‹ Nouveau manuel complet de galvanoplastie, ou, Éléments d'électro-métallurgie, contenant l'art de travailler les métaux a l'aide du fluide galvanique, pour dorer, argenter, platiner, cuivrer, etc., etcChapitre 143 sur 171 · DES PAPIERS PHOTOGÉNIQUES · texte numérisé non relu

DES PAPIERS PHOTOGÉNIQUES

§ Ier. — PRÉPARATION ET USAGE DU PAPIER CALOTYPE ,

de M. Talbot (2).

Les objets nécessaires à la préparation du papier calotype iont :

; i° Deux assiettes profondes, ou deux cuvettes de porceaine.

20 Une cuvette de verre.

13° Une éprouvette graduée.

4° Du papier brouillard et plusieurs pinceaux fins et doux. 5° Du papier à lettre glacé. ( On aura soin d’examiner ce apier par transparence ; s’il était parsemé de grumeaux ou ue sa texture ne fût pas bien égale, il ne pourrait servir. On ejettera les feuilles qui portent le nom du fabricant, ou bien n les coupera de manière à enlever la marque qui produirait ne tache dans le milieu de l’épreuve. O11 ne saurait apporter rop de soins au choix du papier.) n 6° Des préparations liquides au nombre de cinq, dont je [fais de suite indiquer la composition (3).

IN° 1. Solution de 100 grains de nitrate d’argent cristallisé ans 6 onces d’eau distillée.

| (1) Presque tous les articles qui composent le livre IV ont été empruntés à l’excel- Bnt journal indiqué ci-après :

Le Technologisle ou Archives des progrès de l’Industrie française et étrangère, publié iar une Société de savants et de praticiens, sous la direction deM. Malepeyre. Ouvrage itile aux manufacturiers, aux fabricants, aux chefs d’ateliers, aux ingénieurs, aux néeaniciens, aux artistes, etc., etc., et à toutes les personnes qui s’occupent d’arts inlustriels. Prix : 18 fr. par an pour Paris, et 21 fr. pour la province, — Chaque mois il tarait un cahier de 48 pages in-8, grand format, renfermant des figures en grande Quantité , gravées sur bois et sur acier. Paris , à la Librairie Encyclopédique de Roret, fue Hautefeuille , 10 bis.

(2) Extrait des Mélanges photographiques, de M. Ch . Chevalier, j (3) J’ai çoeseryé les déBomhmions anglaises pour 1© poids des substances»

N° 2. Solution de 5oo grains d’iodure de potassium dans une pinte d’eau.

N° 3. Solution de 100 grains de nitrate d’argent dans 2 onces d’eau distillée; ajouter à cette solution un sixième de son volume d’acide acétique concentré.

N° 4. Solution saturée d’acide gallique cristallisé dans de l’eau distillée (1).

3S° 5. Solution de 100 grammes de bromure de potassium dans 8 ou 10 onces d’eau distillée.

Tous ces liquides seront conservés dans des flacons bouchés à l’émeri et placés, autant que possible, à l’abri de la lumière.

Quand on a fait choix du papier dont on veut se servir, on trace [sur un des angles une petite marque au crayon pour reconnaître plus tard le côté sur lequel les préparations ont été appliquées; puis, au moyen d’un pinceau bien doux, on lave un des côtés du papier avec le liquide n° 1, en ayant soin de faire le moins de reprises possible, et de ne pas croiser les traits ; on place alors le papier à quelque distance du feu ou bien dans un endroit obscur pour le faire sécher. Lorsqu’il est sec, on le trempe dans la solution n° 2 , où on le laisse séjourner pendant une ou deux minutes; on le trempe ensuite dans un vase plein d’eau, et, après avoir absorbé la plus grande partie de l’humidité, on le fait sécher spontanément ou devant le feu. Bien que ce papier soit à peine sensible à l’action lumineuse, il faut néanmoins le conserver à l’abri de la lumière dans un portefeuille. Il est inaltérable, pourvu qu’on ne l’expose pas au jour; il est même prudent de faire toutes ces préparations à la lumière d’une bougie.

Pour éviter toute erreur, nous nommerons le papier ainsi préparé, papier ioduré ; il doit avoir une teinte bien égale et d’un rose très-pâle.

Quand on veut faire une épreuve, on fait un mélange à parties égales (2) des solutions nos 3 et 4, mais il ne faut en préparer que la quantité nécessaire à l’expérience , parce que ce mélange s’altère promptement. On obtient ainsi un gallonitrate d'argent que l’on étend sur le papier ioduré avec un nouveau pinceau, en prenant les mêmes précautions que dans l’opération précédente. Quand on a laissé reposer la feuille de papier pendant une demi-minute, on la trempe dans l’eau dont on absorbe la plus grande partie au moyen du papier

(1) On peut remplacer la solution d'acide gallique par de la teinture de noix de Galles étendue d’eau, néanmoins on doit préférer la première substance. L'eau dissout une très-petite quantité d’acide gallique.

