‹ Nouveau manuel complet de galvanoplastie, ou, Éléments d'électro-métallurgie, contenant l'art de travailler les métaux a l'aide du fluide galvanique, pour dorer, argenter, platiner, cuivrer, etc., etcChapitre 1 sur 171 · RUE HAUTEFEUILLE, 10 BIS · texte numérisé non relu

RUE HAUTEFEUILLE, 10 BIS

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AVERTISSEMENT

La découverte de la Galvanoplastie est , sans contredit, une des plus importantes qui aient été faites dans notre siècle si fécond en découvertes. Elle lui appartient en propre, puisqu’elle n’est qu’une déduction raisonnée des lois de la chimie, science toute contemporaine.

Cette admirable invention semble, en quelque sorte, avoir réalisé tout ce qu’il y avait de possible dans ces brillants rêves de la pierre philosophale , de la transmutation des métaux, objets des chimériques recherches des Alchimistes et des Hermétiques des siècles passés. Et, s’il est vrai que la science n’a point encore trouvé le dangereux secret de faire de l’or, on peut dire qu’elle a fait une conquête bien autrement précieuse pour l’humanité, en créant la Galvanoplastie. Cette science , encore toute nouvelle , a déjà atteint , dès son début, à des résultats immenses; et l’avenir qui lui est réservé est incalculable.

Grâce à l’extrême simplicité des procédés électrométallurgiques , les chefs-d’œuvre de la sculpture , de la ciselure et de la gravure , reproduits à un nombre infini d'exemplaires , et devenus ainsi populaires, pourront désormais braver les atteintes du temps et la main non moins desti active de l’homme. Sous ce premier rapport, la Galvanoplastie est à la sculpture et à l’art , en général , ce que l’imprimerie est à la pensée humaine. Mais ce n’est pas seulement à reproduire des objets d’art que se bornent ses applications , elle vient encore apporter de nouveaux perfectionnements à l’art déjà si avancé de la typographie. Enfin , sous une forme plus modeste et non moins utile , la Galvanoplastie peut encore subvenir à nos besoins les plus usuels. C’est par elle qu’une foule d’objets ou d’ustensiles, composés des métaux les plus communs et facilement oxydables , ou même de corps non métalliques, pourront être recouverts d’une couche mince ou épaisse, à volonté, d’un métal précieux et inaltéra-

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ble, et n’auront plus à craindre les dégradations et l’oxydation si fréquentes sous notre ciel brumeux et humide.

Ainsi qu’on le voit, la Galvanoplastie se rattache à un grand nombre d’arts , et le champ le plus vaste lui est ouvert. Comment se fait-il donc qu’en France, où les arts chimiques ont toujours été cultivés avec tant de succès, la Galvanoplastie n’ait encore été l’objet d’aucune publication? Notre pays, qui s’énorgueillit à juste titre d’avoir produit les Lavoisier, les Thénard, les Gay-Lussac, les Daguerre, aurait-il donc accueilli avec indifférence la plus beUe découverte dont s’honore la chimie moderne? Nous ne le pensons pas; mais c’est avec regret que nous signalerons les motifs de ce silence des publicistes français.

Il faut bien le dire , une sorte de fièvre d’ industrialisme semble s'être emparée de notre époque; chacun se croit appelé à aller à la fortune par l’industrie; et loin d’être animés par l’amour du bien public et du progrès de la science, tous les efforts, toutes les recherches sont dirigés dans un but de spéculation et d’intérêt privé. Il est fâcheux que le gouvernement soit venu trop longtemps en aide à ces tendances mercantiles, en accordant avec une scandaleuse facilité des brevets d’invention pour les objets les plus futiles (i). Et, comme s’il n’était pas encore assez facile d'arriver au brevet d’invention, l’appât des brevets de perfectionnement reste toujours offert à toutes les médiocrités scientifiques et artistiques.

Dès-lors , on conçoit facilement que , dans le but d’obtenir l’un ou l’autre brevet , toutes les découvertes qui se rattachent soit à la création, soit au perfectionnement d’un art nouveau, soient tenues secrètes, puisqu’elles ont pour objet la spéculation.

Tel a été le sort de la Galvanoplastie. MM. Jacoby, de la Rive, Spencer, qui, après Brugnatelli, peuvent revendiquer concurremment la gloire de cette découverte, s’empressèrent, avec une loyauté et un désintéressement qui leur font honneur, de rendre publics leurs procédés. Mais aussitôt la foule des frelons in-

(1) il suffira de citer les briquets, les allumettes, les veilleuses, les coquetiers caléfacteurs et autres inventions de cette importance.

