‹ Nouveau Larousse illustréChapitre 84 sur 870 · V. CHANGER · texte numérisé non relu

V. CHANGER

i" A tous les cœurs bien nOs que la patrie est chère! Vers de Tancrèdc, tragédie de Voltaire. V. patrie.

— Syn. Cœur, bravoure, courage, hardiesse, intrépidité, vaillance, valeur. V. bravoure.

— Allds. hist. : Le cœur léger. Mots empruntés à une phrase prononcée par Emile Otlivier au Corps législatif, dans la séance du 15 juillet 1870. Après avoir affirmé qu'il prenait sur lui de l'aire déclarer la guerre à l'.AIIemagne, il ajouta ; • Do ce jour commence, pour les ministres mes collègues et moi, une grande responsabilité; nous l'acceptons le cœur léger. »

— Encvcl. Anat. hum. Chez l'homme, le cœur est un musclo creux, à peu près du volume du poing, qui pèse en moyenne 270 grammes chez l'homme, 260 che* la femme. Sa forme est celle d'un cône aplati d'avant en arrière, la base en haut, la pointe dirigée en bas, en avant et à gauche. 11 est formé de deux organes presque semblables et étroitement soudés entre eux : le cffiiidroit et le cœur gauche, dont chacun, sans communication avec l'autre, a son intérieur divisé on deux cavités : une oreillette à la base, et un ventricule à la pointe.

Le cœur occupe la partie moyenne do la cavité thoracique, le médiastin. Fortement déjeté à gauche (les deux tiers do son volume), il est situé en avant de la colonuo vertébrale, de l'œsophage et de l'aorte, en arrière du

CriMip (face anWrioure) ; 1. OrpiUette droite ;2. Ventricule droit.; 3. Ventricule gauche; '*. Aorte; 5. Artère pulmonaire; 6. Veine cave inférieure; 7. Veine cave supérieure ; 8. Artère cnrnnaire antérieure avec sa veine ; 9. Artère coronaire postérieure avec sa veine.

st(>ruum, dans l'intorvalle qui sépare les deux poumons, et il repose sur lo itiaphragmo.

La suriaoi) oxtorieuro du cœur est parcourue par des sillons qui dossiiioiit à pou près les cavit<^s intérieures. On trouve : à sa base, !os orifices de la voino cavo supéneuro , des vt'inos ptilniouaires; à sa lace antérieure, les embouchures de l'aorte et do l'artôro puiuïouairo, entourées en ^j;rande partie par les prolongements dos oreillettes, les uurtcnles, dont la forme rappelle les oreilles d'un chien.

Les caviti'S iniérioures du cteur sont seniljlables deux à doux. Les deux ventricules ù. parois é|)aissos ont la forme de cônes à pointes inférieures, et dont les bases sont percées do deux ouvertures.

La plus grande de ces ouvertures, ou orilico aartcido-voitriculaire, lait ('omuiuniquer le ventricule avec roreillette. Sur tout le pourtour de cet orilico, sinsére une valvule en forme d'entonnoirdont le sommet, libre dans lo ventricule, est percé d'un trou à contour dentelé, (|ui s'oblitère pondant la contraction du ventricule. La valvule du ventricule droit, subdivisée en trois lobes, est dénommée valvule tricuspide ou triqlochine ; celle du côté gaucho, ayant la forme d'une mitre renversée, est dite mit' aie ou bicuspide. Ij'auire ouverture do la base ven- (riculaire est un orilice artériel, possédant une valvule, formée de trois replis membraneux (valvules sigmoïdes) en forme (le nid de pigeon et dont la l'ace concave regarde l'artère : artère aorte pour le ventricule L'auche, artère pulmonaire pour ie ventricule droit.

La surface intérieure dos ventricules est formée par des saillies de substance musculaire dénommées colonnes charnues du cœur; celles qui sont détachées de la paroi à leur extrémité supérieure et s'insèrent sur les valvules auriculoventriculaires s'appellent piliers du cœur.

Les deux oreillettes à parois minces ont une forme cubique; ù. leur face inférieure se trouvent lesoriticesauriculo-ventriculairos et, sur les autres (aces, les orifices des veines, mais sans aucune valvule. Pendant l'état embryonnaire, les deux oreillettes communiquent outre elles par le trou de Botal.

Le cœur, au pumt de vue anatomique pur, comprend des portions fibreuses, des portions musculaires, des vaisseaux et des nerfs. Les portions fibreuses entourent les quatre orifices ventriculaires. Les portions musculaires, constituées par des fibres musculaires striées, sans sarcolemme, s'insèrent après un trajet sinueux par leurs deux extrémités sur la partielibrouse.

Ces fibres musculaires constituent : 1* deux sacs comprenant chacun un ventricule; 2" untroisiôme sac ronformant les deux autres.

