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DRAME

meot de Humboîdt à Philadelphie, et beaucoup d'autres œuvres. Il <5tait membre de l'Académie de Berlin et vicechancelier de l'ordre c pour le mérite », destiné à récompenser les savants et les artistes, membre associé de f Académie des beaux-arts de France, etc.

Drake (Tyrwhitt), vovageur anglais, né en 1844, mort à Jérusalem en 1S74. Obligé par sa santé de résider dans les pays chauds, il visita la presqu'île sinaïtique avec Palmer(iS69),la Syrie septentrionale avec Richard Burton {1871), la Palestine (1S72), comme membre d'une commission scientifique anglaise.

DRAKÉX (de Drake, navig. angl.) n. f. Genre d'orchidées, de la tribu des ophrydées, qui habite l'Australie. (Les drakées sont des plantes herbacées, à hampe florale de 0^,30 environ, ayant une seule fleur qui ressemble à UD insecte suspendu en l'air.)

DrAKENBERG, chaîne de montagnes de l'Afrique australe, s'étendant. dans la direction générale du S.-O. au N.-E., depuis les monts Nieuweveld, dans la colonie anglaise du Cap, jusqu'au Transvaal. sur un développement de plus de 600 kilomètres. Les géographes lui donnent, d'ailleurs, des limites variables et différents noms {Drakensberg, Kahîamba. Quathhimba). Cette chaîne est à peu près parallèle au littoral de l'océan Indien, dont elle est séparée, suivant les endroits, par une distance de 150 à 300 kilomètres. Certains de ses sommets dépassent une altitude de 3.000 mètres. Elle sépare le Natal et les territoires britanniques au delà de la Kei* de l'Etat libre d'Orange et du Bassoutoland.

DrakENBORCH (Arnold), latiniste hollandais, né et mort à Utrecht (1684-1748). Il y étudia sous Grœvius et Burraann ; celuici l'emmena avec lui en France, et, à leur retour, comme il venait d'être appelé à Leyde, il lit donner sa chaire d'Utrecht à Drakenborch. On a le cet érudit une Dissertation sur les préfets de Borne (1704) : un certain nombre de discours académiques, une histoire d'Utrecht, des généalomes de familles hollandaises et divers travaux historique s. On vante surtout son édition de Sitius Italiens (1717) et celle de Tite-Live (Leyde et Amsterdam, 1738- 1746).

DRAKENSTEI- NIE n. f. Bot.

Syn. de écasto-

PHTLLE.

DRAKKAR,

DRAKE ou DREEI n. m. Nom des bateaux dans lesquels les pirates normands remontaient les fleuves. (Ils prenaient leur nom du dragon qui ornait leur proue.)

— Enctcl. Jusqu'en 1881 , on n'avait pas de données précises sur ce qu'étaient les navires des Vikings, les pirates scandioaves;mais,àcctte époque, on trouva sous un tumulus, à Gok.stad, près deSaDdefjord.un drakkar parfaitement conservé, ayaut servi, suivant l'usage, à la sépulture d'un grand chef.

Ce bateau re monte à une période comprise entre l'an 700 et l'an "^0 après J.-C. Il est construit en chêne et à clins avec un soin et une perfection remarquables, calfaté en poil de vache goudronné. C'est une sorte de baleinière d'une forme '.rês stable et dont les dimensions principales sont : longueur 24 mètres, largeur au maître r)'»,20, creux sur quille l*,8û. Il armait IC avirons de chaque bord à pelle largo et courte comme celle des pagaies. L'équipage no pouvait pas être inférieur à 40 hommes ; il était plus vraisomblablemoat d'au moins so. Le déplacement était do 23 tonneaux.

Ce drakkar peut 6tro considéré comme un des plus petits de 8on époque : Thorolf Kveldulfsson de Sandncs, lit, de 87:; 4 873, construire un navire do 2â divisions, c'est-àdire 00 avirons.

DRAM n. m. Métrol. Avant 1825, Deux cent cinquanto- 8ixi6me partie de la livre avoirdupois anglaise.