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dustriels se rua avec avidité sur cette nouvelle mine à exploiter ; chacun se mit à l’œuvre avec mystère, déguisant avec le plus grand soin sa manière d’opérer (1). Il en résulte qu’aujourd’hui, en France, les procédés de la Galvanoplastie sont encore aussi peu connus qu’à son début.

Mais, après avoir signalé l’absence d’un traité de Galvanoplastie , notre devoir était de suppléer à cette lacune (2).

Intimement persuadé que l’industrie bien entendue n’a rien à redouter de la publicité, et que la publication d’une découverte en amène bientôt cent autres, nous croyons rendre un véritable service au public français, en lui donnant une traduction fidèle de l’ouvrage publié à Londres par M. Smee, chirurgien de la banque d’Angleterre.

Aussi habile chimiste qu’infatigable expérimentateur, M. Smee s’est livré avec une rare persévérance à de nombreuses recherches, à une foule de manipulations qui, presque toujours, ont été couronnées de succès. C’est à lui que nous devons le premier exposé méthodique qu’on ait fait des lois qui président à la réduction des métaux par l'agent électrique. Il conduit, pour ainsi dire , le lecteur pas à pas à travers les sentiers , hérissés souvent de difficultés , qu’il a lui-même parcourus, et qui l’ont enfin amené à des résultats certains. L’aveu même de son impuissance, dans quelques cas, évitera de longs et inutiles tâtonnements aux personnes qui se livrent à l’étude et au perfectionnement de l’électro-métallurgie, ou leur signalera quelques-uns des problèmes qui restent à résoudre. En un mot, si M. Smee n’a point inventé la Galvanoplastie , il a du moins le mérite de l’avoir enrichie d’un grand nombre de faits nouveaux, et son ouvrage, en reproduisant toutes les découvertes de MM. Spencer et Jacoby, fait connaître en même temps toutes celles qui lui sont propres.

(1) Nous sommes heureux de pouvoir citer le nom de M. de Ruolz, comme une honorable exception à ce qui vient d’être dit.

(2) Depuis la publication de la première édition de cet ouvrage , le docteur Fau a publié un traité de Galvanoplastie fort intéressant, mais malheureusement trop peu étendu.

viij avertissement.

Quelques personnes, les gens du monde surtout, reprocheront peut-être à M. Smee de s’être trop étendu sur la théorie du galvanisme , et d’avoir décrit avec de longs développements les différents appareils voltaïques. Nous pensons , au contraire, qu’il a ainsi acquis un nouveau titre à la reconnaissance publique. Quelque surprenants, en effet, que soient les résultats déjà obtenus par la Galvanoplastie , il ne faut pas oublier que l’art de réduire les métaux est encore dans son enfance; un vaste champ reste donc ouvert à tous ceux qui voudront faire de nouvelles recherches, et se livrer à de nouvelles expériences ; mais , pour que ces recherches soient faites utilement, pour éviter des expériences qui auraient lieu en pure perte, il faut qu elles soient éclairées par une sage théorie. Dès-lors une connaissance approfondie des lois du galvanisme est nécessaire aux expérimentateurs. Et, sous ce rapport encore , ils trouveront un excellent maître dans M. Smee. Il pose avec méthode et clarté les règles fondamentales du galvanisme, et il n’énonce aucun fait qu’il n’ait vérifié par lui-même. Son livre est donc à la fois un guide sûr pour arriver à de nouvelles découvertes, et pour reproduire les résultats déjà obtenus.

D’autres personnes seront sans doute étonnées de voir paraître un traité de Galvanoplastie sans qu’il se recommande par le nom et l’autorité de MM. Spencer et Jacoby. Nous leur répondrons que rarement ceux qui découvrent un art nouveau, le portent eux-mêmes à la perfection ; c’est en effet dans la pratique que l’on reconnaît une foule d’avantages à adopter, ou d’inconvénients à éviter, pour arriver au perfectionnement. On conçoit donc que ces rares génies auxquels il est donné de reculer les bornes de la science, satisfaits d’avoir mis au jour une invention nouvelle , négligent souvent d’en déduire toutes les conséquences, occupés qu’ils sont de se livrer à de nouvelles recherches utiles à l’humanité.

Mais si les publications de MM. Jacoby et Spencer étaient incomplètes quant à la pratique, elles ont reçu dans l’ouvrage de M. Smee le complément qui leur était nécessaire sous ce rapport. On y trouvera la manière

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de réduire toutes les espèces de métaux, et aucune des applications pratiques de la Galvanoplastie n’a été omise par lui.

