MODIFICATIONS A LA PARTIE MECANIQUE
Un système d’engrenage monté sur l’objectif, on sur la chambre noire elle-même , facilita la mise au point avec une exactitude rigoureuse.
Les accessoires de l’appareil reçurent aussi de notables perfectionnements entre les mains de M. le baron Séguier. Les boîtes à iode, si embarrassantes par leur volume dans la construction de M. Daguerre, furent réduites aux plus petites dimensions, sans néanmoins compromettre l’opération délicate à laquelle elles sont destinées.
La boîte à brome prit dans les mains de M. Foucault une forme nouvelle qui répond à toutes les exigences des nombreuses substances accélératrices.
La boîte au mercure fut réduite à la moitié de son ancien volume, par l’addition de côtés à coulisses qui lui servent de pieds lorsqu’ils sont ouverts.
Les flacons contenant les produits chimiques furent rangés symétriquement et de manière à tenir le moins de place possible dans des boîtes séparées de la chambre noire et dont la construction permet de les transporter sans aucun inconvénient.
Un support à chlorurer, susceptible de donner à la plaque une parfaite horizontalité, remédie à l’épanchement si fréquent de la nappe de chlorure d’or pendant l’opération du fixage, N° 98.
Le polissage des plaques qui, dans l’origine, avait lieu sur des feuilles de papier qu’on était obligé de renouveler sans cesse, devint plus simple et plus facile, grâce à l’adoption de planchettes à polir, en bois ou en verre.
Enfin, la plupart des appareils livrés aujourd’hui au commerce réunissent, au plus haut degré, les conditions de solidité, de légèreté et d’un ménagement ingénieux de l’espace.
12. Parmi les constructeurs qui ont le plus contribué au perfectionnement du daguerréotype et de ses accessoires, nous citerons M. Buron, dont les appareils sont représentés^. 35 et 36, Pl. II, et fig. 27 à 34 de la même planche; M. Lerebours qui, malgré les études et l’attention que réclame de lui la construction des grands instruments, s’est occupé avec un soin tout particulier des appareils photogéniques. Son daguerréotype à portraits est représenté PL Ve, fig. 1 3. Mais nous devons surtout appeler l’attention du lecteur sur le grand photographe construit par M. Charles Chevalier. La description de cet instrument admirable dans toutes ses parties, et qui l’emporte sans contredit sur tous les autres, exige des développements qui
feront l’objet d’un article spécial, renvoyé au IVe livre pour ne pas retarder l’ordre didactique de cet ouvrage (i).
Tels sont les perfectionnements apportés jusqu’ici à la partie mécanique du photographe. Nous reviendrons sur chacun d’eux à mesure que l’ordre des matières le permettra, et nous indiquerons les précautions minutieuses qu’on doit apporter dans le choix de chacune des parties qui composent un appareil. Nous devons dire néanmoins, dès à présent, que tout ce qui est du ressort de l’ébénisterie doit être traité avec un soin tout particulier, et pour la perfection du travail et pour le choix de la matière. Les daguerréotypes sont exposés à subir de fréquents changements de température, et l’on ne doit employer à leur construction que des bois parfaitement secs et qui, parleur nature et la perfection des assemblages, ne soient point sujets à se gauchir.
i3. Pour ne rien omettre, nous devons dire un mot d’un appareil qui, par sa construction, diffère essentiellement de tous les autres. Le daguerréotype Gaudin, yù/. 1 1, Pl. I, sivanL lors de son apparition, semblait présenter quelques avantages; on y avait supprimé les planchettes et châssis, et la plaque pouvait être exposée à nu ; un écran en drap noir servait d’obturateur, et permettait de découvrir instantanément l’objectif. Un diaphragme à trois ouvertures différentes était destiné à corriger, autant que possible, l’extrême aberration sphérique d’un objectif à très-court foyer. Cette aberration était encore combattue par un tube métallique , qui circonscrivait l’impression photogénique sur un espace circulaire pris au milieu de la plaque.
Ces dispositions, qui paraissent séduisantes au premier abord, sont malheureusement plus que compensées par de graves inconvénients. L’extrême difficulté de la mise au point avec cet appareil ; l’incertitude où l’on est de retrouver exactement ce point , après avoir emporté l’appareil dans un endroit obscur, pour y placer la plaque ; le manque de netteté des images , enfin , l’absence complète de ces images sur les quatre coins de la plaque, ont fait promptement abandonner le système Gaudin, et il est aujourd’hui, à peu près, tombé dans l’oubli.
i4- ïl n’en est pas de même de l’ingénieux appareil imaginé par M. Claudet , et dont nous donnerons une description , parce qu’il peut être très-utile aux personnes qui désirent opérer
(1) Voyez cette description , page 527. Les fig. 1 à 10 , planche I , reproduisent le photographe Chevalier et scs accessoires.
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alternativement sur des plaques de grandeurs différentes, sans )j être obligées de transporter, avec elles, l’attirail embarrassant de trois ou quatre daguerréotypes. On peut, en outre, l’em- I ployer avec beaucoup d’avantages, lorsqu’on veut essayer ou 4 comparer plusieurs objectifs.
Sa construction est des plus simples : la chambre obscure î consiste en une boîte carrée longue, ouverte par un de ses bouts. Ses dimensions sont calculées de telle manière, que sa >: longueur excède de 3o à 4o centimètres (de u à i5 pouces) j la longueur focale du plus grand objectif que l’on veut y adap-
Iter; et quant à sa largeur, elle doit excéder de 5 à 6 centime*
| très ( î pouce io lignes à i pouces 3 lignes) la plus grande dimension d’une plaque entière. Sur le devant de cette boîte , I on a ménagé une grande feuillure carrée, destinée à recevoir I des planchettes de même forme et de même dimension , sur les- I quelles sont montés les différents objectifs, et que l’on fixe à la chambre noire au moyen de petits tourniquets en métal.
L’intérieur de cette chambre noire est fermé par un cadre mobile, en forme de tiroir, glissant parallèlement et à frottement senti dans toute la longueur de la boîte. Le cadre mobile se compose lui-même de quatre autres cadres de dimensions appropriées à chaque grandeur de plaque, et entrant l’un dans l’autre au moyen de feuillures qui les font affleurer en dessus et en dessous. C’est dans les feuillures de ces cadres que l’on place soit la plaque elle-même, soit un verre dépoli de même grandeur que cette plaque, lorsqu’il s’agit simplement de mettre au foyer. On comprend que le verre dépoli se trouvant placé dans la feuillure même qui, plus tard, doit recevoir la plaque, on est bien plus sûr d’arriver ainsi à une mise au foyer parfaitement exacte. Le verre dépoli ou la plaque sont maintenus en place au moyen d’un ressort qui tourne sur une vis. Les plaques sont iodées et brômées à nu , et lorsqu’elles ont subi ces préparations , on les place , le cuivre en dessus, dans une boîte de grandeur convenable où elles sont supportées par des bandelettes de verre collées tout autour des parois; on apporte cette boîte dans l’appareil, on recouvre cet appareil avec un drap noir qui , retombant sur les bras de l’opérateur, lui permet d’extraire la plaque de la boîte et de la placer dans la feuillure du cadre sans l’exposer à la lumière.
Malgré ces avantages évidents de l’appareil Claudet, beaucoup de personnes hésiteront à l’adopter, à cause de la difficulté réelle que présente la manipulation des plaques nues.