(a) On fait ce mélange dans l’éprouvette graduée.

PRÉPARATION et usage dû papier calotype. 5o3 brouillard , et enfin on le fait sécher doucement en le plaçant à une assez grande distance du feu.

Toute cette seconde partie de l’opération doit être faite à la lueur d’une bougie. Lorsqu’on veut obtenir une épreuve immédiatement, il est inutile de faire sécher le papier au | feu , il suffit de l’éponger avec le papier brouillard. Quand il a été complètement séché, il ne conserve sa sensibilité que pendant quelques heures; aussi ne faut-il pas tarder à en faire usage.

Pour exposer le papier à l’action lumineuse dans la chambre obscure, il faut, lorsqu’on l’emploie humide, remplacer la planchette par une ardoise sur laquelle l’humidité fera adhérer le papier.

La durée de l’exposition variera de cinq secondes à deux minutes, suivant la couleur de l’objet et l’intensité de l’éclai-

Irage. Lorsque cette partie de l’opération est terminée , il n’existe sur le papier aucune trace de l’image; pour la faire paraître, il faut laver la feuille de papier avec un pinceau trempé dans le gallo-nitrate d’argent, et l’exposer à la cha- Itleur d’un feu doux pendant un temps qui varie entre quelques I secondes et une minute ou deux; on voit les traits se former ■ peu à peu, et prendre enfin une teinte brune ou noire ; c’est « alors qu’il faut soustraire l’image à l’action du calorique (i).

| Pour fixer l’épreuve, on la trempe d’abord dans l’eau, et, [après l’avoir séchée en partie dans du papier brouillard, on la lave avec la solution de bromure de potassium (n° 5) (2), [et, après un dernier lavage à l’eau, on la sèche définitiveiment. Une forte solution de sel commun peut être substituée à celle de bromure de potassium , mais avec moins d’avantage.

Il est important que cette dernière partie de l’opération soit exécutée dans un endroit éclairé par une très-faible lumière, ou, mieux encore, par une lanterne garnie de verres jaunes.

L’épreuve que l’on obtient par ce procédé est négative, c’est à dire que les parties blanches des objets sont représen- Itées en noir, et vice versa; mais, avec cette épreuve , on peut en obtenir un nombre illimité dont les ombres et les clairs seront )! parfaitement conformes à ceux des objets naturels. Pour cela, : il suffit d’appliquer l’épreuve négative sur une feuille de papier >1 photogénique, de les placer ensemble sur une planchette et de

I (1) On peut encore faire paraître l'image en appliquant le revers du papier sur les H parois d’nne bouteille contenant de l’eau bouillante, ou sur une espèce de boule d'étain If chauffée de la même manière.

j| (2) On fera ce lavage dans la cuve de verre»

5o4- LIVRE IV, CHAPITRE I. '

les recouvrir d’une glace qui les maintienne immédiatement en contact, puis de les exposer à la lumière jusqu’à ce que la seconde épreuve soit formée, ce qu’on peut vérifier en soulevant un des angles du papier ; mais il faut d’abord augmenter la transparence de l’épreuve négative. Voici le procédé que M. Talbot emploie habituellement : il râpe de la cire vierge sur le revers de l’épreuve, et après l’avoir placée entre deux feuilles de papier blanc, il promène sur le feuillet supérieur un fer chaud à repasser jusqu’à ce que la cire fondue ait pénétré le papier de l’épreuve, que l’on peut employer aussitôt que la cire est bien refroidie. Quand on a pris ainsi plusieurs contre-épreuves , l’original perd quelquefois un peu de sa vigueur, mais il suffit, pour la lui rendre, de le laver avec le gallo-nitrate d’argent, de le chauffer et de le fixer de la manière indiquée précédemment. On pourrait obtenir les contreépreuves sur du papier calotype; mais M. Talbot recommande de les faire sur du papier photogénique ordinaire préparé de la manière suivante :

Faites dissoudre 2 5 grains de seï commun dans une once d’eau distillée, laissez-y tremper le papier pendant quelque temps et placez-le ensuite entre plusieurs feuilles de papier brouillard; faites ensuite dissoudre 90 grains de nitrate d’argent cristallisé, dans une once d’eau distillée, et, avec un pinceau, étendez ce liquide sur le papier; faites sécher un peu, passez une seconde couche de nitrate, et enfin faites sécher complètement.

On peut se servir d’un autre papier photogénique , qui donne de meilleurs résultats et dont la préparation est moins difficile. Faites dissoudre 100 grains de bromure de potassium dans une once d’eau distillée, trempez-y le papier, placez-le entre plusieurs feuilles de papier brouillard , et quand il sera presque sec, étendez sur une de ses faces une solution de 100 grains de nitrate d’argent dans une once d’eau distillée, et faites-le sécher dans un endroit obscur. On augmente la sensibilité de ce papier, en y passant une seconde couche de nitrate d’argent.

