‹ Nouveau manuel complet de dorure et d'argenture par la méthode électroChapitre 11 sur 42 · DORURE · texte numérisé non relu

DORURE

6^ Le sulfure d*or dissous dans le sulfure neutre de potasse.

M. Dumas, dans le Rapport qu*il a présenté à l'Académie (i), fait remarquer qu'encore bien que les formules indiquées sous les Nos 1 , 2 et 3 soient propres à donner une bonne dorure, néanmoins, celles qui ûgurent sous les Nos 4, 5 et 6, doivent être préférées dans la pratique , parce qu'elles sont moins coûteuses; il recommande même particulièrement le composé d'un double sulfure (N^ 6) , d'autant plus que , dans les expériences faites par la Commission, le soufre n'a pas attaqué le moins du monde les métaux les plus sensibles à son action , lorsqu'on les plongeait dans un semblable bain d'or. Toutefois , pour les expériences d'essai , on fit choix d'un liquide composé de : une partie de chlorure d'or, 10 parties de cyano-ferrure de potassium (prussiate jaune de potasse), et 100 parties d'eau. Dans cette solution , préparée à chaud , on immergea , à différents degrés de température , des lames d'argent d'une dimension fixe , et , en les soumettant à l'action d'une pile composée de douze éléments , on obtint une dorure parfaite. A chaud , la dorure s'effectua plus vite, et la couche d'or réduit était plus épaisse qu'en opérant à froid. Dans toutes les immersions , qui durèrent deux minutes , le dépôt d'or augmenta régulièrement.

Dans tous ces essais > la Commission constata que la

(1) Rapport présenté à l'Institnt, le 29 norembre i84l , par MM. Tbénart, d'Arcet, Pelouze, Pelletier et Domas, rapportent , sur les noo- Toanx pi^cédéi introdaits dans l'art da doreur , par MM. Elkiogtoo et de Rqolx.

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proportion d*or précipité, lors de la première immersion, est toujours inférieure par rapport aux immersions suivantes. Gela vient, sans doute, d'une sorte de résistance que le métal oppose à là première formation de la dorure ; mais une fois la première couche obtenue, la dorure se fait d'une manière régulière ets*étend de proche en proche pour augmenter Fépaisseur du dépôt (i). Le professeur EIsner, de Berlin , fut chargé par le

(1) A ce propos, mon illastre ami , le docteur Joseph Sandonnini , failjodicieasement remarquer qae la prétendue résistance d'an métal' k §6 déposer, par l'effet du courant électrique, sur un métal d'une aotrp nature , n'est point un fait qu'on puisse rigoureusement déduire des expériences faites par l'Académie des Sciences. En effet, dans ces opérations, on a fait usage d'un liquide dont l'action directe sur l'argent, le laiton et les autres métaux, sans en excepter l'or lui-même, a été démontrée dans ces mêmes expérieuces répétées par le prin^jeBagration, et dans d'autres expériences qui lui sont propres. Il en a fait l'exposé, à la fin de l'année i843, à l'Académie de Modène, en expliquant l'argenture et la dorure spontanée, ou, comme il l'appelle, thermo- dorure. Depuis, des expériences nooYelIes, faites par Sandonnini lui-môme, à l'aide d'une balance très-juste, appartenant an laboratoire de chimie, ont confirmé en grande partie les résultats du prince Bagration; elles ont en outre démontré que l'action dissoWanteda cyano^^ferrure de potassium subsiste eocore même après sa combinaison et son mélange avec un autre cjanive oo chloro-cyanure métallique. En effet, une lame d'argent carrée, de 36 millimètres (1 pouce) de côté , tenue plongée pendant une heure dans un vase renfermant un bain d'argent composé avec le cjano-ferrure de potassium et le chlorure d'argent , accusa de plus en plos une notable déperdition de son poids. Cette perte s'élera à 8 milligrammes pendant la première heure , et diminua ensuite progressi- TOMQt à mesure que la solution se saturait. Ces observations démontrent clairement la nécessité de répéter de nouveau les expériences avant d'accepter un fait, qui, une fois bien établi, conduirait k d'impor« miet oanséqnences.

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Directeur de lloâtitut royal de Tlndustrie de répéter les expériences décrites dans le rapport de M. Dumas , et à rechercher laqneUe de ces méthodes doit obtenir la préférence. Il se mit aussitôt à Tœuvre et consigna les résultats de ses nombreuses expériences daos un mémoire très-important sous le rapport pratique. J'en extrairai les documents les plus intéressants, parce (qu'ils peuvent être utiles à ceux qui désirent étudier la dorure électro-chimique (i).

