‹ Nouveau Larousse illustréChapitre 98 sur 870 · V. KOLA · texte numérisé non relu

V. KOLA

COLABRISME n. m. Hist. anc. V. calabrisme.

COLAC, villo d'Australie (Victoria), non loin du lac de Colac et du grand lac salant Corangamito; 2.800 hab. Jardin botanique sur le lac. Minorai do fer et calcaire aux environs. Ch.-l. d'un district peuplé do 8.150 hab.

COLACHON n. m. Instrument à cordes do la famille des luths, en usage au xvn" siècle en Italie. (Avec son clavier disposé sur un manche très long et ses trois ou quatre cordes, la fenêtre circulaire de sa table et son cordier monté sur celle-ci, le colachon portait son octave à vide de l'octave à la quinte.)

COLACRÈTE n. m. Magistrat athénien, qui prélevait les frais de justice'ot les appliquait au culto public.

— Encycl. Los colacrètes, qui dataient de l'époque royale, conservèrent longtemps des fonctions importantes. Clisthèno les df'qionilla de presque toutes leurs attributions l'niancières, au profit des apodoctos. Au V siècle, les colacrètes n'avaient plus puère que des fonctions honorifiques : surveillance do certains sacrifices, organisation des banquets du Prytanéo, solde aux héliastes, etc.

COLADE (rad. col) n. f. Syn. ancien do accolade.

COLAGE {laf — du lat. colère, cultiver) n. m. Dr. féod. Droit levé par le soigneur, d'après la coutume do Chûteaunouf en Horry, sur ceux de ses habitants ayant des bœufs avec lesquels ils labouraient la terre.

GoLAÏR ou KoLAR, ou KoLlXROU, grand lac de

rindo anglaise, dans la prrsi<lence do Madras, non loin do la côte du golfe de Heitgah^. Son étendue est très variable ; lors de la mousson d'hiver, tes pluies, les inondations dos fleuves voisins, la Krichna, la Godavérr, on font une immense nappe d'oau. Dans la saison sèche, le lac est réduit au quart de sa suporllcio ot n'est, dons sa pluH grande partie, qu'un marécage boueux.

Colachon.

COLA — COLATITUDE

GOLARDEAU (^Charles-Pierre), poète français, né à Janvillo (Eure-et-Loir) eu 1732, mort à Paris en 1776. Il montra un goût précoce pour la poésie. Sa première œuvre marquante fut une imitation en vers de la Lettre d'Hélolse à Abailard, de Pope (Paris, 1758) ; elle eut un succès prodigieiLx et mit en relief l'auteur, dont on vanta à l'envi la sensibilité et l'élégance. Dans ce mémo genre, aujourd'hui SI démodé de l'héroïde, Cotardeau publia la Lettre d'Armide à Renaud (1758); puis, après divers essais de tragédies (Astarbé, Caliste), le Temple de Gnide, poème imité de Montesquieu (1770); VEpUre à M. Duhamel; les Hommes dePromêthée{\T15). Il mit en vers les Deux prerruères nuits, d'Young. L'année suivante, il fut élu à l'Académie, mais mourut avant d'y entrer. Colardeau, dont les Œuvres choisies ont été souvent réunies à celles de Malfilâtre, no tut qu'un poète aimable, élégant, sans grande originalité,

COLARIN (de l'ital. cotlarino, dimin. de collaro, collier) n. m. Nom que porte la frise du chapiteau des colonnes dorique et toscane.

COLAS {là — abrév. de Nicolas) n. m. Linguist. Homme niais, stupide : Quel grand colas !

— Ornith. Nom vulgaire du corbeau et du geai.

Colas (vACHK À), locution proverbiale et antihuguenote. L'origine la plus probable de cette locution est celle que l'on trouve dans le « Journal » de L' Estelle et dans un ouvrage de D. Lottin père, intitulé : Recherches historiques sur la ville d'Orléans, depuis Aurélien, l'an 374, jusqu'en 1789.— Une vache appartenant à un paysan nommé Colas, et vaguant en liberté, serait entrée dans un temple protestant, au moment du prêche. Les huguenots, croyant à quelque insulte des catholiques, auraient tué l'animal. Après quoi, ils auraient quêté pour le payer, ou bien ils auraient été condamnés par la justice à indemniser le propriétaire. Les catholiques firent là-dessus une chanson qui jouit immédiatement, par toute la France, d'une vogue immense. On n'avait la tête rompue que de cette chanson, dit L'Estoile, « laquelle grands et petits chantaient à l'envi, d'oii résultaient tous les jours de grandes querelles, scandales et inconvénients, jusques à des meurtres ». A Paris, il fallut faire trompetter défense de la chanter par les rues. Elle finit par s'oublier; mais l'expression « il est de la vache à Colas u pour dire « il est huguenot n subsista.

GOLAS (Jacques), avocat et capitaine, né à Mentélimar au milieu du xvi" siècle, mort à Ostende au commencement du xvii< siècle. Il fit d'abord partie du barreau de sa ville natale, et fut, en 1577, député aux états généraux convoqués à Blois sous l'influence des Guises, qui comptèrent en lui un ardent partisan de plus. Quittant brusquement les professions pacifiques, il leva un corps d'arquebusiers, à la tète duquel il fit rude guerre aux protestants du Dauphiné. La charge de grand prévôt de France ot des lettres de noblesse furent sa récompense. Elles lui étaient conférées de façon au moins irrégulière, car elles émanaient du duc de Mayenne, s'intitulant lieutenant général du royaume. En 1591. il reçut le commandement de la place de La Fère, qu'il ne put empêcher de tomber, quatre ans plus tard, au pouvoir de Henri IV. Il l>assa de là au service de l'archiduc Albert, gouverneur des Pays-Bas pour le roi d'Espagne, fut blessé et pris à la bataille de Nieuport, et mourut en captivité.

COLASPIDÈME (spi) n. m. Genre d'insectes coléoptères phytophages, famille des chrysomélidés, comprenant do petites formes ovales , ramassées , à corselet court, à élytres obtus. [On connaît trois ou quatre espèces de colaspidèmes, habitant la région circaméditerranéenneetl'Espagne. L'une d'elles {colaspidema atrum), celaspe ou colaspide de la luzerne, est souvent très nuisible aux plantes fourragères dans le Midi, où on la nomme négril.]

COLASPOSOME {spo) ou GOLASPI- DOSOME {spi) n. m. Genre d'insectes coléoptères phytophages, famille des chrysomélidés, tribu des eumolpinés, comprenant des formes de taille petite ou moyenne, à grosse tôle arrondie, à antoniies filiformes. (On connaît une cinquantaine d'espèces de colasposomos, habitant les régions chaudes do l'ancien monde.)

COLASSE (augment. do colas) a. Personne tout à fait stupide.

GOLASSE ou Collasse (Pascal), compositeur français, né à Reims en 1049, mort en I709. Secrétaire do LuUi , lorsque ce dernier était directeur do l'Académio royale de musi<|ue, il écrivit parfois les parties de choeurs et d'orchestre des opéras do ce maître, puis, en 1677, il remplaça Lalouette comme chef d'orchestre. En 1683, il obtint l'une des quatre places de maitro de la musique do la chapelle du roi, et, plus tard, celte do maître do la musique do sa chambre. Après la mort de Lulli, Colasso fit représenter à l'Opéra, sans grand succès, quelques ouvrages : Achille et Foluxénc, dont Lulli avait écrit quol- ([uos morceaux (1687); Thétis et Pelée (1689); Enée et La~ finie (1690); Astréc (1692); les Saisons {\G9t>) ; Jason ou la Toison d'or (1696); la Naissance de Vénus (1696). Vers cette époque, Colasso fonda un opéra à Lillo, mais fut ruiné par un incendie et revint a Paris, où le roi lui donna 10.000 livres pour lo consoler do ses pertes et lui rendit sa place do maître do musique de la chambre. Celasse recommença alors à composer, et donna encore à l'Opéra CanctUa en 1700, et /'o/yjVne et Pyrrhus on 1706. Outre SOS opéras, Colasso écrivit nour te service do la ihapelle ot de la chambre do Louis XIV un grand nombre de motels ot do cantates.

COLASTE {lasst') ou COLASTUS [la-stuss) n. m. Gonro dinsoctos coléoptères clavicorueN. fainillo des uitidutidés, tribu dos carpophilinés, comprenant de petites formes À élytres très courts, rousses on brunes avec bandes fauvoî?, (On connaît uno cinquantaine d'espèces de colastos, toutes oméricaiiios et répandues surtout dans lo Sud; elles vivent dans les détritus, les champignons, sous les écoroos.)

COLATEUR fdu lat. colare, couler) n. m. Canal servanv ù recevoir et & faire écouler les eaux d'irrigniion.

COLATITUDE (du préf. co, et de latitude) n, f. Complément do la latitude du liou, c'est-à-dire «»xcès de i>o- .«lur ootto latitude : la coi.atitvdk d'un lieu est égale à la (/i«- '.(»!<■(' du zt'nith du lieu au pôto dtt même hémisphère^

Coibnoks : 1. Artillerie de la garde (1" Emp.) ; 2. Tambour-Major (2« Emp); 3. Guide (2" Emp.).

COLATOIRE — COLCHAGUA

COLATOIRE {lo-ar — rad. colateur) adj. Se disait des oreanes excréteurs tels que le rein, lo foie. (Vieux.^

COLATURE rad. colateur) n. f. Pharm. Filtra'.ion grossière. » Liquide grossièrement filtré : Une col.\ture de chicorée. . . .,,. , ,

Agric. Superflu des irrigations recueilli dans les

colateurs. il On dit écoulage, dans le midi de la France.

COLAUD DE La SalCETTE (Claude-Sylvestre, comte), général do division, comte et sénateur de l'Empire, pair de France, né en 1754, mort en IS19. Sous-lieutenant au moment de la Révolution, il se distingua à Valmy, à Denain, à Hondschoote, et en fut récompcusé par un décret de la Convention portant qu'il avait bien mérité de la patrie, et par le grade de général de division (1793). En mai 1795, il fut chargé de pacifier Toulon, et, nommé général en chef dans la Belgique, y réprima une insurrection (179S). Il prit part, en 1800, au succès de la journée de Hohenlinden. devint membre du Sénat, vola la déchéance de l'empereur en 1814, reçut la pairie k la première Restauration, et plaida avec courage la cause du maréchal Ney. COLAX {lakss) n. m. Genre de diptères brachycères, famille des œstridés, comprenant des mouches voisines des céphalémves. (Les colax habitent les régions tropicales ; tel est le colax macula, du Brésil, d'un brun noir.)

COLAXAS. Myth. gr. Fils de Zeus et de la nymphe Hora. Il était ro"i des Bisaltes, qui, en souvenir de son origine, prirent la foudre pour armoiries.

