DUFLOS — DUGAZON
Quantité de gravures. Comme FraD(.*ois PoiUy, il s'aidait e la pointe autant que du burin, et sos œuvres ont de la souplesse. Citons notamment : Jésus à table entre les disciples d'Émmous, d'après Paul Véronôse ; sainte Cécile, d'après Pierre Miguard ; l'Amour pii/ué par une abeille, d'après A. Cojpel ; Za /e»imearfH^/è;-e, d'après Colombel, etc. — Son fils,PikRREDiiflos,oéàParis eu 1700, mort en 1784, a gravé d'après Boucher, Natoire, etc. Ses oeuvres ont peu de valeur.
DUFLOS {Emile-Henri-/îa/>/jaé7), acteur français, né à Lille en IS58. II débuta à quinze ans au théâtre Beaumarchais, servit dans les spahis, puis entra au Conservatoire, oii il obtint le premier prix do comédie (18S3). Il joua à rOdéon, à la Gaîté, au Théâtre-Français (1884), au Vaudeville, au Gymnase (1890) et revint, en 1894, au Théâtre- Français, où il devint sociétaire en 1896. Cet acteur a été surtout applaudi dans Henri III, Hernani. Renée, l'Affaire Clemenceau, Me?tsonges, les Tenailles, le Torrent, etc.
Du FOUGERAIS (Daniel-François de La Dooepe). chef vendéen, né vers 1729, mort en 1793. Trop âgé pour combattre, il se borna â mettre son expérience au service des insurgés du Poitou et fut admis dans leurs conseils. Après la prise et l'incendie de son château du Fougerais, qui servait de quartier général à Tétat-major royaliste, il suivit les " Blancs » dans leur marche sur Granville. Revenu avec eux sur la Loire après le désastre du Mans, il fut arrêté près d'Ancenis et fusillé à Angers.
DuFOUR (Marie-Armande-Jeanne Gacon, dame d'Hu- MiÈRE, et, en secondes noces, dame), femme de lettres, née à Paris en 1753. morte vers 1820. Elle a publié quelq^ues romans médiocres, de consciencieuses études historiques, parmi lesquelles : Voi/ages de plusieurs émigrés et leur retour en France (1802) ; Mémoires historiques (1806) ; la Cour de Catherine de Médicis^ de Charles JX, de Henri III et de Benri IV (1807) ; Correspondance de plusieurs personnages illustres du la cour de Louis XV (1808); Pièces inédites sur les régnes deLouis XIV, Louis XV et Louis XVI (1809).
DuFOUR ÇGeorges-Joseph) , général français, né â Saint-Seine (Bourgogne) en 1758, mort en 1820. Il fut d'abord attaché à la marine à Rochefort. puis, à la Révolution, il commanda un bataillon de volontaires. Dufour se battit contre les Prussiens en 1792, devint général de brigade en i~93, servit eu Vendée, et, en 1799, contribua à repousser les Anglais et les Russes de la Hollande. Au 18-Brumaire, Dufour était général de division ; son républicanisme et sa franchise toute militaire déplurent à Napoléon, qui le mit à la retraite. Pendant les Cent-Jours, il se rallia à l'Empire, comptant sur le libéralisme de Bonaparte, et fut élu député de la Gironde. A la seconde rentrée des Bourbons, il fut emprisonné jusqu'en septembre 1816. De retour à Bordeaux, il fit de l'opposition jusqu'à sa mort.
Dufour (François-Bertrand), général français, né à Souillac en 1765, mort en 1832. Il partit, en 1792, avec les volontaires du Lot, se signala par sa bravoure aux armées de la Moselle, du Rhin , de Sambre-et-Meuse, du Nord ; s'empara, en 1801, de Wurtzbourg. de Bamberg. Colonel et baron, il lit la campagne du Tyrol (1805) ; il était général de brigade après Austerlitz. Dufour contribua à la prise de Dantzi"' (1807), et s'empara de lile de Rugen. Il se distingua à Burgos, fut fait prisonnier après la capitulation de Baylen et ne rentra en France qu'après la chute de Napoléon. Aux Cent-Jours, il contribua à la prise de Wavre et à la défense de Namur. Retraité par la seconde Restauration, il siégea à la Chambre des députes, de 1830 à 1832.
