‹ Nouveau manuel complet de galvanoplastie, ou, Éléments d'électro-métallurgie, contenant l'art de travailler les métaux a l'aide du fluide galvanique, pour dorer, argenter, platiner, cuivrer, etc., etcChapitre 26 sur 171 · DE LA REPRODUCTION DES MONNAIES ET DES MEDAILLES · texte numérisé non relu

DE LA REPRODUCTION DES MONNAIES ET DES MEDAILLES

Importance de l'électro-métallurgie pour la numismatique, 212. — Moyen d’obtenir les moules, 213 ; — Directement par le courant voltaïque, 214; — Par l’interme'diaire du plomb, des alliages fusibles, etc., 215; — A l’aide des substances non conductrices, 216.— Reproductions métalliques en or, 217; — En argent, 218; — En platine, 219 ; — En cuivre, 220. — Précautions pour éviter les bulles d’air, 221. — Appareils à employer, 222. — Appareil à une seule cellule, 223. — Epaisseur du métal, 224. — Séparation de l’empreinte d’avec le moule, 225. — Importance de l’électro-métallurgie pour l’amateur de médailles, 226. — Autres avantages, 227. — Manière de faire des médailles parfaites, 228.

2 12. La l’éduction des métaux par la voie galvanique est de la plus haute importance pour le numismate , car, d’une part , elle lui fournit les moyens d’obtenir des empreintes de monnaies ou de médailles qu’il ne pourrait se procurer par aucun autre moyen , à cause de leur rareté ; et , d’un autre côté , elle pourrait offrir aux contrefacteurs les moyens de fabriquer les monnaies les plus rares, en sorte que les faiseurs de collections doivent se tenir sur leurs gardes lorsqu’ils les achètent. Cependant, je crains fort que l’électro-métallurgie, dans des mains inhabiles, n’ait causé et ne cause encore la destruction irréparable de beaucoup de médailles précieuses, destruction que ne sauraient compenser les bienfaits quelle nous a procurés.

! 21 3. Il y a trois méthodes pour prendre la copie d’une

monnaie ou d’utj^ médaille.

A l’aide de la première, on obtient directement une empreinte en métal sur la médaille elle-même, par la précipitation exercée sous l’influence galvanique. Parla seconde, une empreinte de la médaille est d’abord obtenue avec du métal

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fusible, ou avec celui qui sert à la fabrication des caractères ! d’imprimerie ; et enfin , par la troisième, l’empreinte est produite à l’aide d’une substance non conductrice, telle que la j cire vierge , la cire à cacheter, le plâtre, etc.

2 1 /J.. Une main inexpérimentée ne doit jamais tenter d’ob- j tenir la première empreinte sur la médaille originale, et ou ne doit jamais l’essayer quand on ne possède qu’un seul échantillon, de crainte d’insuccès. Cependant, le procédé est simple et d’une grande importance, quand on veut obtenir | une copie parfaite d’une monnaie ou d’une médaille. L’objet à copier doit être revêtu, sur le côté où l’on ne veut pas qu’aucun dépôt ait lieu, d’une certaine quantité de graisse, j de cire , ou de toute autre substance non conductrice. Un fil j métallique très-fin doit être fixé autour du bord de cet objet, qui alors peut être placé dans la dissolution métallique. L’adhérence d’une couche d’air au métal est d’une grande importance dans ce cas , et ce dernier ne doit pas rester un seul instant dans la dissolution , avant que le circuit ne soit com piété (1).

Les deux faces de la médaille peuvent être copiées par deux opérations successives, et même par une seule , en ayant soin d’enduire la tranche avec un corps non conducteur, afin quelle ne soit pas entièrement enchâssée dans le dépôt qui se forme. Cette opération donne alors l’empreinte en creux de chacune des faces de la médaille ou de la pièce de monnaie. Parce procédé, la teinte bronzée d’une médaille en cuivre peut être altérée ; mais ces objets, lorsqu’ils sont en or ou en argent, n’éprouvent pas la plus légère altération. Le moule métallique obtenu peut être employé pour produire des empreintes en plâtre ou en cire à cacheter, et même pour recevoir de nouveau le précipité métallique qu’911 obtient à l’aide du fluide galvanique. On peut ainsi produire une copie parfaite, en relief, de l’original.