Drama (autref. Drahescos), ville do la Turquie d'Eu-

î'i\.- ■T'',ntii''iic (prov. do Saloniquej); 4. 145 hab. Archo-

Mrmufactnres de toiles do coton ; tabac ;

très actif avec Larissa. Aux environs,

. : .. OÙ PcrsCc fut défai», par Paul-Emilo.

Saint Paul fut emprisonné à Drama, et cette ville vit s'élever dans ses murs le premier temple chrétien construit en Europe. Ch.-l. d'un district peuplé de 113.000 hab.

DRAMATIQUE {Hk') adj. Littér. Qui a rapport, qui appartient au drame ; qui est du genre du drame : Art dramatique. La vérité dramatique exige de chaque personnage un langage conforme à sa condition. (L. Veuillot.) Il Qui s'occupe à un titre quelconque des représentations théâtrales : Auteur, Censeur, Artiste dramatique.

— Par ext. Qui a la forme passionnée, mouvementée, qui convient au drame : L'oraison funèbre de Marc-Auréle par Thomas est placée dans un cadre fort dramatique, ii Dont les récits sont vifs, rapides, mouvementés, attachants : Tite-Live et Salluste sont souvent dramatiques.

— Fig. Qui émeut, qui intéresse vivement le spectateur : Situation, Dénouement dramatique.

— n. Ecrivain qui compose des pièces de théâtre : Le fabuliste fait de ses animaux ce qu'un DRAiiATiQUK fait de ses acteurs. (Laharpe.) [Vieux.]

— n. m. Genre dramatique, forme dramatique : Réussir dans le dramatique, n Ce qui excite particulièrement l'émotion dans une pièce de théâtre, dans un poème, dans un récit : Scène dans laquelle il ij a bien du dramatique.

— Enctcl. Littér. Genre dramatique. Ce genre embrasse toutes les œuvres littéraires dont le but est de représenter sur la scène une action, ce que les Grecs appelaient drama. du verbe ofrad. j'agis. Il se partage en trois grandes divisions : les œuvres tragiques, tes œuvres comiques, les œuvres qui unissent, dans des proportions plus ou moins

frandes, les éléments tragiques et comiques. La première ivision comprend deux genres : la tragédie proprement dite et la tragédie lyrique ou opéra, qui tire ses effets de

Drakkar : A, disposition dcB trous de nage; B, disposition des tapons fermant les trous de naçe ; C, arrière du drakkar montrant le gouvernail et le siège du pilote; D, drakkar de a2 avirons (un des côtés de la tente est relevé); E, plan d'un drakkar de 32 avirons; F, coupe au maître du drakkar; G, caboteur norvégien moderne;

U, drakkar sous voiles.

la parole et de la musique réunies. Dans la seconde division, après la comédie se placent les atellanes et les mimes chez les Latins, les sotties au moyen âge, le vaudeville et l'opéra-comique chez les modernes, Tes farces, les parodies, etc. A la troisième division appartiennent, dans l'antiquité : l'hilaro-tragédie et le drame satyrique; chez les modernes, la tragi-comédie, le drame proprement dit et le mélodrame. Il y eut, au moyen âge, des pièces riu'on ne pourrait faire rentrer complètement dans aucune ao ces divisions : ce sont les Mystères et les Moralités. D'autres représentations scéniques, qui expriment une action par les gestes ou la danso, sans le secours de la paroh?. doivent aussi 6tro placées à part; elles portent le nom do pantomimes et de ballets.

— Anton. Antidramatique, froid. — Comique. — Didactique, épique, lyrique (en parlant d'un poème).

DRAMATIQUEMENT {ke-man) adv. D'une manière dramatique.

DRAMATISER v. a. Rendre dramatique, donner la forme, l'intérêt dramatique à : Témoin qui dramatise les débats. Eugène Delacroix excelle à dramatiser les sites et tes perspectives. (P. do St-'Victor.)

DRAMATISEUR n. m. Celui qui dramatise, qui est habile à dramatiser.

DRAMATISME (tissm') n. m. Art du drame. (Peu usité.)

DRAMATISTE llisst' — rad. drame) n. Personne qui compose des ouvrages de théâtre. (Peu usité.)

DRAMATURGE (gr. dramatourgos ; de drama, atos, action drainati((ue, et enjon, ouvrage) n. Auteur de drames : Shakspeare fut un dramaturge de génie.

