‹ Nouveau manuel complet de galvanoplastie, ou, Éléments d'électro-métallurgie, contenant l'art de travailler les métaux a l'aide du fluide galvanique, pour dorer, argenter, platiner, cuivrer, etc., etcChapitre 48 sur 171 · VI. APPAREIL DE M. BEAU · texte numérisé non relu

VI. APPAREIL DE M. BEAU

M. Beau a exécuté à l’aide d’un appareil simple, de son invention, de fort jolis travaux galvanoplastiques que nous avons été à même de voir et d’admirer. Il ne sera donc pas inutile de faire connaître cet appareil qui nous a paru produire de bons résultats (i).

R R R R, récipient en verre rempli de sulfate de cuivre dissous, et dans lequel ploDgent toutes les autres pièces de l’appareil.

P P P P, diaphragme en plâtre gâché très-serré , pour obvier autant que possible aux effets d’endosmose.

Z Z, tube en zinc amalgamé plongeant dans le diaphragme P.

G, galerie en fil de cuivre soudée à une douille ou virole qui s’adapte à frottement sur le tube de zinc.

C C, conducteurs en cuivre accrochés par une de leurs extrémités à la galerie, et fixés par l’autre bout aux moules de médailles MM qu’il s’agit de reproduire.

TT, trémie en bois percée de trous à son extrémité infé-

(») Oa trouve cette pile chez l'inventeur, rue du Mail, No 30.

rieure. Elle est remplie de cristaux de sulfate de cuivre destinés à maintenir la saturation de la solution métallique.

La bouteille représentée dans la figure n’a pas d’autre destination que de supporter la trémie; elle peut être remplacée par tout autre objet analogue.

§ VII. PILE DE MM. LeNZ ET JACOBY.

Dans les belles recherches sur l’électro-magnétisme, qu’on doit à MM. Lenz et Jacoby, recherches qui ont conduit ce dernier à la découverte de la galvanoplastie, ces habiles physiciens ont eu besoin d’établir des batteries à courant constant, et voici l’appareil auquel ils se sont définitivement arrêtés. AB C DEF [fig. i4 , PI- U) est une auge en bois soigneusement mastiquée à l’intérieur, et partagée en deux compartiments par un diaphragme a b en poterie. Chacun de ces compartiments porte un tube d’évacuation cd, uni à l’auge par un tube de caoutchouc. Sur les parois opposées de cette auge sont deux montants ef, sur lesquels est fixée à vis une tige ronde g h. Sur cette tige se trouvent deux curseurs i et k , qui peuvent glisser sur sa longueur et être fixés, en tel endroit qu’on désire, par une vis de pression. Ces deux curseurs sont liés par une vis micrométrique l , qui règle leur distance mutuelle ; m et n sont

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deux plaques métalliques ^ont la première est fixée au curseur k, et dont la seconde est simplement suspendue dans l’un des compartiments de l’auge.

La constance du courant de cette pile est fondée sur la résistance variable qu’opposent au passage de la force électromotrice les liquides sous différentes épaisseurs. On voit alors que lorsqu’on fait agir la pile , soit sur un galvanomètre, soit dans un but technique, il suffit de tourner la vis micrométrique /, après avoir fixé le curseur i, pour rapprocher plus ou moins les plaques m et n entre elles, c’est-à-dire pour diminuer ou augmenter la résistance de conductibilité du liquide dont la pile est chargée, et qu’on a ainsi un moyen très-précis pour maintenir un courant constant pendant tout le temps de l’observation ou du travail.

Cette pile , comme on voit , exige une attention soutenue pour maintenir la constance du courant, et un galvanomètre pour s’assurer de ses affaiblissements successifs ; sous ce rapport, elle est beaucoup moins avantageuse que les piles qui seront décrites ci-après, mais elle peut néanmoins recevoir des applications quand on voudra une grande précision , et quand, dans les applications techniques, on aura besoin de soins plus attentifs pour obtenir certains résultats délicats et bien définis.

Nous ne parlerons ici que pour mémoire de l’appareil de M. Tito Puliti, de Florence, que M. Ch. Chevalier a employé le premier à reproduire en cuivre les épreuves du daguerréotype. On trouvera la description de cet appareil dans les Nouvelles instructions sur l'usage du Daguerréotype , par Ch. Chevalier, chez l’auteur, i63, Palais-Royal. Nous l’avons représenté Pl.)l,fig. 17. ( Voir l’explication des figures. )

Il suffira aussi d’indiquer l’appareil inventé par M. Wynn , qui n’est qu’une variante de l’appareil Spencer. Seulement l’inventeur y a adapté un réservoir qui fournit au zinc un liquide nouveau à mesure que le premier s’épuise ; cette disposition permet aussi de recueillir le gaz hydrogène à mesure qu’il se développe. Le docteur Fau a décrit cet appareil d’une manière complète dans son Traité de Galvanoplastie.

§ VIII. MÉTHODE DU DOCTEUR FRANKENSTEIN POUR LA RÉDUCTION DES MÉTAUX PAR LE SIMPLE CONTACT.

