FRERES
et on n'a aucun renseignement sur chacune des vaches en particulier.
Dans ce cas, en dehors de la pesée du lait, il faut avoir recours à la détermination de la richesse du lait de chaque vache par un des procédés connus et, en particulier, par le moyen du babcock. Voici comment il faut procéder.
Epreuves des vaches laitières, —Les chaudières dans lesquelles se fait la traite doivent avoir été pesées vides, et une marque ineffaçable, qu’elles portent à un endroit bien visible, doit en indiquer le poids.
Chaque fois qu'une vache est traite, la chaudière contenant son lait est pesée immédiatement avant d’être vidée dans la canistre; le poids obtenu est inscrit sur une ardoise pendue au mur, à portée de la balance. En regard de ce poids on inscrit le poids de la chaudière vide. Cette opération, qui est des plus simples, ne demande que quelques instants, : pour chaque vache. On se servira de préférence d’une balance romaine ordinaire. Ces balances sont peu coûteuses et relativement justes. Elles peuvent se transporter facilement dans tous les endroits où peuvent se faire la traite. Par ce moyen, employé régulièrement, on peut obtenir exactement le poids du lait fourni annuellement par chaque vache.
Si on désire un peu moins d'exactitude, on peut se contenter de ne peser le lait des vaches qu'un jour par semaine et, en multipliant par sept le chiffre obtenu, on aura approximativement le poids de lait produit dans la semaine,
Pour déterminer la richesse du lait de chaque vache on aura pour chacune d'elles un petit flacon numéroté ou portant son nom. Chaque jour, après la pesée, lorsque le lait se sera un peu reposé, on prendra un échantillon de lait de chacune d'elles, on aura bien soin de remplir complètement la petite mesure avec laquelle on prélève les échantillons et de ne pas prendre de mousse. On fera l'analyse de ces échantillons par la méthode des échantillons composés qui sera indiquée au chapitre suivant, et la mesure dont on se servira pour la prise d’échantillons s2ra la même que celle qui est employée dans ce cas dans les fabriques.
Comme tous les cultivateurs n'ont pas ou ne peuvent pas avoir de babcock, ni le temps voulu pour faire ces épreuves, ils pourraient s'entendre avec le fabricant de la fromagerie ou de la beurrerie où ils portent leur lait qui se chargerait de ces épreuves moyennant une rémunération raisonnable. Tousles fabricants devraient connaître parfaitement l'usage
du babcock et chaque fabrique devrait être pourvue d'un de ces appareils.
Comme pour la pesée, si on voulait moins d’exactitude, on pourrait ne prendre des échantillons des
laits des différentes vaches, et n’en faire l'épreuve que tous les huit ou quinze jours, admettant le chif-
fre obtenu comme étant la richesse moyeune du lait pour la huitaine ou la quinzaine.
Connaissant pour chaque vache la quantité de lait produite annuellement ainsi que sa richesse moyenne, connaissant aussi la quantité de nourriture que chaque vache mange dans le cours de l’année il devient facile de déterminer quelles sont celles qu'il faut garder et celles dont il est nécessaire de se défaire au plus tôt.
Lorsqu'il s'agira simplement de la vente du lait en nature dans les villes, on pourra se dispenser de l'épreuve du lait au babcock et se contenter de le peser.
Certaines vaches donnent très peu de lait pour la quantité de nourriture qu’elles consomment, d’autres, au contraire, en donnent une quantité énorme. Je ne parle ici que des vaches complètement nourries.
Beaucoup de vaches, et c’est malheureusement
fl
souvent le cas, donnent très peu de lait et du mauvais lait parce qu’elles sont mal nourries ou qu'elles ne sont nourries d’une façon complète que pendant une période relativement courte de l’année.
Avant de porter un jugement sur la valear des différentes vaches, il faut donc tout d’abord les bien nourrir et, supposons qu’elles le soient, dans ce cas on trouve entre elles des différences considérables.
Amélioration des troupeaux de vaches laitières. —Il y a deux moyens principaux d’améliorer un troupeau. Le premier consiste à acheter de droite et de gauche les meilleures vaches en y mettant le prix nécessaire et à vendre les mauvaises. Ce moyen demande en général une grosse mise de fonds et, par lui, les cultivateurs s'exposent à introduire des maladies dans leur troupeau.
