‹ Nouveau manuel complet d'industrie laitière pour la province de Québec [microforme]Chapitre 18 sur 79 · —— RE · texte numérisé non relu

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Il faut toujours demander les services du meilleur taureau que l’on peut avoir. Il est nécessaire, pour ce choix, d’en connaître aussi parfaitement que possible l’histoire et les antécédents, spécialement du côté de ses ancêtres femelles les plus rapprochés. Les taureaux que l’on emploie doivent être réputés pour bien transmettre leurs qualités. Une erreur fréquente parmi les cultivateurs est d’employer des taureaux trop jeunes et avant que leurs qualités reproductrices aient été démontrées, parce que, à cet âge, ils sont meilleur marché et plus faciles à tenir. Il vaut mieux acheter un taureau d'un certain âge, dont la progéniture prouve la valeur, qu'un jeune taureau, même ayant un bon pédigree, mais sans passé. Lorsqu'on a une fois un bon taureau, il faut le conserver et l’employer tant qu’il est fort et que ses qualités se maintiennent. Il n'y a qu'une objection à cela : c’est que les vieux taureaux deviennent dangereux à la longue ; mais avec un peu de soin et d’habitude, ce n’est là qu'une question secondaire.

Choix de la race.—On peut trouver de très bonnes vaches laitières dans un grand nombre de races, on en trouve même parmi les vaches communes.

Certaines races sont cependant réputées au point de vue de la grande proportion de bonnes vaches qu'on y trouve et des qualités spéciales de ces vaches. Ce-

pendant, voici à ce suïet quelques faits d'expérience qu'il importe de ne pas oublier.

Il faudra choisir ses vaches dans les races purement laitières. Certaines personnes recommandent spécialement les vaches qui peuvent à la fois produire de la viande et du lait, mais les meilleurs praticiens conseillent de ne choisir que dans les races purement laitières.

Dans les villes, cependant, lorsque le lait est vendu en nature, bien des laitiers choisissent de préférence des vaches qui ont des dispositions à l'engraissement ils renouvellent souvent leur stock et vendent leurs animaux pour la boucherie. Muis dans ce cas, les vaches sont généralement nourries très fortement et pour ainsi dire industriellement, elles sont en sta-. bulation permanente, circonstances qui les exposent à contracter des maladies et qui nécessitent leur renouvellement fréqnent. Dans les campagnes, les circonstances ne sont plus les mêmes, et il préférable de porter plus d'attention à la santé des vaches et de les garder aussi longtemps qu’elles sont avantageuses.

Dans la classe des vaches exclusivement laitières, il s'en rencontre avec les qualités les plus variées. Les unes sont remarquables par la quantité de lait

qu'elles donnent, d'autres par la bonne qualité et la richesse de leur lait, et les dernières sont des vaches propres à la production économique du beurre. D'autres qui combinent la quantité avec la qualité, sont avantageuses dans certaines circonstances. On rencontre des vaches très actives qui se nourrissent bien sur les pâturages les plus pauvres pendant l'été et qui, pendant l'hiver à l’étable, consomment facilement les fourrages les plus grossiers tout en donnant une production abondante de lait riche. Il y en a d’autres qui, pour donner avantageusement du lait, doivent être nourries d’une façon spéciale avec des rations bien combinées. Quelques vaches don-, nent une production abondante de lait pendant un temps relativement court, d’autres au contraire cnt une bonne production moyenne de lait mais pendant toute l’année.

En règle générale, ces différentes qualités appartiennent chacune à des races particulières ; un cultivateur peut donc toujours, en s'adressant à ces différentes races, assurer à son troupeau les qualités que nécessitent les circonstances dans lesquelles il se trouve. En fait, il est facile de déterminer dans une région déterminée les meilleures vaches à adopter, soit pour la production du lait, à vendre en nature, soit pour la production du beurre, soit pour la production de la crème.

Pour le fromage, il n’y a pas de race spéciale, Ce sont selles qui sont les plus avantageuses pour le beurre qui le sont aussi pour lui. Ce fait a été démontré complètement et est généralement admis aujourd'hui.

Caractères d’une bonne vache laitière. — Lorsqu'il est nécessaire de choisir une vache laitière, il faut en examiner soigneusement toutes les parties et déterminer jusqu'à quel point chacune d'elles s'approche de la perfection. Mais, toutes les parties de l’anhnal n'ont pas la même importance et le maximum des points à donner à chacuné d'elles n’est pas le même.

Voici un tableau préparé par M. G. M. Twitchell, d’Augusta, Maine, et publié par le Hords Dairyman qui fait ressortir l'importance relative des diverses parties de la vache. L'avant dernière colonne indique le maximum des points que pourrait obtenir pour chacune d’elles une vache laitière parfaite. Dans la dernière colonne on inscrira les points mérités par

a vache que l’on examine.