— Rem. Le mot dramaturge^ d'après le Dictionnaire de l'Académie, ne s'emploierait guère que par dénigrement. Ce n'est plus exact. A l'exemple des Allemands et des Anglais, les Français n'attachent plus à l'expression aucune idée fâcheuse. On a conservé l'expression auteur dramatique pour qualifier l'écrivain qui compose des œuvres théâtrales en général; le mot « dramaturge » désigne les écrivains qui composent spécialement des drames.

DRAMATURGIE (Jî — rad. dramaturge) n. f. Art dramatique; traité sur la composition des pièces de théâtre. Il Catalogue raisonné de pièces dramatiques : La dramaturgie italienne de Léon Alacci. Il Manie de composer des pièces de théâtre, il Recherche, en peinture, de l'effet dramatique.

— Fig. Caractère, nature dramatique : L'épouvantement de l'autre vie, la dramaturgie de la mort. (Proudh.)

— Encycl. Le mot dramaturgie vient d'Allemagne, où il est défini « la science des règles qui doivent présider â la composition d'une pièce de théâtre et à sa mise en scène ». Il paraît avoir pris naissance dans le titre du journal que Lessing, sous l'influence des doctrines dû Diderot, publia à Hambourg en 176S, et qu'il intitula Dramaturgie. (V. art. suiv.) Louis Tieck a aussi publié des Feuilles dramaturgiques (Breslau, 1826), où il réunit ses travaux de critique théâtrale, dont le développement, dans des soirées littéraires, avait attiré l'attenlion de toute l'Europe savante.

Dramaturgie de Hambourg (la), recueil d'articles de critique lliéâtrale, que Lessing écrivit en 1768, lorsque la ville de Hambourg l'eut chargé de présider au choix des acteurs et des pièces de eon nouveau théâtre. — Lessing cherche à persuader aux auteurs, aux acteurs, au public tout entier, que tout est à refaire; il faut, avant tout, soustraire l'Allemagne à l'influence française. Dans l'excès de sa démonstration, il prétend démontrer que les Français n'ont pas de théâtre du tout, et que leur prétention d être conformes aux règles d'Aristote n'est aucunement justifiée. Pour cela, Lessing prend surtout â partie Corneille, auquel il reproche la fierté de ses héros, le mépris ou l'inintelligence des règles d'Aristote ; le « correct Racine», et même Molière, auquel il préfère Destouches. Mais celui qu'il poursuit avec le plus d'acharnement, c'est Voltaire. C'est qu'il lui en veut cruellement de dominer l'AlIeniagne par ses œuvres. 11 démonte successivement toute l'œuvre dramatique de Voltaire. Le seul écrivain français qui trouve grâce aux yeux de Lessing est Diderot. n lui rend justice et avoue tout ce qu'il doit à ses Entretiens. A côté de l'œuvre de polémique, Lessing entreprend un véritable traité de l'art dramatique. Comme Diderot en France, il enseigne à l'Allemagne que la tragédie pure et la comédie pure sont des fictions ; qu'entre la pitié-terreur et le ridicule, il y a place pour un théâtre qu'il juge plus conforme à la realité, plus vrai, plus vivant. L'appel de Lessing fut entendu : l'Allemagne secoua les chaînes françaises et produisit Schiller, Gœthe et leurs successeurs. Par ricochet, la littérature française y puisa quelques bonnes leçons.

DRAMATURGIQUE [jik') adj. Qui appartient à la dramaturgie; qui concerne la dramaturgie. (Peu usité.)

DRAMATURGISTE Uissl") n. Partisan, amateur du genre dramatique. (Peu usité.)

DRAMBOURGouDRAMBURG,villed'Allemagne(Prusse [prov. de Poméranie]), sur la Drage, affluent de la Netze ; 5.750 hab. Fabriques de draps et d'étoffes de laine; centreagricole. Ch.-l. d'un district peuplé de 36.000 hab.

DRAME (du gr. drama, fable, narration, représentation d'une chose, proprement « action » — de drân , faire) n. m. Pièce de théâtre représentant une action, soit comique, soit tragique, ii Se dit particulièrement d'une pièce de théâtre où le comique est mêlé au trafique : Le DRAME sérieux et touchant tient le milieu entre la traqédie héroïque et la comédie plaisante. Il Drame lyrique, Opéra, pièce en musique, ou pièce dramatique mêlée de chant.