On fixe les épreuves obtenues sur ces papiers, delà même manière que les images formées sur le papier calotype. La sensibilité est si grande, que l’on peut copier des plumes, des feuilles, etc., à la lueur d’un bec de gaz ou d’une lampe ordinaire, en se servant du papier encore humide. On aura soin de le placer à quatre ou cinq pouces de la flamme , et l’épreuve sera ordinairement terminée en trois ou quatre minutes.

préparation et usage DU PAPIER CALOTYPE, 5o5

j’ajouterai quelques renseignements sur les principales prérntions à prendre pendant les diverses opérations que je viens le décrire.

| Il faut avoir autant de pinceaux que de solutions et les laver Xactement chaque fois que l’on en a fait usage. Le pinceau lui sert à étendre le gallo-nitrate est promptement détruit, j Le même papier brouillard ne doit pas servir pour absorer l’humidité du papier dans les différentes opérations. Il lut avoir plusieurs cahiers de papier et inscrire sur chacun 'eux l’usage auquel il "est destiné.

On changera l’eau distillée des bassines après chaque lavage.

Le docteur Ryan a observé que pendant la première prépaation du papier, si on le laisse séjourner longtemps dans la îdution d’iodure de potassium (liquide n° 2), l’iodure d’argent armé pendant cette opération est tellement soluble dans un xcès d’iodure de potassium , qu’il ne tarde pas à être complètent enlevé. Tl faut donc tremper promptement la feuille ans la solution et la retirer aussitôt.

M. Mitchell a modifié le procédé de M. Talbot de la manière jaivante. Il applique d’abord la solution n° 2 (iodure de pofssium), fait sécher; applique ensuite le nitrate d’argent solution n° 1), fait sécher de nouveau, et, après avoir fait remper le papier pendant un moment dans la solution d’ioure ( 1), le lave encore dans l’eau distillée et le sèche définitiement. Par ce moyen, M. Mitchell obtient un papier plus ensible et la répartition plus égale des substances.

Je ne décrirai pas le procédé qu’emploie M. Talbot pour Jiire immédiatement une épreuve positive , la préparation est fès-compliquée, et j!ai appris que les résultats ne sont pas ssez remarquables pour qu’on se donne la peine de les obenir. [Cet habile physicien a découvert tout récemment le Jioyen de détruire la teinte jaune que présentent les épreuves btenuessur le papier calotype ou sur tout autre papier préaré avec le nitrate d’argent.

M. Talbot augmente aussi la sensibilité de son papier ca~ ôtype, en maintenant une plaque de fer chaude derrière la jleuille préparée, pendant toute la durée de l’exposition à la hambre obscure. Ces perfectionnements divers sont décrits ; ans le paragraphe suivant, ri

!;j ( 1) La solution d'iodure de potassium que M. Mitchell emploie pour cette dernière lijumersion, contient trois fois moins d’iodure que celle dont il fait usage en commençant, 1 125 grains d'iodure pour une pinte d'eau.)

Galvanoplastie . 4 3

5o6 LIVRE IV. CHAPITRE I.'

§ II. perfectionnements aux procédés photographiques, Par M. W. H. F. Talbot.

Je me suis proposé d’abord d’enlever la teinte jaunâtre des images qu’on a prises au papier calotype ou autre papier photographique, préparé avec une solution de nitrate d’argent, en plongeant l’image dans un bain chaud , composé d’hyposulfite de soude ou autre hyposulfite dissous dans dix fois son poids d’eau et chauffé presque jusqu’à l’ébullition. L’image doit rester environ dix minutes dans ce bain, puis être lavée à l’eau froide et séchée. Parce moyen , elle est rendue plus permanente, et plus transparente, et les clairs y sont plus blancs. Après avoir subi l’opération précédente, on peut accroître encore la transparence d’une image calotype enlaissant pénétrer de la cire fondue dans les pores du papier.

En second lieu, je place une plaque de fer chauffée derrière le cadre qui porte le papier, pendant que je prends l’image calotype à la chambre, afin de communiquer de la chaleur à ce papier et le rendre plus sensible.

Je prépare aussi un papier que j’appelle iodo-gallique , en lavant une feuille de papier iodé dans une solution saturée d’acide gallique dans l’eau , puis séchant. Ce papier conserve ses propriétés pendant un temps considérable , si on le met dans un portefeuille; quand on en a besoin pour l’usage, on le rend sensible à la lumière au moyen d’une solution de nitrate d’argent.

J’ai aussi trouvé un autre moyen , qui consiste à laver du papier iodé avec un mélange de 36 parties d’acide gallique et une partie, ou environ, de nitrate d’argent (ces solutions étant de la force de celle ordinairement employée dans le procédé calotype), et qu’on peut faire sécher ensuite devant un feu doux sans qu’il perde ses propriétés. Ce papier n’est pas aussi sensible que le papier calotype ordinaire, mais on peut s’en servir à l’état sec, tandis que le papier calotype doit généralement être employé à l’état humide, attendu qu’il y a quelque difficulté à l’obtenir parfaitement sec sans le détériorer.

