réputation, comme artiste et comme auteur. Directeur de théâtre à Bordeaux, puis à Lyon, il exploita à Paris l'Ambigu-Comique, les Variétés- Amusantes, et ce fut lui qui édifia, en 1790, sur les débris d'un petit théâtre de bois, la belle salle de la Comédie- Française, rue de Richelieu. Il fut aussi le fondateur du théâtre des .leunes-EIèves. Le principal ouvrage de Dorfeuille, les Eléments de l'art du comédien ou l'Art de la représentation théâtrale considéré dans chacune des parties gui le composent (ISOl), est assez estimé; on lui doit, de plus, quelques comédies sans grande valeur.

DORFEUILLE (Antoine), comédien et publiciste français, né vers 1750, mort en 1795. Il quitta le théâtre pour prêcher la révolution dans toute la France, et il fît de nombreux discours à Toulouse et à Perpignan. Chargé par Dubûis-Crancé de présider la commission qui devait juger les insurgés de Lyon, il en fit périr un grand nombre par la guillotine et par le canon. Arrêté après le 9-Thermidor, il fut tué dans sa prison. Il a publié : la Lanterne magique ou le Coup de grâce de l'aristocratie ; Lettre d'un chien d'aristocrate à son maître ; la Religion de Dieu et la Religion du diable.

DoRGALl, bourg du royaume d'Italie {îlo de Sardaigne [prov. do Sassari]), près du golfe d'Orosei ; 4.370 hab.

DORI n. m. Pêch. Y. DORis.

DoRIA, la plus illustre des familles de Gênes, et dont 1 histoire se confond absolument avec celle de la grandeur de sa patrie. Peu de familles historiques ont fourni autant d'hommes illustres : Oberto Doria, on 1284, fonda la suprématie maritime do Gênes par la victoire de Molloria sur les gibelins ; puis, dans les dissensions qui déchirent aussitôt la cité, les Doria se mettent à la tête du parti gibelin ou aristocratique. — CoNiîAno Doria, fils du précédent, commence la grandeur do l'aristocratie génoise par l'expulsion du jiarti guelfe (1296). — Lamua Doria (1298) détruit, â (;urzo!;i, la flotte vénitienne, commandée par André Dandolo. — Pahanino Doria anéantit la marine de Venise par ses deux victoires do Constantinople (i352) et de Porto-Longo (isr.i) sur Pisani. ~ Luciano Doria fut l'un des héros do la guerre do Chiozza (1379).

~ Piii'mo Doria, frère du précédent, prit Chiozza (1379), faillit prendre Venise et préféra mourir plutôt que do se rendre (liKO).'— Andiiea Doria, le plus illustre dos Doria, né à Oneillo en 1468, mort eu 1560. 8es premiers exploits, tant sur terre que sur mer, le mirent au [)rt)mier rang drs hommes do guerre do son temps, et lui valurent l'admiration do Gonzalvo de Cordoius qui chercha vainement â l'attacher au service do l'Espagne. Sa belle victoire do Pianosa (1519) sur les Turcs mit lo comble A sa réputation, et François !" lui donna looommandemont de sa (lotte (1521). Los Impériaux furrMit battus partout. Gênes prise, et les Français tinrent lompiro de la Méditerranée. Mais, on 1528, Doria, niécontent, passa au service de Charles-Quint, auquel il resta toujours attaché depuis lors, ot qui le combla d'honneurs. Maître tout-puissant do Gênes, où. il organisa le régime aristocratique, vainfinour partout des Français ot des Turcs, il fut lo véritable roi du la mordu xvi» siècle. Sur la fin do sa vie, il eut A réprimer los eonspiration.s do Kiosque {l547)otdoJuI(!sCibo,etIolltcruelloniont.— Acitorencoro doux cardinaux : SiNiiiAi.no Doria, né ù Gênes on nJfll, cardinal en 1732, mort ù Bénévent en 1732, ot Oiovanni-

Andréa Doria.

Pamfiu Doria, d6 à Rome en 1751, cardinal on 1797; un philosophe, Paolo-Mattko Doria, né à Gênes on it'.t;2, mort à Naplos en 174G, autour duno /dra d'iiria perfetta rcpublica, détruite en partie par ordre du gouvernement napolitain.— Joskpii-André Doria, homme politique français et descendant de cette famille, né à Tarascou en 1772, mort à Mâcon en 1839, fut député do Mâcon pendant toute la Restauration.

DORIA (Giacomo, marquis), naturaliste ot vovagour italien, né à la Spezzia en 1840. Après d'importants voyages scientifiques en Perso avec la mission Corutti (1862), à Bornéo (1865), où il recueillit do magnifiques collections zoologiques et botaniques, il fonda le musée d'histoire naturelle do Gênes qui porto son nom, et qu'il dota avec la plus grande générosité. Il avait déjà créé un recueil, Archivio per la zoologia, l'anatomia e la fisioloqia; il créa alors, en 1869, les Annales du musée civique d'histoire naturelle, et continua d'encourager les travaux des naturalistes Beccari. L. d'Albertis, Antinori, qu'il subventionna dans leurs expéditions do Papouasie et d'Abyssinie.

DORIAN (Pierre-Frédéric), homme politique français,* né à Montbéliard en 1814, mort à Paris en 1873. Industriel populaire, il fut élu, en 1863, comme candidat de l'opposition, dans la 2« circonscription de la Loire, député au Corps législatif ; il fut réélu en 1869. Après la révolution de 1870, Dorian fut nommé par le gouvernement de la Défense nationale ministre des travaux publics. H s'occupa avec ardeur do la fabrication des armes et des munitions. Il fut chargé, avec Jules Favre, d'entrer en négociation avec Bismarck au sujet de la capitulation de Paris. Il était député de la Loire quand il mourut.

