RECHERCHE. DES COURANTS AÉRIENS
MPÉMEBCE DE IA fLOTILLE AÉROSTATIQUE (NOVEMBBB 1824.)
De larges ventî alisés iè;-;unnt à différentes hauteurs dans l'atmosphère. L'air trouble a la surlace du sol par le rouage de la terre sur elle-même, par sou mouvement annuel de translation dans l'espace, se rasseoit bientôt et se calme ; les aspérités du globe qui ont une grande influence sur les parties
EEdHERCflB DES COURÀftTS JlÉlUENS.
lans son magnifique, 4l\tts; M. de Huraboïdt dans it tous deux tau iU- i:iiri,-iis,-s recherches sur les is et les ca, qu'où voit souffler moins de durée, [.lus ou moins d'intensilé, oendant l«"tK(ft" rentes saisons de l'année. Nous avons entendu avec bonheur M. Becquerel, dans son Cours de Physi,/,,,' ,y r li,/u,r (Muséum d'Histoire naturelle, 184B-1846}. expliquer et démontrer de la manière la plus savante à ses nombreux auditeurs, comment ces phénomènes se rattachaient tout à la fois aux'causes astronomiques et physiques qui régissent noire univers
D'autres couranrs sublunaires, d'autres vents alises, plus ou moins larges, plus ou moins constants, bleu peu connus encore il faut en convenir, niais qui assurément existent dans l'atmosphère et qu'il faudrait aller reconnaître et étudier sont avec les moussons et les vents alisés régnant à la surface des mers, et st pratiques pur la navigation maritime, l es voies de communication, les rentes, les grands chemins ouverts à la future navigation atmosphérique.
L'homme peut entrer en possession des vasics champs de l'air; par aérostation ,1s lui sont ouverts. Le. premier ballon qui s est élevé, monte par dos hommes, le 1 , novembre 1783 au château de la Muette, prés Paris, en a consacré la cou*
Lors de ma première ascension aérostatique , au mois de novembre i8i4, j'avais inscrit sur le drapeau qui abritait ma nacelle, et que jailsoignewenient conservé depuis, ces mots ■ ûdmajorvm Montgolfieri ylvrilfm. Cette devise devrait être ù légende obligée de toute machine aérostatique ; elle sera celle
confié, qui tentera dans l'air la voie des découvertes" moyen d'un premier voyage de circumnavigation. A Muntrulher revient toute la uloire de l'invention.
Dans l'existence, dans la commissaire el la pratique intelligente et hardie des courants aériens, se trouve le développement futur de la navigation aérienne. Là i at l'acception largeet puissante de ces transports réguliers par air, d'hommes et de marchandises, qui seront, à n'en pas douter, le dernier mot de la locomotion future. Tous les buns esprits eu aéroslalion , ont pensé à profiter de l'air pour se translater dans l'air. La navigation maritime à la voile compte des milliers d années d'eipérience ; la navigation à vapeur ne foi» ^e'roflatwn. S j
5 54 HECHERCHE DES COURÀSTS AÉRIENS,
encore que de naître. Soyons imitateurs ; marchons pas à pas dans cette carrière toute neuve; plus tard, de nouvelles et grandes applications viendront sans doute; mais sachons attendre.
Quel tort immense n'ont point fait à l'art aérostatiqua quelques-uns de ces inventeurs malheureux qui s'obstinei.t depuis cinquante années k reclierciier le moyen de diriger les battons (c'est le mot consacré) ? Au milieu de quelques travaux sérieux, combien de projets singuliers, bizarres, inintelligents des premiers éléments de la matière, n'ont-ils pas été présentés! La science fatiguée, rebutée, a fini par ne plus vouloir examiner les osuvres sans noms de ces chercheurs muleucon-
En iS^i, ma première expérience avait déjà pour objet la recherche et l'étude des courants aériens. Mais l'appareil auquel j'ai eu recours alors, construit sur une échelle trop petite et avec des matériauitrop peu étudiés, ne me permit pas d'atteindre, dès cette première fois, un bon résultat.
Cette première expérience devait avoir lieu publiquement au Champ-de-Mars à Paris, au mois de juin i 824. Un concours de circonstances la fit remettre au mois d'août suivant; la maladie du roi Louis XVIII, sa mort arrivée en septembre, la retardèrent de nouveau. Enfin, elle eut lieu cette même année, le 1 novembre i8a4. chez M. le duc d'Aumont, un des premiers gentilshommes de la chambre, dans son habitation de Montjean, près Paris.
J'avais publié, vers la fin de i8a3, un Mémoire surÎAèrostatitm. dans la préface duquel je m'exprimais ainsi, relativement à cette expérience de la flotille aérostatique :
« — , ... Il m'a semblé nécessaire, avant de rien proposer et surtout avant de rien tenter de nouveau, de connaître par moi-même cet océan de l'air, duquel tout doit avoir un aspect si nouveau et si grand;, j'ai pensé qu'il serait hien d'imiter la prudence du navigateur qui nés' élance pas sans précaution sur des mers nouvelles, dans des routes inconnues, mais qui part du point où ont commencé les autres, et ne se hasarde à tenter de nouvelles entreprises qu'après avoir*proiké des lumières de la pratique et de l'expérience.