La structure des oreillettes nst semblable à collodcs ventricules. Les artères du rœur proviennent des coronaires; les veines so jettent

Oreillette et ventricule gauche, ouverts par le côté externe : 1. Valvule mitrale; 2. Colonnes charnues; 3. Colonne charnue coupée et écartée pour montrer l'infundibulum; t. Aorte ; 5. Arlt^rc pulmonaire; 6, Veines pulmonaires; 7. Auricule gauche , 8. Empreinte de la fosse ovale.

Tracés cardiographiquea: OD, oreillette droite; VD, ventricule droit; VG, ventricule gauche; s. BVMtdl*' ou cnniraclinn; (/, diastole ou dilatali'in. (L'int'-rvalle entre les lignes pointillécs AA' et DU' repri-sente une révolution complète du i-neur; entre AA' UB', systole de l'oreillerte ; do lîii' a OC, sysitule des ventriculos; de BB' S\ DD'.diaïtolu auriculaire ; de CC^ & UD', diastole totale du cœur.)

dans la grande voine coronaire, ot les nerfs sont issus du plexus cardia(|ue.

Lo cœur possède deux séreuses : l'une extérieure, le prricarde, l'autre intérieure, VcnUocnrde.

— Anat. comp. Chez les animaux supérieurs, comme chez l'homme, le cfpur sert tout à la lois de moteur ot do répulatour. Il est .livi.sé en cavités, plus nombreuses ot plus riches en valvules à mesure 4|uo le type est plus parfait. Clioz les animaux inférir-urs. le cœur n'est souvent qu'une dilatation pulsatilo d'un vaisseau qui peut posséder plusieur» renflements. De pareils cœurs existent déjà chez los échinodermes.mais font défaut chez los molluscoïdos bryozoaires. Chez los vers, le cœur est représenté par un ou doux vaisseaux longitudinaux. Chez (pioiquos crustacés, comme l'écrovisso, il y a un vaisseau dorsal faisant fonction de cœur, bien que lo système circulatoire no soit jamais complètement clos. Tous les mollusques possèdent un cœur muni d'un ventricule, qui chasse lo sang dans los organes, f t d'une oreillette (parfois de doux). Celui dos céphalopodes touche déjà à lu perfection et rappelle celui des vertébrés, uvfîc ses ventricules veineux, son ventricule on rapport avec une aorte. Los tuniciors possèdent tous un • unir enveloppé dans un péricarde, mais sans vaisseaux.

Lecœur, cliezraniphioxtis,se ramènoàdos troncs vasculaires animés do mouvements rythmiques ; mais, chez tous les autres vertébrés, le cœur .sodiU'érencie nettement. C'est un organe musculaire coni(pio, enveloppé d'un péricarde, iuni(pin séreuse, muni d'oreillettes et comportant une ou doux séparationsou v<mr,ricul(^s. t.'hnz los poissons, lo cœur. a doux cavités (une oreillette ot un ventriciilo), ost placé très près do la tétn, presmie sous les mAchoires.au-dossous do l'appareil branchial. Clioz les ganoïdos ot los dipnoïques

seuls, il existe une troisième loge munie de valvules. Le cœur dos reptiles, encore qu'il n'ait, chez la plupart, que trois cavités, appaniont à un type déjà supérieur ; certains reptiles ont un cœur à quatre cavités. La cloison vcntriculaire est ordinairement percée de cette ouverture {furamen Panizza'), dont on observe des traces clioz l'embryon humain {trou de Botal); chez les crocodiles, ce trou est complètement bouché. Le cœur des amphibies ressemble ù celui des poissous pendant la période larvaire, et à C(dui dos reptiles à l'état adulte. Chez les vertébrés à sang chaud, lo cœur est toujours à quatre cavités. Chez les oiseaux, son activité est toujours plus grande, mais il est, chez les uns comme chez les autres, divisé en deux parties : colle de droite, veineuse; celle de gauche, artérielie (il est placé verticalement au milieu du thorax). Chez l'homme et les singes, cette position devient oblique, et c'est une des rares diH'érences que le cœur de Ihomme présente, du reste, avec celui des autres mammifères.

— Hhysioi. Le cœur subit une série de contractions {ftijstole) et de relâchements {diastole) qui so succèdent suivant un certain rythme, en commençant par l'oreillette, et mettent le sang en mouvement. (V. circilation.) Les deux oreillettes se contractent, ou so relâchent ensemble; il en est do même des ventricules. L'ensemble d'une systole et d'une diastole constitue une u révolution cardiaque ».

L'appareil très simple de Franck et Marey permet de se rendre compte des mouvements du cœur : il se compose d'un simple levier très léger, soulevé près de son axe par un petit cylindre de moelle de sureau, qui repose sur lecœur. L'extrémité du levier, par ses mouvements, indique los contractions cardiaques. V. cardiographk.myographi;.

