‹ Nouveau manuel complet de galvanoplastie, ou, Éléments d'électro-métallurgie, contenant l'art de travailler les métaux a l'aide du fluide galvanique, pour dorer, argenter, platiner, cuivrer, etc., etcChapitre 102 sur 171 · ORTKA1TS DAGUERRIENS ET SUR LES PAPIERS PHOTOGÉNIQUES · texte numérisé non relu

ORTKA1TS DAGUERRIENS ET SUR LES PAPIERS PHOTOGÉNIQUES

Par E. de VALICOIJRT

AVERTISSEMENT

Dès son apparition, la belle découverte de M. Daguerre a excité l’étonnement et l’admiration des savants de tous les pays, et la perfection même des premiers produits du daguerréotype semblait exclure l’idée de progrès ultérieurs. Cependant, aujourd’hui que cet art nouveau compte à peine quelques années d’existence, il s’y est introduit d’immenses perfectionnements , et l’on est arrivé à des résultats que M. Daguerre lui-même n’aurait pas osé prévoir. C’est ainsi que les épreuves du daguerréotype, qui, dans le procédé primitif, exigeaient plusieurs minutes d’exposition dans la chambre noire , sont obtenues aujourd’hui en quelques secondes , grâce à l’emploi des substances accélératrices. Ce succès, pour ainsi dire fabuleux, même dans notre siècle si fécond en merveilles, on le doit à la généreuse munificence du gouvernement français, qui, en livrant à la publicité le procédé de M. Daguerre, a permis aux savants et aux hommes pratiques de venir joindre le tribut de leurs lumières et de leurs travaux à la découverte de l’inventeur.

Si, au contraire , le daguerréotype était resté le partage exclusif d’un monopole protégé par le mystère d’un brevet d’invention, il serait encore dans son enfance, et les perfectionnements qui sont venus çentupler le prix de la découverte de Galvanoplastie. 33

AVERTISSEMENT

M. Daguerre auraient sans doute été perdus pour la science ( i ) . Mais aujourd’hui cet admirable instrument est entre les mains de tout le monde; chacun est appelé à lui faire faire de nouveaux progrès , et qui oserait affirmer que , dans un temps qui n’est peut-être pas éloigné , on n’arrivera pas à la solution du grand problème de la reproduction de la nature avec toutes ses couleurs ? Qui pourrait dire que le papier ne sera pas substitué, un jour, aux plaques métalliques? Qui sait si la chimie ne découvrira pas une substance assez sensible pour produire des images dans une demi-obscurité ou par un clair de lune ?

La possibilité de faire les portraits au moyen du daguerréotype, regardée dans l’origine, par l’inventeur, comme une idée à peine réalisable, n’est-elle pas devenue aujourd’hui un fait incontestable? Et qui n’a pas vu et admiré les inimitables épreuves de MM. Foucault, Thiesson, Choiselat et Ratel, Plumier, Bord etBisson? Qui ne s’est pas arrêté avec complaisance devant ces belles épreuves apportées d’Angleterre par notre compatriote M. Claudet ?

Les succès obtenus en si peu de temps par la daguerréotypie sont un sûr garant de ceux qu’elle obtiendra encore; et comment n’en serait-il pas ainsi d’un art devenu si populaire, et où chacun est appelé à devenir inventeur ? C’est donc à la publicité à stimuler le zèle des novateurs en leur présentant l’ensemble complet des découvertes déjà faites. Nous savons bien que déjà tous les perfectionnements apportés au daguerréotype ont été décrits; mais ces publications, disséminées dans des recueils scientifiques peu répandus, ou dans des brochures dont le but principal est de servir de réclame aux maisons qui les publient, sont insuffisantes pour l’avancement de la science. Il fallait donc réunir tous ces documents épars en un travail d’ensemble, où le lecteur pût embrasser d’un

( i) Nous dirons, à l’appui de cette opinion, que tous les perfectionnements apportés au daguerréotype ont été inventés en France, où l’exploitation du procédé est libre.

AVERTISSEMENT

seul coup-d’œil toutes les modifications successivement apportées au procédé primitif de M. Daguerre. Complètement étranger aux rivalités commerciales qui ont engagé certains publicistes à vanter leurs propres découvertes ou leurs produits, trop souvent aux dépens de leurs confrères, nous examinerons avec impartialité tous les procédés nouveaux adoptés dans la photographie, réservant à chacun la part de mérite qui lui revient dans ces découvertes.

En publiant ce traité , nous n’avons eu aucune prétention au titre d’inventeur. Qu’on ne s’attende donc pas à y trouver de ces innovations trop souvent hasardées , et basées sur de pures idées spéculatives. Mais recueillir et présenter dans un ordre didactique les procédés nouveaux qui ont reçu la sanction de l’expérience; éliminer ceux que la pratique a condamnés, c’était épargner aux photographistes des essais et des tâtonnements inutiles, leur éviter de nombreuses déceptions, et aplanir la voie à ceux qui débutent dans la carrière. Tel a été le but que nous nous sommes efforcé d’atteindre.

Les substances accélératrices, cet écueil si fréquent où viennent se briser les efforts des photographistes, ont été de notre part l’objet de nombreuses recherches et d’expériences faites avec un soin tout particulier. Grâce à la bienveillante coopération de nos amis, nons avons pu offrir à nos lecteurs des formules précises, au moyen desquelles ils pourront préparer eux-mêmes toutes ces substances. Sans nous passionner pour ou contre telle ou telle de ces substances, nous exposons sans engouement et sans partialité les qualités et les défauts qui sont propres à chacune d’elles. Ainsi dégagée de ces mystérieux arcanes , trop longtemps exploités par un avide empyrisme , la science pourra désormais marcher d’un pas assuré, et le succès ne sera plus livré aux chances capricieuses du hasard.

Les modifications apportées au daguerréotype peuvent se diviser en quatre classes : la première comprendra les perfec-

AVERTISSEMENT

tionnements introduits dans la partie optique ou mécanique de la chambre noire; la seconde aura pour objet les innovations apportées dans les cinq opérations qui constituent le procédé de M. Daguerre, ou dans les appareils qui servent à ces opérations ; la troisième indiquera la méthode pour faire les portraits; la quatrième traitera des images photographiques obtenues sur papier, et des autres objets qui intéressent la photographie en général.

Encore bien que la photographie sur papier n’ait, jusqu’ici, donné que des résultats imparfaits , nous croyons devoir appeler sur ce dernier point toute l’attention des expérimentateurs. Celui qui parviendra à résoudre d’une manière complète le problème de la reproduction des images sur papier, aura rendu un immense service à la photographie , en la débarrassant du bagage incommode et dispendieux des plaques métalliques.

Quoique le nom de Photographie donné au nouvel art soit plus scientifique et sonne mieux à l’oreille que celui de daguerréotypie , nous avons cru devoir conserver'cette dernière dénomination à notre traité. Il rappelle le nom de l’inventeur, et le public n’est déjà que trop disposé à oublier les hommes qui se signalent par des découvertes utiles.

Page 1