Voici un moyen que j’ai trouvé pour améliorer les images photographiques : on prend une copie ou impression renversée d’une image photographique à la manière ordinaire, excepté qu’on la laisse exposée le double du temps à la lumière; ses ombres sont ainsi rendues trop noires, et les clairs ne sont

PROCÈDES PHOTOGRAPHIQUES PERFECTIONNES. 5oy

plus suffisamment blancs. Dans cet état, on la lave et on la plonge dans un bain d’iodure de potassium ( de la force de 60 grammes par litre d’eau), pendant une ou deux minutes, ce qui rend cette image plus claire, et donne aux lumières une teinte jaune pâle, après quoi on la lave et on la plonge dans un bain chaud d’hyposulfitede soude, jusqu’à ce qu’on ait enlevé la teinte jaune pâle, et que tous les clairs soient devenus parfaitement blancs. Les images ainsi terminées présentent un effet agréable et particulier d’ombres et de lumières qu’on n’atteint que difficilement par tout autre moyen.

On peut aussi, pour relever les images, placer, après les avoir enduites de cire pour les rendre plus transparentes, une feuille de papier blanc ou coloré derrière.

Un moyen que j’ai aussi pratiqué pour obtenir des copies agrandies des portraits au daguerréotype ou au papier calotype, ou autres petites images photographiques, consiste à projeter des images agrandies au moyen de lentilles sur une feuille de papier calotype , ce qui produit une image négative amplifiée dont on peut obtenir, par les moyens connus, des images positives.

Voici maintenant ce que j’appelle impression photographique: on imprime quelques pages de caractères sur un côté seulement d’une feuille de papier, qu’on a enduite de cire si on le juge nécessaire, puis ou découpe les lettres et on les assortit ; alors, pour en composer une nouvelle page , on trace des lignes sur une feuille de papier blanc et on y compose des mots en collant sur les lignes les lettres séparément et dans l’ordre convinable. La page étant terminée, on prend une copie photographique négative à lettres blanches sur fond noir, on fixe cette copie et on en obtient alors autant d’épreuves positives qu’on le désire.

Un autre mode d’impression consisterait à employer de plus grands caractères peints sur des pièces rectangulaires de bois, colorées en blanc, à en former des pages en les disposant en séries sur une planche convenablement disposée à cet effet; puis , enfin , à en prendre, à la chambre obscure, une copie, suivant les dimensions requises, sur du papier calotype.

On conçoit que par ces divers moyens on peut produire un grand nombre de copies photographiques positives d’une peinture, d’une gravure, de musique, de cartes géographiques ou d’imprimés quelconques qu’on destinerait au commerce. Pour cela, on commence par préparer son papier à copier ,

qui consiste en bon papier à écrire, exempt de gouttes d’eau et autres imperfections, et on le plonge dans un bain d’eau salée consistant en ioo à 120 grammes (3 onces 2 gros à 4 onces) de sel par litre d’eau ; on essuie alors légèrement et on sèche. Après cela, on lave dans une solution formée par un mélange de 8 grammes (2 gros) de nitrate d’argent dans 60 grammes (2 onces) d’eau distillée , auquel on ajoute une suffisante quantité d’ammoniaque pour former un précipité , puis le redissoudre et obtenir ainsi une solution claire. Lorsqu’il est sec , le papier peut être employé à prendre une épreuve négative d’un imprimé ou d’une peinture, en le plaçant en contact dans un cadre à copier (consistant essentiellement en un morceau de verre avec une planche derrière et des vis de serrage), et exposant à la lumière jusqu’à ce que la copie négative soit produite. Cette copie négative ayant été fixée par une solutio. chaude d’hyposulfite de soude, ainsi qu’il a été dit précédemment, peut être aussi enduite de cire; alors on en tire le nombre de copies positives dont on a besoin et qu’on fixe de la manière qui a été décrite.

§ III. PROCÉDÉ FERRO-CYANOTYPE DE M. HlJNT.

En m’occupant d’expériences sur les dessins photographiques auxquels donne naissance l’action de l’hydriodate sur le chlorure d’argent, et dans le but d’enlever l’iodure qui se forme dans ce procédé sur le papier, j’ai été conduit à observer quelques changements particuliers produits par les influences combinées de la lumière et du ferro-cyanate de potasse. J’ai trouvé, par exemple, que le papier photographique ordinaire qu’on fait noircir à la lumière solaire, et sur lequel on fait ensuite agir légèrement un hydriodate quelconque, qu’on lave, quand il est sec, avec une solution de ferro-cyanate de potasse , devenait excessivement sensible à la lumière, et passait d’un brun léger à un noir intense par une exposition d’un instant à la lumière du soleil.

