‹ Nouveau manuel complet de galvanoplastie, ou, Éléments d'électro-métallurgie, contenant l'art de travailler les métaux a l'aide du fluide galvanique, pour dorer, argenter, platiner, cuivrer, etc., etcChapitre 2 sur 171 · DE L’ÉLECTRO-MÉTALLURGIE · texte numérisé non relu

DE L’ÉLECTRO-MÉTALLURGIE

Nous n avons pointa pousser nos investigations jusque dans l’antiquité pour tracer l’histoire de cet art qui consiste à mettre en œuvre les métaux à l’aide du fluide galvanique; car on peut dire avec raison que sa découverte appartient exclusivement au xixe siècle. Cependant, si on dirige ses recherches dans le but d’en connaître l’histoire, on voit que son origine n’est pas soudaine, et, qu’à différentes époques, la galvanoplastie s’est successivement enrichie de nouveaux faits. Brugnatelli , chimiste de Pavie , paraît être le premier qui ait remarqué le phénomène de la réduction des métaux par l’action d’un courant électrique. Plusieurs essais de dorure qu’il fit à une époque presque contemporaine de la découverte de Volta, et dont il publia alors le résultat, démontrent qu’il avait déjà obtenu quelque succès dans cette carrière nouvelle (i). Toutefois , la découverte de Brugnatelli demeura ensevelie pendant de longues années dans la poudre de quelques recueils scientifiques italiens, et il se trouve ici une grande lacune dans l’histoire de l’Electro-métallurgie. Cependant elle

(i) Voyez Journal de Chimie, de Van Mons, 1803, page 357. — - Annales de Chimie, recueillies par Brugnatelli, tome XXII , page 22, Parie, 1805, — Bibliothèque de Campagna, tome X, page 185, Milan, 1807.

Galvanoplastie. i

HISTOIRE

ne pouvait pas être perdue pour la science, et nous verrons que plusieurs années après, elle devait retrouver une nouvelle vie entre les mains de plusieurs savants qui n’avaient pas même dû connaître les travaux de Brugnatelli. On peut croire avec raison que l’Electro-métallurgie dut sa renaissance à la découverte de la pile à effets constants, du professeur Daniell , pile dans laquelle le cuivre est toujours réduit au pôle négatif. Ce savant, lorsqu’il fit sa première expérience , remarqua, en enlevant un fragment de cuivre qui s’était déposé sur un électrode de platine , que des éraillures de ce dernier métal s’étaient fidèlement empreintes sur le cuivre. Telle est, sans doute, l’origine de l’électrotypie ; mais comme l’auteur avait dirigé toute son attention sur la construction de la pile elle-même, il ne paraît pas s’être suffisamment préoccupé de ce fait important.

Peu de temps après la découverte de cette pile , M. De la Rive fit des expériences sur ses propriétés ; et dans un article publié par le Magasin philosophique , après la description d’une forme particulière de pile à laquelle il donne la préférence, on remarque le passage suivant : « La plaque de cuivre est également recouverte d’une couche de cuivre à l’état métallique, qui y est incessamment déposé par molécules, et telle est la perfection de la feuille de métal ainsi formée, que lorsqu’elle est enlevée, elle offre une copie fidèle de chaque éraillure de la plaque métallique sur laquelle elle reposait. » L’article dont nous extrayons ce passage semble n’avoir pas attiré l’attention : et ce qui paraîtra encore plus singulier, l’auteur, quoique ses titres scientifiques le rendissent éminemment propre à mettre ces faits en application , ne songea point aux résultats pratiques auxquels cette expérience pouvait conduire.

Ainsi qu’on le voit par ce qui précède, l’idée mère, ie fait primitif qui sert de base à la galvanoplastie, avait été constaté depuis longtemps, mais delà connaissance de fait à son application aux arts industriels, il y avait encore un pas immense.

