DUPATY — DUPETIT
partit pour l'Italie en 1803, et y resta huit ans. Entre autres morceaux remarquables, citons : une Tète de Pomone, la statue du général Leclerc, Biblis, Cadmus, Philoctèle blessé. Jeune bergère jouant avec un chevreau, enfin, son chef-d'œuvre : Ajax poursuivi par la colère de Neptune. Dapaty était membre de l'Institut depuis 1816. II fut nommé professeur à l'Ecole des beaux-arts, en 1S23. Dupaty fut un des derniers représentants de iécole classique.
DuPATY {Louis-Emmanuel-Félicité-Charles Mercier), poète et auteur dramatique, membre de l'Académie française (1835), frère du précédent, né à Blanquefort (Gironde) en 1775, mort à Paris en 1851. Ilassista, comme marin, au combat danslequel périt le yenf7eHr(2juinl794\ fut quelque temps ingénieur hydrographe, puis écrivit pour le théâtre. Les principales œuvres de cet écrivain correct, ingénieux, mais un peu affecté, sont : les Valets dans l'antichambre (1802), opéra-comique qui eut un vif succès; la Prison militairq (1803), comédie très estimée, et les Délateurs (1819), poème ïambique.
DUPATYE n. f. Bot. Syn. de êkiocaulon.
DuPAX, comm. de l'archipel des Philippines (île Lunou) ; 2.200 hab.
DUPE (étyra. inconnue. [S'écrivait autref. duppe]) n. f. Ancienuem." Huppe, oiseau d'apparence niaise, n Personne qui a été, qui est trompée, jouée, ou qui est facile ù. ■tromper : Les plus fins sont toujours de grandes ddpes du côté de la flatterie. (Mol.)
— Adjecliv. : Celui qui np prévoit rien est souvent dupe; celui qui prévoit trop est toujours malheureux. (La Brùy.)
— Loc. div. : Etre la dupe d'une a/faire, d'un marché. N'y pas trouver son compte, y avoir son intérêt sacrifié, ii Etre sa dupe, sa propre dupe, Se tromper soi-même, se faire illusion.
— Rem. On met souvent ce mot au singulier lorsqu'il se rapporte à un nom ou pronom au pluriel qui désigne plusieurs personnes trompées en même temps par le même moyen : Les personnes de bonne foi sont souvent la dcpe des gens intéressés. Mais, s'il s'agit de tromperies successives, l'emploi du pluriel est pi-éfërable : De tout temps, les hommes furent dupes les uhs des autj'es.
— Anton. Dupeur, fripon, trompeur.
Dupes {JotTRNÉrc des), petite intrigue politique qui tire son intérêt de l'importance des deux protagonistes :1a reine mère et le cardinal de Richelieu. Marie de Médicis voulait se débarrasser du tout-puissant ministre. Le roi revenait de sa campagne de Savoie, lorsque la maladie l'arrêta à Lyon. La reine mère et Anne d'Autriche, qui le soignèrent toutes deux avec la plus vive sollicitude, lui arrachèrent la promesse de disgracier Richelieu, dès son retour à Paris. La coalition était triomphante, d'autant qu'elle s'appuyait sur l'esprit féodal, « sur l'opposition parlementaire, sur le sentiment de l'autonomie provinciale, sur l'inquiétude de l'opinion, incapable de comprendre où l'on menait le pays». Or, le matin du 11 novembre 1030, Marie do Médicis, dans une scène violente avec son fils, à laquelle assistait le cardinal, qui essaya en vain de la fléchir, poussa Richelieu à solliciter lui-même du roi un ordre de départ. Le garde des sceaux Marîllac reçut sa succession, et Louis XIII alla chasser à Versailles. Mais le cardinal de La Valette persuada au ministre disgracié d'aller retrouver le roi, sous prétexte de prendre congé de lui. Le duc de Saint-Simon, père de l'auteur des Mémoires, était de garde. Il introduisit Richelieu par un escalier dérobé dans le cabinet du roi et, en un instant, le cardinal reprit sur le faible monarque l'ascendant qu'on croyait désormais perdu. Non seulement il conserva sa charge, mais il obtint de nombreuses destitutions, l'exil de Marîllac et l'emprisonnement de Bassompierre. Ce fut le premier acte de cette pièce qui eut pour dénouement l'invitation faite à Marie de Médicis, le 23 février de l'année suivante, de se retirer à Moulins.