Elsner soumit à Texamen ces six liquides différents. Il s'abstint, toutefois , de répéter les expériences qu'il avait déjà faites sur le cinquième , ainsi que nous ratons dit à la fin du chapitre précédent ; mais il porta au contraire une attention toute particulière sur le sixième , qui ne lui parut pas donner des résultats satisfaisants, encore bien que dans le rapport de TAcadémie on Fait proclamé le plus propre de tous à produire une belle dorure sur Targent , le laiton et le bronze. L'expérience vient contredire cette assertion, puisque la solution du double SQlfore d'or et de potassium né fournit pas une dorure d'une couleur jaune d'of pure, mais, an contraire, produit toujours une teinte d'un jaune tirant sur le brun, et quelquefois d'un brun si foncé qu'il devient inutile de continuer l'expérience.

Le liquide N® 1 , composé dé cyanure d'or et de cyanure de potassium, produit une dorure fort pâle (s) au lieu de cette riche couleur d'or que l'on recherche

(Ij Retme nieiUifiquê et induiirieU$ de QuetneviUe^ Umo XV. Paris, 184S.

(2) Voir à l'Appendice uoe noie d'£Uner sur les oMset de oMie «oalenr pèle.

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tant; ce motif et, en outre-, son prix élevé la rendent impropre à Tindastrie , parce que les objets ainsi dorés seraient refusés parlesachetears. En définitive , comme les opérateurs et les ouvriers ne pourraient pas se procurer facilement et à bon marché les liquides 1 , 2 et 3 , les essais comparatifs doivent se restreindre aux préparations numérotées 4 et 5, c'est-à-dire aux deux liquides que nous allons désigner sous les lettres A etB.

A, préparation de chlorure d*or dissous dans le cyano-ferrure rouge de potassium.

B , chlorure d*or dissous dans le cyano-ferrure jaune de potassium , ou prussiate jaune de potasse du commerce.

Si 1^ on, considère le pril de ces deux sels (cyanoferrures rouge ou jaune de potassium) , circonstance dont 11 faut tenir compte^ quand on veut opérer sur une grande ou sur une petite échelle , on verra clairement que te premier sera d'un prix beaucoup plus élevé que le second ; car 500 grafhmes ( 1 livre ) de cyano-ferrure jaone valent (en Prusse) environ 2 fr. 75 c, tandis que 30 grammes ( 1 once ) de cyano-ferrure rouge coûtent 1 fr. SOc.On compretidra facilement que, malgré cette différence , on aurait adopté de préférence lé sel le plus cher, s'il était étabfi qu'il produisit une dorure plus belle et plus résistante que l'autre sel. Mais les expériences dTlsner ont dissipé tous les doutes à cet égard ; et H est établi que le liquide , composé de chlorure d'or et de cyano-ferrure rouge ( dans la propor- Oon de i et lÔ des deux sels , avec 100 parties d'eau), produit sur le lâiiton, l'aciéT, le cctfTre» fargent, lé

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maillechort, le platine, rétain et le bronze, une coqleur d'or inacceptable pour le commerce.

La méthode décrite dans le rapport de M. Damas pour dorer avec un liquide composé de chlorure d'or et de cyanoferrurc jaune (préparation N« 4), offre dans la pratique trois inconvénients :

lo Après le mélange des deux sels , la liqnenr se trouble et dépose un sédiment verdâtre qui ne devient bleu qu'au bout d'un certain temps.

2<> n se dégage une odeur bien marquée d'acide prussique ou hydrocyanique.

3o On est obligé d'opérer à une chaleur un peirplus élevée que celle de l'atmosphère , surtout dans les saisons froides.

Lorsqu'on veut dorer de petits objets , ces inconvénients ont peu d'importance, mais il n'en est pas de même en opérant sur des objets d'une certaine dimension, qui exigent l'emploi d'une plus grande quantité de liquide. Le long espace de temps nécessaire pour le dépôt complet du sédin[)ent, le retard que met le liquide à prendre la couleur bleue, enfln, la difiScuIté qu'on éprouve à le filtrer, seraient de grands obstacles pour la dorure de ces objets, puisqu'il faut nécessairement opérer avec une liqueur limpide, si on veut obtenir une réussite complète.

L'odeur du cyanogène qui se dégage pourrait avoir des suites funestes dans une opération en grand , car on sait qu'elle est engendrée par l'acide hydrocyanifiue, une des substances les plus délétères que l'on connaisse ; aussi, les doreurs qui ont voulu opérer en suivant de point en point la méthode indiquée dans le

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