DES APPAREILS EMPLOYES POUR LA RÉDUCTION DES METAUX
L'électro-métallurgie exige la connaissance du galvanisme , 104. — Idée de l'électrométallurgie suggérée par la pile de Daniell, 105. — Appareils à tubes poreux ou à simple cellule, 100-113. — Appareil à tube capillaire, 113. — Appareil à cloison de plâtre, 114. — Appareil de batteries composées, 115-117. — Appareil à simple batterie, 117-119. — Auge «précipités, 119. — Simple cellule jointe à une batterie, 120. — Disposition de Mason, 121. — Maniement des appareils, 122-124. — Lignes qui se produisent sur le métal réduit, moyen de les éviter, 124. — Adhérence et non adhérence du métal récrit, avec son modèle, 125-128. —Adhérence apparente, 128. — Accroissement latéral du métal réduit, 129.
io4. L’électro-métallurgie étant sous la dépendance de l’agent galvanique, est soumise aux mêmes principes et aux mêmes lois qui ont été examinées dans la partie de cet ouvrage qui traite du galvanisme et des piles galvaniques ; c’est pourquoi , pour pouvoir réduire les métaux à l’aide de ce fluide , il faut avoir une connaissance approfondie du galvanisme et des appareils voltaïques. Il est indispensable que le lecteur se familiarise avec le contenu des chapitres précédents, avant d’entrer dans l’étude de celui-ci , car, quelles expériences pourraiton conduire avec succès , sans la connaissance des instruments à l’aide desquels se font ces expériences (i)? Toutefois, indé-*
(i) 10i. Uo autre motif doit encore engager I'électro-métallurgiste à faire une étude approfondie du galvanisme. La galvanoplastie, quoique déjà riche d’une multitude de faits d’une application usuelle, est encore destinée a étendre ses conquêtes ; et chaque expérimentateur est appelé à en reculer les limites. Mais, pour que les expériences qui doivent amener ces nouveaux progrès puissent être fades utilement , il est nécessaire quelles soient éclairées par une sage théorie Dès-lors il est indispensable qu'on se pénètre bien des principes qui président à la réduc; ion des métaux en général, et qu’on connaisse à fond toutes les particularités qui se rattachent à chaque métal. Nous savons bien que la routine, malheureusement encore trop commune de nos .jours, affecte un souverain mépris pour tout ce qui louche à la théorie ; mais, que! que soit l’empire des préjugés, les gens éclairés comprendront facilement que dans un art tout de raisonnement et de déduction comme la galvanoj lastie, les théories chimiques qui lui ont donné naissance, doivent, avant tout, être familières à l'expérimentateur.
tîVRE lî. CHAPITRE £.
pendamment des propriétés galvaniques dont nous avons déjà traité, i!. en existe quelques autres qui concernent soit les différents métaux , soit les qualités différentes des mêmes métaux,
Ces propriétés, ainsi que les appareils à employer poui obtenir les précipités, exigent un examen approfondi.
105. L’idée de l’électro-métallurgie semble avoir été suggérée par l’emploi de la pile du professeur Daniell fi), car, pendant qu’elle fonctionne, le vase extérieur en cuivre qui joue le rôle de métal négatif, se revêt d’une couche additionnelle de cuivre, et ce dépôt reproduit exactement l’empreinte du vase auquel il adhère. Si l’on se rappelle la construction de cette batterie, on voit qu’elle est principalement formée de deux récipients dont Je plus interne est poreux et contient de l’acide sulfurique étendu, tandis que le récipient externe renferme la dissolution de sulfate de cuivre et le métal négatif.
106. S’il se trouve du sulfate de zinc mêlé dans une dissolution de sulfate de cuivre, la texture du cuivre réduit, d’après quelques auteurs, acquiert tant de fragilité que le métal se brise sous le moindre effort. Pour cette raison, la structure des tubes poreux doit être telle qu’elle empêche que le sel de zinc ( produit par l’action chimique de la dissolution de ce métal) ne se mêle au sulfate de cuivre. L’effet du sel de zinc qui rend le cuivre cassant, paraît, d’après mes expériences, avoir été exagéré, et quoiqu'il soit plus convenable d’empêcher autant que possible l’endosmose ou mélange des deux dissolutions, cependant je ne pense pas que ce mélange ait de graudes conséquences (2).