En cherchant à suivre les conséquences de cette observation , j’ai découvert que l’iodure d’argent parfaitement pur était influencé avec une plus grande rapidité encore, êt que par son secours il devenait aisé de préparer un papier photographique d’une sensibilité vraiment exquise. Voici la méthode que je crois devoir recommander pour cet objet.

On prend du papier bien satiné qu’on trempe dans une solution de 2 grammes (3y grains) de nitrate d’argent et ào

PROCÉDÉ FERRO-CYANOTYPB. 5û9

grammes (i once) d’eau distillée. On fait sécher promptement, puis on plonge une seconde fois dans la même solution; alors on le place , après qu’il a été desséché , et pendant environ une minute, dans une solution qui se compose de 2 grammes (37 grains) d’hydriodate de potasse et de j 80 grammes (6 onces) d’eau. On l’éienddans cet état sur un carton uni, et on le lave doucement en faisant couler dessus de l’eau pure, et enfin on

Ile fait sécher dans l’obscurité à la température ordinaire.

Les papiers ainsi préparés peuvent être conservés pendant longtemps, et on peut à un instant quelconque les rendre plus sensibles qu’aucun de ceux obtenus par toutes les préparations photographiques, le papier calotype excepté, mais qu'il égale parfaitement sous ce rapport, quand on vient à le plonger simplement dans une solution composée de 2 grammes (37 ( grains) de ferro-cyanate de potasse et de 3o grammes (1 once) d’eau. Ces papiers doivent être lavés à la solution de ferrocyanate et séchés dans l’obscurité. Dans cet état de dessiccatipn , ils sont absolument insensibles, mais on peut à un instant quelconque leur rendre toute leur sensibilité en les lavant tout simplement avec un peu d’eau froide. Dans cet létat, on prend une image, puis on rend ensuite le papier parfaitement insensible en le plongeant dans la solution hydrîodique indiquée ci-dessus. Avec ce photographe ainsi ■ fixé, on peut tirer plusieurs copies.

L’action du spectre solaire sur cette préparation est assez curieuse à connaître, mais pour le moment je me contenterai j d’annoncer que le maximum d’effet est produit par les rayons les moins réfrangibles , et que tous les rayons, le rouge extrême j excepté, agissent sur elle avec une énergie considérable. Dans ii tous les cas qui se sont présentés à moi, l’image du spectre im- ; primé était distinctement colorée d’une extrémité à l’autre, et j j’ai même remarqué que les couleurs de milieux superposés ; laissaient une teinte correspondante sur le papier; mais, mal- I heureusement, à mesure que le papier séchait, les couleurs dis- ! paraissaient.

Ce résultat fait entrevoir la possibilité de produire éventuellement des images photographiques avec leurs couleurs naturelles. Tous les spectres formés sur ces papiers étaient entourés d’un espace sensible qui s’était trouvé protégé contre l’influence de la lumière diffuse , ce qui fournirait une nouvelle preuve d’un fait déjà signalé par sir J. Herschell et par moi-même, savoir : qu’il émane des bords du soleil une classe de rayons qui possèdent des propriétés négatives particulières.

§ IV. PROCÉDÉ CHROMATYPE DE M. HüNT.

C’est à M. Ponton qu’on est redevable du premier procédé photographique dans lequel on a fait jouer le rôle d’agent actif à l’acide chromique. A cet effet ce chimiste a employé un papier saturé avec du bichromate de potasse qui, par son exposition aux rayons solaires, a passé promptement d’une belle couleur jaune à un brun pâle, en donnant par conséquent une image négative.

M. Ed. Becquerel a perfectionné ce procédé en imprégnant le papier de colle d’amidon avant d’y appliquer le bichromate de potasse, ce qui lui a permis de convertir l’image négative en une image positive par l’emploi d’une solution d’iode qui, en se combinant avec l’amidon dans les portions où la lumière n’avait pas eu d’action, ou bien où elle avait agi fai* blement, formait ainsi un iodure d’amidon.

On ne peut se dissimuler toutefois que ces images exigent, pour les produire , un temps qui est assez long; qu’elles sont rarement nettés et bien distinctes, et qu’on les manque le plus souvent, malgré les soins les plus minutieux.

Tout en m’occupant d’une série fort étendue de recherches sur l’influence des rayons solaires , sur les sels de différents métaux, j’ai été conduit à la découverte d'un procédé au moyen duquel on produit de la manière la plus facile des photographes positifs.

On peut, pour cet objet, faire usage de plusieurs chromâtes métalliques ; mais ceux auxquels je donne la préférence sont ceux de mercure et de cuivre , et surtout de ce dernier qui produit les effets les plus certains, et cela dans un temps infiniment moins prolongé que les autres chromâtes. Pour préparer le papier, on manipule ainsi qu’il suit :

On prend du papier à écrire de bonne qualité que l’on lave avec une solution de sulfate de cuivre , et fait sécher en partie. On le passe alors dans une solution de bichromate de potasse, et on sèche à une petite distance du feu. Les papiers ainsi préparés peuvent être conservés, aussi longtemps qu’on le désire, et sont toujours prêts pour en faire usage. Néanmoins, il faut ajouter qu’ils ne sont jamais assez sensibles pour être employés dans la chambre obscure, quoique propres à tous les autres services.

