‹ Nouveau manuel complet de dorure et d'argenture par la méthode électroChapitre 39 sur 42 · DU DÉROCHAGE ET DD DÉCAPAGE DES OBJETS · texte numérisé non relu

DU DÉROCHAGE ET DD DÉCAPAGE DES OBJETS

Presque tous les objets métalliques qui sont destinés à recevoir le bronzage, la dorure, Fargenture, etc., se trouvent recouverts à leur superficie d'une pellicule d'oxyde par le seul effet de leur exposition, tnéme pendant quelques instants , à l'influence de l'air atmosphérique. Il importe avant tout de les débarrasser de cette couche d'oxyde , dont l'interposition s'opposerait à l'adhérence du métal que Ton yeut y déposer. On y parvient en les soumettant, avant leur immersion dans la solution métallique, à diverses opérations de dérochage et de décapage qui varient suivant la nature da métal que l'on a à traiter, et suivant le but qu'on se propose.

On a souvent confondu mal à propos, dans les ouvrages techniques» le dérochage et le décapage. Quoi

i|32 APPENDICE.

qae ces deux opérations tendent au même but » dies sont cependant distinctes Tune de Vautre. Le dérochage suppose toujours le chauffage ou recuit préalable de Tobjet métallique dont on veut aviver la surface, ou son immersion dans un liquide bouillant ; dans le décapage, au contraire , cet effet est obtenu soit au moycD de poudres à polir , on l'appelle alors décapage par la voie sèche, soit en immergeant l'objet à froid dans un liquide renfermant des acides ou d'autres réactifs propres à exercer une légère corrosion sur sa surface; il prend alors le nom de décapage par la voie humide. Nous décrirons succinctement chacune de ces opérations , et nous indiquerons dans quel cas il convient de les employer soit séparément , soit réunies.

Du dérochage.

On chauffe fortement la pièce à dérocher, au nK>yen d'une lampe à esprit-de-vin ou sur un feu clair. Lorsqu'elle a atteint la couleur rouge sombre , on la retire et on la plonge dans Tacide sulfurique étendu de 8 à 40 fois son volume d*eau. On Ty laisse séjourner jusqu'à ce qu'elle prenne une belle couleur métallique bien brillante.

Lorsque les pièces ne sont pas de nature à être chauffées, par exemple lorsqu'elles sont sondées à rétain , on les fera bouillir pendant quelques instants dans l'acide sulfurique étendu.

Si la pièce à dérocher doit être ensuite argentée ou dorée au mat, après l'avoir fait chauffer comme il a été dit précédemment, on la plonge un peu refroidie dans un bain d'acide sulfurique bouillant , étendu de 9

DÊBOCHÀGE fit tkâCAPAGB DES OBJETS. 135

fois son volame d'eau , ou bien on Vy laisse bouillir quelque temps.

Toute pièce soumise au dérochage doit, après son immersion dans Facide, être lavée à grande eau et séchée à la sciure de bois dans une étuve.

La force et la température de la solution acidulée doivent être proportionnées àTeffet qu'on veut obtenir. M. Becquerel a parfaitement démontré que : leUe est la surface de V objet à dorer , (elle est la dorure. Lors donc qu'on veut obtenir le mat, il faut, pour présenter cet aspect, que la surface de l'objet soit légèrement rugueuse, et on doit employer une solution plus énergique et d'une température plus élevée que si Ton voulait dorer au brillant.

Les pièces dérochées doivent toujours être soumises ensuite à un décapage avant leur immersion dans l'auge à décomposition.

Du décapage par la voie sèche.

S'il s'agit simplement de bronzer des objets , il est inutile de les soumettre d'abord au dérochage. Supposons, par exemple , que l'on veuille bronzer les empreintes de cuivre obtenues à Faide de la pile , leur surface est ordinairement brillante et presque entièrement exempte d'oxydation. On se contentera alors de les frotter avec une brosse très-fine de bijoutier et avec de la terre pourrie , du tripoli , ou de la ponce en poudre impalpable. Les pOudres employées à polir les plaques daguerriennes seront très-convenables pour cet usage. On pourra aider à Faction de ces poudres , en trempant légèrement la brosse dans une solution fhrwre et Argenture, 12

i34 APPEHDIGE.

irès-élendue d'acide hydrochlorique on nitrique , oa même dans une dissolution de savon noir on de potasse.

Quoique ce mode de décapage soit particulièrement usité pour les objets à bronzer , il peut aussi être appliqué avec le même succès aux pièces qui doivent être dorées ou argentées. M. Becquerel {Eléments d' Electro-Chimie, page 347) leur donne même la préférence sur le procédé par la voie humide; malheureusement on ne peut remployer sur les objets qui présentent dans leurs formes de nombreuses proéminences , comme les articles de bijouterie en faux, etc.

Du décapage par la voie humide.

Les procédés de décapage qui se rattachent à cette catégorie sont nombreux , nous citerons seulement les plus efficaces.

Les objets qui doivent être soumis à ce mode de décapage , seront d*abord dérochés suivant ce qui a été dit précédemment. On les attache ensuite à un fil métallique et on les plonge dans un des liquides dont la formule va suivre :

Acide nitrique étendu de moitié son volume d'eau: les pièces ne doivent y séjourner que pendant une on deux secondes.

Acide nitrique 2 parties , acide sulfurique 1 partie» suie grasse et sel commun » de chacun 1 partie.