2 i5. Les empreintes en creux de médailles ou de monnaies en plomb, en pewler (2), en métal fusible, en feuilles d’étain ou d’argent, peuvent être obtenues de la manière indiquée précédemment, Nos 35 et suivants. Ces empreintes en creux! doivent être soudées, ou simplement mises eu contact avec un

(1) 214. II ne faut pas perdre de vue ce qui a été dit Nos 126 à 129 et note 126 , stïi l’adhérence de la copie à l’original et sur les moyens de l’empécher.

(2) 215. Le pewter est un alliage de plomb et d'étain dans la rnéme proportion qu i la soudure employée par les ferblantiers. Voyez No 125. Voyez aussi à l’Appendice, le j moyens d’obtenir des moules en alliage fusible d’après Boettger et Walker.

REPRODUCTION DES MONNAIES ET DES MEDAILLES. 109 fil métallique ; elles seront prêtes à recevoir le dépôt métallique. l^oyez aussi note 1 35 .

216. Cependant, la troisième méthode est celle qu’on doit préférer, car, à l’aide des substances non conductrices, on peut obtenir des moules excellents pour recevoir le précipité. L’amateur doit donner la préférence à la cire à cacheter, quand il s’agit d’avoir des empreintes de monnaies, de médailles ou de camées (i36). Ces empreintes doivent être recouvertes d’une couche de mine de plomb, et on doit placer un fil métallique fin dans la cire ; on peut alors les copier (i44).

On peut prendre l’empreinte des grandes médailles avec un mélange de cire et de colophane , ou avec du plâtre de Paris. Ce dernier doit être rendu non absorbant par l’un des procédés décrits dans un chapitre précédent (Nos i4i, i42)* Le suif ou le blanc de baleine doivent être préférés , parce qu’on les a sous la main. On doit les couvrir de mine de plomb , et alors on les place dans la dissolution. Par l’une ou l’autre méthode on peut obtenir des médailles parfaites. Le fabricant qui désire obtenir un grand nombre d’empreintes métalliques de monnaies, devra se servir d’un morceau de plâtre carré ayant, par exemple, 20 centimètres (7 pouces 5 lignes) de côté, et il y fixera des empreintes de médailles aussi nombreuses que le comporte la surface du plâtre. Cette surface, qui présente les empreintes, doit être rendue non absorbante, suivant les procédés précédemment indiqués, puis couverte de mine de .plomb , et enfin, on y fera déposer le précipité métallique. On obtiendra ainsi une série de monnaies sur une même surface. On peut les conserver dans cet état, ou les séparer les unes des autres. Le cuivre précipité sur le plâtre est d’une grande beauté.

La stéarine fondue est aussi très-propre à faire des moules.

217. L’opérateur, quand il a fixé son choix sur un de ces procédés , doit ensuite décider quelle espèce de métal il doit employer pour obtenir une empreinte. Pour faire une médaille d’or, une surface dorée ou argentée est très-propre à recevoir ce métal précipité de son chlorure. Quand on emploie le premier de ces métaux, il faut se servir d’une dissolution aussi forte que possible. La monnaie ou la médaille à copier doit être mise en communication avec le pôle zinc d’une série de quatre à douze batteries. Un fil très-fin de platine, plongé dans la dissolution à une petite profondeur, doit

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communiquer àved l’argent platiné de la batterie ; alors le dépôt s’effectuera. Pour avoir l’empreinte d’une médaille ou d’une monnaie en argent, la dissolution doit d’abord être très-faible, mais on doit augmenter sa force dès qu’une surface d’une épaisseur modérée est obtenue. Un très-bon moyen pour appliquer l’or consiste à précipiter d’abord, sur le modèle, une couche peu épaisse de ce métal, et à achever l’opération en faisant déposer, sur cette couche d’or, une couche de cuivre. La connaissance de ce fait pourrait être exploitée par les faux-monnayeurs. Je l’indique afin qu’on se tienne sur ses gardes.

218. Les médailles entièrement en argent sont fragiles; niais, en doublant leurs revers avec une lame de cuivre, on y trouve, outre l’avantage d’une surface d’argent, celui de la force et d’un prix peu élevé (1). On peut employer la dissolution de sulfure, de nitrate ou d’acétate d’argent. Un fil d’argent doit être mis en communication avec l’argent d’une simple batterie, et l’objet à copier doit être uni au zinc de la batterie à l’aide d’un fil de platine. Plus la médaille à copier est grande, plus le dépôt aura lieu promptement, par la raison qu’un métal négatif d’un plus grand volume sera exposé à l’action du fluide. On peut se servir d’une dissolution saturée de sulfure; mais, avec le nitrate, il suffira d’une dissolution contenant environ 1 gramme (18 grains) de sel par 3o grammes (par once) d’eau, quoiqu’on puisse lui donner n’importe quelle force en réglant la quantité d’électricité d’après les lois établies. De plus amples détails sur le mode d’opérer ont été donnés à propos des sels d’argent. Ce procédé n’est applicable qu’aux modèles d’or ou d’argent, car la réduction 11e peut pas bien s’opérer sur les substances non conductrices.