Une gravure , un échantillon botanique ou autre objet quelconque ayant été placé sur le papier, dans un cadre photo-

PAPIERS CHR0M0-CYAN0TYPE ET ENERGIATYPE. 5 I I

graphique disposé convenablement pour prendre des images ou faire des copies, on expose au soleil pendant quelque temps, en variant la durée de l’impression lumineuse depuis i5 jusqu’à 20 minutes, suivant son intensité ou l’effet qu’on veut produire. Ce résultat de l’operation est généralement une image négative. Dans cet état, le papier est lavé avec une solution de nitrate d’argent , qui produit immédiatement une I belle image orange foncé, sur un fond légèrement rembruni, ou parfois même parfaitement blanc. On fixe promptement cette image en lavant à l’eau pure et séchant, j Si on emploie des solutions saturées, on produit, ainsi l qu’il vient d’être dit, des images négatives ; mais si ces solutions sont étendues de trois à quatre fois leur volume d’eau, la première action qu’exercent les rayons solaires, consiste à noircir le papier ; après quoi survient immédiatement une action i blanchissante très-rapide qui donne une image positive d’abord !ÿ très-pâle, mais qu’on fait apparaître d’une manière plus nette et dans toute sa délicatesse au moyen du nitrate d’argent.

Il est de toute nécessité de faire usage d’eau bien claire 1 pour fixer les images, attendu que la présence des chlorhy- ! drates endommagerait celles-ci , et c’est même l’observation de | ce fait qui a donné naissance à une variété fort agréable de j chromatype.

Si on tient l’image positive plongée dans une solution trèsfaible de sel commun , elle disparaît peu à peu en laissant quelques linéaments négatifs très-légers. Dans cet état, si on la retire de la solution saline, et qu’on la fasse sécher, on peut produire une image positive de couleur lilas, en l’exposant pendant quelques minutes aux rayons solaires.

L’analyse, au moyen du prisme, a démontre que ces chan- ' I gements sont produits par une classe de rayons placés entre le j bleu le moins réfrangible et les limites extrêmes des rayons j violets dans le spectre solaire visible. L’effet noircissant maximum est dû au rayon moyen bleu , et celui blanchissant est produit avec la plus grande énergie par les rayons violets les moins réfrangibles.

§ Y. PAPIERS CHR0M0-CYAN0TYPE ET ENERGIATYPE DE M. Hunt.

M. R. Hunt, auquel on doit déjà des recherches ingénieuses sur l’influence chimique des rayons solaires, a proposé, depuis, deux procédés photographiques nouveaux que nous allons faire j connaître.

5ia

Le premier de ces procédés, auquel il a imposé le nom de chromo-cyanotype , est fondé sur les changements qu’éprouve avec tant de facilité le bichromate de potasse sous l’influence du principe chimique des rayons solaires. Voici comment on le met en pratique.

On ajoute à 3o grammes ( i once) d’une solution saturée de bichromate de potasse , i5 grammes (172 once) de ferro-cyanate de potasse, renfermant 1 gramme (18 grains) de sel. Ces solutions, lors de leur mélange, prennent une couleur brun foncé, mais sans qu’il y ait précipitation. On lave avec le mélange l’un des côtés d’une feuille de papier à lettre, et on sèche devant le feu. Sur ce papier ainsi préparé, on imprime une image à la manière ordinaire , image qui est très-faible et négative. Ce papier n’est pas suffisamment sensible pour être affecté par la lumière diffuse de la chambre obscure; mais aux rayons du soleil, il procure de belles copies de gravures. Sur ce papier , aussi bien que sur la combinaison du bichromate de potasse et du sulfate de cuivre employé dans le procédé chromatype , les rayons du soleil exercent deux actions distinctes, d’abord ils brunissent le papier, puis le blanchissent rapidement.

L’image faible et négative, produite comme il a été dit, étant plongée dans une dissolution faible de sulfate de protoxyde de fer, devient immédiatement positive; les ombres s’y dessinent par un dépôt de bleu de Prusse qui se forme en plus grande abondance sur les parties peu éclairées que sur celles où le soleil a exercé le plus d’influence. Cette image n’est pas toutefois encore très-distincte; mais en regardant à travers le papier, on voit que chacune de ses parties a été fidèlement conservée. Si, au lieu de protosulfate, on emploie le persulfate de fer, il en résulte une image négative bleue trèsintense, d’un grand intérêt. Dans ce cas , le dépôt de bleu de Prusse a lieu sur les portions du papier qui ont été solarisées. Les portions les plus claires sont d'adord jaunâtres, et peuvent même , si on les abandonne , passer au bleu ; mais si on plonge pendant quelques minutes dans une solution de carbonate de soude, la couleur jaune disparaît, et l’image est blanche et bleu intense. Ces images ne peuvent servir d’originaux , attendu qu’elles manquent de transparence.