DUPER (rad. dupe) v. a. Tromper, en faire accroire ; Pour réussir, il faut paraître dupe et ne se /aisser duper par personne, il On dit aussi duper wn sentiment.
Se duper, v. pr. Se tromper soi-même, ii Se tromper les uns les autres.
— Syn. Abuser, amuser, attraper, décevoir, enjôler, leurrer, surprendre, tromper, etc. V. abuser.
DUPÉRAG (Etienne), architecte, peintre et graveur, né à Paris dans ia première moitié du xvr siècle, mort en 1601. 11 fut nommé, par Henri IV, architecte de Fontainebleau, et peignit dans la salle de bain cinq sujets mythologiques. Le duc d'Auraale lui confia les travaux qu'il fit exécuter à Anet. On a aussi de Dupérac des gravures d'après des paysages du Titien et divers recueils de planches sur les antiquités de Rome et les jardins de Tivoli.
DUPERCHE (J.-J.-M.), auteur dramatique et romancier français, né vers 1775, mort en 1829. Entré dans l'administration, il employa ses loisirs à faire des traductions et à écrire des mélodrames et des romans dans le genre sombre de d'Arlincouri. Parmi les premiers, nous citerons : la Maison murée (1806); les Strélitz (1808); les Comtes de Sombourg (1^10); Ramanoxcski (1812); le Duc de Craon (1814) ; la Famille de Menziko/f {IS2Z). Parmi les seconds : la Double Ursuline (1305); l'Orpheline de Westphalie (1821): etc.
DUPERIE (ri — rad. duper) n. f. Tromperie, fourberie, ce qui fait des dupes, erreur préjudiciable : Etre trop hmi pour les méchants, c'est une duperie, ii Etat de celui qui est dupé : Voir jusqu'où va la duperie des hommes. (Mariv.)
DUPÉRIER ou DUPERRIER (Charles), poète français, né à Aix au commencement du xvii* siècle, mort à Paris en 1692. L'Académie couronna plusieurs do ses poésies ; mais il se fit surtout une réputation comme poète latin. Ses œuvres n'ont jamais été réunies. Dnpérier était membre de la Pléiade, avec Santeuil, Commire, Rapin, Petit, Ménage et La Rue. On a de lui une égloguo sur ce sujet : On voit toujours Sa Majesté tranquille, quoique dans un mouvement continuel (1681); un poème Sur les grandes choses que le roi a faites pour la religion catholique (1682); des traductions françaises de plusieurs odes de SaotouJI, insérées dans les œuvres de ce poète. Il était neveu do François Dupérior, à qui Malherbe a dédié une ode célèbre.
DUPERRAY ( Michel ), jurisconsulte français, né au Mans vers iGto. mort à Paris en 1730. Il fut avocat au parlement do Paris dès L661. 11 dirigea ses études vers io
Duperré.
droit canonique et acquit en cette matière une certaine autorité. On a de Duperray : Traité des portions congrues des curés et vicaires perpétuels (168S); Traité des droits honorifiques et utiles des patrons ^1710) ; Observations sur ledit de la juridiction ecclésiastique (1718); Traité des dispenses de mariage (1719) ; Questioris et observations sur le concordat (^1722) ; Traité stir le partage des fruits des bénéfices entre les bénéficiers et leurs prédécesseurs ou leurs héritiers {1122); Traité des ?noyens canoniques pour acquérir et conserver les bénéfices (172G'> ; Traité des dîmes (173G) ; Traité de l'état des ecclésiastiques et de leur capacité pour les ordres et les bénéfices (1738).
DuPERRÉ (Victor-Guy, baron), amiral et pair do France, né à La Rochelle en 1775, mort à Paris en 1846. Il s'embarqua en 1791 comme novice. Nommé enseigne en 1795, il demeura prisonnier des Anglais, de 1796 à 1800. Lieutenant de vaisseau en 1802, Duperré prit part à diverses croisières sur les côtes d'Afrique, aux Antilles, au Cap et au Brésil. Au mois de septembre 1806, il passa capitaine de frégate et fut nommé commandant de la Sirène. A bord de ce bâtiment, il se couvrit de gloire le 22 mars 1808. Attaqué en revenant des Antilles par cinq navires de guerre anglais et sommé de se rendre, Duperré riposta par une série do bordées, et, après une heure de combat, se jeta à la côte pour no pas amener son pavillon, et il fit voile ensuite pour Lorient, où il pénétra malgré le blocus du port.