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Voici, en abrégé, les caractères généraux auxquels on peut reconnaître une bonne vache laitière : Les veines, et particulièrement les veines à lait, doivent être grosses et noueuses. Pis bien développé et bien souple, se contractant bien après la traite et couvert d'une peau et de poils fins. Les trayons bien écartés et inclinant vers l'extérieur. Les pattes de derriète écartées. Poitrine bien développée et indiquant une bonne constitution ; physionomie aussi féminine que possible : peau fine et souple ; tète et cornes fines ; naturel doux, bon, paisible.

Une vache moyennement laitière se reconnaîtra aux mêmes caractères, mais les veines ne seront pas aussi développées.

Une mauvaise vache laitière aura les membres, et en particulier les cuisses, charnus. Arrière train étroit ; la peau, et en particulier celle du pis, sera grosse, épaisse et dure ; les mamelles seront couvertes de poils grossiers ; les veines seront peu développées.

Un bon taureau doit avoir la physionomie aussi mâle que possible ; cou gros, yeux méchants, front large et couvert de poils, expression féroce ; partie antérieure du corps très forte et partie postérieure allant en diminuant, contrairement à ce qui doit exister pour la vache. |

Différentes races de vaches laitières.—Il y a de nombreuses races de vaches laitières dont les principales sont les Shorthorn laitières, les Devon, les Red Poll, les Ayrshires, les Kerry, les Jersey, les Guernesey, les Dutch Belted, les Brown Swiss, les American Holderness, les Canadiennes. Mais ces diverses races ne peuvent toutes convenir à la Province de Québec où un bon nombre déjà ont été essayées sérieusement.

Les races les plus connues dans cette province et qui peuvent donner les meilleurs résultats pour fournir du lait aux fabriques de beurre et de fromage, dans les campagnes, sont les Shorthorn laitières, les Jersey, les Guernesey, les Ayrshires et les Canadiennes Les Brown Swiss ainsi que les Deutch Beltei et les American Holderness, n’ont pas encore été essayées sérieusement dans ce pays. Les Holstein conviennent bien pour le lait à vendre dans les villes.

Shorthorn.—Il y a deux variétés de Shorthorn qu’il ne faut pas confondre, les Shorthorn laitières et les Shorthorn d'engrais. Ici nous voulons parler des premières.

Les Shorthorn sont des vaches de grande taille, couleur rouan, rouge, blanche, rouge et blanche, rouan et blanche ; poids moyen, 1350 Ibs ; production

annuelle, moyenne de lait : 6000 Ibs ; qualité du lait : 8. 7 7, de gras et 9 7, de solides non gras. Elles donnent du lait excellent pour la fabrication du fromage et peuvent souvent s'engraisser quand elles ne sont plus bonnes pour le lait.

Ayrshire.—Vache de taille moyenne; poids moyen 1000 Ibs; couleur rouge et blanc, brun et blanc, jaune et blanc, noir et blanc, le blanc prédomine généralement ; quantité moyenne de lait : 5500 Ibs ; qualité du lait : 3.8 °7, de gras et 8. 95 de solides

non gras. Ces vaches résistrat bien au froid, leur lait donne un beurre et un fromage de qualité supérieure. Leur production de lait est régulière et varie peu dans le cours de l’année ; elles peuvent se croiser avantageusement avec les vaches communes, Jes Shorthorn et les Jersey.

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La figure 1 représente un taureau Ayrshire, Emperor, No 3355, un fils de la fameuse vache duchesse of Smithfield qui eut un record de 10700 Ibs de lait dans une année et de 19 Ibs 6 onces de beurre

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en une semaine.

ne: (Fig. 2)

" La figure 2 représente la vache Ayrshire Red se e e e

“ Rose, une vache importée, qui peut donner une idée

de la forme générale des vaches de cette race.

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Pour des renseignements relatifs aux Ayrshires, nous pouvons adresser le lecteur à l’Ayrshire Breeders Association, Brandon, Vermont, U. S. dont Mr C. M. Winslow est actuellement secrétaire.

C'est à M. Winslow que nous devons 4es deux gravures d'Ayrshires ci-dessus. Cette association a publié sur cette race de vaches une petite brochure très intéressante.

Jersey.—Vache de petite taille, élégante; couleur jaune, gris d'argent, souris ; les nuances en sont très variées. Poids moyen 830 Ibs ; quantité moyenne de lait : 4500 Ibs ; richesse moyenne gras : 4. 64 °7 et en solides non gras 9. 32°7.. C’est une des meilleures races de vaches laitières. Leur lait est, comme on le voit, très riche en gras. Il donne un beurre excellent. Quelques cultivateurs cependant prétendent que les Jerseys ne sont pas assez résistantes au climat de cette province; elles deviennent facilement tuberculeuses. La figure 3, Mary-Ann, de St- Lambert, représente le type des vaches Jersey.

