DU FIXAGE AU CHLORURE D OR
soude , préparées par M. Lerebours et présentées à l’Académie des sciences, ont offert en effet une intensité de ton remarquable et qu’il est ainsi facile de reproduire.
96. Préparation du chlorure d'or. Dans les localités éloignées des grandes villes , on peut quelquefois se trouver dépourvu de chlorure d’or. Voici un moyen facile de l’ob- I tenir :
Jusqu’à présent on a rencontré de grandes difficultés pour jobtenir des sels d’or rouges et jaunes parfaitement solubles dans l’eau, et sans réduction (chlorhydrate de trichlorure, et jtrichlorure); après de nombreuses expériences, j’ai réussi à préparer ces sels d’une manière qui ne laisse, je crois , rien à désirer.
i° Pour préparer le sel d’or jaune, on prend de l’eau régale formée de 3 parties d’acide chlorhydrique, d’une partie d’acide azotique, et d’une partied’eau distillée. Puis on metune partie d’or pur dans une capsule en porcelaine , on verse sur cet or l’eau régale préparée par la formule ci-dessus indiquée. La quantité d’acide doit être double de celle d’or employée. On couvre la capsule avec un disque de verre et on la place dans un bain-marie saturé de sel marin ; l’on chauffe alors ce vase en ayant soin de le maintenir toujours couvert jusqu’à ce que les vapeurs nitreuses aient cessé ; l’on découvre l’appareil ; si l’or n’est pas entièrement dissous, on y ajoute quelques grammes d’eau régale, l’on couvre de nouveau la capsule et l’on continue à chauffer jusqu’à complète disparition de vapeur. Alors il faut enlever le disque de verre et le remplacer par un morceau de papier Joseph plié plusieurs fois sur lui-même, et continuer l’opération au bain-marie salé, jusqu’au moment où en plongeant une baguette de verre dans la capsule et la retirant, le chlorure d’or qui y adhère se trouve solidifié; alors on retire la capsule du bain-marie, et le chlorure ne tarde pas à cristalliser en petites aiguilles prismatiques d’une belle couleur jaune tirant sur l’orange.
Le chlorure obtenu de cette manière est entièrement soluble dans l’eau et sans réduction; il s’emploie avec beaucoup de succès à fixer les épreuves daguerriennes et à plusieurs autres opérations.
Le chlorure d’or rouge (trichlorure) se prépare de la même manière ; seulement l’eau régale qu’on emploie s’obtient avec deux parties d’acide chlorhydrique et une partie d’acide azo-
tique. On commence à attaquer l’or sur un bain de sable par un excès d’eau régale; l’on ne se sert du bain-marie que lorsque l’or est entièrement dissous. Pour le reste de l’opération, l’on agit de la même manière que pour préparer le chlorure d’or.
97. M. Gaudin a proposé récemment de fixer les épreuves photographiques, en y déposant une couche mince d’argent à l’aide de la pile galvanique. Nous nous bornerons à indiquer ce procédé, parce qu’il ne nous a pas paru produire des résultats assez satisfaisants pour être mis en pratique. Au reste , M. Choiselat avait depuis longtemps annoncé qu’il était parvenu, de son côté, à fixer les images daguerriennes au moyen d’une dissolution d’un sel d’argent, le chlorure de ce métal ; nous avions même rapporté ce procédé dans la première édition de cet ouvrage.
On doit à M. Page, professeur de chimie à Washington , un autre moyen de fixer et de colorer les épreuves, en y déposant une pellicule de cuivre excessivement ténue. Quoique le temps nous ait manqué pour expérimenter cette nouvelle méthode, nous la rapporterons cependant, parce qu’elle nous a paru digne d’exciter l’attention des expérimentateurs :
«L’image, après avoir été obtenue sur une plaque aussi polie qu’il est possible, est disposée pour recevoir, par voie galvanique, une très-légère couche de cuivre, à l’aide du double cyanure de cuivre et de potassium (le dépôt de cuivre ne doit avoir que l’épaisseur nécessaire pour charger de la manière la plus légère la couleur propre de la plaque). Cela fait, cette plaque est lavée soigneusement avec de l’eau distillée , puis chauffée sur une lampe à esprit-de-vin jusqu’à ce que les parties blanches ou claires prennent un aspect transparent perlé. Ce mode, pour découvrir et fixer l'image, est bien préférable à celui où l’on fait usage d’une couche d’or. Un petit portrait, fixé de cette manière il y a plus d’un an, est resté sans altération aucune, et continue de faire l’admiration des personnes qui s’intéressent à l’art. Un effet bien remarquable de ce mode de fixage, est la grande résistance à la surface, à tel point qu’il est très-difficile d’effacer les images ainsi traitées. J’ai conservé un portrait préparé de cette manière , non pas sous un verre, mais sans être recouvert, pendant plus d’une année; je l’ai fréquemment exposé de diverses manières, et frotté même légèrement avec un tampon de coton sans lui faire éprouver la moindre avarie. Au fait, la surface oxydée est bien moins