Ce brillant fait d'armes lui valut le grade de capitaine de vaisseau. Nommé, en juillet 1808, au commandement de la Bellone, il traversa audaciensement des croisières ennemies , puis entreprit une campagne oix il captura plusieurs bâtiments de guerre anglais et portugais. En 1810, il coula ou incendia quatre frégates anglaises. Rentré en France, il reçut le titre de baron (1810) et le grade de contre-amiral (1811). Mis, quelque temps après, à la tête de la flotte française de 1 Adriatique, il défendit Venise contre les Autrichiens, en 1813-1814. Pendant les Cent- Jours, il fut préfet maritime à Toulon. En 1823, il commanda l'escadre affectée au blocus de Cadix. Promu viceamiral après la prise de la ville, il fut encore chargé du commandement de la flotte envoyée devant Alger en juillet 1830. Amiral et pair de France quelques mois après, Duperré fut trois fois ministre, de 1834 à 1843, de la marine et des colonies. Un monument lui a été érigé, en 1869, par sa ville natale. — Son fils, Victor-Auguste vice-amiral français, est né et mort à Paris (t825-1900,i.
Duperré, comm. d'Algérie (dép. d'Alger), arr. et à 30 kilom. de Miliana, sur Te Chélif ; 4.154 hab. Ch. de f. d'Alger à Oran. Centre agricole et viticole. Aux environs, colline appelée el-Kadra (la Verte), sur laquelle se trouvent les ruines d'une ville romaine, Oppidum Novum.
DUPERRET (Claude-Romain-Laus) , liomme politique français, né en 1747, mort sur l'échafaud en 1793. Député des Bouches-du-Rhône à l'Assemblée législative, puis à la Convention, il vota, lors du procès du roi, pour l'appel au peuple et le bannissement, s'attacha au parti de la Gironde et se fit remarquer par son antipathie contre les montagnards. Duperret ne fut pas frappé avec les girondins ; mais, quelque temps après, il fut accusé de complicité avec Charlotte Corday , et condamné à la peine de mort.
DuPERREY (Louis-Isidore), marin et savant français, né à Paris en 1786, mort en 1865. Il était enseigne de vaisseau quand, en 1809, il exécuta avec succès la reconnaissance hydrographique de la Toscane. Après la chute de l'Empire, il se livra à des études scientifiques. Il accompagna de Freycinet dans sou voyage de circumnavigation n817-i820). A*son retour en France, il fut promu lieutenant de vaisseau et reçut le commandement de la Coquille dont le voyage de trente-deux mois (1822-1825) fut fécond en résultats scientifiques de tout genre. Il publia la relation de son voyage, et rédigea un certain nombre de cartes qui complétèrent celles qu'il avait dressées à bord de VUranie, entre 1817 et 1820. En 1842, il fut élu membre de l'Académie des sciences, en remplacement de Freycinet.
DUPERREYE [pè-ré-î] n. f. Genre de plantes volubiles, de la famille des convolvulacées-convolvulées, origmaires de l'Asie et de l'Océanie.
Du Perron (Jacques Davy), cardinal et écrivain français, né en 1556, ù Saint-Lô suivant les uns, en Suisse, près de Berne, selon d'autres, mort à Paris en 1618.
On ne peut douter que ses parents étaient Français.
Son père, ministre de la religion réformée, lui fit faire de fortes études littéraires et scientifiques. Dès l'âge de vingt ans. Du Perron se rendit à Paris et entama des discussions publiciues sur divers sujets do philosophie et de mathématiques. Après avoir étudié la Somme de saint Thomas et disputé avec les jésuites du collège de Clermont, il abjura le protestantisme. Il fut nommé lecteur du roi Henri III. C'est à cette époque qu'il se lia avec Desportes, Baïf, Scaligeret Cujas. Etant encore laïque, il prononça à Vinctïnnes,
devant la cour, un sermon sur l'amour do Dieu, fit l'éloge do Ronsard au collège de Boncourt, en 1586, et l'oraison funèbre de Marie Stuart, en 1587. Henri III, qui lui avait donné toute sa confiance, le chargea de composer la harangue royale aux états de Blois do 1588. Il n'entra dans
les ordres qu'en 1593 ; c'est ce qui explique qu'il ait jusque-là trouvé le loisir de tant s'occuper de poésie et même de poésie légère.