On peut encore supprimer la suie.

Quel que soit le mélange adopté, il faut se rappeler que les surfaces seraient promptement et profondé* ment attaquées si les objets y séjournaient trop long-

DÉROCHAGE ET DÉCAPAGE DBS OBJETS. 135

temps. On ne saurait donc apporter trop de soin et trop d'attention à cette opération. Aussitôt qne les pièces sont retirées de la solution acide , elles doivent être lavées à grande eau à plusieurs reprises; et, pour ne pas laisser se former une nouvelle couche d*oxyde, elles seront immédiatement placées dans le bain métallique , et la pile mise en action.

Les personnes qui craindraient d'altérer les sujets pourront employer la méthode suivante :

On commence par faire tremper les médailles pendant une heure ou deux dans une forte solution de potasse caustique, on les brosse ensuite avec de là terre pourrie mêlée à une grande quantité d'eau/ Xyk les plonge enfin dans la préparation suivante , oti elles ne doivent séjourner que une à deux secondes : -

Eau. 64

Acide sulfurique 64

Acide nitrique 32

Acide hydrochlorique. ... 1

On termine par un lavage à grande eau pour enlever toute trace d'acide.

Pour décaper le fer et l'acier , le docteur Fau emploie le moyen suivant :

Une petite lame de zinc est plongée dans de l'eau acidulée par l'acide sulfurique; l'objet à décaper est mis en contact par un fil métallique avec le zinc , et plongé en second lieu dans l'acide étendu ; au bout de quelques minutes, on retire la pièce, on la met de nouveau eu contact avec le zinc, et on plonge le tout dans une solution saturée de sulfate de cuivre, aiguisée d'un vingtième d'acide sulfurique. On lave ensuite à grande

eau, et la pièce est soumise immédiatement à l'action galvanique, soit qu'il s'agisse d'épaissir la conche de cuivre , soit qu'on veuille la dorer ou Targenter.

On peut encore décaper le fer et Tacier dans l'acide hydrochlorique étendu d'eau.

PBÉPARATION DU CHLOBURE d'OR.

Jusqu'à présent , on a rencontré de grandes diflBcultés pour obtenir des sels d'or rouges et jaunes parfaitement solubles dans l'eau et sans réduction (chlorhydrate de trichlorure , et trichlorure) ; après de nombreuses expériences , j'ai réussi à préparer ces sels d'une manière qui ne laisse , je crois , rien à désirer.

1® Pour préparer le sel d'or jaune, on prend de l'eau régale formée de 3 parties d'acide chlorhydrîqne, d*une partie d'acide azotique , et d'une partie d'eau distillée. Puis ou met une partie d'or pur dans une capsule en porcelaine ; on verse sur cet or l'eau régale préparée par la formule ci-dessus indiquée. La quantité d'acide doit être double de celle d'or employée. On couvre la capsule avec un disque de verre , et on la place dans un bain-marie saturé de sel marin; l'on chauffe alors ce vase , en ayant soin de le maintenir toujours couvert jusqu'à ce que les vapeurs nitreuscs aient cessé; l'on découvre l'appareil; si l'or n'est pas entièrement dissous , on y ajoute quelques grammes d'eau régale ; l'on couvre de nouveau la capsule, et Ton continue à chauffer jusqu'à complète disparition de vapeur. Alors il faut enlever le disque de verre, et le remplacer par un morceau de papier Joseph plié

ARGBlfTURB DB LA FOHTB. }$7

plosieurs fois sur lui-même, et coDtinuer l'opération aa bain-marie salé jusqu'au moment où, en plongeant une baguette de verre dans la capsule et la retirant , le chlorure d'or qui y adhère se trouve solidifié ; on retire la capsule du bain-marie , et le chlorure ne tarde pas à cristalliser en petites aiguilles prismatiques d'une belle couleur jaune tirant sur l'orange.

Le chlorure obtenu de cette manière est entièrement soluble dans Feau et sans réduction ; il s'emploie, avec beaucoup de succès, à fixer les épreuves daguerriennes et à plusieurs autres opérations.

Le chlorure d'or rouge (trichlorure) se prépare de la même manière , seulement l'eau régale qu'on emploie s'obtient avec deux parties d'acide chlorhydrique et une partie d'acide azotique. On commence à attaquer l'or sur un bain de sable par un excès d'eau régale ; l'on ne se sert du bain-marie que lorsque l'or est entièrement dissous. Pour le reste de l'opération , l'on agit de la même manière que pour préparer le chlorure d'or jaune.

ABGENTURB DE LA FONTE, PAR LB MaJOR

Jbwreinoff.

On peut argenter la fonte aussi facilement que le cuivre et le bronze. Les différentes expériences que j'ai faites avec un plein succès m'ont engagé à publier ma manière d'opérer.

Le liquide destiné à argenter la fonte se prépare comme il suit : 8 parties en poids de cyano-ferrure de potassium complètement privé d'humidité, en le faisant sécher au feu sur une plaque de tôle ; on y ajoute

iSS APPENDICE.

