DE LA GRAVURE PHOTOGRAPHIQUE
lavée une batterie galvanique. Pendant le dorage, il faut plajjeer la plaque dans des positions variées , afin de régulariser le
■ dépôt du métal. Dans quelques cas, le dorage peut être rendu ijplus parfait, en recouvrant la plaque avec une couche mince
de mercure avant de plonger dans la solution d’or.
Lorsque la plaque est dorée, il faut la traiter avec la portasse caustique bouillante, à l’aide du procédé déjà indiqué iipour la gravure préparatoire, afin de la débarrasser de toute l’huile ou encre desséchée qui remplit les traits ou cavités. Après cela, on lave, sèche, et lorsque l’huile employée a été
■ épaissie avec du noir de lampe, la surface de la plaque est frottée avec de la mie de pain, afin de la nettoyer et d’enlever tout le noir restant; alors les parties blanches étant couvertes et protégées par un vernis non sujet à être attaqué , et celles noires se trouvant découvertes et propres, on peut faire imordre à l’eau-forte sur la planche à la manière ordinaire des graveurs.
Cette opération s’exécute sur le support, et non pas en immergeant la plaque dans la solution.
Avant d’opérer cette dernière morsure, si la gravure préparatoire n’avait pas bien réussi, et que la plaque n’eût pas encore acquis le grain nécessaire , on pourrait le lui donner à l’aide des divers procédés employés dans la gravure à l’aquatinte.
Avant de soumettre la planche à l’impression , il est nécessaire, ainsi qu’il a été dit précédemment , pour assurer le tirage d’un nombre illimité de copies, de la protéger par une légère couche de cuivre qu’on y dépose par voie électrochimique. Autrement l’impression userait promptement la plaque. Cette couche doit être extrêmement mince, pour ne pas détruire le fini de la gravure et le poli des parties blanches. En cet état cette planche peut être remise à l’imprimeur.
Après qu’on a obtenu un certain nombre de copies, on s’apercevra que la couche de cuivre est enlevée dans certains points; dans ce cas, il faudra la renouveler et en appliquer une autre. A cet effet, la plaque doit être purifiée et nettoyée avec la potasse chaude, et plongée dans un acide faible composé ainsi qu’il suit : eau, 600 parties; acide nitrique, 5o parties ; acide nitreux des graveurs , 5 parties ; le tout en volume. Cet acide dissoudra la couche de cuivre, et la plaque étant cuivrée de nouveau par le moyen indiqué ci-dessus, on
pourra la soumettre une seconde fois à l’opération de l’impression ; et, comme rien ne s’oppose au succès de la répétition de la même opération, on conçoit qu’on pourra ainsi obtenir un nombre de copies t’out-à-fait illimité. La couche de cuivré peut aussi être enlevée à l’aide de l’ammoniaque caustique.
La plaque photographique gravée par ce procédé peut éga-> lement être reproduite et multipliée par voie électrotype , de même qu’une planche gravée ordinaire.
§ VII. APPLICATION DE LA PHOTOGRAPHIE AUX INSTRUMENTS AUTRES QUE LA CHAMBRE NOIRE.
La photographie, accueillie avec enthousiasme à son origine par les savants , les artistes et les amateurs les plus éminents de tous les pays, semblait, sous un si noble patronage, ne devoir jamais déchoir du rang élevé quelle avait su conquérir de prime abord dans les arts. Mais la spéculation était à l’affût de la nouvelle découverte, elle ne tarda pas à s’en emparer, à l’exploiter à son profit, et peu s’en est fallu que la. merveilleuse invention de M. Daguerre, compromise entrfi des mains mercenaires et inintelligentes , ne fût pour aimi dire étouffée dans son germe. Constructeurs, expérimentateurs, tout semblait conspirer contre elle; et si l’on doit s’étonner d’une chose, c’est qu’elle ait survécu, c’est qu’elle ait continué d’étendre ses progrès, en dépit du daguerréotype à 4o fr. , et du portrait à \o sous ; en dépit des mystères et dut charlatanisme dont on a cherché à l’entourer.
Mais, si la photographie est sortie victorieuse de ces rudes épreuves , il n’en est pas moins resté certaines préventions vulgaires, certaines opinions populaires erronées, encore aujourd’hui trop accréditées contre elle.
Ainsi, quelques-uns n’ont voulu voir dans le daguerréotype qu’un instrument fort ingénieux sans doute , mais possédant toutes les qualités et tous les défauts d’une machine ; c est-à-i dire, opérant avec une précision et une régularité si rigou-' reuses, qu’elles semblent exclure tout sentiment artistique Il suffit de jeter un coup -d’œil sur les produits de nature s différente exposés chaque jour aux regards du public, pour se convaincre que le photographe n’est point un simple mécanisme, obéissant aveuglément à la volonté du premier j venu ; mais que, pour produire ses plus beaux effets , il a besoin! d’être dirigé par une intelligence persévérante, et aidé de; notions scientifiques qui sont indispensables à tout photographiste.