Dans les discussions avec les protestants, Du Perron se révéla un controversiste de premier ordre, et il eut la plus grande part à la conversion du roi Henri IV. La même année, il fut nommé évèque d'Evreux et sacré à Rome. Cardinal en 1604, il prit part à l'élection des papes Léon XI et Paul V, et fit partie de la congrégation De auœiliis, chargée de discuter la question du thomisme et du molinisme, pendante entre les dominicains et les jésuites. De retuur en France, il fut nommé, en 1606, archevêque de Sens et, en 1610, membre du conseil do régence. Aux états généraux de 1614 et à rassemblée des notables de Rouen, en 1617, il défendit énergiqucment les droits du saint-siège. Il passa sa dernière année dans son château de Bagnolet, occupé à revoir ses écrits. Une édition complète de ses Œuvi-es fut publiée à Paris, en 1622. La Itéplique au roi de la Grande-Bretagne, composée par ordre de Henri IV, et le Traité de l'Eucharistie, sont ses ouvrages les plus remarquables.
— BiBLioGR. : l'abbé Féret, le Cardinal Du Perron, orateur, controversiste, écrivain (Paris, 1877).
DuPERRON. Biogr. V. Anquetil-Ddperron.
DUPERRON DE CasterA (Louis-Adrien), romancier et traducteur français, né à Paris en 1705, mort en 1752, fut résident de France à Varsovie. Outre des traductions du grec, de l'italien et de l'espagnol, on lui doit des romans au stvle froid, traînant, boursouflé. Nous citerons : Aventures de Léonidas et de Sophronie (1722) ; la Pierre philosophale des dames (1723) ; le Théâtre des passions et de la fortune (1731) ; etc.
DUPETIT-MÉRÉ (Frédéric), auteur dramatique, né et mort à Paris (1785-1827). II a composé, soit seul, soit en collaboration, un très grand nombre de vaudevilles et de mélodrames qui, pour la plupart, ont paru sous le nom de Frédéric Nous nous bornerons à citer, parmi les premiers : la Famille des Jobards (1808) ; Fanfan la Tulipe (1821) ; le Bureau des nourrices (1822) ; parmi les seconds : la Famille vénitie7ine {\S06) ; le Fils bamii (1815); le Petit Chaperon rouqe (1818) ; le Mineur d'Auberval (1820) ; Minuit ou ^e Réveillon (1824) ; etc.
DUPETIT-THOUARS (Louis-Marie Aubert), botaniste français, né à Saumur en 1758, mort à Paris en 1831, membre de l'Institut. Il eut une vie aventureuse et publia un grand nombre de mémoires; mais son défaut de méthode rend la lecture de ses ouvrages fatigante. On a de Dupetit-Thouars : Dissertation sur l'enchaînement des êtres (1788) ; Histoire des végétaux recueillis dans les îles de France, de Bourbon et de Madagascar; Essai sur la végétation considérée daîis le développement des bourgeons ;eXc.
DupetiT-THOUARS (Aristide Aubert), marin français, frère du précédent, né en 1760 au château de Boumois. prés de Saumnr, tué à l'enr.emi en 1798. Il servit d'abord dans l'armée de terre et devint sous-lieutenant, puis il passa dans la flotte en 1778. Il prit part au combat d'Ouessant, en 1779 à la prise de Saint-Louis du Sénégal et en 1782 à la malheureuse bataille de la Dominique. Promu enseigne en 1784. Dupetit-Thouars entreprit, en 1790, d'aller à la recherche de La Pérouse, et, pour parfaire la somme nécessaire à son expédition, il n'hésita pas â vendre ses biens. Nommé lieutenant de vaisseau en 1792, il partit de Brest sur le Diligent. Ayant relâché au Brésil, Dupetit-Thouars vit son navire confisqué. Luimême fut emmené prisonnier â Lisbonne, avec son équipage. Rendu à la liberté en 1793, il se rendit aux Etats- Unis, où il passa trois ans à la recherche d'une route vers le nord-ouest. A son retour en France en 1796, il fut rétabli sur les contrôles de la marine, avec le grade de capitaine de vaisseau. En 1798, lors de l'e.vpédition d'Egypte, il reçut le commandement du Tonnant et se signala, le 3 août, à Aboukir, où il devait trouver la mort. Il força le Be'ilérophon à amener son pavillon et coula le Mnjestic. Mais le Tonnant fut lui-même écrasé sous le feu de deux vaisseaux anglais ; son vaillant capitaine ayant eu successivement le bras droit, le bras gauche et une jambe emportés par la mitraille, eut encore le courage de faire clouer son pavillon au mât. Il expira quelques instants après.
