CHAPITRE II
DES MOYENS DE COPIER LES CACHETS , LES SCEAUX , LES EMPREINTES EN PLATRE, ETC.
Importance des cachets, 229. — Procédé pour copier un cachet, 230. — Moules en cuivre pris sur des médailles en plâtre, 231. — Qualités du cuivre réduit, 232.
229. Jadis, lorsque la faculté d’écrire n’était donnée qu’à un petit nombre, un seing ou cachet était une chose de la plus haute importance : il remplaçait dans les actes le même office qu’une signature , et c’est précisément là l’origine de ce dernier mot. Aucune transaction n’avait lieu sans être accompagnée du sceau des parties; chaque corporation avait le sien. Comme preuve de la haute importance qu’on attachait aux sceaux , nous citerons celui de Southwell, dont l’empreinte ne s’obtenait qu’après l’application de trois cachets séparés. Chacun de ces derniers se trouvant en la possession des trois intéressés, il aurait fallu que le contrefacteur les eût tous pour obtenir une empreinte complète et pouvoir aliéner une terre ou une propriété. Aujourd’hui le sceau a perdu sa valeur, et dans le vaste établissement où je demeure (1), des milliers de livres sterlings changent à chaque instant de main sans subir cette formalité.
a3o. Maintenant donc que les cachets ont perdu de leur importance , nous ne voyons pas d’inconvénient à décrire le moyen de les copier. Ce moyen est fort simple: ou recouvre
(1) La Banque d’Angleterre.
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d’abord les empreintes en cire à cacheter d’une couche extrêmement mince de plombagine à l’aide d’une brosse dure , j Si cela est nécessaire , on peut aider à l’action de cette substance au moyen d’une petite goutte d’esprit-de-vin ; mais il ;l faut tâcher d’éviter l’emploi de ce liquide, attendu que la cire ! étant soluble dans l’alcool , le cachet pourrait être endom- I magé. On fait chauffer ensuite un fil métallique fin à la flamme d’une bougie, et l’extrémité chauffée est mise en contact avec le bord du cachet pour quelle puisse y adhérer. On doit mettre un peu de plombagine autour du point d’insertion du fil. On place alors le cachet dans la dissolution; le reste de l’opération est semblable, sous tous les rapports, au procédé qu’on suit pour obtenir des empreintes de médailles. ( V oyez 220, 221, 222 ,fg. 6.)
On peut copier facilement, parce procédé, les sceaux les plus étendus , comme celui d’Angleterre, ou les grands sceaux des évêques. Ceux de moindre dimension s’obtiennent avec une égale facilité. L’opérateur doit se souvenir que, quoiqu’il lui soit parfaitement libre d’imiter les sceaux des règnes précédents, il encourrait les peines les plus sévères s'il se permettait de copier ceux actuellement en usage.
On pourra ainsi répondre à un ami dont on a reçu la lettre la veille ou dans la matinée, eu lui envoyant une lettre portant son propre cachet qu’on aura reproduit par l’électrolypie.
Si on veut obtenir une copie en relief d’un cachet de cire également en relief , il faut recourir à deux opérations : faire d’abord un creux en plâtre; quand on aura obtenu ce dernier, on s’en servira comme on le fait pour le plâtre en
général (i39 à 1 42) (i).
23 1. Des empreintes en cuivre peuvent être faites avec la plus grande perfection sur des médaillons en plâtre. Si on veut prendre un creux en cuivre d’un plâtre en relief, on prépare simplement le plâtre avec du suif, de la cire, ou toute autre substance analogue, IN0S i39 à i4^; on y applique ensuite avec soin de la mine de plomb, et l’on fixe autour de son bord un fil métallique fin pour faire communiquer le médaillon avec la batterie. Cela fait, on peut plonger ce dernier dans la dissolution. La copie en cuivre ainsi obtenue est d’une
(i) 230. On trouve également clans 1 $ Manuel du Mouleur en médailles, No 44 bis, un excellent procédé pour transporter directement un creux en plâtre en un relief de la même matière, et vice versû.
MOYENS DE COPIER LES CACHETS , LES SCEAUX , ETd. 1 1 7
exécution aussi parfaite que le plâtre original. Quand on veut avoir un relief du médaillon en plâtre, on peut soit électro typer le moule en cuivre obtenu comme je l’ai déjà dit N° 214, ou faire un moule de cire vierge, après avoir préalablement imbibé le plâtre avec de l’eau, N° 137, à la fin. Le moule en cire doit être enduit de mine de plomb, et on doit le fixer à un fil métallique avant de l’introduire dans la dissolution. On peut employer, dans le même but, un mélange de cire vierge et de colophane. Son application est semblable à celle de la cire blanche. La médaille de cuivre obtenue par l’un de ces moyens est parfaite, et ce procédé peuf être considéré comme excellent, car il ne présente aucune difficulté, n’exige pas beaucoup de travail, et s’exécute sans altérer le médaillon en plâtre. La seule difficulté qui accompagne la reproduction des ouvrages en plâtre, n’est pas la fabrication de la copie en cuivre , mais bien celle d’obtenir une empreinte en plâtre bien faite. Il est à remarquer que chaque artiste qui s’occupe de l’exécution d’objets en plâtre s’imagine être en possession de quelque secret. Mais le fait est que cet art ne s’acquiert que par la pratique et n’est pas une science soumise à certaines lois (1). On peut obtenir un moule stéréotypé, d’un original en plâtre, et tirer de ce moule une copie en cuivre. L’appareil et le mode opératoire sont semblables à ceux employés pour la reproduction des monnaies et des médailles. Mais peu de personnes consentiront aujourd’hui à adopter cette méthode, qui est inférieure aux autres. 220, 222 (fi9. 3, 5,6).
232. On peut donner au dépôt de cuivre qui se forme dans les préparations précédemment indiquées, la texture qu’on juge convenable, en suivant les règles que j’ai prescrites. On peut l’obtenir de la plus grande flexibilité ou de la plus grande dureté. Une médaille , un camée, ou un cachet, peuvent être obtenus très-durs, en employant une dissolution très- for te, une grande batterie, ou un pôle positif en cuivre très-volumineux. Ce mode de préparation peut être très-utile pour l’anaglyptographe de Bâte, instrument très-ingénieux, à l’aide duquel on peut reproduire en planche gravée un original eu
(1) 231 . M. Smee tombe ici dans une grave erreur ; l'art de bien mouler le plâtre ne s’acquiert pas par la pratique seule, il existe, pour y réussir, une foule de procédés imaginés successivement par les artistes, et qui ont été recueillis en des règles certaines, et forment une théorie dont l’observation est essentielle à la perfection de cet art. Nous recommandons de nouveau l’excellent Manuel du Mouleur en médailles 3 faisant partie de V Encyclopédie-Roret,
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relief. On fait passer sur la médaille un poinçon qui est placé sous un angle de 45 degrés. Cette pointe communique le mouvement à une autre pointe de diamant. A mesure que la pointe qui passe sur la médaille est élevée ou abaissée, le diamant suit une courbure analogue, en sorte que les lignes tracées sur la planche forment certaines courbures qui représentent une copie exacte de la mçdaille ( i ).
Quand on emploie une légère couche de plombagine, le cuivre déposé ne change pas de couleur, quoique cette couche s’attache à l’empreinte en cuivre quand on enlève celle-ci, sans laisser de trace sur l’original en plâtre ; mais la couleur du cuivre sera modifiée si la couche de plombagine est épaisse.