PREPARATION DUN BROMURE D IODE
a quantité d’iode préalablement absorbée par la plaque, Nos 33, i2 58, 5q. Nous indiquerons néanmoins comme les nuances •iodagé les plus favorables : le jaune aussi fonce que possible transition du jaune au rose) ; le rose vif, et le rose rouge ou ,’iolâtre.
La plaque étant iodée également, à une de ces couleurs, m verse dans la cuvette à brômer une quantité de bromure i’iode strictement suffisante pour couvrir tout le fond. Onia sse reposer environ une minute; puis on expose la plaque au-dessus de la cuvette jusqu a ce qu’on juge, au moyen d un compteur, quelle a absorbé assez de brome.
On conçoit que la durée de cette évaporation doit varier suivant la 'température, suivant la force du bromure, suivant la profondeur ou la capacité de la cuvette et enfin suivant la dimension des plaques. Voici néanmoins des données a pe près certaines snr ce temps d'évaporation pour un bromure préparé suivant ce qui a été dit plus haut , et 1 on n aura besoin de s’en écarter que légèrement, en ayant égard aux c constances indiquées : , i
Pour une plaque iodée jaune fonce, a5 a 3o seconde .
Pour une plaque rose vif, 4° à 5o secondes.
Le rose violâtre exigera 60 à 70 secondes d évaporation.
11 sera toujours facile d’augmenter ou de diminuer a volonté ce temps d’évaporation en ajoutant a la liqueur soi l’eau, soit du bromure concentré.
lies personnes qui ont l’habitude de consulter la couleur des plaques, pourront employer cette méthode avec notre bromure d’iode: une plaque iodée jaune fonce devra etre bruinée jusqu’au rose vif; l’iodage rose devra atteindre sur le bromure la nuance violette, et l’iodage violet devra se transformer en un bleu-vert tres-intense. (
On fera très-bien d’avoir égard à la couleur, lorsqu il s apira de déterminer le temps d’exposition des plaques au-dessus du bromure d’iode. Alors, eu même temps quon comptera les secondes, on examinera de temps en temps la plaque, et, lorsqu’elle aura atteint la nuance voulue, on se rapp lera le nombre des secondes pendant lesquelles elle sera restee soumise à l’évaporation; il suffira désormais de prolonger lopération pendant le même espace de temps sans etre °b S d’examiner la couleur. Car le taux du bromure une fo s trouvé , restera constamment le meme pendant longtemps.
Toutefois il est toujours plus sûr d’opérer d’après la teinte de la plaque.
Quoiqu’on obtienne , ainsi que nous l’avons dit , des épreuves aussi rapides sur tous les iodages, les nuances jaune trèsfoncé et rose nous ont paru donner les meilleurs résultats, après avoir été brômées convenablement. La nuance rose violâtre donne des blancs magnifiques , des épreuves d’un ton harmonieux, mais un peu terne; quant à l'iodage jaune clair, il nous a constamment fourni des teintes bleues et des épreuves solarisées.
La dose de bromure versée dans la cuvette peut servir pendant toute unejournée, sans être renouvelée -, à fa fin des opérations, on la [remettra dans le flacon qui sera exactement bouché à l’émeri. Lorsqu’on s’apercevra que la liqueur se ralentit, on y versera de temps en temps , tous les quinze jours par exemple, une ou deux gouttes de bromure concentré .
§ VIII. DU BROMURE IODEUX ET DE SON EMPLOI DANS LA PRÉPARATION DES PLAQUES DAGUERR1ENNES, PAR M. Ed.
Fortin.
Sa préparation et son emploi , 65.
65. Tous les amateurs de daguerréotypie savent combien les mélanges de brome et de dissolution alcoolique d’iode , que M. Gaudinappellebrômure d’iode, ouiodurede brome, étaient incommodes à cause de leur instabilité. Cela ne devait surprendre que les personnes étrangères à la chimie ; mais il est probable que les photographes, quelque peu versés dans cette science, auront bien vite reconnu le moyen de se procurer de véritable bromure d’iode, alors stable et constant dans ses résultats. La préparation des bromures d’iode est si simple , que je n’ai pas cru jusqu’à présent que cela valût la peine d’en parler, car j’aurais pensé ne rien dire de nouveau pour personne. Cependant il paraît que je me trompais, et qu’il n’y a guère encore que les chimistes qui savent que l’iode s’unit au brome dans deux proportions, en formant deux composés ou bromures d’iode. M. de Valicourt, dans la dernière brochure de M. Ch. Chevalier ( Mélanges photographiques ) , vient de publier l’emploi de l’un de ces composés, du bromure iodique ( voir le N° 64); mais il n’a pas jugé convenable de nous entretenir du bromure iodeux. Ce dernier ne manquant pas d’intérêt, je vais remplir cette lacune (i).