— Par ext. Récit vivant plein d'entrain et de mouvement, dans lequel on voit, pour ainsi dire, les personnages agir et se mouvoir comme sur la scène, ii Evénement terrible, scènes dramatiques, catastrophe ; La Bévolutioii française fut un grand draue politique.

— Encycl. Littér. Drame proprement dit. 1^6 drame, d'après son sens étymologique (Spà[jia, action), devrait être la mise en scène â'une action. Il comprendrait, en conséquence, la tragédie et la comédie. En réalité, et, tel que nous le concevons, il s'en distingue par le mélange qu'il fait des éléments de l'une et de l'autre. L'antiquité classique -n'a connu que le drame satyrimie , œuvre en certaines de ses parties pathétique, bounonne dans les autres, comique par son dénouement, genre mixie dont on a attribué l'invention à Pratinas de Phliunte. Les personnages en étaient conventionnels : Silène, Pan, satyres, bacchantes , s'opposant aux demi-dieux et aux héros et excitant la gaieté du public par le contraste. Nous avons conservé seulement le Cyclope, d'Euripide. A Rome, certains fragments des Comédies de Plante et de Têrcnce peuvent, en quelque mesure, être appelés dramatiques.

Au moyen âge, le drame liturgique tira ses origines des cérémonies du christianisnie.

Il nous faut venir au xvii» siècle pour rencontrer un art qui, en Franco, confine au drame. La comédie héroïque et la tragi-comédie, en essayant de provoquer à la tois le rire et les larmes, en unissant les éléments tragiques et comiques , on excitant simultanément les émotions agréables et douloureuses que présente la vie elle-même, portèrent sur la scène un des caractères essentiels du lirame. mais n'en constituèrent point, pour ainsi parler, l'essence propre. Pour y Vrriver pleinement, il efit fallu que Pierre Corneille marchât dans la route ouverte par Nicoméde, Don Sanche, et Molière dans la voie tracée par

Don Juan. Mais Boiloau veillait, ot « lo législateur", dans sou désir d'établir ontro los ditréreuts genres do

F rotondes démarcations, écarta cotto manifestation do art sconiquo. Eu Anj^letorro, au contraire, SliaUspoaro faisait concourir los personnages les plus divers à l'exacto roprésentatiou do la vin ot mettait on jeu toutes les passions do lliumanité. SliaUspearo eut pour élèves : Bon Johnson, autour do L'alilina, do Séjan, de Volpone ; Beaumont ot Fiecliter, qui ont laissé les Deux nobles cousins, la lier f) ère fidèle; Drydon, qui, outre Don Sébastien, sou chef-d'œuvre, eut du succès dans Tout pour l'Aînouv, 7'roilus et Cressida, tandis qu'Addison s'essayait à ramener la scène anglaise aux règles d'Aristote en composant son Caton.

En Espagne, Calderon suivait la même théorie que Shakspoare, eu y ajoutant la tatalité antique, qu'il empruntait à la Grèce. Cepinidant que Lope de Vega taisait représenter le lioi Wamba, Bernard Carpio, la Vive l'uledane, la Belle Laide, Calderon excitait un enthousiasme universel par sa trouvaille do l'effet théâtral, la couleur poétique qu'il savait donner aux grands ellets de scène dans le Médecin de son honneur, A outrage secret vengeance secrète , le Tétrarque de Jérusalem , le Prince Constant, l'Alcade de Zalnmea, ot devenait le chef d'une école dont faisaient partie Augustin Moretto, Francisco de Roxas, Antonio de Solis, qui soutenaient l'éclat prestigieux dont brillait, ù, cette époque, le théâtre espa-

gnol ot l'esprit du drame national, vraiment créé par alderon.