COU3ACK ou KALPACK (du turc qalpack) n. m. Sorte de bonnet à poil, plus ou moins évasé par le haut, et dont la partie supérieure est formée par une sorte de poche conique en drap, dénommée flamme . qui pend de côté et se termine par un gland.

— Pop. Chapeau.

— Encvcl.

Le colbackesx orné par devantd un pompon ou d'un plumet. Ce fut autrefois , dans l'armée française, la

coiffure des tambours-majors et de divers corps de troupes, sous le premier et le second Empire, tels que : les guides, les chasseurs à cheval, l'artillerie delà garde et certains régiments de hussards. Les chasseurs à cheval de la ligne ont porté, sous le second Empire, un bonnet en fourrure, plus simple et quasi cylindrique, appelé talpack.

COLBAN (Adolphine-Marie Schmidt, dame), femme de lettres norvégienne, née à Christiania en 1814, morte à Rome en 1884. Elle débuta par des traductions françaises d'ouvrages scientifiques. On lui doit des romans et des nouvelles en norvégien : Lxredinden [l'Institutrice] (18S9); Tre noveller [Trois nouvelles] (1873); Jeg lever [Je vis] (1877\ son œuvre la plus importante ; en Gammel Jomfru [la vieille Fille] (1879); Cléopâtre (1880); Thyra (1881). ColbeRG, ville d'Allemagne. 'V. Kolbeeg.

COLBERT, famille de Champagne, qui a prétendu descendre d'une ancienne maison écossaise, dont le nom avait des ressemblances avec le sien. Elle n'a commencé à être connue qu'au xv" siècle avec Jean Colbert (1489). IJn de ses descendants, Ocdart ou Edooard, eut trois fils : Jean, Oodart et Nicolas. Les deux derniers furent la tige des branches de Villacerf, de Saint-Pouange, de Chabanais et de Saint-Mard, dont les descendants subsistent encore. Le premier eut trois fils ; Jean, tige des Colbert du Terron ; Charles et Nicolas, sieurs de Vandières. Ce dernier fut le père de Jean-Baptiste (le grand Colbert), de Charles (Colbert de Croissy) et d'Edouard -François (Colbert de Maulevrier). Jean-Baptisie Colbert fut la tige des marquis de Seignelay, éteints au commencement de la Restauration dans la personne de Marie-Louis, colonel de cavalerie, et des comtes de Linières, éteints en 1761. Colbert rjean-Baptiste), ministre de Louis XIV, né à Reims en 1619, mort en 1683. Un de ses çarcnts éloignés, Saint-Pouange, beau-frère du conseiller d'Etat Le Tollier, le recommanda à ce dernier, et Le Tellier lo présenta au cardinal Mazarin. Peu de temps après, grâce à ses protecteurs, Colbert était conseiller d'Etat et chargé de gérer la fortune personnelle de Mazarin. Il s'en acquitta avec une probité rude, et, pendant l'exil de son protecteur, il lui servit d'intermédiaire auprès de la reine. Après la mort de Mazarin, Colbert s'empara définitivement de l'esprit du roi, en lui révélant l'existence de 15 millions d'espèces cachées par Mazarin dans des forteresses, puis en prenant pour lui tout le poids d'un travail dont il faisait honneur à Louis XIV. Déjà, du vivant du cardinal, Colbert lui avait signalé les malversations de Foucquet. Il les démontra à Louis XIV, et le décida à sévir avec rigueur. (V. FoucQt'ET.) La commission de surintendant fut supprimée ; le roi prit en personne le gouvernement des finances; Colbert eut le simple titre do « contrôleur général ». Mais, en réalité, il dirigea toute l'administration. Maître enfin du pouvoir, il montra ur. des côtés de son caractère : une effroyable violence dans le bien. Deux mois après l'arrestation do Foucquet, il établit une chambre de justice pour la roclierclie des abus et malversations commis depuis vingt-cinq ans dans la gestion dos finances du royaume. Il supprima ensuite les trésoriers de l'épargne, les contrôleurs généraux, les directeurs des finances, un nombre considérable d'offices inutiles, et simplifia tout l'ensemble do la comptabilité publique. La plus belle réforme financière de Colbert est celle des impôts. Il commença par abolir les exemptions injustes par un examen général des titres de noblesse. Puis, persuadé que la consommation s'accroît en raison de rabaissement des droits, il osa, du premier coup, réduire do 33 p. 100 l'impôt perçu par les aides et les fermes.

La réforme des finances accomplie, il s'occupa d'accroître les ressources du pays en réformant la justice et en encourageant la production hationale sous toutes ses formes. Dans un mémoire au roi, en date du 15 mai 1665, il proposa une réforme générale do la justice. La base do cette céforme était l'éiablissemont d'un conseil particulier,

composé de conseillers d'Etat et d'avocats au parlement , divisé en trois sections : civile, criminelle, de police, et chargé de préparer de grandes ordonnances, en même temps que des grands jours mettraient un terme aux tyrannies locales des hobereaux. Le conseil débuta par l'ordonnance civile, puis essaya d'établir la publicité hypothécaire.

La réforme criminelle fut moins heureuse. EUe ne réagit en rien contre la torture, les procédures secrètes et toutes les habitudes barbares de la justice au moyen âge.

La plus belle œuvre de Colbert, c'est l'essor qu'il donna àl'industrie française. Par une protection minutieuse, certaines industries (draps, métiers à laine, tapis) furent puissamment développées; d'autres (glaces, dentelles, industries de luxe diverses) furent créées de toutes pièces.

L'agriculture fut aussi encouragée que possible, mais lo commerce coitert.

des grains se trouva

malheureusement gêné par un luxe de formalités et d interdictions de toute nature. Néanmoins, en agriculture, Colbert a une tendance marquée à soutenir les petits, qu'il considère comme les instruments réels de la production, et il fait édicter en leur faveur des privilèges en matière de saisies de bestiaux, d'outils, etc.

Tout en soutenant l'agriculture et en créant l'industrie, ('olbert no négligeait pas la navigation. Il accorda pour (luarante ans à la Compagnie de l'Amérique du Sud, qui prit le titre de » Compagnie des Indes orientales », les Guyanes, toutes les Antilles, le Canada et les Florides. La même société acquit d'une compagnie dieppoise et rouennaise le droit de commercer au Sénégal, c'est-à-dire de se livrer à la traite des nègres, droit que devait rendre moins inhumain la promulgation du Code noir (1683) que le ministre avait préparé. La Compagnie des Indes orientales ne tarda pas à se former, et Colbert, pour compléter son œuvre, obtint du roi que la noblesse pût commercer sans déroger. Mais nous touchons ici à la plus étonnante création de Colbert, celle de la flotte. 11 institue l'Inscription maritime, crée une flotte, fonde ou agrandit les ports de Brest, de Rochefort et de Cherbourg, achète Dunkerque aux Anglais, institue des écoles de canonniers et d'hydrographes, établit un conseil de construction navale.

Colbert était de taille médiocre. Il avait les manières bourgeoises; ses traits étaient presque vulgaires; son abord était froid et dur, et, dans les instants d'ennui, il fronçait les sourcils d'une façon redoutable. Il travaillait seize heures par jour, et imposait une pareille somme de travail à tous ses commis. Son éducation première avait été limitée à sa spécialité commerciale ; il fit tout au monde pour la compléter étant ministre. Il encourageait de son mieux les hommes de lettres. Il fut membre de l'Académie française. Un grand seigneur, membre de l'Académie, s'étant fait apporter un fauteuil, Colbert en fit envoyer trente-neuf autres : c'est là l'origiue des quarante fauteuils. Il forma un petit conseil « pour toutes les choses dépendantes des belles-lettres » . Cotte réunion, chargée de fournir les inscriptions pour les monuments, devint plus tard l'Académie des inscriptions et belles-lettres. Pour faire concurrence à la Société royale de Londres, il créa l'Académie des sciences; pour compléter l'Académie de peinture et de sculpture, il créa l'Ecole de Rome. Il créa l'Observatoire, et appela en France Cassini, dont les travaux préludèrent au cadastre général. Il forma un riche recueil d'ouvrages, qui devint un des principaux fonds de la Bibliothèque nationale. Il envoya Vaillant chercher au loin les éléments du Cabinet royal des médailles, origine de celui de la rue de Richelieu. Enfin, il transporta la Bibliothèque royale de la rue de La Harpe dans les bâtiments de son hôtel, où elle est restée depuis. Il protégea aussi les arts avec ardeur. En 1664, Colbert acheta la surintendance des bâtiments pour la transformer en direction des beauxarts, et presque en ministère spécial. Il devina Lebrun. Il tit du Louvre son entreprise de prédilection. Mécontent des plans qu'on lui proposait, il eut, le premier, l'idée d'un concours public, et le résultat de ce concours fut la colonnade do Perrault. Les dépenses exagérées de Louis XIV, vers la fin de sa vie, amenèrent la disgrâce relative de Colbert. Il mourut chargé de malédictions, non seulement sans avoir pu mener à llien toutes les réformes qu'il méditait, mais voyant même compromises celles qu'il avait pu accomplir. On craignit un mouvement de la population des halles, et son cercueil fut porté nuitamment à Saint- Eustache, où ses funérailles eurent lieu aux flambeaux. On y voit encore son tombeau, œuvre de Girardon.

Colbert (hôtfxs de) à Paris. Colbert a eu dans la capitale plusieurs hôtels qui portèrent son nom. Lo principal fut celui qui était à l'angle des rues des Petits-Cnamps et Vivienne, vis-à-vis de celui de Mazarin. Sur la grande porte d'entrée étaient sculptées les armes de Colbert : d'or a la couleuvre d'azur posée en pal, accompagnée de deux lionnes pour supports ot, comme cimier, une main tenant une branche d'olivier avec la devise ; Perite et rec(e (habilement et bien). C'est dans cette demeure que fut installée, en 1C60, la Bibliothèque du roi.

On peut voir oussi, rue du Mail, n° 7, une maison qui a appartenu à Colbert; le rez-de-chaussée a été transformé, mais les étapes supérieurs ont conservé leur belle ordonnance. La couleuvre {coluber), emblème du ministre, y est sculptée autour des pilastres. Enfin , la rue de l'Hôtel- Colbort, voisine do Samt-Séverin, doit son nom à une maison qu'y possédait Colbort, tout près dos fameuses écoles do médecine de la rue do la Bûcnerie.