Dupetit-Thouars (la. Mort de), tableau de Biard [Salon de 1869]. Cette composition est des plus pathétiques : l'intrépide officier, porté dans les bias d'un matelot, n'est plus qu'un tronçon humain d'où le sang ruisselle, d'où la vie est près de s'échapper ; il conserve encore assez d'énergie, cependant, pour donner des ordres à ceux qui l'entourent.
DupetiT-THOUARS (Abel Aubert), vice-amiral français, neveu des deux précédents, né en 1793, au château de la Fessardière, près de Saumur, mort à Paris en 1864. Entré au service en 1804, il débuta dans la flottille de Boulogne. Son principal titre de gloire a été la préparation du plan de l'expédition d'Alger en 1830. Chargé, ensuite, du commandement de la station des mers du sud, il déploya, en 1834, une énergie remarquable dans les démêlés de la France avec le Pérou. Comme capitaine de vaisseau, il fit, sur la Vénus, un voyage autour du monde (1837-1839). Contre-amiral en 1841, il prit possession des îles Marquises et en chassa le missionnaire anglais Pritchard, auquel le gouvernement français dut plus tard donner une indemnité. (V, Pritchard.) Vice-amiral en 1846, membre du conseil d'amirauté (18491, Dupetit-Thouars fut élu député de Maine-et-Loire à l'Assemblée législative en 1849, et entra à l'Académie des sciences en 1855.
DuPETIT-THOUARS(Abel-Nicolas-Georges-HenriBERgasse), vice-amiral français, né en 1832 â Bordeaux-les- Rouches (^I^oiret). Neveu do l'amiral Abel Dupetit-Thouars, il entra à l'Ecole navale en 1847, et était enseigne en 1851. Il prit part à la guerre de Crimée, où il fut à deux reprises grièvement blessé. Lieutenant de vaisseau en 1856, il commanda la canonnière Eclair dans l'Adriatique, pendant la guerre d'Italie de 1859. Capitaine do vaisseau en 1870, il fut, pondant la guerre franco-allemande, charité du commandement des batteries flottantes sur le Rhin. Mais il fut obligé de se renfermer dans Strasbourg assiégé, et fut blessé dans la sortie du 2 septembre. Promu contre-amiral en 1877, vice-amiral en 1883, il fut préfet maritime à Cherbourg (1885-1887), puis à Toulon (1887) ; il reçut, en 1888, le commandement do l'escadre d'évolution.
DUPEUR, EUSE n. Porsonno qui dupe, qui trompo : Il n'i/ aurait que demi-mal irêd'e dupe, si l'on n'était, de plus, calomnié par le dupkdr. (M"'" Noi-kor.)
— Kam. Diipeur d'oreilles, Cc^lui (jui a l'art do faire valoir dos ehosos nn5diocros jiar la tournure qu'il leur douuo.
— Anton. Dupe, victime.
DUPEUTY ^Di'sirt^Charlos), autour dramatique français, n6 à Paris on 1708, mort à. Saint-Gormain-oii-Layo eu 18G5. D'abord employa do ministèro, puis fondatour d"ùn journal d'opposition la nouveauté, il écrivit pour le thc^âtro, soûl ou on collaboration, un nombre considôrablo do vaudevilles, de comédies et de drames. Parmi sos meilleures œuvros, nous citerons : le Hussard de Felsheim (1827); Madame Gréfjoire (182H); '« Camavijo (1833); Paris la nuit (1812) ; le Chevalier d'Essonne (1847) ; Victorine ou La îtuit porte conseil; la Poissarde (1852); les (iueux de liéranger (1855); une Tempête dans loïc baif/noire (185i»); etc. — Son fils, AnoLrHK, journaliste et auteur dramatique, né à Paris en 1828, mort à L'Hay en 18S4, tut secrétaire do l'Opéra, collabora à divers journaux ot écrivit plusieurs vaudevilles, dont l'un, les Canotiers de la Seine (1858), eut un très grand succès.
