POIDS
de l’argent déposé.
minutes.
grammes.
Total. . . .
On voit par ces résultats, que , dans l’espace de i4 minutes, sur une surface de 28cent-,o8, il s’est déposé ogr,o66 d’argent, c’est-à-dire oGr,23 par décimètre carré; d’où l’on conclut que la couche d’argent a omiL?23 d’épaisseur à la surface
APPENDICE
de la lame. Si l’on eût prolongé l’expérience, il est certain que l’épaisseur se serait augmentée en raison du temps. Si l’on jette les yeux sur le tableau, on voit que la quantité d’argent a été en diminuant, et qu elle n’est pas proportionnelle au temps, quand le courant a une force sensiblement constante. Je dois faire observer que la lame étant continuellement en mouvement dans le bain, tantôt au milieu, tantôt sur les bords, il pouvait très-bien se faire que la température ne fût pas partout la même, et que dès- lors l’action du courant ne fût pas identique dans tous les instants.
Pour m’assurer si les pièces argentées par la méthode que j’ai décrite réunissaient les qualités exigées par le commerce, j’ai prié M. Mourey de faire donner à ses ouvriers un certain nombre de pièces, sans leur dire comment elles avaient été argentées , afin de les brunir et leur faire subir toutes les préparations ordinaires. Ces pièces ont résisté à toutes les épreuves et préparations d’usage ; entre autres l’espèce de mise en couleur de M. Mourey, laquelle consiste à tremper la pièce dans une dissolution de borate de soude, et à l’exposer ensuite à une température suffisante pour opérer la fusion aqueuse. Par ce moyen, on dissout probablement le sous-chlorure, et en général les sous-sels métalliques. Je dois faire remarquer que tous les alliages de cuivre ne se prêtent pas aussi bien que le laiton de la bijouterie au mode d’argenture dont il est question, principalement ceux qui renferment une forte proportion de zinc , parce qu’alors cet alliage devient assez fortement électro-positif. Cet état pourrait être vaincu en employant un courant plus énergique que celui dont je me suis servi. On peut encore, dans quelques cas, obtenir de bons résultats au moyen d’un expédient que je vais indiquer.
Lorsqu’un morceau de cuivre, parfaitement poli et décapé, est platiné par immersion d’après les indications de mon dernier Mémoire, ce platine est très-uniforme et a un beau brillant; mais, si l’on touche la pièce avec des doigts humides, les parties touchées se recouvrent d’une couche très-faible de couleur roussâtre, que l’eau acidulée par l’acide acétique enlève immédiatement, et la surface reprend son éclat. Cette couleur roussâtre ne peut provenir que de l’oxydation du cuivre par les interstices moléculaires de platine; car l’on sait que le dépôt de ce métal constitue un véritable réseau. L’oxydation du cuivre, dans ce cas, est d’autant plus rapide qu’il constitue avec le platine un couple voltaïque; de sorte qu’il est plus attaqué que si ce contact n’avait pas lieu.
J’ai pensé que , si l’on plongeait du cuivre platiné dans une lissolution bouillante de sel marin et de chlorure d’argent |ui sert à argenter, le cuivre devait être alors plus attaqué îar le chlorure d’argent que s'il n’était pas en contact avec le datine. Il en résulte deux choses par l’action des couples vollaïques cuivre et platine : le chlorure d’argent est décomposé; 'argent se dépose sur le platine , et s’étend peu à peu au-delà, le manière à remplir les interstices ; il s’ensuit que, quand la lissolution d’argent ne peut plus réagir sur le cuivre, parce :jue les interstices moléculaires sont fermés, l’action décomposante cesse ; la pièce lavée et séchée n’éprouve plus ensuite aucune altération. L’argenture obtenue par immersion, à l’aide ie ce moyen, offre une qualité essentielle, une forte adhérence, car elle supporte l’action du brunissoir.
La quantité de platine déposé est tellement minime , que ['industrie ne devra pas être arrêtée par l’opération prélimiaaire avant de l’argenter. Et en effet, quand on songe que, par lécimètre carré, il ne se dépose pas 3 ou 4 centigrammes de platine, dont le prix est de moins de i franc le gramme , on roit quede centigramme ne revient qu’à i centime.
Ainsi, la dépense du platine pour argenter après platiné ne loit pas arrêter. Certaines pièces de laiton , en raison de la quantité de zinc qu’ elles renferment, ne peuvent pas être ou ae sont que difficilement argentées par immersion; et, dans ce cas, l’action d’un courant ne peut être employée, même à l’ égard de certains laitons résistants. Dans ce cas, l’argenture après platiné est apte à recevoir des dépôts ultérieurs d’argent par l’action d’un courant.
Les détails que je viens d’exposer dans cette note, suffiront aux personnes qui voudront s’occuper du dépôt d’argent sur laiton avec épaisseur.
Je mentionnerai encore quelques faits relatifs à l’argenture du maillechort , que j’ai observés. Quand on plonge cet alliage dans une solution bouillante saturée de chlorure d’argent et de chlorure de sodium, il se blanchit, et l’argent ne tarde pas à se détacher; mais il n’en est plus ainsi quand on emploie l’action de quelques couples voltaïques pour opérer, de concert avec l’alliage, la décomposition du chlorure d’argent.
Dans ce cas , l’alliage , étant moins électro-positif , agit moins tumultueusement, et l’argent adhère alors plus fortement. On peut, au moyen d’immersions successives, lavant et séchant chaque fois à la sciure de bois , augmenter la couche
d’argent déposée. Dans une expérience où j’ai opéré avec une lame de maillechort de 5 i millimètres de longueur sur 20 millimètres de largeur, j’ai déposé oSr-,02 d’argent, ou environ oSr>,2 par décimètre carré. La couche d’argent est mate; elle prend le poli au rouge d’Angleterre, mais elle ne résiste pas au brunissoir. En ployant les lames à plusieurs reprises, l’argent se détache en lamelles , ce qui est une conséquence de ce que l’argenture ne résiste pas à l’action du brunissoir.
Avec quelques précautions, le fer peut être argenté, mais sans qu’il soit possible de donner de l’épaisseur, au moyen de la pile, à la couche d’argent déposée. Une des précautions à prendre , est que l’immersion ne soit que de très-courte durée , même en s’aidant de l’action voltaïque. Je crois, cependant, qu’011 pourrait arriver à rendre ce métal assez électro-négatif pour que la couche d’argent eût de l’épaisseur et quelle adhérât.
Pour réussir dans toutes les opérations qui ont été indiquées dans le cours de cet ouvrage, il est essentiel d’employer des produits chimiques parfaitement purs : il faut donc se les procurer chez des fabricants qui méritent toute confiance. Sous ce rapport, nous nous ferons un plaisir d’indiquer aux amateurs ceux dont les noms suivent :
M. Emile Rousseau et Cie, rue de l’École de Médecine , 9.
Roeiquet Boyveau et Pelletier , rue des Francs-Bour rjeois-St.-Michel , 8.
Hédouin, rue St.-Merry , 9.