3 parties de carbonate de soude parfaitement sec^ Go fait chauffer ce mélange dans un creuset de graphite ou plombagine , à la couleur rouge faible , jusqu'à ce que la masse ne se gonfle plus en bouillonnant, mais se trouve à l'état de fusion paisible. Pendant qu'elle est encore fluide , on la verse avec précaution dans uo vase de fer-blanc; je dis avec précaution , attendu que le fer, qui s'est séparé du sel pendant la cuisson, demeure adhérent au fond et aux parois du creuset. On reconnaît que la fusion est complète lorsque, en plongeant un tube de verre dans la masse en fusion et en le retirant , il reste couvert d'une croûte saline presque transparente. Ce sel parfaitement décoloré , préparé suivant la méthode de Liebig, se compose de cyanure et de cyanate de potasse ; il doit être conservé dans des vases parfaitement clos. Au contact de l'air, il se décompose en partie par l'action de l'acide carbonique de l'atmosphère , et il dégage une odeur d'acide prussique. On ajoute à ce sel du chlorure d'ar* gent préparé à l'avance et encore humide ; on étend ce mélange avec de l'eau , et on agite longtemps. Il faut même un léger excès de chlorure d'argent, par rapport au cyanure de potassium. Si, au bout de quelque temps, il restait un peu de chlorure non dissous , on mettrait dans le liquide quelques morceaux de cyanure, évitant autant que possible d'en ajouter en excès, et laissant, au contraire, une petite portion de chlorure non dissous au fond du vase. Ces particularités sont de la plus haute importance, car, dans le cas où le liquide contient trop de cyanure libre, il se décompose trop facilement, tt produit une mauvaise ar* genture.

ARfiElfTURE DE LA FONTE. 139

Le liquide filtré doit être parfaitement clair, et il doit rester sar le filtre ane grande partie du fer, du . cyanure, et quelque peu de chlorure d'argent.

Pour argenter, je me sers d'une pile galvanique composée de zinc et d'un cylindre de charbon, séparés l'un de l'autre par un diaphragme en terre demicuite (1). Ce couple se place dans un bocal cylindrique de verre, où Ton verse de Tacide nitrique étendu ; le diaphragme est rempli d'eau acidulée par l'acide sulfurique. L'expérience m'a démontré que les meilleurs cylindres de charbon se composent d'up mélange de 5 parties en poids de coke (3) , 8 parties de houille grasse en poudre , et 2 parties de farine de seigle. Après avoir mis en pâte ces substances et formé les cylindres, on les fait sécher, puis on les calcine dans des vases de terre cuite , fermés par un couvercle luté, dans lequel on ménage un petit trou pour la sortie des gaz.

On argenté beaucoup plus facilement les objets de fonte qui n'ont pas été vernis en noir, parce qu'il est fort difficile de les débarrasser de la couche qui recouvre la surface métallique. Les pièces bien polies sont plongées dans la solution d'argent, et communiquent par un fil conducteur au pôle zinc de la pile. On plonge d'un autre côté, dans la solution, une lame de platine qui communique avec le cylindre de charbon. Le plus communément, une plaque dejbnte de 10 centimètres ( 1 ponce 52 lignes ) carrés s*argente parfaitement en une demi-heure.

(1) Voyes la description de la pile de Bnnsen , page 46. (S) C*eBt le résida qui prorient de la oalcination du charboa de terra daos des tases dos, pour en extraire le gas d'éclairage*

DE L'ÂRGEirrURE GALyANOPLASTIQUE DE l'aCIES,

par M. A. Desbordeaux , de Caen.

Le dépôt de l'argent sur Tacier est, sans contredit, rane des applications les plus importantes des procédés galvanoplastiques y et c'est en même temps celle qui présente le plus de difficultés dans la pratique , lorsqu'cm tient à obtenir une argenture parfaitement solide. Aussi préfére-t-on généralement l'emploi de la dorure pour les objets en acier, quoique la différence de valeur qui existe entre l'or et l'argent pernotette d'y déposer, pour le même prix, une couche d'argent trois fois plus épaisse. En effet, la dorure galvano* plastique de l'acier est une opération extrêmement simple, qui n'exige d'autre précaution que de bien décaper la pièce avant de la plonger dans le bain de cyanure double d'or et de potassium ; l'or adhère di* rectement sur l'acier, et d'une manière extrêmement solide. U n*en est pas de même de l'argent; on ne pou* vait , jusqu'à présent , en obtenir un dépôt adhérent sur l'acier qu'après avoir revêtu ce dernier métal d'une couche de cuivre au moyen du cyanure double de cuivre et de potassium ; car le cuivrage de l'acier par immersion dans le sulfate de enivre , même en employant le contact du zinc par l'intermédiaire d'un conducteur métallique, ainsi que le conseille M. Wal* ker, ne peut inspirer aucune confiance. U s'opère toujours en pareil cas, à la surface de l'acier, une légère oxydation qui s'oppose à une adhérence parfaite de la couche cuivreuse.