Dufour (Jean-Marie-Léon), naturaliste et médecin militaire français, né et mort à Saint-Sever (1780-1865). Il fil, en 1823, la campagne d'Espagne, et, de retour on France, se fixa à Saint-Sever. Dufour a fait paraître des travaux dans les « Mémoires. de l'Institut », les <> Annales du Muséum ",etc. On lui doit, en outre : Relation de voyage dans les montagnes Mandates (1821); Recherches anatomiques et physiologiques sur les hémiptères (1833) ; etc.
Dufour (Guillaume-Henri), général suisse, ne à Constance en 1787, mortâGenève en 1875. Après l'incorporation du territoire genevois à la France, il entra à l'Ecole polytechnique (1807), et devint officier du génie. Après la chute de l'Empire, Dufour retourna en Suisse. Il prit du service dans l'armée de la Confédération, et y devint, en 1832,
?|uartier-maître général. Duour fut chargé de créer l'Ecole militaire do Thoune, réorganisa l'armée suisse, et dirigea la confection de la carte topographique de laConfédération.
Ce travail dura trente-deux ans (1833-1865); cette carte, qu'on désigne du nom de " carte Dufour » , est un modèle du genre. Lorsque, en 1847, les cantons catholiques se déclarèrent indépendants sous le nom de Sonderbund, Dufour fut chargé de commander les troupes fédérales ; on moins de deux mois, il dompta l'insurrection des séparatistes.
On vota au pacificateur une récompense nationale. La Suisse eut recours à ses relations avec Napoléon III, qui avait été sous ses ordres â Thoune, pour régler certains conflits internationaux. En 1804, il présida le congrès d'où sortit la Convention de Genève. Sos principaux ouvrages sont : Mémorial pour les travaux de guerre (1820) ; Mé7noire sur l'artillerie des anciens et celle' du moyen àqc (1840) : Manuel de tactit/ue (1842) ; De la fortification permanente (1850) ; Campagne du Sonderbund et événements de 1856. avec notice biographique fl875). Une statue équestre du général Dufour, d'après A. Lanz, a été élevée, en 1884, .sur une des places do Genève.
Dufour (Auguste-HcnrI), géographe français, né à Pans on 1798, mort en 18C5. Il débuta par aider son maître Lapio à exécuter diverses cartes du Dépôt do la marine, fit paraître sous son nom. en IR24, une Anah/.sc qéoqraphiqu^dela carte de Paleitine, et publia ensuite ' ditiTérents Atta^; entre autres, VAtlnM fjufonr, formé de loo cartes, sar l'étal physique, historique oi politique de la France
(1857). On lui doit, en outre, des Précis de systèyne planétaire et de cosmographie, et de nombreuses cartes et plans.
Dufour (l'abbé Valentin-Chacles), archéologue, né à Pans ou 1826. Elève de l'Ecole dos chartes, aumônier ue la prison de Mazas, il fut nommé sous -bibliothécaire de l'Hôtel de ville de Paris, do 1866 à 1870. Outre des articles et des études insérés dans le » Bibliophile français », le a Bulletin du bouquiniste », etc., il a publié : le Calendrier des confréries de Paris, avec Le Masson ; les Charniers des églises de Paris (1866); une Question historique, ihippophagie (1868); Recherches sur la danse viacabre peinte en i425 au cimetière des Innocents (1873); la Danse macabre des SS. Innocents de Paris, d'après l'édition de f4S4 (1874) ; une Famille de peintres parisieris aux. xiv* et xv siècles, documents et pièces origi/iales (1877) ; le Vieux Paris, ses derniers vestiges (1878), recueil de gravures à l'eau-forte de Chauvet et ChampoUion, avec notices de l'abbé Valentin Dufour ; Collection des anciennes descriptions de Paris (1878-1883) ; Bibliographie artistique, historique et littéraire de Paris avant f789 (1882). On doit encore à l'abbô Dufour de nombreuses réimpressions et traductions.
Dufour (Théophilo-Audré), magistrat et écrivain suisse, né â Genève en 1844. Président de la cour d'appel de Genève, député au grand conseil, il a été nommé directeur des archives et de la bibliothèque de cette même ville. On lui doit, entre autres écrits : Notice bibliographique sur le Cavalier de Savoie, le Citadin de Genève et le Fléau do l'aristocratie genevoise (1877) ; Notice bibliographique sur le Catéchisme et la Confession de foi de Calvin (1878); Jean-Jacques Rousseau et J/""' de Warens ; notes sur leur séjour à Annecy d'après des pièces inédites (1878); Clément Marot et le Psautier huguenot (1881); Giordano Bruno à Genève, en f579 (1884); un Opuscule inédit de Farel (1885).