Colbert (Charles, marquis un Croissy), frèro du précédent, né à Paris en 1025, mort en 1696. Il fut conseiller d'Etat, intondant d'Alsace, président au parlement de Metz, ambassadeur en Allemagne, à Berlin, à Rome et en Angleterre. L'un dos plénipotentiaires au congrès d'Aix-la- Chapello (1668), il eut aussi une part considérable au traité de Nimègue (1678), ot fut ensuite secrétaire d'Etat des affaires étrangères, depuis 1679 jusqu'à sa mort. Charles

Colbert a laissé des Mémoires inédits sur l'Alsace, les Trois- Evêchés et le Poitou. — Son fils, Jean-Baptiste Colbert, marquis de Torcy, diplomate, né à Paris en 1665, mort en 1740, remplit diverses missions diplomatiques, fut ambassadeur en Angleterre, en Danemark, en Portugal, secrétaire d'Etat des affaires étrangères, ministre d'Etat, grand trésorier, etc. Ce fut lui qui ouvrit dans le conseil l'avis d'accepter le testament de Charles II, relatif à la succession d'Espagne, et dirigea les négociations d'Utrecht (nr3-i714). L'Académie des sciences l'élut membre honoraire en 1718. Outre divers Mémoires scientifiques, on a de lui d'intéressants Mémoires pour semirà l'histoire des négociations depuis le traité de liysmck jusqu'à la paix d'Utrecht (1756), et un Journal publié par F. Masson (1884).

Un autre fils de Charles, Charles-Joachim Colbert,

né à Paris en 1667, mort en 1738, fut archevêque de Mont^ pellier en 1697. 11 travailla à la conversion des protestants, fit rédiger par le P. Pouget le Catéchisme de Montpellier, manifesta par ses lettres pastorales et ses mandements son opposition à la bulle Unigenitus, ajouta foi aux folies des convulsionnaires, et laissa quelques écrits condamnés à Rome comme entachés de jansénisme, et publiés en 1740. Colbert (Edouard-François), comte de Maulevrier, frère du grand Colbert, né et mort à Paris(i634-1693), l'un des plus grands capitaines de Louis XIV. Entré aux mousquetaires en 1649, il fut successivement capitaine aux gardes, capitaine-lieutenant de la deuxième compagnie do mousquetaires, brigadier de cavalerie et maréchal de camp, et se distingua particulièrement à Rethel (1650), à l'assaut de Lille et au siège de Courtray.

Colbert (Jean-Baptiste), marquis de Seignelay, fils aine du grand Colbert. V. Seignela^'.

Colbert (Jacques-Nicolas), l'un des fils du grand Colbert, né à Paris en 1655, mort en 1707. Il fut archevêque de Rouen et se fit remarquer par sa tolérance envers les protestants. Membre de l'Académie française en 1678, il fut aussi de celle des inscriptions et belles-lettres.

Colbert (Michel), théologien catholique, parent des précédents, né vers 1633, mort à Paris en 1702. Il devint général des prémontrés en 1670, et a laissé, entre autres écrits : Lettres d'un abbé à ses religieux.

Colbert (Paul-Edouard, comte, puis duc d'Estouteville), petit-fils du grand Colbert, né en 1686, mort en 1756. Maréchal do camp (1719). On a de lui une traduction française de la Divine Comédie (nsi), publiée par Sallier.

Colbert (S. de Castle-Hill de Seignelay), prélat français, né au château de Castle-Hill (Ecosse) en 1736, mort en 1808. Il fut nommé évêque de Rodez en 1781. Député à l'Assemblée des notables, puis aux états généraux de 1789, Colbert se prononça pour la réunion du clergé au tiers. Il se montra partisan de plusieurs réformes, mais protesta contre la constitution civile du clergé, et émigra à Londres. Il fit partie du petit nombre d'évêques qui refusèrent de reconnaître le Concordat et de revenir en France. Colbert ( Edouard-Charles-Victurnien), comte de Maulevrier, marin français et petit-fils d'Edouard-François, né en 1758. mort en 1820. Il entra dans la marine, fit la guerre d'Amérique, devint capitaine de vaisseau en 1791, et émigra l'année suivante. Il prit part à l'expédition de Quiberon (1795), échappa au sort de la plupart de ses compagnons, et passa en Vendée, où il fut aide de camp de Stofflet, puis se rendit en Amérique. Il ne reprit du service qu'après le retour des Bourbons en France (1814), et reçut alors les grades de « capitaine des gardes du pavillon » et de » contreamiral ». Il siégea à la Chambre des députés, en 1815.

Colbert (Pierre-David, dit Edouard), comte de Colbekt-Cuabanais, général français, pair de France, né à Paris en 1774, mort en 1853. Il fit la campagne de 1793 à l'armée du Haut-Rhm comme volontaire, prit part à l'expédition d'Egypte, entra dans la garde de Bonaparte avec le grado de « capitaine adjudant- major », et devint aide de camp de Junot en 1803, puis de Berthier. Il se signala à la bataille d'Austerlitz, fut créé baron de l'Empire en 1808, général de brigade en 1809, et reçut à Bautzen (1813)16 grade de n général de division » . Il fit la campagne de France, combattit à Waterloo, fut inspecteur général de cavalerie sous les Bourbons, aide de camp du duc de Nemours en 1834, suivit ce prince en Afrique et fit partie de la première expédition de Constantine. Lors de l'attentat de Fieschi, il reçut une blessure auprès de Louis-Philippe, et entra à la Chambre des pairs, en 1838.

Colbert (Auguste-Marie-François, comte de), général français, frère du précédent, né à Paris en 1777, mort en 1809. Simple soldat en 1793, il devint aide de camp du général Grouchy, puis de Murât, qu'il suivit en Italie et en Egypte. Il prit part à la bataille de Marengo, fut nommé, peu de temps après, général de brigade, fit en cette qualité la campagne d'Austerlitz et se signala à la bataille d'Iéna. Passé à l'armée d'Espagne, il fut tué près d'Astorga. COLBERTIE (H — de Colbert) n. f. Bot. Syn. de dillénie. COLBERTISME {tissm') n. m. Nom donné par l'Italien Meiizotti ( . Mémoires de l'Académie des sciences ») [1797] au système de réglementation du travail et au système protectionniste dont Colbert avait fait la théorie et poursuivi l'application. D'après ce système, le travail est un droit régalien que le souverain cède, vend ou accorde à ceux qu il veut privilégier et aux dépens de ceux que, pour un motif ou un autre, il n'hésite pas à spolier.

COLBORDOLO, comm. d'Italie (Marches [prov. de Pisaro et d'Urbin]), sur le fleuve côtior Foglia; 2.600 hab. Lieu d'origine de la famille de Raphaël.

COLBRAN (Isabella Angola), cantatrice, née à Madrid, morte à Catenaso, près de Bologne, en 1845, était fille d'un musicien de la chapelle du roi d'Espagne. Elle acquit la réputation d'une des plus habiles chanteuses de l'Europe. Elle connut Rossini à N'aples, et l'épousa. Elle accompagna son mari àVienne, puis à Londres, et quitta le théâtre lorsqu'il alla se fixer à Paris. Un peu plus tard, les époux se séparèrent. M"" Colbran-Rossini a composé et jiublié quatre recueils de canzoni.

CoLCHAGUA, une des vingt-trois provinces de la république du Chili. Comprise entre les Andes à l'E., lo Pacifique à l'O., la province d O Higgins au N., et celle do Curico au S., elle a pour capitale la ville de San-Fernando. Jouissant d'un climat doux et pluvieux, elle produit en abondance des grains, des pommes de terre, des fruits, du vin ot possède de bons pâturages- Elle recèle aussi des

richessos nimt-rales, et l'on y trouve quelques mines do houiUo et lie cuivre.

GOLCHESTER, ville d'Angleterre (comté d'Essox), sur Ib fleuve côtierCohio; 34.5ijo hab. Médiocre industrie (draps communs), mais marché agricole et ooiitro maritime actifs (ostréiculture, poche, canotage, chantiers de navires). Vieille forteresse et remparts attribués aux rois saxons. Ruines curieuses do l'abbaye do 8aint-j6an. Patrie présumée (lo sainte Ilélùno.

GOLCHESTER, comté du Dominion canadien (Nouvolle- Ecûsso), peuplé de 27.1G0 hab. Ch.-l. Londondei'nj. — Vi\lage dos Ktats-Unis (Illinois [comté de Mac-Donough]), dans la vallée du Crookod-Creek, afiluent de l'IUinois ; 2.500 hab. Mines de charbon. — Ville des Etats-Unis (Vermont [comté do Chittendeuj), sur le lac Champiain ; 5.150 h. Bois do construction.

COLCHICACÉES n. f. i)l. Plantes monocotylédones, delà tribu des colchici^es. — Une colchicacée.

COLCHICÉES n. f. pi. Tribu do la famille des liliacées, ayant pour type le genre colchique. — Une colchicée.

COLCHICEINE n. f. Alcaloïde résultant de l'action des acides étendus sur la coLchicine. V. colchicink.

COLCHICINE n. f. Alcaloïde trouvé dans les semences ^xxcolcluque, et qui en est le principe actif.

— Encycl. Chim. La colchicine possède la propriété do former avec le cliloroforme une combinaison cristallisée; c'est sur cette propriété qu'est basée la meilleure méthode d'extraction. On épuise les semences par l'alcool bouillant, on évapore et on reprend par l'eau ; on agite cotte dissolution avec du chloroforme et on évapore. La combinaison cristallisée obtenue perd son chloroforme au contact de l'eau. La colchicine obtenue se présente sous forme gommeuse jaune ; sa formule est C"H"AzO*. Traitée par les acides chlorhydrique et sulfurique étendus, elle se transforme en colchicéine et apocolcnicéine.

La colchicine sert à falsifier la bière, pour la fabrication de laquelle on la substitue frauduleusement au houblon. 11 est assez difticilo de déceler cette fraude, parce que le houblon renferme une substance dont les réactions sont, à très peu près, celles de la colchicine. On peut séparer la colchicine des principes du houblon en précipitant ceux-ci par l'acétate de plomb.

— Thérap. Le principe actif du colchique paraît agir sur les noyaux gris de l'encéphale, et surtout sur les centres réflexes de la moelle; de là son action diurétique

finissante, qui le fait employer contre lo rhumatisme et a goutte. La colchicine purge violemment, provoque des vomissements et détermine à la gorge un sentiment de constriction avec tremblement des membres; elle n'a pas, cependant, contrairement à ce qu'on croyait, une influence notable sur la muqueuse nasale. A l'intérieur, on l'emploie à la dose de 3 à 5 milligrammes, sous forme de potion alcoolique surtout, car elle est peu soluble dans l'eau. Actuellement, on se sert, de préférence, de colchicine chloroformée. (Bardot.) La colchicéine ne paraît pas toxique aux même doses et semble dépourvue de toute propriété thérapeutique notable.

COLCHICIQUE adj. Se dit d'un vinaigre obtenu en faisant macérer des bulbes desséchés de colchique dans du vinaigre.