Indépendanmient de la difficulté occasionée par

AROBNTUBE 6ALTAH0PLASTIQUB DB L'àCIBB. 141

Topération préalable du cuivrage , pour laquelle il est indispensable d'employer un courant galvanique beaucoup pins fort que pour Targenture, il est encore une autre cause qui fait préférer l'emploi de la dorure sur Tacier. Cest qu'en supposant les couches métalliques de la même épaisseur, la couche d'or préserve mieux Tacier de l'oxydation que la couche d'argent. A cet effet, si l'on se borne à revêtir l'acier d'un léger dépôt d'ai^ent , non-seulement il n'est pas préservé de l'oxydation lorsqu'il est exposé à l'inQuence de l'humidité , mais même il s'oxyde plus promptement qu'auparavant, et, au bout d'un certain temps, l'argent , dont l'application ne paraissait d'abord laisser rien à désirer, se recouvre d'une foule de petites piqûres; c'est qu'alors la couche d'argent, assez légère pour donner passage à Tinfluence des agents extérieurs , forme par son contact avec l'acier une véritable pile dans laquelle l'argent joue le rôle de métal négatif ,etracierceluide métal positif. Une couched'or très-mince ne met pas non plus l'acier complètement à Tabri de l'oxydation, parce qu'elle est également perméable , mais elle le préserve beaucoup mieux, Tor étant un métal négatif à un degré beaucoup moins prononcé que l'argent, qui, sous ce rapport, tient le second rang après le platine.

Enfln , aux inconvénients précédemment signalés, il tant en ajouter un autre plus propre encore à dégoûter de l'argenture galvanoplastique de l'acier. Après avoir, en effet , pris toutes les précautions possibles pour l'opération préalable du cuivrage; après s'être assuré que la coocbe de coivre est parfaitement adbé-

rente» il n*est pas rare de la voir se dissoudre en partie dans le bain de eyanure d'argent; alors l'argent n'adhère que dans les endroits où le cuivre s'est maintenu intact» et il devient impossible de le faire prendre sur les parties où Tacier a été mis à nu ; ou Ineo encore il arrive que le dépôt d'argent parait se former d'une manière très-satisfaisante. Mais , lorsqu'on vient à le frotter pour en essayer la solidité, on remarque que l'adhérence n'est qu'apparente > et que la couche de cuivre, qui en a d'abord déterminé le dépôt» s'est trouvée entièrement dissoute ; dans l'un et l'autre cas» il n'y a d'autres ressources que de recommencer en entier les deux opérations du cuivrage et de l'argenture. Cet effet tient sans doute à ce que» dans les premiers moments del'inmiersion de la pièce cuivrée dans le cyanure d'argent » la couche de cuivre agit sur 1 acier à la manière d'une pile galvanique ; car» lorsque le cuivre est plongé isolément dans le cyanure de potassium» il s'y dissout beaucoup plus difficilement que l'or et l'argent. Au reste » c'est encore là un inconvénient uniquement attaché à l'argenture ; rien de pareil ne se remarque lorsqu'on dore une pièce d'acier préalablement cuivrée.

Plus la couche de cuivre est mince» plus on est exposé au résultat fâcheux qui vient d'être indiqué; il est donc indispensable de prolonger longtemps l'opération du cuivrage» mais surtout il faut éviter» en cuivrant» d'employer pour anode du cuivre rouge duconomerce» ce mélange renfermant souvent du zinc; et» quelque petite que soit la proportion de ce dernier métal » eHe suffit pour empêcher complètement la solidité du çui«

AB6ENTURB GALVANOPLÀSTIOtE DIS L'ACIER. 143

vrage lorsqu'il s'agit d'argenter ensuite. Le moyen qai parait le plas sûr, consiste à préparer le cyanare de coiTre au moyen de son oxyde précipité du sulfate de cuivre parle carbonate de potasse, et à employer pour le cuivrage un anode de platine ; alors on est certain d'avoir un dépôt de cuivre pur. L*anode de platine ac^ célère d'ailleurs le dépôt de cuivre; il suffit d'avoir soin d'ajouter de temps en temps, dans la solution, de nouvel oxyde. L'anode de enivre ne tarde pas, au contraire, à s'oxyder, et dès-lors ne conduit plus l'électricité que d'une manière imparfaite.

Quoique , dans les différents traités de galvanoplastique, le fer et l'acier paraissent avoir été assimilés Von à l'autre en ce qui concerne l'argenture, ils offrent cependant entre eux , sous ce rapport , une différence bien tranchée ; car le fer peut s'argenter directement d'une manière assez solide et sans cuivrage préalable; cette différence semble tenir uniquement à la présence du carbone dans l'acier, puisque, lors même qu'il a été détrempé, il est également impossible d'y faire adhérer l'argent. Par suite de cette affinité plus grande du fer pour l'argent, on peut même parvenir à argenter l'acier, en le recouvrant d'abord d'une légère couche de fer, au moyen de la pile et du cyanure ferrugineux ; ou en employant directement du cyanure d'argent et de potassium, auquel on ajoute une forte proportion de cyanure ferrugineux ; mais il est bon d'observer que le dépôt qui se forme alors n'est pas parfaitement adhérent.

On peut encore argenter l'acier en le recouvrant d'abord d'une couche d'étain; mais, de même que

144 AP»Bin>IC£.

l'argentare» rétamage s'obtient bien plus dîtâcdemoâ, sur l'acier que sur le fer. Ainsi, en employant à dimd la dissolution d'oxyde d'étain dans le tartrate acidulé de potasse , rendu soluble par Tacide borique , Tétamage du fer s'opère immédiatement par le contact da zinc. L'acier, au contraire, ne peut s'y étamer que d'une manière presque insensible, et qui ne permet pas l'application de l'argent. Il faut, pour étamer fs* cier, faire agir la pile sur la solution d'oxyde d'étain dans la potasse, ou, mieux encore, dans la soude rendue caustique par l'hydrate de chaux ; et encore, dans ce mode d'étamage, il faut un courant beaucoup plus énergique pour l'acier que pour le fer. Toutefois, on peut argenter l'acier étamé de cette manière; mais, indépendamment de la difficulté de rétamage, on éprouve Tinconvénient résultent du peu de dureté de Vétaîn , qui rend l'argenture moins susceptible de résister aux frottements.