DUFOUREA {ré — de Dufour, n. d'un natural.) n. f. Genre d'insectes hyménoptères porte-aiguillon , famille des apidés, tribu des andréninés, comprenant de petites formes très voisines dos halictes, vivant sur les montagnes, et faisant leurs terriers dans les sols sablonneux exposés au nord. fOn connaît quatre ou cinq espèces de dufourea, toutes d'Europe.)
DUFOURIE [ri) ou DUFOURIA [de Dufour, natural.] n. f. Genre de protozoaires grégariniens, comprenant des formes allongées, séparées en deux régions inégales par une cloison [septum) transversale, incurvée en avant. (Les dufouries sont des organismes microscopiques et transparents, vivant en parasites dans le corps do divers coléoptères acjuatiques [cotymbetes]. L'espèce type du genre est la dufouria agilis.)
DUFOURNY (Léon"), architecte, membre de l'Institut, né et mort à Pans (1751-1818). H passa en Italie en 1782, rapporta à Paris, en 1795, une collection de fragments d'architecture antique. Il entra à l'Institut en 1796, et fut professeur à l'Ecole d'architecture en 1804.
DUFRAISSE ( Marc-Etienne - Gustave ), écrivain et homme politique, né à Ribérac (Dordogne) en I8ii, mort â Paris eu 1876. D'abord avocat â Paris, il fut élu à l'Assemblée nationale en 1848. Son républicanisme lui valut un bannissement perpétuel. A Bruxelles, tout en travaillant pour vivre, il écrivit une Introduction aux Révolutions dltalie, d'Edgar Quinet. On lui attribua deux pamphlets : le Deux-Décembre devant le Code pénal, et les Finances de l'Empire. Il publia : Histoire du droit de paix et de guerre de f789 à fSi5. En 1855, il avait été appelé à la chaire de droit de la nouvelle Ecole polytechnique de Zurich. Pendant le siège de Paris (1870-1871), Gambetta le nomma préfet des Alpes-Maritimes ; élu député de ce département et de celui de la Seine, il fit partie de la gauche républicaine.
DUFRENÉ (Hector-Auguste), ingénieur français, né à Orléans en 1836. Ancien élève de l'Ecole centrale, Dufrené a été attaché, comme ingénieur, à des ateliers de construction de machines. Il est l'auteur de savants articles publiés dans les « Annales du génie civil " et les " Archives de l'industrie au xix« siècle ». Il a publié, en outre, d'intéressants ouvrages, parmi lesquels on doit citer -.'les Droits des inventeui\s en France et à l'étranger, conseils qénéraux, brevets d'invention, etc. (1867); l'Histoire du travail {\%m) \ Projet de construction d'un tunnel sous-marin (ISIO) ; un Tunnel sous la Manche (1870); l'Industrie et les Classes laborieu^ses dans l'Inde aux temps védiques cl brahmaniques (1873); Revue des inventions nouvelles (1874); etc.
DUFRÉNITE (de Dnfrénoy, u. du minéralogiste) n. f. Phosphate hydraté naturel de fer, dont la formule est H'Fc'P'O", io poids spécifique 3,2 â 3,4, et la dureté 3,5 à 4. (Se présente en masses concrétionnées ou fibreuses, passant du vert au brun par le jaune.)
DuFRÉNOY (AdélaYde-Gillette Billet, dame), femme • \r Irtiir-,. néc et morto à Paris (1765-1825). Fille d'un ri' h'.' ioaillier. elle épousa, à quinze ans, Petit-Dufrénoy, procureur au Châtolet de Paris, fort riche lui-même. Ruiné par la Révolution, Dufrénoy obtint, sous le Consulat, la place de greffier à Alexandrie : mais il devint aveugle. Sa femme le suppléa dans sa charge, copiant les dossiers et les jugements, jusqu'au jour où il fut mis â la retraite. Elle revint alors à Paris et demanda à sa plume des moyens d'existence. Divers ouvrages d'éducation : Livre du premier àqe; la Petite Encyclopédie de l'enfance; la Petite Ménagère Q\\ l'Eduration maternelle, lui valurent une pension de Napoléon. En 1807, elle publia un volume d'Elégies qui fut couronné par l'Acadéniief 1815), ainsi que son poème sur la Mort ae Bayard. Après la chute de Napoléon, son salon devint un des petits cénacles de l'opposition libérale. M*"" Dufrénoy a écrit, en outre, plusieurs romans : la Femme auteur; la Jeune Héritière; les Françaises; Santa Maria.