Toutefois , pour rendre notre travail aussi complet que possible, et pour ne rien laisser à désirera nos lecteurs, nous avons recueilli dans un Appendice placé à la suite de l’ouvrage de M. Smee, tous les documents qui ont été publiés sur la Galvanoplastie tant en France qu’à l’Ètranger. Cette partie de notre travail a été pour nous l’objet d’un soin tout particulier ; nous avons, pour cela, compulsé tous les journaux scientifiques et industriels, notamment l’excellent recueil mensuel, le Technologisle , publié par M. F.Malepeyre (1), et les intéressantes publications récemment faites par M. Becquerel.

Nous avons cru devoir conserver scrupuleusement l’ordre de numérotation adopté par M. Smee, parce que nous le regardons comme une condition essentielle de méthode et de clarté , dans un traité didactique. Toutes les fois que nos opinions seront en contradiction avec celles de l’auteur, ou que ses idées nous paraîtront exprimées d’une manière incomplète , nous ajouterons des notes qui, sans rien déranger à la symétrie de l’ouvrage, auront pour but soit d’éclaircir le texte, soit de compléter la pensée de l’auteur en en déduisant toutes les conséquences.

Ainsi qu’on le verra dans le courant de cet ouvrage, la Galvanoplastie et l’admirable découverte de M. üaguerre ont ensemble plus d’un rapport, et sont destinées à se prêter un mutuel secours. Nous avons donc cru faire un véritable plaisir à nos lecteurs en complé-

(1) Le Technologisle, ou Archives des progrès de l Industrie française et étrangère , publié par une Société de savants et de praticiens, sous la direction de M. Malepeyre. Ouvrage utile aux manufacturiers, aux fabricants, aux chefs d’ateliers, aux ingénieurs , aux mécaniciens, aux artistes, etc., etc., et à toutes les personnes qui s occupent d’arts industriels. Prix : 18 fr. par an pour Paris, et -l tr. pour

Chaque mois il paraît' un cahier de 48 pages in-8 grand format, renfermant des figures en grande quantité , gravées sur bois et sur acier. Paris, à la Librairie-Encyclopédique de Rorei, rue Hauteteuule, No 10 bis.

Galvanoplastie .

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tant le Manuel de Galvanoplastie par la publication de toutes les découvertes nouvelles qui se rattachent à la Photographie. Déjà, dans la dernière édition du Manuel de Chimie amusante , faisant partie de YEncyclopédie-Koret , les procédés du Daguerréotype ont été décrits avec une certaine étendue ; mais depuis la i publication de ce manuel, un grand nombre de procédés nouveaux et d’améliorations, destinés à amener d’immenses résultats, ont été adoptés dans la Photographie. Nous les ferons connaître à nos lecteurs , en réservant à chacun la part qui lui revient dans ces différentes découvertes.

C’est pour nous un devoir de remercier le public de l’accueil bienveillant qu’il a bmn voulu faire à cet ouvrage, malgré les quelques imperfections inséparables d’un travail rapide. Le succès inespéré de la première édition , tirée à plusieurs milliers d’exemplaires , et cependant épuisée en si peu de temps, est plus que suffisant pour nous consoler de quelques critiques isolées, perdues dans l’oubli d’un recueil ignoré, et motivées, l’auteur a la naïveté de le dire lui-même, sur ce que son nom na pas même été prononcé dans notre publication.

Quoique ces critiques laissent quelque chose à désirer sous le rapport de l’urbanité, nous aurions mauvaise grâce à nous en plaindre, puisque, par une faveur dont nous nous reconnaissons indigne, et à laquelle nous n’aurions jamais osé aspirer, notr.e nom se trouve associé , dans cette vaste distribution d’invectives , à celui des Jacoby, des Spencer, des Elkington , des Smee, des Ruolz, sans oublier MM. Sorel, Deleuil, Charrière, Soyez, etc. etc.

Nous ne ferons pas encore celte fois à cet inventeur posthume le plaisir de le nommer, c’est le meilleur moyen de punir ceux qui visent à YEroslratisme. Nous ne lui répondrons même pas , parce que ces sortes de querelles n’intéressent nullement le public, plus avide d’insîruction que de polémique. Nous nous bornerons à engager le critique à compléter sa collection de brevets , en y ajoutant un brevet de politesse.

GALVANOPLASTIE.

HISTOIRE

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