219. Les médailles ou les monnaies peuvent être entièrement faites en platine ou palladium ; on peut aussi revêtir les copies de ces médailles d’une couche de l’un de ces métaux, tandis que leur intérieur se trouve formé de cuivre. Le moule qui sert pour ces métaux peut être fait en or, en platine, en palladium ou en argent. Les dissolutions peuvent présenter

(1) 217, 218. Nous pensons que pour obtenir une médaille d’or, d’argent ou de tout autre métal précieux , il faut suivre un procédé tout-à-fait inverse de celui indiqué par M. Smee. On a vu , No 98, dernier alinéa, et note 168, que l'or est difficilement réduit sur une substance non conductrice. 5e propose donc de réduire d’abord sur cette dernière substance une couche assez épai^e de çuiyre c]u’on dorera ou argentera ensuite par les procédés de Ruolz,

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n’importe quelle force , quoiqu’il soit plus avantageux de les employer à l’état de saturation, (hoiries remarques générales sur le platine, le palladium , etc., 169-17 f .)

220. Le cuivre est un métal d’une haute importance pour le numismate, car il peut être appliqué en couches épaisses sur les substances métalliques et non métalliques. Le sel qu’on peut employer dans les cas ordinaires est le sulfate de cette base; quand on s’en sert pour revêtir des monnaies ou des médailles , la dissolution doit être plus concentrée que quand le métal réduit est employé pour l’électrotypie ; en général, il suffit d’une dissolution saturée de sulfate de cuivre (1) mêlée avec un tiers de son volume d’acide sulfurique trèsétendu.

| 221. Dans la fabrication des médailles, on doit avoir soin

d’empêcher l’adhérence de bulles d’air au moule, et sa pénétration dans la dissolution , quand on y plonge le moule. Cet accident arrive quand ce dernier présente des creux profonds, car on voit, dans ce cas, des bulles d’air fixées sur les cheyeux, la barbe et à la racine du nez ; cet accident suffit pour gâter la copie. Pour empêcher qu’il n’ait lieu, on doit examiner la médaille après qu’elle est restée quelque temps dans la dissolution, et en faire dispai’aître toutes ces bulles. Si on ne prenait pas cette précaution, les bulles se trouveraient revêtues d’une couche de cuivre, ce qui produirait de petites :avités (N° 129).

222. Le procédé par la batterie est, sans contredit, préfé- 'able pour la fabrication des médailles; mais la forme de auge à précipiter doit varier suivant le volume et la forme les médailles à copier. Pour les grandes médailles, celles, par îxemple, de i5 centimètres (5 pouces 7 lignes) de diamètre, in vase en poterie , ou mieux en verre , doit être préféré. La nédaille doit être soudée à un fil métallique, et mise à plat au fond du vase; on doit faire communiquer le fil avec le zinc le la batterie, et placer ensuite au-dessus de la médaille un ragment de cuivre d’un diamètre un peu plus grand que le ien. La forme particulière du vase doit être telle que le cuivre ■ie puisse pas descendre et se mettre en contact avec la mélaille , accident qu’il faut éviter avec soin. Ce morceau de ^uivre doit communiquer avec l’argent de la batterie. On

j (1) 220. On sait que l’eau froide dissout un quart de son poids de sulfate de cuivre, fendis que l’eau bouillante en dissout moitié. Toutes les fois qu’on désirera une solu- | on cuivreuse bien saturée , on devra la faire à chaud et la maintenir à une tempértH are élevée pendant la durée de l'opération.

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doit verser ensuite la dissolution dans le vase, alors l’action commencera immédiatement. Le cuivre de la dissolution se déposera sur la médaille*; et le pôle positif de cuivre sera dissous pour maintenir la saturation du liquide. Il est toujours nécessaire d’employer une batterie suffisamment grande ; la précipitation s’effectue mieux quand la batterie offre une surface double ou triple de celle du métal négatif ; mais, en suivant les règles précédemment établies, on peut employer une batterie de n’importe quelle grandeur.