Dufrénoy (Ours-Pierre-Armand Petit-), géologue et minéralogiste français, fils do la précédente, membre do rAca<iémie des sciences (1840), néâSevran (Soine-et-Oiso) on 1792, mon à Paris en 1857. Il entra à l'Ecole polytechnique on 1811 et. deux ans plus tard, à rp:colo des mines, où il devint professeur. Dès 1819, il publia une série de mémoires qui changèrent la face des études géologiques. Avec Elie de Beaumont. il parcourut à pied la France, l'Anglotorrc ot lo nord do 1 Espagne, sur un espace do
80.000 kilomètres, pour l'exécution de la Carte géologique générale de France. Cette exploration dura treize années (1823-1836), et ce ne fut qu'en 1841 que les deux savants purent en publier la relation. Directeur de l'Ecole des mines, Dufrénoy produisit encore de beaux travaux sur la géologie du Massif central, sur les terrains secondaires du midi de la France, etc.
DUFRÉNOYSITE (do Dufrénuy, n. pr.) n. f. Arséniosulfure naturel de plomb, dont la formule est Pb=As=S*, le poids spécifique 5,5 et la dureté 3. (Cette espèce est rhombique; sa couleur est gris d'acier ; elle se présente en prismes aplatis et se trouve à Binnen. en Suisse.)
— Dufrénoysite est quelquefois employé pour désigner l'arséniosulfure de cuivre ou binnite. Ce dernier nom sert d'ailleurs, à son tour, pour les deux espèces.
DUFRESNE (Guillaume), navigateur français, né à Saint-Malo en Itî88, mort vers 1730. Capitaine de vaisseau au service de la Compagnie des Indes, il se rit remarquer par son courage pendant les dernières guerres du règne de Louis XIV et prit possession pour Ta France, en 1715, de lile Maurice, qui fut appelée île de France.
DUFRESNE (Bertrand), financier français, né à Navarrenx ( Basses -Pyrénées ) en 1736, mort à Paris en 1801. Directeur du Trésor public en 1788, grâce à Necker, arrêté sous la Terreur, membre du conseil des Cinq-Cents, puis, après le 18-Bruniaire, du conseil d'Etat, il fut nommé directeur général de la Trésorerie.
DuFRESNE DE Saint-LÉON ( Louis-César-Alexandre), financi'-r français, né et mort à Paris (1752-1836). Premier commis des finances, liquidateur du trésor royal (1777), il reçut de l'Assemblée constituante la mission d'élaborer un plan de liquidation générale. Il dut émigrer en Suisse, rentra en France au 18-Brumaire, et fut nommé au conseil d'Etat par Louis XVIII. H a écrit : Du crédit public et des dettes publiques (1828).
DUFRESNE fAbel-Jean-Henri), magistrat et écrivain français, né â Etampes (Seine-et-Oise) en 1788, mort en 1862. Avocat à Paris, juge suppléant au tribunal de la Seine pendant les Cent-Jours, il publia des ouvrages d'éducation et de morale estimés : le Monde et la Retraite (1817); Samuel d'Harcourt (1820); Contes à Henriette (1822); Nouveaux contes {\&2i) ; Contes à Henri {1^50) ; le Livre du pauvre (1854) ; etc. — Son frère Jean-Nicolas, né â Paris en 1747, mort à Etampes en 1812, fit partie de l'expédition de La Pérouso.
DUFRESNE (Alfred), compositeur français, né en 1822, mort à Paris en 1863, fut élève d'Halévy au Conservatoire. Il débuta par un recueil de mélodies vocales intitulé Soirées d'automne, et fit ensuite représenter les ouvrages suivants, tous en un acte : Venant de Pantoise (1856); Maître Bâton (1858); les Valets de Gascogne fl860) ; l'Hôtel de !a Poste {imii).