( i ) La composition et l’emploi du bromure iodique ont été décrits au paragraphe précédent, Nos 63, 64,
DES SUBSTANCES ACCELERATRICES. 45 j
Le bromure iodeux se prépare, ainsi que le bromure iodique, en jetant de l’iode en grains dans du brome pur, avec cette différence, qu’au lieu de s’arrêter lorsqu’il se précipite un corps ressemblant à de l’iode , mais qui n’est pas autre chose que du bromure iodeux , il faut , au contraire, continuer d’ajouter de l’iode jusqu’à ce que toute la masse contenue dans le flacon ! ait pris une forme solide, et qu’il ne reste plus de traces de bromure iodique, ce qui est facile à reconnaître, ce dernier corps étant liquide et assez semblable à du brome pur. Il n’y a aucun inconvénient à ce qu’il y ait excès d’iode. Cet iode libre se précipitera toujours de la dissolution, car il n’est pas ! soluble dans l’eau saturée de bromure d’iode.
Le bromure iodeux, dissous dans une convenable quantité d’eau (environ une partie contre 200 d’eau en poids), s’emploie à la manière ordinaire pour préparer les plaques daguerriennes, mais sans iodage préalable : la nuance rose vif est celle qui me paraît la plus convenable. Le même liquide peut servir indéfiniment, et donner toujours les mêmes résultats; on y ajoute, lorsqu’il s’affaiblit, quelques gouttes d’une dissolution saturée pour le renforcer. \
Le bromure iodeux n’est pas aussi sensible que le bromure iodique; mais son emploi est si facile , que l’on pourrait presque l’employer les yeux fermés. D’ailleurs, il donne des épreuves de toute beauté, remarquables par la vigueur des clairs et des ombres. On 11’y voit jamais ces nombreux petits points noirs qui gâtent les pfiis belles épreuves.
SECTION 111. — DES SUBSTANCES ACCÉLÉRATRICES EMPLOYEES a l’état de vapeurs.
Des vapeurs en général , 66.
66. MM. Choiselat et Ratel ont eu les premiers l’idée d’employer le brome à l’état de vapeurs, c’est-à-dire de recueillir la vapeur du brome isolée du liquide où elle a pris naissance , et de la faire ainsi servir à activer la sensibilité des plaques photographiques. Le composé auquel ils se sont arrêtés , a reçu le nom de brômoforme, ou brômal , substance dont la préparation, très-difficile, ne peut être confiée qu’à un chimiste expérimenté ; car MM. Choiselat et Ratel n’ont jamais fait connaître d’une manière bien positive la manipulation à suivre pour l’obtenir, et les notes qu’ils ont publiées sur ce sujet sont , conçues dans des termes trop scientifiques et trop généraux pour pouvoir conduire à des applications pratiques. Il est fâcheux
aussi, que par suite d’un travers malheureusement commun à tous les photographistes , MM. Choiselat et Ratel se soient crus obligés d’exagérer la sensibilité du brômoforme; sans doute son action photogénique est des plus énergiques, plus énergique peut-être que celle de l’eau brômée. Mais pour ne pas décourager les expérimentateurs , pour ne pas les conduire à douter de l’efficacité du procédé, il eût été plus prudent de rester dans les termes d’une exactitude plus rigoureuse.
Quoi qu’il en soit, l’emploi du brômoforme a produit entre les mains des inventeurs les plus admirables résultats, et il est très-probable que les partisans de la nouvelle méthode parviendront à obtenir les mêmes succès, aussitôt que la préparation mieux connue du brômoforme leur aura permis d’entreprendre un plus grand nombue d’expériences.
A l’exemple de MM. Choiselat et Ratel, plusieurs personnes ont proposé l’emploi de diverses substances, qui peuvent être utilisées sous la forme de vapeurs. Nous ferons connaître leurs procédés, après avoir reproduit textuellement les notes publiées par MM. Choiselat et Ratel.
§ IX. notes de MM. Choiselat et Ratel sur l’emploi du brômoforme.
Première note, 67. — Deuxième note, 68. — Troisième note, 6i).