Cependant, on France, avec le cours des années, la tragédie bourgeoise et la comédie larmoyante, qui ne sont point autre chose qu'un genre intermédiaire entre la tra-

fédie et la comédie, si elles ne sont point proprement des" rames, sont, on tout cas, l'origine du drame français. Citons Mélanide, l'Ecole des mères, la Gouvernante do La Chaussée, Nanine de Voltaire, et surtout le Fils 7ïaturel et le Père de famille de Diderot. Toutes ces œuvres, violemment attaqui*es, n'eurent, d'ailleurs, qu'un succès médiocre, et leur plus heureux etfet fut de déterminer la révolution qui créa la drame en Allemagne. Lessing s'appropria les théories de Diderot dans sa Dramaturgie de Hambourg et les appliqua dans ses pièces : Minna de Barnhebn, Emilia Galotti, Nathan le Sage, son chef-d'œuvre, et surtout Sarah Sampson, type de la tragédie bourgeoise. Il eut pour disciple Charles "Èngel, dont Blondetta, l'Erreur, l'Anniversaire, eurent un succès de vogue. Suivant la voie tracée par Lessing, Gœthe donna son drame, Gœtde Berlichingen, protestation énergique contre la contrainte des règles arbitraires auxquelles on avait voulu soumettre l'art dramatique. Les Brigands, de Schiller, relevaient plutôt de Shakspeare; Amour et Intrigue, par sa sentimentalité, conline au mélodrame; Wallenstein est un drame historique; Guillaume Tell, un de ses derniers ouvrages, est son œuvre la plus forte.

En France, une nouvelle école, procédant de Diderot, brisait décidément le moule classique et exerçait sur le public une profonde influence : Sedaine, avec le Philosophe sans le savoir; Beaumarchais, avec Eugénie, la Mère coupablp, le Barbier de Sévills; Mercier, avec la Brouette du vinaigrier , qui est reprise de nos jours. Arnauld- Baculard, Laya, Marie-Joseph Chénier, Népomucène Lemercier, dont le Pinto est encore très connu, préparaient le noir mélodrame, dans lequel triomphaient Caigniez, Pixérécourt, Du Cauge, quand survint la grande rénovation romantique.

Shakspeare, Calderon, Gœthe avaient livré leur secret, et Victor Hugo le précisait dans sa préface de CromweÙ (1827) : «Le caractère du drame est lo réel; le réel résulte de la combinaison toute naturelle de deux types, le sublime et le grotesque, qui se croisent dans le drame, comme ils se croisent dans la vie et dans la création. » A cette conception, du reste incomplètement appliquée, la littérature dramatique française dut Hemani, Buy Blas, Le roi s'atiiuse, Lucrèce Borgia, en un mot tout lo théâtre de Victor Hugo, fait de perpétuels contrastes entre les personnages et les situations, entre les images ot les mots. Autour de lui se pressent un grand nombre de dramaturges : Alexandre Dumas père, avec Henri ill et sa cour, Christine, Caligula; Alfred de Musset, avoc Lorenzaccio; Alfred de Vigny, avec Chatterton, la Maréchale d'Ancre, ses traductions en vers d'Othello et du Marchand de Venise; Prospor Mérimée, avec le Théâtre de Clara Gazul; Vitet, avec les Etats de Blois, les Barricades. De 1828 à 1845, le genre dramatique, étendu et ramifié, fournit sa plus belle carrière. Des romanciers illustres, Frédéric Soulié, Eugène Sue remportèrent de brillants succès do théâtre; on applaudit, du premier: Christine à Fontainebleau, Nobles et Bourgeois, Clotilde; du second, les L^ontons, les Mystères de Paris, le Juif errant. Puis'vint la décadence. D'Enncry, Kétix Pyat, Bouchardy tombèrent dans le mélodrame, soutenus, d'ailleurs, on la trivialité de leurs œuvres, par do puissants acteurs : Bocage, Mélingue, .Frédérick-Lemaitro, M""* George, M"' Dorvai, dont la géniale interprétation faisait valoir la Tour de Nfsle , Don César de liazan , Marie-Jeanne, Paillasse, le Chiffonnier, ot tant d'autres pièces à imbroglios pleines de mœurs de cours d'assises et de cour des miracles. Le drame, alors, excitant à juste titre lo dédain dos critiques littéraires, tomba de plus en plus bas, tandis que le goût public so tournait vers la comédie de mœurs ot la pièce psychologique.

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