Pour les petites médailles je donne la préférence au procédé par la batterie. Dans ce cas on peut employer l’auge à précipiter verticale (fig. 6, PI. II) : un morceau de cuivre, communiquant avec l’argent de la batterie, est placé d’un côté ; et de l’autre , on met autant de médailles qu’on en peut placer vis-à-vis du cuivre; on doit les faire communiquer toutes avec le zinc de la batterie. L’avantage de ce mode opératoire sur tous les autres , est la facilité qu’a l’opérateur pour enlever ou j ajouter une ou plusieurs médailles sans endommager les autres. De cette manière on peut en fabriquer en même temps , 8, io , 12, et même un nombre plus considérable.

2 23. Quoiqu’on doive généralement préférer le procédé par la batterie, cependant il ne s’ensuit pas que ce soit le seul qu’on puisse employer; car l’appareil à une seule cellule est égale- ! ment applicable aux médailles (fig. i et 2, Pl. II) ; on peut employer n’importe lequel des appareils que nous avons décrits, j et la seule règle générale à adopter est d’avoir soin de se ser- j vir d’une dissolution concentrée de sulfate de cuivre, d’une plaque de zinc suffisamment grande , et de faire en sorte que j la distance du zinc au moule ne soit pas trop grande. Un peu d’acide ajouté au sulfate de cuivre améliorera la qualité du métal réduit ( 1 07- 11 3 ).

224. On peut obtenir une empreinte parfaite d’un moule par l’un ou l’autre de ces procédés ; cependant si les creux de l'original sont profonds, le dépôt ne s’effectuera pas toujours bien sur les parties les plus creuses; dans ce cas, lorsque la | médaille est presque achevée, on peut la retirer de la dissolu- :j tion , l’essuyer , la faire sécher et en revêtir les parties où le j dépôt est le plus épais , avec une couche d’une substance non j conductrice. On doit remettre alors la médaille dans la disso- ) lution , et les parties où le dépôt était plus mince ne tarde- I ront pas à se combler.

Dans la fabrication des médailles, il n’est pas nécessaire

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d’obtenir une grande épaisseur de cuivre, il suffit que le métal obtenu soit de bonne qualité, et que son épaisseur soit celle d’un pain à cacheter (i). Dans la plupart des cas il n’est pas nécessaire de chercher à obtenir une épaisseur plus considérable; cependant, quand on veut que cette couche présente plus d’épaisseur, on peut en recouvrir le revers avec une certaine quantité de cire à cacheter. Tous ces détails doivent jêtre dirigés d’après la fantaisie de l’opérateur; mais je pense que le dépôt qu’on obtient dans l’espace de vingt-quatre heures est suffisant.

I 22Ô. Lorsque la médaille est terminée, il ne reste plus qu’à jséparer la copie de l’original , ce qui n’est pas difficile. On doit d’abord avoir soin d’enlever le cuivre qui entoure le moule vers ses bords, alors la séparation s’effectuera sans effort. Quand la copie a été obtenue sur la médaille originale elle-même, les précautions que j’ai conseillées suffiront pour que l’adhérence qui a lieu soit très-minime (2). Les empreintes obtenues avec la plupart des substances non conductrices se détachent si facilement, que le moule n’en éprouve aucune atteinte ; l’adliésion est beaucoup plus grande quand on emploie des moulies en plomb ; cependant , avec des soins , l’empreinte peut être séparée du moule sans que ce dernier en éprouve un grand dommage. Dans chacun de ces cas, il est nécessaire de prendre certaines précautions pour diriger la force qu’on emploie à

(0 224. Il sera prudent de donner aux me'dailles une épaisseur plus grande que celle indiquée par M. Smee; sans cette précaution elles sont sujettes à se voiler et à se déformer , surtout lorsqu’on les chauffe pour les bronzer. Cinquante à soixante heures d’immersion donneront une épaisseur convenable.

C’est ici le lieu d’indiquer un petit artifice fort simple pour imiter les’ médailles au point de tromper l’œil du connaisseur le plus exercé. On fera avec du cuivre rouge une virole du diamètre de la médaille qu’on veut imiter , et de la hauteur de cette médaille posée à plat. Sur cette virole, tournée et polie avec soin , on soudera très-promptement à l’étain, ou de toute autre manière , les deux côtés de la médaille imitée par le procédé galvanique. Si cette opération est exécutée adroitement, on obtiendra ainsi une copie tout-à-fait identique de la médaille originale ; son apparence sera exactement la même, et il faudra la tenir à la main pour s’apercevoir, à la différence de poids, que ce n’est qu’une itnitation. Il est bien entendu que la virole et les deux plaques seront bronzées par les procédés indiqués plus haut. No et surtout note 186; voir aussi l’Appendice.