(1) 105. Eu attribuant au professeur Daniell l’idée primitive de l’électro-métallurgie, M. Stnee semble avoir pris à tàclie de rabaisser le mérite de la découverte simultanée de MM. Spencer et Jacobi. Nous ue pouvons partager celte opinion ; car, encore bien que le fait qui donne naissance à la galvanoplastie résulte nécessairement de l’emploi de la pile <Je Daniell , de la simple constatation de ce fait à son application pratique dans un but utile , il y avait un pas immense, et ce pas, MM. Jacobi et Spencer ont le mérite incontestable cle l’avoir fait faire à la science. A ceux donc qui chercheraient à rabaisser la beile découverte de ces savants, on pourrait répondre ce qu’autrefois Christophe Colomb répondit aux objections qui lui étaient faites sur la facilité de la découverte de l’Amérique : Qui d’entre vous, dit-il à ses détracteurs , pourrait faire tenir cet œuf debout sur ce marbre? Et comme personne ne lui répondait, Colomb prit l’œuf, et le frappant légèrement sur ie marbre de manière à affaisser un peu le bout de la coquille, il l’y fit tenir. Ce problème, leur dit-il, était plus facile à résoudre que de découvrir un monde nouveau , et pourtant pas, un de vous n’eu a trouvé la solution.
Laissons donc à chacun son mérite, à Daniell celui d’avoir, en inventant sa pile, donné naissance au fait galvanoplasliqua sans en connaître la portée ; à MM. Spencer et Jacobi la gloire , bien plus grande , de s’ètre emparés de ce fait, d’en avoir tiré les conséquences, et de l’avoir appliqué à la création d un art nouveau; à M. Sœee enfin, le mérite d'avoir recherché les causes de ce l'ait, et d’avoir formulé exactement les lois qui lui donnent naissance.
(2) 106. Quoi qu’en dise l’auteur, nous pensons, d’après notre propre expérience,
APPAREILS POUR LA REDUCTION DES METAUX. fa
107. La substance qui paraît le plus propre à séparer les dissolutions dans un appareil électrotypique, est une membrane animale telle que celle qui revêt le gros intestin du bœuf, ou bien une vessie. Nous avons déjà dit que plus le vase est poreux, plus la quantité d’electricité développée est grande, et plus, par conséquent, la quantité de cuivre déposée est considérable , attendu que la somme du dépôt métallique est toujours en rapport avec la quantité d’électricité engendrée. Voici l’ordre de quelques substances relativement à la facilité quelles présentent au passage du fluide électrique : i° le papier gris; 20 le plâtre fin de Paris; 3° la baudruche dont se servent les batteurs d’or; 4° les membranes de vessie de différentes épaisseurs ; 5° le plâtre grossier de Paris.
108. Le plus simple de tous les appareils employés pour précipiter les métaux est celui de Dauiell, qui présente un tube en terre poreuse, lequel contient l’acide et le zinc, tandis que le corps qui doit recevoir le dépôt est placé en dehors de ce tube, et mis en communication avec le zinc , à l’aide d’un fil métallique {fig- 1, PL II).
Qu’on prenne, par exemple, un vase quelconque , qu’on le remplisse à moitié d’une dissolution de sulfate de cuivre, qu’on y mette le tube poreux en terre contenant le zinc et l’acide, et on aura l’appareil de Daniell. Car quand on veut obtenir un électrotype, il est seulement nécessaire de mettre le corps qui doit recevoir le d^pôt dans le vase extérieur qu’on fait communiquer avec le zinc; dès-lors 1 action commencera à s’effectuer.
La saturation du liquide peut être maintenue en mettant une certaine quantité du sulfate de cuivre dans un nouet suspendu dans la dissolution de ce sel. L’inconvénient que présente cette forme d’appareil consiste dans le passage rapide du sel de zinc dans le vase extérieur. Mais elle offre l’avantage de permettre de placer le corps qui doit recevoir le dépôt, dans une position verticale, ce qui le rend moins sujet à se couvrir de molécules pulvérulentes (Voir la note 108, p. 5o.)