CHAPITRE XK
BEGHSBCHE DES GOUBANTS AÉRIENS.
■XPiRlUldÉ DE LA VLOTILLB ABaOSTATK^UB (HOVIIIBRX H^A.)
î>e larges vents alises régnent k difierentes .hauteurs dans Tatmosphère. L'air troublé à la surface du sol par le rouage de là terre sur elle-même, par son mouvement annuel de trans* lation dans l'espace, se rasseoit bientôt et se calme; les aspérités du globe qui ont une grande influence sur les parties basses de l'atmosphère, et qui occasionnent tant de remous et de vents locaux, n'ont. aucune valeur à une élévation de cinq à six mille mètres. A cette hauteur il semble que Tair soit mu par une seule force^ l'entraioant nniformément du couchant ^u levant.
feÉCBEilèHB tlfiS CotîHiNtS ÀiSriSIIS,. . ^%^
feerghausdans son magnifique Atlas; M. de Humbotdt dans l« Cosmos, ont tous deux fait de curieuses recherches sur les moussons et les courants constants si utiles aur navigateurs et qu'où voit souffler en divers lieux de la terre avec plas 'ou moins de durée, plus ou moins d'intensité, pendant les difï<$. rentes saisons de l'année. Nous avons entendu avec bonheur M. Becquerel, dans soù Co^^8 de Physique appliquée (Muséum d'Histoire naturelle, 1848-1846), expliquer et démontrer de la manière la plus savante à ses nombreux auditeurs comment ces phénomènes se rattachaient tout à la fois aux causes astronomiques et physiques qui régissent notre univers.
D'autres courants sublunaires, d'autres vents alises, plus ou moins larges, plus ou moins constants, bien peu connus encore il faut en convenir, mais qui assurément existent dans l'atmosphère et qu'il faudrait aller reconnaître et étudier sont" avec les moussons et les vents alises régnant à la surface des mers, et si pratiqués par la navigation maritime, les voie» de communication, les routes, les grands chemins ouverts k. la fu. tare navigation atmosphérique.
L'homme peut entrer en possession des vastes champs de l'air ; par l'aérostation ils lui sont ouverts. Le pvemier ballon lui s'est élevé, monté par des hommes, le ai novembre 1783 lu château de la Muette, près Paris, en a consacré la cou^ |uéte. ^
Lors de ma première ascension aérostatiîjue , au mois de Sovembre 18.4 J avais inscrit sur le drapeau qii abritât ma lacelle, et que j ai soigneusement conservé depuis, ces mots? IdmajoremMontgolfiençloriam, Cette devise devrait être la égende obligée de toute machine aérostatique ; elle sera celle lu premier vaisseau aérien si le commandement m'en est onfié, qui tentera dans l'air la voie des découvertes, au fioyen d un premier voyage de circumnavigation. A MoutRoU ler revient toute la gloire de l'invention.
Dans l'existence, dans la connaissance et la pratîmie inteU igente et hardie des courants aériens, se trouve le dévelon- ^eoient futur de la navigation aérienne. Là est n'acception arge et puissante de ces transports réguliers par air, d'homlies et de marchandises, qui seront, à n'en pas douter, le deiv Lier mot de la locomotion future. Tous les bons esprits eu érostaiion . ont pensé à profiter de l'air pour se translate, [ans lair. La uayigatiou maritime à la voile compte des mUiW dannées dexpénen«; la nç;vigatioa à vapeur ns faif
Àérosiaiioth ^^
^A lôcsncHB va oouftAsrs aekiens*
CDOOK que de naître. Soyons imiutenrs ; marchons pas à pa
ilans cette carnère tonte neuve ; plus tard, de nouvelles t
Mondes applùntioas viendront sans donte; mais sachons at
ttodre.
Q«sl tort ûunense n'ont point fiait à Fart aérostati^ mielqwesHinsde ces inventeurs malhenrenx qui s'obstineiît ch pais cinquante années à rechercher le moyen de diriger L h^UoHS (c'est le mot consacré) ? An miliea de quelques travaa aéiieiff, combien de projets singuliers, bizarres, ininteliigeni des premiers éléments de la matière, n'ont*ils pas été présen tés! La science ^alignée, rebutée, a fiai par ne plus vouioi examiner les seuvres sans noms de ces chercheurs malencon
En i6t4, ma première etpérience avait déjà ponr objet 1 i^ckercbe et l'étude des courants aériens. Biais l'appareil ai qiiel j'ai en recours alors, construit snr nne échelle trop pe tite et avec des matériaux' trop pen étudiés, ne me permit pa d!afteinére, dès cette première fois, nn bon résultat.