GOLCHIDE, ancien royaume d'Asie, en partie légendaire, de la région caucasique, dans les domaines du Tchorokh {Bathjjs), du Rien [Phasis) et de l'Ingour {Aca/np$is). Les anciens la vantaient comme un pays d'une merveilleuse richesse, et lo mythe de la Toison d'or n'est sans doute que l'expression fabuleuse de cette tradition. D'ailleurs, les faits justifiaient la réputation de la Colclnde, car, outre son blé, son vin, sa cire et son miel, ses chevaux, ses bœufs, ses pêcheries de thon et d'esturgeon, ses mines d'or, la vallée du Rion et son principal port Phasis { au j .

Poti), étsdont le débouché d'un

GOLCHESTER

COLÉOPIIORE

Momiuics de ('olcli

commerce de caravanes très considérable entre le Pont- Euxin et l'Iran, llnde, voire la Chine. D'abord royaume indépendant, puis province de l'empire de Mithridato, ensuite province romaine, do destinée assez précaire au moyen âge, la Colchido correspond à la Mingrélio russe d'aujourd'hui.

CoLCHIDIEN, ENNC {di-în, ^n'), personne née en Colchide, ou qui habitait ce pays. — tes

COLCHIDIRNS.

— Adjectiv. Qui appartient à ce pays ou à ses habitants : Lik/ende colchi- DiKNNiî. Il On dit aussi colciiiquiî.

COLCHIQUE adj. Qui appartient à la Colchido ou à ses habitants, ii Dragon colchique. Dragon qui veillait sur la Toison d'or, oL qui fut tué par Jason.

COLCHIQUE (du lat. colchicum, proprom. » plante do la Colcliide ") n. m. Genre t^po do la famille des liliacées.

— adj. Qui est préparé avec le bulbe du colchique ; Vinaigre colchiquk.

Oxymel colciiiqdb.

— Encycl. Bot. Lo genre colchique est connu surtout par un© espèce très répandue dans les prairies, lo colchique d'automne (colchicum autumnalo), vulgairement appelle safran des prés, ù.

cause do la forme de sa flour ; tue-chien, on raison dos propriétés vénéneuses do son bun)e; vcillottc, veilleuse, otc. C'est une plante bulbouso, dont les longues Uoura rose violacé sortent immôdiatointtnt do terre ot s'épanouissent ù l'autoinno, tandis quo ses feuilles et ses fruits ne paraissent qu'au printemps suivant. Son bulbo, (jui contient un suc ticra «^t amer, est un poison violout pour riiummo et pour les animaux.

Colclilqiio il'ail' toiiinn : a, coiifio do lu llour; b, fruit.

— Thérap. Le co^c/tf^uetire ses propriétés du principe actif (pi'il renferme, la colchicine. Il a donc les mêmes applications thérapeutiques ([uo co dernier ot, on raison do sonpouvoir drastique et diurétique, il s'emploie surtout contre la goutte, le rhumatisme, certains trouble.s des fonctions hépatiques, l'hydropisie, etc. On utilise les bulbes, les semonces ot les Ilours du colchique d'automne, en alcoolaluro (2 à 6 gr.l, extrait (oef,oi à oe'-,io), teinture (l à 5 gr.) et poudre (oe'.ûô à 0«^30). Ses incompatibilités sont ; la teinture d'iode, le gaïac, les astringents. En cas d'empoisonnement par lo colchique ou la colchicine, il faut employer les vomitifs usuels (sulfate de zinc ou ipéca), l'acide tanui({ue ou gallique à doses fréquentes do 2 grammes, le blanc d'œuf ot les boissons féculentes, l'eau-devie, l'éther chlorhydrique, enfin les injections hypodermiques de morphine à la dose de OBf^.SO.

COLCHYTE n. m. Nom que les Grecs donnaient à ceux (l^ui étaient chargés d'embaumer les morts, chez les Egyptiens.

COLCOTAR (arab. qolqolar, même sens) n. m. Nom com-mercial du peroxyde de fer, obtenu par la calcination du sulfate do fer. il Oxyde naturel de fer, de couleur rouge.

COLD-CREAM (kàld-krêm' — mots angl. signif. crème froide) n. m. Pommade adoucissante, à base de cire vierge, d'huile d'amandes douces et d'eau de roses, employée pour la toilette du visage, ou comme médicament pour prévenir les gerçures et faire sécher les plaies légères.

Golden (Cadwallader), botaniste écossais, né en 1688, mort à Long-Island (New-York) en 1776. Il se rendit en Amérique, où il devint lieutenant-gouverneur de New- York, en 1761. Colden se signala eu fondant plusieurs établissements de bienfaisance. Il était lami de Franklin. Ses principaux ouvrages sont : Traite des maladies particulières à l'Amérique; Histoire des cinq nations indiennes du Canada (1745) ; etc.

COLDÉNIE(nt — de Colden, n. pr.) n. f. Genre de borraginées, comprenant des herbes très rameuses, qui croissent l'une dans les régions chaudes de l'ancien monde, les autres dans les régions occidentales des deux Amériques.

COL-DES-OLIVIERS, comm. d'Algérie, départ, et à 30 kilom. de Coustantine, arr. de Philippeville ; 2.999 hab.

GOLDINGHAM, bourg d'Ecosse (comté de Berwick), sur l'Eye, près du cap Saint-Abb; 490 hab. Ch.-l. d'une ancienne juridiction dite Coldinghamshire^ au centre d'une jolie vallée. Aux environs, ruines d'un ancien prieuré fondé par saint Abb, au vu* siècle. Près de Coldingham. cap de Fast-Castle, ancienne forteresse baronniale, qui est le Wolf's-Crag de la Fiancée de Lammermoor.

CoLDITZ ou KOLDITZ, ville d'Allemagne (Saxe [cercle de Leipzig]), sur la Mulde, affluent de l'Elbe; 4.700 hab. Papeteries, tanneries. Houillères et gisement d'argile aux environs.

GOLDORÉ ou GODORÉ (Olivier), graveur en pierres fines du xvi' siècle, ne doit pas être confondu, comme on l'a fait trop souvent, avec Julien de Fontenay, autre graveur contemporain de Henri IV. Coldoré a gravé, en 1571, VEntrée de la reine à Paris. Il quitta la France vers 1600, cédant aux instances de la reine Elisabeth, et il mourut en Angleterre.

COLDSTREAM, viUo d'Ecosse (comté de Berwick), sur la Tweed, près de la frontière d'Angleterre; 2.600 hab- Pêcherie de saumons; commerce de grains et bestiaux. Le général Monk y fixa son quartier général avant de marcher en Angleterre pour rétablir Charles II; un régiment anglais des gardes porte le nom de cette ville, où il fut originairement levé par Monk.

GOLD-WATER, viUo des Etats-Unis (Etat de Michigan), sur le Cold-Water, affluent du Saint-Joseph; 6.700 hab. Fonderies et minoteries. Ch.-l. du comté do Branch.

COLÉA n. m. Genre de bignoniacées, tribu des jacarandées, comprenant des arbres qui croissent^ aux îles Mascareignes.

GoLÉA ou KOLÉA, ville d'Algérie. V. Koléa.

COLÉANTHE U. m. Genre do graminées, tribu des agrostidées, ronlermant une seule espèce, qui croît dans les

marais <le la liohème.

COLÉANTHÈRE n. f. Genre d'épacridées-styphéliées, ronferniant dos arbrisseaux drossés, à feuilles petites, sossiles, originaires d'Australie.

GOLEBROOKE i^Henri-Thomas], orientaliste anglais, né ot mort à Londres (1765-1837). Envoyé dans l'Inde comme secrétaire de la Compagnie des Indes orientales, il étudia la langue, la littérature, la législation et lu philosophie des Indous, fut nommé chef do la justice à Calcutta (1805), revint on Europe après trente ans d'absence, fonda la Société asiatique de Londres, ot légua à la Compagnie dos Indes sa richo collection de manuscrits orientaux. Colebrouko a fait faire do très grands progrès à l'étudo du sanscrit. Outre un grand nombre de mémoires, on a do lui ; Digeste des lois indiennes (1797); uno Grammaire et un Dictionnaire sanscrit, d'après les auteurs indiens; uno édition delà Grammaire sanscrite do Panini. Ses principaux mémoires ont été réunis sous le tiirode Misceilancous essays{is2T\. Pauthier en a extrait ot traduit: £"«111 sur la philosophie des Indous (1833-1837).

COLEBROOKIE {brou-kl — de Coteftrooke, n. pr.) n. f. Genre do labiées, tribu des saturélnéos. renfermant doux espèces, du Népaul. 11 Syn. do ulodda, genre d'amomées.

COLÉB (lé — rad. col) n. f. Coup quo l'on donnait du plat do la main sur la nuque, à celui quo l'on faisait chevalier.

— Encvcl. a la colée manuelle on subsiiiua, plus tard, trois coups do plat d'épéo sur les épaules ou sur lo col. Après la culée, on embrassait le chevalier, d'où lo nom d'accolade, qu'on donnait aussi ù cette cérémonie.

COLÉGATAIRE {1er' — du préf. co, et do légataire)^, m.

Qui est lé^^'aïaiiv avec un ou plusieurs autres, conjoiutonuMit pour une même chose.

— Encycl. Dr. franc- Il V n lieu il accroissemont entre colégataircs, lorsque, la m^nle chose ayant été léguée à plusieurs, les uns viennent recueillir le bénéfice du legs, tandis que les autres font défaut. Lu nullité, lu révocation ou lu caducité du legs fuit à l'un des colégatairos proOto donc aux auiros, au lieu de profiter, d'après lo droit com-

mun, au débiteur du legs. L'accroissement entre colégatairos a pour base la volonté du testateur. Mais comment connaitro cette volonté? Il n'y a pas de difficulté si le testateur l'a manifestée en termes exprès. S'il n'a rien dit, on interprète cotte volonté d'après la formule du legs. Il résulte des articles 1044 et 1045 du Code civil que le legs sera réputé fait conjointement si la chose a été donnée à plusieurs par uno soûle et mémo disposition (re et verbis)^ ou si, donnée par le mémo acte à plusieurs personnes, môme séparément (re tatitum), oUe n'est pas susceptible d'être divisée sans détérioration. On peut critiquer le Code de n'at'oir pas admis toujours l'accroissemoat au cas de conjunctio re tantum, l'intention du testateur paraissant là hors de doute.

COLÉINE n. f. Matière colorante rouge retirée des tiges et des feuilles du coleus Verschaffelli.

COLÉMANITE n. f. Borate hydraté naturel de chaux.

GOLENSO (John William), évéque anglican de Natal, né à Saint-Austell (comté de Cornouailles) en 1814, mort à Natal en juin 1883. Il devint recteur dans le Norfolk. En 1853, il publia ses Sermons de village, et fut sacré évêque de Natal. Il publia ses premières impressions sous ce titre : Dix semaines à Natal (Londres, 1855). II étudia à fond la langue des indigènes, publia une grammaire et un dictionnaire de la langue zoulou, et entreprit une traduction de la Bible.