DuFRESNE (Pierre), botaniste français, mort en 1836. Il a publié une Histoire naturelle et médicale de la famille des valérianées, (jui est devenue classique.
DUFRESNIE {fré-nf — de Dufresne , n. pr.) n. f. Genre de plantes, de la famille des valérianées, qui croit en Perse.
DuFRESNOY (Charles-Alphonse), peintre et poète latin, né â Paris en 1611, mort à Villiers4e-Bel en 1665. Elève de Perrier et de Vouet, il partit, en 1632, pour l'Italie, et ne revint en France qu'en 1656. Dessinateur correct et bon coloriste, Dufresnoy fut un peintre estimable. Le musée du Louvre possède de lui un Groupe de naïades et une Sainte Marguerite ; mais son œuvre capitale est son poème latin De arte graphica, qui fut publié, trois ans après sa mort, par Mignard {1668).
DUFRESNY (Charles Rivière), auteur dramatique, né et mort à Paris (1648-1724). Il était arrière-petit-rils de Henri IV, par son grand-père, fils de la belle jardinière d'Anet. Grâce à cette origine, il jouit de la faveur de Louis XIV. C'était une nature vraiment artistique, et il réussissait également dans la peinture, la musique, l'architecture et la poésie, mais il aimait à l'excès les plaisirs, et il finit par lasser la générosité du roi. Débiteur de sa blanchisseuse, il l'épousa, uniquement pour se libérer envers elle, aventure qui a fourni â Le Sage un des traits de son Diable boiteiux. Dufresny finit par se faire auteur dramatique. Les quelques comédies qu'on a de lui brillent par l'esprit et la facilité ; ce sont : la Noce inteiTompuc ; le Faux Honnête homme; le Jaloux honteux de l'être; le Lot supposé; le Dédit: la Réconciliation 7iormaiidc; Attendezmoi sous l'orme; le Négligent ; le Chevalier joueur ; l'Esprit de contradiction; le Double Veuvage; le Mariage fait et rompu. Dufresny a aussi écrit quelques romans, dont le meilleur est : Amusements sérieux et comiques (1705), imité par Montesquieu dans ses Lettres persanes.
DufiAS-MONTBEL (Jean-Baptiste), helléniste français, né a SaiiK r|i;tmond (Forez) en 1776, mort en 1834. Après avoir spfvi 'ians les armées de la République, il recommença, à vingt ans, son éducation manquée. Pendant un assez long séjour à Paris, il fit jouer un vaudeville : la Feynme en parachute. Reçu à l'Académie de Lyon en 1803, il se mit â voyager en France, en Italie et en "Suisse, menant de front les lettres et les affaires. En 1810, il abandonna tout à fait le commerce. En 1815, parut sa traduction de VIliade, et, en 1818, celle de l'Odyssée. Dugas-Montbel a laissé, en outre, un grand nombre d'opuscules : Réflexions sur la comédie et sur les causes de sa décadence (1812) ; Lettre a M. Beuchot sur un poète du xvi* siècle (1812); Œuvres complètes d'Homère, avec le texte grec et des observations (1828-1833) ; Manière dont on doit prononcer la langue grecque, etc. Dugas-Monlbel. après la révolution de 1830, fut élu trois fois député du Rhôno.
DUGAT (Gustave^ orientaliste français, né à Orange (Vaucluse) en 1824, mort à Barjols (Var) en 1894. Il apprit l'arabe, lo turc, le persan, fut professeur d'histoire et de géographie musulmane à l'Ecole des langues orientales, ot devint inspecteur général des services administratifs. C'était un partisan de la doctrine saint-simonienne. Ses principaux ouvrages sont : Grammaire arabe et française (1854); Histoire des orientalistes de l'Europe, du xii" au xw" siècle (1S68-1870) ; Cours complémentaire de géographie, histoire et législation des Etats musulmans (1873).
DUGAZON n. f. Nom donné aux actrices de l'Opéra- Comique qui so distinguent dans les rôles créés autrefois par la célèbre Dugazon, ou dans des rôles analogues d'ingénues amoureuses ot do soubrettes.
Dugazon.