» Je prépare en ce moment une expérience aérostatique, qui aura lieu au Champ de-Mars dans les premiers jours du mois de juin de cette année (iBî4). et que je compte faire suivre, si les circonstances le permettent, d'un voyage aérien d'une asses
RECHERCHE OFS COCSJ.1TI AÉRIENS. a 55 lo^ie durée pour m'assurer , par des essais-pratiques faits damrle soin même de l'air, que mes spéculations iliéoiiqnes ne m'ont point tt'u'Upê. Je serai accompagné dans une partie de c« voyage par M. J.-M. Richard, dont la coopéra lion m'a été d'un grand secours dans les constructions difficiles que je -viens déterminer. Cette expérience, quoique consacrée à des observations et à de; essai s particuliers, n'offrira au public que l'apparence d'une expérience ordinaire, à l'excepti on toute Fois que l'appareil pompeux d'une/iotiiie aérienne devra présenter un spectacle nouveau et brillant.
■ Entre autres essais que je me proposa de tenter dans le
qu'à présent de U usage d'aucune espèce de soupape ni de lest. On pourrait dès-lors faite durer les expériences et les essais aussi longtemps que cela serait nécessaire, puisqu'on pourrait s'élever et s'abaisser à toutes et de toutes les hauteurs où il soit possible à l'homme de parvenir, sans être obligé de perdre le gaz, qui seul soutient l'aérostat et constitue son existence .->i> «
M; J.-M. Richard , mon jeune camarade d'alors, demeura fidèlement depuis mon ami et qui a consacré ses loisirs à l'étude del'aéiostalion, fut en efFet mon compagnon de voyage remière ascension. Noua étions à vrai dire irait
— .À^k^mimÊuSm^AmZÊÊ^mlm lifc-
dignemint dans tout le cours de l'eipérieuce (a).
rs.io. sonibi;.:»'s biijim.ii .i<i u.^-Iï-ii"!
Si ECR m ci ru des courants aéhiens.
On avait pu lire dans le Moniteur du i( juin i8s4, partie officielle , cette courte mention -. ■ M. Dupuis Delcourt a eu l'honneur de présenter au roi son mémoire sur l'art aérostatique. .
P.ans les premiers jours de novembre on y lisait, à l'occasion de l'expérience du parc de Montjean : MM. Dupuis.Delcourt et Richard, qui montaient la Hoti Ile aérostatique, partis de Montjean dimanche dernier , sont descendus une heure après leur départ entre Choisy-le-lloi etThiais. Les aéronautesn'out trouvé dans b région de 1000 à i3oo toises, dans laquelle ils se sont tenus le plus longtemps, que des vents incertains et contraires qui les ont longtemps ballotés. L'atmosphère n'y était agitée que par des balancements et des tourbillons qui les ramenaient sur eux-mêmes au bout d'un certain temps, ce dont ils s'apercevaient au mouvement de rotation de l'aiguille aimantée. Leur route fut une espèce d'ellipse qu'ils décrivirent dans la vaste plaine qui est entre la Marna et la Seine, qu'ils traversèrent deux fois après avoir successivement plané sur Oliguy, Choisy, Charenton, le Port-à-l'An-
point de leur départ. Accueillis avec intérêt par les habitants de Choisy, MM. Dupuis-Delcourt et Richard ont particulièrement à se louer de M. H. Lubbers, savant estimable qui cultive les sciences avec succès, et dont la modestie seule égale l'obligeance et l'honnêteté.
La relation de cette expériences été plus tard, imprimée et publiée (i).
La disposition de l'appareil et sa destination étaient cellesci (Voyez Pl. 13, fig. ii.):
TJu ballon principal, de grande dimension, portait à sa base
Vu 6 la mltMt
bj, pot
-M. ïliclttnl; lu-Su,
RECHERCHE DES COURANTS AÉRIENS. 35j
un cercle très-iésistant, d'uù partaient quatre grandes vergues, s'écartant à angles droits les unes des autres, el munies à leur» extrémités de poulies renfermées dans leurs chapprs en cuivre. Quatre ballons, de bien moindres dimensions que le ballon amiral (ils avaient chacun quatre mètres de diamètre seulement dans l'expérience du 7 novembre i8i4). étaient placés à l'extrémité des vergues, retenus par des cordes passant sur h poulie correspondante et qui venaient s'enrouler sur les treuils ou moulinets placés à chacun des angles de la
Les quatre ballons accessoires étaient destinés à prendre à volonté position à diverses bailleurs au-dessus du ballon pritl-
deslinés à me servir d'indicateurs pour étudier et chercher les divers courants d'air à l'aide desquels j'aurais été an plus près de la route que je me proposais de suivre. A beaucoup près je
L'appareil étant équilibré à terre, l'ascension s'effectua trèsbien, ainsi que le constate le procès- verbal dressé sur les lieux," a l'instant roétne du départ. La pondération fut parfaite pendant les premiers moments; mais dans l'air, quand, parvenu à une certaine hauteur, je voulus pénétrer dans les couches supérieures et monter plus rapidement au moyen du lest, les petits aérostats se couchèrent horizontalement à l'extrémité des vergues et offrirent une résistance désespérée ;i l'ascension. Le ballon principal semblait les traîner comme à la remorque. Un autre inconvénient, résultant dn temps humilie et mauvais qu'il faisait le jour de l'expérience (et cela se conçoit, au mois de novembre), s'était d'ailleurs révélé au moment du départ. Le chà^is en hais el les vergues qui maintenaient l'écnrtement dos ballons entre eux s'étaient gonflés, et ne gardaient plus le parallélisme nécessaire au jeu des
L'expérience eut donc un succès négatif, sous le rapport de la recherche et de l'étude des courants atmosphériques. Tout reste à faire encore à ce sujet.