Dorian (Tola), femme de lettres, née en Russie vers 1850. Fille du prince Mestchersky, elle épousa Charles Dorian, fils de l'ancien ministre. Elle s'est fait connaître d'abord par des traductions de l'anglais, puis par des œuvres d'une réelle originalité : Poèmes lyriques (1888); Vespé7-ales{l89i); Roses reynontantes {1S91), poésies; >lmts slaves (1890) ; l'Invincible race (1899), recueils de nouvelles. On lui doit aussi deux pièces de théâtre : Tamara (1891) et la Relie madame Besselin (1899).

DORIDE fgr. Boris), contrée montagneuse de l'ancienne Grèce, appelée d'abord Dryopide, limitée par le mont Œta au N., la Phocide à l'E., la Locride et lEtolie au S., et encore l'EtoJie à l'O. Son nom lui venait de Doros, fils do Deucalion. C'était une plaine étroite, à la température très froide, arrosée par le Céphise, et bordée de hautes montagnes ; elle était riche en céréales et en pâturages. On l'appelait aussi Tétrapole dorienne, à cause de ses quatre villes principales : Bœon. Cytiniei, Erinée et Pinde. La Déride fait partie, actuellement, du royaume de Grèce, dont elle forme une éparchie. — On appelait aussi Doride une petite contrée de l'Asie Mineure, sur les côtes de la Carie, surnommée VHexapole, parce qu'elle comptait six villes : Cnide, Halicarnasse, Cos, Jalysos, Camiros et Lindos. Près de Cnide s'élevait un temple d'Apollon, où les six villes célébraient leur fête fédérale.

DORIDÉ, ÉE adj. Qui ressemble à uno doris.

DORIDIDÉS n. m. pi. Famille de mollusques gastéropodes opisthobranches dermatobranches, comprenant les genres hexabranchus, doris, chromndoris et ceratosoma. (Les dorididés appartiennent au groupe dos gymnobranches; ils sont répandus surtout dans les mers chaudes.)

— Un DORIDIDÉ.

DORIDIIDÉS n. m. pL Famille de mollusques gastéropodes opisthobranches, sous-ordre des tectibranches. caractérisée par la coquille interne, la tête sans tentacules, la bouche prolongée en trompe. (Les genres doridium et 'melanochlamys sont les représentants de cette famille.) —

Un DORIDIIDÉ.

DORIDIUM {di-om') n.m. Genre de mollusques, type do la famille des doridiidés, comprenant des animaux marins arrondis, oblongs, à disque céphaliquo tronqué en avant, A pied obtus en arrière. (Los espèces de ce genre sont répandues dans les mers chaudes et tempérées.)

DORIDOPSIS (psiss) n. f. Genre do mollusques gastéropotU-s, famille dos doridopsidés, renfermant des animaux marins nus et mous, à courts tentacules, longtemps confondus avec les doris, et qui comptent de nombreuses espèces réparties dans toutes les mors. (Une seule habite les mers d'Europe. Le genre très voisin, doridopsilla, a. éto ét4il)li pour des espèces à corps plus dur.)

DORIDOPSIDÉS n. m. pl\ Famille de mollusques gastéropodes opisthobranches dermatobrauidies, comprenant les gymnobranches semblables aux doris, mais ayant los branchies disposées on rosette dorsale autour do l'anus.

— Un DORinoi'siDK.

DORIE {ri) n. f. Genre do composées astéréos, formé d'environ soixante plantes herbacées à fouilles alternes, à petites fiours d'un beau jaune, réunies en capitules. (Les dories croissent dans los pays tempérés; la verge d'or est lojiimune dans les bois.)

DoRIJÈE, prince Spartiate, qui vivait dans In seconde moitié du vi" siècle avant notre èro. II était (ils du roi de Sparte Anaxandridc et frèro do Cléomène. Il (enta do fonder un établissement en I^ibye, mais il échoua dans son entreprise ot revint à Sparte. Sur l'avis de l'oracle, il se dirigea vers la Sicile, où il fonda une colonie â Eryx. Il fut tué dans une bataille contre les Kgestéons.

DORIÉE, athlète rhodien, do la seconde moiliô du v' siècle av. J.-C. Il appartenait ù une branche do la famille des ïléraclides, fixée A Rhodes. Il remporta do nombreuses victoires aux jeux Olympiques. Néniéons ot Isihmiquos. Il combattit les Athéniens sur mer dans los rangs des S[iartiates, ot fut fait prisonnier l'an 407. Les Atlicuicns lui rendirent la liberté, moyennant une rançon. Plus tard, il servit pour les Athéniens contre les Spartiates, qui le tirent jirisonnier ot lo mirent A mort.

DORIEN, ENNE {ri-in, en), membre d'une des grandes races hellénicpies. Il Spécialem. Personne néo on Dorido ou qui habitait cette contrée. — Les DoitiiîNs.

— Adjoctiv. Qui appartient, qui est propre A la race dorienne : La lyre noKitiNNK.

~ Littér. Comédie dorienne ou sicilienne. Genre do comédie crocque, qui fut cultivé dans los villes dorionnes.

— Philol. Oialcctc dorivn ou substantiv. Dorien, Dia-

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