‹ Nouveau manuel complet de galvanoplastie, ou, Éléments d'électro-métallurgie, contenant l'art de travailler les métaux a l'aide du fluide galvanique, pour dorer, argenter, platiner, cuivrer, etc., etcChapitre 155 sur 171 · LA PHOTOGRAPHIE APPLIQUÉE A DIVERS INSTRUMENTS · texte numérisé non relu

LA PHOTOGRAPHIE APPLIQUÉE A DIVERS INSTRUMENTS

D’autres personnes , tout en admirant les inimitables taileaux produits par la photographie, l’ont cependant consiaérée comme un art de pur agrément, bon tout au plus à >ccuper les loisirs de quelques riches désœuvrés ; mais dé- )Ourvu d’applications utiles, et sans aucune valeur pour le ^progrès de la science.

Il est temps que la photographie reprenne enfin le rang [u’elle aurait toujours dû occuper. Elle ne se borne pas , lomme on le croit encore généralement, à la reproduction des paysages et des portraits, et nous pourrons facilement dénontrerqueses applications à la science sont aussi nombreuses Inintéressantes -, en un mot, si l’on ne peut pas tout-à-fait ui appliquer le nom de science, c’est cependant quelque chose de plus qu’un art.

Il y a déjà longtemps que M. Arago a exprimé l’espoir de ;oir le daguerréotype devenir le meilleur photomètre. Cet important problème sera résolu le jour où on sera parvenu à donner aux plaques daguerriennes une sensibilité toujours identique. Mais, sans nous occuper de ce résultat encore hypothétique , la photographie a déjà réalisé plusieurs applications fui, dès aujourd’hui, viennent en aide à la science, i Dès l’année i83g , quelques mois avant la publication de la lécouverte annoncée de MM. Niepce et Daguerre, M. Ch. Chevalier avait déjà pressenti tout le parti qu’on pourrait en tirer pn jour, en l’appliquant aux instruments amplifiants. On lit en effet le passage suivant dans le Manuel du Micrograplie (i), page 79 :

! « Une ère nouvelle semble s’ouvrir pour ce curieux instru-

» ment (le microscope solaire et le mégascope); MM. Da- » guerre et Niepce ont reculé les limites delà physique; » leur découverte admirable va rendre l’existence à plus d’un » appareil. Il faut des satellites à cet astre naissant, et bien- !» tôt, sans doute, nous verrons ces instruments sortir de *> l’obscurité où ils végétaient, pour venir protéger la gloire » reservée à l’œuvre nouvelle.

r » Le microscope solaire ne sera pas des derniers, et déjà » M. Talbot a fait pressentir les résultats qu’on pp it at- 1 » tendre d’une pareille association. Il faut espérer que cette » merveilleuse production de l’esprit humain sera, sous peu,

1 » livrée à l’avidité du public. »

(i) Manuel du Micrographe , par Ch. Chevalier, in-8o, Paris, 1839, chez l'Auteur, Palais-Royal, 163, et chez Roret, 10 bis, rue Hautefeuille. Paris.

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Une année plus tard, le microscope solaire avait déjà fait ses preuves entre les mains de feu Vincent Chevalier, et cet habile opticien soumettait aux regards de la Société d’encouragement des reproductions daguerriennes obtenues à l’aide de cet appareil.

Dans les Mélanges photographiques publiés l’année dernière par M. Ch. Chevalier (i) , l’auteur insiste de nouveau sur les applications de la photographie à un grand nombre d’instruments d’optique :

« On ne se contentera plus, dit-il , d’employer l’admirable découverte de MM. Niepce et Daguerre à reproduire des vues , des monuments, à faire des portraits de petites dimensions; l’histoire naturelle s’en servira comme d’un puissant auxiliaire; les beaux-arts emprunteront son secours ; les graveurs n’auront plus besoin d’avoir recours au calque pour copier des gravures , car, en augmentant les proportions de l’appa-

ms des modèles , calquer de lui- 1 même; le peintre, qui regrette parfois de se séparer de l’œuvre à laquelle il a donné tant de soins, de temps, je dirai ij même tant d'amour, et tout cela pour la voir passer en des mains étrangères, le peintre pourra conserver des copies fidèles de ses travaux , et se former une galerie de souvenirs,, en moins de temps qu’il ne lui en a fallu pour concevoir et mûrir l’idée première d’un seul de ses tableaux. Tout le monde pourra réunir une belle collection de tableaux rares, de gravures curieuses, d’objets d’art, de précieux autographes, etc., etc. Plusieurs amateurs , parmi lesquels je citerai particulièrement MM. Middletton et Mailand, ont déjà reproduit, sous leurs véritables dimensions , des gravures, des tableaux précieux, et l’on se rappelle peut-être que j’ai annoncé, dans ma première brochure sur le daguerréotype, la possibilité de faire des portraits de grandeur naturelle. Je n’en finirais pas si je voulais énumérer tous les services que la photographie est appelée à rendre aux sciences et aux arts. »

Enfin, tout récemment MM. Donné et Foucault ont reproduit des images daguerriennes à l’aide d’un microscope solaire construit par M. Ch. Chevalier, et ils viennent de publier un magnifique atlas d’objets microscopiques gravés d’après les images obtenues au moyen de cet instrument.

(i) Mélanges photographiques, par M. Ch. Chevalier, in-8o. Paris, 1839, chez l’Auteur, Palais Royal, 163, et chez Roret, 10 bis, rue Hautefeuille, Paris.

reil , ils ne seront pas arretés par les dimensic et forceront en quelque sorte l’original à se

LA PHOTOGRAPHIE APPLIQUÉE A DIVERS INSTRUMENTS. 547 Le mégascope présenterait à la photographie une série d’applications encore plus utiles et plus variées. Ainsi , l’on pourrait agrandira, 3, 5, io, 5o fois et plus des objets d’assez grande dimension, tels que : coquillages, minéraux, fossiles, plantes, gravures, etc. On pourrait même, lorsqu’on n’aura qu’une épreuve sur sixième de plaque, l’amplifier au point d’en obtenir la reproduction sur une très-grande plaque. Quels services n’est-on pas alors en droit d’attendre de la I photographie , lorsque les effets optiques seront appliqués d’une manière intelligente, et lorsque la gravure photographique de M. Fizeau aura atteint le point de perfection auquel elle doit nécessairement arriver. L’avenir d’une pareille découverte est incalculable, et l’on ne peut payer un trop large tribut d’admiration à ses inventeurs !

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