Si on plonge un chromo-cyanotype négatif dans une solution de potasse pure ou d’ammoniaque , l’image disparaît; on la fait revivre par une exposition aux rayons solaires, ou par

papiers chromo-cyanotype et énergiatype. 5 1 3

’application de la chaleur; mais , dans tous les cas, les parties )leues deviennent brunes.

j Une exposition à l’action simultanée du nitrate de mercure :t du soleil fait disparaître encore plus complètement l’image, nais elle n’est pas détruite ; et, en la tenant devant un feu vif, pu mieux, en appliquant dessus un fer chaud, une image positive de quelque intensité remplace celle négative.

Le second procédé qu’on doit à M. Hunt , et qu’il a désigné lous le nom d 'énergiatype , à cause de certaines opinions qu’il s’est formées sur l’action chimique des rayons solaires, action à laquelle il a appliqué le nom spécial d’énergie , s’exécute ainsi qu’il suit :

L’on choisit de bon papier à lettre que l’on couvre de la so« lution suivante :

grara.

Solution saturée d’acide succinique . 4

Mucilage de gomme arabique . i

Eau . i

Lorsque le papier est sec, on le couvre une fois d’une solution composée de 2 grammes (36 grains) de nitrate d’argent jdans 32 grammes (i once 18 grains) d’eau distillée. Après cela, ion fait sécher le papier dans l’obscurité, et il est propre à être employé ; on peut le conserver dans un portefeuille , et en itout temps le mettre dans la chambre obscure. Ainsi préparé, ce papier est d’un blanc pur, et il conserve cette couleur, ce qui est un grand avantage. En ce moment, M. Hunt croit qu’il est nécessaire d’exposer les feuilles préparées.d’après cette méthode, dans la chambre obscure pendant un espace de temps variable, suivant l’intensité de la lumière solaire, et qui va Jde deux à huit minutes , quoique quelques résultats qu’il a obtenus l’amènent à penser que, les proportions de matières employées étant une fois déterminées d’une manière convenable, il suffira de le laisser dans l’appareil pendant un temps beaucoup plus court.

Lorsque l’on retire le papier de la chambre obscure, on n’y distingue encore aucun indice de l’image qu’il s’agit maintenant de faire paraître. Il faut alors faire un mélange de 2 grammes (36 grains) d’une solution saturée de sulfate de fer avec 4 à 5 grammes (76 à 94 grains) de mucilage de gomme 1 arabique. L’on passe rapidement, et de manière uniforme, sur la surface du papier, un pinceau large et plat imbibé de cette | solution , et, dans l’espace d’un petit nombre de secondes, on

voit les images, invisibles jusqu’alors , se montrer graduellement, et manifester avec une grande rapidité une jolie épreuve photographique négative. Dès que l’effet obtenu est devenu aussi satisfaisant que possible , il faut enlever la solution de sulfate de fer, ce qui se fait à l’aide d’une éponge douce imbibée d’eau claire. L’on plonge ensuite l’épreuve dans l’eau pendant un court espace de temps, après quoi on peut la fixer solidement en la traitant par l’ammoniaque, ou peutêtre mieux à l’aide d’une solution d’hyposulfite de soude ; seulement, dans ce dernier cas, il faut ensuite avoir le soin de bien nettoyer le papier de ce sel. Le dessin ainsi produit, on peut en obtenir des épreuves correctes de trait , de lumière e d’ombre, en employant les papiers succinés auxquels on a recours pour la méthode ordinaire; un espace de cinq à dix minutes suffit à la lumière solaire pour produire l’effet désiré.

Les avantages que ce procédé présente comparativement à ceux que l’on connaît déjà semblent être très-appréciables. Les papiers préparés ainsi de la manière la plus simple, peuvent être conservés par les voyageurs jusqu’au moment où ils se proposent d’en faire usage ; l’on n’a besoin de recourir à aucune autre préparation préliminaire avant de les introduire dans la chambre obscure; après quoi l’on peut les conserver jusqu’à ce qu’il s’offre une occasion favorable pour aviver l’image , ce que l’on fait de la manière la plus simple et avec une matière que l’on trouve partout.

Depuis la publication de ce procédé, M. Hunt a annoncé qu’il y avait un grand avantage à ajouter quelques grains de sel commun à la solution d’acide succinique et de gomme, pour donner aux clairs plus de vivacité et augmenter la sensibilité du papier.

Lorsque la solution de sulfate de fer a été répandue sur le papier, il est nécessaire de passer un pinceau rapidemejnt, mais avec légèreté, sur la surface de la feuille; autrement il se forme de petites taches noires qui nuisent à l’image photographique. Si , comme il arrive quelquefois , la surface du deèsin vient à noircir, il ne faut pas en conclure que l’expérience est manquée ; cette teinte noire superficielle peut en effet être enlevée en lavant immédiatement avec une éponge imbibée d’eau. Si les clairs deviennent décolorés, on peut leur rendre leur blancheur à l’aide de l’acide chlorhydrique étendu : mais il faut avoir soin d’essuyer aussitôt cet acide, car sans cela les ombres souffriraient de son action prolongée.