Dugazon iJoan-Bantisto-Honri GouRGAnn, dit), comiMitîii IVancais, nii à MarsoiUo on 17 IG, mort à. SanUillon (Loiret) od 18oy. Il débuta on n7l à la Comédio-Fraiitaise. à laiiuello il resta constamment attai.'hô, dovint l'onfant gàtô du public ot fut.aprôs la mort do l'rôvillo, lo valot lo plus eomiquo do co tliéàtro. Tout on continuant à jouor, il devint profossour à l'Ecolo do déclamation (178G) et, plus tard, au Conservatoire. Vers la fin do sa vio, il donna des marques d'aliénation mentale. Ou doit à cet excellent acteur quelques comédies on vers, qui furent représentées : /A'm/r/rrtu^e (171)2) ; le Modéré (1793); etc. 11 avait épousé en 1770 Rose Lkfèvru. V. l'art, suiv.
Dugazon (Rose LekiH're. dame), actrice française, néo ù. lîerlm en 1755, morte à Paris ou 1821, femme du
Précèdent. Fille d'un maître do ballet, elle so présenta "abord comme danseuse, tMi 1767, au public do la Comédie-Italienne. Mais elle profita bientôt dos leçons de M""* Favart, et, peu d'années après, elle prenait, dans lo personnel cliantant do co théâtre, une place qui no devait pas tarder ù. être pré- Fondéranto, à ce point que emploi qu'elle iiui avec succès pendaiittantd'années porto encore aujourd'hui son nom. M""* Dugazon avait la sensibilité et'^rémotion, on même temps que la verve ot la gaieté. Ses succès furent éclatants dans une foule do créations qu'elle fit des opéras-comiques do Grétry, Dézôdes et autres compositeurs. Citons seulement l'Amajit jaloux, Félix, le Corsaire, Biaise et Babel, Nina ou ta Folle par amour, Alexis et Justine, Sargines, Aucassin et Nicolette, etc.
Plus tard, avançant en âge et atteinte d'un embonpoint précoce, M"" Dugazon se vit obligée de changer d'emploi et do prendre celui des jeunes mères. Elle y déploya le môme talent en jouant Pierre le Grand, le Calife de Bagdad, te Prisonnier, Afaison à vendre, te Médecin turc, etc. On a d'elle deux portraits : l'un d'Isabcy, lo célèbre miniaturiste ; l'autre do F. Coutellier, gravure en couleur, alors qu'elle jouait encore à la Comédie-Italienne.
Dugazon (Gustave), compositeur français, fils de la précédente, né et mort à Paris (1782-1826). Il fut élève do Berton et de Gossec au Conservatoire, et obtint, en 1806,
10 second prix de Rome à l'institut. Il se livra alors à l'enseignement, puis publia d'assez nombreuses compositions pour le chant et pour !e piano, et enfin écrivit pour le théâtre les ouvrages suivants : Noémi, ballet (Porto-Saint- Martin); Marguerite de Waldemar (Opéra.-Coniiqu.e, 1812); ta Noce écossaise {id. y 18U); le Chevalier d'industrie iid., 1818); /es/^/rtnct'st/e Caserne, ballet (Opéra, 1817); Alfred le Grand, ballet (id., 1822) ; Aline, reine de Golconde, ballet (id., 1823).
DugdaLE (sir William), archéologue anglais, né en 1 605 dans le comté de Warwick, mort en 1686 à Blytbe Hall.
11 remplit la charge do roi d'armes auprès du roi Charles I" pendant la guerre civile, ot dut so réfugier quelque temps en France. Dugdalea laissé un grand nombre d'ouvrages, parmi lesquels : lo Monasticon anglicanum (1655-1673)^ Antiquités du comté de Warwick [ï&^Q) ; Origines judiciaires ou Histoire des lois de l'Angleterre, des cours de justice, des formes de mise en accusation, des pénalités pour crimes, des écrivains légistes, etc. (1666) ; Nobiliaire d'Angleti-rre ou Récits historiques sur la vie et les actes les plus mémorables de notre noblesse anglaise (1675-1676); Nisloirc résumée des troubles récente en Angleterre (1681) ; etc.
DUGE {duj') ou DUGY (jî) n. m. Vase à boire cylindrique ou en forme de baril, muni d'un couvercle, et dont on so servit au moyen âge et jusqu'au xvi" siècle.
