DE LENCADREMENT DES IMAGES PHOTOGRAPHIQUES
ioo. Les images photographiques, bien que devenues inaltérables (1) sous la couche infiniment mince de vernis d’or qui les recouvre à la suite de l’opération du fixage, ne résisteraient pas cependant à des chocs ou à des frottements énergiques ; elles pourraient, en outre, être ternies, soit par la poussière , soit par le contact des doigts, ou des corps gras ou acides qui viendraient à tomber accidentellement sur leur surface. Il était donc indispensable de les mettre sous un verre, à l’abri de ces différentes chances de détérioration; mais il fallait, de plus, que cet encadrement servît à rehausser leur éclat et à augmenter leur effet. Cette dernière condition n’a pas toujours été remplie, et l’usage qui a prévalu pendant si longtemps, de renfermer les épreuves dans des passe-partout d’une blancheur éclatante , n’était pas de nature à les faire valoir. On a enfin compris aujourd’hui que les teintes, en général rembrunies des images photographiques, avaient en quelque sorte besoin d’un repoussoir qui les fit ressortir. Il y a déjà longtemps que MM. Claudet et Lerebours avaient adopte l’usage de cadres en velours foncé. Cet exemple est maintenant suivi par les fabricants de passe-partout, et presque tous leurs cadres sont aujourd’hui à fonds rembrunis (2).
Les cadres en pâte de bois imitant le vieux chêne, fabriqués par M. Alexis Febvre (rue de la Victoire , n° 2), nous paraissent éminemment propres à l’encadrement des épreuves. La richesse, le bon goût et la variété de leurs ornements ne laissent rien à désirer, et nous les signalons avec plaisir aux amateurs.
Quel que soit, au reste, le genre d’encadrement adopté, les épreuves devront être solidement assujetties dans les passepartout à l’aide de bandes de papier gommé, ou collées à la colle de pâte. Cette précaution a pour but d’empêcher le déplacement des épreuves en voyage , et de s’opposer à l’introduction delà poussière, qui finirait par les ternir.
(1) Beaucoup de personues croient encore aujourd’hui que les images daguerrienfles finissent par s’effacer sous l'influence de l’air et de la lumière, mais l’expérience est Ig pour démentir cette opinion erronée, quoique fort répandue.
(2) Nous citerons entre autres, les maisons Bourquin, boulevard Bonne-Nouvelle, et Ninet , rue de Seine-St.-Germain , 91, Leur» passe-partout, dits artistiques , produisent m fort bon effet,