Par le second moyen, on commence par se défaire des plus mauvaises vaches de l'étable, puis par en acheter deux ou trois excellentes de la race que l'on désire, et un taureau de première classe de la même race, c'est là la chose importante. Les vaches que l’on achète doivent être au moins à leur deuxième ou troisième veau pour que l’on puisse en juger : elles doivent être encore assez jeunes pour être sus-
| Re denses
ceptib'es d'amélioration ct donner du profit pendant quelques années.
On commence alors de suite l’amélioration du troupeau ainsi formé, par la sélection, l'élevage des meilleurs veaux. On fait systématiquement l'épreuve du lait de toutes les vaches, comme cela a été expliqué précédemment, et on vend sans pitié toutes celle: qui ne donnent pas satisfaction, puis on les remplace par les meilleures génisses qu’on élève. Si on en a occasion, on achète des vaches qui peuvent relever la moyenne du troupeau.
Si l'espèce choisie convient bien, on s'apercevra vite que plus il y aura du sang de cette espèce dans le troupeau mieux cela vaudra.
En partant avec des demi-sang, (le produit d'un taureau pur sang ct de vaches de sang mêlé) on obtiendra des trois quarts sang qui seront meilleures pour la laiterie que les demi-sang, si le taurcau est ce qu'il doit être et si les veaux ont été bien choisis. Avec ces derniers et le même taureau, à la troisième génération, on aura encore fait un pas de plus au point de vue de la production économique du. lait et on continuera jusqu’au moment où le sang du troupeau sera pratiquement pur. C’est alors seulement que les résultats les plus avantageux pourront être espérés.
Chaque fois que la chose est possible, ne pas manquer de faire enregistrer les vaches. Dans l'élevage ou l'achat de vaches, il ne faut pas consitérer exclusivement les qualités individuelles des ancêtres et celles qui sont héréditaires dans la famille à laquelle l'animal appartient, il faut encore bien étudier l'animal lui-même au point de vue de ses qualités laitières spécialement.
On adoptera un minimum de gras à obtenir annuellement par vache pour toute l’étable. Toutes celles qui donneront une quantité moindre que ce minimum seront vendues impitoyablement. On élèvera ce minimum petit à petit, au fur et à mesure que le troupeau s’améliorera.
De cette manière, on finira pas ne plus avoir dans l'étable que des vaches fournissant le lait d’une manière économique.
Il sera bon de tenir un registre sur lequel seront entrés les noms des vaches, la date de leur naissance, celles de leurs saillies et de leurs vêlages successifs et des quantités annuelles de lait, de beurre ou de fromage qu’elles auront donné, ainsi que tous les renseignements relatifs à leur pedigrec. Tous ces renseignements, qui se recueillent très facile-
ment, ont une grande valeur, et tous les cultivateurs devraient apporter beaucoup de soin à les réunir.
Choix du taureau.—Pour un cultivateur qui maintient et améliore son troupeau par l'élevage des veaux qui en proviennent, le choix d'1 taureau est ce qu’il y a de plus important. Le taureau est la base du troupeau. On dit généralement que lu taureau est le maître du troupeau. Chaque veau ajouté au troupeau tient du taureau la moitié de son sang, et c'est souvent la plus importante moitié. Puisque c’est du taureau que dépend l'amélioration de la qualité moyenne du troupeau, et il faut le choisir en conséquence. Cela est surtout vrai si les vaches ont déjà du sang.
De la vache dépend surtout la taille, la forme, la constitution et la capacité de production des génisses qu'elles engendrent. Les qualités laitières spéciales de ces génisses ainsi que leur susceptibilité naturelle de donner un lait plus riche que celui de leur mère, proviennent du taureau pur sang.
Une vach: peut donner de très mauvais veaux tout en étant excellente laitière et, dans ce cas, les conséquences n’ont rien de bien grave; mais, si le taureau fait défaut ou n'est pas bon, elles sont bien autrement importantes et le troupeau entier ainsi que son accroissement peuvent en soufrir fortement,