Cette première expérience devait avoir lieu publiquemen ' mm Cham^p-de>Mars à Paris, au mois de juin 1824- Un conconi de drconstances la fit remettre an mois d'août suivant ; la isa ladie du roi Louis XVHl, sa mort arrivée en septembrte, la rc tardèrent de nonvean. Ei^n, ^le ent lien cette même année le 7 novembre i834> chez M. le duc d'Anmont, un des pRnûfers gentilshommes de la dmmbre, dans son habitation à Montjeao, près Paria.
J'avais publié; vers la fin de i8s3^ nn Mémoire surf Mmstation^ dans la préface duquel je m'exprimais ainsi, relative ment A cette expérience de la plotillb aérostatiqur :
« -^ . • . . Il m'a semblé nécessaire^ avant de rien propose et surtout avant de rien tenter de nonvean, de connaître pa moÎHaéiiM œt océan de l'air, duquel tout doit avoir nn aspec si nouveau et si grand ; j'ai pensé qu'il serait bien d'imité laprudenoe du navigateur qui ne s'élance pas sans précaatioi snr des mers nouvelles, dans des routes inconnues, mais qn p^ du point oîk ont commencé les antres, et ne se hasarde tenter de nouvelles entreprises qu'après avoir profité des la mières de la pratique et de l'expérience.
• Je prépare en ce moment une expérience aérostatiqne, qii aura lieu au Champ- de-Mars dans les premiers jours du moi depûn de cette année (1834), et que je compte faire suivre, s )if «irooiuUnces U p«innctlBnt« d'un voyage aérien d'une asse
BECHERCHB DES COURANTS AlERIEtl^. ^s$§
ongtte durée pour m'assurer, par des essai»-praH<pie» iaiU ians le sein même de Tair, que mes spéculatioiu théoriques ne uont point trompé. Je serai accompagné dans une pjurtie dt :e voyage par M. J.-M. Richard, dont la coopératioi; m't «I0 run grand secours dans les constructions difficiles (}ue je viens le terminer. Cette expérience^ quoique consacrée k dea ob» iervations et à des essais particuliers, n'offrira au ^public qn^ l'apparence d'une expérience ordinaire, à rexeeption toqteZns pe l'appareil pompeux d'une /?oti//e aérienne deTf4 prës^aiter un spectacle nouveau et brillant.
» Entre autres essais que je me propos* de tfful^r da«8 If» cours de cette expérience, je puis iadiquer ici, CMDine ««««z important par la facilité qu'il donner&it pour les- rechflfçlt^ relatives à la direction, un moyen entiérttnent. ipaperiço jui^ qu'à présent de monter et descendre à voUnté , sans ^ira usage d'aucune espèce de soupape ni de lest. On pourr^iit dès-lors faire durer les expériences et les essais ^lusi )oiifr> temps que cela serait nécessaire, puisqu'on pourrait ^'élevf r «t s'abaisser à toutes et de toutes les hauteurs où il soit pq^ible à l'homme de parvenir, sans être obligé de perdre le ga^, q^i seul soutient l'aérostat et constitue son existence (i).»
M. J.-M. Richard , mon jeune camarade d'alors, demenvé fidèlement depuis mon ami et qui a consacré ses loisirs ^ l'4tude de Taécostation , fut en effet mon compagnon^ de voyage dans cette première ascension. Nous étions à vrai dire trois dans La nacelle, M. Richard, moi et un chien noir nommé Toi» loch, espèce de barbet de race anglaise, qui se comporta trèfdignement dans tout le cours de l'expérience (a).
(1) Mémoire sur F Aérostation et la Direction aérottatîifu» f par Dnpafi-DelçDarl , Paris, 1834, Pooilueu, libraire aa Palai» Royal, fi. ^allard^ imprimmi* da toi, fm J.-J. Rousseau.
(2) Le double procès-rerbal de cette asceniion relata avec aoIHdtade, de la part des autorités de Choîsy-le-Roi, la pr&ence dacbien dans la nacalle. J'ai dû, poar tk rirUé historiqae , \ù nommer ici :