DUPHOT (Léonard), général français, né à Lyon en 1770, mort à Home en 1798. Sous-ofticier à l'époque de la Révolution, il devint adjudant général en 1794 à l'armée des Pyrénées-Orientales et concourut à la priso de Figuiôros. Commandant do l'avant- garde d'Augcreau pendant la campagne d'Italie en 1796, il se distingua par son énergie. A la fin de 1797, il suivit Joseph Bonaparte, nommé ambassadeur à Rome ; il fut tué à sos côtés, dans l'émeute du 28 décembre 1798, par uno décharge des soldats pontificaux, au moment où il intervenait prés de ceux-ci pour les empêcher de tirer sur la foule.
DUPIÉRY (M""), femme savante, connue surtout par sos relations avec Lalande, qui lui a dédié son Astronomie des dames. Elle a fait de nombreux calculs d'éclipsés et a publié un certain nombre de mémoires sur l'astronomie. On fui doit aussi une Table alphabétique et analytique des matières contenues daris les dix toînes dusijstèîne des connaissances chimiques (1802).
DUPIN (Jean), poète français, né dans le Bourbonnais en 1302, mort en 1372. Il passa la plus grande partie de sa vie à l'abbaye de Vaucelles, près de Cambrai, où il était moine, et mourut à l'abbaye de Guillemins, près de Liège. Dupin a composé, en prose et en vers, un ouvrage intitulé: le Livre de boîine vie {ChambéTy, 1495), et réédité sous le titre de : le Champ vertueux ae bonne vie, qui est une mordante satire contre le clergé. La Croix du Maine lui attribue encore un autre poème : l'Evantfile des femmes, en vers alexandrins, dont la Bibliothèque nationale possède le manuscrit.
Du Pin ou Dupin (Louis-Ellies), prÔtro et historien français, né et mort à Paris (1657-1719). Docteur en Sorbonne, professeur au Collège royal, il entreprit une Bibliothèque universelle des auteurs ecclésiastiques (1G85-1696). Ce vaste travail fut vivement attaqué, d'aoord par le bénédictin doni Mattliieu Petitdidier, et par Bossuet. Menacé par l'archevêque de Paris, Dupin publia une rétractation des erreurs qui lui étaient reprochées et obtint la permission do continuer son ouvrage, sous le titre d'ffistoire de l'Eglise et des auteurs ecch-siastiques. En 1713, il refusa de se soumettre à la bulle Unigenitus ; destitué et exilé à Châtellerault.il se rétracta une seconde fois. Les relations qu'il entretint, à partir de 1718, avec Guillaume Wake, archevêque do Contorbéry, l'exposèrent, de. la part du cardinal Dubois, à de nouvelles sévérités. Mais il n'en essaya pas moins, et d'ailleurs sans succès, pendant le séjour du tsar Pierre à Paris, une tentative de réconciliation entre l'Eglise catholique et l'Egalise grecque. Outre son Histoire de l'Eglise, qui atteignit jusqu'à 35 volumes avec la continuation de Goujet, il écrrvit do nombreux ouvrages ; entre autres, un Traité de la puissance ecclésiastique et temporelle (1707); une Histoire de l'Eglise en abrégé (1712); un Traité histoj-ique des excotn/nunications (1715-1719). Il collabora encore au » Journal des savants » et aux dernières éditions du dictionnaire do Morori.
Dupin de Chenonceaux (Claude), financier et économiste français, né ù. Châtoauroux en 1684, mort à Paris en 1769. Il quitta l'arméo pour devenir fermier général. J.-J. Rousseau était un commensal do sa maison en 1742. On lui doit quelques écrits estimés, tirés à un très petit nombre d'exemplaires, notamment, /es ffifonomf^uei (1745); Mémoire sur les blés (1748) ; Réflexions sur quelques parties d'un livre intitulé l'Esprit des lois (1748). Traqué par la censure, tout l'ouvrage fut détrait par son auteur, et réédité sous le titre de Observations sur VKsprit deslois(i757-1758). D'un premier mariage avoc Mario -Jeanne Bouilliat do Lalouf, il eut un lils, Dupin de; Fkancokil.
