‹ Nouveau Larousse illustréChapitre 85 sur 870 · CŒUR · texte numérisé non relu

CŒUR

— Hist. Cœurs conservés comme reliques. L'usage d'embaumer los cieurs des persoiiDagos émiaents ou célèbres est Ion ancien. Cette coutume se rattache au culte des morts. Le cœur étant considéré comme l'organe noUe par excellence, on dut uaturellemcnl le conserver Ijeaucoup plus lro(|uemment comme relii|U0. On peut citer le cœur de Richard Cœur do Lion, conservé à Rouen; lo cœur do saint Louis, à la sainte chapelle de Paris; lo cœur du grand Arnaud, qui se trouve dans l'église de Palaiseau ; etc.

— Mécan. La courbe en cœur ou excentrique à mouvement uniforme a pour but de traust'ormor un mouvement circulaire continu en mouvement rcctiligno altiTnatif. Sa continuité permet qu'avec dos angles égaux décrits par l'arbre tournant, la pièce avance ou recule de quantités égales.

Cœur (sACKiî) ou Sacré cœur de Jésus, Cœur de Jésus, à qui l'Eglise catholique rend un culte de latrie.

Le culte du sacré cœur, tel que l'entend l'Eglise catholique, a pour but d'honorer : 1» le cœur morne de Jésus- "Christ, l'un des organes de son humanité, qui, par son union intime avec la Divinité, a droit à l'adoration ; 2° l'amour du Sauveur pour les hommes, dont son coeur est le symbole.

Le principal promoteur de la dévotion au sacré cœur fut un jésuite, le Père do La Colombière, qui était lo directeur de Marguerite-Marie (v. Alaco^ue), religieuse du couvent do la Visitation à Paray-le-Monial. La fête du Sacré-Cœur fut célébrée pour la première fois à Parayle-Monial, en 16S5. Le pape Clément XllI en permit la célébration dans toute l'Egli-se, en 1765. Elle est actuellement fixée au vendredi après l'ociave de la fête du Saint- Sacrement, avec laquelle cette dévotion a des rapports évidents. En France, elle se célèbre le dimanche suivant.

A la suite des désastres de 1870-1871, le cardinal Guibert, archevêque de Paris, ouvrit une souscription ayant pour but l'érection d'un sanctuaire en l'honneur du sacré cœur. La butte de Montmartre fut le lieu choisi par le prélat lui-même. Pie IX approuva ce dessein et donna à la future église le titre de » basilique du 'Vœu national ». L'Assemblée nationale déclara ce projet d'utilité publique le 23 juillet 1873, et la première pierre de l'édifice fut solennellement posée le 16 juillet 1875, par l'archevêque de Paris, assiste d'un grand nombre d évêques. V. Sacré- Cœdr (monument el congrégation).

Cœur et la main (le), opérette en trois actes, paroles de Nuitter et Beaumont, musique de Charles Lecocq, représentée au théâtre des Nouveautés, le 19 octobre 1882. Le livret n'olt're guère que des situations connues; mais il est empreint de gaieté et écrit avec grâce, (^uant à la partition, assurément l'une des meilleures de son auteur, elle est, d'un bout à l'autre, écrite avec une souplesse de main, une élégance et une distinction rares. Il faut citer le gentil chœur des paysannes cueillant des fleurs d'oranger, une chanson à boire d'une e.xtréme franchise, les jolis couplets de l'alcove, une pavane exquise, et surtout le grand duo qui termine le second acte et qui no déparerait pas le meilleur opéra-comique.

Cœur (Jacques), financier et marchand, né à Bourges à une date incertaine, mais qui ne peut être éloignée de 1395, mort à Chio en 1456. Il ne reçut aucune éducation littéraire, mais il y suppléa par son intelligence.

Ayant épous'é Marcéede Léodepartou Liodepart, fille du prévôt de Bourges, lui-même gendre du maître des monnaies de cette ville, il fut ainsi amené à s'occuper de la fabrication des monnaies : bientôt, il organisa sur une grande échelle le commerce avec lo Levant et déploya un véritable génie. Il y voyagea lui-même eu 1433. En 1436, Jacques Cœur fut " commis au l'ait de l'argenterie " du roi, et, en 1440, devint argentier en titre. Anobli on 1441, il fut chargé par le roi, successivement, do plusieurs missions importantes : commissaire royal auprès des états de Languedoc, commissaire royal" pour réprimer les e.\cès dos sergentscommissaires dans la même province, délégué auprès des états d'Auvergne, commissaire royal pour l'in.stallation du parlement de Toulouse. Il ulili'sa ses rares facultés, non seulement dans des entreprises commerciales, mais dans dos entreprises industrielles, et donna une vive impulsion à l'exploitation des mines du Beaujolais et du Lyonnais. Il acquit ainsi une fortune colossale, déploya un luxe royal, fit construire des maùsons dans la plupart des grandes villes de Franco. Los armoiries de Jacques Cœur sont sculptées do tout côté, avec la fière devise : • A vaillaus cuers riens impossible.' Charles VII traitait son argentier â l'égal des princes, ot lo grand citoyen était digne docos honneurs, non seulement par son intelligouco, mais par son dévouement aux intérêts de la patrie. Lors do la campagne do Normandie : . Sire, dit-il au roi, ce quo j'ai est vôtre, o ot il mit tous ses trésors à la disposition do la couronne pour hâter la conquête de la province snr les Anglais.

Mais Jacques Cœur avait dos envieux : dos accusations odieuses furent lancées contre lui.

Elles trouvèrent ouvertes los oreilles de Charles VU.Lo procès qui s'ouvrit et qui s'instrui-

cès qui s o

sit d'une manière révoltante est l'infamie du règne, avec l'abandon où Charles Vil laissa J.ict]uos Ca>ur,

Jeanne d'Arc. Jacques Cteur fut

condamné, lo roi s'empara do ses biens et alla jusqu'à prendre ses lits aux belles étoiles pour les distribuer A ses maitrosses. Lo grand citoyen parvint â s'évader do Poitiers; il so réfugia A In coiir do Rome, où il fut rocu â bras ouverts. Calixte III lui donna même le commandemont d'uno Hotte contre les Turcs. Louis XI lit faire la révision du procès et rendit aux enfants uuo partie dos biens dont leur père avait été dépouillé.

— BiuLiooit. : P. Clément, Jacques Cœur el Charlrs VU (Paris, 1865); Ci. du Fresnodo Boaucouri, Hisloiiv de Charles \'// (Paris, 1881-1890).

CœUR (Pierre-Louis), prédicateur ot prilnt français, né A l'arnre (Rhône) ou 1805, mort en 1860. Il obtint des succès éclalnnts dans la chaire évangéliqne, d'abord en province, puis A Pans. .*^es admiraieiirs lo surnominèrent le Saint Cy prlon du XIX' slôclo. On trouvait dans sou

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