ADDITION AU PROCÈDE ENERG1ATVPE. 5l5

Si la brièveté du temps pendant lequel le papier a été exie posé fait que l’image se développe lentement ou imparfaite- ,l ment , un faible réchauffement suffira pour la faire ressortir en peu de temps avec vigueur. La meilleure manière d’opérer, e dans ce cas, consiste à tenir le papier à une faible distance du ! ! feu.

§ VI. ADDITION AU PROCEDE ENERGIATTPE, ET PAPIER PHOTOGÉNIQUE DE M. GROVE.

Nous avons fait connaître ( voir § V ) un nouveau pro- 1 cédé photographique , auquel M. Hunt a donné le nom d’énergiatype. Il paraîtrait que beaucoup de personnes ont échoué dans l’application de ce procédé, à cause du degré différent de solubilité de l’acide succinique des diverses manufactures. En i conséquence, M. Hunt conseille, si on veut réussir, de faire dis- I soudre 4 grammes (i gros) d’acide succinique dans 3 2 grammes j (une once 18 grains) d’eau distillée, et de n’ajouter la gomme i et le sel qu’après dissolution parfaite.

Du reste, de nouvelles recherches lui ont démontré que la ! propriété qu’il a indiquée chez le sulfate de fer pouvait être | appliquée à toute autre espèce de papier photographique. Ainsi, ! un papier simplement lavé au nitrate d’argent donne en quel- | ques minutes de bonnes images à la chambre obscure; et des j papiers au chlorure de sodium', au bromure de potassium , et : particulièrement à l’iodure de potassium, fournissent des images en moins d’une minute. Les plus belles images qu’on produise en ce genre sont celles qu’on obtient des papiers couverts avec de l’acétate, du benzoate, du citrate d’argent et autres sels organiques de ce métal. Ces dessins se fixent par un lavage à l’ammoniaque modérément fort.

M. Grove vient aussi d’indiquer un nouveau procédé photographique , à l’aide duquel on peut produire des images par une seule opération.

Le papier préparé avec l’iodure de potassium , le nitrate d’argent et l’acide gallique, absolument comme si on voulait préparer du papier calotype suivant le procédé de M. F. Talbot, est abandonné à lui-même jusqu’à ce qu’il noircisse. En cet état, on le lave avec l’iodure de potassium en solution, et on le plonge dans l’acide nitrique étendu d’eau , puis on l’expose à la lumière. En quelques minutes, on parvient à se procurer ainsi de fort jolies copies de gravures.

§ VII. AUTRE PAPIER PHOTOGÉNIQUE DE M. HüNT.

Nous devons encore à M. Hunt un procédé fort curieux de photographie sur papier, qui présente beaucoup d’analogie avec celui de M. Daguerre. A l’aide de son papier, M. Hunt a fait des épreuves en cinq secondes au soleil , et en une minute par un temps couvert; il a même obtenu parfois l’image d’objets en mouvement. Voici la préparation indiquée par l’auteur :

Etendez une feuille de papier glacé , sur un plan dur et uni, lavez-la au moyen d’un pinceau très-doux, avec une solu tion de soixante grains (i) de bromure de potassium dans deux onces d’eau distillée, et faites-la sécher promptement près du feu ; répétez la même opération une seconde fois ; étendez sur la même face une solution de 120 grains de nitrate d’argent dans une once d’eau distillée, et faites sécher rapidement à l’ombre. Quand on veut faire usage du papier, on le lave de nouveau avec le nitrate et on le place encore humide dans la chambre obscure en ayant bien soin d’éviter que le papier reçoive l’impression de la lumière avant le moment indiqué. Au bout de quelques secondes, on retire le châssis et on fait complètement sécher l’épreuve dans l’obscurité. Il n’existe alors aucune trace du dessin sur le papier, mais en l’exposant aux vapeurs mercurielles, on ne tarde pas à voir apparaître l’image; on enlève la lampe à l’esprit-devin, et, au bout de quelques instants, on chauffe de nouveau le mercure jusqu’à ce que l’image soit bien distincte : il faut alors enlever l’épreuve et la placer dans un endroit obscur où on la laissera pendant quelques heures se terminer toute seule. On fixe lepreuve en la lavant d’abord dans de l’eau pure. Après l’avoir séchée, lavez-la promptement avec un pinceau trempé dans une solution chaude d’hyposulfite de soude et soumettez-la enfin à un dernier lavage dans l’eau fraîche. Vous obtiendrez ainsi une épreuve négative, il est vrai, mais presque aussi nette qu’une planche daguerrienne, et au moyen de laquelle vous pourrez faire des épreuves positives parfaites.

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