DUGENNE (Alphonse-Julos-.\lcxandro), officier français, né à Pau en 1841, mort au Tonkin ea 1887. Sorti de Saint- Cyr, il fit la campagne du Moxi(iuo, où il gagna son grade de lieutenant fi866). Chef de bataillon on 1878, il partit pour le Tonkin, en octobre 1883. Là, il eut à lutter contre les Pavillons-Noirs et les pirates ; les blessures qu'il reçut le firent nommer lieutenant-colonel (1884). Chargé par lo Général Millot de faire exécuter lo traité do Tien-Tsin, il fut arrêté dans sa marche par 4.000 réguliers chinois ; mais il poursuivit sa route et, malgré des forces sans cesse grossissantes, il réussit à s'établir solidement à Bac-Lé. Blâmé par ses chefs, il fut rappelé en France; après ses explications au ministre do la guerre, il retourna au Tonkin, ot fut nommé colonol, on 1887.
DUGÊS (Antoine-Louis), médecin et zoologiste français, né à Mézièrcs en 1707, mort à Montpellier en 1838. Agrégé do la Faculté do Paris on 1821, professeur d'accouchement, puis de pathologie externe et do médecine opératoire, il fut enfin doyen ù la Faculté de Montpellier, mombro do l'Académie do médecine, ot des Académies des sciences de Paris ot do Berlin. Ses principaux ouvrages sont : Recherches sur les maladies les plus importantes des nouveaunés (1821); Manuel d'obstétriaue (1&26); Traité de physiologie comparée de l'homme et des animaux (1838) ; etc.
DuGHET (Gaspard), dit le Guaspre ou Gaspre- Poussin, peintre français, hé â Rome en I6i;i, mort à Florence en 1675. En 1620, son père, Jacques Dughet, établi ù. Rome, avait soigné dans uno grave maladie Nicolas Poussin,qui, depuis, était devenu son gendre. Lo maître, remarquant les dispositions do son jeune beau-frùre, Gaspard Dughot, s'intéressa vivement A ses études. A vingt ans, Dughot comptait parmi les maîtres les plus estimés do son temps. Ses productions nombreuses rappelaient tellomeni la manière du peintre des Andelys, qu'il fut surnonmié Poussin. C'est alors que parut là fameuse Vue de Damas, belle ot forte peinture, empreinte d'une fougue presque sauvage. Ktant à Florence, au moment où Pierre do Cortono peignait les loges du palais Pitli, Dughoi exécuta, .'i la demanda de co maître, un grand paysage à fresque, qu'il faut conipicr parmi ses meilleures productions. A son retour ù Romn, il s'enthousiasma pour les œuvres do Claude Lorrain, et so mit â étudier dans l'atelier de co naysagiste; mais il était trop mùr pour so modifier sensinlemont. C'est quelques mois seulement avant ba mort qu'il peignit lo fameux Ouragan, qui passo
Diigommier.
pour son chef-d'œuvro. Lo Déluge fut égalemont uno do SOS dernières inspirations. Lo Louvre possède un Passage d) Dughot. On voit do ses œuvres aux nmsées do Lille, de Douai, do Bordeaux, do Vienne, de Municli, do Dresde, de Saint-Pétersbourg. Co sont surtout les galeries do Madrid et plusieurs palais d'Italie qui possèdent les toiles les plus importantes do Dughot. Losliguros qui animent ses paysages sont tantôt do lui, tantôt do Poussin, de Pierre do Cortono, de Lauri,etc. — Son frère, Jean Dughet, élèvo aussi do Poussin, fut un graveur de mérite. Nous citerons particulièrement le Parnasse, le Jugement de Salornon, les Se/>t siicrcmciilf:, la Naissance de Venus d'après le Poussin. DUGOMMIER (Jacques-François), général français, né à La Basse-Tcrro (Guadeloupe) en 1738, tué on 1701. Entré dans l'armée â treize ans, il parvint au grade do lioutenant-colonol. Il quitta alors le service pour se consacrer à l'exploitation do ses immenses propriétés des Antilles. Dugommier accueillit la Révolution avec enthousiasme : il fut nommé au commandement des gardes nationales de la Martinique en 1700, et fut élu, eu 1702, membre de la Convention. Mais, on présence dos dangers que courait la patrie, il préféra la servir sur les champs de bataille, ot obtint, on 1793, sa nomination de général de brigade à l'armée d'Italie. C'est on cette qualité qu'il fut charge do reprendre Toulon aux Anglais. Il en dirigea lo siège avec une habileté remarquable, puissamment secondé, d'ailleurs, par le jeune commandant de l'artillerie, Bonaparte. Mis, en 1794, à la tête de l'armée des Pyrénées-Orientales, Dugommier remporta une série de victoires sur les Espagnols. Il leur reprit, en quelques mois, leurs principales positions : le camp du Boulon, Collioure, Bellegarde, puis il les rejeta en Catalogne, où il les poursuivie, et les contraignit à une action décisive, qui eut lieu aux environs do Figuières, sur la sierra Ncgra (montagne Noire). Apres uno lutte de deux jours, lo vaillant général allait saisir la victoire, lorsqu'un éclat d'obus lui fracassa la tête.