Les missionnaires refusaient le baptême aux Cafres polygames. L'évèque Colenso crut devoir les autoriser à garder les femmes qu'ils avaient, sous la réserve qu'ils n'en prendraient plus d'autres. Il motiva cette décision dans une Lettre ouverte à l'archevêque de Cantorbéry , qui fit grand bruit à Londres en 1860. Cet écrit fut bientôt suivi de deux autres, qui eurent un égal retentissement. L'un, Saint Pauls epistle to Bomans, newly translaied {Lomires, 1861), soutenait que les païens ne pouvaient être condamnés à des peines éternelles ; l'autre, the Pentateuch and Book of Joshua examined i^Londres. 1862), mettait en doute l'authenticité des livres de l'Ancien Testament. Colenso dut revenir en Angleterre pour se défendre contre les attaques dont il était l'objet. Déposé de son siège par l'évèque de Capetowu, il appela de cette sentence à la commission judiciaire, qui, en 1 865, déclara que l'évèque avait outrepassé ses droits. La polémique que ces événements provoquèrent amena une scission dans l'Eglise anglicane sud-africaine.

COLENSOA (de Colenso, n. pr.) n. f. Genre de campanulacées-lobéliées. La seule espèce connue est une herbe de la Nouvelle-Zélande.

COLÉOCÊLE (du gr. koléos, vagin, et kèlê, hernie) n. f. Hernie vaginale.

COLÉOCOME n. f. Genre de composées-inuloïdées, renfermant do petites herbes rigides, à corolles jaunes, de l'Australie tropicale.

COLÉODERME (du gr. koléos^ étui, et derma, peau) adj. Zool. Couvert dune enveloppe en forme de sac.

GOLÉONÈME n. m. Genre de rutacées-diosmées. formé aux dépens du gCH-ro diosma, et comprenant quatre espèces qui croissent au cap de Bonne-Espérance.

COLEONI ou GOLLEONI (Bartolomeo), condottiere italien, né en 1400 près de Bergame, mort à Malpaga en 1475. Il jouissait héréditairement d'une quasi-souveraineté sur Bergame. Il fut le type du condottiere, passant constamment d un camp à l'autre , et plus redoutable encore par ses complots que par ses talents. Il apprit la guerre dans le royaume de Naplcs, sous les fameux condottieri SforzaetBraccio; après quoi, il entra au service delà république de Venise, en guerre aveclocnof du parti gibelin, le duc de Milan , Philippe- Marie Visconti. Mais, bientôt,ilentraitau service do co mémo prince, qui, justement défiant, le faisait jeter presque aussitôt en prison. En 1447, il commande l'armée de la république do Milan

reconstituée, et combat le prétendant français, Charles d'Orléans ; l'annéo suivante, il passe aux Vénitiens ot combat François Sforza, le condottiere; puis il s'entend avec Sforzaet lui facilite la conquête du Milanais. Le conseil des Dix chercha, en 1451, à faire assassmor Colooni, sans succès; mais, on 1454, il lui confia pour vingt-cinq ans lo titre de généralissime do la république, qu'il garda jusqu'à sa mort. En 14G8,le pape Paul II voulut lui donner lo cominandomont d'une croisade qui n'eut pas lieu. Il mourut dans son château de Malpaga, entouré d'artistes et d'hommes do guerre, on léguant ù la république de Venise uno partie do ses biens immenses et le conseil de ne plus confier i\ personne les pouvoirs trop étendus dont il avait joui, La Soigneurio lui fit élever par lo Verocchio uno statue équestre, sur la place Saint-Joan-ot-Saiut-Paul.

COLÉOPHORE ou COLEOPHORA {U-o) n. f. Entom. Genre d'insectes lépidoptères, famillo dos tinéidés, type d'une petite tribu dito dos coléophorinés, comprenant do petites teignes dont les chonillo3 vivent dans dos fourreaux {teignes à falbalas do Réaumur).

— n. m. Bot. Gonro rapporté, avec doute, à la tamlllo des ihymélacéos, ot renformantdëgrnndsarbres dont la seiMe espèce connue est origiiiniro au Brésil.

— Encycl. Entom. Les coléophores sont de ]»etito taille ; leurs ailes, nllouf^ées, sont garnies de grandes franges. Elles volent on plein jour. Lours uombrousos espèces, répondues surtout dans

Statue do Coleoni.

CoUopbore (gr. I foU).

GOLÉOPHYLLE — COLETTIS

l'hémisphère boréal, vivent sur toutes sortes de plantes. La coteophora hemerobiella est nuisible aux arbres fruitiers. GOLÉOPHYLLE D. f. Bot. Syn. de COLÊOPTILE.

COLÉOPODE (du gr. koléos, étui et pous, podos, pied) adj. Zool. Qui a les pattes cachées, dans un étui.

COLÉOPTÊRE (du gr. koléos, étui, et pteron, aile) adj. Se du des insectes qui ont les ailes de la première paire ouélytres en forme d'étuis cornés : Le hanneton est l'exemple le plits vulgaire des insectes coléopterks.

— n. m. pi. Ordre d'insectes comprenant ceux qui sont coléoptères : Faire une collection de coléoptères. — Ifn

COLÊOPTÈRE.

— E>"CTCL. Les insectes de l'ordre des coléoptères, outre leurs élytres cornés recouvrant leurs ailes de la seconde paire, ont pour caractères principaux la disposition des pièces de leur bouche conformées pour broyer, leur prothoras ou corselet dégagé du reste du corps, et tous ont des métamorpho-

s es complètes .

c'est-à-dire passent par les stades de larve et de nymphe. Leurs larves affectent des formes profondément différentes de celles des insectes parfaits; elles peuvent manquer de pattes, auquel cas elles sont dites a apodes u. Les coléoptères ont toujours, en principe, quatre ailes : les

supérieures, ou Coléopiére (hanneton) : i élytres, sont parfois de proâl; 3. Larve

soudées , et alors, les ailes de la seconde paire font défaut. Dans la majorité des cas, ces dernières sont construites pour le vol et agissent, soit que les élytres soient largement ouverts, soit qu'ils se soulèvent légèrement comme dans les cétoines. La tête porte des antennes composées, en règle, de onze articles, deux grands yeux à facettes, et presque jamais d'ocelles. Parfois la tête est, en tout ou partie, asymétriaue, comme dans beaucoup de ténébrionides, quelques caraniques, etc. La bouche comporte un labre ou lèvre supérieure, monté sur nn épistome, deux mandibules, deux mâchoires munies de palpes, une lèvre inférieure avec ses palpes labiaux. Le prothorax ou corselet, doué d'une mobilité souvent assez grande, enchâsse la tète, qui parfois se prolonge en un cou, et porte la première paire de pattes. Vient ensuite le mésothorax, portant les élytres et la seconde paire de

Îiattes, puis le métathorax, avec les ailes et les pattes de a dernière paire. Un écusson existe, la plupart du temps, à l'insertion (base) des élytres avec le prothorax. Les pattes sont de formes variables, suivant le genre do vio et les groupes: souvent dilatées en instruments propres à fouir l'paire antérieure), ou aplaties en rames ciliées (paire postérieure) dans les insectes aquatiques. Les articles des tarses varient en nombre de cinq à trois ; leur emploi dans la classification a été abandonné comme présentant dos exceptions trop nombreuses, voire des dispositions numériques différentes, suivant les paires et aussi suivant les sexes. L'abdomen s'insère au métathorax par toute la largeur de sa base ; ses derniers anneaux, souvent cachés sous ceux qui les précèdent, constituent le pygidium et portent, chez les femelles, très souvent, des tarières et oviscaptes, pour la ponte.

L'organisation interne des coléoptères répond à un type supérieur; la perfection de leur système nerveux n'est dépassée que par celle des hyménoptères. Le genre de vie est extraordinairement varié ; les formes pnytophages sont souvent très nuisibles à l'état de larve, comme les charançons. les hannetons, ou bien les formes xylophages détruisent les arbres (scolyte), le bois ouvré (vrillettes), etc.

Par la solidité de leurs téguments, l'élégance de leurs formes et leur coloration souvent riche, les coléoptères se recommandent à l'attention; aussi soot-ils, parmi les insectes, ceux que l'on collectionne davantage, d'autant qu'ils se conservent très bien sans se déformer en séchant. On en connaît près de cent mille espèces, réparties sur le

flobe et variant de taille depuis les gig-antesques scaraées jusqu'aux minuscules ptilium, qui ne mesurent pas l millimètre. Les représentants fossiles commencent à apparaître dans le carbonifère; plus nombreux dans le lias, ils fourmillent dans le tertiaire. La classification des coléoptères présente de grandes difficultés. On a renoncé à les diviser en pentamères, tétramères, trimères, suivant le nombre des articles du tarse. On peut les répartir en seize grands groupes, ainsi disposés : carnassiers ou carnivores, palpicornes, brachél3'tres, clavicornes, cucufides, colydiens, lamellicornes, serricornes, térédiles, xylophages, malacodermes, hétéromères, rhynchophores, phytophages, coccinelliens, érotyliens. La valeur de ces divers groupes est loin d'être la même, le plus important de tous étant assurément celui des hétéromères, qui représente un véritable sous-ordre comme celui des marsupiaux parmi les mammifères. Nous renvoyons à tous ces mots pour l'exposé des caractères.

— BiBLioOR. : Ilarold ctGcmmingor, Cafalof/rts colpopterorum hucmqne descriptorum (Munich, 18G8) ; Lacordaire, Gênera des coU'optères (Paris, 1854-I87r,) ; Jacqnclin Duval et Migneaux, Gênera des coléoptères d'Europe [Varis, 1854- I866);MauriceGirard, les Jnsert€s(Paris, 1874-1885); Brehm, les Insectes {tra^dncl. Kunckel)J'Paris, 1885]; Bedel, Faune des coléoptères du bassin de la Seine (Paris, 1882) ; Reitter et Wcise, Catalogue des coléoptères d Europe (Modîing, 18»0); etc.

GOLÉOPTÉRISTE (risst') n. m. Naturaliste qui s'occupe de l'élude des coléoptères, il On dit aussi coléoptê-

ROLOGUE.

GOLÉOPTÉROLOGIE (jî — dc coléoptère, et du gr. logos, discours) n. f. Partie de la zoologie qui traite dos insectes coléoptères. (Peu usité.)

GOLÉOPTÉROLOGUE n. m. Entomol. V. coléOPTÉRiste.

COLÊOPTILE Mu gr. koléos, étui, et ptilon, plume> n. f. Gaine membraneuse ou charnue provenant des cotylédons,

et qui enveloppe la base de la plimmle dans les liliacées, les alismacées, etc.

COLÉOPTOSE (du gr. koléos, vagin, et ptôsis, chute) D. f. Chute, prolapsus du vagin.