Les choses étaient en cet état, lorsqu’en octobre i838, le professeur Jacobi, de Saint-Pétersbourg, annonça qu’il pouvait appliquer la réduction du cuivre aux besoins des arts et de l’industrie. Son procédé reçut le nom de Galvanoplastie.

Immédiatement après la publication de cette découverte, en Angleterre (année 1889), M. Spencer prétendit avoir exécuté quelques médailles en cuivre qui reçurent le nom d’électrotypes ou voltàitypes. L’appareil dont il se servait était une

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simple pile de Daniell. Il employa tour à tour différents métaux comme modèles, pour y recevoir le dépôt métallique; mais il ne paraît pas avoir réussi dans l’emploi des substances non conductrices.

Ainsi, jusque là , la galvanoplastie de Jacobi et de Spencer n’était que l’application du fait dès longtemps entrevu par i Daniell, mentionné par De la Rive, et observé par une foule d’autres personnes. Sans aucun doute, Jacobi et Spencer peuvent revendiquer l’honneur d’avoir, les premiers, amené la 1 galvanoplastie à des résultats pratiques, mais, jusque là, les applications de ce nouvel art étaient fort restreintes. En effet, Jacobi et Speucer n’opéraient que sur le cuivre seulement; et tout en leur laissant le mérite incontestable de l’idée première de la galvanoplastie, nous verrons que d’autres, en approfondissant ce sujet, trouvèrent bientôt que la plupart des métaux sont soumis aux mêmes lois de réduction que le cuivre.

Mais une découverte qui contribua au plus haut degré à propager la galvanoplastie dès son origine, est celle qu’on doit à M. Murray. Il remarqua que les corps non conducteurs pouvaient néanmoins recevoir un dépôt métallique, si l’on avait soin de les recouvrir préalablement d’une couche de plombagine. Ce procédé joint à une extrême simplicité une grande perfection. La première application en fut faite en janvier i84o; mais il est à regretter que l’auteur n’en ait pas étendu l’application , et qu’il n’ait pas publié ses recherches. Il se contenta de communiquer verbalement sa méthode dans des conversations qui eurent lieu à l’Institution royale , mais elle ne fut point 'publiée par la voie de la presse. Néanmoins toutes les recherches dirigées dans le but de connaître celui qui peut revendiquer la priorité dans l’emploi de la plombagine, s’accordent avec le témoignage de plusieurs autorités, pour en attribuer le mérite à M. Murray. Cette découverte lui appartient donc en propre; et, nous le répétons, on ne saurait lui accorder trop d’importance ; les résultats obtenus par l’emploi de la plombagine sont immenses et incontestables , quoique quelques personnes aient nié son efficacité.

D’autres auteurs , comme MM. Solly et Spencer, ont imaginé plus tard des procédés pour obtenir sur des corps non conducteurs une couche métallique propre à recevoir le métal réduit; mais ces procédés, longs, dispendieux et difficiles , sont de beaucoup inférieurs sous tous les rapports à celui de M. Murray.

HISTOIRE

les premiers essais que l’on fit des substances non conductrices , furent d’abord tentés avec des modèles de plâtre que l’on revêtait d’une couche métallique, soit en y appliquant une feuille d’or, soit en les enduisant d’une solution d’un sel métallique ramené ensuite à l’état de métal, au moyen de divers agents chimiques. Il en résultait un double inconvénient: d’abord l’application d’une couche de métal, quelque mince, quelque bien répartie quelle fut, sur le plâtre, altérait inévitablement les finesses de la gravure; mais, en outre, l’extrême porosité du plâtre , sa faculté absorbante avaient pour effet de désagréger ses molécules , lorsqu’on le plongeait dans un liquide, et le modèle une fois altéré, il en résultait nécessairement une copie informe. Çes inconvénients auraient faitaban» donner l’usage du plâtre pour les modèles galvanoplastiques, si M. Smee n’avait eu l’heureuse idée d’employer les moyens connus de tous les mouleurs, pour rendre le plâtre non absorbant (i). Grâce à cette ingénieuse application, le plâtre, à cause de son extrême facilité à prendre exactement les formes les plus délicates, sera employé presque exclusivement pour les modèles galvanoplastiques. On doit encore à M. Smee de grands perfectionnements dans la manière d’obtenir les modèles en cire et en résine. Enfin, pour ne rien omettre de ce qui concerne les modèles, nous devons mentionner ceux en alliage fusible, obtenus par la méthode du docteur Boettger, et les différents modes de clichage, soit par compression , soit par percussion , soit enfin par fusion. Ces derniers procédés sont décrits dans le Manuel du Mouleur en médailles , qui fait partie de \' Encyclopèdie-Roret.