DUGONG (yongh) ou DUGON n. m. Genre do cétacés herbivores, famille des manatidés ou lamantins, comprenant de grosses formes propres à l'océan Indieu et vulgairement appelées vaches marines.
— Encvcl. L'espèce type du genre est le dugong indien halicore cetacea), répandu depuis la mer Rougo jusqu'en Australie; c'est un animal nocturne , atteignant 3 mètres de long , vivant par troupes et pâturant dans les anse^s
tranquilles, où sont les prairies do zostères. Sa chair est bonne à manger.
DuGONiCS (André), écrivain hongrois, né et mort à Zegedin (1740-1818). Dugonics est le chef de Y école populaire, qui voulait réagir contre les influences étrangères prédominantes à la nn du xviii" siècle en Hongrie. Il a écrit, surtout pour le peuple, des romans {Etelfca, les Argonautes, les Maures, les Bracelets d'or), quelques pièces de théâtre, et un recueil do dictons populaires.
Du GORT (Jean et Robert), imprimeurs français, nés à Rouen auxvi* siècle. Quelques-uns dos ouvrages sortis de leurs presses sont cxtrômement recherchés dos bibliophiles. Nous citerons particulièrement : Bringuenarilles, cousin germain de Fesse-Pinte (15.U); la Déduction du somptueux ordre, plaisants snectacles et magnifiques théâtres dressés par les citoyens (le Jtennes {\T}T>l). DUGORTIE n. f. Bot. Syn. do parinaki.
DUGOSZELLO, bourg d'Austro-Hongrio (Croatie Icomitat d'Agrami), sur un affluent do la Savo ; 11.600 hab. Ch.-I. d'un district peuple do 19.150 hab.
DUGUA (Charles-François-Joseph), général français, né â Toulouse en 1710, mort en 1802. Lors do la Révolution, Dugua était colonel de gendarmerie. Nommé général do brigade en 1793, i! prit part au siège de Toulon, comme chef d état-major do Dugommier. Plus tard, on Egypte, il se distingua à la bataille des Pyramides, et étoufia la révolte du Caire. A son retour eu Franco, il fut préfet du Calvados, mais il partit, bientôt après, pour Saint-Domingue, comme chef d'état-major du général Loclcrc, ot fut tué à l'attaque du fort de la Crôto-â- Pierrot.
DUGUAY-TROUIN (René), marin français, no à Saint- Malo on 1073, mort à Paris en 1736. Il était fils do Luc Trouin de La Barbinais, capitaine ot armateur. Le nom do Duguav provenait d'une propriété do la famille. Destiné au sacerdoce par ses parents, Duguay-Trouin négligea ses études pour mener uno vio do plaisirs ot do désordres. Son frère aine l'embarqua sur un do ses corsaires. L'onfant prodigue no tarda pas à racheter ses fautes par uno bravoure extraordinaire. En 16VI, il enlève, dans la baio do Banlrv. un navire anglais, lo François-Samuel. Sa famille lui confia alors lo Damjcan. Dfts lors, ses exploits ot ses prises no so comptent plus; c'est par trentaines qu'il capture les vaisseaux do commerce ou do puorro anglais ot hollandais. En 1690, il fut appelé â Pans ot présenté au roi. En 1697, avec son ancienne prise, le Nonsuch, dovonu lo Sans-Pareil, et on 1698, sur le Saint Jacques-des- Victoires, il s'empara do nombreux navires marchands escortés par dos vaisseaux de guerre. Il fut alors admis dans la marine royale avec lo grado de capitaine de frégate. Condamné au repos par la paix de Ryswvck, il reprit la mer on 1702, au début do la guerre do la succession d'Êspagno, ot fit éprouver de nouvollos portos aux