Guernesey.—Vache de taille moyenne ; poids moyen 1000 lbs. Couleur orange et blanc ou orange.

. Quantité de lait : 5200 Ibs ; qualité du lait : gras 4.

55 °7,, solides non gras 9. 55 7, Bonne vache laitière.

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La figure 4 represente le taureau Guernesey Hawarden No. 2615, qui a remporté de nombreux prix dans diverses expositions.

(Fig. 3)

TI AIR DU QU HE VU (1 | 118 MANUEL k | La figure 5 représente “Sweet Ada,” No. 3596, à l’une des vaches du troupeau de Guernesey de l'Ex- | 1 position de Chicago en 1893. Pour les renseigne- Ai | (l ments relatifs aux Guernesey, nous pouvons adresser | fl le lecteur au ‘“ American Guernesey Cattle Club, ” Lil Peterboro, N.-H., aux Etats-Unis dont Monsieur | | Wim. H. Caldwell est le secrétaire et à qui nous de- (al vons ces gravures.

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Holstein.—C'est une vache généralement de

grande taille, dont le poids moyen dépasse 1262 Ibs.

donnent généralement beaucoup de lait, mais un

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lait relativement pauvre. Elles conviennent bien pour les étables dont le lait est vendu en ville. Ces vaches croissent et atteignent rapidement leur maturité.

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(Fig. 6)

La figure 6 représente la vache Durkje Veeman, importée, 28 Friesian Herd Book, 186 Netherland Herd book. Elle a été importée par la Chenango Valley Stock Breeders Association d’Hamilton N. Y. Son propriétaire Minnie S. Veeman de Marssam, province de Friesland, Pays-Bas, a certifié un record de 84 lbs de lait en un jour et de 748 Ibs en 10 jours. Durant cette période de 10 jours elle se trouvait an pâturage et ne recevait aucune nourriture en dehors. Quand le record a été pris elle était agée de sept ans. Le record fut pris le dernier jour de mai 1882, elle avait vêlé le 5 mai.

Pour des renseignements sur les Holstein s'adresà la Holstein Friesian Association of America

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Yorkville N. Y. dont F. L. Hougton, Brattleboro, Vt. U.S. est le secrétaire.

Canadienne.—C'est une des meilleures races pour la Province où elle s’est pour ainsi dire formée,

Voici ce que dit à son sujet le Dr J. A. Couture, V.S., secrétaire du herd book de cette race et l’un de ceux qui ont le plus contribué à la faire connaître.

“Les vaches canadiennes sont de petite taille, pèsent environ 700 1bs et sont d’un excellent caractère. Ce sont les vaches les plus rustiques et les plus faciles à nourrir. On n’y rencontre pas de tuberculose. Elles ont de gros trayons et sont par conséquent faciles à traire.

Elles sont généralement noires ou noires avec des bandes jaunes sur le dos et un cercle jaune ou gris autour du nez ; ou brunes avec des points noirs, ou tachetées de brun ou même jaunâtre. Ce sont lès couleurs admises pour l'enregistrement des vaches. Les taureaux doivent être noirs, avec ou sans bandes Jaunes, parce qu’on désire arriver aussitôt que possible à une couleur noire uniforme. Les cornes sont noires ou blanches avec bout noir.

Ce sont les meilleures laitières pour les cultivateurs de la province de Québec qui ne disposent que

de ressources ordinaires. Elles ne donnent pas autant de lait que les Holstein ou même que quelques Ayrshires certains jours ou certaines semaines, mais de veau à veau elles donnent une quantité moyenne de lait, surprenante. La différence en leur faveur est encore plus tranchée si on tient compte du coût de leur entretien.

Monsieur Odilon Robichaud, de St-Denis, Kamouraska P. Q., qui possède 24 vaches de cette race a obtenu le résultat suivant du 12 mai 1892 au 12 mai 1893.

Revenus :

63,193 Ibs de lait porté à la fromagerie. .….$531.19 1616 1bs de beurre fait à la maison à 20c Ib. 323.20 9125 Ibs de lait consommé à la maison à 12c

DE CARO ne ame Re le a 109.50 3 veaux engraissés avec du lait........... 12.00 6 veaux nourris quelque temps avec du lait 18.00

Revenu total....$993.89 Revenu brut par vache... 41.41

Dépenses :

4480 bottes de foin à $6 le cent..........$268.80 2240 “ depailleà #3 “ ........... 67.20 4800 de son à 84 cts.......,..,.......,.. 40.32 Paturage à $5 partête........,....,....,. 120.00

Total des dépenses. ...$496.32

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