En associant deux de ces appareils, l'un reposant sur les oreillettes, l'autre sur le ventricule unique d'un cœur de tortue, on observe les phénomènes suivants : 1° systole auriculaire. (Le levier correspondant se lève; le sang est lancé dans les ventricules); 2° systoloveotriculaire, annoncée par le levier qui y correspond. (Le sang est lancé dans les artères; en mémo temps, abaissement du premier levier et, par suite, diastole auriculaire) ; 3° abaissement du second levier ou diastole complète du cœur. (Le sangaftîue dans les oreillettes. Le premier temps dure environ le cinquième de Indurée totale d'une révolution cardiaque ; le deuxième et le troisième temps, chacun deux cinquièmes.)

La fréquence des révolutions cardiaques est fort variable : elle augmente dans les maladies fébriles, après les repas, la marche, les émotions, etc. Chez le nouveau-né, il y a 120-115 révolutions par minute; chez l'homme, 70 à 80 environ.

Le rythme du cœur provient des propriétés de ses fibres musculaires en dehors de toute influence nerveuse. Pendant l'intervalle des contractions, la libre cardiaque est inexcitable (loi de Marey). Le système nerveux intervient pour coordonner et régulariser les pulsations par les fibres d'arrêt du pneumogastrique, les fibres accélératrices du grand sympathique et par des ganglions nerveux.

•Si l'on applique l'oreille sur la paroi thoracique d'un homme sain, au niveau du cœur, on perçoit une espèce de tic-tac constitué par un premier bruit, sourd, profond, prolongé, et un second bruit plus clair, séparés chacun par un intervalle. De cette succession résulte un rythme à trois temps: i» un bruit long; 2» un intervalle très court {petit silence) et un deuxième bruit clair; 3*" un intervalle {(/rnud silence). La cause de ces bruats a été très diversement interprétée. Chauveau et Marey ont pu, par leur cardiographe, montrer que le premier bruit, qui coïncide avec le début de la contraction ventriculairo, est produit par le claquement des valvules auriculo-ventriculaires Lo deuxième bruit qui succède à !a systole, les ventricules se relâchant, est proiluît par les sigmoïdes qui se tondent brusquement.

— Méd. Los maladies du irœur, fort nombreuses et fort graves, peuvent se diviser en :

ï" Altérations do la séreuse externe. V. i-kkicardite;

2" Altérations du muscle, duos à une inflammation ou à une dégénérescence de ses fibres, et. par suite, myocardite pure ou hypertrophie, atrophie, dilatation, etc. V" myocar-

DITK ;

3° Maladies de la séreuse interne. V. endoc.\rditk;

A" Lésions des orifices valvulaires. (Ces lésions sont des altérations anatomiques, siégeant au niveau des orifices du cœur. .Souvent conséquence d'une endocardite, ollos peuvent ôiro déterminées par le rhumatisme articulaire aigu, la choréo, la blennorragie, l'alcoolisme, les pvrexios. etc. Primitives dans le jouno âge, les lésions valvulaires sont, plus tard, presque toujours secondaires.

Quelles quo soient la cause efficiente et la nature dos lésions, deux modalités sont seules à envisager: 1" il y a rétrécissement do l'orifice ; 2» les valvules no ferment plus complètement l'orifice : il y a insuffisimcc. On constate l'existenco do ces altérations par la présence ào bruits anormaux (bruits do souffle) dans rauscultation du cteur.

Les maladies val vuiairos aboutissent à un afl'aiblissement do l'énergie cardiai|ue, qui donne lieu à des hydropisics mulliph's. dos siitl'usions sanguines, etc. V. asvstoi.ik] ;

:>" l)es mallorinaiions congénitales, dont la principale est la persistance du trou de Botal. V. cyano*<k; G" Dos névroses du cœur, V. palpitation, goitre kxopii-

TALMigUK.

— Art vétér. Maladies du cœur chez les animaux. Los maladies du cœur sont assez fréquentes chez lo chion ot chez le cheval ; elles sont tout à fait exccptionnotlos chez los autres animaux domesti<|uos. Klles sont généralement la conséquonco d'exorcicos violents ou do fortes émotions ; ollos peuvent accompagner aussiles constitutions atraiblies. Ce sont los ant'vnsjnes, los hypertrophies, los insuffisances valndaii'cx, otc.

— Archéul, Dès le moyen ft^e. lo co'ur était pris comme emblème do l'amour ot Je la lidélité; comme symbole religieux ou profane, il apparaît dans les broderies, les émaux, l'orfèvrerio. Los inventaires font mention do cœurs on or ou en pierreries dans les fermails. les colliers, los chaînes, otc. A l'enlréo dos rois, on leur présentait des ctnurs comme signe do loyauté.

La forme essentielle varie suivant les époques; los différonces sont surtout dans los roliol's ; ainsi, au xv« siècle, les cœurs plats, excavés mémo, on pélalos do trèfle, ne rossomblout en rion à. ceux du xvi* siècle, qui se bombent le plus on plus au xvn* siècle. Do l too à ir.go environ, los pommeaux d'épéo sont souvent façonnés on forme do ccnur. Les cœurs ont une importance spéciale, coinmo objets votifs, reliquaires, etc.

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