Frappé des difficultés que présentent les procédés employés jusqu'à présent pour Targenture de l'acier, je me suis livré à une suite d'expériences pour parvenir a perfectionner cette branche intéressante de la galvanoplastiqae , et mes recherches m'ont conduit, enfin, à un résultat aussi simple que satisfaisant.

Ce nouveau procédé consiste à plonger, pendant ^elques mstanu, racier dans une solution exlrémelïient faible de nitrate double d'argent et de mercure, à laquelle on ajoute quelques gouttes d'acide nitrique, pour composer cette solution, il suffit de faire dissouare séparément un gramme (18 grains) de nitrate d'argent aans w grammes (2 onces) d'eau, et un gramme

ÀROEifTOSE GALVANOPLASÏIQDE DB l'A£1£R. 145

(18 grains) de nitrate de mercure dans une égale quantité du même liquide. On mélange ensuite les deux solationSy auxquelles on ajoute 4 grammes (1 gros) d*acide nitrique à 40 degrés de Taréomètre de Baume. Peutrétre ces proportions ne sont«elles pas tout -àr fait rigoureuses, mais Taddition de Tacide nitrique est absoluaient essentielle. Il faut éviter d'employer de r«aii renfermant de Thydrochlorate de chaux ou des matières organiques , car elle produirait inévitablement l'effet bien connu de décomposer en partie le nitrate d'argent; il faut, autant que possible, se servir d'eau distillée. On ne doit pas s'attendre à voir le nitrate de mercure se dissoudre en totalité dans Teau, car on sait qu'il s'y transforme en sous-nitrate et en nitrate acide qai reste dans la liqueur , tandis que le sous-nitrate se précipite en poudre d'un jaune verdàtre. Ce dépôt doit être conservé dans la solution destinée à l'argenture. n n'est pas nécessaire que le nitrate d'argent soit pur, celui qu'on obtient en faisant agir l'acide nitrique sur l'argent allié à un dixième de cuivre , produit absolument le même effet. ^

Lorsque l'acier a été plongé dans la solution de nitrate double de mercure et d'argent , il se recou?re presque constamment d'un léger dépôt noirâtre qui s'enlève avec facilité en passant un linge à sa surface. L'acier se trouve alors parfaitement décapé et revê tu en même temps d'une pellicule d'argent extrémeme nt mince, mais d'une adhérence intime. Le dépôt noirât re qui se forme m'a paru composé presque exclusiveme nt de carbone , corps dont la présence , comme je l'ai C* iit remarquer précédemment » s'oppose seule an dépô( d< J)9rure tt Àrgtnt¥r$^ 13

446 APPEHDIGE.

ratgeat sur Tacier. Après cette préparation si simple et si rapide, la pièce d'acier se trouve parfaitement disposée à recevoir la couche d'argent qui se forme avec la plus grande facilité , et d'une manière tellement adhérente , que non-seulement elle peut supporter le bruni le plus prolongé , mais qu'elle peut même résister à la chaleur rouge sans rien perdre de sa solidité. C'est une expérience que j'ai faite plusieurs fois, et dont \e succès, quelque étonnant qu'il soit, a toujours été constant. Plongé dans la même solution, le fer ne subit aucune altération; il conserve son brillant métallique; il s'y forme cependant, comme sur Tacier, un très-léger dépôt d'argent qui paraît favoriser la solidité de son argenture , quoique cette préparation ne 3oit pas nécessaire pour le fer.

Si, au lieu d'employer le nitrate double d'argent ou de mercnre, on se borne à tremper l'acier dans une solution de nitrate de mercure , il se forme bien une coudie d'argent à la surface lorsqu'on fait agir la pile , mais il n'y a pas adhérence. Il en est de même si on emploie isolément le nitrate d'argent. Si , au contraire , après avoir plongé l'acier dans le nitrate d'argent, on le soumet ensuite à l'action du nitrate de mercure , en supposant l'un et l'autre de ces sels légèrement acides , on obtient ensuite» par la pil^, une argenture aussi solide qu'en préparant direclanent la pièce à argenter par le nitrate double de mercure et d'argent ; mais ce dernier ^procédé, comme étant le plussirople, doit être préféré.

Au reste, la proportion de la solution qui sert de base au nouveau mode d'argenture , est très*peu ^' peiidiease>.|Mi&qB€ lâl: grammes C4 onces} revi^fu^ent

ARGBNTUBE 6ALTÀNOPLASTI0UB DE L'ACIBR. i47

à peine à 7^ centimes. Elle ne parait pas perdre sensiblement de son efficacité par l'usage prolongé qu'on en peut faire. On peut même se borner, au lieu de plonger l'acier dans la solution , à le frotter pendant quelques instants avec un linge qui en est imbibé, en se rappelant cependant Teffet que produit le nitrate d'arg^ent sur la peau.

n devient facile, au moyen du nouveau procédé, de réparer les pièces d*acier argentées par l'ancienne méthode du cuivrage , et sur lesquelles quelques parties de Tacier ce trouvent mises à nu. Il suffit , pour cela, après avoir enlevé tout ce qui n'est pas adhérent, après avoir bien décapé ces endroits altérés, de les frotter quelques instants avec la solution indiquée et de les argenler ensuite à la manière ordinaire. L'immersion dans cette solution produit un décapage tellement complçt, qu'il a pour effet de faire adhérer l'argent même d^ns les petits défauts que le polissage laisse encore souvent à la surface des objetsd'acier; avantage qu'on ne pouvait obtenir par le cuivrage, et qui est d'autant plus précieux que c'est par ces petits défauts que commence ordinairement l'oxydation des pièces argentées.