Dupin (M"" Eontaink, dame), seconde femme du précédcMit, amie do Jean-Jacques Rousseau, née en 1706, morte ù Chenonceaux en 1795. Elle était fille naturelle de Samuel Bernard et do M"*" Eontaine, née Manon Daucourt. Lorsquo J.-J. Rousseau quitta les Charmottos et vint à Paris (1742), il se représenta cboz M™" Dupin, qui l'aciMioillit avec bonté. Il (jrîvitit amoureux d'elle. M*"" Duiiin lui lit comprendre qu'il devait renoïK^erà déclarer sa passion. Elle lui confia cefiendant ré<lncation do son (ils. Après le voyage do Rrtusseau à Venise, elle le prit commt! secrétaire (I74t>), et meubla pour lui et pour la fameuse Thérèse un logemont dans la rue GronoUo-Saint-IIouoré. Rousseau parle fréquommont dolle, dans ses Confessions.
Dupin de Francueil, fermier général, né on ni'., mort vers 1780, fils du premier lit do Claude Dupin do CMiononneaux, et ami do M"" d'Epinay. Veuf de Suzanne BoUioud de Saint-Julien, qu'il avait épousée on 1737, il so remaria, en 1777, avec Aurore de Saxo {1750-1821), fille naturelle du maréchal do Saxe ot de M"« Verrières, et veuve ollo-nn'^nio du comte de Horn. De ce second mariage il eut un lils, Maurice Dui-iN, qui fut pèro do Georgo Sand.
Dupin (Claudo-FrançoisEtienne, baron), administrateur français, né à Metz en 1707, mort ù. Paris en 1828. Il devint, en 1799, administrateur du département do la Seine, et fut nommé, en 1800, préfet des Deux-Sèvres; reçut, en 1809, lo titre dr; baron et fut, A partir de 1813 jus(iu'à sa mort, eonsnillor maître à la Cour des comptes. Il avait épousé, eu iT.Mî, la veuve de Danton. On a de lui un assez grand nombre d'écrits, sur dos sujets de droit administratif.
Dupin (Charles-André), jurisconsulte ot magistrat fratv çais, no ot mort ù, Clamocy (n58-l8'13). Avocat consoillor
Dupin aîné.
et lieutenant particulier au bailliage de Clamecy, il fut envoyé par ses concitoyens à l'Asseniblée législative, incarcéré on 1793 pour modorautisnio, député do la Nièvre au conseil des Anciens, puis membre du Corps législatif (1800-1804). En 1814, il fut nommé procureur du roi àClamocy, ]»uis sous-préfet do rarrondissoment eu 1815. Charles Dujiin fut le père di^ trois homunis remarquables, connus sous lo nom dos u trois Dupin >>.
Dupin (Audré-Marie-Jean-Jaeques), homme politique et magistrat français, dit Dupin aîné, né à Varzy (Nièvre) on 178;t, mort à Paris en 1805, fils du précédent. Eu 1800, Dupin fut lo premier docteur roçu après le rétablissement do la faculté de droit de Paris; il se fit inscrire au barreau, où sa verve et son esprit gaulois, aussi bien quo sa science juridique, lui assurèrent tout do suite une brillante situation. Pendant les Cont- Jours, les électeurs de Chiiteau-Chinon l'envoyèrent à la Chambre des représentants. En 1818, il retourna au barreau, plaida avec les deux Berryor lo procès du maréchal Ney, ce qui lui donna une véritable popularité, et fit de lui un avocat on titre de l'opposition. Il défendit les généraux Alix et Boyer, Déranger, Jouy ot Jay, etc. Député de Mamers en 1827, il fut un des adversaires les plus ardents de la royauté de Charles X et contribua pour une bonne part à la révolution de 1830. Ami et conseil du duc d'Orléans, Dupin fut nommé, par le roi Louis -Philippe, procureur général près la Cour do cassation. Député de Clamecy (Nièvre), il fut élu président do la Chambre en 1832 et garda son fauteuil jusqu'en 1839. Après la révolution, il accepta la république, maigre ses attaches avoc la famille d'Orléans, et, député de la Nièvre à l'Assemblée constituante et à la Législative, il se tourna vers le prince-président, lorsqu'il le vit réussir. Il avait été élu président de l'Assemblée, et s'y fit remarquer par la vivacité do ses saillies. Après le coup d'Etat, il conserva son poste de procureur général, donna pour la forme sa démission, lorsque les biens de la famille d'Orléans furent confisqués par l'Empire, mais la reprit en 1857. Dupin aîné a beaucoup écrit, mais il n'y a plus à citer de lui, aujourd'hui, que : Libertés de l'Église gallicane (1824); h Procès du Christ (IS28), réédité en 1864 sous le titre do Jésus devant Caîphe et Pilate; Manuel du droit public ecclésiastique français (1845); Mémoires (1855-1861). — Uno statue, œuvre d'Emile Boisseau, lui a été élevée à Varzy. Cette statue a figuré au Salon de 1SC9.
