IV. APPAREIL DE M. SPENCER
I L’appareil de M. Spencer, que l’on a essayé de vendre à Paris sous le nom à'électro type breveté , est assez commode lorsqu’on veut revêtir des objets d’une couche mince de cuivre, par exemple pour métalliser des médailles, bas-reliefs etc. Néanmoins, on a beaucoup trop vanté la prétendue supériorité de cet appareil, qui est sujet à tous les défauts des (appareils simples : inconstance du courant, affaiblissement 'progressif de l’action, endosmose rapide, appauvrissement de la solution métallique. Nous verrons en outre que, par suite jd’un vice de construction particulier à cette pile, on est obligé de plonger l’objet dans la solution métallique avant Jque le courant ne soit établi. Le même inconvénient se représente lorsqu’on veut retirer le moule de la solution pour consulter la marche de l’opération, ou pour toute autre Icause. Ce défaut est très-grave , et peut entraîner la perte du modèle , surtout lorsque la solution est de nature à agir sur lui.
Ce n’est pas tout encore; la forme bizarre des différents vases qui entrent dans la construction de cette pile, les rend «très-difficiles à remplacer lorsque, par accident, ils viennent là être brisés. Par la même raison, il est impossible qu’un ïamateur puisse songer à entreprendre la construction d’un r Galvanoplastie. 1 4
APPENDICE
semblable appareil ; nous ne sommes donc pas surpris que cette disposition ait été adoptée, vantée et exploitée par les gens à brevets.
Quoi qu’il en soit , voici une description de cette pile, qui en donnera une idée suffisante.
a est un vase en terre cuite ou en verre, contenant une solution saturée de sulfate de cuivre; b un autre vase de même matière avec un fond de plâtre, de terre pofreuse, ou de vessie, qui renferme le liquide excitant; p est le modèle sur lequel on veut déposer le métal, il porte un fil de cuivre/^ qui le met en communication avec l’étrier et la v.is e soudés eux-mêmes à la plaque de zinc z qui plonge dans la solution acide ou saline du vase b.
§ V. APPAREIL Dü DOCTEUR Faü.
Le docteur Fau, dans son excellent traité de galvanoplastie, a décrit un appareil de son invention, dont il se sert surtout pour métalliser des statuettes ; cet appareil nous paraît réunir toutes les qualités que peuvent désirer les amateurs, et la construction en est si facile, que chacun pourra l’exécuter luimême. Nous croyons donc faire un véritable plaisir à nos lecteurs en leur donnant la description de celte pile d’après l’auteur lui-même.
« AA, vase circulaire de porcelaine, de verre ou de bois, revêtu du mastic dont j’ai donné la composition (i). DD, diaphragme en toile à voiles, de même forme que le vase, mais d’un moindre diamètre. Z Z, anneau de zinc, auquel est soudé un fil ou un ruban de cuivre G. C, plate-forme de cuivre supportant la statuette et communiquant avec le
(i) Voyez, page 53, la composition de cet enduit. J
APPAREILS SIMPLES OU A EFFETS DIRECTS. 1 5g
zinc , au moyen du conducteur F et de la pince de pression B. E, sachet contenant des cristaux de sulfate de cuivre et plongé dans la solution cuivreuse. »
« Lorsqu’on veut faire usage de cet appareil, on place le diaphragme, contenant une solution saturée de sulfate de cuivre, dans le vase de verre ; on verse dans ce dernier assez d’eau salée pour que les deux liquides soient au même niveau. On réunit alors le support de la statuette au conducteur du zinc , à l’aide de la pince de pression, et on met le tout dans l’appareil, de manière que le zinc plonge dans l’eau salée, et la statuette dans le sulfate de cuivre; enfin, on place , à la partie supérieure de ce dernier liquide, le petit sachet que l’on accroche au bord du vase extérieur. »
« Entre le diaphragme D et le vase A, doit exister un intervalle circulaire de om 02. Le zinc, placé dans cet intervalle, ne doit pas toucher le diaphragme dont il est également distant dans tous les points de sa circonférence. Le diaphragme est proportionné aux dimensions de la statuette. La surface du zinc sera au moins égale à celle de l’objet qu’on veut recouvrir de cuivre; enfin, lorsque l’appareil sera monté, la statuette devra se trouver placée exactement au centre de l’anneau de zinc, et ne pas être trop éloignée des parois du diaphragme. >• « Les amateurs sont souvent embarrassés pour monter les statuettes sur le conducteur; voici le moyen que j'emploie , et qui me paraît préférable à tous les autres :
« Je soude un fil de cuivre C à un disque A, taillé sur la forme du piédestal de la statuette; l’extrémité de ce fil est courbée comme on le voit dans la fig. 25. J’enroule solidement sur ce conducteur un autre fil métallique B terminé en pointe, et, après avoir bien décapé toutes les parties du cuivre qui doivent être en contact, soit entre elles, soit avec la statuette, je pose cette dernière, préalablement préparée, sur le disque , et je fais descendre le fil B, jusqu’à ce que la pointe vienne se fixer légèrement dans le plâtre. Quand la statuette est trop lourde pour être maintenue par un seul conducteur , je me
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sers de l’étrier A ,fig. que je soutiens avec une baguette de
verre posée en travers et sup- ^ portée par le bord du vase. »
, « Si la pointe B a été fixée avec
t précaution dans le plâtre, le contact sera suffisant pour que le dépôt s’effectue; mai s il sera toujours plus prudent de toucher le point de réunion, avec un pinceau imbibé de solution de nitrate d’argent.
» Lorsque tout a été disposé avec soin, le cuivre se précipite sur la statuette avec une telle rapidité, qu’on n’a en quelque sorte pas le temps de suivre le progrès de l’opération. Il faut avoir soin de vernir exactement les conducteurs et toutes les parties métalliques ; car le cuivre s’y porterait plutôt que sur la statuette, surtout lorsqu’on a fait usage de plombagine pour la métalliser. »