Après avoir examiné les diverses formes qu’on a successivement données aux appareils simples , nous devons entrer dans quelques détails sur l’ingénieux procédé du docteur Fran-

APPAREILS SIMPLES OU A EFFETS DIRECTS. l63

kenstein, pour dorer et argenter les métaux par l’effet d’un simple contact galvanique et sans le secours d'aucune pile. Jusqu’ici l’inventeur paraît avoir borné les applications de sa méthode à la réduction des métaux précieux tels que l’or, l’argent , le platine; mais si, comme nous le pensons, elle est également applicable à la réduction des autres métaux, M. Frankenstein aura le mérite d’avoir donné une nouvelle impulsion à la galvanoplastie , en la débarrassant des appareils compliqués jusqu’alors en usage.

Le système du docteur Frankenstein est basé sur l’observation d’un fait bien simple. Suivant lui, lorsqu’on veut dorer, argenter, platiner avec des solutions métalliques convenables, il suffit de l’antagonisme simple de l’électricité produite par le contact, c’est-à-dire de l’état positif de l’objet à recouvrir, et de l’état négatif du métal à précipiter, et qui se trouve à l’état de dissolution, pour produire le résultat proposé. Il tire cette conséquence du principe suivant : Tous les métaux en contact avec le zinc, qui est le plus positif de tous les métaux, deviennent électriques dans un liquide conducteur.

Voici maintenant la manière d’opérer, qui a paru à la fois la plus simple et la plus efficace :

Sur un vase de grès ou de verre , on place une barre de bois sur laquelle on assujettit une bande de zinc dont les deux extrémités, recourbées en forme de crochets, descendent jusque dans le bain métallique ou elles plongent très-légèrement, en même temps qu’elles sont en contact avec l’objet à dorer, etc., afin qu’il ne se précipite pas en pure perte de l’or ou de l’argent sur le zinc. Les objets un peu forts ont besoin d’être en contact en trois ou quatre points avec les bandes de zinc, et ces dernières doivent être parfaitement décapées à leur surface, afin que le contact électrique ait une action plus prononcée. On fera même bien de changer de temps en temps les points de contact, et dans le cas où on voudrait réserver certaines parties de l’objet sans être dorées, on les enduira d’un vernis convenable. (Voir, ci-après, page 192, la composition des différents vernis protecteurs.)

L’élévation de température de la solution métallique, qu’on peut porter jusqu a l’ébullition, est indispensable pour accélérer l’action électro-chimique; avec une température plus modérée , l’opération dure quelques minutes de plus, mais la couche de métal déposé est plus adhérente.

Un soin qu’il ne faut pas négliger, c’est de maintenir lasolu-

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tion métallique au même degré de concentration, en y versant de nouvelle , à mesure quelle s’épuise par la revivification du métal. Enfin, on humectera de temps à autre les bandes de zinc avec un peu d’eau acidulée , et on les débarrassera de l’oxyde, qui, en s’y déposant , affaiblit le contact électrique et ralentit la marche de l’opération.

On peut dorer, de cette manière, l’argent, le maillechort, le cuivre , le laiton, et même le fer et l’acier, mais ces derniers métaux doivent avoir été plongés préalablement dans l’acide ni|rique très-étendu, et bien écurés.

Si l’on veut obtenir une dorure plus ou moins foncée , il suffit de mettre les objets, pendant plus ou moins de temps , en contact avec un fil de cuivre, en même temps qu’avec le zinc. On peut encore, pour obtenir cet effet , ajouter à la solution d’or, une ou deux gouttes de solution d’un sel de cuivre, ou d’argent , suivant la teinte plus ou moins foncée qu’on veut obtenir.

Il est indispensable de soumettre à un décapage préalable les pièces qui doivent être recouvertes de métal, par le procédé du docteur Frankenstein. (Voir, ci-après, le chapitre Décapage et Dérochage, pages 200 et 201.)

Les expériences du docteur Frankenstein ont été répétées avec succès parle professeur Ferling, qui a obtenu tous les résultats annoncés par l’inventeur. On trouve également dans le Technoloqiste , N° de mars 1 84-4 » Ie détail d’une opération entreprise sur une grande échelle, par le docteur Frankensteiu, dans l’établissement qu’il a fondé pour l’exploitation de son procédé. Il s’agissait de dorer une immense croix en cuivre, présentant une superficie de plus de b mètres (47 pieds) carrés, et destinée à surmonter le clocher de l’église de Gaming (Autriche). Cette curieuse expérience a été couronnée d’un plein succès. Partout la dorure présentait une teinte magnifique, et une adhérence telle, qu’elle résistait à l’action du brunissoir. On remarquait néanmoins, sur la sui'face dorée, quelques légers défauts, ou plutôt quelques endroits faibles qui semblaient nécessiter une nouvelle immersion. Mais le docteur Frankenstein a trouvé le moyen d’y remédier facilement, à l’aide d’un sel à dorer au contact, qui lui permet de dorer à volonté telles ou telles parties d’un objet, mais dont il s’est réservé la composition.

D’après ces résultats, le procédé Frankenstein semble appelé à diriger la galvanoplastie dans une voie toute nouvelle,

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et nous engageons vivement nos lecteurs à répéter ces curieuses expériences, qui peuvent aider beaucoup l’avancement de la science.

Nous avons renvoyé au chapitre VI, Bains métalliques , la formule des diverses solutions employées par le docteur Frankenstein. (Voyez pages 208 et 212.)

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