COLÉORHEXIE OU COLÉORRHEXIE (du gr. koléos, vagin, et rhéxis, rupture) n. f. Rupture du vagin, dans certains''accouchements laborieux.

COLÉORHIZE (du gr. koléos, étui, et rhiza, racine) n. f. Sorte de gaine qui enveloppe étroitement à leur origine les radicules de certaines plantes phanérogames.

COLÉORHIZE, ÉE adj. Qui est muni d'une coléorhize : Embryons coleorhizés.

COLÉOSANTHE n. ni. Bot. Syn. de eopatoire.

COLÉOSTACHYDE [sta-kid') n. f. Genre de malpighiacées, comprenant une seule espèce, qui croît à la Guyane.

GOLÉOSTÉGNOSE {sté — du gr. koléos, gaine, et stégnôsis, resserrement) n. f. Rétrécissement du vagin.

COLEPS [lèpss) n. m. Genre d'infusoires holotriches. famille des enchélyidés, comprenant do microscopi(jues animalcules d'eau douce, à corps cuirassé et muni de prolongements épineux, à bouche dépourvue de soies.

COLÉRA n. m. Pathol. V. choléra.

COLÉRA-MORBUS n. m. Pathol. V. CHOLÉRA.

COLERAINE, ville d'Irlande (prov. d'Ulster [comté de Derryj), sur le fleuve côticr Bann ; 6.850 bab. Filature et tissage de la toile de lin connue dans le commerce sous le nom de coleraine. Salaison de viande de porc. Port de quelque importance. Aux environs de la ville, belle cascade de Salmon-Leap (Saut du saumon). Ch.-ïl. d'une baronnie peuplée de 22.000 hab.

COLÈRE (du lat. choiera, bile) n. f. Etat ou mouvement de l'âme qui sélèvo et s'emporte contre ce qui lui déplaît : Transport, Accès de colère. Etre, Se inettrc, Entrer en COLÈRE. Allumer la colère de quelqu'un.

— Poétiq. Déchaînement, agitation violente : La colère des vents, des flots.

— Enfants de colère. Ecrit, sainte. Race maudite ou déshéritée, qui ne peut attendre ou ne mérite que des châtiments.

— Encycl. La colère est une passion violente, causée par une douleur que nous ressentons et qui nous porte à réagir contre les auteurs de notre mal; on peut l'éprouver en ressentant, par sympathie, le mal fait à autrui. Produite par le spectacle de l'injustice ou de l'inhumaniio. elle est V indignation. Eprouvée d'une façon duraljle et après la cessation du mal, elle s'appelle le ressentiment. Elle est à l'origine du besoin de vengeance. Sous sa forme spontanée et instinctive, réaction passionnelle de l'être qui souffre contre celui qui le fait sourt'rir, elle est commune à l'homme et à l'animal.

— Syn. Colère, courroux, dépit, emportement. Colère est le terme généra!. Courroux est un terme noble qui exprime la colère d'un être supérieur, ou qui du moins se croit tel ; il appartient à l'éloquence ou au stylo poétique. Le dépit est la petite colère d'une personne piquée ; il est plus vif que violent. L'emportement est un furieux accès de colère; 1 homme emporté éclate, fait beaucoup de bruit; mais presque toujours cet accès est passager.

— Anton. Calme, impassibilité, niodération, placidité, sang-froid, sérénité.

Colère (De la), le premier en date des traités philosophiques de Sénèque. Il est divisé on trois livres et dédié au frère de l'auteur, Anuceus Novatus, homme fort doux, observe Diderot. — Ce traité fut composé tout au commencement du règne do Claude, au lendemain des fureurs de celui de Caligula. La colère était, avec la soif des voluptés, le vice dominant des Romains. Elle se manifestait particulièrement dans les rapports dos maîtres avec leurs esclaves, dans les luttes politiques, à l'amphithéâtre. Sénèque, pour ses débuts de moraliste, s'attaquait donc à un mal toujours actuel, et chaque trait devait porter. Il épuise la matière qu'il traite au point do vue stoïcien de l'impassibilité. La jeunesse de l'auteur se trahit par des exagérations et un excès de subtilité. L'ouvrage est écrit de ce style nerveux et concis qui restera la marque originale de Sénèque.

COLÈRE (même étymol. que ci-dessus) adj. Facile et prompt à s'irriter : Vn homme en colère peut n'être pas COLÈRE, et un homme colère n'être pas en colère, il Qui marque la colère ; qui est inspiré par la colère : Un air colère. — Fam, Courroucé, qui est en colère : Laissezmoi;je suis colèrm en ce moment.

— Syn. Colère, colérique. Colère désigne l'habitude de se mettre en colère ; colérique marque seulement la disposition résultant du tempérament. Ou bien encore colérique peint l'habitude même, mais il la peint comme une chose comique et n'ayant guère d'importance.

GOLÉRÉ, ÉE n. Personne qui est en colère. (Vieux.)

COLÉRER (SE), V. pr. Se mettre en colère : Il est dans le caractère frayiçais de s'enthousiasmer, de se colérkr. (Balz,) [Vieux.]

COLERET ou COLLERET (ré) n.m. Filet à mailles étroites en forme de nappe simple, avec poche centrale, que doux hommes traînent dans les eaux peu profondes.

COLERETTE OU COLLERETTE (rèf) D. f. Nom que l'on donne aux courtines volantes ou claies dont les pêcheurs se servent pour former un parc.

COLÉREUX [reù), EUSE adj. Prompt à se mettre en colère.

COLERIDGE (Samuel Taylor). poète et publiciste anglais, né en 1772, mort en 1834. Il lit ses études à Christ's Ilospital et suivit les cours de l'université de Cambridge. Devenu suspect à ses supérieurs, à cause de ses sympathies pour la RévoluWon française, il quitta subitement Cambridge, s'engagea dans les dragons, et, après quatre mois de service, abandonna le métier dos armes pour lequel il n'était pas fait. Il écrivit : la Chute de lioOcspicrrr, drame en trois actes.dont les deux derniers sontdeSouihoy (1791); Adresses au Peuple (1795); Poèmes variés (Il 9&) ; Odr à l'année qui finit (1796) ; l'Ancien Marinier, publié dans les e Ballades lyriques » de Word.sworth (1798). La traduction du Wallenslein do Schiller (1800) fut publiée par Coleridgo à son retour d'Allemagne; à cette époque, il s établit à Keswick, non loin do Grasmere où habitait '\^*o^dswo^lh, dans le pays des lacs. De jacobin qu il était, il devint alors roy a-

Coleridg

liste ; il accepta la directiou du " Morning-Post », et soutint la politique du gouvernement. Ses habitudes de fumeur d'opium entravèrent peu à peu sa carrière. Pourtant, il publia encore le Remords, tragédie en cinq actes (1813); Christabel, poème inachevé (1816); fermons laïques {\^16- 1817) ; Biographia literaria ou Esquisses biographiques de ma vie littéraire (1817) ; Feuilles Sibyllines, poèmes (1817); Zapolya, conte dramatique en deux parties (1817); Ti-aité sur la méthode (1818); l'Aide de la réflexion {IS2d); la Constitution de l'Eglise et de l'Etat {1S20). «Tout ce qui de Coleridge mérite de rester, dit Stopford Brooke, pourrait être réuni en vingt pages, et ces vingt pages devraient être reliées en or. " La liste de ses œuvres prouve que Coleridge s'intéressa à une foule de questions littéraires et sociales, mais l'esprit de suite lui a manqué, et il restera l'auteur de l'Ancien Marinier, ballade romantique parfaite, son unique poème réellement achevé. Il a laissé la réputation du causeur le plus spirituel do son temps.

COLÉRIQUE {rik') adj. Naturellement colère, enclin à se mettre en colère ; Le caractère colérique dénonce un symptôme de souffrance ou de mécontentement intérieur, (Virey.) il Qui trahit la colère, qui est inspiré par elle • Vn geste colkru^ue. Des paroles colériques.

— Syn. Colérique, colère. V. colère adj.

— Anton. Calme, troid, impassible, placide, serein. COLÉRIQUEMENT [ke-7nan) adv . Avec colère, d'une manière colérique : /ff'yjonrfre colériqdement. (Peu usité.)

GOLÉRISER V. a. Mettre en colère, irriter. (Inusité.) COLÉRITE (du gr. kholè, bile) n. f. Liqueur acide dont on se servait autrefois pour essayer l'or.

COLES, comm. d'Espagne (Galice [prov. d'Orense]), sur le Mino ; 5.600 hab.

COLÉSULE {du gr. koléos, étui) n. f. Bot. Petite bourse membraneuse qui entoure les spores des hépatiques.

GOLET (Jean), théologien anglais, né à Londres en 1466, mort en 1519, fils d'un lord-maire. Lié avec les hommes les plus distingués du temps, Erasme. Budé, etc.. il attaqua les abus du clergé, condamna le monachisme, blâma le célibat des prêtres, rejeta la confession auriculaire, fut accusé d'hérésie et faillit être condamné au feu. Il employa à la propagation de l'instruction la plus grande partie de sa fortune, et fonda à Londres l'école de Saint- Paul. On a de lui des ouvrages de théologie, des sermons, des Jiudimenta grammatices, des Epitres à Erasme.

GOLET (Hippolyte-Raymond), musicien français, né à Uzès en 1808, mort à Paris en 1851. Elève du Conservatoire, il obtint en 1834 le second grand prix de Rome à l'Institut. En 1839, il fut nommé professeur d'harmonie auCon- .servatoire, et, en 1841, il fit représenter sans succès à l'Opéra-Comique un petit ouvrage en un acte, l'Ingénue. Colet a publié : la Pa7iharmo7iie ynusicale ou Cours complet de composition théorique et pratique ; Partimenti ou Traité spécial dédié aux pianistes; les Harmonies du Conservatoire, ouvrage qu'on peut appeler le contrepointiste moderne. Il a fait les accompagnements de piano médiocres du recueil intéressant de Chants et chansons populaires de la France, publié par l'éditeur Delloye.

GoLET (Louise Revoil, dame), femme de lettres, née â Aix en Provence en 1810, morte à Paris en 1876. Fille d'un négociant, elle épousa, en 1834, le musicien Hippolyte Colet. Louise Colet débuta par un recueil de vers : Fleurs du Midi{\^Z&\ et eut, à quatre reprises, des poésies couronnées par l'Académie franraise. Critiquée par Alphonse Karr, elle essaya de le frapper d'un coup de couteau, mais fut désarnàée par lui. Après la mort de M*"* Réoamier, son amie, elle reçut les habitués de l'Abbaye-au-Bois. Belle et intelligente, elle fut liée intimement avec Cousin, Vilieniain, Musset, Flaubert. Parmi ses ouvrages en vers, nous citerons : Ppvserosa (I839j; Charlotte Corda-y et M"" Roland (1842) ; les Chants des vamcus (1840); Ce gui est dans le cœur des femmes [18^2] ; Ce qu'on rêve en aiinant (1854); le Poème de la femme : la Paysanne (1853); la Servante (1854); la Religieuse (1856); la Satire du siècle (1S68); etc. Mentionnons parmi ses ouvrages en prose : la Jeunesse de Mirabeau (184I); les Cœurs brisés (1843); Folles et saintes (1844); Veux femmes célèbres (1S46); Lui {1859}, roman sur Alfred de Musset; Promenade en Hollande (1859); l'Italie des Italiens (1862-1864); les Derniers Abbés (1868); les Dévotes du grand monde (1873); etc.