(2) 225. Lorsque la copie sera adhérente à l’original de cuivre, il suffira souvent de chauffer le tout pour que la différence de dilatation des métaux, occasionée par la chaleur, produise leur séparation.

Si l’adhérence avait lieu sur un modèle de plomb, on pourrait, à défaut d’autre moyen, faire fondre le plomb qui entre en fusion à une température bien au-dessous de celle qui altérerait le cuivre. Ce procédé est applicable, à bien plus forte raison, aux 'alliages fusibles.

; Ouant à la manière de s’y prendre pour diriger les efforts qui doivent amener la sépa- ; ration de la copie et de l’original, on trouvera dans le Manuel du Mouleur en médailles I faisant partie de l’ Encyclopédie-Roret , note 7, lettre tf, des détails fort étendus à çè> égard.

produire la séparation, car il y a manière d’enlever l’empreinte avec plus ou moins de facilité.

Quand on emploie le cuivre pour obtenir un dépôt , on peut, comme nous l’avons dit, éviter l’adhérence de la copie à l’oiiginal (12Ô, 126).

226. On ne comprendra bien l’importance de l’électro-métallurgie pour la fabrication des médailles, que quand on saura la difficulté qu’on a à surmonter pour frapper celles qui sont d’un grand diamètre. M. Haggard possède une magnifique médaille, de Boulton, d’environ 10 centimètres (4 pouces) de diamètre, et il assure qu’il a fallu la frapper trois cents fois avant de l’obtenir d’une exécution parfaite. C’est dans les cas semblables que les avantages de l’électro-métallurgie deviennent évidents; car, à l’aide de l’agent galvanique, la fabrication d’une pareille médaille 11e serait pas plus difficile que celle de la médaille la plus ordinaire.

227. On peut donc, àl’aide de l’électro-métallurgie, perpétuer le souvenir d’un ami , ou d’un homme célèbre par sa science , ses talents ou ses vertus; tandis qu’on ne pourrait faire frapper leur médaille qu’à grands frais. Il est facile de se procurer à peu de frais une empreinte en cire de la personne dont 011 veut conserver les traits; sur cette empreinte on peut obtenir un moule que l’on revêt d’une couche métallique en suivant les règles que nous avons tracées. Cette dépense, partagée entre trente ou quarante personnes, ne serait point onéreuse pour chacune d’elles , et elles auraient la satisfaction d’avoir le portrait de la personne qu’elles auraient aimée ; et quel immense avantage que celui de posséder le portrait d’un ami, au lieu d’une simple bague d’or portant une inscription! Combien le souvenir serait plus durable! Souvent, en effet, l’anneau 11’est prisé qu’à cause de sa valeur intrinsèque, et après avoir été porté pendant une année , est impitoyablement livré au creuset; tandis qu’une médaille de cuivre, à part la beauté de son exécution , ne vaudrait que quelques centimes , et serait cependant d’un grand prix pour celui qui la posséderait.

228. Il est à désirer qu’on puisse , à l’aide du galvanisme, parvenir à obtenir une médaille parfaite , c’est-à-dire ayant une face et un revers; car on n’y a pas encore réussi, et la chose est fort difficile, si j’en juge d’après ma propre expérience.

Voici comment je m’y suis pris pour essayer d’atteindre ce

MOYENS DE COPIER LES CACHETS, LES SCEAUX, ETC. 1 1 5 but. Je me suis procuré des empreintes en Creux des deux côtés d’une médaille et je les ai mises en contact à la partie du plâtre qui se trouvait en dehors de l’impression, de telle sorte qu’il y eût entre les deux faces un intervalle égal à l’épaisseur de la médaille. La surface intérieure des empreintes en plâtre fut ensuite revêtue d’une couche de plombagine et mise en communication avec le zinc de la batterie, tandis que le morceau de cuivre qui devait être dissous (l’anode) était placé au-dessus d’un petit trou que j’avais laissé sur le bord du moule, et communiquait avec l’argent de la batterie. Cette tentative ne fut point suivie de succès. Je pense néanmoins qu’il serait possible, à l’aide de ce moyen, d’obtenir des médailles épaisses offrant deux faces. (Voyez Note 224, 2e alinéa. )

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