Ainsi, dorénavant l'acier pourra s'argenter aussi facilement et aussi solidement, pour le moins, que le cuivre : plus de cuivrage préalable , plus d'argenture défectueuse et incomplète, adhérence parfaite au moyen d'une simple immersion dans une solution qui sert en quelque sorte de mordant ; tels sont les résultats satisfaisants que présente le nouveau procédé.

Toutefois il ne faut pas perdre de vue que la couche

i48 APPENDICE.

d'argent dont on obtient le dépôt par la pile, doit, dans la nouvelle méthode comme dans celle du cuivrage préalable, atteindre une certaine épaisseur poar préserver complètement Tacier de Toxy dation. Gomment reconnaître que la couche d'argent a contracté une épaisseur suffisante pour remplir ce but? Le moyen qui m'a paru le plus sûr et en même temps d'une plus grande simplicité , consiste à plonger pendant un certain temps une très-petite partie de la pièce argentée dans une solution acide de sulfate de cuivre. Tant que l'argent y contracte une couleur jaune , c'est un indice certain que la couche d'argent est insuffisante ; elle est en- « core perméable » puisqu'elle permet à l'acier d'exercer son action sur le sulfate de cuivre. Au reste , on ne doit avoir recours à cette expérience que lorsqu*on est à peu près certain d'être arrivé à l'épaisseur convenable , car l'argent ne peut se cuivrer ainsi , fût-ce même légèrement , qu'aux dépens c^e son adhérence, et, dans tous les cas, il vaut mieux aller un peu au-delà de ce qui est strictement nécessaire. Plus la couche d'argent sera épaisse , plus on aura de garantie contre l'oxydation.

Pour obtenir une bonne argenture , il n'est pas nécessaire d'employer le cyanure préparé avec l'argent pur, au moins lorsque la pièce d'acier a été déeapée avec le nitrate double d'argent et de mercure. L'argent qui se trouve habituellement dans le commerce, et qui , comme on sait , renferme environ un dixième de cuivre , produit un effet aussi satisfaisant , sauf la blancheur un peu moins grande du dépôt. Il suffit, pour préparer ce cyanure, de faire dissoudre directement.

AB«BRTURE OALYANOPLASTIQUE DE L'ACIER. 149

à Taide de la pile et d'une chaleur modérée > rargen( àans le cyanure de potassium . On évite ainsi rembarras , assez grand, résultant delà purification de Fargent et ^e la préparation de son cyanure. Lorsqu'il s'agit, au contraire, de pièces préparées par la méthode du cuîyrage , on ne peut obtenir d'adhérence qu'en employant je cyanure double de potassium et d'argent parfaitepoent pur. C'est encore un nouvel avantage du procédé sur lequel je viens d'appeler l'attention.

Dans tous les cas, il est' essentiel , pour la solidité du ^épôt, que le courant galvanique ne soit pas assez fort pour faire dégager abondamment l'hydrogène à la surface de la pièce qu'on argenté ; mais un faible dégagement de ce gaz ne parait présenter aucun incon« vénient.

Une autre observation, non moins importante, c'est que si l'on tient à conserver longtemps une solution de Cf^ure double de potassium et d'argent, il faut bien ^e garder de s'en servir pour argenter le laiton. Le contact du laiton et des autres alliages renfermant du zinc, produit une prompte altération du cyanure, au point que celui qui a servi une seule fois à cet usage p*estplus propre à argenter l'acier. Il ne faut employer pour le laiton que des solutions à peu près usées.

Enfin , dans T intérêt de ceux qui se livrent à des expériences de galvanoplastique, il est bon d'ajouter une dernière remarque, c'est que le cyanure de potassium préparé d'après le procédé du professeur Liebig (i), le seul dont j'ai fait usage , et qui est certainement le moins dispendieux, puisque, lorsqu'on le prépare soi-

(f) Voyez ce procédé , /Niye 138.

même , il ne revient qu*à 40 centimes les 30 grammes (l'once), ne peut se copserver qu'à Tétat solide, et doit être renfermé dans un flacon bouché à Fémeri immédiatement après son refroidissement à la sortie da creuset. Lorsqu'il est en solution dans l'eau , il ne se conserve qu'autant qu'il est uni au cyanure d'argent ou à un cyanure métallique. S'il n'est pas en oombi^ naison avec ces sels , il ne tarde pas à se décomposée en dégageant une forte odeur d'ammoniaque et en formant un dépôt d'un brun rougeâtre. Alors il conserve encore la faculté de dissoudre le cyanure d'argent ; mais on ne peut en obtenir la réduction au moyen de la pile.