COLETTE {lèt') n. f. Religieuse non cloîtrée de Sainte- Claire. 11 On écrit aussi collette.

— Faire la sœur colette. Fam. Faire la prude, la saintonitouche.

— En T. de comm.. Sorte de toile do Hollande.

Colette (sainte), dont le nom de famille était BoilkT née à Corbie, en Picardie, en 1380, morte à Gand en 1446- Elle embrassa de bonne heure la vie religieuse, vécut successivement dans diverses congrégations, puis entra dans l'ordre de Sainte-Claire, dont elle entreprit la rél'orme. Elle échoua en France, mais réussit en Savoie, en Itourgogne, dans les Pays Bas et en Espagne. Elle fut canonisée en 1807, par Pie VIL — Fête lo 6 mars.

COLETTINE (lé-fin) n. f. Religieuse Clarisse de la réforme de Sainte-Colette, dont l'ordre fut fondu, en 1517, avec ceux des clarisses et des urbanistes, sous le nom do " ordre des obscrvantines ».

GOLETTIS ou KOLETTIS (Joannis), homme d'Etat grec, né près de Janina on 1788, mort à Athènes en 1847. II devint, en 1810, médecin du fils du célèbre AH, pacha do Janina. En 1821, il lovait l'étendard dc la révolte contre la domination turque. Député au congrès d'Epidaure (1821-1822), il prit une part prépondérante dans la rédaction de la nouvelle constitution. Nommé ministre de l'intérieur, il fut envoyé, en 1827, en Attique et en Eubée,

pour entraver les prog:rès de l'armée turque, qu'il battit a L'arystûs. II poussa Capo d"Istria à la présiJenco de la. GrÔL'w, el fut nommé mouibro du Paahelleuion. Après la mon du président (1831), Coleltis lit partie du gouvorDomout provisoire, contribua à la cuuto d'Augustin Capo d'istria (1832) et, après l'avônoment d'Otbou, il fut plusieurs fois ministre.

Il représenta la Grèce à Pans, en 1835.

Cûleus : a, fleur.

GOLEUS {lé-uss) n. m. Genre de labiées, tribu des ocymoïdées, comprenant plusieurs espèces, qui croissent dans les régions chaudes do l'ancien continent et do l'Australie.

— Encycl. La plus ancienne espèce connue dans ce genre habite Java et les autres lies de l'archipel indien. C'est une plante médicinale, aromatique et antispasmodique, comme la plupart des labiées ; les Indiens s'en servent aussi pour assaisonner les mets, ou pour parfumer le linge. Citons le coleus Verschaffelti, dont on tiro une matière colorante rougo.

COLFAVRU (Jean-Claude), avocat, et homme politique français, né à Lyon eu 1820, mort en 1891. Elu, en 1850, représentant de Saône-et-Loire à l'Assemblée législative, il y siégea à l'extrême gauche, fit une ardente opposition à 'la politique de Louis Bonaparte, et fut emprisonné à Ma2as, après le coup d'Etat do 1S5: . Proscrit, il alla habiter Londres, puis Jersey. Rentré en France après l'amnistie de 1859, Colfavru se fit inscrire, en 1861, au barreau. Pendant le siège de Paris, il devint chef du 85* bataillon de la garde nationale, avec lequel il assista aux batailles de Champigny et de Buzenval. En 1885, il fut élu député, sur un programme radical, par le département do Seine-et- Oiso. Il a publié : le Droit commercial comparé de la France et deVAnqleterre{\%^\)\ Du mariaae et du contrat de mariage en Anf/leierre el aux Etats-ùnis (1868); De l'organisation du pouvoir judiciaire sous le régime de la souveraineté nationale et ae la République (1882); etc.

COLI n. m. Comm. V. colis.

COLI n. m. Subdivision d'un canton en Turquie.

GOLI, comm. d'Italie (Emilie [prov. de Plaisance]), près de la Trébio; 4.200 hab. Carrières de marbre Vert,

COLIADE ou GOLIAS [li-ass) n. f. Genre d'insectes lépidoptères rliopalocères, famille des piérides , comprenant de jolis papillons à corps robuste, à ailes inférieures formant uuo gouttière qui embrasse l'abdomen, plus court que les ailes.

— Encycl. Les coliades, dont on connaît une quarantaine d'espèces, réparties dans l'hémisphère nord, sont de taille coliade (réd. de moitié), moyenne et décoloration ordinairement jaune soufré varié d'orangé ; leurs chenilles vivent sur diverses légumineuses herbacées.

GOLIART {ar) n. m. Nom vulgaire de la raie blanche.

COLIAS(/i-ass)n.m. Espèce de poisson du genre scombre ou maquereau, qui est le scomber colias, ou maquereau pneumatophore. ses noms vulgaires sont : cavaluco à Nice, aoumeaou bias à Marseille, gros yol et biar à Cette, bézet dans le Roussillon, etc.

— Encycl. Les écrivains de l'antiquité classique, Pline, Athénée, etc., ont désigné par le nom de cohas divers scombres, parmi lesquels, sans doute, les jeunes individus du maquereau commun, confondus encore aujourd'hui, dans les marchés de Provence, avec le vrai colias, sous le nom do cogniul.

Colias. Myth. gr. Surnom d'Aphrodite, qui avait un temple sur le cap CoUas, en Altique.

GOUBET {bè) n. m. Nom que les pécheurs dits o islandais » donnent à une partie do la langue de la morue. Ce morceau est réputé comme très délicat.

GOLIBRI (mot caraïbe) n. m. On désigne par co nom, d'une manière générale, tous les oiseaux-mouchos, c'est-àdire les passereaux tônuirostres do la famille aes trochilidés. V. co mot et oisE\u-MODCHE, pour les emplois industriels, plumasserie, etc. Colibri

— E.NCYCL. Le genre colibri proprement

dit [trockitus) renferme plus de cent cinquante espèces, réparties dans environ soixante-cinq sous-gonros. Tous présentent comme caractères communs ; DOC de longueur moyenne, aplati à sa base, pointu; pattes courtes et faibles, à tarses minces; ailes longues et étroites; queue

filus ou moins fourchue. L'espèce tyjto t7'oc/iilus colubris) est colle qui remonte lo Élus au N. ; on la trouve dans l'est dus Itats-Unia, au Canada, au Labrador.

Longueur : 10 centimètres; vort, à rotlets dorés, gorge carminée tachetée do noir, vontro ulanchâiro; très commun.

GOLICAILLE {ka-ill [Il mil.]) n. f. Fam. Politos cohfiiios. (Ions.)

GOLICHEMARDE adj . Se dit, en langage modorno, d'une forme de lamod'épéo qui, largo dans sa [iromiôro moitié, va en s effilant brusquement en carrelet après un ressaut : Une lame colichemarde.

— n. f. Epéo û^ant une lame do cotto forme. (Elle était surtout employée au xvii' siècle, mais on la retrouve encore & l'époque actuelle dans quelques salles d'armes.)

— Encycl. On a dit. sans aucune prouve, quo lo mot coliehemarde venait de Kœnigamnrk, aventurier tlu xvn' siècle, qui l'aurait mise à la modo. Cetto explication fantaisiste somblo avoir été iuventéo vers 1848. Uuo forme

Colîrhpmardfi (XVI* iléolr).

semblable d'épée existait en France, au xvi' siècle, sous le nom de franc-taupin. V. co mut.

GOLIC^TANT(^in),ANTEn. Se dit do doux ou (le plusieurs culiéritiors ou copropriétaires, au nom desquels se fait une vento par licitatiou : Héritiers colicitants. V. licitatiûn.

— n. m. : Les colicitants. Les avoués des colicitants.

GOLICO, comm. d'Italie (Lombardie [prov. de Côme]), sur le Kusio,près du lac de Côme; 3.540 hab.

GOLICODENDRON {din — du gr. kôlikos, colique, et dendron, arbre, par allas, aux propriétés drastiques do ces végétaux) n. m. Bot. Syn. de quadrelle.

GOLIÈRE n. f. Se disait anciennement pour le harnachement couvrant l'avant-main du cheval, par opposition à la culière, garnissant l'arrière-main. il L'expression plus régulière est PICIÈRE, ou PISSIÉRE.

GOLIFIGHET (chê — de coller, et ficher) n. m. S'est dit primitivement pour désigner des ornements en papier découpé et collé, et, plus tard, des ouvrages de broderie sur, un tond de papier, ii Bagatelle, babiole, petit objet futile :' Le luxe amène nécessairement le goût de ta recherche et des colifichets. (Mirab.) li Ouvrage ou ornement d'art ou de littérature d'un goût mesquin et puéril : Le colifichet est déplacé partout, mais surtout datis les monuments. Il Pâtisserie sèche et légère, que l'on donne aux petits oiseaux.

— Par ext. Personne légère, d'un esprit ou d'un caractère futil et puéril :

Ne verrai-je jamais les femmes détrompées De ces colifichets, de ces fades poupées. Qui n'ont, pour imposer, qu'un grand air débraillé ? ReqNâRd.

— Adjectiv. Léger, puéril. (Peu usité.)

— Monn. Petite machine qui servait autrefois pour réduire les monnaies au poids légal.

— Techn. Petite pièce triangulaire, que l'on assemble dans un panneau de parquet- il Support en terre cuite, que l'on appelle aussi pernette, et qui sert à soutenir, dans les cazettes, les poteries dont la glaçure se ramollit pendant la cuisson.

— Syn. Colifichet, babiole, bagatelle, breloque, brimborion. V. BABIOLE.

GOLIGNONIE {gho-7ii [gn mll.]i n. f. Genre de nyciaginacées, renfermant des plantes herbacées ou frutescentes de l'Amérique tropicale occidentale.

COLIGNY(lat. Coloniacum), ch.-I. de cant. de l'Ain, arrond. et à 22 kilom. de Bourg, au pied du Revermont; 1.716 hab. Ch. de f. P.-L.-M. Teintureries, ébénisteries, distilleries; commerce de fromages. Volailles renommées. Restes d'un ancien château. Siège d'une des principales seigneuries de la Bresse. Coligny se divisait dès le x* siècle en dexLx parties : Coligny-le-Vieil et Coligny-lk-Nedf, dont la seconde revint en 1563 à l'amiral Gaspard de Coligny. — Le canton a 9 comm. et 9.503 hab.