Dupin (François-Pierre-Charles, baron), économiste et ingénieur, frère du précédent, né àVarzy (Nièvre) en 1784, mort à Paris en 1873. Il sortit, en 1803, do l'Ecole polytechnique comme ingénieur de la marine. Après de nombreuses missions, il publia des mémoires sur les constructions maritimes, qui le classèrent au premier rang des spécialistes. En 1818, il entra à l'Académie des sciences et, l'année suivante, il fut nommé professeur de mécanique au Conservatoire des arts et métiers. Il n'avait cessé de mêler aux mathématiques la politique et l'économie politique; il publia en ces matières un grand nombre d'ouvrages. En 1824, Louis XVIII le créa baron; mais, élu député du Tarn, il alla siéger, comme son frère, dans les rangs de l'opposition. Louis-Philippe le nomma, en 1831, conseiller d'Etat, puis membre du conseil d'amirauté. Deux ans après, il était appelé au ministère de la marine. La révolution do 1848 porta Dupin à l'Assemblée constituante, puis à l'Assomblée législative, où il vota avec la majorité conservatrice. En 1852, le baron Dupin fut nommé sénateur. Parmi les nombreux écrits qu'il a laissés, on peut citer : Voyages \en Grande-Bretagne de iSIO à fSi9 (1820- 1824) ; Applications de la géométrie et de la mécanique à la marine (1825); Trois forces productives et commerciales de la France (^1825); le Petit Producteur français (1827-1828); la Morale .l'enseignement et l'industme (1838) ; Constitution,
histoire et avenir des caisses d'épargne (1844) ; Bien-être et le fra ■■-■-• -
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vrago est son œuvre capitale.
concorde des classes du peuplt
ductives des nations de 1800 a f85i (1851)
rançais (184l'); Forces pro- ' Ce dernier ou-
Commo mathématicien, le baron Ch. Dupin a attaché son nom à des travaux distingués : sur la courbure dos surfaces, sur les tangentes conjuguées, sur lo lh<'-orôme de Malus relatif à la réfraction do la lumière et sur l'application des abstractions do l'algèbre aux recherches géométriques, d'après la méthode de Monge.
Dupin (Simon-Philippo). avocat, frère des précédents, né à Varzy (Nièvre) en 1795, mort à Pise en 1846. U débuta au barreau eu 1810. Sous Louis-Philippe, il fut bâtonnier de son or<ire et avocat do la liste civile. Il siégea à la Chambre des députés, en 1830 et en 1842. Ses plaidoyers étaient pleins do verve, de saillies mordantes, do rapprochemouts ingénieux. On cite, au nombre des causes qu'il a défendues avec un talent particulier : celles du faux comte do Sainte-Hélène, ancien forçat ; du chevalier Dosgraviors, prétendu créancier de I^ouis XVIII; du duc d'Aumale, pour la succession du duc do Bourbon, dont (.0 ijrince était le légataire universel; etc.
Dupin (Jean-Henri), auteur dramatique français, cousin dos précédents, né ot mort ù Paris (1787-1887). Il était emplovo de banijuo, lorstju'il so tourna vers le théfitre. On lui doft 202 comédies ou vaudevilles, qu'il écrivit seul, ou en collaboration avoc Scribe, Dartois, Varner, Dumanoir, Carmoucho, etc. Parmi les meilleures œuvres de ce spirituel écrivain, ([ui mourut centenaire, nous citerons : Michel et Christine (1820) ; la Mansarde des artistes (1828) ; l'Ange gardien (1835); la Fête do famille (1835); Ma bête ïiot'cê(l839); une Emeute au paradis {\'i\Q); M'ame Maclou (1865); etc. Son dernier ouvrage, la Vieillesse de Mazarin (1882), a été couronné par l'Académie française.
DUPINET (Antoine dk Noiiov), écrivain français, né vers i&m, mort à Paris vors I5H4. 11 avait embrassé lo protosiaiiiisine. Il a publié : les Epltrca illustres de don Antoine de Guevara, traduites en français, etc. (ISCO);