DIRECTION DES AÉROSTATS
La question la pins intéressante relative aux applications de la machine aérostatique^ est bien certainement celle des transports par air. Sous ce rapport , la direction des ballons et les moyens d'y parvenir ne sauraient être entièrement passés sous silence.
Comme nous ne pouvons pas traiter ici ce chapitre, qui demanderait des développements que ne comporte pas ce Manuel , nous nous bornerons à des indications générales et à quelques faits relatifs à divers essais proposés ou tentés.
Depuis rinveution des aérostaU, il faut l'avouer, on n'a fait aucun essai dont !on ait |pu raisonnablement déduire que la direction était impossible. A cause des frais toujours énormes que causent les essais aérostatiques, on n'a pu jusqu'ici en tenter aue de partiels, et ils ont tous échoué. Ce n'est pas avec d'aussi faibles machines que celles dont on a fait usage jusqu'à ce jour, qu'on pouvait faire des tentatives utiles. Les ballons dont on s'est servi ne sont que de frêles canots» quand il faudrait de gros et bons vaisseaux capables d'enlever douze ou quinze rameurs, et dont l'enveloppe pût être, assez compliquée pour ne laisser craindre ni rupture ni déperdition sensible. Un tel aérostat, en permettant de prolonger les expériences et les essais pendant plusieurs mois de suite, serait bien propre à éclairer enfin sur une question aussi intéressante, aussi importante. On essaierait tour à tour les rames, les ailes, les voiles; les différentes manières de monter et de descendre seraient également mises en expérience ; on étudierait l'atmosphère, on reconnaîtrait la direction^ la constance et la force des larges vents alises qui existent dans les hauteurs de l'air. Tous ces moyens, variés de mille manières » diversement combinés et mus par des forces imposantes, procureraient très-certainement de grandes lumières sur l'aéronautique. Ce ne serait pas d'un coup une navigation aérienne ; mais une fois les premiers pas faits dans la carrière, nul doute que les étonnants avantages de toutes espèces que cette machine présente aux spéculations de Thomme , ne la fassent servir, dès les commencements, à des expéditions qui la rendraient plus parfaite et plus sûre; et bientôt il ne lui, manquerait plus que ce degré de perfection que le temps donne seul à tous les arts, perfection dont la navigation maritime no\i8 offre bien la trace longue et pénible, puisque, après des milliers de siècles et des ezpétiences continuelles, elle laissa
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encore tant à désirer. Si on homme seul, montant une barque légère, à laquelle il aurait adapté des Toiles, eût tenté de se diriger sur les mers avec leur aide, aurait-il réussi? Ndn sans doute : la fragilité de sou esquif, le trouble inséparable d'une telle tentative eussent agi sur son esprit, et l'ombre même du danger, eu paralysant son courage, eût rendu impuissantes toutes les combinaisons de son génie. Ce ne fut qu'en s habituant peii i peu au spectacle effraja&t ^a offrit à l'imagination des premiers navigateurs U vaste étendue des mers , en accoutumant par degrés leurs yeux aux mer* ▼eilles nouvelles qui se présentaient à euk choque foia qu'ils osaient s aveniurer plus loin » que l'hoibme est eiifiâ parvenu à se rendre maître de ses sensations, et à réprimer l'eifroi dont durent être saisis les premiers qui se trouvèrent hàléê au milieu des eaux, et perdirent de vue le rivage qa'iisTC* naient de quitte^.