Coligny (Gaspard de), dit le maréchal de Chàtillon, né vers 1470, mort à Da.x en 1522. Il parut avec distinction aux batailles de Fornoue[1495) et d'AgnadeI(i509). reçut le bâton de maréchal en 1516, fut place, en I52i, â la icte des troupes françaises qui opéraient sur l'Escaut, et, l'année suivante, à la tête de celles que François I"" destinait à l'envahissement de la Biscaye. II mourut au moment où il allait entrer en campagne. — Il avait épousé, en 1514, Louise de Montmorency, sœur du futur connétable; il eu eut quatre ûls : Pierre, né le 4 novembre 1515, mort jeune ; Odet, Gaspard et François.

COLIGNT (Odet de), deuxième fils du maréchal do Chàtillon et ae Louise de Montmorency, né au château de Châtillon-sur-Loing en 1517, mort à Hampton-Court (Angleterre) en 1571. Destiné, comme cadet, à l'état ecclésiastique, il fut créé cardinal en 1532, archevêque de Toulouse en 1534, puis évêque-comto de Beauvais. Gagné, comme ses frères, au calvinisme par l'exemple do sa mère, morte protestante (1547), il ne laissa rien paraître de ses opinions jusqu'en 1560. L'année suivante, il abjura le catholicisme, et fut, deux ans plus tard, excommunié par lo pape. Toutefois, il garda toute sa vie son ancienne signature : le Cardinal de Cuàtillon. Plénipotentiaire des protestants durant la guerro civile (déc. 1567-mars 1568). il dut fuir en Angleterre, l'automne suivant, lorsque Catherine de Médicis cherchait â s'emparer dos principaux chefs protestants. Il mourut empoisonné, dit-on, par un de ses domestiques, à l'instigation do Catherine do Alédicis, alors qu'il se préparait à regagner .sa patrie, à la suite do l'ôdit do paix de Saint-Germain (juill. 1570).

Coligny (François dk). seigneur d'ANDiiLor, quatnènio fils du maréchal de Chàtillon et de Louise do Montmorency, né à Châtillon-sur-Loing on 1531, mort en 1569. Ayaiît, comme ses doux frères, embrassé la Réforme, il fut, l'ardent promoteur dos levées de boucliers de 1560, do I5G2 et de 1567 parmi ses coreligionnaires, que Gaspard chercha toujours à calmer.

Soldat intrépide et général habile, il parut avec honneur aux batailles do Dreux (1562), do Saint-Denis (1567) et do Jarnac (1569). Il mourut pou après co dernier choc, om-

Foisonné, probablement, à instigation do Catherino do Médicis. ■

Coligny (Gaspard dk), ^^^ soigneur de Ciiàtili.on, troi- "J^^.

sièmo fils du maréchal do * ' ' Chàtillon et do Louise de Montmorency, né â Châtillonsur-Loing on 1519, mort â Paris on 1572. 11 fit ses premières armes en Flandre on 1513, et y fut grièvement blessé. Il so distingua ensuite au siègo de Carignan ol â la bataille do Cérisolos (1544), et reçut, on 1547, la charge do colonel général de l'infanterio française, qui le plaçait, dans la hiorarchio, â In suite des maréchaux uo Franco. C'est alors qu'il composa sos Ordonnances sur le fait des gens de guerre, qui sont coninio l'ombryon do la discipline française modorno. En 155?, il fut "nommé amiral et s'illustra par ses onlroprjsos do colonisation. Il y ont trois expéditions distinctes : l'uno on 1552, ayant pour objectif lo Brésil ; doux autres, on 1562

Gaapard da Coligny.

Statue de Coligny, à Paris.

COLEUS — COLIMA

et en 1565, dirigées sur la Floride. Elles échouèrent parce qu'elles eurent contre elles l'hostilité dos Espagnols, l'apathie ou le mauvais vouloir do la cour de Franco.

Ces trois tentatives s'encadrent, dans la vie de Gaspard do Coligny, au milieu d'épreuves tragiques. En 1557, Coligny s'enforma dans Saint-Quentin, assiégé par les Espagnols, et sa valeureuse défense donna le temps au pays de s'armer derrière lui. Mais il fut pris, et sa captivité nt se termina qu'après la signature du traité de Cateau Cambrésis (3 avr. 1559). Durant cet intervalle, il inclina vers la Réforme, qu'il ne tarda point à embrasser.

Coligny fut, vraisemblablement, étranger au « tumulte d'Amboise > . Il fut, en tout cas, le plus ardent champion dt la paix au début du règne de Charles IX. La guerre civiUayaut éclaté sans lui et malgré lui, il fut, désormais, lo plus redoutable champion des revendications des protestants, bien qu'il n'ait jamais été de titre leur chef. Il se montra plus habile à réparer des échecs qu'à les éviter.

La paix ayant été signée à Saint-Germain (juill. 1570), il s'efforça d'amener Charles IX à une guerre contre l'Espagne. Il semblait sur le point d'y parvenir lorsque la reine mère, voyant son crédit près d'être ruiné par le crédit de l'amiral, inspira au roi des soupçons sur la fidélité de Coligny. Le 22 août 1572, celui-ci, au sortir du Louvre, fut blessé d'un coup d'arquebuse par Maurevel, assassin aux gages des Guises. Charles IX lui promit de*^

10 venger. Mais, le 24 août, eut lieu la Saint-Barthélémy : l'amiral fut assassiné par l'Allemand Bcsme, à l'hôtel do Ponthieu, sa demeure, ot son cadavro fut porté au gibet do Montfaucon.

Gaspard de Coligny s'était marié : !<• à Charlotte de Laval (16 oct. 1547), de qui il eut cinq fils et deiLx filles; entre autres François et Louise (v. ci-après) ; 2" à. Jacqueline d'Eutremont, en 1571, de qui il n'eut qu'une fille.

— BiBLiOGR. : Tessier, l'Amiral de Coligny ; Delaborde, Gaspard de CoUgny, amiral de France (Paris, 1879-1883).

Coligny (Louise dk), fille de l'amiral et de Charlotte de Laval, née à Châtillon-sur-Loing en 1555, morte à Fontainebleau en 1620. Mariée, en 1571, à Charles de Téligny, elle vit périr son père et son mari, l'année suivante, dans la nuit de la Saint-Barthélémy (24 août"). Réfugiée en Suisse jusqu'en 1576, elle vécut ensuite en France dans l'obscurité; elle épousa le prince d'Orange, Guillaume lo Taciturne (1583). Elle lo perdit en 15S4, assassiné, comme son premier mari, sous ses yeux. Dans ses deux patries, la France et les Pays-Bas, elle remplit dès lors un rôle diplomatique d'une réolle importance, bien qu'elle fût peu soucieuse déjouera la « femme d'Etat n. C'est ainsi qu'elle réconcilia lo duc do Bouillon avec Henri IV (1606), contribua puissamment à la signature de la « Trêve de douze ans " entre l'Espagne et les Provinces-Unies, et so mêla aux ([uereîlos tnéologiqucs des arminiens et des goraaristes.

— BiSLiOGR. : Paul Marcliegay, Correspondance de Louise de Coligny (Paris, ISSS).

Coligny (François de), fils de l'amiral de Coligny et de Charlotte do Laval, né à Chùtillon-sur-Loing en 1557, mort à Chartres on 1591. Il chercha, lors de la Saint-Barthélémy, comme sa sœur Louise, un refuge en Suisse. Il fit ses premières armes en 1575, dans le Languedoc. En 1597, il reçut du roi de Navarre, chef des protestants, l'ordre de lui amener une grosso arméo de reîtres, de lansquenets et de Suisses, levée à grands frais. Il échoua dans cotto tâcho, par suite du mauvais vouloir de ces alliés coûteux, beaucoup plus soucieux de piller que de faire campagne. A quelques mois do là, il réconcilia lo roi de Navarre ot Henri III.

11 mourut au service, trois ans plus tard. De son mariage avec Marguerite d'Ailly do Pecquigny, il eut. trois enfants: Henri, né lo 5 août 1583, tué au siège d'Ostonde le lO septembre 1601 : Gaspard; Françoise, mariée lo 4 avril 1602 û. René de Talcnsac, soigneur do Londrièros-

— BiBMOCfR. : Jules Delaborde, François de Chastillon, cotnte de Coligny (Paris, 1885).

Coligny (Gaspard de), dit le maréclial de Coligny, fils puîné du précédent et de Marguerite d'Ailly do Pecquigny, né t Montpellier en 15S4, mort en 16i6. Quoique protestant, il fut assez médiocre nartisan de ses coreligionnaires. Sans so tenir à l'écart lorsqu'ils prirent les ai'ines (1626), il évita do so mettre en évidence. Il dut les faveurs do la cour et le bâton do maréchal à cette attitude, venant chez lui d'une lenteur invincible à so déterminer, plutôt quo d'une réserve calculée. Il prit Damvillors on 1535 et Arras on 1640. Battu à La Mariée parle comte do Soissons (1641), il n'eut plus do commandements. Sa terre do Chàtillon fût érigée en duché-pairie, on sa faveur (1543). — Do son union avec Gabriello do Polignac (1615), il eut quatre enfants, dont l'un, Gaspard, né lo 9 mai 1620, so distingua particulièrement aux sièges d'Ivry (1638) et do Saint-Omer (1639), A la prise d'Arras (1640), "ù la bataille do Rocroy tl643J, et reçut uno blessure mortelle au combat do Charenton, pondant laFrondo (1649). En lui s'éteignit la postérité masculine do l'amiral.

Coligny (Jean de), comte dk Salionv. parent éloigné d»> l'amiral de Coligny, né au chAtoau do Saligny (Francho- Conité) on 1617, mort au ch&toau do La Motto-Saint-Jean on 1686. l'un dos plus intrépides compagnons d'armes du grand Coudé pendant la Fronde, puis commandant d'une partie des troupes catholiques, équipées on 1664 pour soutenir l'cmporour d'Allomagno Lôopold contre les Turcs. Sos A/émotres. qu'il rédigea au retour do cette expédition et dont la meilleuro édition est celle donnée en 1841 paï Monmori(Ué, le placent au nombre des bons écrivains do son temps.

Colima, un dos plus petits Etats du Moxiquo, situé sur l'océan Pacitiquo, limité au N. ot & l'E. par les Etats do Jalisco ot ot do Micliuacau. Suporf. évaluée A 5. US kil. carr. ; pop. : .%5.077 hab. L'Ktut est formé do plaines, qui sont situées oniro dos chaînes parallèles A la c6to et qui s'étagoul en gradins vers l'iniérieur. Lo chef-lieu ost Colima: 19.305 hab. Filatures do coton, polorios; plantations do caféiers, do cotonniers. La ville est près d uno

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