Tel est le résultat des recherches auxquelles je me suis longtemps livré sur l'argenture de l'acier. Paissent-elles offrir quelque utilité à ceux qui, comme moi, se plaisent à consacrer une partie de leurs loisirs aus expériences si attrayantes de la galvanoplastiqoe I

Je dirai encore un mot sur la manière de sécher la pièce argentée. En effet, lorsque l'acier, après avoir été trempé dans le nitrate de mercure et d'argent , a été soumis pendant quelques instants à Taclion de la pile et qu'il a pris la couleur blanche , il est important de l'en retirer, et après l'avoir lavé dans l'eau pure, de le soumettre à une chaleur modérée , de manière à ce qu'il soit légèrement brûlant à la main. Le dépôt d'argent, qui auparavant était peu adhérent, contracte immédiatement une grande solidité. On plonge ensuite de nouveau l'acier dans le bain de cyanure de potassiaoi et d'argent, et quand la couche est sufGsamment épaisse, on la fait sécher une dernière fois de la même

ABGENTDRE GALTÀNOPLASTIQUE DB L'ACIER. 451

manière. On obtient ainsi , dans tous les cas , une argenture très-solide.

Enfin , je dirai qu'il ne faut pas chercher à hâter le dépôt de la couche d'argent en employant un anode d'argent volumineux , car il en résulterait des soufflures qui seraient sans adhérence. Il faut au contraire employer on anode mince et long qae Ton plonge à une' certaine profondeur dans le bain de cyanure d'argent, maiâ en ayant toujours soin d'éviter le dégagement de rbydrogène à la surface de la pièce qu'on argenté. Quoique ce dégagement paraisse sans inconvénient lorsqu'il est presque insensible, il vaut mieux l'éviter complètement, car, poussé à un certain degré, il donne lieu à des soufflures dans la couche d'argent. J'emploie ordinairement une pile de WoUaston de 10 éléments , disposés de manière qu'on peut, à volonté, modifier le courant en les plongeant plus ou moins dans le liquide excitateur. U m'a paru avantageux pour l'argenture, lorsqu'on emploie le cyanure préparé avec l'argent renfermant un dixième de cuivre, d'agir avec des éléments très-petits et un courant assez fort ; il vaut mieux diminuer l'étendue des éléments et exciter la pile un peu plus fortement. Au reste , quoiqu'on obtienne une bonne argenture en se servant du cyanure préparé avec l'argent allié au cuivre, l'opération est plus facile à conduire en se servant de cyanure d'argent pur ; le dépôt s'opère alors avec un courant moins fort, il est essentiel d'employer des conducteurs très-longs et trèsminces; je donne ordinairement au conducteur zinc une longueur d'un mètre, et d'un demi-mètre seulement au conducteur cuivre, en contournant l'un et l'autre au-

152 APPEin>ICI.

toar d'an tobe de verre. Quant à l'effet d'une forte clÀleur smcFargenturç, il faut observer qu'il est beaucoup moins sensible sur la pièce argentée lorsque le dépôt d'argentest mince, que lorsqu'il a acquis de l'épaisseur. Car alors y quoique Targenture supporte facilement un bruni très-prolongé, une chaleur un peu forte y occasionne des soufflures.

PROCÉDÉ DE M. MOURET, P017R LA MISE EK COITLBVR MM OBJETS ARGENTÉS PAR l'ÉLECTRO-CHIMIB.

Les procédés de dorure et d'argenture à l'aide ()a courant voltaîque sont maintenant appliqués en grand dans les ateliers, où ils ont remplacé les anciennes métbodes, toutes plus insalubres, ^oins faciles et plu$ coûteuses que Félectro-cbimie.

Rappelons en denx niots le moyen dont on se sert, principalement aujourd'hui, pour doif^r ou pour argenter les métau]^ communs, par voie électro- chimique , dans les ateliers de fabrication où ce nouvel art s'est établi. On fait dissoudre du cyanure d'or ou d'argent dans du cyanure dç potassium; on plOQge dans cette dissolution suffisamment étendu^ d'eau , les objets qu'il s'agit de dorer ou acgenter, après (es avoir attachés à un fil fin de cuivre qui se rend au pôle négatif d'une forte pile à courant constant. Un aqtre fil semblable, partant du pôle positif de la pile, vient aussi plonger d'une n^éme longueur dans la dissolqiion, mais sans toucher les objets et à quelque distance d'eu^ £n cet état, il s'établit dans l'appareil un cpurant galvanique qui décompose le cyanure d or oi| d'a^ge^t , et précipite ces métaux rendus libres sur les objets mé-

■ISB BN COULBUB DBS ÔBJBT9 AB«BNTéS. 153

talUques qu'on veut recouvrir d'une couche de métaux précieux.

Les pièces qu'on dore ou qu'on argenté aujourd'hui par ce procédé, dans les ateliers où Ton se livre à cette fabrication» sortent en général de l'appareil qu'on emploie pour cet objet , et de la dissolution, avec un blanc parfait et comparable à celui des plus beaux produits fournis par les autres précédés d'argenture. Mais ces pièces ne tardent pas à perdre leur éclat et à acquérir un aspect terne, et, ce qui est pis encore pour l'argenture , à prendre une couleur jaunâtre toute différente de celle qu'elles possédaient au moment de leur fabrication.

