GRAVURE GALVANIQUE
il ne retire que quelques résidus, et il est souvent dans l’obligation de réparer les avaries que ses ustensiles ont éprouvées, réparation qui n’est pas toujours facile. Je n’hésite pas à dire que l’électro-inétallurgie procurera une plus grande somme de ] jouissances, non-seulement comme travail scientifique, mais encore dans les résultats qui en découleront.
, Pour conclure, je ne saurais trop rappeler au lecteur l’avani tage qu’il trouvera à se bien pénétrer des principes sur lesquels est fondée l’électro-métallurgie, et des lois qui en régissent les opérations. En se hâtant, de prime abord, de mettre les différents procédés à exécution, sans connaître ces principes et ces lois, on n’aura que des insuccès et leurs conséquen- I ces naturelles, c’est-à-dire le dégoût et le désappointement. En effet , employer un procédé sans en connaître le pourquoi , c’est s’exposer à agir maladroitement et à gâter son ouvrage, en sorte qu’une expérience succède à une autre, et que l’on tombe d’insuccès en insuccès. On épuise en vain ses matériaux, et l’élève, s’il est permis de lui donner ce nom, abandonne avec dégoût l’étude d’une science qui lui a procuré si peu d’agrément, et il attribue l’incertitude de ses résultats à toute autre cause qu’à sa paresse et à son ignorance. Si, au contraire, il procède avec méthode et avec logique, en s’initiant à la nature et au modus operandi, ou manière d’agir, des substances qu’il doit mettre en œuvre , il est impossible qu’il échoue. En se livrant à cette étude préparatoire, toutes les ; particularités qui se présenteront pourront être ramenées à ' leur véritable source , et le remède pourra être opposé immédiatement au mal. Ceux qui ne savent pas ce que sont les appareils électriques et galvaniques, éprouveront quelques difficultés en commençant l’étude qui nous occupe ; mais s’ils procèdent d’abord d’après une sage méthode, les premiers obstacles qu’ils rencontreront seront les derniers. Qu’ils se sou- I viennent que sans quelque peine on n’a jamais rien accompli ! de bien!
Avant peu , le fluide galvanique sera probablement aussi important pour les manufactures, que la chaleur des fourneaux. Aujourd’hui, les portes des appartements sont ornées de plaques de métal richement exécutées à l’aide du galvanisme. On peut suspendre aux murs des gravures obtenues à l’aide de planches gravées par le même agent, et reproduites aussi par lui. Les chambranles des cheminées peuvent être * garnis d’ornements obtenus de la même manière. Les assiet-
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tes peuvent être ornées de gravures exécutées à l’aide de plaques électrotypiques, et les cuillers dorées par le fluide galvanique. Dès à présent on peut jouir de toutes ces applica- 1 tions et de beaucoup d’autres encore; mais on doit surtout s’occuper'des propriétés les plus importantes du fluide galvanique obtenu à l’aide de la pile; car, quoique les conquêtes de la science qui sont signalées dans le cours de cet ouvrage, , soient belles et glorieuses, cependant, l’espoir d’obtenir une puissance qui surpassera la vapeur , l’emporte sur toutes ces i applications : lorsqu’on aura réussi à traverser les mers, à j parcourir les routes et à fabriquer les machines à l’aide du galvanisme, ou plutôt de l’électro-magnétisme , on sera parvenu au plus beau résultat qu’il soit donné à l’homme d’atteindre.
APPENDICE
Depuis l’apparition en Angleterre de l’ouvrage de M. Sinee, et depuis la publication de la traduction que nous en avons donnée en i843, l’électro-métallurgie n’est pas demeurée stationnaire : elle s’est enrichie successivement de nouveaux faits, et chaque jour ses applications s’étendent à de nouvelles branches d’industrie. Pour tenir nos lecteurs au courant des progrès de la science, nous avons compulsé avec soin tous les recueils scientifiques étrangers ou français, particulièrement le Technologiste (1), et nous en avons extrait tous les documents qui nous ont paru présenter le plus d’intérêt. Nous les publions dans cet appendice qui servira de complément au manuel de M. Smee.
Cet appendice est divisé en deux parties : la première contient tout ce qui se rattache à la théorie de l’électro-métallurgie, aux piles galvaniques, aux différentes manières d’opérer ; la seconde est consacrée aux applications industrielles du nouv el art, telles que la dorure, l’argenture, la gravure, et l’application des couleurs métalliques, çette admirable découverte que l’on doit aux travaux persévérants de M. Becquerel.
(1) Le Technologisle , ou Archives des progrès de 1‘ Industrie française et étrangère , publié par une société de savants et de praticiens, sons la direction de M. Malepeyre. Ouvrage utile aux manufacturiers, aux fabricants, aux chefs d'ateliers, aux ingénieurs, aux mécaniciens , aux artistes , etc. , etc., et à toutes les personnes qui s’occupent d’arts industriels. Prix : 18 fr. par an pour Paris, et 2L fr. pour la province. — Chaque mois il paraît un cahier de 48 pages in-8, grand format, renfermant des ligures en grande quantité, gravées sur bois et sur acier. Paris, à la Librairie Encyclopédique de Roret, rue Hautefeuille, 10 bis.