L'aéiXMtat perfectioanç deviendra^ feutré les moins dt l'homme, le mobile an plnk faaot période de ses c^Bolasan-» ces : les cortM n'ont pins de pmds^ la distaBiees'aaéaiitit : point d'obstades invincibles dès4ors; ses mouvements > abssi libres que son imagination, Im pennettentde tout tenter; ils'élaBce d'on p^le à Tautre avcb U rapidité de l'éclair^ et ne trouvant pins d'entraves à son génie > il se livre à des tonceptiènS si vastes que l'esprit se refuserait aiq<Mtrd'hiii à les eroire. ^ L'homme aura ses vaisseaux flottants au kein des airs, oomna déjà il les a sur les eaux ; l'aérostatioa abrs trouvera ses Ofaristophe*Ck>lomb, ses fioogainville, ses Code; MontÉht uiie machine aussi brillante qse sûre » embrasiant un immebse honeon , bravant tons les dangers et les ennuis de la navigation maritime, ce ne seront plus des voyages longs et périlienx, ce ne sera pins an hasard qu'il osera s'avancer^ ses |>as ne seront plus incertains. Pli^s léger que l'air qni bspoite, îi devance les vents, se transportant, avec une vitesse infinie» de contrées en contrées, d'une partie du nwnde dans une outre, il relie et anit ainsi les peàples nombreux répaados sur la surface de la terre.
La navigation maritime, en rendant les transports profluptt et les communications faciles, en établissant Je lieu réciproque des échanges entre des hommes qui, sans elle, ne se seraient jamais connus, est, après l'imprimerie, la découverte qui aie plus contribué à étendre et à propager les connaissances. »Q8 ce rapport , nous devons attendre de la navigation adncnne «fbuatiisMMtfifeitsot une foula d'avantages inespMt.
Dl I.A MACnifl ABaOSTATIQOS. j$y
On a conndéré avec raison la direction aérostatique comme le batanqael de? aient tendre les travaux de tous ceux qui voulaient s'occuper des aérostats, dont l'utitité serait toujours très- bornée si on ne trouvait le moyen de les diriger.
Trompé par des expériences annoncées avec emphase, on ëtayées même de calculs qui n'en auraient point imposé m on eût pris le soin de les vérifier avant d'asseoir un jugement, on a relégué la direction des aérostats dans le chapitre les sciences imaginaires, avec la pierre philosphale, la qua- Iratnre du cercle, le mouvement perpétuel, etc. etc. ; et au ien de se livrer à des recherches, ditiîcnl tueuses il est vrai, nais nécessaires pour prononcer avec quelque certitude, on t trouvé plus facile de s'en rapporter aux autres, et de répé- :er après eux qu'il était impossible de diriger les ballons.
S'il est une chose impossible dans cette question, c'est de prou* 'erqu'on ne pourra jamais diriger les aérostats. Bien loin de à, un grand nombre de savants distingués, qui ont examiné' :e projet avec soin et impartialité , l'ont trouvé sinon facile» lu moins essentiellement possible, et pouvant être soumis au aïeul. C'est ainsi que l'ont également pensé toutes les Acalémies qui ont proposé des prix pour obtenir cet important ésultat.
La plupart des expérimentateurs qni ont tenté des essais ur la direction, et qui, à cet effet, se sont servis d'ailes , de âmes ou de surfaces planes ou inclinées, ont presque toujours ommis une erreur qni entraînait la nullité complète de leurs Qoyens. Ils ont, pour la plus grande partie, considéré la [uestion sous un faux point de vue, et se sont dit : V aérostat longé dans Cair y est dans une équilibre parfait y et, par un imps calme, la moindre petite fonx le fera avancer vers le oint de C horizon sur lé(fuel t impulsion donnée le dirigera ; en> uite : Le vent ayant une vitesse de tant de degrés , f imprime
mes machines un mouvement dont la vitesse excède celle du ent de tant de degrés; donc je me dirigerai, même contre le ent. Peu d'entre eux ont fait attention à la masse énorme 'air déplacé par le ballon , et qui, le pressant de toutes parts, oppose à sa marche. Il est bien des choses à considérer avant e parvenir à diriger un aérostat. Si l'on adapte un bon 3oyen à un ballon , dont la forme ne soit pas propre à fendre 'air, on ne réussira pas; il s'ensuivra que le mécanicien, qui l'aura considéré la direction que sous le simple rapport de on art> se hâtera de publier lui-même que les ballons sont