Cette teinte jaune que prend Targenture produite par les procédés éieclro-chimiques, et qui se manifeste déjà quelques jours après qu'ils sont sortis de la dissolution ou du bain, est un défaut tellement capital pour des articles qui devraient, au contraire, conserver le plus longtemps possible la blancheur connue de l'argent pur, qu'os a dû, dès qu'on a pu la constater, en rechercher la cause. A cet égard les opinions ont été peu partagées, et Ton s'est assez généralement accordé à l'attribuer au cyanure ou sous -cyanure d'argent qui reste à la surface, ou peut-être se trouve entraîné sous cet état avec l'argent précipité par un travail trop rapide ou une décomposition imparfaite. €e cyanure, décomposé par la lumière solaire , ou seulement exposé à son influence , ^ colore et donne ainsi à l'argenture ce ton jaunâtre qui en altère la beauté, et ne permet plus de livrer au commerce les pièces ainsi ternies.

M. Ed. Becquerel > qui s'est occupé avec tant de succès de rc^chçrcbes sur Finfluence que la lumière solaire exerce sur les couleurs, s^exprime ainsi à cet égard dans une lettre qu'il m'a adressée le 11 février dernier :

« Voici comment je conçois que les pièces argentées par le procédé électro-chimique changent de couleur quelque temps après leur préparation. Lors de la précipitation de l'argent sur les pièces qui servent de pôle négatif à la pile voUaïque , il se dépose toujours , en outre de l'argent métallique , un sous-sel du même métal. Ici , c'est un cyanure d'argent , ou un doublq cyanure de potassium et d'argent. C'est le changement de couleur de ce sel, soit par une décomposition lente, $oit par l'influence de la lumière , qui altère la blancheur de rargent« »

Ce défaut, comme on voit, était très-grave, et à tel point qu'il menaçait à lui seul d'entra'mer la chute d'une industrie naissante et pleine d'avenir, et de reléguer une des plus ingénieuses applications modernes au nombre des procédés inutiles dans la pratique des arts.

11 s'agissait d'y trouver un remède efficace et assez simple pour devenir usuel dans les ateliers, et surtout propre à prévenir, pendant un temps prolongé, le retour de cette coloration en jaune qui altère les pièces. C'est la découverte de ce moyen qui a donné lieu à quelques recherchef que nous rappellerons en quelques mots.

M. Elkington, un des inventeurs de la dorure électro-chimique, a, le premier, cherché à prévenir ce

MISB EN COULBCR DES OBJETS ARGENTÉS. 155

jaunissement des pièces argentées au moyen du cyanure dç potassium. On conçoit, en effet , que ce sel, jouissant de la propriété de dissoudre le cyanure d'argent qui est la cause de ce changement de couleur, devait, eh rendant celui-ci soluble, permettre ensuite de lenlever, soit par des lavages, soit par l'application de la chaleur. Mais ce moyen s'est trouvé imj^rfait , car tout le cyanure d'argent ne se trouVe pas ainsi enlevé, ou du moins ne parait attaqué qu*à la surface de la pièce; au bout de peu de temps, celui qui se trouvait encore emprisonné , comme il est présumable, entre les molécules de l'argent précipité, repousse et par conséquent produit le même défaut, c'est-à-dire que les pièces recommencent à jaunir au bout de peu de temps.

J'ai cherché, de mon côté, si on ne pourrait pas appliquer, dans ce cas , ce qu'on nomme en orfèvrerie les eaux de couleurs; mais les pièces ainsi traitées en sont sorties toutes ternies ou altérées.

On a cherché aussi, pour le même usage, à employer les chlorures et autres dissolvants; mais ces moyens n'ont réussi que très- imparfaitement par les motifs allégués ci-dessus , et l'expérience a démontré qa*il était impossible de rappeler ainsi l'argent à une blancheur permanente , et de lui donner un beau mat.

L'application d'une température élevée , soit seule , soit combinée avec les moyens précédents , a fourni des résultats un peu meilleurs. On conçoit, en effet, que cette élévation de température, en détruisant le Gjaaare d'argent c^ui produit le jaunissement de l'ar-

gent, doit volatiliser aassi ou décomposer le (Cyanogène, et qae, dans cette opération, il ne doit plos rester sur la pièce que de l'argent pur, dont la couleur ne peut plus changer qu'arec le temps , et sous Tiofluence de Thydrogène sulfuré qui se trouve toujours en petite proportion dans l'atmosphère des lieux habités.

Cette application d'une chaleur élevée, indépendamment de ce qu'elle ne communique pas un beau blanc mat, présente encore un inconvénient auquel on a fait jusqu'à présent peu d'attention, mais qui n'en est pas moins réel. Cet inconvénient consiste en ce que , dans les pièces argentées , lorsque la chaleur a été trop élevée , mal ménagée ou trop soutenue , il s'opère une désunion entre le cuivre et la couche mince d'argent qui le recouvre en certains points où les métaux n'avaient probablement pas contracté entre eux une adhérence suffisamment intime ; ce qui fait que les pièces chauffées ainsi présentent des soufflures qui détériorent la pureté de leurs formes, altèrent leurs profils, et leur nuisent beaucoup comme objets d'art.

Frappé de l'impuissance que présentent les dissolvants, les eaux de couleurs ou la chaleur seule ou combinée , pour rendre aux objets argentés par voie électro-chimique la blancheur et le beau mat de (argent pur, j'ai fait de nouveaux essais dans une autre direction , et j'ai réussi à découvrir un autre procédé dont j'ai déjà fait part à quelques chimistes et à des fabricants , et que je crois , à cause du succès constant qu'il procure, devoir rendre public.

Pour opérer, je fais dissoudre , au moyen de la cha-

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