La galvanoplastie une fois lancée dans le domaine public, l’impulsion fut générale, les savants, les industriels de tous les pays s’en occupèrent, et tous leurs efforts furent dirigés dans le but d’étendre les applications dont ce nouvel art est susceptible. Une des premières à laquelle ils songèrent , fut d’employer l’agent galvanique comme moyen de dorure dans les différentes professions où cette opération est usitée. Une pareille découverte devait avoir un résultat immense pour le bien de l’humanité, puisqu’elle tendait à supprimer l’ancien mode de dorure par la voie du mercure, dont les émanations

(1) Ces moyens sont décrits avec de grands détails dans la deuxième édition du Manuel du Mouleur en médailles, qui fait partie de 1 ’ Encyclopcdie-Roret. Et maintenant que le moulage du plâtre est appelé à jouer un grand rôle dans la galvanoplastie, cet ouvrage est indispensable à tous ceux qui veulent obtenir des modèles d’une grande pureté.

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sont si nuisibles à la santé des ouvriers. Aussi, dès l’origine de la galvanoplastie, un grand nombre d’expérimentateurs se mirent à l’œuvre pour trouver un procédé de dorure galvanique.

M. De la Rive (1), professeur à Genève, paraît être le premier qui ait fait connaître un moyen de dorure par l’électricité. Mais son procédé avait plusieurs inconvénients : la couche d’or dont il parvenait à recouvrir les objets, paraissait trop mince, et offrait peu de solidité et d’adhérence. Il y avait en outre, pendant l’opération, une notable déperdition d’or qui rendait ce moyen fort dispendieux. Enfin, M. De la Rive, de son propre aveu , n’avait pas réussi à dorer le fer ni l’acier.

Peu de temps après, le professeur Boettger, de Francfort , publia un procédé de dorure déjà plus parfait, puisqu’il parvenait à dorer le fer et l’acier, mais il avait échoué sur le cuivre et sur l’étain.

M. Elsner répéta plus tard les expériences de MM. De la Rive et Boettger, en indiquant quelques modifications à apporter soit aux appareils, soit aux dissolutions employées, pour obtenir un bon résultat. Néanmoins, dans les conclusions de son mémoire, M. Elsner émet l’opinion que les procédés de dorure galvanique , connus jusqu’à ce jour, sont insuffisants pour remplacer la dorure au mercure dans l’industrie manufacturière.

Au mois d’août 1840, M. Smee fit faire un pas immense à la question; il découvrit un procédé au moyen duquel l’or peut désormais être appliqué en couches aussi minces ou aussi épaisses qu’on le désire. Le platine , le palladium et autres métaux, peuvent également être réduits par sa méthode, sous la forme métallique. C’est à lui, en un mot, que la science est redevable de la possibilité de réduire tous les métaux, parce qu’il a le premier découvert et appliqué les lois qui régissent la précipitation de tous les corps métalliques.

Quoiqu’il en soit, et malgré la supériorité évidente du procédé de dorure de M. Smee sur tous ceux de ses devanciers, le problème n’était pas encore résolu ; car, pour substituer la dorure galvanique aux anciennes méthodes, il fallait réaliser les conditions suivantes :

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